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  • Lutter contre les violences ou le harcèlement dans les écoles AEFE

    Lutter contre les violences ou le harcèlement dans les écoles AEFE

    En France, ce 10 septembre, les médias relaient le fait qu’une petite fille de trois ans a été frappée par son enseignante dans l’école maternelle de Frères-Voisins, située dans le 15e arrondissement de Paris, le 4 septembre dernier. La scène a été filmée et les parents de la victime ont déposé plainte le lendemain dans un commissariat. Mais que faire lorsque son enfant est victime de violences ou de harcèlement dans les écoles AEFE ? Cette actualité est l’occasion de revenir sur la publication d’un décret, ce 17 juillet mettant en place un dispositif de recueil et de traitement des signalements d’actes de violence, de discrimination, de harcèlement moral ou sexuel et d’agissements sexistes à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

    Le programme pHARe

    Déjà depuis la rentrée précédente, un plan prioritaire axé sur le bien-être des élèves ainsi que sur la lutte contre toute forme de discrimination et de violence a été mis en place : le programme pHARe, qui comprend une autoévaluation dès le primaire. Il s’agit d’une avancée majeure pour identifier et combattre le harcèlement dès ses premiers signes. Ce programme permet aux élèves de s’exprimer anonymement. On est ainsi sûr d’entendre et de considérer les voix des victimes et des témoins du harcèlement. Cette annonce était déjà le signe d’une prise de conscience collective de la gravité du fléau et un appel à la mobilisation générale. L’AEFE, avec ses 580 établissements scolaires et ses près de 395 000 élèves répartis dans 139 pays, est le relais des directives du MENJ mais doit intégrer la diversité des contextes locaux. Le réseau de l’enseignement français à l’étranger compte 68 établissements en gestion directe, 161 établissements conventionnés et 351 établissements partenaires.

    Déploiement concret

    Grâce au décret publié ce 17 juillet, l’AEFE va pouvoir passer à la vitesse supérieure en organisant le traitement des remontées terrain qui seront aussi facilitées via le dispositif de recueil et de traitement des signalements d’actes de violence, de discrimination, de harcèlement moral ou sexuel et d’agissements sexistes.

    Ce dernier sera ouvert « à l’ensemble des agents de l’AEFE, y compris aux personnels de droit local de ses établissements en gestion directe à l’étranger, ainsi qu’aux stagiaires, aux volontaires internationaux, et aux collaborateurs extérieurs et occasionnels de l’Agence qui s’estiment victimes ou témoins de tels actes ou agissements sur leur lieu de travail ou dans l’exercice de leurs fonctions« . 

    Si l’encadrement a fait de grands efforts pour prémunir les plus jeunes de toutes formes de violences, l’attention et l’écoute des parents restent indispensables car qui connaît mieux ses enfants que leurs tuteurs ?

  • Florian Bohême : fiscalité des expatriés, aides sociales via la FIBRE et mandat consulaire

    Florian Bohême : fiscalité des expatriés, aides sociales via la FIBRE et mandat consulaire

    Écouter l’interview de Florian Bohême

    Conseiller des Français du Cambodge, notre invité, Florian Bohême est aussi président de la Commission des Affaires sociales à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Au cours de cette interview, les aides sociales pour nos compatriotes vivant hors de France sont, entre autres, abordées. Florian Bohême intervient d’ailleurs prochainement sur ce sujet dans un webinaire organisé par la Fibre. Notre invité partage également sa position sur le volet fiscalité et expatrié. Enfin, l’organisation des assises de la protection sociale pour notre communauté à l’étranger et les freins au mandat des élus consulaires sont également au menu de ce podcast Lesfrancais.press.

    Français de l’étranger, le retour de l’exilé fiscal ?

    Depuis des années, l’image du Français de l’étranger considéré uniquement comme un exilé fiscal semble s’estomper. Or pendant l’été, c’est pourtant via le sujet de la fiscalité que nos expatriés ont été mis sur le devant de la scène. C’est en effet une proposition de Lucie Castets, du Nouveau Front populaire, qui liait impôt et nationalité qui a fait l’objet de l’actualité chez nos ressortissants hors de France. Ainsi, Florian Bohême, en tant Français à l’étranger et membre du Parti Radical de Gauche (PRG) partage, dans cette interview, sa pensée sur cette séquence. Il déclare notamment,

    « Je garde le côté positif, au moins on a parlé des Français de l’étranger dans le débat national »

    Florian Bohême, Conseiller des Français du Cambodge

    La question de la fiscalité n’est pas donc le seul sujet quand on évoque nos expatriés. Dans leur quotidien hors de France, certains de nos compatriotes ont cependant besoin d’un soutien de l’Etat français.

    Visite Hôpital ChoRay de Phnom Penh (crédits photos Cambodge Mag)
    Visite Hôpital ChoRay de Phnom Penh @Cambodge Mag

    Il existe ainsi différentes aides sociales. Mais parfois, il est bien difficile de s’y retrouver dans les différents méandres administratifs.

    Aides sociales : un webinaire de la FIBRE pour former les associations et les élus

    Ainsi la Fédération Internationale de Bienfaisances en Entraides des Résidents à l’Etranger, la FIBRE, propose de former les acteurs de terrains. Ces derniers sont en effet les relais auprès de nos ressortissants vivant à l’étranger. Un webinaire, à destination des associations de « Bienfaisances et  d’Entraides » notamment et des élus consulaires, est organisé prochainement. Florian Bohême interviendra au cours de cette réunion en ligne de la FIBRE.

    « Il existe beaucoup d’associations de Bienfaisances et d’Entraides dans le monde qui sont là pour accompagner les communautés françaises »

    Florian Bohême, membre de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE)

    Cette réunion en ligne sera donc l’occasion de fournir aux associations et aux élus des éléments sur les aides sociales existantes, ainsi que sur la façon de déposer un dossier et d’aider nos compatriotes à l’étranger. L’action de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) sera aussi abordée. Notre invité, membre du Parti radical de gauche (PRG), rappelle, lors de son interview, que la FIBRE est présidée par la députée Ensemble pour la République (EPR), Amélia Lakrafi. Or, pour cette rencontre, « on travaille ensemble au service des Français de l’étranger » partage-t-il. Tout en poursuivant : « si cela peut donner des idées à ceux qui tentent de constituer un gouvernement… »

    Assises de la protection sociale pour les expatriés : que fera le prochain gouvernement de Michel Barnier ?

    La prochaine équipe du Premier Ministre Michel Barnier trouvera sur sa table le dossier de la protection sociale des expatriés. Sous l’impulsion de notre invité, l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), avait obtenu de l’ancien locataire de Matignon, Gabriel Attal, la possibilité d’organiser des assises sur cette question.

    « A l’AFE, on va pousser pour que le nouveau gouvernement puisse prendre en compte l’organisation de ces assises de la protection sociale, et que cela soit fait en mars 2025 »

    Florian Bohême

    Trois thèmes ont, d’ores et déjà, été proposés pour ces assises : celui de l’accessibilité du réseau français des écoles à l’étranger avec notamment les bourses scolaires. Le deuxième volet est celui de la prise en compte du vieillissement des populations françaises à l’étranger.

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    Par exemple, « aujourd’hui il y a 0 place en Ehpad prévue en France pour les Français de l’étranger », nous dit notre invité. Enfin, le troisième axe de ces assises porterait sur l’assurance santé, avec également un focus sur les travailleurs nomades et leur couverture maladie.

    Le mandat de Conseiller des Français de l’étranger : quelle évolution ?

    Pour clore cette interview, la question des compétences du mandat de Conseiller des Français de l’étranger est posée. Ils sont plus de 440 dans le monde. Ils représentent ainsi nos compatriotes dans leur pays d’accueil auprès de nos consulats et des ambassades.

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    Avec Son Altesse Royale le Prince Tesso Sisowath, Sophie Guégan, Consule de France au Cambodge et des membres de la communauté française lors de la fête nationale 2024

    Néanmoins, il existe encore des blocages sur le champ d’action de ces élus. Entre ces derniers et l’administration consulaire, les lectures quant aux compétences diffèrent. C’est pour cela que notre invité lance un appel sur nos antennes à destination du Quay d’Orsay . Il déclare ainsi :

    « Il est pourtant fini ce temps où on a un diktat depuis Paris, avec des hauts fonctionnaires qui disent aux élus vous n’avez pas le droit de dire ou de faire ça .»

    Florian Bohême

    Or, dans la réalité, il y a des situations où cette emprise du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères continue à préempter les compétences des élus, conseillers des Français de l’étranger. Cela doit évoluer, conclu notre invité, afin que ce mandat, au service des expatriés, puisse s’exercer pleinement. Le message est envoyé, ainsi que l’ensemble de ceux que vous retrouvez en écoutant l’intégralité de l’interview de Florian Bohême dans ce podcast Lesfrancais.press.

  • Frontières françaises surprenantes

    Frontières françaises surprenantes

    Le 31 janvier 1793, Georges Danton a inventé le dogme des « frontières naturelles » de la France (on dit aussi « grandes limites »). Ce concept lui permettait de justifier les conquêtes de la République française après la victoire de Jemmapes (aujourd’hui en Wallonie belge). Mais ce fut, peut-être, son plus grand héritage. Tous ceux, qui ont fréquenté les bancs de l’école de la République, l’ont appris. Pourtant l’Histoire a contraint la France a abandonné cette idée de « frontières naturelles mais en échange les frontières françaises sont désormais plus étendues et aux quatre coins du monde. On fait le point pour les Français de l’étranger qui parfois oublient qu’ils sont en fait qu’à quelques kilomètres du territoire national.

    Au cœur de l’Europe

    Il faut situer le territoire national dans son contexte : la France possède plus de 4 000 km de frontières terrestres avec ses voisins. Les plus connues sont au cœur du territoire européen comme celles de l’Est métropolitain. Leur incarnation dans le paysage s’est parfois atténuée avec la disparition des contrôles aux frontières systématiques, à la suite de l’entrée en vigueur des accords de Schengen en 1995.

    Toutefois, elles continuent de séparer légalement des zones aux politiques fiscales, sociales, ou environnementales différentes. Si l’Union européenne tend à une harmonisation des dispositions réglementaires à l’échelle du continent, les territoires frontaliers offrent toujours l’occasion de profiter de certains avantages.

    Notons, que depuis le traité de Cantorbéry, signé en 1986, il existe bel et bien une frontière terrestre de quelques mètres dans le tunnel sous la manche entre les deux anciens ennemis historiques que furent le Royaume-Uni et la France. Celle-ci constitue pour l’État britannique sa seule frontière terrestre depuis son île principale.

    Autre pays européen avec qui on partage une frontière sans le soupçonner, c’est le Royaume des Pays-Bas. Mais là, il faut s’éloigner du vieux continent. Car depuis l’indépendance de la Belgique en 1831, la France et les Pays-Bas ne possèdent plus de frontière terrestre… en Europe. Mais sur l’Île de Saint-Martin (Caraïbes), les deux pays partagent une frontière de 10 km. Cette frontière est très ancienne et date de la convention de Concordia (1648).

    Le Brésil

    Il ne faut pas oublier que la France ce n’est pas seulement les quelque 550 000 kilomètres carrés de la France métropolitaine mais plus d’un million de kilomètres carrés lorsque l’on compte tous les territoires qui la composent. Dans le nord-est de l’Amérique du Sud, la Guyane est une collectivité territoriale française qui partage environ 730 kilomètres de frontière avec le Brésil, ce qui en fait la plus grande frontière française.

    La frontière serpente à travers la forêt amazonienne et rencontre sur sa route de nombreux cours d’eaux et marécages, rendant le passage d’un pays à l’autre compliqué : pendant longtemps, il n’était possible de la traverser qu’en pirogue. Mais depuis 2017, un passage entre Saint-Georges-de-l’Oyapock, en Guyane, et Oiapoque, au Brésil, a été adapté au passage des voitures.

    Toujours en Amérique du Sud, il y a aussi la frontière avec le Suriname qui est longue de plus de 500 km. Mais elle reste contestée des deux côtés dans le sud amazonien. Elle n’est à ce jour franchissable que par de petits bacs, cloisonnant les deux territoires.

    32 États frontaliers insoupçonnés

    Quand on parle de frontières, on imagine les douanes sur l’autoroute, les agents des services d’immigration dans les aéroports, mais les plus vieilles routes qui ont relié les hommes sont maritimes. Et la France a conquis de nombreux territoires au fil des siècles. Loin de l’apogée territorial de l’Empire colonial, notre pays a su maintenir sa présence sur tous les continents… souvent en conservant archipels ou îles, ici et là.

    C’est le fruit de cette histoire que la France dispose de la seconde plus importante ZEE (Zone économique exclusive) au monde en superficie après les États-Unis, tout en disposant du plus grand nombre de pays frontaliers : 32.

    En plus des 12 pays directement frontaliers par voie terrestre, la France dispose de frontières maritimes avec :

    1. Antigua-et-Barbuda ;
    2. L’Australie ;
    3. La Barbade ;
    4. Le Canada ;
    5. Les Comores ;
    6. La Dominique ;
    7. Fidji ;
    8. Les Kiribati ;
    9. Madagascar ;
    10. Maurice ;
    11. Mozambique ;
    12. La Nouvelle-Zélande ;
    13. Sainte-Lucie ;
    14. Les Salomon ;
    15. Les Samoa ;
    16. Les Seychelles ;
    17. Les Tonga ;
    18. Tuvalu ;
    19. Le Vanuatu ;
    20. Le Venezuela.

    Ainsi, la France traite avec des pays comme le Venezuela ou la Nouvelle-Zélande à propos de leurs frontières respectives. Surprenants, non ? Et encore, on vous réserve des surprises avec un autre article à venir sur ces Français installés en Terre Adélie, tout au sud, en Antarctique.

  • Allemagne, panne conjoncturelle ou structurelle ?

    Allemagne, panne conjoncturelle ou structurelle ?

    L’économie allemande est à la peine depuis la fin de l’épidémie de Covid et, surtout, depuis le début de la guerre en Ukraine. Son PIB a diminué au deuxième trimestre, alors que celui de l’ensemble de la zone euro a progressé de 0,3 point.

    Plusieurs facteurs expliquent les mauvais résultats de la première puissance économique de la zone euro : stagnation du commerce international, faibles niveaux de consommation et d’investissement, et politiques budgétaires restrictives.

    Panne de croissance et faiblesse du commerce international

    De 2010 à 2020, la croissance allemande était légèrement supérieure à la moyenne de la zone euro. Depuis 2021, ce n’est plus le cas : elle est constamment plus faible. La production manufacturière, longtemps la force de l’Allemagne, connaît une forte baisse. Elle a diminué de 15 % entre 2019 et 2024, contre moins de 5 % pour celle de la zone euro. L’industrie allemande a été pénalisée par la hausse des prix de l’énergie et des matières premières, ainsi que par les pénuries de biens intermédiaires. Les secteurs fortement consommateurs d’énergie, comme la sidérurgie, la chimie ou l’automobile, ont réduit leur production de manière significative en 2022 et en 2023.

    L’économie allemande dépend fortement des exportations qui représentent 45 % de son PIB, contre 32 % pour la France. Cette dépendance s’est accrue pour l’Allemagne au cours des quinze dernières années, la part des exportations dans le PIB ayant progressé de 10 points, contre 6 points pour la France. Depuis 2018, les exportations allemandes stagnent. Elles sont même en recul vers la Chine et l’Union européenne.

    Plusieurs facteurs expliquent cette rupture qui met à mal le modèle de croissance de l’Allemagne. À l’exception de la période Covid, la demande en biens industriels progresse moins vite que les services. Le positionnement de l’industrie allemande n’apparaît plus optimal. Les entreprises allemandes sont principalement présentes dans les secteurs de l’automobile, de la chimie, des biens d’équipement et des biens intermédiaires. Ces secteurs subissent de plus en plus la concurrence chinoise.

    L’industrie automobile allemande doit faire face à la montée en puissance des constructeurs chinois de véhicules électriques. Entre 2019 et 2023, la production dans l’industrie automobile et les biens d’équipement a enregistré des baisses de 10 à 15 %. Seule l’industrie des biens de transport hors automobiles progresse de plus de 20 %, grâce aux ventes d’avions. La baisse des exportations s’explique également par le ralentissement de la croissance en Chine et en Europe. La montée du protectionnisme pèse également sur les échanges.

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    Faible investissement des entreprises, faible consommation des ménages

    Le mauvais positionnement sur le marché et le recul de la rentabilité des entreprises sont à la fois la cause et la conséquence de la faiblesse de l’investissement. Depuis 2016, le taux d’investissement des entreprises allemandes est en moyenne inférieur de deux points à celui de la zone euro. Ce déficit d’investissement sera préjudiciable pour la croissance des prochaines années. Les entreprises allemandes préfèrent investir à l’étranger, ce qui nuit à la croissance du pays.

    Depuis 2022, la consommation des ménages allemands stagne. Ces derniers préfèrent épargner. Les augmentations de salaires, qui sont plus élevées que dans la zone euro, ne sont pas affectées aux dépenses courantes ou à l’investissement. Le taux d’épargne des ménages allemands dépasse 21 % du revenu disponible brut, soit deux points de plus qu’avant la crise sanitaire. Ce phénomène est également observé en France. Le taux d’épargne des Allemands est désormais supérieur de plus de 6 points à celui de la zone euro.

    Des politiques budgétaires restrictives, un modèle de croissance à réinventer

    La coalition SPD, FDP et Verts, bien que divisée sur le plan économique, maintient malgré tout une politique budgétaire restrictive. Le déficit public a été ramené à 2 % du PIB en 2023. Pourtant, l’Allemagne a un besoin important de modernisation de ses infrastructures. Le taux d’investissement public demeure faible, autour de 2,7 % du PIB, contre 3,3 % en moyenne au sein de la zone euro. Ce choix nuit à la croissance actuelle et pourrait peser sur celle des prochaines années.

    La sortie de crise pour l’Allemagne suppose une mutation de son modèle de croissance. Les entreprises allemandes doivent se repositionner pour tenir compte des impératifs de la transition écologique. Elles doivent monter encore en gamme pour échapper à la concurrence directe de leurs homologues chinoises. Pour ce faire, elles devront consentir à un effort accru d’investissement.

    Il en va de même pour les pouvoirs publics qui auraient tout intérêt à dénouer les cordons de la bourse pour moderniser les infrastructures du pays. Pour relever les défis auxquels l’Allemagne est confrontée, ses entreprises peuvent compter sur une rentabilité encore correcte et sur le niveau élevé de formation de leurs salariés.

  • Monsieur, Herr, Mister ? Michel Barnier Premier ministre, vu de l’étranger

    Monsieur, Herr, Mister ? Michel Barnier Premier ministre, vu de l’étranger

    C’est finalement Michel Barnier, 73 ans, ancien commissaire européen et négociateur du Brexit, qui a été désigné au poste de Premier ministre et cette nomination a été saluée partout en Europe, même après ses récentes prises de position eurosceptiques.

    En France, où le président a plus de pouvoir que les dirigeants des pays voisins de l’Union européenne (UE), les Premiers ministres suscitent rarement l’intérêt de la communauté internationale. La nomination de Michel Barnier, jeudi 5 septembre, a pourtant entraîné un certain nombre de réactions de la part des dirigeants européens.

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a félicité le nouveau Premier ministre français. L’ancien négociateur du Brexit a « les intérêts de l’Europe et de la France à cœur, comme le prouve sa longue expérience », a-t-elle écrit sur X, lui souhaitant « beaucoup de succès dans sa nouvelle mission ». 

    Commissaire européen à deux reprises, Michel Barnier a notamment dirigé la Task Force 50 de l’UE sur le Brexit. Il a eu l’habitude de côtoyer des dirigeants européens et peut-être plus important encore, des fonctionnaires européens occupant des postes clés au sein de la Commission.

    Parmi eux, le directeur général de la DG Concurrence, Olivier Guersent, ancien chef de cabinet de Michel Barnier lorsqu’il était commissaire au Marché intérieur, et la directrice générale de la DG Commerce, Sabine Weyand, bras droit de Michel Barnier au sein de la Task Force Brexit.

    À noter aussi, Stéphanie Riso, ancienne directrice de la stratégie au sein de la Task Force Brexit, devenue entre-temps directrice générale de la DG Budget — une relation qui pourrait s’avérer utile alors que la France entre dans la procédure de déficit excessif (PDE) et que ses finances publiques sont dans le rouge.

    De Berlin, avec amour

    La nomination de Michel Barnier a également été largement saluée en Allemagne.

    Gunter Krichbaum, chef de file des eurodéputés sur les Affaires européennes pour la CDU, le parti frère des Républicains du nouveau Premier ministre français au sein du PPE, a déclaré à Euractiv qu’il était ravi.

    « Avec lui, la France dispose à sa tête d’un Européen convaincu et expérimenté qui, en tant que commissaire européen, a réussi à faire aboutir de nombreuses négociations apparemment dans l’impasse, par exemple sur le Brexit », a-t-il exposé.

    « Sa nomination est une bonne avancée pour l’Allemagne et l’Europe. »

    Du côté du SPD (S&D), le président de l’Assemblée parlementaire franco-allemande et principal eurodéputé SPD sur les Affaires étrangères, Nils Schmid, a indiqué à Euractiv qu’« en nommant Michel Barnier comme futur chef du gouvernement français, le président Macron a choisi un Européen convaincu ».

    Il a également fait l’éloge de Michel Barnier pour son expérience politique, ajoutant qu’il y voyait « un atout pour les relations bilatérales entre la France et l’Allemagne ».

    Michel Barnier a représenté contre monts et marées les intérêts des 27 capitales européennes au Royaume-Uni en 2020. ©SERGIO PEREZ/EPA-EFE

    Un eurosceptique amoureux de l’UE ?

    Cet éloge est d’autant plus remarquable qu’il ne tient pas compte de certains commentaires du Premier ministre français, qui lors de la primaire des Républicains, en décembre 2021, avait défendu la primauté du droit national sur le droit européen en matière de politique migratoire.

    Les commentaires eurosceptiques de Michel Barnier ne semblent pas non plus avoir traversé la Manche, de nombreuses personnes de l’autre côté de la table des négociations sur le Brexit le considérant toujours comme un Européen authentique et intransigeant sur les règles de l’UE.

    Michel Barnier n’est pas hostile au Royaume-Uni et, contrairement à ce que pensent les partisans du Brexit, il est même anglophile dans une certaine mesure, a affirmé l’ancien eurodéputé travailliste Richard Corbett.

    « Michel Barnier sera une voix prête à repousser la position du Royaume-Uni si elle compromet l’intégrité de l’UE », a réagi à Euractiv Jim Brunsden, responsable de l’équipe macropolitique chez FleishmanHillard Bruxelles.

    « Vous ne pouvez pas avoir un Marché unique à la carte », avait fait savoir Michel Barnier à Euractiv lors d’une conversation la semaine dernière.

    En plus de négliger les récents commentaires eurosceptiques de Michel Barnier, ceux qui commentent sa nomination depuis l’étranger n’ont pas non plus abordé le rôle de « faiseur de rois » du Rassemblement national, qui permet au nouveau Premier ministre français et au parti auquel il appartient, Les Républicains, de survivre au nouveau parlement sans majorité.

    Dans l’ombre de Macron

    La nomination de Michel Barnier reste toutefois paradoxale.

    « Je trouve étrange que le point fort de Michel Barnier soit les affaires européennes, alors qu’Emmanuel Macron voudra conserver la primauté de la politique européenne de la France. Et Michel Barnier n’a pas d’expérience en tant que ministre ou député des Finances et du Budget, ce qui sera son plus grand défi, y compris celui de garder la confiance des marchés »a commenté Lord Peter Ricketts, président de la commission des Affaires européennes de la Chambre des Lords sur X.

    Toutefois, alors que Michel Barnier pourrait ne pas réussir à échapper à l’ombre du très puissant président français, Philipp Lausberg, analyste politique au Centre de politique européenne (EPC), pense que l’influence de l’ancien commissaire sur la politique étrangère française ne devrait pas être surestimée.

    « Sa principale préoccupation sera certainement le budget et le maintien d’une coalition », a affirmé Richard Corbett, qui pense également que Michel Barnier portera principalement son attention sur des questions d’ordre national.

    Même en ce qui concerne les relations entre l’UE et le Royaume-Uni — le point fort du Premier ministre français — Richard Corbett a indiqué qu’il ne voyait pas la nomination de Michel Barnier avoir un impact immédiat sur les relations avec le Royaume-Uni, même si le Premier ministre britannique Keir Starmer a montré qu’il était désireux de ranimer les relations avec l’Union européenne.

    « Quoi qu’il en soit, lorsqu’il s’agit de la relation entre l’UE et le Royaume-Uni, c’est au Conseil de décider, ce qui, dans le cas de la France, signifie Emmanuel Macron plus que Michel Barnier », a conclu Richard Corbett.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 10.09.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 10.09.2024

    Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés du mardi 10 septembre. Dans nos titres : Les dossiers des Français de l’étranger qui attendent un ministre – La constitution laborieuse du gouvernement Barnier – La CFE visite les Français de Chine

    Les dossiers qui attendent le gouvernement

    Cet été, la liaison directe et exclusive entre expatrié et exilé fiscal a refait surface à la une de l’actualité pourtant les sujets concernant nos expatriés ne se réduisent donc pas à la simple façon de les faire payer davantage de taxes. C’est pour cela que le prochain gouvernement trouvera sur les bureaux des différents ministères d’autres dossiers qui touchent au quotidien de nos Français à l’étranger. Au menu : réforme des bourses scolaires, l’organisation des assises de la protection sociale pour nos ressortissants à l’étranger qui avait été actée sous le gouvernement, le Pass culture que les jeunes attendent depuis 2 ans et le serpent de mer qu’est le paiement de la CSG par les résidents hors de l’UE.. Il y a donc du travail qui attend la nomination du ministre.

    Français de l’étranger

    À quand un gouvernement ?

    Nommé par Emmanuel Macron au poste de Premier ministre, Michel Barnier a poursuivi ce lundi 9 septembre ses consultations à Matignon afin de composer son gouvernement. En même temps, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a appelé les socialistes et les écologistes à rejoindre « la majorité relative », constituée selon elle par les centristes et LR à l’Assemblée, mais la gauche prévoit au contraire de censurer le gouvernement Barnier. Il faudra être patient pour connaître le prochain gouvernement français.

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    Michel Barnier ©EPA-EFE/OLIVIER HOSLET

    La sécu des expatriés expliquée aux Français de Chine

    Au plus proche de ses affiliés, la CFE fait régulièrement des déplacements dans les pays où résident les Français de l’étranger. Cet automne, l’équipe de la CFE, avec son partenaire ALEA, vient à la rencontre des Français expatriés en Chine du 18 au 24 septembre 2024 ! À cette occasion, plusieurs évènements seront organisés à Shangaï et Hong-Kong. Alors prêt(e) à découvrir la CFE en Chine ? Les liens d’inscriptions sur l’article dédié sur Lesfrancais.press.

    CFE en Chine

    C’est tout pour ce mardi ! On se retrouve demain pour une nouvelle édition du flash quotidien des expatriés. Belle journée à toutes et à tous   

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • 2 conférences de la CFE en Chine

    2 conférences de la CFE en Chine

    La Caisse des Français de l’Étranger, ou CFE pour les intimes, est tout simplement le prolongement de la Sécurité sociale française à l’étranger. Elle permet aux particuliers et entreprises d’assurer la continuité avec le système français de Sécurité sociale au départ et au retour d’expatriation. Au plus proche de ses affiliés, la CFE fait régulièrement des déplacements dans les pays où résident les Français de l’étranger. Cet automne, l’équipe de la CFE, avec son partenaire ALEA, vient à la rencontre des Français expatriés en Chine du 18 au 24 septembre 2024 ! À cette occasion, plusieurs évènements seront organisés à Shangaï et Hong-Kong. Alors prêt(e) à découvrir la CFE en Chine ?

    La CFE, pour quoi ?

    La CFE propose 3 protections que l’on peut souscrire ensemble ou séparément :

    • Des offres d’assurance santé qui garantit la prise en charge de vos frais de santé ou tout simplement pour garder une couverture en France.
    • Une offre d’assurance retraite, qui permet aux actifs de cotiser pour leur retraite tout en travaillant à l’étranger ;
    • Une offre d’assurance Risques professionnels, qui assure les salariés contre les aléas au travail.

    L’adhésion est volontaire et peut se faire à tout moment que ce soit avant votre départ ou même plusieurs années après votre installation à l’étranger. Votre entreprise peut prendre, dans certains cas, les mensualités à sa charge.

    Concrètement, une adhésion à la CFE offre 3 avantages principaux : 

    • La prise en charge de vos conditions préexistantes. Contrairement aux assurances santé locales ou internationales, les adhérents de la CFE sont couverts et paient le même prix quel que soit l’historique médical. C’est un énorme avantage surtout pour les personnes malades autrement rejetées par les assurances classiques. 
    • La CFE permet, aussi, de rembourser vos dépenses santé, comme si vous n’aviez jamais quitté la France, lors de vos séjours en France de moins de 6 mois.
    • Enfin, si vous retournez vivre en France, vous réintégrez directement la Sécurité sociale sans délai de carence. Vos démarches administratives sont donc facilitées.
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    Qui est son partenaire Alea ?

    Alea a été fondée par un couple francophone dont au moins 20 % des clients sont français. La CFE est une option unique et très avantageuse que le couple souhaite proposer en plus des complémentaires internationales.

    En effet, la CFE en elle-même n’est pas suffisante en Chine et à Hong Kong où les frais médicaux sont très chers. Il est recommandé de souscrire une combinaison de : CFE + complémentaire internationale. C’est là que le partenariat avec Aléa prend tout son sens garantissant aux assurés d’être entièrement protégés.

    Où et quand rencontrer l’équipe de la CFE ?

    Lors des deux rencontres proposées par l’équipe, il sera possible de :

    – Découvrir les produits et services d’assurance santé équivalents à la Sécurité sociale française à l’étranger et en France (lors de vos séjours temporaires),

    – La couverture pour les accidents du travail et les maladies professionnelles,

    – La couverture retraite pour continuer à cotiser à la retraite de base française.

    À Shanghai, le rendez-vous est donné à la CCI FRANCE CHINE Shanghai Office le jeudi 19 septembre à 17h (heure locale).

    À Hong-Kong, le rendez-vous est donné le lundi 23 septembre à 17h (heure locale), le lieu sera communiqué aux inscrits.

    Mais comment s’inscrire ? C’est tout simple, cliquez sur un des deux boutons ci-dessous et inscrivez-vous pour retrouver une couverture globale alignée sur nos standards français.

  • Français de l’étranger : les dossiers sur le bureau du prochain gouvernement

    Français de l’étranger : les dossiers sur le bureau du prochain gouvernement

    Faire de nos expatriés des Français comme les autres. C’est un leitmotiv soutenu par de nombreuses personnes depuis des années, quelle que soit la couleur politique. Beaucoup œuvrent ainsi en ce sens. L’objectif partagé est d’ailleurs double : d’une part casser l’image de l’exilé à l’étranger qui fuirait les taxes nationales. Et, d’autre part, intégrer dans les lois françaises des dispositions spécifiques pour répondre au besoin de nos compatriotes vivant hors de France et les soutenir. Bref, faire en sorte que nos ressortissants présents dans les quatre coins du monde soient effectivement des Français à part entière.

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    Cet été, la liaison directe et exclusive entre expatrié et exilé fiscal a refait surface à la une de l’actualité. Or, ce serait une erreur de regarder notre diaspora à l’étranger sous cet unique prisme de la taxation. Notre communauté à l’étranger représente en effet près de 3.000.000 individus. Cette population équivaut au nombre de personnes recensées dans les quatre plus grandes villes de France, hors Paris. Aussi imagine-t-on s’adresser aux habitants de Marseille, Lyon, Toulouse et Nice réunis uniquement en leur parlant augmentation des impôts ? 

    La fiscalité ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt de sujets pour nos expatriés

    Les sujets concernant nos expatriés ne se réduisent donc pas à la simple façon de les faire payer davantage de taxes. C’est pour cela que le prochain gouvernement trouvera sur les bureaux des différents ministères d’autres dossiers qui touchent au quotidien de nos Français à l’étranger. Lesfrancais.press fait le point sur les principales questions qui attendent une réponse de la prochaine équipe gouvernementale. Des lycées à la santé, en passant par la culture et les résidences en France. 

    Écoles françaises à l’étranger : un système des bourses scolaires à réformer ?

    C’est ainsi qu’en matière d’éducation et de présence des établissements français à l’étranger, la rentrée rappelle les enjeux stratégiques de ces écoles. Navire amiral de l’influence de notre pays en dehors de nos frontières, le cap du doublement des effectifs à l’horizon 2030 sera-t-il maintenu ? En effet, l’objectif du Président de la République est d’atteindre à cette date les 700 .000 élèves scolarisés dans le réseau scolaire de l’AEFE (Agence pour l’enseignement Français à l’étranger).

    Or, certains acteurs mettent actuellement en avant une volonté de « qualité » plus que de quantité pour nos élèves. Pour les parents, 

     » C’est le système des bourses scolaires qui semble ne plus être adapté.  »

     Il se craquelle de plus en plus, et ne répondrait aux réalités du terrain.

    Le Lycée français de Tokyo

    Le statut des professeurs fait aussi l’objet de réflexion, tout comme la place à trouver pour les établissements privés qui se sont créés ces dernières années à l’étranger. Autre réforme attendue : Parcoursup ! En effet, si obtenir son baccalauréat dans un établissement français à l’étranger est un atout, celui-ci se transforme en contrainte quand il s’agit d’inscrire ses vœux sur la plateforme ouvrant les portes aux études supérieures en France. Les témoignages en ce sens abondent.

    La protection sociale des expatriés : stop ou encore pour le prochain gouvernement ?

    Le nouveau Premier Ministre et ses futurs Ministres trouveront aussi sur leurs tables de travail le dossier de la protection sociale. L’organisation des assises de la protection sociale pour nos ressortissants à l’étranger avait été actée sous le gouvernement Attal, en partie grâce à l’action de l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger). Qu’en sera-t-il de ce projet ? Ce débat aura-t-il lieu ? Quelles propositions concrètes et quel calendrier seront des lors retenus ? Tant il est vrai que nos expatriés se trouvent très souvent confrontés à divers problèmes dans leur vie de tous les jours. Pour la prochaine équipe ministérielle,

    « Il s’agira également de trouver des solutions efficaces pour assurer la pérennité de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) »

    En outre, sur les dossiers liés à la retraite, à l’accès aux soins de santé, ou bien encore au soutien à des personnes en situation de handicap, ou à l’accompagnement du grand âge, les demandes sont nombreuses chez les expatriés.

    Pass culture, quel avenir pour les jeunes vivant hors de France ?

    Promesse de Gascon ou réalité prochaine, la date de lancement du Pass Culture pour les Français de l’étranger reste encore un mystère ? Disponible depuis 2022 en France métropolitaine et en outre-mer, ce sésame facilite l’accès des moins de 18 ans à des biens et des services culturels, comme, par exemple, des places de cinéma, de concert, de théâtre, ou bien des billets d’entrée de musée, ou l’achat de livres, … Pour les jeunes vivant hors de France, la mise en place de ce Pass est sans cesse repoussée. Ce dispositif, pourtant promesse du candidat Macron lors de sa campagne présidentielle en 2022, sera-t-il abandonné ou pas par le futur Ministre de la Culture ?

    CSG – CRDS pour les Français de l’étranger : le serpent de mer

    S’il ne doit pas être l’unique sujet relié aux Français de l’étranger, la question de la fiscalité se pose cependant. La première d’entre-elles concerne les contributions sociales.  

    Quand Bercy cessera-t-il de prélever la CSG-CRDS à nos ressortissants vivant hors de l’Union européenne ?

    En effet, la Cour de justice de l’Union européenne rappelle que cette taxe est liée au régime de protection sociale qui couvre le contribuable. C’est pour cela que la plupart de nos expatriés ne devraient donc pas s’acquitter de ce type de ponctions.

    Autre chantier ouvert depuis plusieurs années, celui de la résidence d’attache ou de repli. Lien avec leur pays d’origine, le bien immobilier que possède un Français de l’étranger dans son pays d’origine doit-il ou non bénéficier des avantages d’une résidence secondaire (exemple de la suppression de la taxe d’habitation, de l’accès à la Prime Renov,…) ? La réponse reste encore posée. Une conclusion sera-t-elle trouvée dans les prochains mois ? Enfin, quel avenir sera également accordé aux propositions de l’été sur la taxation, plus globale, des expatriés ? Simple positionnement politique conjoncturel ou volonté structurelle d’imposition de notre diaspora, partout où elle se trouve ? La rentrée budgétaire et les premières discussions parlementaires donneront des éléments sur la place qui sera attribuée à nos expatriés par le gouvernement de Michel Barnier.

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    Vers un budget pluriannuel pour l’Action Extérieure de l’Etat ?

    En effet, le futur budget apportera une réponse sur la volonté, ou non, de faire de nos expatriés des Français à part entière. La loi de finances pour 2025 sera ainsi décortiquée, tant sur les axes diplomatiques, que sur celui du consulaire. Nous informerons également sur les montants qui seront aussi accordés aux aides sociales, au soutien à la scolarité, au rayonnement culturel, ou bien encore sur les diverses autres actions du quotidien concernant nos Français vivant à l‘étranger.

    En 2024, les montants finaux avaient été rabotés en raison de la conjoncture. Pour éviter ces coupes budgétaires décidées annuellement par l’exécutif, l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) a d’ailleurs proposé lors de sa session plénière d’octobre 2023 de

    « changer de paradigme budgétaire pour les questions liées à nos ressortissants vivant hors de France. »

    Il s’agirait dès lors de proposer une vision pluriannuelle et de mettre ainsi en place une loi de programmation pour l’Action Extérieure de l’État sur plusieurs années. Transmise au précédent gouvernement, la prochaine équipe ministérielle devra, entre autres, se positionner sur cette demande des élus.

    Michel Barnier
    Michel Barnier

    Pour autant, quelle place occuperont les expatriés dans la prochaine équipe Barnier ? A quel portefeuille seront-ils finalement rattachés ? Dépendront-ils toujours du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ? Une organisation que le nouveau locataire de Matignon connaît pour avoir déjà dirigé le Quai d’Orsay dans le passé.

    Le mot même d’expatrié figurera-t-il dans le discours de politique générale du Premier Ministre Barnier devant l’Assemblée nationale ?

    Cependant, sera-t-il possible d’ignorer près de 3 .000.000 de nos ressortissants qui vivent hors de nos frontières lors de la présentation des priorités politiques du nouveau locataire de Matignon ? D’ailleurs lors de son interview sur TF1 24 heures après sa nomination, le Premier Ministre, Michel Barnier a cité les Français de l’étrange : « ils défendent une partie de l’influence française à l’étranger » a-t-il dit. Les thèmes qui, dans ce cadre-là concernent leur quotidien ne manquent pas. Néanmoins, cette première feuille de route présentée dans cet article n’est pas exhaustive. Il s’agit, en effet, des principaux dossiers concernant les expatriés que trouvera en arrivant le nouveau gouvernement. Il y en a bien d’autres. Vous les connaissez, et vous les retrouvez tout au long de l’année dans Lesfrancais.press.

  • Un vent nouveau pour les finances publiques ?

    Un vent nouveau pour les finances publiques ?

    Le déficit public de la France n’en finit pas de se creuser. Après avoir atteint 5,5 % en 2023, il pourrait, en l’absence de changement, s’élever à 5,6 % en 2024, puis à 6,2 % en 2025. Le ministère de l’Économie et des Finances prévoit même qu’il atteigne -6,7 % en 2026 et ne revienne qu’à -6,5 % en 2027, soit plus du double du taux prévu dans le cadre de la loi pluriannuelle des finances publiques.

    Pour l’instant, la France n’éprouve pas de réelles difficultés à emprunter sur les marchés financiers. À ce titre, il ne faut pas oublier qu’elle sera le pays qui empruntera le plus en Europe en 2024, avec 285 milliards d’euros, dont au moins la moitié auprès d’investisseurs étrangers. L’écart de taux avec l’Allemagne, pays de référence au sein de l’Union, n’a connu qu’une légère hausse, passant de 0,5 à 0,7 point depuis l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale.

    La France pourrait-elle connaître, dans les prochains mois, un scénario similaire à celui de l’Italie ou de la Grèce ? Un mouvement de défiance pourrait-il provoquer une hausse des taux d’intérêt au point de poser la question de la solvabilité de l’État ? Les marchés et les investisseurs détestent les mauvaises surprises et les omissions. La crise grecque entre 2010 et 2012 a été provoquée par la découverte de déficits publics sans rapport avec ceux précédemment communiqués par les autorités.

    Faute avouée est à demi pardonnée. Le non-respect des recommandations des institutions publiques, telles que celles de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne ou du Fonds monétaire international, est également jugé sévèrement par les investisseurs. Ils condamnent les États qui ne montrent aucune volonté de maîtriser leurs finances publiques. Enfin, ils évaluent le potentiel de remboursement des États en s’appuyant sur leur croissance, leur taux d’épargne, leur capacité à lever des impôts et l’évolution de leur population active. En cas d’incapacité ou de refus du gouvernement de suivre les consignes européennes, en cas de manque de crédibilité du plan budgétaire de ce dernier, l’écart de taux avec l’Allemagne pourrait s’accentuer.

    La France devait soumettre aux autorités européennes son plan de réduction des déficits d’ici le 20 septembre, sachant qu’elle fait l’objet d’une procédure pour déficit excessif depuis le 26 juillet 2024, aux côtés de six autres États membres. La nomination de Michel Barnier, ancien commissaire européen, au poste de Premier ministre constitue un gage de crédibilité. Néanmoins, en cas de présentation par le nouveau gouvernement d’un budget irréaliste ou d’absence de budget comme ce fut le cas au Royaume-Uni en octobre 2022, la France pourrait connaître quelques tensions financières.

    Les États de l’Union, y compris la Grèce et l’Italie, ont toujours suivi les recommandations de la Commission.

    Jusqu’à présent, les États de l’Union, y compris la Grèce et l’Italie, ont toujours suivi les recommandations de la Commission, du moins dans les grandes lignes. Pour se conformer au Pacte de stabilité européen, la France pourrait être contrainte, d’ici 2028, de réaliser jusqu’à 100 milliards d’euros d’économies ou de hausses d’impôts, un effort qu’elle n’a jamais consenti par le passé.

    Ces économies seront d’autant plus difficiles à réaliser que les besoins de dépenses sont nombreux : santé, transition écologique, éducation, sécurité intérieure et extérieure, dépendance et retraites. Les marges de manœuvre fiscales sont extrêmement limitées. Les mouvements sociaux comme ceux des Bonnets rouges ou des Gilets jaunes ont montré que l’acceptabilité de l’impôt est en recul en France.

    Les économies, tout comme les hausses d’impôts, sources de mécontentement, pèseront sur la croissance, réduisant ainsi les gains de pouvoir d’achat.

    Les pouvoirs publics devraient opter pour un choc de croissance

    Sans choc de productivité, les années à venir risquent d’avoir un goût amer. À tout prendre, les pouvoirs publics devraient opter pour un choc de croissance, en combinant hausse du pouvoir d’achat et diminution des coûts de production.

    La modification du mode de calcul des cotisations sociales pourrait y contribuer. Pour supprimer les effets de seuil, un abattement total des charges sur les 800 premiers euros pour un emploi à temps complet, en remplacement de tous les dispositifs actuels d’exonération, pourrait être envisagé. Une véritable politique de suppression des niches fiscales, avec pour objectif des impôts plus neutres économiquement, caractérisés par une large assiette et de faibles taux, pourrait enfin être appliquée.

    Le point le plus sensible reste les dépenses sociales. Faut-il davantage tenir compte du niveau de revenu pour l’attribution des aides à la santé ou à la dépendance ? La question mérite d’être posée. Des solutions existent pour éviter le naufrage, mais elles supposent un minimum de consensus.

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