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  • « Consommer français » : les limites d’un concept

    « Consommer français » : les limites d’un concept

    Le souverainisme économique est un thème à la mode. Ce concept repose sur l’idée que produire et consommer français est bénéfique à la fois pour le pays et pour la planète. Sous couvert d’indépendance économique, il constitue également une des expressions du protectionnisme. Si, évidemment, la richesse d’un pays est liée à ses capacités de production de biens et de services, dans une économie complexe, la notion d’indépendance reste toute relative.

    La primauté du « fabriqué en France » peut être illusoire, car les chaînes de valeur sont, par nature, fragmentées. Par ailleurs, la généralisation de ce type de pratiques pourrait avoir des effets négatifs sur la croissance, qui dépend en partie du commerce extérieur, et sur la diffusion du progrès technique.

    La croissance économique repose en grande partie sur la spécialisation au sein des pays et entre eux. À ce titre, la théorie des avantages comparatifs reste un des piliers de l’économie contemporaine. Une étude du Crédoc publiée en janvier 2025 analyse l’évolution des comportements des ménages sur la question sensible de l’origine des produits consommés. Une majorité de Français se déclarent favorables à une préférence nationale en matière de consommation. Mais cette intention ne se traduit pas toujours dans les actes d’achat. D’autres critères, comme le prix, la qualité ou le marketing, jouent également un rôle dans les décisions des consommateurs.

    En 2020, 65% des consommateurs étaient disposés à payer plus cher pour un produit « Made in France ».

    En 2005, 43 % des consommateurs étaient disposés à payer plus cher pour un produit « Made in France ». Cette proportion a grimpé à 65 % en 2020. Longtemps, la préférence pour les produits français a été surtout l’apanage des seniors. Ainsi, en 2005, 54 % des plus de 60 ans étaient prêts à payer un surcoût pour consommer des produits français, contre seulement 34 % des moins de 25 ans et 36 % des 25-39 ans. Depuis, cet écart entre les tranches d’âge s’est réduit. En 2020, 67 % des moins de 25 ans et 68 % des 25-39 ans se disent prêts à payer davantage pour consommer français, contre 69 % des 70 ans et plus.

    @Adobestock
    @Adobestock

    En intention, les Français seraient de plus en plus nombreux à accepter des hausses de prix pour acheter des produits fabriqués en France. Malgré cela, le passage à l’acte n’est pas au rendez-vous. Les Français continuent de consommer de plus en plus de produits importés. Dans certains cas, aucun produit de substitution n’existe. Mais même lorsque des alternatives nationales sont disponibles, les produits importés leur sont souvent préférés.

    Dans les années 1990, les tentatives de fabrication de téléphones portables en France ont échoué faute de clients. En ce qui concerne les voitures, pour les modèles haut de gamme, les Français se tournent largement vers des marques étrangères, invoquant la qualité comme principal critère de choix. Pourtant, des études ont montré à plusieurs reprises que la qualité des produits importés est souvent surévaluée, notamment dans le domaine automobile.

    La protection de l’environnement

    Un autre argument souvent avancé en faveur de la consommation « française » est la protection de l’environnement. En 2005, la moitié des personnes préoccupées par les questions environnementales (50 %) se déclaraient prêtes à payer plus cher pour un produit fabriqué en France, contre 42 % de celles qui n’accordaient pas d’importance à cet enjeu.

    Quinze ans plus tard, cette proportion a fortement augmenté : 76 % des consommateurs soucieux de la dégradation de l’environnement se disent prêts à accepter un surcoût, contre seulement 39 % parmi ceux qui ne partagent pas cette préoccupation. En 2020, 87 % des Français affirmaient être incités à consommer un produit en raison de sa fabrication française. Tandis que 77 % se disaient influencés par ses garanties écologiques. Cependant, en 2024, ces chiffres sont en recul : 73 % des Français déclarent être motivés par des garanties de fabrication nationale et seulement 54 % par des garanties écologiques.

    Les associations environnementales mettent en avant les circuits courts. 

    La production locale ne rime pas toujours avec respect des normes environnementales. Les associations environnementales mettent en avant les circuits courts. Or, cette priorité fonctionne dans les deux sens. Cela implique également que la France réduise ses exportations. Une décision qui pourrait limiter ses revenus.

    Par ailleurs, pour les pays émergents ou en développement, les recettes issues des exportations sont essentielles pour améliorer le niveau de vie de leur population et financer leur transition écologique. Que les navires ayant déchargé des produits européens en Amérique latine reviennent chargés, plutôt que vides, est plus avantageux.

    L’attrait pour les produits nationaux reste plus marqué parmi les catégories aisées et les plus diplômées. En 2020, plus de la moitié des personnes à bas revenus se disaient favorables à l’idée de payer plus cher pour des produits fabriqués en France (56 %). Parmi les plus aisés, cette proportion atteignait 78 %, l’écart entre ces deux catégories restant stable à 22 points. En 2005, 48 % des diplômés du supérieur étaient prêts à payer davantage pour des produits « Made in France », contre 40 % des non-diplômés (soit un écart de 8 points). Mais en 2020, 75 % des diplômés du supérieur y sont disposés, contre seulement 46 % des non-diplômés, élargissant ainsi l’écart. En 2023, 67 % des Français déclarent que l’inflation a réduit leur capacité à acheter des produits fabriqués en France, et 64 % affirment avoir renoncé à le faire.

    Le commerce international : « un levier de développement »

    Ces choix sont également fragilisés par la complexité de l’offre existante. La diversité des labels crée de la confusion chez les consommateurs qui jugent parfois ces certifications peu fiables.

    Par ailleurs, les labels censés guider les choix des consommateurs souffrent d’une multiplication qui engendre confusion et scepticisme. Si la préférence nationale peut soutenir certaines filières locales, elle ne saurait remplacer une réflexion plus globale sur les mécanismes économiques. Le commerce international reste un levier de développement et d’innovation incontournable, notamment pour les pays émergents. Tandis qu’en France, il offre un accès à une diversité de produits que la seule production nationale ne peut satisfaire.

    Les exportations sont à la base d’un quart des emplois, au minimum. Et ils sont une source de revenus indispensables pour les entreprises et le pays. À l’avenir, le défi sera d’équilibrer les attentes légitimes en faveur de la production locale avec les impératifs d’efficacité économique, d’équité sociale et de respect de l’environnement. Pour cela, une meilleure lisibilité des certifications, une sensibilisation accrue des consommateurs et des politiques économiques adaptées seront nécessaires pour éviter que le souverainisme économique devienne une illusion contreproductive.

  • Donald Trump accuse l’UE d’être « injuste » avec les États-Unis

    Donald Trump accuse l’UE d’être « injuste » avec les États-Unis

    Au Forum économique de Davos, Donald Trump a accusé l’Union européenne (UE) de traiter les États-Unis de manière « très, très injuste », laissant entendre que des droits de douane seraient imposés aux industriels étrangers qui ne produisent pas sur le sol américain.

    Dans un discours prononcé par vidéo interposée au Forum de Davos ce 23 janvier, Donald Trump a critiqué l’impôt sur les sociétés et les taux de TVA « élevés » de l’UE.

    « Du point de vue de l’Amérique, l’UE nous traite de manière très, très injuste, très mauvaise », a déclaré le chef d’état.

    « Ils ont une taxe importante […] Ils ne prennent pas nos produits agricoles ni nos voitures, et pourtant ils nous envoient des voitures par millions. »

    L’UE a enregistré un excédent commercial de 156,6 milliards d’euros avec les États-Unis en 2023, mais un déficit de 104 milliards d’euros dans le domaine des services, selon les données de Bruxelles.

    Le droit de douane universel

    La promesse de campagne de Donald Trump d’imposer un droit de douane « universel » de 10 à 20 % sur toutes les importations des États-Unis a alarmé les exportateurs européens.

    Reprenant les propos tenus par Scott Bessent, le secrétaire au Trésor, le président a toutefois laissé entendre que cette menace s’inscrivait dans une stratégie de négociation plus large, visant à stimuler l’industrie américaine.

    Le président américain Donald J. Trump apparaît sur un écran alors qu'il s'adresse par liaison vidéo à une session plénière lors de la 55e réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse, le 23 janvier 2025. ©EPA-EFE/LAURENT GILLIERON
    Le président américain Donald J. Trump apparaît sur un écran alors qu’il s’adresse par liaison vidéo à une session plénière lors de la 55e réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse, le 23 janvier 2025. ©EPA-EFE/LAURENT GILLIERON

    « Si vous ne fabriquez pas vos produits en Amérique, ce qui est votre prérogative, alors vous devrez tout simplement payer des droits de douane, de montants différents, mais des droits de douane », a-t-il affirmé.

    Donald Trump a également critiqué les longues procédures de l’UE pour obtenir des autorisations pour monter des projets. Il a affirmé qu’il avait fallu « cinq ou six ans d’attente pour obtenir une simple autorisation » pour un « grand projet » qui n’a pas été spécifié.

    Des divergences avec Bruxelles

    Il a également dénoncé les décisions de Bruxelles d’imposer des amendes et de mener des enquêtes antitrust sur des entreprises américaines comme AppleGoogle et Facebook.

    « Il s’agit d’entreprises américaines et [l’UE] ne devrait pas agir de la sorte », a souligné le président américain.

    Donald Trump a par ailleurs réitéré son appel aux membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) pour qu’ils augmentent leur objectif de dépenses militaires de 2% à 5% du PIB annuel, affirmant que ce chiffre « est ce qu’il aurait dû être depuis des années ». Il a qualifié le taux actuel de dépenses de défense des pays européens d’« injuste vis-à-vis des États-Unis ».

    Alors qu’il entretient des liens étroits avec les dirigeants d’extrême-droite en Italie et en Hongrie, Donald Trump a également professé son « amour » pour l’Europe. Il a également rappelé qu’il souhaitait mettre fin à l’« horrible » guerre de la Russie en Ukraine.

    « J’essaie d’être constructif parce que j’aime l’Europe, j’aime les pays d’Europe. »

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 28.01.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 28.01.2025

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le mardi 28 janvier 2025 et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Dans les titres de cette édition : Vous avez un courriel – Huit des otages libérables sont morts à Gaza – Elias mort pour un portable

    Jean Noel Barrot et Laurent Saint Martin ont écrit ce jour une lettre aux expatriés.

    Le ministre des Affaires étrangères et celui des Français de l’étranger, Laurent St Martin, s’adressent ainsi à notre diaspora hors de France en leur rappelant les 3 priorités du Quai d’Orsay : la sécurité de nos ressortissants, la modernisation des services consulaires et aussi les aides budgétaires possibles dans un contexte contraint. Une démarche de communication directe louable entre le gouvernement et les Français de l’étranger que nous vous décryptons dans un article sur notre site Lesfrancais.press (publication ce 28 janvier 2025 à 11H – heure de Paris).

    18 otages en vie sur 26

    Huit des otages qui devaient être libérés dans la première phase de l’accord de trêve entre Israël et le Hamas dans la bande Gaza sont morts, a annoncé David Mencer, un porte-parole du gouvernement israélien. « Les familles ont été informées de la situation de leurs proches », a précisé le responsable au cours d’un point de presse. Cela signifie que sur les 26 otages qui doivent être ramenés dans leur pays lors de la première phase de l’accord, seuls 18 sont encore en vie. Cependant, l’accord est maintenu, Cette semaine, six autres otages israéliens vont être libérés, trois jeudis et trois samedis.

    Rassemblement à Tel-Aviv demandant la libération des otages retenus à Gaza par le Hamas, le 2 décembre 2023 - AHMAD GHARABLI / AFP
    Rassemblement à Tel-Aviv demandant la libération des otages retenus à Gaza par le Hamas, le 2 décembre 2023 – AHMAD GHARABLI / AFP

    Deux adolescents ont poignardé mortellement un autre jeune en France

    Élias, 14 ans, a été mortellement poignardé vendredi 24 janvier à Paris. Vers 20h, alors qu’il sortait de son entraînement de foot au stade Jules-Noël, dans le 14e arrondissement de Paris, deux personnes lui réclament son téléphone. Devant son refus, un violent coup de couteau lui est porté à l’épaule. Malgré sa prise en charge, le jeune Élias est mort samedi 25 janvier, vers midi. Une enquête avait initialement été ouverte pour « tentative d’homicide sur mineur de moins de 15 ans et extorsion avec arme ». Celle-ci a été requalifiée en « extorsion suivie de mort », après le décès du jeune Élias samedi et fait encourir à ses auteurs la réclusion criminelle à perpétuité. Les deux suspects, nés en mai 2007 et août 2008, ont été entendus dans un commissariat du 14e arrondissement, au cours de la journée de dimanche et ont été présentés à un juge ce lundi. Ils resteront sous la garde des autorités.

    C’est tout pour ce flash quotidien des expatriés. Passez un agréable mardi où que vous soyez !  

    Écouter le bulletin quotidien des Français de l’étranger.

  • Les lieux à éviter en 2025 pour cause de surtourisme

    Les lieux à éviter en 2025 pour cause de surtourisme

    Comme chaque, Un guide spécialisé dans les voyages publie sa liste de « destinations noires », saturées par le tourisme de masse. Alors quels sont les lieux à éviter en 2025 pour cause de surtourisme ?

    Car après la crise sanitaire du Covid-19, d’après les données de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), le tourisme mondial a connu un regain en 2022, avec plus de 960 millions de touristes internationaux, soit les deux tiers du volume d’avant la pandémie. Toujours selon l’OMT, 95 % des touristes mondiaux visiteraient moins de 5 % des terres émergées. À l’échelle de la France, c’est 80 % de l’activité touristique qui se concentre sur 20 % du territoire. Une dynamique qui s’est amplifiée en 2023 et 2024.

    Pour aider les Français de l’étranger, parmi les quinze lieux que le guide ne recommande pas, la rédaction du site Lesfrancais.press en a sélectionné 4.

    Le surtourisme surtout en Asie

    Dans le classement, les destinations en Asie sont particulièrement soumises au stress touristique. Voilà les deux cas les plus emblématiques.

    L’île de Bali, en Indonésie

    Bali a enregistré plus de 5,3 millions de visites en 2023, contre 2,2 millions en 2022, selon le gouvernement indonésien. Un rebond économique qui joue sur l’équilibre environnemental de l’île. Selon Fodor, des plages, comme celles de Kuta, l’une des plus réputées, sont englouties sous des montagnes de déchets et les autorités n’arrivent pas à gérer cet afflux.

    Les gens regardent le coucher de soleil sur la plage de Seminyak à Bali, en Indonésie 17 août 2017. ©REUTERS/Thomas White - RC18D1DF68C0
    Les gens regardent le coucher de soleil sur la plage de Seminyak à Bali, en Indonésie 17 août 2017. ©REUTERS/Thomas White – RC18D1DF68C0

    La qualité de vie des habitants est altérée à cause de l’augmentation du coût de la vie, mais également de la pollution sonore et des embouteillages. La qualité des eaux côtières est devenue douteuse. « Le surtourisme affecte l’essence même de la vie balinaise. Les pratiques traditionnelles comme le système d’irrigation subak, qui a soutenu les rizières pendant des siècles, sont aujourd’hui mises à rude épreuve par le détournement de l’eau vers les zones touristiques », explique Kristin Winkaffe, experte en voyages durables spécialisée dans l’Asie du Sud-Est à Fodor.

    L’Everest

    Même le toit du monde sature. Et ce n’est pas le documentaire du youtubeur Inoxtag, sur son ascension de l’Everest, qui va décourager les apprentis alpinistes. Environ 58 000 personnes visitent la région du mont Everest chaque année et là aussi, le problème de la gestion des déchets se pose. On estime qu’environ 30 tonnes de déchets et une quantité incommensurable d’excréments humains se trouvent sur les pentes de l’Everest et encore plus sur le sentier qui y mène, rapporte Fodor.

    Un embouteillage monstre s'est créé au sommet de l'Everest tant les alpinistes étaient nombreux.
PHOTO : Associated Press / Nirmal Purja/@Nimsdai Project Possible
    Un embouteillage monstre s’est créé au sommet de l’Everest tant les alpinistes étaient nombreux. PHOTO : Associated Press / Nirmal Purja/@Nimsdai Project Possible

    Et là-haut, des embouteillages se créent. Comble du cynisme : il faut parfois patienter plusieurs heures à l’arrivée pour pouvoir prendre son selfie du sommet, tout en contournant ou enjambant les corps de ceux qui sont morts lors de précédentes ascensions. La surfréquentation entraîne de facto l’augmentation du nombre de décès parmi les alpinistes : en 2024, huit personnes ont perdu la vie en tentant de monter le sommet, un bilan pourtant moins meurtrier qu’en 2023 (18 morts). Le gouvernement népalais se refuse à mettre en place des mesures de régulation : en 2023, il a même délivré un nombre record de 487 permis pour l’ascension de l’Everest.

    En France, 2 lieux noirs

    On l’a dit plus haut, en France, 80 % de l’activité touristique se concentre sur 20 % du territoire, selon le gouvernement. Les conséquences sont multiples, comme la hausse du prix de l’immobilier dans les zones touristiques et les impacts néfastes sur l’environnement, voire un effet de « rejet » des touristes par les populations locales et d’opposition à des projets d’infrastructures touristiques. On a sélectionné deux lieux à éviter.

    Le GR20 en Corse

    L’emblématique GR20, semblait avoir atteint ses limites en termes de fréquentation à l’été 2022. Ce sentier de 170 km de long, qui traverse la Corse du Nord-Ouest au Sud-Est, est sans doute le plus populaire de tous les itinéraires français de grande randonnée appelés « GR ». Depuis la pandémie de Covid-19, la fréquentation a explosé, y compris chez les débutants. Cela entraînant de potentielles nuisances, perturbations ou détériorations, et de la pression sur les zones d’hébergement ou de campement et des refuges du parcours, la perte d’une forme de liberté et d’authenticité. L’instauration de quotas a notamment été envisagée.

    GR20 été 2024 - ©AFP
    GR20 été 2024 – ©AFP

    La rue Crémieux à Paris

    En l’espace de quatre ou cinq ans, cette petite rue du XIIe arrondissement près de la gare de Lyon est devenue un lieu très prisé, rapportait Le Parisien en 2019. Les maisons colorées de cette rue piétonne ne donnent pas l’impression d’être à Paris. Elle est devenue l’un des lieux préférés des touristes, mais aussi des artistes qui viennent y tourner des clips (parfois sans autorisations), des publicitaires, vidéastes YouTube et autres influenceurs.

    La rue Crémieux à Paris ©UNESCO
    La rue Crémieux à Paris ©UNESCO

    La rue subit sa popularité sur Instagram et des touristes affluent chaque jour devant ses 35 maisons colorées pour prendre des photos, notait Le HuffPost en 2019. Certains riverains se plaignant des nuisances et de ne plus pouvoir vivre en toute tranquillité, la mairie de Paris s’est saisie de la situation, faisant cesser la promotion de la rue auprès des offices du tourisme et évoquant la possibilité d’instaurer un contrôle d’accès.

  • Fiscalité et retraite en Thaïlande

    Fiscalité et retraite en Thaïlande

    La réforme fiscale qui touche les Français de l’étranger en Thaïlande depuis le 1er janvier 2024 comportait plusieurs zones d’ombres. Les autorités ont donc procédé à des clarifications au cours des derniers mois de l’année dernière, notamment concernant la taxation des retraites étrangères.

    « La Convention de double imposition a-t-elle été modifiée ? », « si l’on peut prouver que l’on vit de ses économies, doit-on établir une déclaration d’impôts ? » : voici quelques-unes des questions de Français de l’étranger qui nous sont parvenues après notre entretien avec Jean-Louis Guenard, l’animateur du groupe Facebook des retraités français en Thaïlande. On a donc décidé de faire le point pour nos aînés expatriés au Siam.

    Des impôts plus élevés qu’en France ?

    Insécurisés, les quelque 20 000 Français de l’étranger établis dans le pays à fin 2023 ont été nombreux à appeler à l’aide pour essayer d’y voir plus clair.

    Pour rappel, la réforme fiscale élaborée par le gouvernement thaïlandais prévoit qu’à partir du 1er janvier 2024, les personnes étrangères résidentes, c’est-à-dire celles qui séjournent au moins 180 jours par an en Thaïlande, devront désormais payer des impôts sur les revenus étrangers transférés dans le pays.

    Par exemple, une personne retraitée française, célibataire et sans enfants à charge, qui gagnerait la rente de vieillesse maximale de l’APSA de 1035  par mois, serait exonéré d’impôts sur le revenu en France. En Thaïlande, elle sera faiblement taxée mais le sera tout de même. L’écart s’intensifie au plus les revenus sont importants, cependant le plafond maximal de 35% est réservé aux très hauts revenus. La classe moyenne peut largement encore être avantagée par rapport au barème français.  

    Sauf que la convention fiscale franco-thaïlandaise, selon sa version française, stipule que les pensions de retraite sont imposables uniquement dans l’État où elles sont versées, soit la France. Toutefois, la version thaïlandaise de la convention est plus ambiguë, permettant une imposition potentielle selon l’impôt sur le revenu où les pensions pourraient être imposées en France et en Thaïlande. Une intervention politique serait nécessaire pour clarifier la situation. Mais à ce jour, à notre connaissance, ni Anne Genetet, la députée des Français de la Xième circonscription dont fait partie la Thaïlande, ni les autorités consulaires n’ont de solution.

    Des règles et des exceptions

    Rappelons que toutefois, seuls les revenus acquis à partir du 1er janvier 2024 sont concernés. Toute personne qui sera en mesure de prouver que ses revenus sont antérieurs à cette date ne sera pas imposable sur ces sommes, même si elles ont été transférées en Thaïlande après le 31 décembre 2023.

    Afin d’éviter les erreurs, il est conseillé de posséder deux comptes en banque : l’un sur lequel placer son capital (c’est-à-dire ses économies passées acquises avant le 31.12.2023) et l’autre sur lequel verser les revenus gagnés à partir du 01.01.2024.

    Aussi, on vous précise la notion de transfert, en effet, les autorités considèrent comme « transfert » tout virement bancaire d’un pays étranger vers une banque thaïlandaise, mais aussi les paiements avec des cartes de crédit étrangères, les rapatriements d’argent liquide et le recours à des fournisseurs de paiement en ligne, tels que Stripe ou PayPal.

    La Thaïlande a également prévu d’exempter certaines catégories de retraitées et retraités étrangers, notamment celles et ceux qui disposent d’un visa LTR («longterm visa»), valable dix ans. Pour l’obtenir, il faut être au bénéfice d’une retraite d’au moins 80’000 dollars par an, ou 40’000 dollars annuels et investir 250’000 dollars en Thaïlande, dans l’immobilier par exemple.

  • Journée internationale du souvenir de l’Holocauste : l’antisémitisme toujours présent

    Journée internationale du souvenir de l’Holocauste : l’antisémitisme toujours présent

    Comme chaque 27 janvier, la journée est dédiée en France et en Allemagne au souvenir de l’Holocauste. L’occasion pour nous de faire un petit rappel historique et de dénoncer l’antisémitisme qui a connu un retour inédit en 2024.

    Une journée du souvenir pour quoi faire ?

    Au matin du 27 janvier 1945 quelque 7.000 détenus se trouvaient encore dans les camps d’Auschwitz-Birkenau. Plus d’un million de personnes déportées dans le camp d’Auschwitz y ont péri. En tout près de 7 millions de personnes meurent pendant l’Holocauste ! Plus de 5 millions de Juifs, et aussi des Tziganes, un peuple nomade d’Europe de l’Est, des handicapés, des communistes, des homosexuels, des Noirs… Tous ceux que les nazis jugent inférieurs ou qui s’opposent à eux !

    Le Conseil de l’Europe est à l’origine de la mise en place d’une Journée du souvenir de l’Holocauste et de prévention des crimes contre l’humanité. Cette initiative a été prise par les ministres de l’Éducation des États membres du Conseil de l’Europe en octobre 2002. Si l’Allemagne et la France ont choisi le 27 janvier, jour de la libération d’Auschwitz, le choix de la  »Journée de l’Holocauste » diffère pour d’autres États, en tenant compte de leur expérience historique.

    Alors qu’aujourd’hui, on utilise le terme de génocide ou d’Holocaustes pour de nombreuses causes, il est important de rappeler qu’un génocide est la mise en place par un État constitué de dispositions ayant comme objets d’éliminer physiquement et méthodologiquement un groupe d’êtres humains pour des raisons ethniques ou religieuses. Actuellement, même si injustices et massacres sont présents aux 4 coins du globe, aucune situation ne peut être comparée à la machine nazie qui a mis en place un système quasi industriel dédié à la mort d’enfants, de femmes et d’hommes.

    L’année 2024 a été une « année record » pour l’antisémitisme

    Avec une augmentation de 340 % du nombre total d’incidents antisémites dans le monde par rapport à 2022, selon un nouveau rapport publié par l’Organisation sioniste mondiale (WZO) et l’Agence juive pour Israël, l’année dernière marque un rebond sans précédent de la « haine du Juif ».

    Par rapport à 2023, le nombre d’actes antisémites a presque doublé. Le rapport a utilisé 2022 comme année de référence parce qu’il s’agissait d’une année relativement normale, contrairement à 2023, où le Hamas a lancé une guerre contre Israël le 7 octobre.

    Cette forte augmentation « constitue une véritable menace pour les fondements de la démocratie occidentale, où le nouveau discours antisémite érode les valeurs fondamentales de la société démocratique et crée des failles dans le mur du pluralisme et de la tolérance », a déclaré Raheli Baratz, chef du département de lutte contre l’antisémitisme de l’Organisation sioniste mondiale et autrice du rapport.

    L’occident rattrapé par l’actualité

    Aux États-Unis, le nombre d’actes antisémites a augmenté de 288 %, avec un pic en avril 2024. Ces incidents comprenaient un certain nombre d’actes de violence importants, tels que le meurtre du Dr Ben Harouni en Californie en mars, des attaques contre des synagogues et des actes de violence dans les écoles et les universités.

    Au Canada, la situation est encore pire, avec une augmentation de 562 % des actes antisémites, dont un quart était violent, selon le rapport.

    L’Australie a connu une forte augmentation de 387 % des incidents antisémites, dont des incendies de synagogues, des actes de vandalisme et des agressions physiques.

    Les tendances sont tout aussi préoccupantes en Europe. En France, les incidents antisémites ont augmenté de plus de 350 % et 28 % d’entre eux ont donné lieu à des actes de violence, selon le rapport. Au Royaume-Uni, les incidents antisémites ont augmenté de 450 %, avec près de 2 000 incidents pour le seul premier semestre 2024.

    Les pays du BRIC aussi

    Au Brésil, le président Luiz Inácio Lula da Silva a comparé les actions d’Israël à Gaza à la Shoah en février, déclenchant une vague de rhétorique antisémite sur les médias sociaux. Au Chili, le nombre d’incidents antisémites a augmenté de 325 %, tandis qu’en Argentine, il a légèrement diminué.

    L’Afrique du Sud a connu une augmentation de 185 % des incidents antisémites, y compris des appels au boycott d’Israël et de la propagande anti-israélienne. Le rapport note que le nombre réel d’incidents antisémites est probablement plus élevé que ce qui est rapporté.

    En Chine, les plateformes de réseaux sociaux ont été inondées de contenus antisémites et de théories du complot, y compris de négationnisme. Au Japon et à Taïwan, des manifestations anti-israéliennes et des saluts nazis ont été observés, ce qui n’était pas courant auparavant dans la région.

    Dans les pays de l’ancien bloc soviétique, l’année 2024 a été marquée par une escalade significative de la rhétorique antijuive et anti-israélienne. L’attentat perpétré en mars à l’hôtel de ville de Crocus, près de Moscou, où 145 personnes ont été tuées, a donné lieu à une multitude de théories du complot antisémites, en particulier sur les réseaux sociaux. Une série d’attaques violentes au Daghestan en juin, dont l’incendie de synagogues et d’églises et le meurtre de 22 personnes, s’est accompagnée d’une vaste campagne d’incitation en ligne.

    Déchaînement dans le monde musulman

    Dans le monde musulman, l’Iran continue de soutenir des organisations terroristes telles que le Hezbollah et le Hamas et de nier le droit à l’existence d’Israël. En revanche, des pays comme l’Arabie saoudite, le Maroc et les Émirats arabes unis adoptent des approches plus modérées au niveau politique, bien que l’opinion publique soit souvent différente.

    En ligne, le contenu antisémite a augmenté de plus de 300 %, l’antisémitisme classique représentant 38,5 % du contenu signalé, le négationnisme 21,1 % et le contenu anti-israélien et antisioniste 15,4 %.

    L’utilisation croissante du terme « sionisme » et de ses dérivés comme euphémisme dans les expressions antisémites a conduit le Meta à reconnaître l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme dans certains contextes, note le rapport.

  • La fée électrique n’a pas fini de briller

    La fée électrique n’a pas fini de briller

    Dans un monde en pleine transition énergétique et numérique, l’électricité s’impose comme la colonne vertébrale des économies modernes. Les infrastructures électriques sont au cœur des défis stratégiques du XXIᵉ siècle. Notamment avec la décarbonisation et l’essor de l’intelligence artificielle. Mais aussi l’électrification des transports, Pourtant, alors que la demande explose et que les investissements atteignent des sommets, des risques comme les pénuries d’équipements, les catastrophes naturelles ou encore les tensions géopolitiques menacent de freiner cette révolution.

    L’avenir de nos réseaux électriques n’a jamais été aussi crucial pour soutenir une croissance durable et résiliente. En Italie, l’usine de Schneider Electric à Conselve ne chôme pas. Elle produit des systèmes de refroidissement avancés pour les centres de données, véritables clefs de voûte de l’intelligence artificielle (IA). Au cours de l’année écoulée, la valeur boursière de Schneider Electric a augmenté de plus d’un tiers, atteignant environ 140 milliards de dollars. La capitalisation boursière d’Hitachi, un conglomérat japonais, a triplé depuis le début de l’année 2022, en partie grâce à l’expansion rapide de sa division d’équipements électriques. L’action de Siemens Energy a progressé de 300 % l’an dernier, portée par la forte croissance des ventes de son activité liée à la technologie des réseaux électriques.

    @adobestock
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    Les entreprises impliquées dans les infrastructures électriques ont enregistré des hausses significatives de leur valeur. Ce qui a surpassé les indices boursiers auxquels elles sont rattachées. La demande pour des équipements tels que les transformateurs, les appareillages de commutation et les câbles de transmission à haute tension est en plein essor. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que les investissements mondiaux dans les infrastructures de réseau ont atteint près de 400 milliards de dollars en 2024, contre un peu plus de 300 milliards en 2020. L’AIE prévoit que ces dépenses augmenteront à environ 600 milliards de dollars par an d’ici 2030.

    Facteurs de croissance des infrastructures électriques

    La décarbonisation de la production d’électricité est l’un des principaux moteurs de cet essor. Souvent située dans des zones reculées, la production d’énergie éolienne et solaire, exige une extension des lignes électriques. Mais également des investissements dans du matériel et des logiciels pour gérer leur intermittence. Au Royaume-Uni, l’ambition d’atteindre un réseau à zéro émission nette d’ici 2030 a conduit les opérateurs de réseau à soumettre des propositions d’investissement de près de 100 milliards de dollars sur cinq ans. Même aux États-Unis les investissements dans les énergies renouvelables devraient continuer à croître. Cela est dûe à la baisse des coûts de l’énergie solaire et éolienne. Bien que le nouveau président reste sceptique face au changement climatique,

    Un autre facteur est le poids croissant de l’électricité dans la consommation énergétique. L’AIE prévoit que la demande en électricité, qu’elle soit issue de sources propres ou polluantes, augmentera six fois plus vite que l’énergie globale au cours de la prochaine décennie. Cette augmentation est alimentée par l’adoption des voitures électriques, des systèmes de chauffage domestique et des processus industriels. La Californie à elle seule aura besoin de 50 milliards de dollars pour moderniser son réseau de distribution d’électricité d’ici 2035 afin de recharger ses véhicules électriques.

    Un besoin énergétique en expansion

    Les besoins énergétiques mondiaux continuent de croître, notamment dans les pays en développement, où la croissance économique et l’usage croissant de la climatisation nécessitent de nouvelles centrales électriques et des réseaux adaptés. Goldman Sachs estime que le réseau électrique indien nécessitera 100 milliards de dollars d’investissement entre 2024 et 2032. Rystad, un cabinet de conseil, prévoit que les investissements annuels dans le réseau électrique chinois passeront d’environ 100 milliards de dollars en 2024 à plus de 150 milliards d’ici 2030.

    Les dépenses des géants de la technologie en matière d’IA alimentent également la demande en électricité. Certains centres de données consomment désormais autant d’énergie qu’une petite centrale nucléaire. Ce qui oblige les opérateurs de réseau à moderniser transformateurs, lignes électriques et équipements de contrôle. Tokyo Electric, la plus grande compagnie d’électricité japonaise, prévoit de dépenser plus de 3 milliards de dollars d’ici 2027 pour moderniser ses infrastructures et répondre à la croissance des centres de données.

    Cet essor stimule également les ventes des fabricants d’équipements de refroidissement et autres appareils auxiliaires. La multiplication des catastrophes naturelles accroît également les dépenses dans les réseaux électriques. Comme les tempêtes meurtrières à Mayotte ou les incendies de forêt à Los Angeles. Ces événements ont généré plus de 100 milliards de dollars de dommages dans le monde en 2023. Dont seulement la moitié était couverte par les assurances. Aux États-Unis, le ministère de l’Énergie a récemment accordé une garantie de prêt de 15 milliards de dollars à PG&E, une compagnie californienne, pour améliorer la résilience de ses infrastructures. En Europe, où les réseaux électriques ont en moyenne plus de 40 ans, une modernisation est également nécessaire.

    Défis et risques

    Face à la hausse de la demande en équipements, les pénuries se multiplient. Ce qui entraîne une augmentation des prix de 60 à 80 % pour certains composants, comme les transformateurs, depuis 2020. Les délais de livraison ont triplé, atteignant parfois cinq ans ou plus. Cette situation pousse les fournisseurs à augmenter leurs dépenses en recherche et développement ainsi qu’en capacité de production. Cependant, le secteur de l’électricité reste vulnérable à un retournement de cycle. Une surproduction pourrait émerger si les investissements dépassaient les besoins réels. La croissance des ventes de véhicules électriques ralentit déjà dans plusieurs pays occidentaux, et l’essor de l’IA pourrait marquer une pause.

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    Malgré ces incertitudes, les dépenses consacrées aux infrastructures électriques ne montrent aucun signe de ralentissement. Les opérateurs de réseau restent confrontés à une consommation d’électricité croissante. Mais aussi à un mix de production en évolution et des infrastructures vieillissantes. Face à une consommation électrique en forte hausse, un mix énergétique en pleine transformation et des infrastructures vieillissantes, le secteur électrique est à un tournant.

    Les investissements colossaux actuels témoignent d’un effort sans précédent pour répondre aux enjeux environnementaux et technologiques, mais les défis restent nombreux. Pénuries de matériaux, risques de surproduction ou encore besoin d’une meilleure résilience face aux catastrophes naturelles. La question n’est plus seulement de construire des réseaux plus puissants. Mais aussi de les rendre plus flexibles, durables et adaptés aux besoins de demain. À l’heure où l’électricité devient la pierre angulaire de notre économie, c’est notre capacité à innover et à anticiper qui déterminera si cette transition sera un succès ou un échec.

  • L’Europe se trompe de câble pour développer le réseau électrique africain

    L’Europe se trompe de câble pour développer le réseau électrique africain

    Les dirigeants africains espèrent la construction d’un gigantesque réseau électrique à l’échelle du continent, avec le soutien de l’Union européenne (UE). Mais un demi-milliard d’habitants du continent risque d’attendre encore longtemps de la lumière. 

    En 2019, l’Union africaine, forte de ses 55 membres, a adopté un plan à long terme pour la mise en place d’un vaste réseau électrique s’étendant du Maroc à l’Afrique du Sud, afin d’équiper ses 2 milliards d’habitants.

    L’UE, l’un des principaux bailleurs de fonds, devait apporter un soutien financier et technique au projet. Six ans plus tard, le continent est confronté à un défi plus pressant. Quelque 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité. Il est presque certain que l’échéance de 2030 fixée par les Nations unies pour résoudre ce problème ne sera pas respectée.

    Alors que d’autres continents progressent — l’Asie est passée de 600 millions d’habitants sans accès à l’électricité à 100 millions au cours des 15 dernières années —, la croissance démographique rapide de l’Afrique signifie que ses chiffres absolus stagnent.

    « Il est inacceptable que plusieurs centaines de millions de personnes n’aient pas accès à l’électricité », a déclaré Ditte Juul Jørgensen, haute fonctionnaire européenne en charge de l’énergie.

    Ditte Juul Jørgensen, qui dirige la DG de l’Énergie (DG ENER) de la Commission européenne, s’exprimait lors de la réunion annuelle de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) à Abu Dhabi au début du mois, où les États africains ont rencontré leurs homologues européens.

    Sur ou hors réseau

    Il y a deux façons d’alimenter les populations en électricité. En les raccordant à un vaste réseau de câbles — le réseau national — ou en créant des solutions rapides, locales et à petite échelle, appelées « mini-réseaux » ou « solutions hors réseau ». À l’échelle la plus petite, il peut s’agir d’un foyer équipé d’un panneau solaire.

    « Le choix de connecter ou non les foyers ruraux au réseau central se résume à une question centrale : le coût », explique Esther Haftendorn, conseillère politique pour le Partenariat Afrique-UE pour l’énergie.

    Plus un foyer est éloigné du réseau, plus il est coûteux de le raccorder. En particulier dans les zones à faible densité. Par conséquent, cette approche n’a pas toujours fonctionné.

    William Brent, directeur marketing de la société de réseaux à petite échelle Husk, souligne que « des centaines de millions de personnes dans les zones rurales d’Afrique subsaharienne n’ont pas été alimentées en électricité parce que les réseaux centralisés n’ont pas réussi à les atteindre ».

    Par conséquent, les solutions hors réseau et les micro-réseaux reliant plusieurs ménages à un petit réseau local entrent en jeu, abonde Esther Haftendorn.

    Ces approches ont toutefois leurs propres inconvénients. Elles sont rarement viables économiquement sans programme de subventions ou sans un « client d’ancrage » local plus important, comme dans une usine ou une ferme.

    En outre, elles sont souvent de moindre qualité que le réseau réel, fournissant, au pire, juste assez d’énergie pour quelques ampoules pendant quelques heures chaque jour.

    Priorités européennes

    En ce qui concerne le soutien européen à l’Afrique, une préférence claire se dégage : les grands réseaux centralisés.

    Dans son discours, Ditte Juul Jørgensen a souligné les avantages de la méthode européenne qui s’appuie sur des réseaux massifs avec beaucoup d’énergies renouvelables, s’étendant sur plusieurs pays.

    Les 5,5 milliards d’euros destinés à soutenir les câbles et les réseaux électriques sur le continent africain — déboursés entre 2014 et 2022 — ont tous été consacrés à la réalisation de ce projet européen.

    Selon un rapport de décembre 2024 du Partenariat Afrique-UE pour l’énergie, « la quasi-totalité de ce financement a été consacrée aux réseaux centralisés, avec seulement 54 millions d’euros alloués aux mini-réseaux isolés ».

    Priorités européennes
    Priorités européennes

    Une erreur, selon William Brent, qui ajoute que, « compte tenu du manque de financement et de capacité », il est illusoire de penser que l’approche du réseau centralisé permettra de fournir de l’électricité aux millions de personnes qui en ont besoin « dans un avenir proche ».

    Un développement global

    Lancée fin 2021, la stratégie Global Gateway de la Commission européenne vise à contribuer au développement des pays émergents et au développement des partenaires de l’UE. Notamment dans les domaines du numérique, de l’énergie, de l’environnement, de la santé ou encore de l’éducation, en s’appuyant sur la mobilisation du secteur privé.

    L’initiative Global Gateway qui a permis d’allouer 150 milliards d’euros à l’Afrique, finance actuellement quatre projets de câbles transfrontaliers et un seul petit projet de mini-réseau pour améliorer l’accès à l’électricité en Afrique de l’Ouest.

    Pourtant, des rapports de l’Union africaine financés par l’UE indiquent que la demande d’électricité du continent, qui devrait s’élever à quelque 3 800 TWh d’ici 2040, « peut être satisfaite au mieux grâce à une combinaison de solutions en réseau et hors réseau ».

    D’ici 2040, les mini-réseaux et les réseaux hors réseau devraient fournir 15 % de l’électricité du continent, soit 100 fois plus que les 6 TWh qu’ils fournissent aujourd’hui.

    Or, ils ne bénéficient que de 1 % du soutien de l’UE.

    À l’avenir, l’effort financier devra viser « une combinaison de réseaux en place, de mini-réseaux et de réseaux autonomes », souligne le rapport de décembre.

    Un seul réseau pour tout résoudre

    Pour l’instant, l’objectif de l’Union africaine est de mettre en place un « plan directeur continental » pour construire un « marché unique africain de l’électricité » d’ici 2035, afin d’y raccorder les millions de personnes qui en sont privées. L’UE fournit à la fois une assistance technique et financière.

    À terme, cette vaste entreprise ambitionne de fusionner les cinq pools énergétiques régionaux du continent en un seul réseau à l’échelle du continent jusqu’en 2063.

    « Pour atteindre cet objectif, nous aurons besoin d’environ 1 300 milliards de dollars » d’investissements, a annoncé Amani Abou-Zeid, commissaire à l’Énergie de l’Union africaine, lors d’une conférence de presse l’année dernière.

    Selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie pour 2024, l’Afrique sera le dernier continent où des millions de personnes resteront privées d’électricité au cours de la prochaine décennie. Reste à savoir si une vision européenne peut aider le continent à éviter ce sort.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 27.01.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 27.01.2025

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le lundi 27 janvier 2025 et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Dans les titres de la première édition de la semaine : L' »horreur » de l’Holocauste ni « oubliée ni niée » – Trump et ses projets d’expulsion – Mister France 2025

    Le pape François et l’Holocauste

    Ce dimanche 26 janvier, à la veille du 80e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, le pape François a invité le monde entier à « collaborer pour affaiblir la plaie de l’antisémitisme, ainsi que de toute force de discrimination et de persécution religieuse ». « Demain (ce lundi) est la Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l’Holocauste, 80 ans après la libération du camp de concentration d’Auschwitz. L’horreur de l’extermination de millions de personnes juives et d’autres religions dans ces années ne peut être ni oubliée ni niée », a-t-il souligné à l’issue de la prière dominicale de l’Angélus. « Construisons ensemble un monde plus fraternel, plus juste en enseignant aux jeunes à avoir un cœur ouvert à tous, dans la logique de la fraternité, du pardon et de la paix », a conclu le pape. Retrouvez les chiffres affligeants de l’antisémitisme en 2024 dans notre article dédié (publication le 27 janvier à 11h – heure de Paris).

    Le pape François lors d'une réunion avec des membres de la communauté catholique à la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg, le 26 septembre 2024
    Le pape François lors d’une réunion avec des membres de la communauté catholique à la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg, le 26 septembre 2024

    « Faire le ménage »

    Quelques jours après son investiture, le président américain Donald Trump a mis à exécution sa promesse d’expulser à tour de bras des migrants pour réprimer l’immigration illégale. Il prévoit plus de 11 millions de départs. Une méthode qu’il veut appliquer ailleurs. En effet, le président américain Donald Trump a évoqué samedi 26 janvier l’idée d’un plan visant à « faire le ménage » dans la bande de Gaza, disant vouloir envoyer les Palestiniens de ce territoire vers l’Égypte et la Jordanie « temporairement » ou « à long terme » pour obtenir la paix. Rappelons que les camps de réfugiés ont existé pendant des décennies, des années cinquante aux années quatre-vingt, dans ces deux pays, entraînant de nombreuses tensions dans les pays hôtes.

    "Si nous ne parvenons pas à un accord, et rapidement, je n'aurai pas d'autre choix que d'imposer des niveaux élevés de taxes, de droits de douane et de sanctions sur tout ce qui est vendu par la Russie aux États-Unis et à divers autres pays participants" - Donald Trump ce 22 janvier évoquant la résolution du conflit avec l'Ukraine sur son réseau Truth Social.
    « Si nous ne parvenons pas à un accord, et rapidement, je n’aurai pas d’autre choix que d’imposer des niveaux élevés de taxes, de droits de douane et de sanctions sur tout ce qui est vendu par la Russie aux États-Unis et à divers autres pays participants » – Donald Trump ce 22 janvier évoquant la résolution du conflit avec l’Ukraine sur son réseau Truth Social.

    Mathieu Bedini est Mister France 2025

    Ils étaient 30 jeunes hommes à se disputer l’écharpe de Mister France 2025, samedi 25 janvier au théâtre André Malraux de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). À l’issue de la soirée annuelle, c’est Mathieu Bedini, Mister Rhône-Alpes 2024, qui s’est imposé. Il succède à Charles Stamper, Mister France 2024. Originaire de Sallanches, en Haute-Savoie, Mathieu Bedini vit à Annecy où il exerce le métier d’agent immobilier après des études à Genève, comme le rapporte La Dépêche. Une activité qu’il cumule avec sa passion du DJing: « Je suis passionné par la musique depuis mes 10 ans et j’adore depuis longtemps animer des soirées en plus de mes études », confiait-il déjà au Messager en 2023. Il venait alors de remporter un tremplin qui lui avait permis d’ouvrir le festival électro Pharaonic, à Cluses.

    Mathieu Bedini, Mister France 2025 - Capture d'écran Instagram - @mattbedini
    Mathieu Bedini, Mister France 2025 – Capture d’écran Instagram – @mattbedini

    C’est tout pour ce flash quotidien des expatriés. Toute la rédaction se joint à moi pour vous souhaiter un merveilleux lundi où que vous soyez !  

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