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  • Pas de dissolution et un nouveau gouvernement dans les 48h

    Pas de dissolution et un nouveau gouvernement dans les 48h

    Le Premier ministre démissionnaire Sébastien Lecornu a déclaré ce mercredi soir que la future équipe gouvernementale, « quelle qu’elle soit« , devrait être « complètement déconnectée des ambitions présidentielles pour 2027« . Actant son départ, il est aussi revenu longuement sur la séquence qui a balayé la France ces derniers jours. On fait le point pour les Français de l’étranger.

    Budget et réformes

    Annonçant la nomination d’un nouveau Premier ministre par Emmanuel Macron dans les prochaines 48h, Sébastien Lecornu a indiqué qu’un budget sera présenté lundi. Tout en précisant immédiatement qu’« il ne sera pas parfait par définition ».

    « Toutes les forces politiques qui sont venues me voir, hors LFI et le RN,
    m’ont dit qu’il serait trop dangereux de ne pas avoir de budget avant
    le 31 décembre »

    Sébastien Lecornu, Premier ministre démissionaire

    Car « un des dossiers les plus bloquants, les plus difficiles », c’est le financement des retraites et celui-ci n’a pas disparu au gré des injonctions de la gauche. D’ailleurs, au 20 Heures de France 2, Sébastien Lecornu a reconnu qu’il y avait « plusieurs problèmes à régler sur le dossier de la réforme des retraites« . Ne donnant ainsi aucune information sur les propositions de suspension de réforme qui ont émergé depuis la sortie d’Elisabeth Borne.

    Cependant, le Premier ministre démissionnaire a déclaré qu’« il faudra trouver un chemin pour que le débat ait lieu sur la réforme des retraites ». Pour lui,  « déjà, il y a ceux qui demandent la suspension, il y a ceux qui sont opposés et c’est ceux qui sont opposés uniquement en disant “attention au financement“ ». Mais, il a, tout de même, révélé qu’une suspension de cette réforme, demandée par une grande partie de la gauche, coûterait « pas moins de trois milliards d’euros » en 2027, et bien plus au fil des ans.

    Démission de Sébastien Lecornu
    Après la démission de Sébastien Lecornu, la France privée de budget en 2026 ? © Eliot Blondet

    La perspective d’une dissolution s’éloigne

    En mettant fin au suspense dès le début de l’interview menée par Léa Salamé (enrouée et qui a tout de même réussi à se faire entendre), Sébastien Lecornu a déclaré qu’après les consultations, il se dégage « une majorité absolue à l’Assemblée nationale qui refuse la dissolution et pas uniquement parce qu’il y aurait la peur de retourner aux urnes comme on a pu l’entendre ». Selon M. Lecornu, « on a après plusieurs sous blocs, on a une majorité très relative de plusieurs formations politiques qui, au fond, sont prêtes à s’accorder sur un budget commun ».

    Avant d’ajouter qu’il sent « que le chemin est possible encore. Il est difficile, et j’ai dit au président de la République que les perspectives de dissolution s’éloignaient, et que je pense que la situation permet pour le président de nommer un premier ministre dans les quarante-huit prochaines heures ».

    Législatives 2024
    Législatives 2024 : Découvrez l’évolution de la composition de l’assemblée nationale © Juliette Bonnin / AFP

    Et pour ceux qui rêvaient d’une présidentielle anticipée, Sébastien Lecornu a été clair, pour lui, « en tant que toujours ministre en charge des armées, je peux vous témoigner que ce n’est pas le moment de changer de président de la République ». Remettant la France, et peut-être les Français, face à la réalité du monde que nos compatriotes semblent ignorer.

    Les opposants se déchaînent

    Dès la fin de la prise de parole de Sébastien Lecornu sur France 2, les premières réactions : Mathilde Panot, présidente du groupe de La France insoumise à l’Assemblée estime que « le comique de répétition a assez duré« . Ce que confirme son mentor sur X.

    « Solution ? Faisons l’élection présidentielle tout de suite.
    Le pays n’a pas de temps à perdre »

    Jean-Luc Mélenchon sur X

    Du côté du RN, on en revient toujours à l’appel aux urnes via des législatives anticipées. Son allié, dans la foulée de la prise de parole du Premier ministre démissionnaire, l’ancien LR Éric Ciotti enfonce le clou : « Sébastien Lecornu embrouille les Français pour donner du temps au Président déchu. Il est définitivement discrédité. » Et il annonce une mise en place d’un nouveau gouvernement qu’il soit technique, de gauche ou macroniste, difficile.

    « Nous censurerons tout gouvernement jusqu’à
    la dissolution ou la démission du Président. C’est le seul chemin possible »

    Eric Ciotti, président de l’Union des Droites pour la République

    On le constate, malgré la situation, les jeux politiciens semblent toujours régner en France, faudra-t-il attendre la catastrophe. Les Français de l’étranger, libérés des prismes nationaux, savent que la situation est plus grave que ce que nos compatriotes dans l’hexagone l’imaginent peut-être encore. Que ce soit dans les prochaines semaines, les prochains mois ou en 2027, il faudra se faire entendre. Avez-vous pensé à vous inscrire sur les listes électorales ? C’est le moment de vérifier. 

  • Lennart Monterlos, libéré des geôles iraniennes

    Lennart Monterlos, libéré des geôles iraniennes

    La justice iranienne avait annoncé lundi 6 octobre « l’acquittement » de Lennart Monterlos, un jeune Franco-Allemand arrêté en juin en Iran et accusé « d’espionnage », cependant depuis il était toujours en prison. Ce mercredi 08 octobre, il a été remis aux autorités consulaires françaises. On fait le point pour les Français de l’étranger.

    Cette décision intervient au moment où Paris espére la libération prochaine d’un couple français détenu à Téhéran depuis 2022, Cécile Kohler (fonctionnaire de l’AEFE, et son compagnon, Jacques Paris, contre la remise en liberté d’une ressortissante iranienne arrêtée en France.

    Accusé d’Espionnage

    Lennart Monterlos, 19 ans, a été arrêté le 16 juin, à Bandar-Abbas (sud de l’Iran) alors qu’il traversait le pays à vélo en solitaire, au troisième jour de la guerre entre l’Iran et Israël.

    Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, avait déclaré en juillet qu’il avait « commis un délit », sans préciser lequel. « Malgré l’inculpation du procureur, le tribunal révolutionnaire, prenant en compte les principes juridiques et les doutes quant à l’infraction, a prononcé l’acquittement », a indiqué le pouvoir judiciaire, précisant que Lennart Monterlos était « accusé d’espionnage ».

    Un échange en vue ?

    Comme nous le rappelions au début de cet article, deux autres Français, Cécile Kohler et Jacques Paris, accusés notamment d’espionnage pour le compte d’Israël, sont aussi détenus en Iran et encourent la peine de mort.

    Ils ont été arrêtés le 7 mai 2022 au dernier jour d’un voyage touristique. « La décision concernant la libération de ces deux personnes et de Mahdieh Esfandiari est en cours d’examen par les autorités compétentes », a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, sans toutefois mentionner les noms de Cécile Kohler et Jacques Paris.

     « Nous espérons qu’une fois les procédures nécessaires achevées,
    cela se fera prochainement »

    Le porte-parole lors d’un point de presse hebdomadaire à Téhéran
    auquel a assisté l’AFP ce 06 octobre 2025.

    Cécile Kohler et son compagnon Jacques Paris sont détenus en Iran depuis le 7 mai 2022
    Cécile Kohler et son compagnon Jacques Paris sont détenus en Iran depuis le 7 mai 2022.  ©Houpline-Renard / SIPA

    De son côté, l’Iran a demandé à plusieurs reprises la libération de Mahdieh Esfandiari, une ressortissante arrêtée en France en février pour avoir fait, selon la justice française, la promotion du terrorisme sur les réseaux sociaux.

    Téhéran estime qu’elle est injustement détenue. Le 11 septembre, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, avait déclaré à la surprise générale qu’un « accord » visant à échanger des « prisonniers » français en Iran contre une femme iranienne détenue en France approchait de sa « phase finale ».

    Libre

    Ainsi si le jeune Franco-Allemand, Lennart Monterlos, détenu en Iran, a été libéré, comme l’a annoncé la diplomatie française ce mercredi 8 octobre. Le ministre démissionnaire des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a tenu à rappeler l’implication constante de la France pour la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris.

    Je n’oublie pas Cécile Kohler et Jacques Paris
    dont nous exigeons la libération immédiate »

    Jean-Noël Barrot, ministre démissionnaire des Affaires étrangères

    Mais aujourd’hui, on pense aux parents, un couple franco-allemand, qui se disent « soulagés du retour » imminent de leur fils d’Iran.

  • 14.57 % des électeurs ont voté par internet au second tour de la législative partielle des Français de l’étranger

    14.57 % des électeurs ont voté par internet au second tour de la législative partielle des Français de l’étranger

    C’est dans un climat d’incertitude politique en France que se tient le second tour de l’élection législative partielle des Français de l’étranger. Dans la 5e circonscription, nos compatriotes pouvaient d’ailleurs voter en ligne jusqu’à ce mercredi 8 octobre à midi (heure de Paris). Et 17 595  des 120 797 électeurs inscrits sur les listes électorales, soit 14,57 %, ont ainsi déposé leur bulletin dans l’urne électronique. Les bureaux de vote « physiques » ouvriront, quant à eux, ce dimanche 12 octobre.

    Une législative partielle dans le tourment politique français

    Actuellement, les Françaises et Français d’Espagne, du Portugal, d’Andorre et de Monaco élisent leur prochaine députée. De l’autre côté des Pyrénées, comment nos compatriotes vont-ils réagir aux événements politiques que la France a encore connus ces derniers jours ? Dans ce climat tourmenté, les enjeux restent importants. Ils ont en tout cas la possibilité de s’exprimer au cours de ce second tour de l’élection législative partielle. Pour rappel, celle-ci est organisée à la suite de la décision du conseil constitutionnel de juillet dernier, obligeant le titulaire du poste, Stéphane Vojetta, à quitter son mandat.

    Après la démission de Sébastien Lecornu de son poste de Premier Ministre, les Français de l’étranger votent pour choisir leur nouvelle députée

    Lors du premier tour de ce scrutin qui s’est tenu le dimanche 28 septembre, deux femmes sont arrivées en tête. Ainsi, l’ancienne suppléante du député démissionnaire, Nathalie Coggia, soutenue par Renaissance, avait alors recueilli 26,35 % des voix. Elle devançait la candidate LFI–Les Écologistes, Martha Peciña créditée de 15,80 % des suffrages exprimés. Depuis, le Premier Ministre, Sébastien Lecornu a démissionné. C’est ce dimanche 12 octobre que se tiendra le second dans les bureaux de vote « physique », et que le nom de celle qui rejoindra l’Assemblée nationale sera alors connu.

    Le vote par internet déjà décisif pour Nathalie Coggia ou Martha Peciña ?

    120 797 de nos compatriotes sont inscrits sur les listes électorales de la 5e circonscription des Français établis hors de France, qui regroupe, rappelons‑le, quatre pays : l’Espagne, le Portugal, Monaco et Andorre. Parmi les électeurs en capacité de voter, ils sont donc 17 595, soit 14,57 %, des inscrits, à avoir d’ores et déjà exprimé leur choix en ligne. Le vote électronique était en effet ouvert du 3 octobre au 8 octobre à midi (heure de Paris).

    Le vote par internet ouvert du 3 au 8 octobre - 5eme circonscription des Français de l'étranger
    Le vote par internet ouvert du 3 au 8 octobre – 5eme circonscription des Français de l’étranger

    Lors du premier tour, c’est un chiffre quasi similaire, soit 14,45 % des inscrits, qui avaient déposé un bulletin par internet, sur une participation finale de 17,02 %. Prenant en considération ce chiffre, le vote électronique est donc particulièrement significatif dans la participation globale pour cette élection législative partielle. Les jeux sont-ils alors déjà faits ?

    Toutefois le vote à l’urne reste possible pour ce second tour de l’élection législative partielle dans la 5e circonscription des Français de l’étranger. Si vous souhaitez vous rendre physiquement dans un bureau de vote, ils seront ouverts le dimanche 12 octobre ouverts de 8 h à 18 h (heures légales locales). Un peu plus de 3 000 de nos compatriotes expatriés avaient privilégié cette modalité lors du premier tour. Seront-ils plus nombreux dimanche prochain ?

    Il faudra cependant attendre le dimanche 12 octobre au soir pour savoir qui de Nathalie Coggia, ou Martha Peciña rejoindra les bancs du Palais Bourbon. Lesfrancais.press vous informera du résultat. Reste une question : pour combien de temps la nouvelle députée de la 5e circonscription des Français de l’étranger siègera‑t‑elle ? Dans un climat politique toujours incertain en France l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblé nationale reste une option possible.

  • Une carte interactive pour tracker les pollueurs

    Une carte interactive pour tracker les pollueurs

    Climate Trace met à disposition une carte interactive qui permet à plus de 2.500 villes dans le monde d’accéder aux données brutes des principaux pollueurs et à des visualisations des panaches de pollutions à proximité de leur espace urbain.

    Utiliser l’IA pour traquer les pollueurs

    L’objectif de Climate Trace, l’organisation à but non lucratif cofondée par l’ancien vice-président américain Al Gore, est d’utiliser les progrès technologiques pour mieux identifier les sources de pollution. Mercredi 24 septembre, la figure de la lutte contre le réchauffement climatique, Al Gore, a lancé un outil qui utilise l’IA pour suivre la pollution aux particules fines.

    « Depuis un certain temps, j’essaie d’attirer l’attention sur la crise mondiale
    de santé publique liée à ce que certains appellent la pollution atmosphérique conventionnelle, ou PM2,5. Il est difficile pour les gens d’obtenir des informations précises sur la pollution qu’ils respirent, sa provenance et ses quantités. »

    Al Gore auprès de TechCrunch le 24/09/2025

    Plus de 2.500 villes concernées

    A l’aide de 300 satellites, 30.000 capteurs de suivi au sol et de l’intelligence artificielle, l’outil peut suivre plus de 660 millions de sources de pollution, dont près de 4.000 « super-émetteurs ». Cette carte interactive permet ainsi d’accéder aux données brutes des principaux pollueurs et à des visualisations des panaches de pollutions à proximité des grandes villes. Un peu comme les applications pour surveiller les tempêtes, donc. Au total, plus de 2.500 villes dans le monde peuvent utiliser ce logiciel.

    La carte de Climate Trace permet de repérer les panaches de particules fines.
    La carte de Climate Trace permet de repérer les panaches de particules fines. Ici, les points roses concernent l’agriculture, les jaunes le transport et les violets les usines. © Climate Trace

    Climate Trace a ainsi pu constater que la ville de Karachi, au Pakistan, comptait le plus de personnes exposées à la pollution aux particules fines. Guangzhou (Chine), Séoul (Corée du Sud) et New York (Etats-Unis) font également partie des villes les plus exposées.

    Intégrer ces informations aux bulletins météos ?

    D’ici un an environ, Al Gore espère que ces données seront disponibles quotidiennement afin d’être intégrées aux applications météo, comme les bulletins d’allergies.

    La pollution aux particules fines tue en moyenne 10 millions de personnes chaque année. Selon Cancer environnement, plusieurs études ont montré une association entre un risque accru de cancer du poumon et l’exposition chronique aux particules dans l’air.

  • David Goeury : « Le Mouvement GenZ 212 milite pour un Maroc plus juste et vivable »

    David Goeury : « Le Mouvement GenZ 212 milite pour un Maroc plus juste et vivable »

    Depuis plusieurs jours, le Maroc fait face à une contestation venant de ses concitoyens. De plus en plus de jeunes organisent ainsi des manifestations dans le pays pour exiger notamment des réformes dans l’éducation, l’accès au travail, la santé, de justice sociale, …  ce mouvement on le nomme dorénavant celui des « GenZ 212 » (212, indicatif du Maroc). Pour mieux le comprendre, nous avons interrogé David Goeury, Docteur en Géographie et Chercheur à la Sorbonne, ainsi qu’au centre Jacques Berque de Rabat.

    Découvrir l’analyse de David Goeury

    Ayant une très bonne connaissance du Maroc, notamment du monde rural, David Goeury a publié plusieurs études sur les phénomènes migratoires internes et ses impacts sur l’emploi, la mobilité et les besoins en ressources naturelles. Pour Lesfrancais.press, il livre sans détour son analyse de la situation.

    Lesfrancais.press : « Quelle lecture faites-vous du mouvement GenZ 212 qui secoue le Maroc depuis quelques jours ? »

    David Goeury : « Il y a d’abord une double temporalité qu’il faut avoir à l’esprit. La première est planétaire avec le mouvement GENZ qui nous vient d’Asie où dans des pays en transition démographique, on a vu une nouvelle génération de jeunes qui peinent à trouver une place dans l’espace économique être à l’origine de mouvements de protestations qui ont provoqué des crises politiques dans un certain nombre de pays de cette région du monde.

    « Au Bangladesh ou au Népal Il y a eu de vrais basculements de politiques publiques dédiées à la jeunesse, il est possible d’envisager qu’au Maroc il en soit de même »

    David Goeury, Docteur en Géographie et chercheur à la Sorbonne et
    au centre Jacques Berque de Rabat

    Cette temporalité planétaire s’ancre dans celle du Maroc et les difficultés rencontrées par de nombreux jeunes pour trouver un emploi. Je rappelle que le chômage des jeunes est très élevé au Maroc.

    Le Maroc en quelques chiffres :

    • Taux de chômage national :12,8 %
    • Taux de chômage des 15 – 24 ans : 35,8 %
    • Taux de chômage des 15 – 24 ans en milieu urbain : 46,9 %
    • Population scolaire (secteur public) Année scolaire 2025 / 2026 : 7 millions d’élèves
    • Décrochage scolaire : Moyenne de 290 000 / an

    Source :  Haut-Commissariat au plan (HCP)

    Sans oublier les jeunes qui ont perdu espoir, qui sont découragés et spectateurs d’un Maroc qui connaît un développement accéléré des infrastructures et zones industrielles tournées vers l’international. Une situation qui emmène à une fracture socio territoriale dans laquelle ils ne trouvent pas leurs places. »

    Un malaise profond ?

    Lesfrancais.press : « Les principales revendications du Mouvement sont une école et un système de santé public de qualité, est-ce que le malaise est plus profond…? »

    David Goeury : « Initialement, le premier appel à manifester a été lancé par des jeunes marocains plutôt bien intégrés dans des filières de formation professionnelles prometteuses en matière d’emplois, qui ont décidé de se mobiliser pour un Maroc plus juste et plus vivable, en réaction au drame d’Agadir où 8 femmes sont décédées à l’hôpital au mois d’août dernier. 

    Manifestation de GenZ 212 à Rabat (Maroc)
    Manifestation de GenZ 212 à Rabat (Maroc) © Abdel Majid Bziouat BDEL AFP

    Ensuite s’est invité sur les réseaux sociaux des sujets tels que l’emploi et le pouvoir d’achat et on a vu d’autres jeunes moins intégrés plus à la marge descendre dans les rues pour dénoncer les injustices sociales et spatiales. Motivé par le sort réservé aux premiers manifestants pacifiques qui avaient été malmenés par les forces de l’offre. »

    Lesfrancais.press : « Considérez-vous que le Mouvement GenZ 212 pourrait emmener ses changements de fonds dans la gestion de la chose publique ? »

    David Goeury : « Quand on voit ce qui s’est passé dans certains pays comme le Sénégal qui a décidé de nommer un nouveau gouvernement il y a un an, plus récemment au Bangladesh ou au Népal, il y a eu de vrais basculements de politiques publiques dédiées à la jeunesse, il est possible d’envisager qu’au Maroc il en soit de même.

    J’entends par là, le développement de vraie politique adressée à la jeunesse en tenant compte des spécificités et surtout la mise en place d’un pilotage à l’échelle nationale en y associant les collectivités territoriales et tous les élus locaux, maillons essentiels. Le tout dans le cadre de la régionalisation avancée avec un pilotage liant administration, élus locaux, secteur privé et société civile. » 

  • GenZ 212, le nom de code qui bouscule le Maroc

    GenZ 212, le nom de code qui bouscule le Maroc

    Depuis une dizaine de jours, le Maroc est bousculé, perturbé par une dynamique prévisible pour certains (imprévisibles pour d’autres) avec l’émergence spontanée du Mouvement de jeunes GenZ 212 (indicatif  marocain).

    Ce qui au départ était un simple Forum de discussion via la plate-forme interactive Discord s’est très rapidement transformé en porte-voix d’une génération en mal de justice sociale, d’égalité des chances et d’accès à des services publics (éducation/ santé) de qualité.

    Des revendications portées et déployées sur plus d’une vingtaine de villes à travers le pays avec les mêmes mots d’ordre et la même détermination. « On veut des hôpitaux et des écoles plutôt que de terrains de foot flambant neuf pour accueillir la CAN et la coupe du monde en 2030 ».  « Nous limitons pour un Maroc plus juste et plus vivable pour nous et les futures générations ». Ou encore, « nous appelons au départ du Chef gouvernement et de ses ministres ».

    Exprimant un ras le bol social (chômage de masse des jeunes notamment les diplômés, horizon professionnel bouché) ces maux ont trouvé au fil des jours et des Sit In un puissant écho au sein de l’espace numérique. Si des actes de violences et de dégradations de biens publics et privés ont émaillé les manifestations en tout début de semaine dernière, le calme est revenu ces derniers jours avec l’organisation quotidienne de rassemblements (malgré l’interdiction des autorités publiques) qui se déroulent de manière pacifique, selon le souhait des membres du mouvement GenZ 212.

    Dégats suite à une manifestation de jeunes
    Dégats suite à une manifestation de jeunes réclamant des réformes dans les secteurs de la santé et de l’éducation, à Salé, le 1er octobre 2025. © AFP – ABDEL MAJID BZIOUAT

    Sentiment partagé entre Inquiétudes et espoirs chez les français installés au Maroc

    Du côté des membres de la communauté française installée au Maroc, on suit de très près le déroulement et la gestion des manifestations populaires. « Que dire face à une situation qui touche plusieurs pays dans le monde avec des jeunes qui ont des revendications tout à fait légitimes et en même temps, je me sens impuissant car d’une part le Maroc est le pays qui m’a accueilli avec ma famille il y a une vingtaine d’années, je me garderais donc de faire dans l’ingérence et d’autre part, existe-t-il des solutions clés en mai. J’en doute malheureusement », déclare Nicolas D., industriel basé à Casablanca.

    Son de cloche quasi identique lorsqu’on demande à Nathalie C. basée à Marrakech ce qu’elle pense de la mobilisation de jeunes y compris dans la ville ocre, capitale du tourisme national « Globalement j’ai l’impression que les forces de l’ordre arrivent à gérer et à contenir le flux de jeunes et c’est plutôt rassurant. Nous avons eu quelques frayeurs en milieu de semaine dernière lorsque des affrontements violents ont opposé des jeunes à la police mais tout semble rentrer dans l’ordre. J’espère que ça va durer… »

    Inquiétudes et angoisses également auprès des bi nationaux. « La situation est complexe, elle a des allures d’équation à plus ou moins d’inconnues. L’heure est venue selon moi de tenir un discours politique de vérité et d’authenticité sans oublier l’humilité à cette jeunesse qui veut être actrice et non spectatrice du développement économique de leur pays. Je vois en eux un sens développé du patriotisme, ils s’expriment avec sagesse et responsabilité, aux décideurs d’être en capacité de les écouter et de les considérer pour ceux qu’ ils sont, des citoyens à part entière et non à part », indique Driss Jaydane, Enseignant et écrivain.

    Des manifestations sociales, inédites par leur spontanéité et organisées par GenZ 212 depuis samedi 27 septembre 2025
    PDes manifestations sociales, inédites par leur spontanéité et organisées par GenZ 212 depuis samedi 27 septembre 2025, font suite à des protestations qui ont démarré à la mi-septembre dans plusieurs villes après la mort à l’hôpital public d’Agadir de huit femmes enceintes admises pour des césariennes. ©Reuters/Stringer

    Les politiques au pouvoir semblent quelque peu désemparés par ce mouvement de fond qu’il n’avait pas vu venir semble-t-il. Après une première sortie des 3 chefs de partis composant l’actuelle coalition gouvernementale, sanctionné par un communiqué appelant au dialogue au sein de l’espace institutionnel et public, il semblerait que chaque parti « coalisé » cherche à sauver son écurie partisane.  Tour à tour, des ministres du gouvernement se sont exprimés ce week-end dans différents formats TV sans pour autant convaincre les opinions publiques dont les membres du mouvement GenZ 212.

    « Le discours royal prévu vendredi 10 octobre est l’un des plus attendus par les citoyens marocains depuis 25 ans »

    Pour preuve, l’appel lancé en début de semaine à une mobilisation encore plus large que les précédentes , soit à un appel manifester pacifiquement dans 23 villes du Royaume. Aujourd’hui, tous les yeux sont rivés sur le Roi Mohammed VI et son intervention prévue comme chaque année le deuxième vendredi d’octobre au Parlement. Cette année ce sera vendredi 10 octobre 2025. Reste à attendre si cette date fera date…

  • La France face au mur budgétaire

    La France face au mur budgétaire

    Le constat de départ est d’une rigueur implacable. Avec un taux d’intérêt à long terme avoisinant 3,5 % et une croissance nominale estimée à 2,5 % (1 % en volume, 1,5 % en inflation), la France se trouve dans une situation où le coût de financement de la dette excède la progression de ses ressources. Dans un tel contexte, la stabilisation du ratio dette/PIB ne peut se faire qu’au prix d’un excédent budgétaire primaire. Les calculs sont simples : il faudrait dégager 1,1 % du PIB en excédent, alors que la France affiche en 2025 un déficit primaire de 3,2 %. L’écart est donc de 4,3 points de PIB, soit environ 130 milliards d’euros. L’impasse est majeure. Sachant que la moitié des titres publics émis par le Trésor sont acquis par des investisseurs étrangers –  essentiellement américains, chinois, japonais et allemands – il suffirait que quelques banques émettent des doutes sur la signature française pour provoquer une envolée des taux. 

    L’assainissement budgétaire apparait impossible à réaliser compte tenu des demandes de financement public : la retraite, la santé, la dépendance, l’éducation, la transition écologique et la défense. Le rapport Draghi publié en 2024 préconise un effort considérable pour l’Union européenne, 4,5 points de PIB supplémentaires, pour moitié à la charge du public, l’autre moitié devant, de ce fait, être assumée par le privé. Pour la France, cela représente 2,2 points de PIB à financer par les finances publiques. À 2 % du PIB aujourd’hui, la dépense de défense devrait être portée à 3 % pour respecter les engagements de l’OTAN. Soit un surcroît d’effort d’un point de PIB. Au total, l’ajustement nécessaire s’élève à 7,5 points de PIB, soit environ 230 milliards d’euros. Ce chiffre n’est pas seulement colossal : il est proprement irréalisable dans le contexte politique et social français. Le climat social tendu complique la situation. Les revendications en faveur de la revalorisation des salaires deviennent, en effet, de plus en plus prégnantes. 

    L’absence de marges de manœuvre illusoires

    Depuis les années 1980, l’histoire budgétaire française est marquée par une incapacité chronique à dégager des excédents primaires durables. Aujourd’hui encore, la dépense publique culmine à près de 58 % du PIB, un record parmi les pays développés. Les dépenses de protection sociale représentent à elles seules 32,3 % du PIB. Si l’on ajoute culture, environnement, subventions et aides diverses, ce sont 40,6 % du PIB qui échappent à toute compression rapide.

    Ministère de l'Économie et des Finances
    Ministère de l’Économie et des Finances; Insee; | Cour des Comptes (France) © Statista 2025

    La non-indexation de ces dépenses sur l’inflation permettrait, à long terme, de réduire progressivement leur poids. Cette mesure ne génèrerait néanmoins qu’une baisse de 0,6 point de PIB par an. Douze années seraient nécessaires pour réduire la dépense de 7,5 points. Politiquement, socialement, cela relève de l’utopie. Côté recettes, les marges sont tout aussi étroites. La fameuse « taxe Zucman », imaginée pour prélever 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, ne rapporterait que 0,5 à 0,8 point de PIB. À peine un dixième de l’effort nécessaire. Les hausses massives de TVA ou d’impôt sur le revenu sont politiquement et socialement sensibles.

    Vers une dette à 115 % du PIB

    Après avoir franchi les 110 % en 2020, la dette française continue sa route vers les 120 %. Elle a franchi la barre des 115 % au deuxième trimestre 2025, inexorablement, au-delà de 115 % du PIB. Le spread OAT-Bund, c’est-à-dire l’écart de taux avec l’Allemagne, ne peut que s’élargir. En septembre 2025, il a dépassé 80 points de base, et rien n’indique une inversion de tendance.
    Si, à moyen terme, le Trésor se heurte à une défiance des investisseurs, il devra se tourner vers la BCE. Le Transmission Protection Instrument (TPI), nouvel outil mis en place à Francfort, autorise la Banque centrale à acheter sans limite les titres de dette d’un État menacé mais ce soutien n’est pas inconditionnel. Il s’accompagne d’exigences strictes de consolidation.

    Dette publique de 1980 à 2024
    Dette publique de 1980 à 2024 ©Statista

    Le spectre d’une « troïka » à la française

    Le FMI, la BCE et la Commission européenne ont-elles la possibilité politique de placer la France sous tutelle ? Cette dernière peut-elle ignorer ses devoirs de bonne gestion car elle est « too big to fail » ? Il n’est pas certain que la mansuétude des partenaires européens soit sans limite. L’arithmétique budgétaire ouvre un risque de mise sous tutelle à plus ou moins long terme. Les dépenses sociales – retraites, santé, allocations – apparaissent comme les seules variables d’ajustement réellement significatives. Dès lors, une réforme drastique du système de retraite ou une réduction brutale des dépenses de santé ne peuvent être écartées, si la BCE conditionne son aide à une « crédibilité » budgétaire retrouvée. Or, la classe politique et l’opinion ne sont pas préparées à faire face à de telles demandes. Le débat sur l’abrogation de la réforme des retraites de 2023 en est un des symboles. La proximité de l’élection présidentielle ne facilite pas l’élaboration d’un consensus sur le sujet de l’assainissement des comptes publics, aucun candidat, aucun parti ne souhaitant endosser d’ici 2027 l’impopularité d’un plan de rigueur.

    Une croissance atone

    La situation française est compliquée par la faiblesse de croissance qui pèse sur les rentrées fiscales. La faible confiance des ménages en l’avenir contribue à la stagnation de la consommation. Le pessimisme des dirigeants d’entreprise se traduit sur le niveau de l’investissement. Les perspectives d’une rigueur inévitable génèrent des anticipations négatives. 

    Depuis l’épidémie de Covid, la France fait du surplace. La fragmentation du pays rend la mise en œuvre de toute réforme impossible. Le combat politique se place de plus en plus sur le terrain du populisme, ce qui ne facilite pas la prise de conscience par l’opinion de la gravité de la situation financière. Seule l’idée que les riches pourraient tout payer fait aujourd’hui consensus. 

  • Caroline Yadan : « Le 7 octobre ne doit plus jamais arriver »

    Caroline Yadan : « Le 7 octobre ne doit plus jamais arriver »

    Deux ans après l’attaque terroriste du Hamas contre Israël, Caroline Yadan, députée de la huitième circonscription des Français établis hors de France, qui comprend notamment Israël, revient sur le traumatisme du 7 octobre, les défis politiques et les espoirs de paix. Elle livre un témoignage fort, entre mémoire et vigilance.

    Écouter le podcast avec Caroline Yadan

    Une commémoration du 7 octobre, lourde de sens

    Caroline Yadan a participé à plusieurs cérémonies de commémoration à Paris, notamment place des Vosges et devant l’Assemblée nationale. Pour elle, l’émotion reste vive : « Une ambiance évidemment assez lourde, une ambiance très chargée de peine », confie-t-elle. Ce souvenir reste profondément ancré : « On n’a pas oublié ce qui s’est passé il y a deux ans, le pire pogrom antisémite depuis la Shoah ». Un drame que la députée refuse de banaliser, rappelant les atrocités commises : « Les personnes qui ont été brûlées vives, massacrées ».

    « Les négociations qui sont actuellement menées en Égypte montrent
    une vraie résistance idéologique du Hamas »

    Caroline Yadan,
    députée de la 8e circonscription des Français établis hors de France

    Elle souligne l’importance du souvenir mais aussi de la résistance : « C’est un combat aussi pour notre civilisation et notre humanité », tout en exprimant « notre espoir pour tous les otages et leur libération ».

    Le pavillon éphémère consacré aux victimes de l'attaque du 7 octobre
    Le pavillon éphémère consacré aux victimes de l’attaque du 7 octobre est ouvert jusqu’à ce mardi soir. © AFP

    Le dialogue universitaire en péril ?

    Dans ce contexte tendu, une délégation d’universitaires français va se rendre en Israël pour affirmer la solidarité de la communauté scientifique. Un geste fort face aux appels au boycott académique côté israélien, que Caroline Yadan dénonce avec fermeté : « Ce qui est absolument scandaleux, surtout quand on sait que le monde universitaire israélien est plutôt très à gauche ».

    Elle insiste également en indiquant que  « ce sont des fervents partisans de la paix », et souligne que « s’en prendre à des chercheurs comme on s’en prend à des sportifs, uniquement pour ce qu’ils sont, c’est absolument insupportable ». La députée défend ainsi un message clair : « Le dialogue académique reste une voie privilégiée pour maintenir le lien entre sociétés civiles, malgré les conflits ». Elle voit dans cette coopération une base essentielle pour « instaurer les conditions de dialogue entre les peuples ».

    Israël : une lueur d’espoir dans un contexte incertain

    Alors que les discussions se poursuivent autour d’un plan de paix soutenu par les États-Unis, qui pourrait inclure la libération des otages et une sortie du Hamas de Gaza, Caroline Yadan reste prudente : « Je veux garder espoir ». Elle détaille les enjeux du plan : « La démilitarisation du Hamas et surtout la suite, l’après-Gaza, avec un accord de l’ensemble des pays arabes ».

    « Il y a une volonté commune,quelles que soient les tendances politiques,
    que le 7 octobre n’arrive plus jamais »

    Caroline Yadan,
    députée de la 8e circonscription des Français établis hors de France

    Mais les obstacles demeurent. « Je ne serai pas aussi affirmative », reconnaît-elle, quant à une réelle volonté du Hamas d’abandonner Gaza. « Les négociations qui sont actuellement menées en Égypte montrent une vraie résistance idéologique du Hamas », ajoute-t-elle.

    Quant aux causes de cette ouverture, la députée évoque une conjonction d’éléments sans vouloir trancher : « L’histoire peut-être nous dira comment on y est arrivé, si on y arrive, ce que moi j’espère ».

    Le président américain, Donald Trump, et le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, à la Maison Blanche, à Washington, le 29 septembre 2025. ©SAUL LOEB/AFP

    Les Français d’Israël entre vigilance et douleur

    Interrogée sur le ressenti de nos compatriotes en Israël, Caroline Yadan parle d’une communauté profondément marquée : « Ce sont des citoyens qui reçoivent encore des alertes, il faut le savoir, tous les jours ». Les menaces sont permanentes : « Des roquettes sont tirées par les Houthis. Tous les jours, des enfants, des femmes, des vieillards vont dans les abris ».

    Mais au-delà de la peur, c’est surtout la plaie du 7 octobre qui reste béante. « Le plus jamais ça s’est transformé en… bah en fait oui, il y a des barbares qui viennent sur le territoire israélien pour tuer du juif, assassiner des juifs et violer les femmes », déclare-t-elle avec gravité. Dans un pays politiquement divisé, elle observe pourtant une union inédite : « Il y a une volonté commune, quelles que soient les tendances politiques, que le 7 octobre n’arrive plus jamais ».

    Caroline Yadan, députée des Français établis hors de France - 8eme circonscription
    Caroline Yadan, députée des Français établis hors de France – 8eme circonscription

    Un message fort aux Français de l’étranger

    Dans un monde de plus en plus polarisé, Caroline Yadan rappelle que la solidarité internationale, notamment via les liens académiques ou diplomatiques, est plus cruciale que jamais. Elle appelle à ne pas céder aux pressions idéologiques : « Il faut continuer à défendre les valeurs de paix, de dialogue et de mémoire ». Et conclut avec une conviction simple mais puissante : « Ce qui compte, c’est qu’on puisse demain se dire qu’on y est arrivé ».

  • La France et le piège de l’attrition

    La France et le piège de l’attrition

    La France est le pays le plus socialisé d’Europe, avec des dépenses publiques représentant 57 % du PIB et des prélèvements obligatoires atteignant 43 % du PIB. C’est également, au sein de la zone euro, le pays affichant le déficit public le plus élevé, supérieur à 5 % du PIB. Malgré ce soutien massif, la croissance reste atone, avec moins de 1 % attendu en 2025. 

    Les Français anesthésiés par la manne de l’État providence

    Les ménages n’en retirent guère de satisfaction sur le plan économique et social, comme le montrent les enquêtes d’opinion et celles de l’INSEE. Depuis plus de quarante ans, les dépenses publiques n’ont jamais réellement reculé. Pourtant, nombre de Français considèrent que les gouvernements appliquent régulièrement des politiques de rigueur. Toute remise en cause d’une dépense publique est vécue comme une régression, voire comme une atteinte à des droits acquis. Les aides destinées aux entreprises ou aux ménages s’accumulent année après année. Il en va de même pour les équipements publics : fermer un musée, même déserté, apparaît comme une incongruité au nom de la défense du patrimoine.

    Pendant des décennies, les candidats à l’élection ont vendu du rêve, engendrant inévitablement frustrations et désillusions. Pour en atténuer les effets, les pouvoirs publics sont devenus experts du jeu de bonneteau budgétaire : ils modifient l’affectation de certaines charges, diminuent un impôt pour en augmenter un autre, avec, in fine, un résultat perdant-perdant. Le problème majeur de la France est l’attrition.

    Dépenses publiques de protection sociale
    Dépenses publiques de protection sociale

    Stagnation à la japonaise ?

    Implicitement, gouvernants comme citoyens semblent se résigner au choix de la stagnation, alors que la seule voie de sortie passe par l’expansion. Le moteur économique est anémié par une insuffisance de travail, une surrèglementation et une sur-fiscalisation. Si la France affichait le taux d’emploi de l’Allemagne, une grande partie de ses problèmes de finances publiques serait résolue. La crise du logement illustre parfaitement ce malthusianisme ambiant : 500 000 logements devraient être construits chaque année, mais en 2024, seuls 280 000 l’ont été. Les freins sont connus : rareté artificielle du foncier, coûts de construction élevés, fiscalité pénalisante.

    Ce déficit se traduit par un poids croissant du logement dans le budget des ménages. Cette situation est d’autant plus durement ressentie que le salaire net médian est faible : 2 300 euros par mois. L’absence de gains de productivité empêche toute progression notable. La spécialisation du pays dans des secteurs à faible valeur ajoutée, notamment les services domestiques, limite les marges de progrès et de croissance.

    La fragmentation politique du pays en trois blocs complique plus encore l’adoption de mesures ambitieuses, alors même qu’elles n’ont pas été prises lorsque des majorités absolues existaient à l’Assemblée nationale. La France a besoin d’un véritable choc de croissance tel celui de 1958. Une refonte fiscale s’impose : suppression des niches, adoption d’une assiette large et de taux faibles. Les aides aux entreprises comme aux ménages, devraient être réduites pour simplifier et clarifier l’action publique. La priorité doit être donnée à la taxation des flux, par exemple, les données numériques. Enfin, il faut lever les obstacles à la création et à la production en s’inspirant des modèles irlandais, suédois, danois ou néerlandais.

  • Business Booster Forum en Europe et en Afrique du Sud

    Business Booster Forum en Europe et en Afrique du Sud

    L’événement annuel de Bpifrance dédié aux entreprises innovantes s’est tenu le 23 septembre à l’Accor Arena, à Paris. A cette occasion, l’Académie de l’export de la banque publique a proposé trois interventions sur l’export et ses outils : la maîtrise de l’empreinte environnementale des opérations à l’export (une conférence animée par Christine Gilguy, rédactrice en chef du Moci), le partenariat stratégique franco-italien pour l’innovation et la croissance, ainsi que la projection vers de nouveaux marchés. En outre, les entreprises qui travaillent déjà à l’international ou ont l’intention de s’y lancer ont pu assister à une série de conférences sur le sujet. Au programme : financements européens de l’innovation, IA et forces armées, innovation et rapprochement franco-japonais, renaissance du nucléaire aux Etats-Unis, secteur agricole en Afrique de l’Ouest… Pour les Français de l’étranger, on vous présente les deux évènements organisés en Europe et en Afrique par la Team Export France.

    Business Booster Forum Europe

    CCI France International prépare pour le 15 octobre la cinquième édition de son forum Business Booster sur la zone Europe. Un événement d’affaires dédié aux opportunités des marchés européens et à la réflexion stratégique. Il se déroulera toute la journée sur le campus Evergreen Montrouge du siège social du groupe Crédit agricole.

    Business Booster Forum
    Business Booster Forum Zone Europe – 15 octobre 2025

    Afrique du Sud

    Du 13 au 16 octobre 2025, Business France organise une mission en Afrique du Sud dédiée aux acteurs français des infrastructures : énergie, eau, mobilité, construction, industrie, valorisation des déchets. Face à des infrastructures vieillissantes et des besoins croissants, l’Afrique du Sud prévoit le lancement de 28 projets majeurs, dont 12 prioritaires, avec un financement de 10,5 milliards d’euros. Au programme : webinaire de préparation, rendez-vous BtoB sur mesure, rencontres avec les porteurs de projets publics et privés, et sessions de networking. Une ouverture vers les marchés voisins comme le Botswana, Madagascar, Maurice, Mozambique, Namibie et Zambie est également proposée.


    contactez Stefane Leny, chez Business France

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