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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 25.02.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 25.02.2025

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le mardi 25 février 2025 et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Les titres de cette édition : Le déjeuner de Macron et Trump – Plus aucun élu consulaire en Afrique du Sud – Contrôle fiscal transfrontalier

    Emmanuel Macron et Donald Trump se sont entendus

    Depuis le bureau ovale de la Maison Blanche, Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté de bâtir une paix « durable et solide » en Ukraine. « C’est de ça dont il va être question lors de notre entretien a expliqué le président français. Après l’entretien, Donald Trump a annoncé que Volodymyr Zelensky pourrait venir à la Maison Blanche « cette semaine ou la suivante » pour signer un accord que le président américain pense proche. Enfin, l’organisation du déploiement des troupes européennes, comme celle du remboursement des crédits prêtés à l’Ukraine par les USA et l’Europe, et le paiement de compensations par la Russie ont été évoqués.

    Les Français d’Afrique du Sud, Mozambique, Namibie, Botswana vont voter

    Dimanche 25 mai, les électeurs de ces 4 pays sont invités à se rendre dans les bureaux de vote pour participer à une élection consulaire partielle. En effet, la liste qui était arrivée en tête n’a plus de conseillers, pour des raisons personnelles la plupart d’entre eux ont démissionné. Les derniers élus présents ont aussi rendu leur mandat car, c’est à leur honneur, le conseil consulaire n’était plus un miroir de la communauté française. En effet, plus aucun conseiller en titre n’était originaire de la ville où résident le plus grand nombre de Français, soit Johannesburg en Afrique du Sud. Cependant, sans vote en ligne, est ce que le nouveau conseil consulaire sera vraiment représentatif alors que la participation s’annonce extrêmement faible. Réponse le dimanche 25 mai.

    En Europe, les enquêtes fiscales s’échappent des frontières françaises

    Gérard Depardieu est visé par le Fisc français avec le concours des autorités belges. Cette enquête a été ouverte après une série de dénonciations de l’administration fiscale de notre pays. Des perquisitions du domicile de l’acteur ont été réalisées le mardi 11 février dernier en France et en Belgique par les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) et les autorités judiciaires belges « dans le cadre d’une décision d’enquête européenne ». L’acteur Gérard Depardieu est l’objet depuis février 2024 d’une enquête pour fraude fiscale, fraude fiscale aggravée et blanchiment de fraude fiscale aggravée.

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 23.08.2024

    C’est ainsi que s’achève ce bulletin des Français de l’étranger. On vous souhaite un très beau mardi où que vous soyez ! À demain

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Gérone : l’Agence consulaire prise pour cible par un groupe radical

    Gérone : l’Agence consulaire prise pour cible par un groupe radical

    L’Agence consulaire de Gérone a été la cible d’un acte de vandalisme, avec des tags appelant à la libération de Georges Ibrahim Abdallah, un ancien militant libanais condamné en France à la réclusion criminelle à perpétuité pour complicité dans l’assassinat de deux diplomates en 1982.

    Incarcéré depuis plus de 40 ans, Abdallah est devenu une figure militante pour certains groupes radicaux. Ces derniers dénonçant son maintien en détention malgré plusieurs demandes de libération conditionnelle. Le 19 juin 2025, la justice française doit statuer une nouvelle fois sur son cas. Une décision très attendue qui cristallise les tensions et alimente des actions militantes en France et à l’étranger.

    C’est dans ce contexte que l’agence consulaire française de Gérone a été prise pour cible par un collectif local revendiquant son soutien à Abdallah.

    L’Agence consulaire de Gérone : un relais essentiel pour les Français de la région

    Située en Catalogne, la province de Gérone abrite une importante communauté française, notamment installée à Figueres, Lloret de Mar et Banyoles. L’Agence consulaire joue un rôle clé en offrant un service de proximité aux Français de la région, en lien avec le Consulat général de France à Barcelone.

    L’Agence consulaire de Gérone : un relais essentiel pour les Français de la région
    L’Agence consulaire de Gérone : un relais essentiel pour les Français de la région

    Contrairement à un consulat, une agence consulaire a des moyens plus limités et se concentre sur :

    ✔️ L’assistance aux Français en difficulté

    ✔️ L’information et l’accompagnement administratif

    ✔️ Le relais avec les autorités locales et consulaires

    Elle est placée sous la responsabilité du Consul honoraire, François-Xavier Pujol de Salas.

    Une action signée par un groupe radical local

    Les auteurs de ces actes ont laissé une signature bien identifiable : le groupe « Jaguars Girona », qui reprend les initiales de JAG (Jeunesse d’Action Antifasciste de Gérone). Ce collectif, dont le siège est situé à quelques mètres de l’agence consulaire, sur la Place Josep Pla, est connu pour ses actions radicales.

    Ces militants, souvent incontrôlables, s’approprient divers combats pour justifier leurs actions. Cause palestinienne, indépendantisme catalan, féminisme radical, antifascisme, lutte contre les discriminations, actions révolutionnaires et anti-système.

    Une action signée par un groupe radical local
    Une action signée par un groupe radical local

    Un mélange idéologique qui, cette fois, a conduit ces activistes à s’en prendre à une institution française dédiée exclusivement au service des expatriés.

    Le Consul honoraire, François-Xavier Pujol de Salas, a réagi avec fermeté :

    « Malheureusement, notre représentation consulaire est devenue la cible  de leurs revendications, qui n’ont pas grand-chose à voir avec notre mission de service public envers nos compatriotes résidant dans ce territoire. J’espère que nous disposerons des moyens pour renforcer la sécurité et la vigilance, désormais obligatoire, de notre agence. »

    François-Xavier Pujol de Salas, Consul honoraire

    Réactions des autorités françaises

    Renaud Le Berre, conseiller consulaire : « Un saccage totalement anormal »

    Les représentants français en Espagne dénoncent fermement cet acte de vandalisme injustifié. Renaud Le Berre, conseiller consulaire, souligne l’incohérence et la gravité de cette attaque :

    « C’est un saccage totalement anormal, qui met en danger le personnel du consulat. Le problème, c’est qu’ils mélangent tout. Ils s’attaquent à une agence consulaire qui rend seulement un service à nos concitoyens, à l’équipe consulaire qui fait un travail énorme, non politique. C’est une atteinte au service public français à l’étranger. Beaucoup de compatriotes sont choqués par ce saccage totalement inutile et qui ne sert aucune cause. »

    Renaud Le Berre, conseiller consulaire

    Stéphane Vojetta, député des Français d’Espagne : « Ce ne sont pas des tags qui vont nous faire fléchir »

    De son côté, Stéphane Vojetta, député des Français d’Espagne, n’a pas caché son indignation face à cette attaque :

    « J’avais déjà eu un peu honte de voir tous les insoumis de France défiler dans la cellule de Georges Ibrahim Abdallah, un terroriste condamné pour avoir tué des personnes, et le traiter de prisonnier politique. »

    Stéphane Vojetta, député des Français d’Espagne

    Selon lui, cette idéologie militante dépasse désormais les frontières :« Je vois qu’apparemment c’est contagieux, enfin la bêtise est contagieuse, et elle passe la frontière. On a donc des groupuscules d’extrême gauche en Catalogne, qui viennent taguer le consulat de France pour exprimer leur malaise. »

    Réactions des autorités françaises
    Réactions des autorités françaises

    Il insiste sur la nécessité d’une fermeté absolue face à ces agissements :« La loi, on la respecte. Il y a une époque où l’on n’était pas très clean avec l’Espagne sur les terroristes, mais maintenant, l’Espagne sait que nous, les terroristes, on les met en prison et on les garde en prison. Ils doivent y accomplir leur peine. Il faut qu’on soit ferme là-dessus. »

    Et de conclure :« Ce ne sont pas des tags qui vont nous faire fléchir. »

  • Mélanie Montinard témoigne depuis Rio : faire face à la canicule

    Mélanie Montinard témoigne depuis Rio : faire face à la canicule

    Écouter le podcast avec Mélanie Montinard

    Depuis plusieurs jours le Brésil fait face à une importante vague de chaleur. C’est principalement Rio qui fond sous les températures élevées. Pour comprendre ce que vivent actuellement les habitants sur place, Lesfrancais.press a interrogé Mélanie Montinard. Élue des Français de cette zone, notre invitée témoigne de son quotidien pour faire face à la canicule. Si elle se veut rassurante sur la situation, elle donne cependant un conseil précieux : « ayez votre gourde d’eau en permanence. »

    En cette période de canicule, comment la ville de Rio s’organise-t-elle ?

    Alors que la canicule s’est abattue sur le Brésil et surtout sur Rio de Janeiro, on a même atteint les 44 degrés dans un de ses quartiers, comment la ville s’organise ? Les habitants étaient-ils préparés à un tel phénomène ? Mélanie Montinard ne parle pas vraiment de surprise quant aux températures mesurées. Ce qui l’est davantage « c’est la durée » de cet épisode constate-t-elle. Et cela à des conséquences sur l’organisme, « on est fatigués » nous dit notre invitée qui vit sur place.

    Plage Rio de Janeiro
    Plage Rio de Janeiro

    Les images des plages de Copacabana bondées de monde et de gens qui se baignent font le tour du monde. Mais la vie au travail continue aussi, et les écoles restent également ouvertes. Alors quels dispositifs ont été mis en place ? Mélanie précise que le « Brésil est un pays continental, et qu’il y a de fortes disparités entre les régions, et même au sein de la ville de Rio » quant aux moyens déployés pour faire face aux chaleurs importantes.

    « La ville a mis en place des points d’eau. Et on peut aller s’hydrater d’une manière gratuite. »

    Mélanie Montinard, conseillère des Français de Rio de Janeiro

    Ainsi, elle observe que dans certains quartiers de Rio, les plus aisés, « la ville a mis en place des points d’eau. Et on peut aller s’hydrater d’une manière gratuite. » À proximité de ces derniers, des points « vigilance sanitaire » ont aussi été montés, indique notre invitée.  « Il y a des médecins, des infirmiers qui sont là (…) pour prendre votre tension ou bien vous recevoir si vous êtes un peu fatigué, et cela de manière gratuite », nous indique-t-elle.

    Les expatriés français face à ces fortes chaleurs

    Pour le moment, le consulat et les élus relaient les informations officielles. Il n’y a pas de communication spécifique envers nos expatriés. De leurs côtés, il n’y a pas non plus de demandes particulières. « Pour les Français résidents, on sait bien qu’ils sont très bien intégrés dans les communautés. » Ils suivent donc les instructions reçues principalement par sms. À ce jour, il n’y a pas eu d’alertes spéciales au sein de notre communauté indique la Conseillère des Français de l’étranger.

    « Rassurer les parents et les élèves du lycée international français Molière à Rio »

    Mélanie Montinard, conseillère des Français de Rio de Janeiro

    Toutefois, le lycée international français Molière à Rio communique directement avec les familles et les élèves. Suivant le plan de mesures locales, l’établissement vise « à rassurer les parents ». Une hydratation plus régulière est notamment mise en place pour les plus petits au sein de la structure.

    Madureira, Rio de Janeiro
    Madureira, Rio de Janeiro

    Mais une question pourrait cependant se poser à terme pour la communauté française vivant actuellement au Brésil. Ce phénomène climatique se répétant, cela ne pourrait-il pas contraindre nos ressortissants à quitter Rio de Janeiro ? Mélanie, se basant sur sa propre expérience, nous partage sa position.

    Carnaval de Rio : annulation ou maintient ?

    Dans quelques jours, le 28 février doit commencer le carnaval de Rio. Aucune annulation pour le moment est prévue.

    « Annuler le carnaval de Rio serait… économiquement suicidaire.»

    Mélanie Montinard, conseillère des Français de Rio de Janeiro

    Cette décision de maintenir les festivités est-elle réaliste ? L’élue consulaire nous répond sans aucun détour : « Annuler le carnaval de Rio serait… économiquement suicidaire » selon elle. Et puis, il y a déjà eu d’autres carnavals qui se déroulaient sous des fortes chaleurs se rappelle-t-elle. Mélanie Montinard nous informe aussi que pour celui de 2025 « la ville mettra beaucoup plus de personnels, que ce soit de la vigilance par rapport à la sécurité, mais aussi au niveau de la santé ». Et cela afin d’assurer le meilleur déroulement possible par rapport à la situation.

    Enfin, en guise de conseil, Mélanie préconise d’« avoir sa gourde d’eau en permanence ». Elle rappelle aussi qu’il convient d’éviter de s’exposer au soleil, et la crème solaire reste également un indispensable avant toute sortie. Souhaitant relativiser un peu la situation, notre invitée l’affirme : « toutes les mamans disent ça à leurs enfants quand ils vont, ne serait-ce que sur les plages de Vendée ». Tout dépendra toutefois de la durée de cet épisode caniculaire. Et de la façon dont les organismes auront encaissé ce phénomène climatique. 

  • Point de situation sur l’Ukraine : Entretien avec David Franck

    Point de situation sur l’Ukraine : Entretien avec David Franck

    Écouter le podcast avec David Franck

    Dans un entretien accordé à « Lesfrancais.press », David Franck, conseiller élu pour les Français en Ukraine, fait le point sur la situation actuelle dans le pays. Trois ans après le début du conflit, ou en sont actuellement les négociations pour une possible paix ? Ce podcast met ainsi en lumière les enjeux cruciaux auxquels l’Ukraine est confrontée, tout en offrant un aperçu de la résilience de sa communauté française.

    La Russie avance-t-elle en Ukraine ?

    Depuis la capitale ukrainienne, David Franck critique les récentes déclarations de Donald Trump sur la nécessité de rencontrer Vladimir Poutine pour discuter d’un accord de paix. Selon lui, le président des Etats-Unis semble adopter une rhétorique pro-russe, allant jusqu’à qualifier Volodymyr Zelensky de dictateur ! Notre invité réfute cette position, en soulignant le soutien populaire dont bénéficie actuellement le président ukrainien, qui reste à 57 % malgré la guerre.

    « Aujourd’hui, la Russie, même si elle grignote quelques mètres ou kilomètres carrés par semestre, elle recule plus qu’elle n’avance. »

    David Franck, conseiller des Français d’Ukraine

    À notre micro Lesfrancais.press, l’élu consulaire exprime son inquiétude face à l’idée que l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) pourrait se retirer des pays d’Europe de l’Est, ce qui laisserait le champ libre à la Russie. Il note que malgré quelques avancées territoriales, elle est affaiblie, et ne semble pas en position d’attaque à grande échelle contre d’autres pays européens. « La Russie, même si elle grignote quelques mètres ou kilomètres carrés par semestre, elle recule plus qu’elle n’avance. » nous dit-il

    Négociations sans l’Europe : un non-sens

    L’éventualité de négociations sans la participation de l’Union européenne et de l’Ukraine est jugée préoccupante par David Franck. Il compare cette situation à la conférence de Yalta, où seuls les Russes et les Américains étaient présents, arguant que de telles discussions sans les principaux concernés n’ont pas de sens. Et il affirme : « je ne vois pas le sens d’éliminer l’Union européenne, si ce n’est pour l’humilier à nouveau ? »

    Le réveil de l’Europe

    Franck souligne que la situation actuelle pourrait servir de catalyseur pour un renouveau dans la défense européenne.

    Défense européenne
    Défense européenne

    Avec une Europe qui réalise sa vulnérabilité, notre invité évoque la nécessité d’une nouvelle architecture de défense, avec un rôle central pour la France et la Grande-Bretagne, notamment grâce à leurs capacités nucléaires. L’Ukraine, forte de son expérience de combat, pourrait jouer un rôle clé dans cette nouvelle dynamique.

    Le quotidien en Ukraine pour la communauté française

    En tant que Français vivant en Ukraine, David Franck décrit un quotidien marqué par la guerre, mais où la communauté française continue de vivre et de travailler Même s’il y a des alertes de missiles et que des précautions soient de mise, les Français présents en Ukraine s’adaptent et poursuivent leurs activités professionnelles. La communauté française a même augmenté, passant de 400 à plus de 750 inscrits sur le registre, avec des retours de Français et des enfants intégrant l’école française.

    « On vit dans un monde de guerre et on s’habitue à prendre des précautions tous les jours (…) mais les Français, qui sont ici, travaillent, et on y arrive plutôt bien. »

    David Franck, conseiller des Français d’Ukraine

    En revanche, développer un business aujourd’hui en Ukraine reste complexe constate l’élu consulaire. Pour les entreprises françaises, il est difficile d’envoyer des personnels, notamment en raison des consignes « Conseils aux voyageurs » du ministère des Affaires Étrangères.

    France Ukraine
    France Ukraine

    En effet, les indications partagées sur le site de la diplomatie française pour les voyageurs en Ukraine, sont des conseils qui n’ont pas été changés depuis trois ans et ce même si la situation a évolué, explique David Franck.  « On ne vit pas pareil si on est à Odessa, que si on est à Kyïv, que si on est à Lviv. Et pour autant, la carte nous montre qu’il ne faut surtout pas venir » regrette-t-il.

    « Ce n’est pas du tout qu’on veut inciter les gens à venir en Ukraine, mais on veut arrêter de les empêcher de venir. »

    David Franck, conseiller des Français d’Ukraine

    Selon notre invité, ces directives empêchent aujourd’hui les grandes entreprises d’envoyer leurs collaborateurs pour venir travailler. « Pour moi, c’est un problème. C’est un problème franco-français qu’il faut réussir à lever », explique-t-il, ajoutant qu’une circulaire est à la signature du Premier ministre français. « Ce n’est pas du tout qu’on veut inciter les gens à venir, mais on veut arrêter de les empêcher de venir », tient-il à préciser.

    Optimiste pour l’avenir ?

    Enfin, David Franck se montre étonnamment optimiste quant à l’avenir de l’Ukraine et de l’Europe. Il considère que les défis actuels pourraient renforcer l’Union européenne, tout en soulignant l’importance de lever les obstacles à l’installation d’entreprises françaises en Ukraine. La solidarité internationale envers l’Ukraine, selon lui, est plus forte que jamais. Et le soutien militaire continuera d’évoluer en réponse aux exigences de la situation.

  • L’intelligence artificielle à la conquête du monde ?

    L’intelligence artificielle à la conquête du monde ?

    Les effets économiques de l’intelligence artificielle (IA) demeurent en grande partie inconnus ou incertains. Ils dépendent de la rentabilité des investissements coûteux engagés par les entreprises de haute technologie et du ruissellement des gains de productivité. Pour mesurer les conséquences de l’IA, il est essentiel de distinguer les producteurs des utilisateurs. Comme pour tout secteur émergent, les analyses sont susceptibles d’être remises en cause par des changements de modèle. Ainsi, la simple annonce de l’entreprise chinoise DeepSeek concernant la mise sur le marché d’un modèle de langage efficace et peu coûteux à développer et à entraîner, bien que finalement exagérée, a semé le trouble parmi les investisseurs.

    Le 9 février dernier, Emmanuel Macron a déclaré que 109 milliards d’euros seraient investis dans l’IA au cours des dix prochaines années. Cet engagement fait écho à celui de Donald Trump, qui a annoncé 600 milliards de dollars d’investissements dans ce domaine. Une véritable surenchère est engagée dans cette nouvelle bataille technologique qui touche un grand nombre de secteurs. Tant du côté des producteurs que des utilisateurs d’intelligence artificielle.

    Les entreprises qui produisent l’IA appartiennent principalement à deux secteurs d’activité : les services de télécommunication et les technologies de l’information. Plus largement, tous les autres secteurs sont potentiellement des utilisateurs de l’IA. Même si certains sont plus concernés que d’autres comme l’énergie, la finance, la santé, les services collectifs (électricité, eau, gaz naturel) et l’industrie.

    Les investissements devraient se déplacer vers les entreprises utilisatrices

    Depuis deux ans, les investissements se concentrent principalement sur les entreprises chargées de produire l’IA. Une tendance assez classique pour les technologies émergentes. Dans un second temps, ces investissements devraient se déplacer vers les entreprises utilisatrices, dans le cadre du déploiement de l’IA. Toutefois, par rapport aux précédentes disruptions technologiques, la diffusion de l’IA est relativement rapide.

    L’évolution du cours boursier des valeurs technologiques reflète assez finement l’engouement des investisseurs pour cette technologie. Ainsi, l’indice S&P 500 Technologies a plus que doublé entre 2020 et 2024. Tandis que le cours des « Sept Magnifiques » (Alphabet, Amazon, Meta, Apple, Nvidia, Microsoft et Tesla) a été multiplié par deux entre 2022 et 2024.

    Les investissements devraient se déplacer vers les entreprises utilisatrices
    Les investissements devraient se déplacer vers les entreprises utilisatrices

    La valorisation boursière de ces entreprises repose sur l’anticipation de bénéfices élevés liés à l’IA. Le ratio cours/bénéfices, ou PER (Price-Earnings Ratio), atteint ainsi 50 pour Nvidia, 170 pour Tesla, 33 pour Microsoft et 41 pour Amazon. Un PER normal dépend du secteur d’activité, du cycle économique et des conditions de marché. Pour les grandes entreprises matures, il se situe généralement entre 15 et 20. Un PER inférieur à 10 traduit souvent une entreprise sous-valorisée ou en difficulté. Tandis qu’un PER supérieur à 25 est généralement observé pour des entreprises à forte croissance ou surévaluées.

    De nouveaux acteurs ont encore la possibilité de s’imposer

    Les entreprises liées à l’IA commencent à atteindre une zone de forte volatilité où leurs valorisations sont très sensibles aux annonces des concurrents ou aux résultats inférieurs aux attentes. Compte tenu du développement récent de l’IA, de nouveaux acteurs ont encore la possibilité de s’imposer. Toutefois, l’IA repose sur l’exploitation de volumes massifs de données. Ce qui confère un avantage stratégique aux grandes entreprises américaines des technologies de l’information et de la communication. L’annonce de DeepSeek a ainsi marqué un coup d’arrêt dans la valorisation des « Sept Magnifiques ». L’émergence d’un nouvel acteur dans le domaine des robots conversationnels a prouvé que le marché des producteurs pourrait être plus concurrentiel que prévu, redonnant potentiellement du pouvoir aux utilisateurs.

    Comme pour Internet, la crainte d’une captation de la rente par les producteurs au détriment des utilisateurs demeure. Notamment si les gains de productivité promis ne sont pas au rendez-vous. Ces derniers sont en baisse constante depuis une dizaine d’années, malgré l’essor des activités numériques.

    Pour les producteurs d’IA, le risque d’une surconsommation de capitaux pour des résultats limités n’est pas à exclure. L’effet bulle, similaire à celui observé lors de l’essor d’Internet, pourrait entraîner un afflux excessif de capitaux et une mauvaise allocation des ressources. Tout secteur émergent est soumis à des ajustements brutaux et dictés par un retour à la réalité, l’apparition d’acteurs plus agiles et moins coûteux, ainsi qu’une réévaluation des besoins des utilisateurs. Depuis le lancement de ChatGPT le 30 novembre 2022, l’IA est perçue comme une nouvelle terre promise. Mais pourrait aussi conduire à des désillusions.

  • INVESTUE : un renforcement indispensable ?

    INVESTUE : un renforcement indispensable ?

    La Commission européenne va proposer d’augmenter la garantie disponible dans le cadre du programme InvestEU. Elle va ensuite la combiner avec d’autres « programmes existants ». L’objectif ? Stimuler les investissements privés et publics, selon un projet du deuxième paquet de simplification « Omnibus ».

    La proposition de la Commission, consultée par Euractiv, suggère que la garantie financière fournie par InvestEU au cours de la période budgétaire actuelle de sept ans soit augmentée de 2,5 milliards d’euros. Portant ainsi la valeur totale du fonds à 28,7 milliards d’euros. Bruxelles estime que cette mesure générera 25 milliards d’euros d’investissements publics et privés supplémentaires.

    Des mesures de combinaison et de « simplification »

    Le paquet propose également « d’améliorer les possibilités de combiner les ressources disponibles » d’InvestEU. Avec des programmes tels que le Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI) ou le Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE). Mais aussi InnovFin et le programme pour la compétitivité des entreprises et des petites et moyennes entreprises (COSME).

    Des mesures de « simplification » sont aussi envisagées pour les petites et moyennes entreprises (PME) dont le chiffre d’affaires n’excède pas 100 000 euros. Il est demandé que la publication des « bénéficiaires finaux » des fonds ne soit obligatoire que lorsqu’ils reçoivent au moins un million d’euros.

    La Commission affirme que ces mesures permettront aux entreprises d’économiser 200 millions d’euros par an. ©EPA-EFE/RONALD WITTEK
    La Commission affirme que ces mesures permettront aux entreprises d’économiser 200 millions d’euros par an. ©EPA-EFE/RONALD WITTEK

    La Commission affirme que ces évolutions permettront aux entreprises d’économiser 200 millions d’euros par an.

    Le projet note également que des « simplifications » supplémentaires seront réalisées par des mesures « non législatives ». Et que la Commission « s’engagera » avec des partenaires pour réduire la charge de déclaration des entreprises par des « simplifications contractuelles ».

    La proposition devrait être présentée mercredi prochain, en même temps que le Pacte pour une industrie propre (Clean Industrial Deal. Le premier paquet omnibus sur le développement durable et le plan d’action pour une énergie abordable.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 24.02.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 24.02.2025

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le lundi 24 février 2025 et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Les titres de cette édition : Ukraine : 3 ans de guerre – Emmanuel Macron à la Maison blanche – L’agence consulaire de Gérone en Espagne saccagée et tout ce qu’il fallait retenir de l’actualité du week-end en France

    Dans les rues de Kiev avec David Franck

    Dans une interview accordée à « lesfrancais.press », David Franck, conseiller élu pour les Français en Ukraine, fait le point sur la situation actuelle dans le pays, les négociations de paix, le soutien militaire, ainsi que le quotidien de la communauté française sur place. Il revient avec nous sur les conséquences de la rhétorique pro russe qu’adoptent désormais les Américains. Il nous décrit aussi un quotidien marqué par la guerre, mais où la communauté française continue de vivre et de travailler. A écouter sur toutes les plateformes ou le site Lesfrancais.press dès 14h (heure de Paris).

    Replacer l’Europe au centre de l’échiquier

    Écarté des négociations de paix menées ces derniers jours entre la Russie et les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron va se déplacer lundi à Washington pour s’entretenir avec son homologue américain. Pour faire passer ses messages, Emmanuel Macron entend d’appuyer sur le fait qu’il est l’un des « rares chefs d’État au monde » à avoir «tissé une relation unique» avec Donald Trump depuis son premier mandat et donc à pouvoir lui parler en toute transparence, selon l’Élysée. Réponse ce soir !

    Une agence consulaire visée pour Georges Ibrahim Abdallah

    Il compte parmi les plus anciens détenus du pays. Incarcéré depuis 1984, soit plus de quatre décennies passées derrière les barreaux, Georges Ibrahim Abdallah va rester encore prison. Au moins jusqu’au 19 juin : la cour d’appel de Paris qui devait se prononcer ce jeudi 20 février pour ou contre la libération de ce militant libanais pro palestinien, condamné dans les années 80 pour complicité d’assassinats de diplomates américain et israélien en France, a ajourné sa décision à cette date. Selon le député Stéphane Vojetta contacté par la rédaction les dégradations sont imputables à des groupes d’extrême gauche catalans. Tous les détails dans l’article à venir sur Lesfrancais.press

    Ce début de semaine est particulièrement lourd en termes d’actualités, il faut aussi retenir qu’une nouvelle attaque au couteau faisant un mort a eu lieu à Mulhouse samedi, un Algérien sous OQTF en est l’auteur. Enfin, après neuf mois de traque, Mohamed Amra a été interpellé ce samedi en Roumanie après son évasion d’un fourgon pénitentiaire en mai dernier. Et pour conclure, à Paris, c’est ouvert le salon de l’agriculture, l’ambiance y était, pour une fois,  sereine. C’est ainsi que s’achève ce flash quotidien des expatriés. On se retrouve demain pour une nouvelle édition.

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Divorce à l’américaine, et conséquences

    Divorce à l’américaine, et conséquences

    Une révolution mondiale est en cours, la révolution digitale. La voilà qui produit ses premiers effets. États-Unis, Europe, Russie, Inde, Chine, distribuent des espaces pluridimensionnels, des tranchées à l’espace. Jack Ma, patron d’Ali baba, est revenu auprès de Xi Jinping. The Magnificent Seven, les Gafas, Musk and Co se sont tous ralliés à Trump. Tous sont en compétition. Tous veulent contrecarrer l’Europe, immense marché, qui, à défaut de champions digitaux, prétend édicter des règles. En contrebas, la guerre en Ukraine alimente les spasmes du vieux monde, les tanks russes bridés par Starlink pourraient être libérés. Se débarrasser de ce qui gêne et des gêneurs. L’ordre international n’est plus. Les vieux réflexes de puissance et de force l’emportent. Pour l’Europe, c’est l’heure du divorce à l’américaine.

    Révolution géopolitique : l’alliance transatlantique n’est plus.

    Révolution géopolitique : l’alliance transatlantique n’est plus. Ce dont rêvait Poutine, Trump l’a fait. Avant-hier il traitait Zelensky de dictateur. Hier, il a limogé le chef d’état-major de l’armée américaine, la commandante de l’USNavy. Que fera-t-il demain ? Alors que les forces russes s’épuisent sur le sol gelé de l’Ukraine, le moral en berne, les ânes substitués aux chars, Trump vient à leur secours.

    Les États-Unis, leader du monde libre depuis 1945, y renoncent. « La grande stratégie » de Trump, s’il en a une, est de détacher la Russie de la Chine. En Arabie saoudite, les négociations ont ramené sur la scène Kirill Dmitriev, patron du Fonds russe d’investissements directs (RFPI). Lié au clan Poutine par sa femme, amie de la fille de Poutine, il attire les fonds du Moyen-Orient, ceux des princes. Ce qu’il fait miroiter : un accord économique avec les Américains, qui équilibrerait le commerce sino-russe. Avantage pour tous.

    Les Russes n’ont rien à vendre aux Américains, les Américains rien à acheter aux Russes. Le partenaire intéressant pour la Russie est l’Europe, ensuite la Chine. Poutine veut un bout d’Europe. Ostensiblement, il a renforcé ses alliances avec la Chine, l’Iran, la Corée du Nord. Voilà ce qu’il vend à Trump : le démantèlement de l’axe anti-occidental. Pourquoi un tel axe existerait-il si les États-Unis n’interviennent plus dans les affaires du monde ? Si les États-Unis ne prétendent plus être les leaders du monde libre, les garants de l’ordre international, les alliés de démocraties européennes ? Business is business. Et Trump peut se croire génial ! En contrepartie, le démantèlement de l’alliance.

    Ce que Poutine vend à Trump : le démantèlement de l’axe anti-occidental. En contrepartie, le démantèlement de l’alliance.

    Depuis des années, sans succès, Poutine cherche à replacer la Russie au cœur de l’Eurasie, essayant de vassaliser la Géorgie, l’Ukraine, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, jetant un œil vers la Moldavie et les Pays baltes. Enfin, Poutine a trouvé un allié pour miner l’Europe de l’intérieur : Trump version 5.0, celle de Musk et consorts. L’Union Européenne, seul bénéficiaire de la guerre froide, a volé l’ancien bloc de l’Est. Pologne, RDA, Pays baltes, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie, Roumanie, Bulgarie, Slovénie, Croatie, ô terres perdues, ô serviteurs humiliants, devenus plus riches que vos maîtres, payez maintenant !

    L’Organisation de coopération de Shanghai en 2017  Sipa Press
    L’Organisation de coopération de Shanghai en 2017 © Sipa Press

    L’ami Trump, complice des vieux oligarques et des mafieux des casinos d’Atlantic City, arrive enfin. Musk, avec ses usines chinoises, attaque le Royaume-Uni et porte au cœur de l’Allemagne l’AFD, ouvertement pro russe et antieuropéenne. Musk menace aussi de couper Starlink en Ukraine, comme il l’avait fait quand les Ukrainiens visaient la flotte russe de la Baltique. La sécurité ukrainienne dans la main de Musk. Demain celle de l’Europe ? Aviateurs, n’ayez crainte, Trump est votre copilote. Si ce n’est lui, ce sera Vance. Vance, vice-président, peut être futur président, vient à Munich dire aux Européens que c’est fini.

    Qu’est-ce qui est fini ? L’Europe ; dit-il. Étrange d’entendre les émeutiers du Capitole donner des leçons de démocratie à la vieille Europe. Étrange de voir un allié insulter ses amis. Étrange d’entendre les mensonges enfilés en chapelet comme des credo. Peu importe : ce que dit Vance est le message le plus important depuis la chute de l’URSS : les États-Unis ne sont plus les alliés de l’Europe. L’Europe est un obstacle, pas un partenaire.

    Divorce brutal, triste, menaçant. Cynique, à l’américaine. On se croit malin parce qu’on est les plus forts. Alors Starmer et Macron se précipitent pour essayer d’amadouer la bête. Comme il fallait parler à Poutine, il faut bien parler à Trump. Gagner du temps, glaner une deux confidence, même si c’est sans illusion.

    L’ordre mondial bâti sur la sécurité collective, la promotion de la démocratie, le libre-échange, la coopération internationale, est saboté de l’intérieur. Rien ne pouvait sauver Poutine. Sauf Trump. Rien ne pourrait garantir un succès chinois. Sauf Trump. Désormais, en Afrique, en Asie, même en Europe, la Chine va apparaître comme une puissance fiable, d’équilibre.

    Et l’Europe ? Contrairement à ce que pensent Poutine et Trump, elle n’est pas morte. Ceux qui hier en voulaient le démantèlement sont bien obligés de constater que sans Union, chaque pays sera soumis. Même les Britanniques ont compris. Plus personne ne parle de « spécial Relationship ». Trump a ce mérite wokiste : il réveille. Wake up, Europa !

    L’Amérique se retire, l’Amérique trahit, inquiète ? C’est le moment de relever le drapeau laissé à terre.

    C’est le moment : De s’occuper vraiment de l’Ukraine, de s’impliquer au Moyen-Orient, de revenir en Afrique, de se lier à l’Amérique latine, de s’investir en Asie : Corée, Japon, Inde, Philippines, Indonésie. L’Amérique se retire, l’Amérique trahit, inquiète ? C’est le moment de relever le drapeau laissé à terre.

    En commençant par soi-même : Ou l’Europe délègue sa sécurité à Trump et à Poutine, ou elle construit sa défense. À moins de compter sur la bienveillance mille fois démontrée de l’humanisme russe, chinois ou américain.

    Le divorce d’avec les États-Unis est douloureux. Mais c’est un fait. Acter le changement de monde. Trump favorise ses adversaires, pactise avec les autocrates, ouvre un boulevard à la Chine dans les organisations internationales et le commerce mondial. Les États-Unis ont boudé le G20 en Afrique du Sud, dénonçant l’Afrique du Sud hostile. La Chine est déjà le premier partenaire commercial de tous les pays africains. De presque tous les pays d’Amérique du Sud (Le Venezuela reste commercialement fidèle à Washington. Maduro pourrait devenir un pote, comme Kim Jung Un).

    L'Afrique du Sud a accueilli en février 2025 à Johannesburg les ministres des Affaires étrangères du G20, mais sans la présence des États-Unis.
    L’Afrique du Sud a accueilli en février 2025 à Johannesburg les ministres des Affaires étrangères du G20, mais sans la présence des États-Unis. ©AFP

    L’Europe peut lancer une contre-offensive diplomatique et commerciale. Ne pas répondre au protectionnisme de Trump par des contre-mesures douanières. Le libre-échange est favorable quelle que soit la position de l’autre, qui ne taxe que ses propres citoyens.

    Les Européens, et notamment les Français, doivent ouvrir les yeux. Sortir de leurs petits débats sur l‘âge de la retraite et la « souveraineté alimentaire » du salon de l’agriculture. Trumpistes, les Français sont les plus protectionnistes des Européens. 44 % pensent justifiés de nouveaux droits de douane américains. 70 % voudraient que l’Europe  fasse de même. Les Allemands ne sont que 16 % à penser ainsi. Vance a raison : « la principale menace pour l’Europe vient de l’intérieur ». Les admirateurs de Poutine hier devenus ceux de Trump aujourd’hui.  Sous prétexte de « souverainisme », ils veulent la division de l’Europe, sa vente par appartement.

    Contrôler l’espace aérien ukrainien, maintenir le blocage de la flotte russe en Caspienne pour sécuriser la Méditerranée. Européaniser l’OTAN.

    Les Britanniques ont compris : le Premier ministre a proposé avec Macron une force conjointe aérienne et maritime si un cessez-le-feu survenait en Ukraine. Il faudrait le faire tout de suite. Ou entériner le diktat futur. Contrôler l’espace aérien ukrainien, maintenir le blocage de la flotte russe en Caspienne pour sécuriser la Méditerranée.

    Le nouveau monde pourrait avoir besoin d’Europe plus que jamais.

    En rompant l’alliance, le divorce conduit tout droit à une garde partagée des enfants : européaniser l’OTAN. Difficile, parce que cela suppose une vision mondiale. Mais nécessaire, salutaire. Pas seulement pour l’Europe justement, mais pour le monde. Le nouveau monde  pourrait avoir besoin d’Europe plus que jamais. Les pays tiers seraient-ils heureux du condominium sino-américain ?  La France est en première ligne, comme leader ou comme cible, parce qu’elle a cultivé une défense et une diplomatie indépendante.

    Il ne s’agira pas seulement de construire plus de chars, plus de munitions, plus d’avions, fussent-ils de futur. Il s’agit de concevoir des systèmes de défense de la guerre hybride, globale, digitale, spatiale, juridique, industriel, logiciel. C’est tout un système de défense collective que l’Europe doit imaginer, avec, en toile de fond, un enjeu de civilisation. Bel enjeu, beau défi.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app bancaire France Pay