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  • Tout va mal, mais tout va mieux.

    Tout va mal, mais tout va mieux.

    A force de regarder la télé, nos contemporains ont le sentiment que tout va plus mal qu’hier et que demain sera pire qu’aujourd’hui. Entre la crise financière, les années de terrorisme et le changement climatique, 2020 ne présagerait rien de bon. Et pourtant.

    Si l’on regarde la condition humaine à l’échelle de notre petite planète, à l’heure de la mondialisation, jamais les humains ne se sont portés aussi bien, alors qu’ils n’ont jamais été si nombreux. Ces dix dernières années, la mortalité infantile a encore régressé de 30%. Elle est passée de 55 pour mille naissances en 2000, à 29 pour 1000 en 2018. Evidemment, en France, on s’en aperçoit peu, elle est à un niveau difficilement compressible : 3 pour 1000. En 1950, on en était à 50 pour mille, situation actuelle de l’Afrique subsaharienne. Pour se rendre compte du progrès, cela signifie que sur les 720.000 naissances de l’année, alors que l’on compte aujourd’hui 2700 décès, on en aurait déploré 45.000.

    Pourquoi naître si c’est pour mourir de faim ? Ce qui fut longtemps la condition des peuples d’une terre trop peu nourricière, la malnutrition, elle aussi, a diminué : de 13% en dix ans. Inquiétude : elle ne diminue plus ces deux dernières années. Il y a toujours 800 millions de personnes qui ne mangent pas à leur faim. Un défi pour les dix prochaines années. Comme celui de l’obésité, maladie du siècle nouveau.

    Survivre soit, mais comment ? L’extrême pauvreté (moins de 2$ par jour), concerne encore 9% de la population mondiale. Mais elle a diminué  de moitié en dix ans. Tout comme les décès liés au Sida (-50%) : 770.000 morts du sida en 2018, c’est encore énorme, mais c’est moins que deux millions en 2000. Le nombre de morts dus à la pollution, a lui aussi baissé, de 20%. Et l’illettrisme a encore reculé, de 20% également[1].

    Cela ne veut pas dire que le monde va bien, cela veut dire qu’il va mieux, dans des domaines fondamentaux, notamment pour les plus pauvres. Les gains, dans les pays riches, sont plus difficiles.

    Pourquoi ces progrès ? Parce que la mondialisation, si critiquée, a permis une meilleure allocation des ressources, une meilleure productivité, plus de transferts d’innovations. Ces progrès sont fragiles, ils sont généralement menacés par des crises et des conflits de pouvoir ; on oublie à quel point les systèmes sociaux sont conservateurs parce qu’ils sont friables.

    A mesurer le commerce des armes, qui a battu des records cette année, à entendre les menaces, on craint que les guerres ne prolifèrent. Pourtant, la planète est plus paisible que lors des décennies passées : Toute l’Amérique, pour la première fois de son histoire, est en paix (La Colombie était le dernier conflit). L’Asie aussi, malgré la Corée du Nord. En Europe, la Russie a poussé ses pions en Ukraine (10.000 morts), modérément par rapport aux massacres de Tchétchénie (150.000). Les guerres restent au Moyen-Orient, sur les lignes de confrontation de l’islamisme, au sein des pays musulmans et à leurs frontières : Syrie, Yémen, Israël, Lybie, Sahel.

    Il est difficile de prétendre que l’humanité d’aujourd’hui est plus sage que celle d’hier. Elle est mieux informée, plus liée.

    Mais si l’économie mondialisée fonctionne mieux que l’économie parcellisée, cela dépend aussi des politiques suivies. On parle beaucoup de cette ruine aberrante qu’est la Corée du Nord, on devrait parler plus de la Corée du sud, qui, en un siècle est devenu un pays riche, libre, créatif, original. A quoi cela est-il du ? Aux choix politiques. Aujourd’hui la Grèce emprunte sur les marchés moins chers que l’Italie. Ce qui signifie que si le progrès est là, il n’est pas égal partout, il dépend à la fois des échanges de savoir et des échanges tout court, mais aussi et surtout de politiques et de capacités d’adaptation nationales aux chocs et flux extérieurs.

    Le progrès n’est pas une donnée. C’est un processus fragile. Constater que le monde va mal est une constante banale. Le monde a toujours été mal. Pour l’instant, il va moins mal qu’il y a dix ans. Il est fort possible que dans dix ans, il aille un peu moins mal. Ce ne sera pas une question de chance, mais de choix.

    Il y a un siècle Helsinki était à peine plus qu’un village, et Naples une capitale économique de la méditerranée. Aujourd’hui Helsinki est à la pointe de l’éducation et des smarts cities, et Naples ne sait toujours pas traiter les ordures, ni la mafia. L’un va avec l’autre. Il s’agit encore et toujours de choix politiques. D’ici dix ans, il y aura encore des progrès, mais pour qui, et où ? Les plus imaginatifs, les plus alertes, les plus libres ont plus de chance que les autres de trouver les bons courants et les meilleurs systèmes d’organisation et de prise de décisions.

    [1] Ces chiffres sont ceux de la Banque mondiale, des Nations-Unies et de la FAO. Voir le site « The World in data ».

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

  • Grève… 5ème semaine de paralysie en France !

    Grève… 5ème semaine de paralysie en France !

    Une semaine cruciale. Après plus d’un mois de grève contre la réforme des retraites, Emmanuel Macron réunit, lundi 6 janvier, le premier Conseil des ministres de 2020, ouvrant une semaine-clé ponctuée par la reprise, mardi, des négociations avec les syndicats en colère et de deux journées de manifestations jeudi et samedi. Le trafic reste perturbé à la SNCF et à la RATP. Baskets, vélos et trottinettes sont encore de sortie en Ile-de-France ce lundi matin. Mais aussi, et surtout, les voitures : plus de 330 km d’embouteillages ont été enregistrés à 8 heures en région parisienne, bien au-delà de la moyenne, selon Sytadin. 

     Un Conseil des ministres lundi. 

    Comme à chaque rentrée de janvier, le gouvernement se réunira au ministère de l’Intérieur pour un petit-déjeuner de travail. Avant de débuter le Conseil des ministres à l’Elysée, le gouvernement présentera ses vœux au président, lundi. Ensuite, place au dossier brûlant de la rentrée : la réforme des retraites.

     Reprise des négociations mardi. 

    Après la pause des fêtes, les discussions entre le gouvernement et les partenaires sociaux doivent reprendre mardi. Les ministres du Travail et de la Santé, Muriel Pénicaud et Agnès Buzyn, ainsi que les secrétaires d’Etat chargés des Retraites et des Comptes publics, Laurent Pietraszewski et Olivier Dussopt, débuteront cette concertation avec les organisations syndicales et patronales.

     Deux journées d’actions. 

    A l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, Solidaires et FSU, deux journées de manifestations interprofessionnelles et de grèves sont prévues jeudi 9 et samedi 11 janvier. Pour la mobilisation de jeudi, Thierry Defresne, délégué syndical central chez Total, a brandi la menace d’un arrêt de production dans les raffineries. La Fédération nationale des ports et docks CGT a, de son côté, appelé à « arrêter le travail pendant 24 heures » dans une « opération ports morts » ce même jour.

     A la SNCF, le trafic s’améliore.

    Certaines lignes qui étaient fermées depuis le 5 décembre, et donc le début de la mobilisation contre la réforme des retraites, rouvrent lundi. Concrètement, pour cette journée, la SNCF prévoit en moyenne huit TGV sur dix, huit Ouigo sur dix, un Transilien sur deux, un Intercités sur trois et deux TER sur trois.

     A la RATP, le trafic reste très perturbé. 

    La RATP prévoit un trafic toujours « très perturbé » lundi. La RATP évoque « une offre en légère amélioration par rapport à celle du 3 janvier ». Dans le détail, en dehors des lignes de métro 1 et 14 (qui sont automatiques), toutes les autres lignes seront partiellement ouvertes avec des horaires restreints.

     

  • Villejuif : 2 morts, dont l’assaillant, et deux blessés

    Villejuif : 2 morts, dont l’assaillant, et deux blessés

    Une attaque au couteau fait un mort et deux blessés à Villejuif: la victime a pris un coup de couteau mortel en voulant protéger sa femme (vidéos)

    L’assaillant, Nathan C., âgé de 22 ans et né aux Lilas (Seine-Saint-Denis) selon des sources concordantes, est passé à l’attaque vers 14H00 dans le vaste parc des Hautes-Bruyères, qui abrite notamment des terrains de sports et des jardins familiaux, dans cette commune située dans la proche banlieue sud de Paris.

    Il a tué un Villejuifois de 56 ans qui se promenait avec sa femme et a pris un coup de couteau en voulant la protéger, a indiqué à l’AFP le maire de la ville Franck Le Bohellec.

    Sa compagne, âgée d’une quarantaine d’années, a été grièvement blessée mais ses jours n’étaient plus en danger vendredi soir, a indiqué le parquet de Créteil, en précisant que la troisième victime, une femme de 30 ans, a elle été légèrement blessée. Une source proche du dossier avait auparavant indiqué par erreur qu’un des blessés était un homme.

    Sur Twitter, le président Emmanuel Macron a adressé son « soutien aux victimes (…), à leurs familles ainsi qu’aux forces de l’ordre » après l’attaque.

    L’assaillant a également « tenté de s’attaquer à d’autres victimes qui ont réussi à l’éviter », a déclaré la procureure de Créteil, Laure Beccuau, lors d’un point presse tenu sur place avec le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Laurent Nuñez.

    Nathan C. souffrait de « troubles psychologiques »

    Nathan C. a ensuite été abattu par des policiers arrivés rapidement sur les lieux alors qu’il se dirigeait vers le centre commercial du Carrefour de la commune voisine de L’Haÿ-les-Roses, qui a dû être « confiné » pendant plusieurs heures, a déclaré à l’AFP le maire de la ville Vincent Jeanbrun.

    Selon les premiers éléments de l’enquête, Nathan C. souffrait de « troubles psychologiques » et était « connu pour des faits de droit commun » mais pas pour radicalisation, ont indiqué à l’AFP des sources proches du dossier.

    Un sac lui appartenant a été retrouvé « à plusieurs centaines de mètres » du lieu de l’attaque, contenant sa carte bancaire ainsi que des « éléments religieux », « laissant penser qu’il était converti à l’islam », a précisé le parquet.

    Une photo prise sur place juste après l’attaque et transmise à l’AFP le montre étendu sur le dos à un carrefour, vêtu de ce qui semble être un habit de type djellaba noir.

    « Périple meurtrier »

    « On a entendu des cris, après on a entendu 3 coups de feu. Je suis sorti pour voir. Après il y a eu encore 5 ou 6 coups de feu et des sirènes. Et on s’est barricadé dans le garage », a déclaré à l’AFP Rouane Yazid, 40 ans, patron d’un garage voisin.

    « Il avait visiblement l’intention de poursuivre ses agressions » dans le centre commercial «, a ajouté M. Jeanbrun. Selon Laurent Nuñez, l’intervention des forces de l’ordre a » sans doute « évité la poursuite sans doute d’un périple meurtrier ».

    Une enquête pour « assassinat et tentatives d’assassinat » a été ouverte et confiée à la police judiciaire du Val-de-Marne ainsi qu’à la brigade criminelle de Paris.

    Un homme poignarde des passants dans un parc en France pour une raison inconnue : une des victimes a perdu la vie

    « Nos forces de sécurité et secours sont intervenues à Villejuif avec réactivité, sang-froid et professionnalisme », a tweeté le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, en leur adressant sa « reconnaissance ».

    Cette attaque intervient alors que la France vit sous une constante menace terroriste depuis la vague d’attentats jihadistes sans précédent amorcée en 2015.

    En 2019, la justice antiterroriste s’est saisie de trois attaques : l’agression au couteau en mars de deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe par un détenu radicalisé, l’attentat au colis piégé qui a blessé 14 personnes en mai devant une boulangerie de Lyon, et la tuerie perpétrée début octobre à la préfecture de police de Paris.

    En plus de quatre ans, la vague d’attentats en France a fait 255 morts, si on inclut ceux de la préfecture de police. Au total, 60 attentats ont été déjoués depuis 2013, selon l’Intérieur.

    L’un d’eux était lié à Villejuif : Sid Ahmed Glam, un étudiant algérien radicalisé, est soupçonné d’y avoir tué une femme le 19 avril 2015 et d’avoir préparé un attentat contre une église de la ville. Il sera prochainement jugé aux assises pour ces crimes.

  • En Iran, les Français appelés à la prudence.

    En Iran, les Français appelés à la prudence.

    Expatrié en Iran ? Limitez vos déplacements, sécurisez vos domiciles – si votre présence n’est pas indispensable il est conseillé de quitter l’Iran.

     « L’Ambassade de France en Iran recommande aux ressortissants français en Iran de se tenir à l’écart de tout rassemblement dans le contexte de la mort du général Soleimani, tué par une frappe américaine », a communiqué l’Ambassade.

    Deux Français, Farida Adelkhak, et Roland Marchal, sont toujours incarcérés en Iran.

    Beaucoup  de chancelleries s’attendent à des représailles et des attentats, en Iran, dans les autres pays de la région, voire en Europe ou ailleurs contre des intérêts américains.

    Le Général Qassem Souleimani, le commandant de la force al Qods des Gardiens de la Révolution, la première unité d’élite de l’Armée iranienne, a été tué par un drone américain, à l’Aéroport International de Bagdad. L’avion de Souleimani était arrivé du Liban ou de Syrie. La frappe aérienne a eu lieu dès qu’il est descendu de l’appareil. La décision a été prise par le Président Trump lui-même.

    Souleimani recevait ses ordres directement du Guide suprême Ali Khameneï et commandait les fronts syrien et irakien. Officier supérieur principal de l’Armée iranienne, il était considéré comme le n°2 du régime.

    Le n°2 des «Forces de Mobilisation Populaire »,  Abu Mahdi al-Muhandis, principale milice chiite irakienne liée à l’Iran, a également péri lors du raid. Il était venu accueillir Souleimani à l’aéroport. Deux chefs d’autres milices irakiennes chiites liées à l’Iran ont perdu la vie lors de l’opération, dont un responsable du Kataëb Hezbollah, impliqué dans l’attaque contre l’ambassade des Etats-Unis cette semaine. (Le Kataëb Hezbollah, est une milice chiite irakienne qui n’a rien à voir avec le Hezbollah libanais.)

    Cette opération intervient suite à l’attaque de l’ambassade américaine le weekend dernier, orchestrée par les alliés de l’Iran en réaction aux frappes aériennes qui avaient tué 25 combattants des Kataëb Hezbollah. Les Etats-Unis avaient déclaré que les frappes étaient des représailles au meurtre, la semaine dernière, d’un entrepreneur américain lors d’une attaque à la roquette sur une base militaire irakienne conduite par la milice.

    Les gardiens de la Révolution, dont le général Souleimani, sont partisans d’une escalade face aux Etats-Unis, considérant soit que ces derniers n’oseront pas aller jusqu’au conflit, soit qu’un conflit leur serait profitable, du moins pour consolider encore leur emprise en Iran, comme cela avait été écrit dans lesfrancais.press. Il serait étonnant que la disparition du responsable de cette politique y mette fin.

    On peut s’attendre, au contraire, à ce que l’escalade se poursuive. D’où l’appel à la prudence de l’Ambassade de France.

     

  • BlackRock : l’épouvantail contre la Réforme des retraites ?

    BlackRock : l’épouvantail contre la Réforme des retraites ?

    L’opposition, à l’unissons des syndicats, concentrait jeudi ses attaques sur la nomination au rang d’officier de la Légion d’honneur de Jean-François Cirelli, président du gestionnaire d’actifs BlackRock France, dénonçant un choix du « camp des fonds de capitalisation » dans la bataille sur la réforme des retraites.

    Alors que la mobilisation contre la réforme est entrée ce vendredi 03 janvier dans sa 30e journée, battant  d’un jour le plus long blocage des transports de 1986-1987, cette promotion honorifique a déclenché les foudres de l’opposition, gauche et droite confondues, le PS y voyant « le côté obscur de la réforme des retraites ».

    Interrogé par l’AFP, Jean-François Cirelli assure pourtant n’avoir « pas cherché à influencer le gouvernement ni sur la réforme actuelle des retraites, ni sur la loi Pacte ».

    « Concernant les retraites, nous (BlackRock) avons toujours dit, et moi le premier, que nous étions conscients que le choix de la France est le régime par répartition et cela restera ainsi », s’est défendu M. Cirelli.

    « Blackrock n’est pas un fonds de pension, il ne distribue aucun produit d’épargne retraite et nous n’avons pas l’intention de le faire. Nous continuerons à apporter à nos clients qui sont les grands établissements financiers français notre expertise pour gérer l’épargne de leurs clients », a tenu à préciser le président de Blackrock France.

    La publication par le quotidien L’Humanité début décembre d’un document interne d’une quinzaine de pages attribué à BlackRock, détaillant l’intérêt de développer l’épargne-retraite par capitalisation en France en s’appuyant notamment sur la loi Pacte votée au printemps, avait déjà suscité une levée de boucliers parmi les opposants à la réforme.

    M. Cirelli a précisé à ce sujet jeudi s’être « félicité dans un document public, mis en ligne en juin après le vote de la loi Pacte, de certaines mesures prévues par le texte », et assuré qu’il ne s’agissait « ni d’un document secret, ni d’instructions au gouvernement ».

    Ses explications auront toutefois du mal à convaincre l’opposition, qui estime que BlackRock deviendrait l’un des principaux bénéficiaires de la réforme sur les retraites.

    Une « provocation » 

    « C’est tout sauf anecdotique, BlackRock, c’est tout simplement le côté obscur de la réforme des retraites (…). C’est effectivement le choix d’un camp, celui des fonds de capitalisation », a dénoncé Olivier Faure, premier secrétaire du PS, sur France 2.

    Tandis que le patron du PCF Fabien Roussel et la députée LFI Danièle Obono voyaient dans cette nomination une « provocation », le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan a lui accusé le patron de BlackRock d »‘enrichir un fonds de pensions américain en profitant de la destruction de notre système de retraites ».

    Cette polémique s’ajoute à une situation déjà compliquée pour le gouvernement, près d’un mois après le début de la grève, alors que le dialogue avec les syndicats semble être dans l’impasse.

    « BlackRock, c’est un fonds d’investissement qui soutient le développement d’infrastructures en France », a souligné sur LCI la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne pour expliquer le choix de Matignon d’intégrer M. Cirelli à la promotion du Nouvel An. « On peut faire des raccourcis, des présentations caricaturales, (mais Jean-François Cirelli) c’est quelqu’un qui a eu une carrière », a-t-elle ajouté.

    Conseiller économique de Jacques Chirac (1995-2002) puis directeur adjoint du cabinet du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (2002-2004), Jean-François Cirelli a ensuite dirigé GDF-Suez puis Engie de 2005 à 2015.

    Interrogée par l’AFP sur le profit que pourrait tirer BlackRock de la réforme des retraites, Laure Delahousse, directrice générale adjointe de l’Association française de la gestion financière (AFG), a souligné que l’épargne-retraite était « totalement absente de la réforme des retraites ».

    « L’impact pour les Français de la réforme des retraites sur l’épargne-retraite va être faible. Ce qui était important, c’est plus la loi Pacte et la dynamisation de l’épargne-retraite », a-t-elle encore dit, voyant en BlackRock « un gérant d’actifs comme les autres qui a le même objectif que tout le monde, c’est-à-dire faire fructifier l’épargne de ses clients ».

    Entreprise américaine implantée en France depuis 13 ans, BlackRock déclare gérer un portefeuille d’actifs de quelque 7.000 milliards de dollars dans le monde, dont 30 milliards environ auprès de clients français.

  • USA-IRAN : Un raid américain fait monter la tension d’un cran

    USA-IRAN : Un raid américain fait monter la tension d’un cran

    Le Pentagone a confirmé, cette nuit que le président américain, en personne, avait donné l’ordre de neutraliser l’homme fort de Téhéran au Proche Orient Qassem Soleimani. Le leader pro-iranien Abou Mehdi al-Mouhandis a également été abattu lors du raid qui s’est déroulé à l’aéroport de Bagdad, en Irak. Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a appelé à la « vengeance ».

    Après une série d’attaques à la roquette contre des diplomates et des soldats américains, attribuées par Washington aux pro-Iran, l’escalade atteint un sommet inédit avec la mort de deux haut-responsables en Irak. Sur ordre du président américain Donald Trump, le général iranien Qassem Soleimani, en charge des affaires irakiennes au sein de l’armée idéologique d’Iran, a été tué dans une frappe aérienne contre son convoi à l’aéroport de Bagdad, a déclaré jeudi 2 janvier soir le Pentagone.

    AFP-REUTERS

    « Sur ordre du président, l’armée américaine a pris des mesures défensives décisives pour protéger le personnel américain à l’étranger en tuant Qassem Soleimani », a précisé le ministère américain de la Défense dans un communiqué. « Cette frappe était destinée à dissuader l’Iran de tout projet d’attaque. » Le Pentagone a pris soin de souligner que le général Soleimani était le chef de la force Al Qods, une unité d’élite des Gardiens de la révolution iraniens, une organisation considérée comme terroriste par Washington depuis avril dernier.

    Le Hachd al-Chaabi, puissante coalition de paramilitaires majoritairement pro-Iran désormais intégrés à l’État irakien, a précisé que son numéro deux, Abou Mehdi al-Mouhandis, faisait également partie des neufs victimes de ce « raid américain » qui a visé un convoi de véhicules dans l’enceinte de l’aéroport de Bagdad. Les deux hommes étaient sous le coup de sanctions américaines.

    Un appel à la vengeance 

    L’assassinat du général Qassem Soleimani est une « escalade extrêmement dangereuse et insensée », a réagi le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, sur Twitter. « Les États-Unis portent la responsabilité de toutes les conséquences de leur aventurisme renégat. »

    Des conséquences qui pourraient être violentes. Après avoir déclaré trois jours de deuil national en hommage à Qassem Soleimani, le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a appelé à la « vengeance ». « Soleimani a rejoint nos frères martyrs mais notre revanche sur l’Amérique sera terrible », menace également Mohsen Rezai, un ancien chef des Gardiens de la révolution.

    « Une réunion extraordinaire du conseil suprême de sécurité nationale aura lieu d’ici quelques heures pour examiner l’attaque meurtrière sur le véhicule du général Soleimani à Bagdad, qui a conduit à son martyr », a en outre annoncé le porte-parole de cette plus haute instance sécuritaire en Iran, Keyvan Koshravi, cité par l’agence Isna.

    Aux États-Unis, le chef démocrate de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants a déploré jeudi soir que Donald Trump n’ait pas notifié le Congrès américain du raid mené en Irak. « Mener une action de cette gravité sans impliquer le Congrès soulève de graves problèmes légaux et constitue un affront aux pouvoirs du Congrès », écrit dans un communiqué Eliot Engel, élu de New York. Dans son camp, nombre d’élus ont aussi fustigé les risques d’escalade avec l’Iran. « Le président Trump amène notre nation au bord d’une guerre illégale avec l’Iran, sans l’approbation du Congrès », accuse le sénateur démocrate Tom Udall. « L’Iran va réagir et probablement à différents endroits. Pensée à tout le personnel américain dans la région en ce moment », s’inquiète, de son côté, Ben Rhodes, ancien proche conseiller de Barack Obama.

    Les ténors républicains ont, eux, félicité la décision de Donald Trump. « J’apprécie l’action courageuse du président contre l’agression iranienne », a salué sur Twitter l’influent sénateur républicain Lindsey Graham, quand le sénateur Marco Rubio estime que « les actions défensives que les États-Unis ont prises contre l’Iran et ses mandataires sont conformes aux avertissements clairs qu’ils ont reçus. Le général Soleimani « n’a eu que ce qu’il méritait », a abondé le sénateur républicain Tom Cotton.

    Crainte d’une escalade

    Ce bombardement meurtrier fait redouter une nouvelle escalade entre l’Iran et les États-Unis en Irak, déjà théâtre mardi d’une attaque inédite de manifestants pro-iraniens contre l’ambassade américaine.

    AFP

    Depuis fin octobre, une dizaine d’attaques à la roquette ont visé des soldats et des diplomates américains, tuant il y a une semaine un sous-traitant américain. Dimanche soir, Washington, qui accuse les factions pro-Iran du Hachd al-Chaabi d’être derrière ces attaques non revendiquées, a répondu en bombardant des bases de l’une d’elles près de la frontière syrienne, faisant 25 morts.

    Depuis, le sentiment anti-américain n’a cessé d’être exacerbé par les partisans pro-Iran en Irak, pays secoué depuis le 1er octobre par une révolte populaire qui dénonce le pouvoir irakien accusé de corruption et d’incompétence, de même que l’influence grandissante de son parrain iranien.

    Les factions armées et politiques pro-Iran mènent une vaste campagne pour dénoncer l’accord de coopération américano-irakien qui encadre la présence de 5 200 soldats américains en Irak. Les forces américaines, qui ont envahi l’Irak en 2003 et renversé le dictateur Saddam Hussein, se sont retirées du pays en 2011. Mais des troupes sont toutefois revenues en 2014 dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe jihadiste État islamique (EI).

    Durant les trois années de guerre contre l’EI, ces hommes ont combattu du même côté que ceux du Hachd. Mais aujourd’hui, le Hachd, dont de nombreuses factions sont nées dans le combat contre l’occupation américaine, est une menace plus sérieuse pour les Américains que l’EI, selon des sources américaines.

  • Le gouvernement français joue aussi sa crédibilité européenne sur les retraites

    Le gouvernement français joue aussi sa crédibilité européenne sur les retraites

    Le gouvernement s’arc-boute sur une réforme conseillée par l’exécutif européen, mais déjà édulcorée, et qui divise profondément en France. Les transports sont paralysés depuis près d’un mois.

    Réformer, ou du moins prétendre le faire, notamment pour donner des gages à ses partenaires européens : c’est le pari dans lequel le chef de l’État français semble s’être engouffré. Et dont il peine à sortir.

    La réforme des retraites est un point important des recommandations récurrentes de la Commission européenne à la France. L’été dernier, le conseil Ecofin, qui rassemble les ministres de l’UE, avait ainsi souligné le sujet, insistant sur le fait que la réforme pourrait contribuer à alléger la dette publique.

    Un mois après le début d’une grève qui paralyse les transports, et une partie des services publics en France, le chef de l’État a réaffirmé lors de la présentation de ses vœux à la nation, le 31 décembre, son intention de mener à bien la réforme des retraites. Une déclaration vécue comme un durcissement du bras de fer par les syndicats.

    Une réforme déjà assouplie

    Contrairement aux apparences, le gouvernement a déjà lâché du lest dans sa tentative de réforme du régime des retraites. Durant divers épisodes de négociations qui se sont tenus en décembre, le gouvernement a déjà accepté de prolonger ou de conserver certains régimes spéciaux. Ainsi, les policiers ont obtenu un délai conséquent avant l’application du régime général, et conservent la possibilité de partir plus tôt en retraite ; ils réclament désormais les mêmes avantages que les gendarmes, qui eux sont assimilés aux militaires, et ont à ce titre un régime encore plus favorable.

    Pour le personnel RATP et SNCF, qui affiche la plus forte mobilisation, le gouvernement a proposé de décaler de 10 ans la date d’application de la réforme, qui ne concernerait que les salariés nés après 1985, contre 1975 pour le commun des mortels.

    Dans l’aérien, le personnel naviguant a aussi obtenu des concessions importantes, tout comme les danseurs de l’Opéra de Paris, qui ont actuellement la possibilité de partir en retraite à 42 ans.

    Le projet d’un régime général et équitable des retraites prend déjà l’eau, ce qui semble donner des ailes aux syndicats. Le 1er janvier, le responsable du syndicat CGT Philippe Martinez a appelé à la grève générale pour conforter le mouvement. Un appel qui risque toutefois de rester lettre morte.

    Pari sur l’essoufflement financier des grévistes

    Si le mouvement se poursuit depuis le 5 décembre, soit près d’un mois, et que les Français ont tendance à sympathiser avec les grévistes puisque 51 % d’entre eux les soutenaient fin décembre, le gouvernement parie sur son essouflement.

    En effet, la plupart des grévistes ont touché un 13ième mois ou une prime de fin d’année en décembre. Mais un mois de janvier entier sans salaires risque d’être impossible à gérer pour nombre d’entre eux. Ce qui explique que le taux de grévistes ait chuté de 55 % à 8 % à la SNCF depuis le début de la grève. Et les cagnottes organisées par les syndicats sont très modestes par rapport aux besoins.

    Risque de décrédibilisation ?

    Le gouvernement français pourrait finir par avoir les grévistes à l’usure, mais sans convaincre et sans que les revendications n’aient semblé avoir été entendues. Ce qui serait un signe politique négatif : la décrédibilisation d’Emmanuel Macron à 2 ans des élections présidentielles n’est pas faite pour rassurer les voisins européens, alors que le Rassemblement national, plutôt discret depuis le début de la grève, se tient en embuscade. Et alors que le scepticisme à son égard au niveau international va croissant.

     

  • En position de force, Boris Johnson pave la voie d’un Brexit difficile

    En position de force, Boris Johnson pave la voie d’un Brexit difficile

    Après une année de paralysie politique et de frustration, Britanniques et Européens terminent 2019 avec le sentiment d’avoir tourné une page. Fort d’une majorité de 80 sièges, Boris Johnson fera sortir le Royaume-Uni de l’UE d’ici la fin janvier.

    En 2020, les discussions se concentreront sur les relations commerciales post-Brexit, dans le cadre d’un calendrier serré et avec la menace de parvenir à la fin de l’année sans avoir conclu d’accord. Certaines choses ne changent guère.

    Les pleins pouvoirs de Boris Johnson

    La majorité de 80 sièges que détient Boris Johnson à la Chambre des communes lui donne un contrôle absolu sur les négociations commerciales post-Brexit, qui devraient commencer véritablement en février.

    Boris Johnson n’aura pas à affronter autant d’obstacles que Theresa May, la précédente Première ministre. Il dispose d’une large majorité, et le projet de loi sur l’accord de retrait prive les parlementaires britanniques de quasiment tout contrôle sur les négociations commerciales post-Brexit.

    Boris Johnson n’a pas besoin de leur appui, ni même de leur donner des informations à propos son mandat de négociation. Ils n’auront pas non plus droit à un vote « significatif » sur le résultat des pourparlers.

    Le projet de loi sur l’accord de retrait, qui a fait l’objet d’une deuxième lecture à la Chambre des Communes juste avant Noël, sera soumis au Parlement à la mi-janvier. Le Royaume-Uni sortira alors enfin de l’Union, mais une période de transition de onze mois, pendant laquelle le Royaume-Uni continuera à faire partie du marché unique, commencera immédiatement.

    Une fois le Brexit arrivé à son terme, du moins officiellement, le Premier ministre entend retirer le mot « Brexit » du vocabulaire du gouvernement. Le département pour la sortie de l’Union européenne sera supprimé à la fin du mois de janvier. Boris Johnson a l’intention de le remplacer par une équipe de négociation – appelée « Taskforce Europe » – qui sera responsable des négociations sur les relations futures avec l’UE, sous la direction de son conseiller David Frost.

    Pour l’heure, le canevas de l’accord commercial de Boris Johnson est encore très flou, bien qu’il ait parlé de fonder les futures relations entre l’UE et le Royaume-Uni sur le modèle de l’Accord économique et commercial global (CETA) existant entre l’UE et le Canada.

    Le manifeste des conservateurs et les déclarations de Boris Johnson, selon lesquelles il souhaite que le Royaume-Uni s’écarte de la réglementation de l’UE, laissent présager une relation beaucoup moins étroite avec l’UE que celle envisagée dans la déclaration politique négociée par Theresa May. Celle-ci évoquait un fondement sur les arrangements douaniers et laissait entrevoir la perspective d’un important alignement réglementaire sur les marchandises.

    Alors que le gouvernement de Theresa May envisageait de participer à divers programmes de l’UE, le manifeste électoral des conservateurs ne mentionne que la collaboration scientifique internationale avec l’Union. En 2020, le gouvernement britannique mettra probablement en place une série de nouvelles agences de régulation pour remplacer les agences existantes de l’UE, indiquant ainsi clairement la direction qu’il compte prendre.

    Les négociations se terminent, d’autres commencent

    Les deux parties assurent qu’elles agiront dans l’urgence. La Commission européenne a promis de remettre aux États membres un mandat de négociation pour les relations commerciales post-Brexit le 1er février.

    Négocier et ratifier en onze mois et dans 27 États membres un ambitieux partenariat commercial et politique, comparable au CETA, apparaît comme un objectif extrêmement optimiste.

    Une prolongation du délai devrait être convenue par l’UE et le Royaume-Uni avant juillet 2020. Cependant, en amendant l’accord de retrait avec l’inscription dans la loi de la date limite de décembre 2020, cette option a été écartée par Boris Johnson. Rien ne l’empêchera de changer d’avis par la suite, cependant.

    Cette date butoir a fait réapparaître le spectre d’un Brexit « sans accord ».

    Lors de la dernière session plénière du Parlement européen de 2019, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a averti qu’un calendrier aussi serré constituait une  « difficulté extrême », ajoutant que « dans le cas où nous ne pourrions pas parvenir à un accord d’ici à la fin 2020, nous ferions à nouveau face à une situation des plus périlleuses ».

    Selon certains rapports, c’est la Commission qui pourrait demander une prolongation de la période de transition, afin d’éviter un scénario sans accord.

    Un accord réduit à l’essentiel

    Avec leur représentant installé au 10 Downing Street, les partisans d’un Brexit dur sont bien entendu très actifs.

    Le chef du Parti du Brexit, Nigel Farage, dont la formation ne s’est pas opposée aux députés conservateurs lors du scrutin de décembre, estime que son camp a potentiellement et « pour la première fois (…) le dessus dans ces négociations ». Il dit cependant savoir  qu’il n’obtiendra pas « tout ce qu’[il] veu[t]. Ce n’est tout simplement pas possible, il y aura toutes sortes de compromis ».

    Nigel Farage estime la probabilité d’un Brexit sans accord à « 25 %, pas plus que ça ».

    Mais tout le monde n’est pas persuadé que la domination de Boris Johnson à l’intérieur du pays se traduira par un plus grand pouvoir de négociation à Bruxelles.

    « Si vous voulez être en position de force dans des négociations internationales, vous devez pouvoir plaider de manière crédible que vous êtes en situation de faiblesse chez vous », souligne Anand Menon, directeur du think tank universitaire « UK in a Changing Europe ».

    « Si vous pouvez dire à votre adversaire que vous avez les mains liées parce que vous ne disposez pas d’une majorité suffisante, ou quoi que ce soit d’autre, alors il est possible qu’il se montre flexible avec vous. Mais si vous vous présentez avec une majorité significative, tout le monde sait que vous avez le contrôle et que vous êtes donc en mesure de faire des concessions », poursuit-il.

    En effet, le calendrier et les promesses préélectorales de Boris Johnson, ainsi que les remarques sceptiques du négociateur en chef de la Commission, Michel Barnier, plaident en faveur d’un accord commercial « réduit à l’essentiel », couvrant uniquement les droits de douane et les quotas entre l’UE et le Royaume-Uni, et qui pourra être étoffé sur une période de plusieurs années.

    L’économie du Brexit

    La victoire électorale de Boris Johnson s’est construite sur la base d’une percée sans précédent des Tories dans le nord de l’Angleterre, qui constitue un bastion traditionnel du parti travailliste, mais où le soutien au Brexit est également fort.

    Pour tenter de consolider ce nouveau soutien, le Premier ministre a promis des investissements massifs dans les infrastructures des Midlands et du Nord et a laissé entendre que de nombreux fonctionnaires et organismes gouvernementaux seraient transférés hors de Londres.

    Mais cette frénésie de dépenses planifiée pourrait être menacée par les négociations sur le Brexit. L’économie britannique n’a progressé que de 1 % en 2019 et, selon la Banque d’Angleterre, elle est peut-être au bord d’une récession.

    Selon le groupe de réflexion « UK in a Changing Europe », même si un nouvel accord de libre-échange avec l’UE est conclu en 2020, cela entraînera un déficit budgétaire annuel de 6 à 20 milliards de livres sterling. Un scénario sans accord, avec un règlement des échanges entre le Royaume-Uni et l’UE selon les conditions de l’Organisation mondiale du commerce après décembre 2020, ferait quant à lui grimper ce déficit jusqu’à 28 milliards de livres sterling, estime le think tank.

    À court terme, Boris Johnson pourra continuer – et il ne s’en privera probablement pas – à rejeter la responsabilité de tout remous économique sur l’UE.

    Mais après avoir récolté les fruits de la lassitude des Britannique à propos du Brexit, son gouvernement est sur le point d’entamer un voyage cahoteux  et des plus incertains. Sa domination est réelle mais fragile. Tout échec politique en 2020 pourrait causer des dommages à long terme et s’avérer potentiellement fatal à son Premier ministre.

  • Paula Forteza, la députée d’Amérique latine qui se présente aux municipales à Paris!

    Paula Forteza, la députée d’Amérique latine qui se présente aux municipales à Paris!

    Après sa mise au point télévisée très remarquée sur son supposé autisme et avant un grand meeting au Trianon (XVIIIe), mercredi 11 décembre, le candidat LREM à la mairie de Paris Cédric Villani entend montrer que ses troupes sont en ordre de marche. Il a désigné ses dix-sept « chefs de file » par arrondissement qui ont été validés par les militants locaux.

    « Ils vont incarner sa campagne sur le terrain mais les têtes de liste définitives seront annoncées en janvier 2020 avec l’intégralité des listes et du programme, prévient un de ses lieutenants. Jusqu’à cette date on reste ouvert à des alliances ». – Cedric Villani

    la député Paula Forteza sera donc la tête de liste du candidat dissident LREM pour la Marie du XIXème arrondissement…

    Elle est très impliquée dans les questions du numériques, de la participation citoyenne et des données. Elle lutte contre  l’exclusion des citoyens touchés par la fracture numérique.

    « Nous travaillerons à l’inclusion numérique, sujet par sujet. Et nous travaillerons aussi à des démarches en présentiel, des numéros de téléphone à contacter, des lignes dédiées. » – Paula Forteza au JDD

    Mme Forteza porte au sein du projet municipale cette vision à travers la volonté d’informer davantage les citoyens pour relancer le budget participatif de la ville de Paris, abandonné par la majorité parisienne actuelle.

    Après un dépôt de loi visant à réguler l’impact écologique de la surconsommation numérique…

    Côté assemblée, elle est active aussi sur les dossiers du Numérique. En effet, elle vient de  déposer cet amendement dans le projet de loi sur l’économie circulaire, en commission du développement durable.

    Au titre « de la sobriété énergétique du numérique », elle veut qu’ « en vue de diminuer les émissions de gaz à effet de serre liées à la consultation de vidéos en ligne », les contenus y soient « proposées par défaut dans une qualité combinant un confort suffisant pour l’utilisateur et la consommation de données la plus faible possible ».

    Il s’agit de l’une des quatre mesures de son amendement destiné à « amorcer la prise de conscience indispensable à l’adoption de comportements numériques plus sobres ».

    Dans le flot de ces contenus énergivores, « les vidéos pornographiques représentent une part très importante de la consommation de vidéos en ligne et donc des émissions de GES associées au numérique », estime-t-elle.

    Selon l’élue, ces vidéos pour adultes « consomment à elles seules 27 % des flux, entraînant l’émission de 80 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions des bâtiments ou de l’industrie en France ».

    Autre chose. Paula Forteza veut interdire aux sites comme YouTube, Facebook ou Dailymotion « le lancement automatique d’une seconde vidéo non sollicitée par le consommateur après consultation d’une première vidéo ». C’est un décret en Conseil d’État qui viendrait fixer les modalités pratiques, dont sans doute le montant des sanctions.

    Troisième mesure, les éditeurs d’applications et les hébergeurs auraient pour obligation de faire « figurer en accompagnement de chaque application proposée au téléchargement sur le territoire français un indice d’impact environnemental de cette application indiquant les émissions moyennes de gaz à effet de serre associées à son utilisation au regard du volume de données dont cette utilisation requiert le transfert ».

    Enfin… La députée spécialisée sur le numérique propose que les navigateurs affichent eux aussi en temps réel « un indicateur de l’empreinte carbone cumulée associée à la navigation depuis l’ouverture du navigateur ».

    Ces deux indices seraient déterminés à partir des données proposées par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

    Remarquons qu’un amendement identique a été déposé par d’autres députés de différents groupes dont Cédric Villani, le candidat qu’elle rejoint pour les municipales à Paris.

    Et l’Amérique latine ?

    Chez les Français de l’Etranger; le gouvernement de Macron a du mal à justifier les restrictions budgétaires qui touchent les lycées français, le réseau culturel et diplomatique en réduisant ambassades et consulats, et à défendre une réforme fiscale qui est aussi ressentie comme une attaque directe contre ceux qui ont gardé le lien avec la France via des biens ou une activité professionnelle.    Et alors qu’elle fut élue avec enthousiasme par les 150 000 Français de la circonscription, Paula Forteza est restée très discrète et peu présente en circonscription. 

    L’opposition, menée sur place par Cecile Lavergne – élue EELV, est vent debout. Une pétition a été mise en place afin d’alerter les Français d’Amérique latine. Lancée en pleine période des fêtes, elle n’a pas su mobiliser, en effet, au moment où nous écrivons ses lignes moins de 200 personnes avaient apposé leurs signatures. Cependant, elle annonce une difficile campagne en cas de victoire à Paris qui entrainera une élection législative partielle. Florence Poznanski, élue LFI, fait également partie des élus en Amérique du Sud critiques de la décision de la députée.

    A Gauche comme à droite, on affute les couteux, alors que 10 députés sur 11 sont LREM, c’est l’occasion pour les partis historiques de commencer leur reconquête tant espérée.

     

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