La Caisse des Français de l’étranger, vous connaissez ? C’est un organisme français de Sécurité sociale. La CFE assure une mission de service public pour le compte de l’État au bénéfice des Français de l’étranger. Sous la tutelle conjointe des ministères en charge de la Sécurité sociale et du Budget, la Caisse des Français de l’étranger a l’obligation, par la loi, d’équilibrer ses comptes avec pour seule ressource les cotisations de ses adhérents.
Pourtant celles-ci ne sont pas suffisants pour assurer ses missions obligatoires. Alors que Karim Ben Cheick, le député des Français de l’Afrique du Nord et de l’Ouest, avait proposé de refinancer la CFE à hauteur de 50 millions d’euros, les parlementaires, en pleine crise budgétaire, ont préféré écarter cet amendement. Alors quid de l’avenir pour la CFE ?
Un danger immédiat ?
Rassurons déjà les affiliés ou les personnes intéressées par les offres de la CFE, la Caisse des Français de l’étranger ne va pas faire faillite ni à court terme ni à moyen terme.
Un danger immédiat ?
Celle-ci dispose de larges réserves financières qui lui permettent d’assurer plusieurs années de prestation. Mais c’est la pérennité du modèle qui est aujourd’hui remise en cause.
Ainsi, pour préparer l’avenir, le Conseil d’Administration a été dans l’obligation de prendre des décisions qui ont eu parfois des conséquences lourdes pour les plus affiliés les plus fragiles.
La catégorie aidée
Héritage de sa création par la Sécurité sociale française, la Caisse des Français de l’étranger a aussi une mission de service public qui se concrétise par le maintien d’une catégorie aidée. Car contraint par la loi, la CFE se doit de proposer une couverture sociale à nos compatriotes hors de France ayant de faible revenus. Elle est logiquement dotée d’une subvention de l’État mais celle-ci ne couvre que partiellement le financement de cette catégorie « sociale ».
Afin de maintenir l’équilibre financier de la caisse, il a été décidé de supprimer, pour les bénéficiaires des contrats dits « EX », soit ceux signés avant 2019, le Tiers Payant Hospitalier dans certains pays. Et c’est cette décision que conteste une pétition qui a été lancée par l’ADFE ce 19 février. Plus largement, l’association des Français de l’étranger demande :
Si vous désirez participer à ce mouvement citoyen, rien de plus simple. Il suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous et de confirmer votre soutien à la pétition.
Le crime organisé a envahi Internet. Exploitant la naïveté et la cupidité des internautes à travers le monde, les criminels peuvent faire fortune en quelques clics. Le tout sans s’exposer à des risques exagérés. En France, une femme pensant entretenir une liaison virtuelle avec Brad Pitt a abandonné plusieurs dizaines de milliers d’euros. Aux États-Unis, sur LinkedIn, un salarié d’une société canadienne de logiciels, Edgar, a noué une relation avec Rita, une Singapourienne qui travaillait dans un grand cabinet de conseil.
Après avoir discuté en ligne, Rita a proposé à Edgar de lui apprendre à trader des cryptoactifs et l’a orienté vers une plateforme de négociation. Les premiers jours, il a gagné des sommes importantes. Mais après avoir investi 78 000 euros, il s’est retrouvé dans l’impossibilité de récupérer sa mise et ses gains. Il a tout perdu. Le site de cryptomonnaies était évidemment un faux. Rita était en réalité un Philippin, victime d’un réseau mafieux et retenu prisonnier dans un complexe au Myanmar.
Le chiffre d’affaires de la cybercriminalité a été évalué à 8000 milliards de dollars à l’échelle mondiale.
Dans le Kansas rural, une banque s’est effondrée lorsque son directeur général a détourné 47 millions de dollars pour investir dans la crypto-monnaie. Le tout sous l’influence d’une fausse femme en ligne nommée Bella. Les cybercriminels jouent sur les sentiments ou l’urgence. En se faisant passer pour un conseiller bancaire ou un membre de la famille, ils accèdent rapidement aux comptes bancaires et transfèrent des sommes importantes. En permettant de manipuler les images, les vidéos et les voix, l’intelligence artificielle décuple les possibilités de fraude. Selon Cybersecurity Venture, le chiffre d’affaires de la cybercriminalité a été évalué à 8000 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Cette estimation inclue divers aspects tels que la destruction de données, le vol d’argent, la perte de productivité. Mais aussi le vol de propriété intellectuelle, la fraude, les enquêtes judiciaires, la restauration des systèmes et les atteintes à la réputation.
Le chiffre d’affaires de la cybercriminalité a été évalué à 8000 milliards de dollars à l’échelle mondiale.
Le « dépeçage de porcs », ou « sha zhu pan », est un terme d’argot criminel chinois. Les escrocs construisent d’abord une « porcherie » avec de faux profils sur les réseaux sociaux. Ensuite, ils choisissent leur « porc », en identifiant une cible. Puis ils l’« élèvent » en passant des semaines, voire des mois, à établir une relation de confiance. Enfin, ils l’incitent à investir avant de lui soutirer le maximum d’argent.
À l’échelle mondiale, plus de 1,5 million de personnes travailleraient dans ces escroqueries.
L’ONU affirme qu’en 2023, cette industrie employait environ 250 000 personnes au Cambodge et au Myanmar. À l’échelle mondiale, plus de 1,5 million de personnes travailleraient dans ces escroqueries, ciblant principalement les internautes occidentaux, qui disposent d’un pouvoir d’achat plus élevé. Au Nigeria, en Côte d’Ivoire et en Éthiopie, des « fermes » ont été créées dans le but exclusif de rançonner des victimes à travers le monde. Les fichiers de victimes s’achètent sur le « dark web ».
En taille et en ampleur, les escroqueries en ligne sont désormais comparables à l’industrie illégale des drogues. Tout le monde peut devenir une cible potentielle. Récemment, aux États-Unis, un docteur en neurosciences ainsi que des proches d’enquêteurs du FBI spécialisés dans la traque de la cybercriminalité en ont été victimes. Sur Internet, des manuels détaillant les méthodes de racket pullulent. Les escrocs utilisent des logiciels malveillants avancés pour récolter des données sensibles sur les téléphones portables de leurs victimes.
Les personnes travaillant dans ces fermes sont souvent exploitées et faiblement rémunérées. Le cybercrime est devenu une activité de diversification pour les mafias. Ces fermes ressemblent à des camps de prisonniers, souvent situés en périphérie des grandes villes dans des pays en développement, afin d’échapper à tout contrôle.
Au Cambodge, au Laos et au Myanmar, la cybercriminalité est un pilier de l’économie.
Ces activités gangrènent les pays concernés. Ainsi, selon The Economist, une ressortissante chinoise nommée Alice Guo est devenue maire d’une petite ville délabrée et y a construit un complexe d’escroquerie d’une trentaine de bâtiments. Plus de 400 millions de dollars ont transité par ses comptes bancaires entre 2019 et 2024. Au Cambodge, au Laos et au Myanmar, la cybercriminalité est un pilier de l’économie. Les États escrocs sont susceptibles de devenir encore plus difficiles à traiter que les États narcotiques.
Au Cambodge, au Laos et au Myanmar, la cybercriminalité est un pilier de l’économie.
Cette activité repose sur une série de métiers spécialisés. Un groupe de criminels peut se charger de la prise de contact avec les cibles. Un autre du coaching pour les inciter à investir dans la cryptomonnaie, et un troisième du blanchiment de l’argent volé. Les criminels ont éclaté leur chaîne de production, rendant le phénomène encore plus difficile à démanteler.
La fracturation numérique de la fragilité humaine est hautement évolutive. Les cryptomonnaies permettent aux escrocs de transférer de l’argent rapidement et anonymement dans le monde réel. La politique de dérégulation de Donald Trump a été une aubaine pour eux.
Un employé du bureau de Hong Kong a versé 25 millions de dollars après un appel vidéo avec un faux directeur financier généré par IA
L’intelligence artificielle constitue également un allié de choix : 15 secondes de la voix d’une personne suffisent à produire un clone vocal que les criminels peuvent utiliser pour se substituer à elle. Un employé du bureau de Hong Kong d’Arup, une société d’ingénierie britannique, a ainsi été dupé et a versé 25 millions de dollars après un appel vidéo avec un faux directeur financier généré par IA. Avec la multiplication des vols de données, les criminels disposent d’une matière première infinie pour développer leurs activités. En recoupant les informations, ils peuvent cerner en quelques secondes les caractéristiques de leurs victimes. Les escroqueries en ligne sont difficiles à enrayer, car elles se réalisent à distance. Les pays où résident les cybercriminels ne sont généralement pas motivés pour les arrêter, car ces délits n’ont pas lieu sur leur territoire. De plus, ces activités contribuent souvent à enrichir une partie de leur population.
Jusqu’à présent, les services de police des États occidentaux consacraient peu de moyens à la lutte contre la cybercriminalité, privilégiant la lutte contre la drogue. Mais la montée en puissance du cybercrime change la donne. Les forces de l’ordre sont désormais amenées à collaborer avec les banques, les plateformes d’échange de cryptomonnaies, les fournisseurs d’accès à Internet, les sociétés de télécommunications, les plateformes de médias sociaux et les entreprises de commerce électronique. Singapour a créé un centre névralgique où la police, les banques et les entreprises de commerce électronique peuvent suivre et geler instantanément l’argent lorsqu’il est déplacé d’un compte à l’autre par des escrocs. Les donneurs d’ordre des réseaux de cybercriminalité se trouvent en général dans des pays qui n’extradent pas vers les États occidentaux. Beaucoup sont originaires de Chine. Cependant, les autorités chinoises ont récemment décidé d’arrêter en masse les chefs de réseaux mafieux en ligne.
Le cybercrime est devenu une industrie mondiale à part entière, structurée et hautement spécialisée.
Malgré les conflits commerciaux en cours, les gouvernements chinois, américain et européens coopèrent pour tenter de limiter la propagation de la cybercriminalité.
Le cybercrime est devenu une industrie mondiale à part entière. Structurée et hautement spécialisée, dont les ramifications s’étendent bien au-delà du simple cadre de la fraude individuelle. Désormais comparable à l’industrie de la drogue en termes de rentabilité et d’impact, il repose sur un écosystème de réseaux mafieux qui exploitent les nouvelles technologies. Notamment les cryptomonnaies et l’intelligence artificielle, pour maximiser leur portée et leur efficacité.
Le cybercrime est devenu une industrie mondiale à part entière, structurée et hautement spécialisée.
Face à cette menace, les États occidentaux, longtemps focalisés sur la lutte contre les trafics traditionnels, doivent repenser leur approche. La coopération entre autorités publiques, institutions financières, plateformes technologiques et experts en cybersécurité devient essentielle pour identifier, tracer et neutraliser ces réseaux. L’extraterritorialité du cybercrime impose également une refonte des mécanismes de gouvernance internationale afin d’harmoniser les cadres juridiques et de renforcer les capacités d’intervention transfrontalières. Toutefois, le défi est immense. Tant que des États ou des territoires continueront à servir de sanctuaires aux cybercriminels, et que la cybercriminalité demeurera une source de financement parallèle pour certaines économies émergentes, son éradication restera difficile.
L’enjeu n’est pas seulement sécuritaire. Il est aussi géopolitique et économique. À l’heure où l’intelligence artificielle et l’analyse des données offrent de nouvelles armes aux fraudeurs, la réponse devra être tout aussi sophistiquée et anticipatrice. La lutte contre le cybercrime est un combat d’adaptation permanente, qui nécessitera des investissements massifs et une coopération sans précédent entre les acteurs privés et publics.
Ursula von der Leyen a pris de court les hauts diplomates de l’Union européenne (UE) en exprimant son souhait d’augmenter les dépenses européennes en matière de défense et en assouplissant les règles budgétaires du bloc.
Vendredi, la présidente de la Commission européenne a annoncé que Bruxelles chercherait à atténuer le faible engagement des États-Unis en faveur de la sécurité européenne. Et ce, en activant la « clause de sauvegarde » du cadre budgétaire de l’UE, permettant ainsi aux États membres d’« augmenter considérablement » leurs dépenses de défense.
À noter, huit des 27 États membres de l’Union — parmi lesquels la France, l’Italie et la Pologne — font actuellement l’objet d’une procédure de déficit excessif (PDE) de la Commission pour avoir dépassé le seuil budgétaire de 3 % du PIB annuel.
von der Leyen dans le flou
À peine deux jours avant, Donald Trump avait surpris les dirigeants mondiaux en annonçant que les négociations pour mettre fin à la guerre en Ukraine commenceraient « immédiatement » et sans l’UE ni Kiev. La proposition d’Ursula von der Leyen n’a fait qu’augmenter la surprise des capitales.
« Nous n’avons rien entendu de la Commission, ils ont été extrêmement discrets », a déclaré un diplomate sous couvert d’anonymat, ajoutant que « personne ne connaît » les détails du plan.
Le fait que les règles actuelles contiennent deux « clauses échappatoires » — une « générale » et une « nationale » — suggère qu’Ursula von der Leyen elle-même n’a pas d’idée précise, selon plusieurs responsables de l’UE.
D’après un fonctionnaire, sa proposition révèle également une mauvaise compréhension des questions économiques de la part de la présidente de la Commission, ainsi que son manque de transparence et sa tendance à centraliser le pouvoir.
Cet avis a été partagé par le commissaire à l’Économie, Valdis Dombrovskis. Lundi, il a rappelé qu’aucune décision finale n’avait encore été prise quant à la clause dérogatoire que la Commission envisage d’activer, le cas échéant.
« Nous travaillerons sur ces modalités dans les semaines à venir, puis nous les présenterons », a-t-il affirmé avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles.
En vertu du droit de l’UE, la clause dérogatoire générale peut être activée « en cas de chocs majeurs dans la zone euro ou dans l’ensemble de l’Union ». La clause dérogatoire nationale, quant à elle, peut être utilisée « si des circonstances exceptionnelles échappant au contrôle de l’État membre ont une incidence majeure sur ses finances publiques ».
Clause dérogatoire nationale ou générale ?
Par exemple, la clause dérogatoire générale a été invoquée lors du ralentissement économique généralisé déclenché par la pandémie de Covid-19. La clause dérogatoire nationale, en revanche, n’a été introduite que l’année dernière et n’a encore jamais été utilisée.
Les deux clauses nécessitent le soutien d’une « majorité qualifiée » d’États membres, c’est-à-dire d’au moins quinze des 27 pays de l’Union, représentant collectivement minimum 65 % de la population de l’UE.
Avant la réunion de lundi, le ministre allemand des Finances, Jörg Kukies, a exprimé une forte préférence pour la clause dérogatoire nationale plutôt que générale.
« Nous sommes sceptiques quant à l’utilisation de la clause dérogatoire générale, car elle nécessiterait un grave ralentissement économique pour être justifiée », a confié le ministre. Il a ajouté que Berlin était « déjà en pourparlers avec la Commission » sur « la forme spécifique » de la proposition d’Ursula von der Leyen.
Le plan de la Commission a suscité des réactions mitigées de la part des autres ministres européens, et tous ont souligné la nécessité de clarifier les détails de la proposition.
Le ministre belge du Budget, Vincent Van Peteghem, s’est dit « très, très favorable » au plan, mais a averti que « nous devons bien sûr examiner comment nous allons procéder ». La Belgique fait partie des huit États membres actuellement soumis à une « procédure de déficit excessif ».
Eelco Heinen, le ministre néerlandais des Finances, s’est de son côté montré beaucoup plus circonspect. « Je n’ai encore vu aucune proposition sur la table, donc, pour moi, je ne peux pas encore y réagir », a-t-il déclaré.
Une contradiction déroutante
La confusion s’est encore accrue lundi en raison d’un profond désaccord entre les ministres de l’UE quant à l’impact de la proposition d’Ursula von der Leyen sur les dépenses budgétaires nettes de la zone euro cette année.
Dans une déclaration publiée en décembre, l’Eurogroupe avait déclaré qu’une « politique budgétaire restrictive » en 2025 serait « appropriée » en raison des « niveaux élevés de déficit et de dette dans la zone euro », et du fait que l’inflation reste supérieure au taux cible de 2 % de la Banque centrale européenne (BCE).
Lundi, cependant, Valdis Dombrovski a laissé entendre que la position antérieure de l’Eurogroupe pourrait être réexaminée.
« Si nous proposons plus de flexibilité en matière de défense concernant les budgets des États membres, cela changera certainement l’orientation budgétaire vers plus d’expansion », a-t-il expliqué.
Les remarques du commissaire à l’Économie et à la Productivité ont ensuite été contredites par le président de l’Eurogroupe, Paschal Donohoe, également ministre irlandais des Finances, qui a assuré que « l’approche de la dernière déclaration de l’Eurogroupe reste inchangée ».
Vers plus de clarté ?
Certains responsables de l’UE ont noté qu’en l’absence de proposition concrète, il est probable que la Commission cherche simplement à maximiser la flexibilité des règles actuelles. Bruxelles pourrait, par exemple, être plus disposée à citer les dépenses de défense comme facteur potentiel d’atténuation lorsqu’il s’agit de déterminer s’il convient d’ouvrir une PDE à l’encontre d’un État membre pour violation de la limite de 3 % du PIB pour le déficit public fixée par l’Union.
Une autre option, selon les responsables, consisterait à autoriser davantage de pays qui investissent massivement dans la défense à prolonger de quatre à sept ans leurs plans budgétaires « à moyen terme » — qui doivent être soumis et approuvés par la Commission dans le cadre des règles budgétaires récemment remaniées.
Lundi, Balazs Ujvari, porte-parole de la Commission, a laissé entendre que le Livre blanc sur la défense, prévu pour le 19 mars, contiendrait plus de détails sur la proposition de la Commission.
« Cela pourrait être un point important dans notre calendrier », a-t-il indiqué, ajoutant « vous pouvez donc vous attendre à plus de précisions très bientôt ».
Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés du jeudi 20 février 2025. Dans les titres de cette édition : Richard Ferrand au Conseil constitutionnel – 3 hommes en garde à vue dans l’affaire Bétharram – La France, sans influence ?
Le successeur de Laurent Fabius est désormais connu.
À l’issue de deux auditions, à l’Assemblée nationale, puis au Sénat, la nomination de Richard Ferrand a la présidence du Conseil constitutionnel a été approuvée ce mercredi. L’ancien président du Palais Bourbon, proposé à ce poste par Emmanuel Macron, prendra ses fonctions en mars prochain. Interrogé par les députés dans la matinée, Richard Ferrand a pu clarifier sa position sur certains sujets. Le candidat du chef de l’Etat a d’ailleurs déclaré n’avoir jamais «pensé que le président de la République puisse effectuer un troisième mandat», démentant certaines accusations.
richard ferrand
L’affaire Pétarade : premières arrestations
Celles-ci surviennent quelques jours après la rencontre entre François Bayrou et les membres de l’association de victimes à la mairie de Pau. Le Premier ministre est également maire de Pau et a eu pendant des décennies des responsabilités politiques au cours desquelles il aurait pu avoir connaissance des violences commises à Bétharram, que ce soit en tant que ministre de l’Éducation nationale de 1993 à 1997 ou comme président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques de 1992 à 2001, par exemple. Ce qu’il dément. Concernant, les gardes à vue, les trois hommes, nés en 1931, 1955 et 1965, sont entendus sous le régime de la garde à vue pour « viols aggravés, agressions sexuelles aggravées et/ou violences aggravées susceptibles d’avoir été commis entre 1957 et 2004 ».
De Washington à Moscou, le sévère constat des élus consulaires
La semaine dernière, un appel téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine a secoué la scène géopolitique. C’est dans ce contexte mondial inédit que Lesfrancais.press s’est entretenu, en interview croisée, avec deux élus des Français de l’étranger : Frank Ferrari, qui vit en Russie, et Olivier Piton, qui réside aux États-Unis. Le podcast est disponible sur le site et toutes les plateformes de streaming. Sur la question de l’influence de la France, les deux élus des Français des deux capitales partagent une réflexion : notre pays, ne conserve qu’une influence culturelle, notamment grâce à ses institutions dans le monde mais il a perdu son pouvoir économique et diplomatique. Partagez-vous ce constat ? N’hésitez pas à répondre à la consultation sur le site Lesfrancais.press
C’est ainsi que se termine le flash quotidien des expatriés du jeudi 20 février 2025. Très belle journée à toutes et à tous !
Écouter le podcast avec Franck Ferrari et Olivier Piton
Ces derniers jours, un appel téléphonique historique entre Donald Trump et Vladimir Poutine a secoué la scène géopolitique. C’est dans ce contexte mondial inédit que Lesfrancais.press s’est entretenu, en interview croisée, avec deux élus des Français de l’étranger : Franck Ferrari, qui vit en Russie, et Olivier Piton, qui réside aux États-Unis. Au menu : guerre en Ukraine, place de l’Europe dans les négociations de paix et avenir des relations internationales. À notre micro, tous les deux livrent leur regard d’expatrié sur l’évolution de la situation. Et ils partagent le même constat acide : « la France n’a plus aucune influence » !
Trump remet Poutine au centre de la scène internationale
En Russie, qu’elles ont été les retombées de l’appel de Donald Trump à Vladimir Poutine ? Est-ce que l’image du président Russe traitant d’égal à égal avec le président des Etats-Unis a été mise en avant ? Franck Ferrari répond d’emblée : « Oui, cela a été bien mis en avant. (…) La Russie qui s’assoit à la table des États-Unis (…) les deux grandes puissances du monde. » Il souligne ainsi que via cet appel la Russie n’est pas ou plus isolée, mais bien en pleine interaction avec les États-Unis.
« Pour un Européen, on pense que la Russie est isolée. On n’a absolument pas cette vision ou ce sentiment quand on vit en Russie. »
Franck Ferrari, élu des Français de Russie
Au cours du podcast, l’élu consulaire rappelle qu’en Russie, la perception de l’isolement n’a jamais été vraiment palpable : « Franchement, c’est clair que pour un Européen, on pense que la Russie est isolée ou était isolée. On n’avait absolument pas cette vision ou ce sentiment quand on vit en Russie. »
Les États-Unis et l’engagement de Trump
Dans le camp d’en face, Olivier Piton depuis Washington, nous partage son analyse de la situation avec un regard américain. Est-ce pour lui cet engagement de Donald Trump en Russie, c’est la mise en action de sa volonté impérialiste ? D’ailleurs le président américain a parlé de la « destinée manifeste » dans son discours d’investiture à la maison Blanche.
Les États-Unis et l’engagement de Trump
Notre invité depuis Washington nuance cette l’idée : « Les Américains se considèrent comme la première colonie qui s’est libérée du colonisateur en 1776-1783. Donc on est déjà dans une logique où, justement, c’est l’anti-impérialisme. » Selon Olivier Piton, les États-Unis ne considèrent pas leur rôle dans cette guerre comme une action impérialiste, mais comme une démarche visant à stabiliser le monde en négociant directement avec Poutine.
« Les Américains se considèrent comme la première colonie qui s’est libérée du colonisateur (…) Pour Trump, sa démarche vise à stabiliser le monde. »
Olivier Piton, élu des Français des Etats-Unis
À propos du sommet de paix en Arabie saoudite, Olivier Piton explique que pour les États-Unis, ce n’est même pas un sujet que l’Europe soit absente : « les débats sur la paix qui ont débuté entre Donald Trump et Vladimir Poutine sont des débats en vue d’aboutir à un accord. » Les médias américains se focalisent sur le résultat concret, celui d’un début de négociation entre les deux puissances, plutôt que sur les discussions européennes.
L’absence de la France sur la scène diplomatique
Sur la question de l’influence de la France, Franck Ferrari déplore le déclin de la voix française en Russie : « La voix de la France comptait il y a quelques années, et c’est clair que depuis le début de cette opération spéciale, la voix de la France et des Européens, malheureusement, n’est plus audible. » Et ii poursuit : « La France n’a pas d’ambassadeur sur place », un signe de l’influence réduite de la France dans un pays comme la Russie, pourtant historiquement proche. Franck Ferrari exprime son regret face à ce vide diplomatique : « Il a été nommé par les Français, mais il n’est pas sur place, ça reste quand même un petit peu léger, je trouve. »
« La France n’a pas d’ambassadeur sur place en Russie »
Franck Ferrari, Conseiller des Français de Russie
Du côté d’Olivier Piton, le constat est similaire, bien que la situation soit différente aux États-Unis. « La France bénéficie toujours aux Etats-Unis d’une cote d’amour tout à fait exceptionnelle. » Toutefois, il fait également remarquer que cette affection n’a pas d’impact diplomatique réel : « On n’a plus aucune influence, ou alors elle est vraiment à la marge. »
« La France n’a plus aucune influence, ou alors elle est vraiment à la marge. »
Olivier Piton, Conseiller des Français de Washington
Et cela ne date pas d’hier, Olivier Piton rappelle que même en période de crise diplomatique avec les États-Unis, comme lors de la crise des sous-marins australiens, la réaction française n’a eu que peu d’écho dans les médias américains.
Un manque d’unité européenne face à la crise
Les deux élus font écho à un même constat : l’Europe, malgré son financement et son implication derrière à soutenir Kiev, semble être reléguée au rang de spectateur dans cette guerre. Franck Ferrari insiste : « la voix de la France comptait il y a quelques années, mais aujourd’hui, elle est devenue complètement inaudible. » Il explique que notre pays, bien qu’il garde une influence culturelle, notamment grâce à des institutions comme l’Alliance française, a perdu de son pouvoir économique et diplomatique en Russie.
Un manque d’unité européenne face à la crise
Pour Olivier Piton, cette absence d’impact est symptomatique d’un problème plus large concernant l’Europe. Selon lui, les États-Unis ne se préoccupent pas de l’implication de l’Europe dans la crise ukrainienne. « L’Europe, la place de l’Europe, l’influence de l’Europe, ce que fait l’Europe, n’intéresse absolument pas les Américains sur l’Ukraine. » Cette situation révèle un déséquilibre flagrant dans les relations internationales actuelles, où les États-Unis jouent un rôle central, et l’Europe reste en retrait.
La culture française comme consolation ou relique d’un passé ?
Consolons-nous, Franck Ferrari parle de la culture française en Russie et note que l’attrait pour la langue française reste fort, avec des cours qui affichent complets dans certaines villes de Russie. Cependant : « Il est clair que la voix de la France, comme elle était avant, a décliné. »
Un manque d’unité européenne face à la crise
De son côté, Olivier Piton met en avant les efforts continus des diplomates français aux États-Unis pour maintenir l’influence culturelle et linguistique, mais aux États-Unis aussi, l’impact diplomatique reste minimal : « En termes d’influence pure, non, aucune. » Aussi, « notre pays doit bouger, entraîner. Ou choisir le destin d’une Suisse pauvre et manipulée » comme le soulignait l’édito Lesfrancais.press de dimanche dernier.
Un message d’espoir et de solidarité bien français !
Notre échange se termine par un message de soutien à David Franck, le représentant des Français en Ukraine. Olivier Piton exprime son soutien aux Ukrainiens, soulignant leur courage face à la guerre : « Un grand message de soutien à lui et d’amitié. » Franck Ferrari, quant à lui, souhaite que les négociations aboutissent à une solution pacifique : « On espère que ça se réglera, que les pays qui nous hébergent arriveront à trouver une solution pacifique. » Mais où se situera alors la France… ?
Comme environ 20 000 Français, vous avez décidé d’emménager à Milan ? Vous avez raison, cette magnifique ville aura énormément à vous offrir, aussi bien culturellement que socialement ! Mais comme dans toutes les villes du globe, rencontrer des Français expatriés n’est pas toujours simple à Milan…Lesfrancais.press vous partage quelques astuces et des lieux.
Milan Accueil : une association à connaître absolument
Pour se faire des amis sur place, il y a une association à contacter en priorité : Milan Accueil. Cette structure est une association à but non lucratif créée en 1979 qui soutient les expatriés francophones à Milan. Son action est soutenue par des institutions françaises telles que l’Institut Français. Grâce à ses bénévoles, l’association joue un rôle clé en créant un réseau de solidarité et d’échange.
Sortie en groupe avec Milan Accueil
Avec plus de 350 familles adhérentes en 2024, elle rassemble des membres de diverses nationalités. Qu’ils soient de passage à Milan ou installés durablement. Milan Accueil a trois missions principales : accompagner les nouveaux arrivants dans leur intégration, favoriser les rencontres entre adhérents et promouvoir la culture italienne. Pour cela, elle propose divers services. Notamment des cafés-rencontres, des aperitivi, et des plateformes pour proposer ses propres sorties et découvrir les activités organisées par les autres membres.
L’association communique principalement via sa newsletter et ses réseaux sociaux, et son local est situé au 17 viale Ranzoni, une rue facilement accessible par plusieurs stations de métro.
Notez aussi que l’organisation InterNations propose de rencontrer des expatriés de tous pays, dans le monde entier. Sur leur site, il existe une page spécialement réservée aux expatriés français à Milan !
Où habiter à Milan pour rencontrer des Français ?
Vous vous en doutez, il n’y a pas à proprement parler de quartier français à Milan… Néanmoins, il y a un endroit dans lequel vous êtes plus susceptible d’en rencontrer plus qu’ailleurs : près de l’école française de Milan. Il s’agit du lycée Stendhal, un établissement intégré au réseau de l’AEFE, l’Agence pour l’enseignement en français à l’étranger.
Intérieur du Lycée Stendhal à Milan
Situé à l’ouest de la ville, on peut y suivre sa scolarité de la petite section jusqu’à la terminale. De nombreuses familles françaises décident donc d’élire domicile près de Stendhal. Malheureusement, le quartier est légèrement excentré. Il se situe près de San Siro, donc assez loin des points touristiques comme le Château des Sforza présenté ici par Bonjour Milan.
Un restaurant sympathique à essayer
Généralement, quand nous rédigeons ce genre d’article pour aider les expatriés à rencontrer d’autres Français dans les villes européennes, nous recherchons des restaurants et des bars tenus par nos ressortissants… Cela peut permettre de tisser du lien de façon plus naturelle qu’en passant par une association.
Davide de la Maison Bretonne
Malheureusement, il n’y en a pas beaucoup dans ce chef-lieu de la région Lombardie. Mais si vous voulez avoir une chance de croiser des compatriotes, vous pouvez vous rendre à la Maison Bretonne. Située sur la Via Giulio Cesare Procaccini, cette crêperie traditionnelle est tenue par Davide, un fan de la Bretagne en général, et du Stade Rennais en particulier ! Vous pourrez donc échanger avec lui sur le football dans une ville ou les clubs du Milan AC et de l’Inter de Milan ont déjà une très forte renommée en Europe.
Vivre à Milan, c’est aussi s’emparer de son histoire et de sa culture. Le couvent Santa Maria delle Grazie, qui abrite la fresque de Léonard de Vinci, La Cène, en est un des témoins les plus symboliques. Chaque jour, des Français viennent visiter ce lieu. Comme ils sont également nombreux à débarquer lors des événements organisés en lien avec la mode, dont la ville de Milan est considérée comme une des capitales mondiales.
En France, Emmanuel Macron avait lancé en décembre 2022 une convention citoyenne sur la fin de vie. Après moults rebondissements, une première proposition de loi avait été déposée et devait être adoptée en juin 2024. Mais voilà, la dissolution est intervenue, mettant fin au processus législatif en cours. Depuis, l’exécutif a changé, et son opinion aussi, car désormais, le très catholique, François Bayrou envisage de séparer soins palliatifs et aide à mourir en deux textes distincts. C’est l’occasion pour nous de faire un point sur les législations encadrant l’accompagnement en fin de vie dans le monde.
Des législations très diverses d’un pays à l’autre
Les législations sur la fin de vie varient considérablement à travers le monde. Certains Etats, très peu, autorisent l’euthanasie active, d’autres l’encadrent, certains valident le suicide assisté mais la grande majorité des pays n’ont pas traité cette phase si particulière dans la vie d’un être humain, sa conclusion.
Fin de vie : première étape vers une nouvelle modification de la loi
Euthanasie active légale
L’euthanasie active est légale dans cinq pays, elle consiste en le fait d’abréger intentionnellement les souffrances d’une personne. Un médecin ou un tiers va par exemple injecter une substance entraînant directement la mort du patient.
Pays-Bas (depuis 2001
Belgique (depuis 2002)
Luxembourg (depuis 2009)
Colombie (depuis 2015)
Espagne (depuis 2021)
Cependant, dans ces pays, l’euthanasie est encadrée par des conditions strictes, notamment la présence d’une maladie incurable et de souffrances insupportables.
Suicide assisté autorisé
Dans le langage commun, le suicide assisté désigne ce que les spécialistes appellent en fait «assistance au suicide». À la différence de l’euthanasie, c’est la personne elle-même qui accomplit le geste fatal, et non un tiers. «L’assistance au suicide consiste à donner les moyens à une personne de se suicider elle-même. »
Dans le monde certains pays autorisent le suicide assisté sans légaliser l’euthanasie active :
Suisse : L’assistance au suicide est tolérée depuis longtemps, encadrée par des associations comme Exit.
Autriche : Le suicide assisté est autorisé depuis 2022 pour les personnes atteintes de maladies graves ou incurables
Italie : Le suicide assisté est dépénalisé depuis 2019 dans certaines conditions spécifiques
Pays ayant récemment légalisé l’aide à mourir
Enfin, ce sujet, qui est par essence universel, est étudié dans de nombreux pays dont la France comme nous l’évoquions en début d’article. Certains États ont décidé d’adopter une position intermédiaire comme le Portugal avec une loi autorisant la « mort médicalement assistée » qui a été approuvée en 2021.
Maîtriser sa vie jusqu’à la fin
En Nouvelle-Zélande, l’euthanasie est légale depuis 2021 pour les patients en phase terminale, tandis qu’en Équateur, la Cour constitutionnelle a dépénalisé l’euthanasie en février 20244
Pays interdisant l’euthanasie active
Enfin de nombreux pays, dont la France, interdisent l’euthanasie active. Cependant, certains ont adopté des lois encadrant la fin de vie :
France : La loi Claeys-Léonetti de 2016 autorise la sédation profonde et continue jusqu’au décès, mais interdit l’euthanasie active.
Alors qu’en Norvège, l’euthanasie passive est autorisée sur demande du patient agonisant ou d’un proche si le patient est inconscient.
Évolutions récentes
Plusieurs pays envisagent ou débattent actuellement de l’évolution de leur législation sur la fin de vie, comme la France où un projet de loi sur l’aide à mourir était en discussion.
Cette diversité de législations reflète la complexité et la sensibilité du débat sur la fin de vie à l’échelle mondiale.
Donald Trump dit ce qu’il pense et pense ce qu’il dit, quitte à être confus et fluctuant dans ses idées comme dans ses propos. La crise commerciale qu’il a déclenchée à la fin du mois de janvier en est la parfaite illustration. Donald Trump aime à répéter son attachement aux droits de douane, mais sa ligne politique en la matière apparaît chaotique. Les entreprises, les investisseurs et les gouvernements étrangers tentent de décrypter ses intentions réelles.
Durant la campagne électorale, Donald Trump a multiplié les attaques contre la Chine et l’Europe. Pourtant, ses premières décisions commerciales ont visé deux alliés historiques des États-Unis : le Canada et le Mexique. L’application des majorations de droits de douane aurait pu signifier la fin de l’accord commercial qui lie ces deux États aux États-Unis. Pour justifier sa position, il a invoqué l’état d’urgence aux frontières américaines en raison d’un afflux de drogue et de migrants illégaux, avant de déclarer que ce qui le préoccupait réellement était le déficit commercial américain. En attendant, sa proposition la plus radicale – un tarif douanier universel sur les importations – a été, pour l’instant, éclipsée par des discussions sur des taxes plus ciblées, dont l’objectif réel semble être la limitation des flux migratoires illégaux.
Amis ou non, alliés ou non, Trump semble déterminé à poursuivre sans relâche la mise en œuvre de sa politique protectionniste
Donald Trump considère que le système de commerce international est injuste et biaisé au détriment des États-Unis. Il cherche à rééquilibrer ce commerce en multipliant les rapports de force. Plus inquiétant encore, il se montre aujourd’hui bien plus agressif que lors de son premier mandat. Durant sa première présidence, la Chine était la principale cible de ses droits de douane, qui ont fini par s’appliquer à 380 milliards de dollars de marchandises. Dans cette seconde guerre commerciale, ce sont désormais 1 400 milliards de dollars d’importations en provenance du Canada, du Mexique et de la Chine – soit environ 40 % du total des importations américaines – qui pourraient être affectés.
Make America First Again
La suspension temporaire de la majoration de 25 % s’explique par l’imbrication des économies nord-américaines : une augmentation des tarifs douaniers aurait eu des effets négatifs sur la croissance régionale. En revanche, Donald Trump a décidé d’accroître de 10 % les droits de douane sur les produits chinois, y compris des biens de consommation courante tels que les iPhones, qu’il avait auparavant exclus pour protéger les consommateurs. Cette application immédiate tranche avec la pratique précédente : lors de son premier mandat, il avait accordé plusieurs mois de préavis aux entreprises concernées.
Après la Chine, il s’est attaqué aux importations d’acier et d’aluminium en provenance de l’étranger et a annoncé que de nouvelles majorations étaient probables dans les prochains jours. L’Union européenne ne devrait pas échapper à ces hausses tarifaires. Le Président américain s’est également engagé à imposer des taxes pouvant atteindre 100 % sur les semi-conducteurs taïwanais. Amis ou non, alliés ou non, il semble déterminé à poursuivre sans relâche la mise en œuvre de sa politique protectionniste.
Donald Trump considère les tarifs douaniers comme un levier de pression efficace pour renégocier les rapports de force entre les États. À court terme, il a déjà obtenu des concessions du Mexique et du Canada. Les États-Unis, premier importateur mondial, disposent d’un avantage stratégique : la capacité d’infliger de lourdes pertes à leurs partenaires commerciaux. Les exportations vers les États-Unis représentent environ 20 % du PIB canadien et 30 % du PIB mexicain, tandis que les exportations américaines vers ces deux pays ne pèsent que 3 % du PIB des États-Unis.
Les consommateurs américains paieront le prix de cette politique, via une baisse de leur pouvoir d’achat.
Le Canada, le Mexique et l’Europe ont donc plus à perdre dans cette guerre commerciale – du moins à court terme. Ce sont les consommateurs américains qui paieront le prix de cette politique, via une baisse de leur pouvoir d’achat. En outre, le protectionnisme freinera inévitablement la croissance économique en ralentissant la diffusion du progrès technique, en alourdissant les coûts de production et en affaiblissant la concurrence.
Donald Trump estime que les tarifs douaniers sont aussi une source de revenus permettant de rééquilibrer les finances publiques tout en réduisant l’impôt sur le revenu. Peu importe que les estimations montrent que ces droits ne couvriront qu’une fraction des dépenses fédérales. Il pense que ces taxes provoqueront une renaissance de l’industrie manufacturière américaine. Or, l’histoire économique montre que la protection de secteurs industriels peu compétitifs a souvent eu des effets délétères. Dans les années 1970, la protection de la sidérurgie américaine a contribué au déclin de son industrie automobile, au profit des constructeurs japonais. Avec l’éclatement des chaînes de valeur, une majoration de 25 % des droits de douane au sein du marché commun nord-américain aurait pu anéantir les bénéfices de Stellantis, General Motors et Ford. Certains véhicules traversent la frontière américaine jusqu’à sept fois avant leur assemblage final, et auraient été soumis à une taxation à chaque passage.
Dès l’annonce du décret augmentant les droits de douane, les lobbyistes américains se sont mobilisés. Le syndicat des travailleurs de l’acier a dans un communiqué dénoncé une politique contre-productive : « S’en prendre à des alliés clés comme le Canada n’est pas la voie à suivre. ». Par ailleurs, après avoir centré sa campagne sur la lutte contre l’inflation, Donald Trump semble avoir pris conscience que ses mesures risquaient d’entraîner une flambée des prix et des pénuries.
À terme, Donald Trump devra obtenir l’aval du Congrès pour poursuivre son offensive douanière.
Pour l’instant, le Président américain a utilisé l’arme du décret présidentiel. Toutefois, il aura du mal à convaincre le Congrès d’adopter un programme protectionniste structuré. Il s’appuie sur des lois existantes, comme l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), qui lui permet d’imposer des droits de douane pour des raisons de sécurité nationale. Ses décisions sont contestées devant les tribunaux, et jamais la justice n’a validé un usage aussi large des pouvoirs commerciaux du Président.
À terme, Donald Trump devra obtenir l’aval du Congrès pour poursuivre son offensive douanière.
À terme, Donald Trump devra obtenir l’aval du Congrès pour poursuivre son offensive douanière. Mais pour cela, il devra convaincre un Parlement où les opposants au protectionnisme, bien que moins nombreux qu’auparavant, pourraient encore lui barrer la route.
Loin d’être une simple posture électoraliste, le protectionnisme agressif de Donald Trump reflète une transformation profonde des relations commerciales mondiales. Alors que son premier mandat s’était concentré sur la Chine, son retour au pouvoir marque une radicalisation, incluant désormais les alliés historiques des États-Unis dans cette guerre économique. Cette politique pourrait certes renforcer certains secteurs industriels américains, mais elle risque aussi d’affaiblir l’économie mondiale, ralentir les innovations et faire grimper les prix à la consommation. En définitive, le protectionnisme trumpiste apparaît comme une arme à double tranchant : s’il permet de négocier des concessions commerciales, il expose aussi les États-Unis aux représailles de leurs partenaires et au mécontentement des électeurs américains. L’histoire économique montre que l’isolationnisme a rarement été synonyme de prospérité durable.
BRUXELLES — Les points de vue européens seront pris en compte et l’Ukraine ne sera pas contrainte de conclure un accord, a déclaré l’envoyé américain pour l’Ukraine et la Russie à un groupe de journalistes au siège de l’OTAN.
La visite de deux jours de Keith Kellogg, l’envoyé des États-Unis pour l’Ukraine et la Russie, à Bruxelles intervient dans un contexte de malaise croissant parmi les alliés européens. En effet, l’Union européenne (UE) craint qu’un futur accord de paix avec l’Ukraine ne soit conclu sans qu’elle-même et Kiev n’en soient informées, étant donné qu’aucune des deux n’est invitée à participer aux pourparlers entre les États-Unis et la Russie qui se tiendront cette semaine à Riyad, en Arabie saoudite.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré ce week-end que Kiev n’accepterait pas un accord qui serait préjudiciable à son pays ou qui résulterait de négociations auxquelles il n’aurait pas participé.
Keith Kellogg a répondu que « personne » n’imposerait de décisions à Volodymyr Zelensky, qui est un « dirigeant élu d’une nation souveraine », et que la décision de conclure un accord reviendrait en fin de compte aux Ukrainiens.
L’envoyé de Donald Trump se rendra à Kiev cette semaine pour une visite de trois jours, au cours de laquelle il devrait rencontrer le dirigeant ukrainien. Il retournera ensuite à Washington et poursuivra sa tournée des capitales de l’OTAN dans les prochaines semaines.
À la table des négociations
Keith Kellogg a précisé que le fait que les Européens ne soient pas à la table des négociations ne signifiait pas que leurs préoccupations ne seraient pas prises en compte.
« Si vous pensez qu’il y aura trente-trois personnes assises à la même table pendant la discussion, selon toute probabilité, la réponse est non, pas du tout », a confié le responsable américain. Mais « si “à la table” signifie que vos points de vue sont entendus, compris, transmis, la réponse est absolument oui », a-t-il continué.
Washington a envoyé un questionnaire aux capitales européennes en début de semaine dernière afin de déterminer les ressources qu’elles seraient prêtes à fournir pour une éventuelle future force de maintien de la paix.
« Avant que tout type de discussion et de garanties de sécurité ne soit finalisé, bien sûr, ces discussions vont avoir lieu », a affirmé Keith Kellogg.
« Les réponses à ces questions seront déterminées au fur et à mesure que vous avancerez dans le processus final », a-t-il ajouté, renvoyant la balle aux Européens.
Les promesses seront-elles tenues ?
L’absence de Keith Kellogg de l’équipe de négociation américaine qui s’est rendue à Riyad a soulevé des questions sur son influence effective sur les efforts de Donald Trump pour élaborer une proposition de paix — et sur la manière dont la contribution européenne y sera intégrée.
L’envoyé américain a toutefois affirmé que son absence « ne signifie pas que l’équipe n’est pas entièrement synchronisée ».
« Ils vont venir du Proche-Orient, je viendrai d’Ukraine — nous allons revenir à une synchronisation », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il avait eu une conférence téléphonique conjointe avec l’équipe de négociation après la Conférence de Munich.
L’équipe en question comprend le secrétaire d’État Marco Rubio, le conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz et l’envoyé des États-Unis au Proche-Orient Steve Witkoff.