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  • Réformes migratoires de D.Trump : quel impact sur les expatriés français ?

    Réformes migratoires de D.Trump : quel impact sur les expatriés français ?

    Le président Donald Trump, ayant officiellement entamé son second mandat le 20 janvier 2025, une date symbolique coïncidant avec le Martin Luther King Day, a rapidement lancé une série de réformes en matière d’immigration. Présentées comme une réponse à ce qu’il a qualifié de « crise migratoire » durant sa campagne, ces mesures touchent à la fois le contrôle des frontières et les régulations relatives aux visas temporaires et permanents. Bien que les Français représentent une minorité parmi les immigrants aux États-Unis, ces changements pourraient avoir un impact sur leur accès et leur séjour dans le pays.

    Réformes clés : entre sécurité et restrictions

    Dès les premiers jours de sa présidence, le président Donald Trump a donc proposé une réforme marquante du système de citoyenneté américaine. Celle-ci vise à limiter le jus soli (droit du sol) en faveur du jus sanguinis (droit du sang). Ce changement est justifié par l’administration comme une réponse à l’immigration clandestine et au « tourisme de naissance ». Elle alignerait les États-Unis sur des pays où la citoyenneté est davantage héritée par filiation que par lieu de naissance.

    Le président Donald Trump signe des décrets dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche le 20 janvier 2025 à Washington DC (Photo par Anna Moneymaker/Getty Images)
    Le président Donald Trump signe des décrets dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche le 20 janvier 2025 à Washington DC (Photo par Anna Moneymaker/Getty Images)

    D’ores et déjà, la réforme a suscité des débats sur ses implications constitutionnelles. Notamment en lien avec le 14ᵉ amendement, garantissant la citoyenneté à toute personne née sur le sol américain. Ainsi, la réforme proposée par Trump pourrait marquer un tournant historique pour les États-Unis. Avec des implications tant politiques que sociétales, rappelant les débats similaires qu’ont traversés d’autres nations.  À l’instar de la France dans les années 1990, avec la réforme du droit du sol et l’accès automatique sous certains critères à la citoyenneté française pour les enfants nés en France de parents étrangers. Ce débat reste d’actualité en France. Notamment dans les départements et régions d’outre-mer comme Mayotte, où l’Assemblée nationale est en plein débat sur une réforme du droit du sol.

    « La réforme de Donald Trump cherche à durcir les conditions d’accès à la citoyenneté américaine. »

    Parmi les mesures annoncées, la réforme cherche à durcir les conditions d’accès à la citoyenneté américaine. L’administration a proposé de prolonger la période de résidence requise avant de pouvoir demander la naturalisation. Cette dernière étant actuellement fixée à cinq ans (trois ans pour les conjoints de citoyens américains). Par ailleurs, des exigences accrues en matière de maîtrise de l’anglais et de connaissances civiques figurent également parmi les points évoqués, avec l’introduction prévue d’un test plus complet et d’un niveau linguistique avancé.

    Autre point visé par ce changement, la réforme propose également de revoir les conditions d’accès à la résidence permanente (green card) et à la naturalisation pour les bénéficiaires de certains statuts temporaires, notamment ceux des visas humanitaires tels que les visas U, T et TPS. Ces visas, conçus pour protéger des populations vulnérables, visent des personnes confrontées à des situations spécifiques. Par exemple, le visa U est destiné aux victimes de crimes coopérant avec les autorités. Le visa T protège les survivants de la traite humaine. Quant au TPS, il offre un statut temporaire aux ressortissants de pays touchés par des catastrophes naturelles ou des conflits armés.

    « Les résidents qui passent plus de six mois consécutifs hors des États-Unis pourraient voir leur statut réévalué. »

    Les bénéficiaires de ces statuts pourraient faire face à des critères plus stricts pour accéder à la naturalisation, notamment en matière de preuves de résidence et d’intégration. L’administration met également l’accent sur un examen approfondi des antécédents des demandeurs. Elle exige l’absence de tout historique criminel ou de comportement considéré comme « incompatible » avec les valeurs américaines.

    Qu’en est-il des détenteurs de Green Card ?

    Les détenteurs de carte verte, ou résidents permanents légaux, sont relativement protégés par rapport aux nouvelles réformes. Toutefois, des restrictions accrues concernant les absences prolongées du territoire américain ont été introduites. Les résidents qui passent plus de six mois consécutifs hors des États-Unis pourraient voir leur statut réévalué, sauf s’ils disposent d’une autorisation préalable (re-entry permit). De plus, les candidats à la naturalisation pourraient faire l’objet d’un examen approfondi de leur historique migratoire et fiscal.

    La loterie pour la carte verte / green card sera-t-elle maintenue ?

    Pour l’heure, la loterie pour la carte verte (Green Card)  demeure une porte d’entrée vers le rêve américain pour des millions de candidats, y compris un petit nombre de Français.

    Le Diversity Visa Program, connu sous le nom de loterie pour la carte verte, attribue chaque année 55 000 visas de résidence permanente à des ressortissants de pays sous-représentés dans les flux migratoires vers les États-Unis.

    Green Card (Crédit photo Getty Images)
    Green Card (Crédit photo Getty Images)

    Avec plus de 20 millions de candidats chaque année, le taux de réussite est extrêmement faible, avoisinant 0,25 %. En 2023, 209 Français ont été sélectionnés, confirmant leur place minoritaire mais significative parmi les bénéficiaires.

    Ce programme, conçu pour promouvoir la diversité au sein des nouveaux résidents permanents, est au cœur de débats politiques récurrents. Lors de son premier mandat, le président Trump avait proposé sa suppression, estimant qu’il ne correspondait pas aux priorités de sécurité nationale et qu’il ne garantissait pas un niveau de qualification adéquat pour les bénéficiaires.

    Bien que ces propositions n’aient pas été mises en œuvre, l’avenir de la loterie reste incertain sous sa nouvelle administration. Les défenseurs de celle-ci soulignent son rôle dans la diversification des flux migratoires. Mais également son impact positif sur les opportunités offertes à des candidats issus de pays sans liens migratoires significatifs avec les États-Unis. Cependant, les critiques jugent ce système inefficace et vulnérable à des abus potentiels.

    Le soutien d’Elon Musk au programme H1-B

    Le visa H1-B, très populaire parmi les ingénieurs et informaticiens, est une autre catégorie concernée par les débats sur l’immigration. Ce visa de trois ans, renouvelable une fois, permet aux entreprises américaines de recruter des talents étrangers hautement qualifiés. De plus, avec 1 062 détenteurs français, le programme reste un pilier pour l’industrie technologique américaine.

    « La compétitivité des États-Unis dépend de sa capacité à recruter les professionnels les plus brillants, indépendamment de leur nationalité. »

    Elon Musk

    Malgré les efforts de l’administration Trump pour imposer des seuils salariaux plus élevés et limiter les opportunités d’embauche, certaines figures influentes, comme Elon Musk, ont exprimé leur soutien au programme H1-B. En tant que PDG de Tesla et SpaceX, Musk a défendu l’importance de ce visa pour attirer les meilleurs talents mondiaux. Il a même prôné le fait que la compétitivité des États-Unis dépend de sa capacité à recruter les professionnels les plus brillants, indépendamment de leur nationalité. Sous l’administration Trump, Elon Musk est intégré au Conseil consultatif présidentiel sur les affaires et l’emploi.

    Elon Musk (Crédit photo Getty Image)
    Elon Musk (Crédit photo Getty Image)

    Bien qu’il ait été en désaccord avec certaines politiques de Trump, notamment sur le climat, Elon Musk a plaidé pour le maintien du programme H1-B, affirmant qu’il était crucial pour l’innovation technologique et la croissance économique. Il a souvent souligné que les restrictions excessives risqueraient de déplacer les talents et les investissements vers d’autres pays plus accueillants.

    Les visas utilisés par les expatriés français aux États-Unis

    De nombreux Français vivant ou travaillant temporairement aux États-Unis disposent d’une variété de visas adaptés à leur situation :

    • H1-B : Très populaire parmi les ingénieurs et informaticiens, ce visa de trois ans, renouvelable une fois, est souvent un tremplin vers la Green Card, certaines entreprises proposent d’ailleurs un parrainage en fin de validité.
    • L-1 : Ce visa s’adresse aux cadres dans le cadre de transferts intra-entreprises. Il est valable pour une durée cumulée de sept ans pour les cadres supérieurs.
    • J-1 : Utilisé principalement pour des échanges académiques, au pair, stages et formations professionnels, sa durée varie de quelques mois à cinq ans. Une clause peut exiger un retour en France pendant deux ans avant de pouvoir postuler à un autre visa.
    • B-1 : Destiné aux séjours temporaires pour affaires (réunions, conférences, négociations), ce visa est valide pour six mois, avec une prolongation possible jusqu’à un an dans des cas exceptionnels.
    Visa (Crédit photo Getty Images)
    Visa (Crédit photo Getty Images)
    • E-1 : Conçu pour les commerçants issus de pays ayant signé un traité de commerce avec les États-Unis, ce visa est renouvelable indéfiniment tant que les échanges commerciaux substantiels se poursuivent.
    • E-2 : Particulièrement prisé par les entrepreneurs, il nécessite un investissement substantiel et une gestion active de l’entreprise. Flexible et renouvelable indéfiniment, il est adapté au développement d’activités commerciales aux États-Unis.
    • EB-5 : Destiné aux investisseurs engageant un minimum de 1 050 000 $, ou 800 000 $ dans des zones ciblées pour l’emploi (TEA), et créant au moins 10 emplois à temps plein, ce visa offre une voie vers la résidence permanente.
    • F-1 : Délivré aux étudiants inscrits dans des établissements américains accrédités, ce visa est valide pour la durée du programme d’études, avec une période de grâce de 60 jours après la fin. Il offre également des opportunités de travail temporaire, comme le programme OPT (Optional Practical Training), permettant de travailler jusqu’à 12 mois après l’obtention du diplôme, avec une extension possible pour les filières STEM.
    • O-1 : Ce visa s’adresse aux individus démontrant des « capacités extraordinaires » dans les domaines des sciences, arts, éducation, affaires ou sports, ou ayant des réalisations exceptionnelles dans le cinéma ou la télévision. Il est initialement valide pour une durée maximale de trois ans et peut être prolongé par tranches d’un an selon les besoins du projet ou de l’emploi.
    • K-1 : Accordé aux fiancés étrangers de citoyens américains, ce visa est valide pour 90 jours, période durant laquelle le mariage doit être célébré aux États-Unis. Une fois marié, le bénéficiaire peut demander une Green Card pour obtenir la résidence permanente.
    • Q-1 : Peu connu mais relativement accessible, ce visa pour les échanges culturels dans des programmes sponsorisés est limité à une durée de 15 mois, non renouvelable.

    Que faire si votre visa expire ou si vous devenez illégal aux États-Unis ?

    Pour les détenteurs de visas temporaires dont la date d’expiration approche, plusieurs recours existent :

    Demande de renouvellement ou d’extension : Les visas comme le H1-B ou le J-1 peuvent être prolongés sous certaines conditions. Il est crucial de soumettre la demande bien avant la date d’expiration afin d’éviter une situation d’illégalité.

    « Les nouvelles mesures pourraient compliquer les démarches des Français souhaitant s’installer ou travailler aux États-Unis. Toutefois, des opportunités existent toujours. »

    Changement de statut : Certains visas permettent de demander un changement de statut vers une autre catégorie (par exemple, passer d’un visa J-1 à un H1-B). Il est également possible de postuler à un visa F1 pour étudiant, bien que ce dernier ne donne pas accès à un permis de travail, sauf dans le cadre d’un programme OPT. Une autre option pourrait être le visa U1, destiné aux victimes de certains crimes. Cependant, en raison de la limite annuelle de 10 000 visas U1, les demandeurs peuvent se retrouver sur liste d’attente pendant une durée pouvant atteindre cinq ans. Tout changement de statut nécessite une approbation de l’USCIS (United States Citizenship and Immigration Services). Durant l’attente de l’approbation de l’USCIS, il est interdit de quitter les États-Unis sans une autorisation de voyage préalable. Partir sans cette autorisation pourrait compromettre l’obtention du nouveau statut ou visa.

    Départ volontaire : Si aucune solution n’est trouvée, quitter les États-Unis volontairement avant de devenir illégal peut éviter des interdictions de réentrées prolongées. En cas de séjour illégal, les conséquences peuvent inclure des interdictions de retour de trois à dix ans, selon la durée du séjour irrégulier. Cependant, des recours existent, notamment par le biais de demandes de régularisation, qui sont souvent longues et complexes.

    Avocats français et francophones spécialisés en immigration aux États-Unis

    Il est fortement recommandé de faire appel à un avocat ou à une organisation spécialisée en immigration. Cela permettrait de maximiser les chances de succès d’une demande ou pour résoudre une situation complexe. Ces professionnels offrent une expertise précieuse pour naviguer dans les complexités du système migratoire américain et proposer des solutions adaptées à chaque situation.

    « Les consulats généraux de France aux Etats-Unis mettent à disposition une liste d’avocats francophones spécialisés. »

    Pour les Français et francophones à la recherche de conseils juridiques en matière d’immigration, voici une liste – non exhaustive – d’avocats spécialisés offrant leurs services en français :

    De plus, les consulats généraux de France aux Etats-Unis mettent à disposition une liste d’avocats francophones spécialisés. Non seulement en immigration, mais également dans d’autres aspects juridiques. Le but étant d’accompagner les ressortissants français dans leurs démarches. Cette liste est disponible sur les sites des consulats.

    Ainsi, les nouvelles réformes migratoires de l’administration Trump en 2025 s’inscrivent dans une volonté de refondre le système d’immigration américain. Cela implique de renforcer les contrôles et de durcir les conditions d’accès à la citoyenneté et à la résidence permanente. Si ces mesures visent à répondre à des préoccupations nationales, elles pourraient compliquer les démarches des Français souhaitant s’installer ou travailler aux États-Unis. Toutefois, des opportunités existent toujours, notamment via des visas adaptés à divers profils professionnels, éducatifs ou entrepreneuriaux.

    C’est pourquoi, afin de naviguer au mieux dans ce contexte en constante évolution, il est essentiel de bien s’informer, de planifier ses démarches avec soin. Et, au besoin, de solliciter des conseils juridiques spécialisés. Malgré les défis, ces réformes ne remettent pas en question l’attractivité des États-Unis pour ceux qui aspirent à y construire un avenir.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 31.01.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 31.01.2025

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le vendredi 31 janvier 2025 et vous écoutez le dernier flash quotidien des expatriés de la semaine. Dans les titres de cette édition : La sénatrice Vogel et la proportionnelle – Accident mortel d’un autocar scolaire en France – En Suède, un blasphémateur abattu

    Scrutin majoritaire ou à la proportionnelle ?

    À l’initiative du groupe les écologistes, Les sénateurs ont adopté ce jour une résolution demandant au gouvernement « d’initier les travaux nécessaires » pour aller vers un scrutin à la proportionnelle pour les élections législatives. C’est la Sénatrice des Français établis hors de France, Mélanie Vogel, qui a défendu ce texte. Si, la proportionnelle peut « permettre une représentation des préférences politiques des citoyens » comme l’a dit la sénatrice, nombreux observateurs pensent que ce mode de scrutin n’assurera pas la création de majorités gouvernementales stables. Le débat reste ouvert, l’Assemblée nationale s’en saisira-t-il prochainement ?

    Coupes budgétaires
    Melanie Vogel

    Le conducteur du car scolaire, positif aux stupéfiants

    Une adolescente de 15 ans, Joanna, a été tuée dans l’accident. Selon la région Centre-Val de Loire, le car transportait 35 collégiens, lycéens et élèves de CFA. Parmi eux, 24 sont légèrement blessés et soignés sur place, deux autres ont été transportés à l’hôpital. Le chauffeur a été testé positif aux stupéfiants, a appris BFMTV de source judiciaire confirmant une information de RTL. À noter que ce test salivaire ne permet pas encore d’assurer que le conducteur, âgé de 26 ans et inconnu de la justice, était sous l’emprise de stupéfiants. Il faut que cela soit confirmé par un laboratoire spécialisé en toxicologie. Certains médicaments peuvent en effet fausser les résultats.

    Un assassinat commandé ?

    Le profanateur de Coran Salwan Momika, dont les actions avaient déclenché des manifestations de colère dans des pays musulmans en 2023, a été tué par balles en banlieue de Stockholm ce jeudi. Cinq personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête ouverte pour le meurtre de cet homme de 38 ans, réfugié irakien de confession chrétienne, a indiqué le procureur Rasmus Öman à l’AFP. Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a souligné que les services de renseignement et de sécurité suédois (Säpo) « sont profondément impliqués, car il existe évidemment un risque de lien avec une puissance étrangère ».

    C’est tout pour cette semaine, passer un beau week-end où que vous soyez ! On se retrouve lundi pour un nouveau flash quotidien des expatriés! Et merci pour votre fidélité.

    Écouter le bulletin quotidien des Français de l’étranger

  • Budget 2025 : Ça bloque encore !

    Budget 2025 : Ça bloque encore !

    Des députés et des sénateurs se sont réunis ce 30 janvier pour parvenir à un accord sur le budget 2025. Plusieurs sujets clivants sont sur la table, à commencer par l’Aide médicale d’État (AME), un casus belli pour la gauche tout comme pour une partie de la macronie.

    Des points certes irritants dans plusieurs camps, mais des socialistes plus mécontents que les autres. Quelques minutes à peine après l’ouverture des discussions entre sénateurs et députés sur le budget 2025, réunis en conclave, ce jeudi 30 janvier pour trouver une version commune entre l’Assemblée nationale et le Sénat, les socialistes ont joué leur va-tout.

    Le bloc central cherche son chemin

    La colère du PS ne redescend pas depuis plusieurs jours. François Bayrou a évoqué lundi soir sur LCI « une submersion » migratoire à Mayotte et dans certains départements lundi soir avant de persister et signer mardi dans l’hémicycle, sous les huées de la gauche.

    Mercredi, son ministre des relations avec le Parlement Patrick Mignola a bien tenté d’arrondir les angles, appelant à « reconstruire ensemble » un « modèle d’intégration », sans retirer les propos du Premier ministre. Il n’en a en réalité pas besoin. Si la commission mixte paritaire est une étape cruciale et qu’un vote contre des socialistes ferait très mauvais effet, sa composition laisse bien augurer d’une issue favorable.

    Sur les 14 parlementaires qui en font partie, huit sont membres de partis qui font partie du gouvernement de François Bayrou. Mais dans un contexte d’Assemblée nationale fragmentée et divergences au sein même du bloc central, chacun va bien tenter de jouer sa partition. La question de l’aide médicale d’État divise par exemple profondément la macronie.

    Crispation autour du rabotage de l’AME

    Ce dispositif qui permet à des personnes sans-papiers d’accéder gratuitement à des soins en France est dans le viseur de la droite depuis des années. En décembre dernier, le Sénat a voté en faveur d’une baisse de 200 millions d’euros de son budget et a mis fin à l’automaticité des prestations de santé non urgentes.

    À gauche comme au sein d’une partie de Renaissance, il est hors de question d’accepter de telles modifications. Si François Bayrou s’est pour l’instant abstenu de s’exprimer sur le sujet, la ministre du Budget Amélie de Montchalin a déjà fait savoir qu’elle était contre le positionnement du Sénat. Mais le gouvernement pourrait lâcher du lest pour satisfaire la droite qui souhaite profondément réformer l’AME, à commencer par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.

    Couac sur la suppression des 4.000 postes d’enseignants

    Autre sujet de tension: la question de la suppression des 4.000 postes d’enseignants prévue dans le budget 2025. Si François Bayrou a bien promis de revenir sur le sujet dans un courrier adressé aux socialistes tout comme lundi soir sur LCI, la droite sénatoriale a fait voler en éclat cette promesse en supprimant bien 2.000 postes. Charge donc aux députés du bloc central de parvenir à réintroduire la suppression des 4.000 postes, quitte à agacer les LR qui veulent à tout prix que l’objectif de réduction de déficit de 5,4% soit bien tenu.

    Des prévisions de croissance qui inquiètent

    Du côté du RN, plutôt discret ces dernières semaines, deux points pourraient être bloquants : les prévisions de croissance et d’inflation du gouvernement. Bercy table sur une croissance à 1,1%, un chiffre jugé très optimiste dans un contexte d’économie française très ralentie.

    Problème: si la croissance est plus faible que prévu par les services de l’État, les rentrées d’argent dans les caisses le sont également. De quoi menacer l’objectif de réduction du déficit affiché.

    Il y a aussi la réforme des règles de mise en vente de la production d’électricité nucléaire qui pourrait faire monter à terme les factures des Français, comme l’a expliqué le député RN Jean-Philippe Tanguy mercredi soir sur BFMTV. Le RN a expliqué qu’il censurerait le gouvernement si cet article était maintenu. Il a été adopté dans la matinée par les parlementaires de la CMP.

    Mais avec seulement deux députés, le mouvement de Jordan Bardella n’est pas en capacité de bloquer les échanges en commission mixte paritaire. L’enjeu est donc pour le gouvernement de parvenir à renouer le dialogue avec la gauche au sein du conclave entre députés et sénateurs tout en évitant les fâcheries avec la droite.

    Vers un 49.3 puis une motion de censure

    L’option la plus probable est cependant bien que la Commission mixte paritaire parvienne à un accord, ce qui ouvre la porte à un vote du budget dès lundi à l’Assemblée nationale.

    La séquence s’avère à très haut risque pour François Bayrou: si les socialistes estiment que le gouvernement n’a pas fait assez de concessions, ils pourraient voter contre tout comme le RN. Dans une telle hypothèse, le Premier ministre déciderait probablement de ne pas aller au vote et d’enclencher un 49.3, cette cartouche institutionnelle qui permet d’adopter un texte sans vote.

    Dans la foulée, la gauche déposerait une motion de censure qui pourrait renverser alors le Premier ministre si elle était soutenue par les troupes de Marine Le Pen et l’ensemble du Nouveau front populaire.

  • Rencontre avec Bertrand Lortholary, ambassadeur de France en Chine

    Rencontre avec Bertrand Lortholary, ambassadeur de France en Chine

    Écouter le podcast avec Bertrand Lortholary

    En poste depuis mars 2023, Bertrand Lortholary est diplômé de prestigieuses institutions telles que l’Institut d’études politiques de Paris et l’École nationale d’administration. Il a consacré sa carrière à la diplomatie, naviguant à travers des postes clés à Washington, Pékin, New York et Hanoï. Après une expérience riche et variée, il a su tisser des liens solides entre la France et les enjeux asiatiques, notamment en tant que conseiller du président de la République pour l’Asie et l’Océanie. Dans cette interview, l’ambassadeur de France en Chine partage pour Lesfrancais.press ses perspectives sur les relations franco-chinoises, les défis diplomatiques et sa vision pour l’avenir.

    Des relations franco-chinoises relancées

    Bertrand Lortholary est ambassadeur de France en Chine depuis mars 2023. Au cours de ce podcast, il souligne que son mandat a été de relancer les relations après la pandémie de la Covid. Les liens entre nos deux pays ont été distendus durant la crise sanitaire. « Les échanges entre les Chinois et les Français n’avaient pas pu se dérouler au rythme habituel, que ce soit dans le domaine culturel, économique, et tant d’autres » indique-t-il.

    « L’année 2023 a permis de relancer le moteur de notre voiture franco-chinoise »

    Bertrand Lortholary, ambassadeur de France en Chine

    Depuis, les relations entre les deux nations ont repris cours. Bertrand Lortholary souligne ainsi que « L’année 2023 a permis de relancer le moteur de notre voiture franco-chinoise ». Cette même année, des échanges significatifs ont ainsi eu lieu, notamment la visite du Président français en Chine et celle de Xi Jinping en France. En parallèle, nous dit l’Ambassadeur, la présence culturelle française en Chine a explosé, avec 900 événements organisés dans plus de 50 villes.

    L’importance des relations franco-chinoises

    Au cours de cette interview, Bertrand Lortholary insiste sur la nécessité d’un dialogue constant entre la France, l’Europe et la Chine, surtout dans un monde de plus en plus fragmenté. Les deux pays doivent collaborer sur des enjeux mondiaux comme le changement climatique et l’intelligence artificielle.

    « Il est fondamental pour un pays comme la France, ainsi que pour l’ensemble de l’Union européenne, d’avoir un dialogue permanent de très haut niveau avec la Chine, qui soit à la fois franc, amical et respectueux sur tous les sujets. »

    Bertrand Lortholary, ambassadeur de France en Chine

    Aujourd’hui, la Chine est la deuxième puissance économique du monde. Ce pays est présent sur tous les sujets de la vie mondiale et aussi dans « le quotidien de toutes les Françaises et de tous les Français » constate notre invité. Ainsi, « « il est fondamental pour un pays comme la France, ainsi que pour l’ensemble de l’Union européenne, d’avoir un dialogue permanent de très haut niveau avec la Chine, qui soit à la fois franc, amical et respectueux sur tous les sujets. » partage-t-il.

    Portrait de Bertrand Lortholary (novembre 2023)
    Portrait de Bertrand Lortholary (novembre 2023)

    Par ailleurs, la France et la Chine, et « nos présidents en sont profondément convaincus » souligne notre invité, ont un intérêt fondamental à travailler ensemble sur les grands défis mondiaux d’aujourd’hui, tels que le changement climatique, la biodiversité, la santé mondiale, le développement et l’intelligence artificielle.

    Quels sont les défis de la relation franco-europeo-chinoise ?

    Bien qu’il existe des désaccords entre nos deux pays, comme ceux concernant les droits de douane élevés sur les importations de cognac et d’armagnac français, Bertrand Lortholary estime que nous avons « la capacité de nous parler en toute amitié, avec respect et franchise, pour essayer de surmonter ces différences. »

    « Le meilleur gage de la poursuite de la relation commerciale entre l’Europe et la Chine, c’est le rééquilibrage de cette relation (…) sur des bases équitables. »

    Bertrand Lortholary, ambassadeur de France en Chine

    L’un des défis de la relation franco-europeo-chinoise est celui de la balance commerciale. « L’Union européenne enregistre aujourd’hui un déficit commercial de près de 300 milliards d’euros l’année dernière » rappelle notre invité. Tout en ajoutant « Cette situation n’est pas soutenable pour la France et l’Europe. »

    SEMA avec Hua Chunying (14 juillet 2024)
    SEMA avec Hua Chunying (14 juillet 2024)

    Aussi, « le meilleur gage de la poursuite de la relation commerciale entre l’Europe et la Chine, c’est le rééquilibrage de cette relation » propose l’ambassadeur, notamment par la « mise en place des droits visant simplement à rétablir des conditions équitables dans la concurrence entre les entreprises européennes et chinoises. L’objectif est de continuer à commercer, mais sur des bases équitables » en prenant l’exemple de la construction des voitures électriques.

    Éducation, langue française et échanges culturels

    Au cours de cet entretien, l’ambassadeur souligne l’importance de l’éducation. Il souhaite, entre autres, favoriser la mobilité des étudiants et promouvoir l’enseignement du français en Chine. 

    “Le français a des atouts singuliers, car il est parlé sur tous les continents. C’est une langue d’affaires. »

    Bertrand Lortholary, ambassadeur de France en Chine

    Les échanges culturels entre nos deux pays sont également au cœur de la relation franco-chinoise.  Pour l’ambassadeur de France en Chine, « il est essentiel de permettre aux artistes, danseurs, musiciens et sculpteurs de se rencontrer. »

    Enfin, Bertrand Lortholary nous parle de son métier dans la diplomatie française. « On ne choisit pas de devenir ambassadeur » nous dit-il. « À un moment de son parcours, on est choisi par les autorités de son pays » partage-t-il. Pour autant, on construit aussi son chemin professionnel, et celui de notre invité est des plus incroyables. Pour conclure, il nous raconte même une anecdote quand, jeune étudiant, il a rencontré le frère du dernier empereur de Chine.

  • Comment la Belgique compte faire payer les étudiants français ?

    Comment la Belgique compte faire payer les étudiants français ?

    Il y a trop de Français étudiants en Belgique ! C’est ce constat que l’on entend de plus en plus outre-Quiévrain. Et au-delà des chiffres, des questions se posent. Prennent-ils la place des Belges ? Combien coûtent-ils à la solidarité nationale ? Comment faire payer davantage les étudiants français ? En ce début d’année 2025, le débat s’accélère sur cette présence et le financement. Et des idées germent. L’objectif est de faire payer davantage les frais d’université aux étudiants français que le montant demandé aux Belges. Mais au sein de l’Union européenne, comment dès lors trouver un équilibre entre libre circulation et taxe ciblée à la nationalité ? Et si un tel système se met en place, d’autres pays pourraient s’y engouffrer. Explications. 

    20 000 étudiants français en fédération Wallonie-Bruxelles

    En Fédération Wallonie-Bruxelles, 21% des étudiants sont étrangers, soit environ 40.000.  Parmi eux, la moitié vient de France. Ainsi, nos ressortissants seraient près de 20 000 à occuper une place dans l’enseignement supérieur de cette zone selon l’ARES (Académie de Recherche et d’Enseignement Supérieur belge). Et la tendance reste plutôt à la hausse, et plus uniquement dans le secteur de la santé. Dans un entretien accordé à nos confrères de la RTBF (Radio-télévision belge de la Communauté française), Annemie Schaus, rectrice de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), a constaté que « le nombre d’étudiants français augmente plus en Fédération Wallonie-Bruxelles qu’en France ».

    Évolution des étudiants non-résidents dans les universités belges francophones
    Évolution des étudiants non-résidents dans les universités belges francophones

    Plusieurs raisons expliquent cette évolution et cette migration de nos jeunes Français en Belgique. La complexité de Parcoursup, la sélection des dossiers à l’entrée des écoles, la proximité géographique, … Mais la question que se posent aujourd’hui nos voisins est de savoir comment gérer ce flux ? Et surtout, comment trouver de nouvelles sources de financements.

    Un étudiant français coûte (trop) cher au contribuable Belge

    En effet, un étudiant coûte cher à la collectivité, le chiffre de 7000€ par an est le plus souvent avancé. Bien qu’il existe des frais d’inscription pour rejoindre l’enseignement supérieur au pays de Tintin, le minerval comme il est appelé, est cette année de 835€.

    « On met en danger finalement notre enseignement supérieur.»

    Vincent Yzerbyt, professeur et doyen de la faculté de Psychologie de l’UCLouvain

    Ainsi, la différence entre la facture présentée à un étudiant français et la somme que doit supporter la Belgique fait débat et inquiète ! Pour Vincent Yzerbyt, professeur et doyen de la faculté de Psychologie de l’UCLouvain, « Je pense qu’ici on est devant une situation qui devient proprement intenable au niveau de l’encadrement, au niveau de la qualité de l’enseignement. On met en danger finalement notre enseignement supérieur. »

    Université Catholique de Louvain
    Université Catholique de Louvain @UCLouvain

    Alors, en ces temps de contrainte budgétaire, la question du financement de ces étudiants non-résidents se fait de plus en plus pressante. D’autant plus qu’en Belgique, l’enseignement supérieur est tenu à une enveloppe budgétaire qui suit l’inflation, et pas le nombre d’étudiants.

    « Il existe une certaine injustice pour le contribuable belge qui doit participer au subventionnement de tout l’enseignement supérieur. »

    Vincent Vandenberghe, professeur d’économie à l’UCLouvain

    C’est pourquoi la situation ne peut rester en l’état. Dans les colonnes du Soir, (un quotidien belge), Vincent Vandenberghe, professeur d’économie à l’UCLouvain a d’ailleurs déclaré : « Il existe une certaine injustice, certes implicite, pour le contribuable belge qui doit participer au subventionnement de tout l’enseignement supérieur, et ce compris pour des jeunes qui, une fois diplômés, retournent travailler et payer des impôts dans leur pays. »

    L’objectif partagé par de nombreuses personnes est donc aujourd’hui d’augmenter la contribution des étudiants étrangers. Mais comment faire pour éviter toute discrimination, notamment pour les étudiants issus de l’Union européenne ? Une proposition, qui date d’une dizaine d’années, refait surface et pourrait être très prochainement appliquée.

    Une subvention déguisée en faveur des étudiants belges ?

    Afin de faire payer davantage les étudiants étrangers, y compris ceux venant d’un des pays de l’Union européenne, l’idée mise sur la table est double :

    • Augmenter le prix du minerval pour le passer de 835 € à 2 835 €. Celui-ci sera donc payé par tous les étudiants, y compris les Belges
    • Mais, en contrepartie, la Belgique octroyait à ses nationaux résidents, un « droit individuel » de 2.000€ pour étudier où ils le souhaiteraient.
    Une subvention déguisée en faveur des étudiants belges ?Une subvention déguisée en faveur des étudiants belges ? @adobestock
    Une subvention déguisée en faveur des étudiants belges ? @adobestock

    Cette prime – une sorte de subvention de 2.000 € – accordée aux jeunes belges viendrait donc compenser l’augmentation du minerval (c’est-à-dire des droits d’inscription dans l’enseignement supérieur) au détriment des étudiants français.  Pour ces derniers, la facture serait donc plus élevée puisqu’ils devront s’acquitter de la totalité du minerval ainsi augmenté.

    « Cette prime – une sorte de subvention de 2.000 € – accordée aux jeunes belges viendrait donc compenser l’augmentation du minerval, au détriment des étudiants français ».

    C’est une façon astucieuse d’éviter toute entrave à la liberté de circulation, concept fondateur de l’Union européenne. Et pour Vincent Yzerbyt, « il s’agit juste de se poser la question de savoir s’il est normal que ces étudiants ne contribuent pas à hauteur comparable […] des contribuables belges qui financent l’enseignement supérieur. » Sachant que, jusqu’à aujourd’hui, la France ne souhaite pas participer directement aux financements de ses propres étudiants en Belgique.

    « Maintenir notre attractivité au niveau international et dans le respect des règles européennes »

    Cette proposition est actuellement étudiée au cabinet de la présidente du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Elisabeth Degryse. L’objectif affiché est de permettre une « contribution plus juste des étudiants non-résidents, tout en veillant à maintenir notre attractivité au niveau international et dans le respect des règles européennes » a-t-on entendu. C’est tout le sens de cette proposition qui pourrait rapidement rapporter 50 millions d’euros. En ces temps de disette, qui s’en priverait ?

    Une idée contagieuse à d’autres pays ?

    Une telle mesure pourrait également être déclinable dans d’autres pays européens confrontés à des difficultés similaires. L’Autriche accueille ainsi de nombreux étudiants allemands. Ainsi, ce modèle pourrait faire « boule de neige » dans d’autres Etats et concerner les près de 110.000 Français qui étudient à l’étranger selon les statistiques publiées par Campus France. Quant aux étudiants étrangers qui se trouvent dans l’hexagone, ils sont environ 400 000, soit 13 % des effectifs de l’enseignement supérieur.

    Et les Belges sont actuellement moins de 5.000 à poursuivre leurs cursus dans le supérieur en France. Rappelons que pour éviter toute entrave au droit européen, la prime de 2.000 € qui leur serait accordée pourrait également être utilisée pour poursuivre des études dans notre pays, et donc venir prochainement augmenter le chiffre de ce contingent.  Et de toute façon, comme nous l’entendons souvent, l’amitié Franco-Belge n’a pas de prix… Mais peut-être jusqu’à un certain point. À suivre,…

  • Le gaz naturel liquéfié : le nouvel or bleu

    Le gaz naturel liquéfié : le nouvel or bleu

    En 2022, quand l’Union européenne a décidé de ne plus importer de gaz en provenance de gaz naturel de Russie et de s’orienter vers le gaz liquéfié, de nombreux observateurs ont prédit des pénuries et une envolée durable des prix. Or, l’hiver 2022/2023 comme les suivants n’ont pas donné lieu à des coupures de gaz ou d’électricité. Après avoir battu des records, les prix de ces deux énergies sont revenus à des niveaux plus raisonnables.

    Contre toute attente, les États-Unis et quelques autres pays producteurs ont réussi à pallier, en quelques mois, au retrait du gaz naturel russe en multipliant les livraisons de gaz liquéfié. Cette prouesse a été rendue possible par la construction dans des temps records de terminaux gaziers capables d’absorber de grande quantité de gaz naturel.

    La construction dans des temps records de terminaux gaziers

    Basée en Virginie aux États-Unis, l’entreprise Venture Global a révolutionné le secteur de la production ainsi que de la distribution de gaz naturel liquéfié (GNL) et de pétrole en utilisant des équipements modulaires et évolutifs fabriqués en usine quand ces concurrents privilégiaient des structures sur mesure. Il y a une dizaine d’année, cette entreprise a réduit de moitié le temps de construction d’un terminal GNL. Elle a été choisie par de nombreux compagnies pétrolières et gazières comme le groupe Shell, un grand pétrolier britannique.

    Adobestock
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    Avec l’inauguration prochaine de son deuxième terminal d’exportation en Louisiane, Venture Global deviendra la deuxième plus grande entreprise exportatrice de GNL aux États-Unis. Son poids est amené à s’accroître dans les prochaines années en raison du poids croissant de cette énergie au niveau mondial. Pour faire face à ses besoins d’investissement, Venture Global a déjà levé plus de 54 milliards de dollars. La capitalisation de l’entreprise qui a décidé d’être cotée à Wall Street fin janvier, pourrait rapidement dépasser plus de 100 milliards de dollars, soit plus que celle de BP. Venture Global dispose d’une réelle avance technologique et peut compter sur la progression de la demande en gaz naturel, jugé moins polluant que le fioul et le charbon.

    Les entreprises technologies fortement consommatrices d’énergie, notamment pour l’alimentation des serveurs, se tournent de plus en plus vers le gaz. Les centrales à gaz offrent plusieurs avantages, leur fiabilité et leur capacité à délivrer de l’énergie quel que soit le temps.

    L’engouement pour le gaz naturel liquéfié n’est pas sans limite

    Le dernier facteur jouant en faveur des actions de Venture Global est la décision de Donald Trump de lever les contraintes réglementaires pesant sur l’exploration et l’exploitation des gisements de gaz et de pétrole aux États-Unis. L’engouement pour le gaz naturel liquéfié n’est pas sans limite. La multiplication des gisements pourrait provoquer un excès d’offre. La transition écologique suppose une sortie des énergies carbonées et donc du gaz naturel dont le bilan écologique est médiocre. Le gaz est composé à 95 % de méthane qui a un pouvoir de réchauffement global 84 fois supérieur à celui du CO₂ sur 20 ans.

    Lors de l’extraction, 2 à 3 % du méthane produit part dans l’atmosphère sous forme de fuite. Le processus de liquéfaction du gaz consomme une part importante de l’énergie du gaz extrait : 10 à 25 % de l’énergie initiale est ainsi perdu. Le transport du GNL nécessite des méthaniers réfrigérés, contribuant à des émissions supplémentaires, en moyenne 2,7 kg de CO₂ par MWh transporté. La regazéification dans les terminaux consomme de l’énergie, émettant environ 1,5 à 2 kg de CO₂ par MWh. Le bilan écologique du GNL est donc contrasté. Il émet environ 50 % moins de CO₂ que le charbon pour produire la même quantité d’énergie. Toutefois, si les fuites de méthane atteignent 3 % ou plus, le bénéfice climatique disparaît par rapport au charbon. Le GNL émet environ 30 % moins de CO₂ que le pétrole par unité d’énergie produite.

    En 2023, la consommation mondiale de GNL a atteint 396 millions de tonnes. Cette consommation a entraîné l’émission d’environ 1 150 millions de tonnes de CO₂, sans inclure les fuites de méthane.

  • La France « prête à réfléchir » à l’envoi de troupes européennes au Groenland

    La France « prête à réfléchir » à l’envoi de troupes européennes au Groenland

    Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, n’exclut pas l’envoi de troupes européennes au Groenland « si nos intérêts de sécurité sont en jeu », a-t-il affirmé sur Sud Radio mardi.

    L’île arctique s’est imposée au cœur de l’actualité ces dernières semaines, alors que le président américain Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de l’acheter, sans exclure l’usage de la force militaire pour parvenir à ses fins. « Je pense que nous allons l’avoir », a-t-il affirmé à la presse au cours du week-end.

    L’UE, longtemps atone face aux menaces, semble se réveiller : Jean-Noël Barrot a déclaré mardi à Sud Radio que des discussions étaient en cours avec le Danemark sur le déploiement de troupes européennes au Groenland, tout en excluant toute action immédiate.

    « À ce stade, ce n’est pas le souhait du Danemark », a-t-il précisé.

    Lundi, Copenhague annonçait un investissement de 2 milliards d’euros destiné à renforcer les capacités de défense de l’Arctique, notamment par l’ajout de trois nouveaux navires de guerre.

    Mardi, la Première ministre danoise Mette Frederiksen a tenu une série de réunions bilatérales avec le chancelier allemand Olaf Scholz à Berlin, puis avec Emmanuel Macron à Paris. Elle a également rencontré le secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), Mark Rutte.

    Le Groenland n’était pas un point de discussion officiel entre Emmanuel Macron et Mette Frederiksen, mais les deux dirigeants devaient aborder « les questions de sécurité et de défense européennes », selon un communiqué de presse.

    Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, participe au Conseil des affaires étrangères au siège de l'UE à Bruxelles, Belgique, 27 janvier 2025. ©OLIVIER HOSLET/EPA-EFE
    Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, participe au Conseil des affaires étrangères au siège de l’UE à Bruxelles, Belgique, 27 janvier 2025. ©OLIVIER HOSLET/EPA-EFE

    Des sources diplomatiques ont confié à Euractiv que les remarques de Jean-Noël Barrot n’avaient pas été discutées lors de la réunion.

    Mette Frederiksen appelle à la prudence

    Le ministre français des Affaires étrangères a déclaré que l’Arctique était devenu « un nouveau champ de conflit » et qu’il risquait de faire l’objet d’une « ingérence étrangère ».

    « Les pays européens font preuve d’une très grande solidarité et sont prêts à réfléchir [au déploiement de troupes] si cela s’avérait nécessaire », a-t-il déclaré.

    Samedi, le chef du Comité militaire de l’UE, le général autrichien Robert Brieger, avait lui aussi évoqué la possibilité d’envoyer des troupes européennes au Groenland.

    La Première ministre danoise a toutefois indiqué aux journalistes à Bruxelles mardi qu’elle n’avait « aucune raison de croire qu’il existe une menace militaire pour le Groenland ou le Danemark ».

    « La coopération transatlantique est cruciale pour notre sécurité à tous, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour maintenir l’alliance qui a apporté la paix et la stabilité », a souligné Mette Frederiksen.

    Plus tôt dans la journée de mardi, le chancelier allemand Olaf Scholz a également insisté sur le fait que « les frontières ne doivent pas être déplacées par la force ».

    Le Groenland, plus grande île du monde, compte 57 000 habitants, principalement d’origine inuite. Son sous-sol est riche en ressources naturelles, telles que les terres rares, les pierres et métaux précieux, le charbon, le graphite, le lithium et l’uranium. Le climat rigoureux et les infrastructures limitées rendent toutefois les efforts d’exploitation minière coûteux et nécessitent des investissements à long terme.

    Au-delà de ses richesses minières, Donald Trump a revendiqué le Groenland pour des raisons de sécurité. L’armée américaine maintient d’ailleurs une présence sur l’île, même si le Danemark reste responsable de sa défense.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 30.01.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 30.01.2025

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le jeudi 30 janvier 2025 et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Dans les titres de cette édition : La submersion du budget 2025 – Le coup de gueule » des patrons – Retraite et autonomie

    Dialogue rompu entre le PS et François Bayrou

    La commission mixte paritaire (CMP) prévue ce jeudi pour tenter de trouver un compromis autour du projet de loi de finances 2025 s’annonce difficile. En effet, le dialogue se trouve être rompu entre les socialistes et le gouvernement, à la suite des récents propos de François Bayrou sur l’immigration à Mayotte qui serait submergée par les immigrants. Membre de cette CMP, le député socialiste de l’Eure Philippe Brun a appelé François Bayrou, ce mercredi sur Sud Radio, à «retirer ses mots qui blessent inutilement». Considérant que le Premier ministre avait «déraillé», l’élu a fait savoir que sa famille politique était prête à reprendre les négociations si le chef du gouvernement revenait sur ses propos. «On a besoin d’un budget pour la France», a ajouté le député. Réponse aujourd’hui

    Patrick Kanner, Olivier Faure et Boris Vallaud, à Matignon, le 19 décembre 2024. | JULIEN DE ROSA / AFP
    Patrick Kanner, Olivier Faure et Boris Vallaud, à Matignon, le 19 décembre 2024. | JULIEN DE ROSA / AFP

    Une pression fiscale et normative en France

    Michelin, LVMH, Seb, Totalenergies, EDF ou encore Airbus… Ces entreprises ont toutes quelque chose en commun. En plus d’être de grands groupes français, leurs patrons respectifs ont tous pris la parole publiquement, ces dernières semaines, parfois avec fracas, pour dénoncer les blocages français et plus largement européens. Comme en Allemagne où, fait rare (si ce n’est inédit), une centaine de fédérations patronales ont appelé à descendre, hier, dans la rue. Ils réclament un allégement de la charge bureaucratique, une baisse des prix de l’énergie ou encore des réductions d’impôts pour les entreprises et les travailleurs. Le patron de LVMH Bernard Arnault a déclaré, ce mardi, « Je reviens des USA et j’ai pu voir le vent d’optimisme qui régnait dans ce pays. Et quand on revient en France, c’est un peu la douche froide », lors de la présentation des résultats du géant français du luxe. LVMH qui enregistre, d’ailleurs, un bénéfice net de plus de 12 milliards d’euros, mais en baisse de 17% sur un an.

    Bernard Arnault a dénoncé mardi l'augmentation prévue des impôts qui pousse à la délocalisation
    Bernard Arnault a dénoncé ce mardi l’augmentation prévue des impôts qui pousse à la délocalisation

    L’enjeu des retraites

    Si les retraités échappent en 2025 à une augmentation de leurs prélèvements, ils seront probablement à nouveau dans le collimateur des pouvoirs publics dans les années à venir. Avec le départ des générations du baby-boom des années 1960, le nombre de retraités continuera d’augmenter rapidement, passant de 17 à 23 millions d’ici 2070. Pour mémoire, ce nombre était de 5 millions en 1980. La retraite est le premier poste de dépenses de la protection sociale en France. Et malgré cette mobilisation financière, l’autonomie de nos aînés est toujours complexe à maintenir. Mais un conseiller des Français de l’étranger, installé à Prague a une idée : « InTouch », un service d’appels quotidiens automatisés destinés aux personnes âgées. Découvrez-le dans le podcast dédié.

    InTouch : L'intelligence artificielle au service des seniors
    InTouch : L’intelligence artificielle au service des seniors

    C’est tout pour ce jeudi qu’on vous souhaite merveilleux, on se retrouve demain pour la dernière édition de votre flash quotidien des expatriés de la semaine. Et pour tous ceux qui sont en Asie, une nouvelle fois, bonne année du Serpent de bois.

    Écouter le bulletin quotidien des Français de l’étranger