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  • Dans le chaos politique français, la défense reste une priorité

    Dans le chaos politique français, la défense reste une priorité

    La démission de Sébastien Lecornu quelques heures après avoir présenté son gouvernement n’a pas ébranlé une certitude : quel que soit le prochain ministre des Armées, la recherche de milliards supplémentaires pour financer la défense reste au cœur des priorités de l’État.

    Le mandat de Sébastien Lecornu aura été le plus bref de la Ve République. Nommé Premier ministre le 9 septembre, il a remis sa démission ce lundi 6 octobre, après seulement 27 jours en fonction.

    Dans l’attente de la nomination d’un nouveau chef de gouvernement par Emmanuel Macron, les ministres en place continuent d’assurer l’intérim. C’est notamment le cas de Sébastien Lecornu, depuis que Bruno Le Maire a donné sa démission personnelle à l’ancien Premier ministre qui l’avait nommé à la Défense — un poste précédemment occupé par Sébastien Lecornu lui-même.

    Ministre de l’Économie de 2017 à 2024, Bruno Le Maire est le plus ancien ministre depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence en 2017. Sa reconversion à la tête du ministère des Armées témoigne d’une continuité stratégique dans un contexte politique incertain.

    « Dans les circonstances exceptionnelles que traverse la France,
    on ne se dérobe pas »

    Bruno Le Maire sur X après avoir été nommé dimanche 5 octobre.

    Bruno Le Maire et Sébastien Lecornu entretiennent une relation politique de longue date : le second fut l’assistant parlementaire du premier en 2007, avant de le suivre au secrétariat d’État aux Affaires européennes l’année suivante.

    Leur collaboration, inversée le temps d’un week-end, a toutefois pris fin dès le lundi matin, avec la démission express de Sébastien Lecornu.

    Bruno Le Maire (à gauche) et Sébastien Lecornu (à droite)
    Bruno Le Maire (à gauche) et Sébastien Lecornu (à droite). ©Getty Images/Antoine Gyori_Corbis

    Le casse-tête budgétaire de la Défense

    Au-delà des remaniements, un fait demeure : le ministère des Armées doit trouver de nouveaux financements massifs.

    En juillet, Emmanuel Macron avait annoncé que le pays allouerait 3,5 milliards d’euros supplémentaires à la défense en 2026, puis 3 milliards supplémentaires en 2027.

    Cette hausse, avait précisé le président, doit être financée par « plus d’activité et plus de production », et non par un nouvel endettement. Mais l’origine concrète des fonds reste floue.

    En juin, les alliés de l’OTAN ont convenu d’augmenter leurs dépenses de défense à 5 % du PIB national, dont 3,5 % pour les dépenses strictement militaires et 1,5 % pour les dépenses connexes (cybersécurité, infrastructures…). La France est loin d’atteindre cet objectif, avec une estimation de 2,05 % du PIB pour les dépenses strictement militaires en 2025, selon les données de l’Alliance.

    Le projet de loi de programmation militaire, qui visait déjà à augmenter les dépenses de défense jusqu’en 2030, sera révisé afin de respecter cet engagement.

    « Alors que nous avions prévu de doubler le budget d’ici 2030, nous allons le doubler d’ici à 2027. À cette fin, une actualisation de la loi de programmation militaire sera présentée à l’automne, qui prévoira l’effort que nous devrons porter jusqu’en 2027 sous ma responsabilité. Et j’en appelle à ce titre à la responsabilité nationale »

    Emmanuel Macron en juillet.

    La révision du projet de loi de programmation militaire implique la présentation d’un projet de loi à l’Assemblée pour approbation. Le Premier ministre doit présenter le projet de loi de finances pour 2026, qui devrait décrire comment le budget supplémentaire de la défense sera financé.

    Une chose est sûre, Sébastien Lecornu a voulu placer les enjeux budgétaires au cœur de la stratégie militaire française.

  • Démission du Premier Ministre : Les Français de l’étranger sans cap ?

    Démission du Premier Ministre : Les Français de l’étranger sans cap ?

    La situation politique en France impacte aussi nos expatriés. En effet, la démission du Premier Ministre, Sébastien Lecornu, laisse un pays avec un gouvernement de ministres démissionnaires. Or, dans la liste présentée dimanche 5 octobre par le secrétaire général de l’Élysée, le ministre délégué en charge de nos compatriotes hors de France, Laurent Saint-Martin, n’y figurait pas. Quelles sont dès lors les conséquences sur les dossiers en cours ? Et aujourd’hui, les Français de l’étranger sont-ils sans cap ?

    Un gouvernement de ministres démissionnaires

    Entre situation inédite, crise institutionnelle et paralysie des pouvoirs publics, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire le moment politique dans lequel se trouve actuellement la France. Quelques heures seulement après l’annonce de la composition de son gouvernement, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté, ce matin du 6 octobre, sa démission au président de la République Emmanuel Macron, qui l’a immédiatement acceptée.

    Les raisons de ce départ soudain du locataire de Matignon s’expliqueraient par plusieurs facteurs. Dès la publication de la liste des ministres, la plupart des formations politiques présentes à l’Assemblée nationale ont aussitôt menacé de déposer une motion de censure, sans même attendre le discours de politique générale prévu le mardi 7 octobre à l’Assemblée nationale. Une défiance qui rendrait, semble-t-il, toute gouvernance impossible et explique cette démission du Premier Ministre.

    Les Français de l’étranger sans ministre ?

    Or, cela n’est sans doute pas sans conséquence pour les 2,5 millions de Français établis hors de France. En effet, dans la nouvelle composition gouvernementale publiée hier au Journal officiel, le ministre délégué aux Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin n’y figure plus. Pourtant, jusqu’à cette nomination, il assurait, en tant que membre du gouvernement Bayrou démissionnaire, la continuité des dossiers pour nos expatriés.

    es dossiers concernant les Français de l'étranger
    es dossiers concernant les Français de l’étranger ne manquent pas @stockAdobe

    Et ce ne sont pas les chantiers qui manquent pour les Français de l’étranger : par exemple celui de la réforme de l’AEFE, du réseau des lycées français à l’étranger, dont la survie est engagée selon certains observateurs. L’avenir de la caisse des Français de l’étranger, (CFE) fait aussi actuellement l’objet de débats pour pérenniser ses activités. C’est un des sujets inclus dans les Assises de la protection sociale.

    Ministres démissionnaires : quel impact pour les expatriés ?

    D’ailleurs, à qui seront donc remises les conclusions de ces Assises ? Une conférence de consensus, prévue d’ici la fin de la semaine, devait clore près de sept mois de travaux (lancés en mars 2024) en hiérarchisant les priorités. Le rapport final, attendu pour le 15 octobre lors de la session plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), devait proposer des mesures concrètes sur les aides sociales les bourses scolaires, l’accès aux soins de santé. Mais qui recevra officiellement ces recommandations ?

    La démission de Sébastien Lecornu et la vacance du poste de ministre délégué compliquent donc la situation. Traditionnellement, les sessions plénières de l’AFE (qui réuniront 90 élus du 13 au 17 octobre à Paris) incluent un échange direct avec le gouvernement. Si les services de la DFAE (Direction des Français à l’étranger) seront bien présents, quels interlocuteurs politiques pourraient cependant répondre aux questions des élus représentants les expatriés ? Sans évoquer la rédaction d’un projet de loi spécifique pour les Français de l’étranger qui aurait dû faire l’objet d’un échange lors de cette plénière.

    Les élus de l'Assemblée des Français de l'étranger en session plénière
    Les élus de l’Assemblée des Français de l’étranger en session plénière

    Face à l’incertitude, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) cherche à apaiser les craintes des Français de l’étranger. « À l’heure actuelle, seul Jean-Noël Barrot est ministre démissionnaire au sein du MEAE. D’ici la composition d’un nouveau gouvernement, c’est donc bien à lui et son cabinet que les affaires courantes concernant les Français de l’étranger et donc l’Assemblée des Français de l’étranger sont confiées » peut-on lire dans un message envoyé aux élus.

    Mais cette continuité affichée suffira-t-elle pour répondre aux demandes concernant les 2,5 millions de Français qui vivent à l’étranger ? Les enjeux sont importants pour le quotidien des expatriés : éducation, santé, aides sociales, sécurité, fiscalité, … autant de dossiers inscrits à l’ordre du jour de la prochaine session de l’AFE (13-17 octobre). Ce sera dès lors l’opportunité de vérifier si, dans ces circonstances, les Français de l’étranger resteront, ou pas, sans cap ?

  • « La France, un bateau à la dérive » pour la presse internationale et les expatriés

    « La France, un bateau à la dérive » pour la presse internationale et les expatriés

    Alors que la France sombre dans une crise politique sans précédent, suite à la démission de Sébastien Lecornu, ce 06 octobre 2025, la presse internationale, comme les Français de l’étranger assiste médusée à cette situation. Tour d’horizon des réactions à travers le monde.

    « Une humiliation pour lui, pour la France et pour Emmanuel Macron »

    La démission éclair de Sébastien Lecornu, moins d’un mois après sa nomination, provoque de vives réactions à l’étranger. De Londres à Rome, la presse s’interroge sur la stabilité politique de la France et sur la capacité d’Emmanuel Macron à sortir de la crise.

    Chez notre voisin et « meilleur allié », la presse est sévère. “La crise en France s’aggrave de manière dramatique”, titre la Frankfurter Allgemeine Zeitung. La démission de Sébastien Lecornu, selon le quotidien conservateur allemand, cause un “désordre encore jamais vu depuis les débuts de la Ve République”, en 1958. À l’origine du chaos, l’arrivée de Bruno Le Maire, “ancien ministre de l’Économie et des Finances responsable de la politique budgétaire des dernières années”, au ministère des Armées. Une “double rupture de confiance” pour le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, à qui Sébastien Lecornu avait promis de ne pas nommer Bruno Le Maire. Un “affront” d’autant plus important pour le chef des Républicains qu’il avait “réussi à se maintenir au gouvernement malgré l’opposition” d’une partie de son camp.

    Dans une logique de rivalité entre Rome et Paris, très présente dans la presse de droite transalpine, Panorama évoque “une victoire” italienne, avant de conclure, cruel : “Les marchés à Paris dansent au rythme du Boléro. Profitons de ce moment.” Car, en effet, “pour la première fois, le rendement du BTP [les obligations d’État italiennes à dix ans] est passé en dessous de celui de son homologue français, l’OAT [obligations assimilables du Trésor]. Celui-ci a en effet atteint les 3,59 % contre 3,58 % pour le BTP italien. Traduction dans un jargon moins technique, poursuit le média milanais, aujourd’hui, l’Italie est plus fiable que la France aux yeux des investisseurs.”

    En Belgique, où le surréalisme fait partie de la culture politique, c’est aussi la consternation alors que son voisin, sombre « dans un chaos complet ». Le quotidien flamand De Standaard constate, railleur, que « la politique française est parvenue à renforcer la dose. » Renchérissant en déclarant que « La France erre depuis des mois comme un bateau à la dérive, et d’aucuns espéraient que le nouveau Premier ministre apporterait l’accalmie dans le pays. Ils avaient tort.

    Aux Pays-Bas, le NRC décrit une « crise politique qui s’aggrave ». « Le président Emmanuel Macron doit pour la cinquième fois en deux ans chercher un nouveau Premier ministre ». Le quotidien néerlandais explique que « l’absence de majorité pour adopter le budget 2026 » a rendu la position de Sébastien Lecornu intenable.

    Outre-manche, Le Telegraph adopte un ton plus sobre. La décision, « inattendue et inédite », selon le quotidien conservateur, « va plonger la France et son président cerné de toutes parts dans une énième crise politique ». Le journal rappelle qu’il s’agit du cinquième Premier ministre d’Emmanuel Macron depuis 2022 et prévient que ce départ « pourrait conduire à de nouvelles élections législatives ». Autre sujet d’inquiétude relevé : les marchés financiers, avec « de fortes tensions sur le marché obligataire français ».

    Extrait du site Le Telegraph (UK) - 06 octobre 2025
    Extrait du site Le Telegraph (UK) – 06 octobre 2025

    La valse des ministres et des taux

    En Suisse, le Temps résume la situation ainsi : « Emmanuel Macron a poussé le bouchon trop loin ». Alors qu’en Grèce, la situation politique de la France, partenaire diplomatique et économique privilégié, suscite des inquiétudes. “Emmanuel Macron va-t-il rester président jusqu’en 2027 ? La question revient avec insistance aujourd’hui, alors que la deuxième économie de la zone euro voit ses Premiers ministres partir prématurément, les uns après les autres, sous le regard d’un président visiblement affaibli”, s’inquiète I Kathimerini. Le quotidien de centre droit ne se montre pas tendre avec le président français, tenu responsable de l’impasse politique que traverse le pays. “Ce n’est probablement pas la faute des Premiers ministres qui ont échoué, puisqu’ils étaient différents les uns des autres. Si quelqu’un est à blâmer pour la situation actuelle, c’est bien le président qui choisit les Premiers ministres”, tance ainsi le journal grec.

    En Espagne, “la valse des Premiers ministres français […] ne démontre pas l’inaptitude des candidats à occuper le poste, mais l’impossibilité de gouverner la France dans sa configuration actuelle”, écrit l’éditorialiste Matías Vallés sur le site du journal régional espagnol El Periódico de Extremadura.

    Enfin, aux USA, la démission de Lecornu a “pris de court la nation”, écrit The New York Times. Un geste qui “a ébranlé les marchés”, décrit le journal de centre gauche, “alors que les investisseurs tentaient désespérément de tirer les conséquences de cette nouvelle incertitude pour la deuxième économie de l’Union européenne”. En conséquence, “l’indice boursier du CAC 40 a décroché de 2 %”, note le quotidien. “Le rendement des obligations [de l’État français] à dix ans a augmenté de neuf points de base pour atteindre 3,6 %. Une progression qui a fait grimper l’écart de taux français par rapport à la dette allemande – un indicateur clé du risque budgétaire – à plus de 89 points de base, soit le niveau le plus élevé depuis fin 2024”, ajoute le média économique Bloomberg. “Face à l’effondrement des obligations françaises, les investisseurs anticipaient une incertitude encore plus profonde”, jauge le journal américain.

    Les expatriés consternés

    Alors que le monde entier profite d’une nouvelle croissance, l’Europe est toujours en panne et en particulier notre pays. Les Français de l’étranger ont été surpris et surtout consternés du climat politique en France tandis que les conséquences négatives s’accumulent.

    De Hong-Kong, où on constate que « Nous sommes la risée du monde !!! » à la capitale européenne depuis laquelle notre confrère Jean Quatremer déclare que « la démission avant censure inéluctable de Sébastien Lecornu illustre parfaitement la totale déconnexion d’Emmanuel Macron avec le réel (pour rester poli) », le constat est unanime.

    Aux USA, la célèbre avocate franco-américaine, Margaret Wheatley, s’inquiète des conséquences financières de ces déambulations.

    Pas de surprise.
    La démission de Lecornu fait flamber le spread sur la dette française https://t.co/ONDEx2JYGh

    — Mafevema (MC Wheatley) (@mafevema) October 6, 2025

    D’autres, à la veille la semaine de l’Assemblée des Français de l’étranger (la semaine prochaine), s’interrogent sur les options possibles pour notre pays, comme Florian Bohême, élu au Cambodge et président des Assises sur la protection sociale des Français de l’étranger, qui, dans un langage cru, adapté, surement, à la situation, en appelle à la démission d’Emmanuel Macron.

    Ainsi que ce soit dans la presse ou parmi les Français de l’étranger, la situation française est perçue soit comme un drame soit comme une farce. Dans tous les cas, notre pays ne ressortira pas indemne de cette longue séquence. La suite se joue à l’Elysée, où le Président de la République devra faire preuve de courage, quelle que soit sa décision, pour relancer la France. 

  • Le cœur de Londres bat au rythme des associations françaises

    Le cœur de Londres bat au rythme des associations françaises

    Le samedi 4 octobre, le MPW Queen’s Gate House de Londres a accueilli une nouvelle édition du Salon des associations, organisé par la Fédération des Associations Françaises en Grande-Bretagne (FAFGB). L’événement a une fois de plus mis en lumière la diversité et la vitalité de la vie associative de nos compatriotes du Royaume-Uni, réunissant des dizaines d’acteurs engagés et un public venu en nombre. Lesfrançais.press était sur place.

    De très nombreux projets à la FAFGB

    Aujourd’hui La FAFGB regroupe près de 40 associations couvrant des domaines aussi variés que la culture, le sport, l’éducation, l’entraide, la santé, les échanges franco-britanniques ou la promotion des cultures régionales. Toutes avaient à cœur de présenter leurs projets et de rencontrer les Français installés à Londres et ailleurs dans le pays.

    Parmi elles, Londres Accueil se distingue comme un acteur historique. Présente depuis 40 ans, l’association accompagne les nouveaux arrivants dans leur intégration.

    Salon de la Fédération des Associations Françaises en Grande-Bretagne
    Salon de la Fédération des Associations Françaises en Grande-Bretagne

     « Notre cœur de mission est de favoriser les rencontres et le développement du réseau social », explique Florence Fusari, vice-présidente. Avec une soixantaine de bénévoles et son appartenance au réseau international Fiafe, Londres Accueil propose conférences, activités sportives, sorties culturelles et clubs thématiques.

    Les enfants à l’honneur de cette journée des associations françaises

    La transmission et l’apprentissage étaient également au centre de cette édition, avec Douce France, une structure dédiée aux enfants. « Le camp se déroule entièrement en français, et nous privilégions les activités créatives et sportives pour que les enfants découvrent la langue autrement », résume David, cofondateur. Ces colonies urbaines offrent une immersion linguistique ludique et artistique au cœur de Londres.

    Expatriés : se sentir chez soi

    D’autres associations élargissent leur action à l’accompagnement global des expatriés. C’est le cas d’Expat Village, fondé par Florence Chabert d’Hières.

    Salon de la Fédération des Associations Françaises Londres
    Elus des Français de l’étranger au cours du Salon de la Fédération des Associations Françaises Londres

    « Notre objectif est le bien-être des expatriés au Royaume-Uni », souligne-t-elle. Sa plateforme en ligne fédère de nombreux acteurs locaux – conseillers en gestion de patrimoine, psychologues, coachs interculturels – et facilite l’adaptation des familles comme des professionnels.

    Racines et traditions

    Certaines structures choisissent de mettre en avant leur ancrage régional. Avec La Corrèze en Partage, Julien, correspondant londonien, souhaite créer du lien entre les Corréziens dispersés aux quatre coins du monde. « Le but est de mettre en relation les Corréziens expatriés et de valoriser leur patrimoine », explique-t-il, enthousiaste. À Londres, l’association organise déjà des rencontres conviviales dans son « QG » de Southwark et prépare des événements culinaires et culturels pour renforcer cette identité partagée.

    Un rendez-vous fédérateur

    Au-delà des stands, les visiteurs ont pu profiter de dégustations, d’une tombola et d’échanges privilégiés avec le consulat, présent pour répondre aux questions administratives. Dans une atmosphère conviviale, les associations ont rappelé leur rôle essentiel : créer du lien, soutenir les familles et valoriser la culture française.

    Salon de la Fédération des Associations Françaises Londres
    Salon de la Fédération des Associations Françaises Londres

    Cet événement confirme ainsi son rôle de rendez-vous incontournable de la communauté française, entre engagement, solidarité et convivialité.

    Entre rires d’enfants, échanges et découvertes, le Salon des Associations est le souffle vivant de la communauté française au Royaume-Uni. Se rencontrer, partager, transmettre : voilà le vrai cœur de l’exil heureux. Qui peut encore douter que la vie associative française y bat plus fort que jamais ?

  • France ingouvernable ? Sébastien Lecornu démissionne

    France ingouvernable ? Sébastien Lecornu démissionne

    Sébastien Lecornu a démissionné le matin suivant l’annonce de son gouvernement, marqué par l’emprise d’Emmanuel Macron. Pour certains, c’est la démonstration que le Président de la République ne parvient pas à sortir de l’impasse, alors que la France s’embrase et que e modèle de la Ve république, lui, se consume.

    Le premier ministre le plus éphémère de la Vème

    Les nouveaux ministres n’auront même pas eu le temps de défaire leurs cartons. Moins de 24 heures après la formation laborieuse de son gouvernement, Sébastien Lecornu a présenté ce lundi sa démission à Emmanuel Macron qui l’a acceptée.

    Tout juste constituée, son équipe était déjà au bord de l’implosion : ulcérés par le retour surprise de Bruno Le Maire aux Armées, Bruno Retailleau et ses collègues LR reconduits menaçaient depuis dimanche soir d’en claquer la porte.

    Reçu ce matin pendant plus d’une heure à l’Élysée, le Normand a donc pris les devants. Promu à Matignon il y a seulement 27 jours, il devient le chef de gouvernement le plus éphémère de la Ve République.

    « On ne peut pas être Premier ministre
    quand les conditions ne sont pas remplies »

    Sébastien Lecornu, le 06 octobre 2025 sur le perron de Matignon

    Ce fidèle du chef de l’État pulvérise ainsi le record de Michel Barnier, resté en poste 99 jours – dont huit comme « démissionnaire ». Avec 26 jours passés sans gouvernement, Sébastien Lecornu avait déjà battu celui du plus long délai de nomination d’une équipe, détenu là encore par le négociateur du Brexit (17 jours).

    La France ingouvernable ?

    Aucune majorité parlementaire n’est ressortie des urnes en 2024, symptomatique d’une société de plus en plus fragmentée. La situation est même pire depuis les dernières élections faisant suite à la dissolution de l’Assemblée nationale : les quatre derniers Premiers ministres ne sont donc restés en poste que quelques mois (ou jours).

    Bayrou était déjà le septième à diriger un gouvernement minoritaire depuis le premier mandat d’Emmanuel Macron, toujours à la merci d’une motion de censure par l’opposition. Sébastien Lecornu, placé à Matignon, issu de la droite, hérite aussi de cette extrême instabilité et en subit frontalement les conséquences.

    De plus en plus d’observateurs s’interrogent sur la manière de faire fonctionner un gouvernement : la France semble s’entêter et s’empêtrer dans une vision d’un système majoritaire, sans vraie coalition réunissant des formations politiques opposées. Les oppositions s’en donnent d’ailleurs à cœur joie.

    Par exemple, la cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot, estime sur X que « le compte à rebours est lancé » et appelle Emmanuel Macron à « partir » s’inscrivant dans la ligne du parti, le leader de la France insoumise réclamant, lui aussi,  l’examen « immédiat » de la motion de destitution du chef de l’État.

    Même son de cloche à droite par la voix du maire de Cannes et vice-président des LR , David Lisnard, qui juge sur X que « l’intérêt de la France commande qu’Emmanuel Macron programme sa démission ».

    Du côté, du RN, Marine Le Pen, pourtant inéligible suite à la décision des juges dans l’affaire des assistants au parlement européen, appelle, elle, à simplement dissoudre l’Assemblée nationale.

    Le risque financier

    Les investisseurs, plongés dans le doute, s’interrogent sur les évolutions à venir, notamment sur une éventuelle nouvelle dissolution. La question de « timing » est désormais centrale, tandis que la réalité du budget et du déficit français reste préoccupante.

    Si rien n’oblige Emmanuel Macron à convoquer de nouvelles élections, mais le « Bourse » voit mal quelle autre solution il pourrait trouver à un désaveu si rapide. Le résultat d’élections anticipées étant impossible à prédire aujourd’hui, ceci ouvre une période de fortes incertitudes

    D’ailleurs sur la place de Paris, le Cac 40 creuse ses pertes. L’indice de référence perd 2% à 7.916 points vers 10h30. Les valeurs bancaires sont le plus en difficulté : Crédit Agricole, BNP Paribas et Société Générale perdent de 5% à 6,6%. La prime sur la dette française à dix ans par rapport à son homologue allemande, plus sûre, a atteint son plus haut niveau de l’année. Le rendement des obligations à dix ans grimpe à plus de 3,6 %, portant la prime exigée par les investisseurs pour détenir de la dette française à plus de 89 points de base. Une situation qui donnera encore moins de marge de manœuvre aux futurs dirigeants de la France.

    Quelles sont les prochaines étapes ?

    Démission du Président de la République, dissolution de l’Assemblée nationale, les hypothèses s’enchainent dans les QG des partis politiques français.

    Mais le seul qui a la réponse c’est Emmanuel Macron. Pourtant le Président de la République, ce 06 octobre à 11h, n’a toujours pas annoncé de prise de parole. Une situation intenable qui devrait évoluer dans la journée. Nous mettrons cet article à jour au fil de l’eau tout au long de cette journée.

  • Le solaire aux États-Unis : plus fort que Trump !

    Le solaire aux États-Unis : plus fort que Trump !

    À la tribune de l’ONU, Donald Trump a répété qu’à ses yeux le réchauffement climatique était « la plus grande arnaque jamais menée ». Au-delà de ces propos iconoclastes, il a engagé une offensive tous azimuts contre les énergies renouvelables. Dans son One Big Beautiful Bill Act (BBB), il a décidé de saper les incitations fiscales à l’éolien et au solaire. Déjà, plusieurs projets majeurs d’éolien offshore ont été annulés. Pourtant, cette année à Las Vegas, les 37 000 participants au salon RE+ (Renewable Energy Plus), le plus grand rassemblement professionnel nord-américain consacré aux énergies renouvelables et aux technologies associées, ont affiché un enthousiasme combatif. Dans son discours d’ouverture, Abigail Hopper, présidente de la Solar Energy Industries Association, organisatrice de l’événement, a reconnu que « les responsables politiques en place nous sont ouvertement hostiles », mais elle a assuré que si « le marché et les politiques publiques semblent en contradiction […] notre industrie ne reculera pas ».

    La bataille entre le marché et la politique est engagée

    À long terme, les gains spectaculaires d’efficacité du solaire et la chute continue de ses coûts pourraient assurer le succès de cette énergie indépendamment du contexte politique. Le court terme s’annonce également plus favorable qu’attendu. Les analystes prévoient en effet une forte hausse des investissements solaires aux États-Unis. Le cabinet Wood MacKenzie anticipe même un « Trump bump », une relance paradoxale. Brian Nelson, cadre du groupe européen ABB, qui investit 120 millions de dollars dans l’extension de deux usines américaines, affirme : « Nous anticipons une croissance continue du solaire. »

    L’Agence internationale de l’énergie (EIA) a estimé qu’au premier semestre 2025, 12 gigawatts (GW) de capacités solaires ont été mis en service aux États-Unis ; 21 GW supplémentaires devraient l’être d’ici la fin de l’année. Dans son dernier rapport publié le 9 septembre, l’EIA prévoit une croissance de 2,3 % de la production électrique américaine en 2025, et de 3 % en 2026, le solaire représentant la majeure partie de cette progression. Deux facteurs expliquent ce regain d’investissement. D’abord, une course contre la montre : les producteurs d’énergie s’empressent d’installer les infrastructures avant l’expiration des crédits d’impôt. Ensuite, la demande reste soutenue. Chris Seiple, de Wood MacKenzie, estime que les compagnies américaines d’électricité ont 17 GW de projets en construction et se sont engagées pour 99 GW supplémentaires, soit l’équivalent de 16 % de la demande actuelle. La montée en puissance de l’intelligence artificielle et des centres de données accentue encore les besoins en électricité. Dans ce contexte, le solaire, couplé à d’imposantes batteries de stockage, apparaît comme la solution privilégiée. La construction de centrales nucléaires demeure lente et coûteuse, tandis que les centrales à gaz à cycle combiné nécessitent de longues années de développement. Quant au charbon, il reste cher et polluant. L’innovation accompagne par ailleurs l’essor des énergies renouvelables. Lors du salon RE+, le groupe AES a présenté Maximo, un robot dopé à l’intelligence artificielle, capable d’assister les équipes dans l’installation de panneaux solaires à grande échelle. Le 3 septembre, une flotte de Maximos a été déployée pour la création d’un parc solaire en Californie destiné à fournir plus de 1 GW d’électricité propre à Amazon.

    Ivanpah, Tour de concentration des rayons solaires, Centrale d’électricité solaire, USA
    Ivanpah, Tour de concentration des rayons solaires, Centrale d’électricité solaire, USA © Business Wire

    Malgré un climat politique défavorable, l’industrie solaire américaine démontre une capacité de résilience remarquable. Les avancées technologiques, la dynamique des investissements et l’appétit insatiable de l’économie numérique pour l’électricité nourrissent une croissance que les décisions politiques, si hostiles soient-elles, semblent impuissantes à enrayer. La confrontation entre Washington DC et le marché pourrait, paradoxalement, accélérer encore la transition énergétique.

  • Les 18 premiers ministres du gouvernement Lecornu

    Les 18 premiers ministres du gouvernement Lecornu

    Sébastien Lecornu a officiellement succédé à François Bayrou lors de la passation de pouvoir, mercredi 10 septembre. « Apte aux compromis », le nouveau Premier ministre a désormais formé son gouvernement. Menacé de censure par la gauche et le Rassemblement national, Sébastien Lecornu est attendu mardi à l’Assemblée pour sa déclaration de politique générale. Il a annoncé ce dimanche 05 octobre au soir une partie de son gouvernement. 18 ministres qui devraient être rejoints par une seconde salve de nomination à la fin de la semaine qui s’ouvre. Pour les Français de l’étranger, on fait le tour de ceux qui vont diriger la France alors que notre Nation affronte de nombreux périls.

    Bruno Retailleau conserve la place beauvau

    Les parlementaires LR réunis dimanche après-midi se sont très largement exprimés en faveur du maintien de la participation des Républicains au gouvernement, confirme le parti de droite dans un communiqué.

    « Sans cette décision en effet, la formation du gouvernement serait impossible, ce qui aggraverait la crise institutionnelle et financière qui menace notre pays et ouvrirait la porte à une arrivée de la gauche au pouvoir »

    Communiqué de presse des LR.

    Si Bruno Retailleau conserve le ministère de l’Intérieur, il ne sera pas seul au gouvernement. Car s’il exigeait une feuille de route précise, il a aussi réclamé un tiers des postes du gouvernement pour la droite. Et c’est sur l’immigration que les exigences des Républicains furent les plus élevées : allongement de la durée de rétention et une politique des visas plus ferme.

    Le ministre de l’intérieur démissionnaire, Bruno Retailleau, à Paris, le 3 octobre 2025.
    Le ministre de l’intérieur démissionnaire, Bruno Retailleau, à Paris, le 3 octobre 2025. ©DIMITAR DILKOFF/AFP

    Gérald Darmanin, Garde des Sceaux

    Gérald Darmanin n’a jamais caché son son souhait de rester garde des Sceaux. Il veut finir sa mission soit au moins construire quatre nouvelles prisons de haute sécurité.

    Mais Gérald Darmanin a aussi appelé à « une inflexion sociale« , relevant « la détestation des élites et des politiques » « très importante ».

    Un poids lourd indispensable à la stabilité du gouvernement, mais qui se fera entendre quitte à faire de l’ombre au Premier ministre, Sébastien Lecornu.

    Gérald Darmanin à Amiens, mercredi 25 décembre 2024, pour sa première visite officielle en tant que ministre de la Justice.
    Gérald Darmanin à Amiens, mercredi 25 décembre 2024, pour sa première visite officielle en tant que ministre de la Justice. © FTV

    Bruno Le Maire en charge de la Défense

    L’ex-ministre de l’Économie Bruno Le Maire est nommé au ministère des Armées.

    Celui qui depuis un an, et sa sortie du gouvernement Attal, était devenu professeur à l’université des Lausanne (Suisse), a été discrètement approché ces derniers jours pour préparer ce grand retour. Deux rencontres en tête à tête avec Emmanuel Macron se sont même secrètement tenues à l’Élysée pour finaliser les conditions de ce come-back qui ne devrait pas manquer d’être commenté.

    « On risque de donner l’impression de vouloir faire du neuf avec du vieux. Le Maire a quand même déjà passé plus de sept dans différents gouvernements depuis 2017. Et puis, dans l’esprit de beaucoup de Français, et encore plus de nos adversaires, il est quand même comptable des dérives de nos finances publiques », s’inquiète déjà un conseiller de l’exécutif auprès du journal Le Parisien, se disant « très surpris » par cette nomination « que certains vont probablement prendre pour une provocation ».

    Bruno Le Maire a rendu les clés de son ministère, jeudi 12 septembre. IL a déjà prévu de se reconvertir dans l’éducation.
    Bruno Le Maire a rendu les clés de son ministère, jeudi 12 septembre. IL a déjà prévu de se reconvertir dans l’éducation. ©LUDOVIC MARIN / AFP

    Dati reste à la Culture

    Un point d’interrogation demeurait sur Rachida Dati : restera-t-elle ministre de la Culture alors qu’elle brigue la mairie de Paris en mars et sera jugée pour corruption dans moins d’un an ?

    Finalement, Sébastien Lecornu a décidé de conserver dans son équipe la candidate qui réunit le parti présidentiel et les LR à Paris. Un liant supplémentaire pour un gouvernement qui dépend fortement du soutien des LR.

    La Ministre de la Culture, 31 janvier 2024, au discours de politique générale de Gabriel Attal
    La Ministre de la Culture, 31 janvier 2024, au discours de politique générale de Gabriel Attal ©AFP – Miguel MEDINA

    Woerth à l’aménagement du territoire

    Autre figure de droite, Éric Woerth, relaxé dans l’affaire libyenne de Nicolas Sarkozy, arrive à l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, en remplacement de l’ancien socialiste François Rebsamen. Il récupère également le portefeuille du Logement.

    En 2007, Éric Woerth, ici en 2023, était le trésorier de la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy.
    En 2007, Éric Woerth, ici en 2023, était le trésorier de la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy. ©LP/Arnaud Journois

    Quid des Français de l’étranger ?

    Malheureusement, le gouvernement Lecornu ne fait pas des Français de l’étranger une priorité. Laurent Saint-Martin reste donc en place comme ministre démissionnaire jusqu’à la fin de la semaine à venir et l’annonce des personnalités qui prendront en charge les nombreux portefeuilles en souffrance.

    Laurent Saint Martin
    Laurent Saint Martin © Wikicommons

    Quel avenir pour ce gouvernement ?

    Le Premier ministre, qui prononcera son discours de politique générale mardi 7 octobre à 15h, devra sans doute faire face à plusieurs initiatives du PS, des Écologistes et de LFI.

    S’il n’a pas prévu de solliciter un vote de confiance de l’Assemblée, n’ayant aucune chance de l’emporter compte tenu de la configuration de l’hémicycle, Sébastien Lecornu sera tout de même la cible de plusieurs motions de censure.

    La première devrait être déposée par La France insoumise. Le groupe présidé par Mathilde Panot a annoncé son souhait depuis plusieurs jours d’en finir le plus vite possible avec le troisième Premier ministre nommé par Emmanuel Macron depuis la dissolution. « Il ne changera ni de politique, ni les membres de son gouvernement minoritaire depuis 2024 et encore moins son ministre de l’Intérieur qui parle de “Français de papier” », a exprimé le député LFI et président de la commission des Finances Éric Coquerel sur franceinfo. Le coordinateur du mouvement Manuel Bompard révèle, lui, avoir « proposé aux députés écologistes, communistes et même socialistes de cosigner » cette motion de censure. « Pour l’instant, nous n’avons pas eu de réponse » du PS, regrette-t-il.

    Mais d’autres initiatives pourraient s’ajouter à celle des insoumis. D’abord les socialistes, qui semblent de plus en plus accréditer l’idée qu’ils censureront Sébastien Lecornu« Nous nous dirigeons tout droit vers la censure », a exprimé le Premier secrétaire du PS Olivier Faure ce 5 octobre dans le Parisien. Lui embrayant le pas, la numéro 2 du PS et maire de Nantes Johanna Roland ne voit pas comment le Premier ministre pourrait échapper à la censure, bien qu’elle lui laisse « jusqu’à mardi pour amener des choses ». Sinon « les socialistes prendront leurs responsabilités », a-t-elle prévenu sur France 3. Comprendre : ils pourront déposer leur propre motion de censure.

    Une rivalité semble donc s’engager entre socialistes et insoumis sur la question de la paternité de la motion de censure. En jeu : la capacité à engranger le maximum de voix (dont celles du RN) pour faire tomber Sébastien Lecornu.

    Éric Coquerel et Olivier Faure en 2024 à la sortie d'une réunion électorale
    Éric Coquerel et Olivier Faure en 2024 à la sortie d’une réunion électorale ©AFP

    Cherchant à conforter son rôle de trait d’union, à bonne distance entre le PS et LFI, Marine Tondelier a révélé sur BFMTV que les Verts pourraient déposer eux aussi une motion de censure qui contenterait tout le monde. Elle dit avoir « pris contact avec tous les groupes pour être l’auteur d’une motion de censure unitaire, fédérative, parce qu’on ne voit pas trop quoi faire d’autre en réalité ». « Aucune voix ne doit manquer », ajoute-t-elle. La secrétaire nationale des Écologistes assure ne « pas voir d’autre chemin que la censure ».

    Rien, dans ce qu’a pour l’instant indiqué le Premier ministre, ne constitue « un début de commencement d’argument pour convaincre ne serait-ce qu’un député écologiste du groupe de voter autre chose que la censure ». La gauche est donc dans les starting-blocks pour réserver une semaine de tous les dangers à Sébastien Lecornu.

    Les 18 ministres nommés ce 05 octobre 2025

    • Élisabeth Borne, ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
    • Manuel Valls, ministre d’État, ministre des Outre-mer
    • Gérald Darmanin, ministre d’État, garde des Sceaux, ministre de la Justice
    • Bruno Retailleau, ministre d’État, ministre de l’Intérieur
    • Bruno Le Maire, ministre d’État, ministre des Armées et des Anciens combattants
    • Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
    • Rachida Dati, ministre de la Culture
    • Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et énergétique
    • Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères
    • Éric Woerth, ministre de l’Aménagement du territoire, de la Décentralisation et du Logement
    • Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche
    • Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
    • Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics
    • Naïma Moutchou, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, de l’Intelligence artificielle et du Numérique
    • Philippe Tabarot, ministre des Transports
    • Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative
    • Aurore Bergé, ministre déléguée, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, porte-parole du Gouvernement
    • Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement
  • Au Quai d’Orsay, la continuité face à un monde en tension

    Au Quai d’Orsay, la continuité face à un monde en tension

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu a choisi de reconduire, ce 5 octobre 2025, le ministre MoDEM, Jean-Noël Barrot aux Affaires étrangères. Tandis que Laurent Saint-Martin ne connait toujours pas son sort, le portefeuille des Français de l’étranger sera traité au cours de la seconde salve de ministres qui devrait être révélée après le discours de Politique générale.  Concernant, la prolongation de Jean-Noël Barrot, c’est une décision qui s’inscrit dans la volonté affichée de ne pas bouleverser les équilibres de l’exécutif, notamment sur les fonctions régaliennes, alors que la France traverse une période de tensions géopolitiques et de défis économiques.

    Qui est le patron du Quai d’Orsay ?

    Jean-Noël Barrot, membre historique du MoDem, incarne une ligne centristre et pro-européenne, alignée sur la stratégie d’Emmanuel Macron. Sa reconduction confirme l’importance accordée à la diplomatie dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, les tensions en Méditerranée, et la montée des populismes en Europe.

    Quel bilan pour Jean-Noël Barrot ?

    Depuis sa nomination comme ministre des Affaires étrangères en 2024, Jean-Noël Barrot a incarné une diplomatie résolument alignée sur les priorités d’Emmanuel Macron, sans toujours parvenir à s’en démarquer. Membre historique du MoDem, il a apporté une touche centristre et pro-européenne à la politique étrangère française, mais son action a souvent été perçue comme celle d’un exécutant plutôt que d’un stratège autonome. Dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, les tensions en Afrique et la recomposition des alliances internationales, son bilan reste contrasté, entre fidélité à l’Élysée et manque de visibilité.

    Un ministre dans l’ombre du président ?

    Jean-Noël Barrot a hérité d’un portefeuille ministériel traditionnellement dominé par l’Élysée, où Emmanuel Macron a toujours joué un rôle central dans les grandes orientations diplomatiques. Contrairement à ses prédécesseurs, comme Laurent Fabius ou Jean-Yves Le Drian, qui avaient su imposer leur style, Jean-Noël Barrot a peiné à se forger une identité propre. « Il a été un ministre de l’exécution, plus que de l’initiative », résumait en 2024 un diplomate sous couvert d’anonymat dans Le Monde. Cette subordination s’explique en partie par la centralisation du pouvoir sous Macron, mais aussi par le profil même de Jean-Noël Barrot : technocrate compétent, mais peu enclin aux coups d’éclat médiatiques.

    Pourtant, son alignement sur la doctrine macronienne a permis une certaine cohérence, notamment sur des dossiers comme l’autonomie stratégique européenne et le pacte migratoire européen.

    Malgré ses qualités de négociateur, Jean-Noël Barrot a été critiqué pour son manque de réactivité sur certains dossiers brûlants. Par exemple, lors de la crise entre la France et l’Italie en 2024, après le refus de Rome d’accueillir des migrants secourus par des ONG françaises, sa réponse a été jugée trop timorée par une partie de la classe politique. « Jean-Noël Barrot a laissé filer l’initiative à l’Élysée, alors qu’il aurait dû prendre les devants », estimait Libération en mars 2024. Cette réticence à s’affirmer a nourri l’image d’un ministre effacé, d’autant plus que Macron n’a pas hésité à le court-circuiter en s’exprimant directement sur des sujets sensibles, comme les relations avec la Russie ou la Chine.

    Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et le président français Emmanuel Macron avant une conférence de presse, à Paris, le 24 octobre 2024
    Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et le président français Emmanuel Macron avant une conférence de presse, à Paris, le 24 octobre 2024. © Sipa Press

    Un retrait chaotique du Sahel

    Pour les Français de l’étranger, le désengagement militaire français au Mali et au Niger, acté en 2023, a été l’un des dossiers les plus importants. Sous la direction de Jean-Noël Barrot, la diplomatie française a tenté de recentrer son action sur le Golfe de Guinée, mais les résultats sont mitigés.

    Comme, avec le maintien des juntes au pouvoir à Bamako et Niamey. Qui se sont tournées vers la Russie, via le groupe Wagner, tandis que la France peignait à consolider de nouveaux partenariats (Côte d’Ivoire, Sénégal). Tandis, que les contrats miniers et énergétiques signés avec des pays comme le Gabon ou le Cameroun n’ont pas compensé le recul stratégique dans la région.

    Une cinquantaine de militaires avait participé à l'opération d’évacuation des ressortissants français bloqués au Niger, début août
    Une cinquantaine de militaires avait participé à l’opération d’évacuation des ressortissants français bloqués au Niger, début août. ©Etat major des armées

    Redonner à la France une voix audible

    Ainsi, la reconduction de Jean-Noël Barrot symbolise un choix de continuité, mais aussi une fuite en avant face à des défis structurels. Pour le ministre des Affaires étrangères, l’enjeu sera de redonner à la France une voix audible dans un concert international dominé par les États-Unis et la Chine.

  • Roland Lescure, un macroniste transatlantique, nouveau ministre de l’Économie !

    Roland Lescure, un macroniste transatlantique, nouveau ministre de l’Économie !

    Ce 5 octobre 2025, Sébastien Lecornu a révélé son gouvernement, officialisant la nomination de Roland Lescure au ministère de l’Économie. Un choix qui marque un tournant dans la stratégie économique du gouvernement. Ancien banquier, député des Français de l’étranger et ministre de l’Industrie sous Élisabeth Borne, ce Franco-Québécois (premier vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), l’un des plus importants fonds de pension d’Amérique du Nord dont il supervise 80 % de l’activité) incarne une synthèse rare : un profil à la fois technocrate et politique, ancré dans les réalités des expatriés et les enjeux industriels français. Son parcours, jalonné d’engagements en faveur de la compétitivité et de l’innovation, en fait un acteur clé pour affronter les crises économiques actuelles – inflation persistante, désindustrialisation, transition écologique – dans un contexte de tensions budgétaires et de montée des extrêmes.

    Paris, Montréal et Londres

    Roland Lescure incarne une trajectoire à la fois franco-québécoise, technocratique et politique, façonnée par un héritage familial bilingue, une carrière internationale dans la finance et une adhésion précoce au macronisme. Son profil atypique, entre Amérique du Nord et Europe, en fait une figure clé pour comprendre les enjeux économiques contemporains de la France. Retour sur les étapes qui ont forgé sa vision.

    Une jeunesse entre Paris et Montréal

    Né le 15 juin 1966 à Paris, Roland Lescure grandit dans un environnement marqué par deux cultures. Son père, professeur d’université, enseigne à Montréal dans les années 1970, offrant à son fils une immersion précoce dans le monde anglo-saxon et une sensibilité aux dynamiques transatlantiques. Cette double appartenance expliquera plus tard son engagement pour les Français de l’étranger et sa défense des accords commerciaux entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

    « Mon attachement au Québec est viscéral. J’y ai appris que l’économie
    n’est pas une idéologie, mais un outil au service des citoyens »

    Roland Lescure en 2017 au journal La Presse.

    Puis, jeune adulte, Roland Lescure suit un parcours académique « élitiste », typique des hauts fonctionnaires français, mais avec une ouverture internationale rare. La conclusion de sa formation fut l’École polytechnique, où il côtoie les futurs cadres de l’État.

    « L’ENA m’a appris à concilier rigueur administrative
    et audace économique »

    Roland Lescure en 2022 aux Échos.

    Ce parcours en fait un hybride, à la fois haut fonctionnaire et homme de terrain, capable de naviguer entre les arcanes de Bercy et les salles de marché de Londres.

    De la Banque mondiale à la Cité de Londres

    Contrairement à beaucoup de ses camarades de promotion, Roland Lescure ne choisit pas immédiatement la fonction publique. Il opte pour une carrière dans la finance internationale, où il acquiert une expertise reconnue en gestion des risques et investissements stratégiques.

    Roland Lescure a commencé sa carrière à Bercy, notamment au moment de la création de l’euro, puis l’INSEE. En 2005, il devient Directeur général adjoint de Natixis, il supervise les activités de marché et de financement des entreprises. Il fut d’ailleurs un acteur de premier dans la restructuration des actifs toxiques de la banque, conséquence de la crise de 2008.

    Puis il traverse l’Atlantique pour le Canada où il est, de 2009 à 2017, premier vice-président et chef des placements de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

    Une expérience qui renforce sa réputation de gestionnaire de crise.

    « Les banques ne sont pas des ennemis de l’économie réelle, mais des partenaires – à condition qu’elles soient bien régulées »

    Roland Lescure lors d’un débat en anglais sur Bloomberg en 2015.

    Naviguant entre les bureaux parisiens et ceux de Londres, il se lie aux milieux financiers anglo-saxons, un atout qu’il utilisa, plus tard, pour attirer des investissements en France par la suite. Si ce passage dans la finance lui vaut des critiques (notamment à gauche, qui lui reproche sa proximité avec les « goldens boys »), il lui donne aussi une crédibilité auprès des acteurs économiques.

    La rencontre avec Emmanuel Macron : l’engagement politique

    C’est en 2016 que Roland Lescure bascule en politique. Séduit par le projet d’Emmanuel Macron, qu’il rencontre via des cercles libéraux (Institut Montaigne, Le Siècle), il voit en lui un réformateur capable de moderniser la France sans tomber dans le dogmatisme.

    Emmanuel Macron et Roland Lescure le 08 juin 2018
    Emmanuel Macron et Roland Lescure le 08 juin 2018 © francequebec.fr

    Victoire écrasante en 2017

    Suite à l’élection d’Emmanuel Macron, Roland Lescure se présente dans la première circonscription des Français de l’étranger, soit les expatriés résidant aux USA et au Canada. Dans cette circonscription de 150 000 électeurs, traditionnellement de droite, il bat le candidat Les Républicains, Frédérique Lefebvre.

    En plus de l’effet Macron, il a tenu campagne avec convictions. Misant sur son double ancrage (France/Amérique du Nord) et son expertise économique, promettant de défendre les entrepreneurs expatriés et les étudiants français à l’étranger, il l’emporte avec près de 80% des voix. 

    A l’Assemblée nationale, il fut relativement actif, portant en 2019 la création d’un guichet unique numérique pour les démarches fiscales, salué par les associations comme Français du Monde. Mais la portée en fut réduite après l’édulcoration en commission avec le Sénat. Pendant la Covid-19, il fut aussi mobilisé tant pour l’extension du chômage partiel aux Français travaillant pour des entreprises françaises à l’étranger mais aussi pour un retour des capacités de circuler entre les deux rives de l’Atlantique.

    Lors des différents budgets, Il a défendu, avec d’autres, un plan de soutien aux lycées français à l’étranger, avec une enveloppe supplémentaire de 50 millions d’euros pour moderniser les infrastructures en 2022. Mais c’est surtout son rapport intitulé « Pour une France plus attractive : lever les freins à l’installation des talents étrangers » qui a retenu l’attention. Il y défendait des Propositions phares comme la simplification des visas pour les travailleurs qualifiés (inspiré du modèle canadien) ou le crédit d’impôt recherche étendu aux entreprises recrutant des anciens expatriés. Certaines dispositions ont été retenues amenant à un vrai résultat selon Business France qui note que le nombre de startups créées par des Français revenus de l’étranger a augmenté de 20% entre 2018 et 2021.

    En 2022, il fut réélu sans problème.

    Roland Lescure à l'Assemblée nationale en 2020
    Roland Lescure à l’Assemblée nationale en 2020 ©AFP

    La reconquête industrielle, entre ambitions et désillusions

    Le 4 juillet 2022, il est nommé ministre délégué chargé de l’Industrie dans le gouvernement Élisabeth Borne et en février 2024 il voit son portefeuille s’élargir à l’énergie au sein du gouvernement Gabriel Attal.

    La feuille de route de Roland Lescure était dense : accélérer la réindustrialisation par la décarbonation « partout et pour tous », œuvrer pour la souveraineté industrielle via des relocalisations, rendre l’industrie plus attractive auprès des jeunes et s’occuper des entreprises en difficulté. Il avait aussi la charge de la transition énergétique des 50 sites les plus émetteurs de CO2 installés en France, après en avoir établi la liste avec ses équipes.

    A la fin de son ministère, le ministre a engrangé des résultats, avec plusieurs sauvetages à son actif. Tel celui du laboratoire Carelide, à Mouvaux dans le Nord : le dernier fabricant français de poches de perfusion qui est repris par le groupe Aguettant-Delpharm en février 2023, avec le soutien de l’État (25 millions d’euros), ce qui permet de sauver 400 emplois. Ou encore les verriers Arc et Duralex, durement affectés par la hausse des prix de l’énergie. Mais il n’y a pas de miracle : « Toutes les entreprises ne peuvent être sauvées ou nationalisées, comme le demandent certains syndicats », relevait Roland Lescure au Figaro en 2024.

    Roland Lescure a ausi co-piloté avec Bruno Le Maire, le volet industriel de France 2030 vise à faire de la France un leader dans les semi-conducteurs (usine STMicroelectronics à Crolles), le nucléaire (petits réacteurs modulaires, en partenariat avec EDF) ou les biotechnologies (sanofis et BioNTech).

     « Libéral » en matière économique, il estime que le rôle de l’État n’est pas de gérer les entreprises mais d’apporter son soutien, aux côtés des actionnaires privés, notamment par la commande publique.

    Roland Lescure, ministre de l’Industrie en mars 2023 ©Agorapresse

    Affaires et polémiques

    Mais il fut aussi la cible de Mediapart qui dénonçait la conservation des actions dans des fonds liés à Natixis jusqu’en 2021, alors qu’il était député.  Il fut aussi lourdement critiqué pour ne pas avoir anticipé les pénuries de semi-conducteurs de 2021-2022.

    En 2024, Roland Lescure quitte le ministère de l’Industrie avec des succès remarqués (relance des investissements, loi Industrie verte) mais aussi des zones d’ombre. Cependant son passage à l’Industrie a montré ses qualités de gestionnaire, mais aussi ses limites politiques. Une expérience qui pèsera lourd à Bercy, où il devra désormais concilier croissance, justice sociale et transition écologique

    Les défis à Bercy en 2025

    Le 5 octobre 2025, Roland Lescure prend, donc, les rênes de Bercy dans un contexte économique explosif : inflation persistante, dette abyssale, concurrence américaine et chinoise, et montée des tensions sociales. Après son passage à l’Industrie, il hérite d’un ministère clé, mais aussi d’une équation impossible : relancer la croissance sans alourdir la dette, tout en répondant aux attentes des Français et des marchés. Car il hérite d’une économie française fragilisée par des années de crises successives : pandémie, guerre en Ukraine, tensions géopolitiques et transition écologique mal maîtrisée. Les indicateurs sont au rouge, et les marges de manœuvre, étroites. Trois bombes à retardement menacent son ministère et la France : la dette, l’inflation et la désindustrialisation.

    La dette publique : un fardeau historique

    Avec 112 % du PIB en 2025, soit 2 800 milliards d’euros, la dette publique française atteint un niveau historique, plaçant Roland Lescure face à un dilemme immédiat : réduire les dépenses sans étouffer la croissance, ou risquer une crise de confiance des marchés et de Bruxelles. Une équation d’autant plus complexe que les marges de manœuvre se rétrécissent, tandis que les attentes – sociales, économiques et européennes – n’ont jamais été aussi fortes.

    L’inflation : la spirale infernale qui étouffe les Français

    En octobre 2025, l’inflation reste l’ennemi public numéro un pour Roland Lescure. Avec un taux de 3,5 % – bien au-dessus de la cible de la BCE (2 %) –, la hausse des prix érode le pouvoir d’achat, alimente la colère sociale et complique la relance économique. Contrairement aux espoirs de 2023-2024, l’inflation ne redescend pas, piégée par un cocktail explosif : salaires en hausse, prix de l’énergie volatils et tensions géopolitiques.


    Pays Taux d’inflation (2025) Stratégie Résultats
    Allemagne 2,1 % Modération salariale + énergies vertes. Croissance stable, mais risque de récession.
    Espagne 2,8 % Bouclier social ciblé. Baisse du chômage (12 % → 8 %).
    États-Unis 3,2 % Hausse agressive des taux (FED). Ralentissement économique, mais inflation maîtrisée.

    La désindustrialisation : la France peut-elle encore produire ?

    En 2025, la France ne pèse plus que 10 % de son PIB en industrie, contre 25 % en 1980. Pendant que l’Allemagne, la Chine et les États-Unis réindustrialisent à marche forcée, la France détricote son tissu productif, dépendante à 90 % des importations pour ses semi-conducteurs, 80 % pour ses médicaments, et 60 % pour ses équipements énergétiques. Pour Roland Lescure, ministre de l’Économie, relancer l’industrie n’est plus une option, mais une urgence vitale.


    Pays Part de l’industrie (PIB) Dépense en R&D (% PIB) Solde commercial industriel
    France 10 % 2,2 % -120 Md€ (déficit)
    Allemagne 15 % 3,1 % +250 Md€ (excédent)
    Chine 28 % 2,4 % +500 Md€

    Les batailles politiques : Roland Lescure en première ligne

    Roland Lescure devra, aussi, affronter une opposition politique féroce, des syndicats mobilisés et des partenaires européens méfiants. Entre réformes impopulaires, négociations tendues et risque de blocage institutionnel, son poste au sein du gouvernement Lecornu, s’annonce comme un parcours du combattant

    En effet, Roland Lescure devra composer avec une Assemblée nationale fragmentée, où aucune majorité absolue ne se dessine. Chaque réforme sera débattue, amendée, voire rejetée. Sans oublier, la rue, qui est en France, a une capacité de blocage inédite pour un pays démocratique.

  • Initiatives Expats avec Épelle-moi : entre orthographe et cinéma

    Initiatives Expats avec Épelle-moi : entre orthographe et cinéma

    Destination l’Afrique du Sud avec ce nouvel épisode d’ « Initiatives Expats ». De Londres à Johannesburg, le parcours inspirant de Muriel Huet, fondatrice d’Épelle-moi. Notre compatriote a notamment créé une association qui fait rimer langue française et plaisir. Elle évoque aussi une de ses autres passions, le cinéma. Au cours de ce podcast, cette activiste de l’éducation nous transmet son énergie entre 7eme art et orthographe. Moteur, ça tourne !

    Écouter le podcast avec Muriel Huet

    L’Afrique du Sud « un coup de cœur »

    Avant de rejoindre l’Afrique du Sud, Muriel Huet a d’abord vécu en Allemagne puis en Angleterre. Ayant découvert son « amour pour l’enseignement », elle a occupé plusieurs postes dans ce domaine dans ces deux pays de résidence. Puis, elle « décide de tout quitter et de faire un tour du monde pour découvrir les écoles et les systèmes éducatifs dans des pays différents. »

    « L’Afrique du Sud est un pays ultra complexe, mais avec une énergie captivante, une énergie qui est unique »

    Muriel Huet, directrice d’Épelle-moi, Afrique du Sud

    Elle vend alors ce qu’elle possède à Londres et parcourt « quinze pays en un an ». Elle fait de multiples rencontres, et lors de son passage en Afrique du Sud, c’est le « gros coup de cœur » nous confie-t-elle. « C’est un pays ultra complexe, mais avec une énergie captivante, une énergie qui est unique » nous partage-t-elle également.

    Épelle-moi : une association dynamique en Afrique du Sud

    Véritable activiste de l’Éducation, notre invitée fonde en 2019 l’association « Épelle-moi » après une rencontre avec Roger Dickinson, actif dans les programmes de développement en Afrique (a Better Africa). Elle y organise des concours d’épellation en français et souhaite « donner le goût à la lecture aux enfants ». C’est aussi l’occasion de mélanger diverses communautés et de lutter contre la xénophobie.

    Remise de diplômes de l'association Epelle moi en Afrique du Sud
    Remise de diplômes de l’association Epelle moi en Afrique du Sud

    Un des moments forts de l’association sera l’organisation de son initiative Sport et Langue : L’Initiative Épelle-Moi pour les Écoles Françaises . « Il n’y a rien de mieux que le sport pour créer une cohésion entre les enfants » souligne-t-elle, tout en décrivant la programmation de cet événement. Cette journée se tiendra le 14 mars 2026 et réunira plus de 200 enfants.

    Le cinéma : un autre regard sur l’Afrique

    Autre passion de notre compatriote, le cinéma. À travers l’association CINEMA take, le 7e art occupe une place centrale dans sa vie, et vous découvrirez pourquoi en écoutant ce podcast. Avec une équipe de passionnés, elle met en lumière les films africains francophones, organise des projections et soutient la création de courts-métrages : deux ont d’ailleurs été réalisés, notamment avec des jeunes des townships, et sont actuellement projetés.

    Le STAFE : un soutien de la France aux associations

    Pour mener à bien ces projets, Muriel Huet a fait appel au STAFE, un dispositif de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger.  Pour elle, cette aide est « vraiment un fonds qui aide des gens comme (moi), expatriée française qui travaille à l’étranger ».

    « Le STAFE fait plutôt partie des dossiers assez simples à comprendre »

    Muriel Huet, directrice d’Épelle-moi, Afrique du Sud

    Le montage des dossiers auprès des consulats est-il facile durant la campagne ouverte pour le dépôt ? Pour notre invitée, « le STAFE fait plutôt partie des dossiers assez simples à comprendre». Ajoutant : « ce fonds STAFE m’a aidée à me rapprocher avec la communauté française ».

    L’association « Epelle-moi » organise diverses activités autour de la langue française en Afrique du sud

    Pour conclure cet épisode d’Initiatives Expats, nous avons demandé à Murielle Huet ce qu’il faut savoir avant de venir en Afrique du Sud et donc quels conseils donnerait-elle aux Françaises et Français qui souhaitent s’y installer ? Pour elle, « c’est un pays très complexe, mais qui vaut le coup d’être découvert à fond. » Et d’ajouter, avec son énergie communicative : « Il faut un peu baisser la garde en Afrique du Sud. On va désapprendre des choses, et on va en apprendre encore plus. » 

    Avec Épellemoi et CINEMA Take, vous découvrirez deux « Initiatives d’expats » qui bâtissent des ponts entre 7e art et langue française. Un épisode à ne pas manquer, qui donne de l’élan… et sans doute l’envie de partir à la découverte de l’Afrique du Sud.


    Toutes les informations sur Épelle-moi ici

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