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  • Vacances en France ? Ce qui a changé en 2024

    Vacances en France ? Ce qui a changé en 2024

    Comme beaucoup de Français de l’étranger, vous vous apprêtez à prendre le chemin de la France pour passer les fêtes de fin d’année en famille ou avec vos amis. Mais savez-vous ce qui a changé en 2024 en France. On fait le point pour les expatriés sur les petites règles créées au cours des 12 derniers mois dans l’hexagone.

    Le permis de conduire ouvert aux jeunes de 17 ans

    L’examen du permis de conduire est désormais ouvert aux jeunes de 17 ans. Comme le stipulait le décret du 20 décembre 2023, depuis le 1er janvier 2024, les adolescents de 17 ans révolus peuvent s’inscrire en auto-école et conduire dès l’obtention de leur permis B. Il leur faudra bien entendu être détenteurs du code avant de pouvoir effectuer leur inscription. Auparavant, seules les personnes de 18 ans pouvaient conduire légalement en toute autonomie.

    Les sanctions pour les excès de vitesse inférieurs à 5 km/h allégées

    La mesure avait été votée en décembre 2023 : à partir de janvier 2024, les conducteurs responsables d’excès de vitesse inférieurs à 5 km/h au-dessus de la limite autorisée ne sont plus pénalisés par des retraits de points sur leur permis de conduire. Ils peuvent néanmoins être sanctionnés d’amendes allant de 68 à 135 euros. Le retrait de points de permis reste en vigueur pour les excès de vitesse compris entre 5 et 20 km/h.

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    Voiture

    Le bonus réparation élargi

    Autre point positif pour le pouvoir d’achat des Français et ouvert aussi à ceux de passage, le bonus réparation, en vigueur depuis 2022, a doublé pour cinq appareils du quotidien : lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge, aspirateur et téléviseur. Il a aussi augmenté pour une vingtaine de produits, et 24 nouveaux équipements y sont désormais éligibles. Une réparation pour les casses accidentelles est désormais possible, indique le site du gouvernement, de même que la réparation à distance est à présent couverte. Pour en bénéficier, il suffit de se rendre chez un réparateur labellisé pour faire réparer tout produit inclus dans la liste. Le montant sera directement déduit de votre facture.

    Le tri des biodéchets devient obligatoire

    Depuis le 1er janvier 2024, les règles ont changé pour le tri collectif, avec l’obligation, pour tous les particuliers et professionnels, de trier leurs biodéchets : « Les déchets non dangereux biodégradables de jardin ou de parc, les déchets alimentaires ou de cuisine provenant des ménages, des bureaux, des restaurants, du commerce de gros, des cantines, des traiteurs ou des magasins de vente au détail, ainsi que les déchets comparables provenant des usines de transformation de denrées alimentaires », comme le définit l’article L. 541-1-1 du code de l’environnement.

    Chaque foyers et entreprises ont dû donc mettre en place leur propre solution de tri à la source, par bac à compost ou bac de tri, afin de que ces déchets puissent être traités. Une mise en conformité répondant au droit européen et à la loi anti gaspillage de 2020. Si vous ne l’avez pas fait, pensez-y une fois rentré chez vous ou vos proches.

    Pôle emploi est devenu France Travail

    Si vous comptez rentrer définitivement rentrer en France, ce n’est plus Pôle Emploi, et encore moins l’ANPE, qu’il faudra contacter. En effet, depuis janvier 2024, Pôle emploi a réalisé sa mue pour devenir France Travail, nouvel opérateur du service public de l’emploi. Ce dispositif, point phare du projet de loi pour le plein emploi voté en décembre 2023, devait permettre une meilleure prise en charge avec une mise en relation effective des différents acteurs de l’emploi, facilitant le lien entre candidats et employeurs. Pour autant, les retours des chômeurs ne décrivent pas de changement majeur.

  • Des vertus de la crise politique

    Des vertus de la crise politique

    Ces derniers temps, les Français sont peut-être fâchés avec la politique mais celle-ci demeure une passion éminemment française. Plus que partout ailleurs, elle affecte la confiance des ménages et l’économie. Si en Belgique, l’absence de gouvernement durant plus d’un an n’avait pas eu de réelles incidences sur la croissance, il pourrait en être tout autrement pour la France.

    La forte sensibilité de la conjoncture à la politique s’explique notamment par le poids élevé des dépenses publiques (57 % du PIB), le nombre élevé d’emplois publics, soit près de 5,7 millions auxquels il convient d’ajouter 800 000 salariés travaillant dans les entreprises publiques.

    La dépendance à la politique est liée au caractère centralisé de la France.  

    La non-adoption des projets de loi de finances pour 2025 a créé un réel émoi au sein de la population même si une loi fiscale d’urgence devrait être adoptée afin de garantir la continuité des services de l’État et la levée de l’impôt.

    Annie Genevard, Michel Barnier et Nathalie Delattre lors de la session de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale à Paris, le 26 Novembre 2024 @Jacques Witt/SIPA/2411261732

    La dépendance à la politique est liée au caractère centralisé de la France. Le pays demeure marqué par la primauté d’un pouvoir vertical, par la faiblesse des corps intermédiaires (produits de la monarchie absolue, de la Révolution, des deux Empires et de la Ve République). Les économies des pays fédéraux comme les États-Unis ou l’Allemagne reposent moins sur la vie politique de la capitale que la France. De nombreux secteurs d’activité comme l’agriculture, l’automobile ou le bâtiment, attendent des mesures de soutien de part du pouvoir central. En France, tout problème tend à remonter au sommet. À défaut de réponses concrètes de celui-ci, les acteurs économiques semblent être gagnés par l’immobilisme et la dépression.

    Les ménages renoncent à la consommation et mettent de l’argent de côté par précaution. Au troisième trimestre, le taux d’épargne a ainsi atteint 18,2 % du revenu disponible brut, soit plus de trois points au-dessus du niveau d’avant Covid. La crainte d’une dégradation de la conjoncture, d’une augmentation du chômage ou d’une hausse des prélèvements pousse les ménages à mettre de l’argent de côté. le sentiment de défiance est élevé.

    L’autre peut payer, c’est bien connu !  

    Les ménages ne perçoivent pas, pour le moment, la baisse de l’inflation ni les gains de pouvoir d’achat. Le souvenir de la hausse des prix des produits agricoles et de l’énergie demeure vif. Si les révélations sur la dérive des finances publiques inquiètent les Français, pour autant ces derniers rejettent tous les efforts susceptibles de l’endiguer. Tel le mistigri ou le jeu de bonneteau, La responsabilité des déficits et de l’accroissement des dépenses est sans cesse renvoyée sur autrui. L’autre peut payer, c’est bien connu ! Les anti-européens sont même capables d’affirmer que la BCE paiera.

    L’autre peut payer, c’est bien connu !  
    L’autre peut payer, c’est bien connu !  

    La France est aujourd’hui protégée par la monnaie unique. Avec des montants moins élevés de déficits publics et commerciaux dans les années 1980, l’Etat avait été contraint de faire appel à des emprunts étrangers auprès des pays du Golfe. La monnaie unique a supprimé les problèmes de réserve de change. Au-delà de l’ironie de l’affaire, l’Union européenne ne passera pas éternellement l’éponge sur les errements budgétaires de la France qui, à terme, pourrait porter atteinte à la crédibilité de l’euro.

    L’idée que la France puisse indéfiniment s’affranchir des règles de bonne gestion communes est une illusion

    L’idée que la France puisse indéfiniment s’affranchir des règles de bonne gestion communes au nom de son poids systémique sur le plan financier est une illusion. La faiblesse de l’Allemagne et ses problèmes politiques donnent sans nul doute un répit à la France. Néanmoins, en cas de nouvelle dérive du déficit, une mise en garde des autorités européennes pourrait jeter un froid sur les marché et provoquer une hausse des taux d’intérêt qui pénaliserait tous les agents économiques.

    L’idée que la France puisse indéfiniment s’affranchir des règles de bonne gestion communes est une illusion
    L’idée que la France puisse indéfiniment s’affranchir des règles de bonne gestion communes est une illusion

    Pour le moment, il n’y a pas de menace pour le financement de l’État qui devra émettre la somme record de 300 milliards d’euros d’emprunts en 2025. Les investisseurs internationaux sont néanmoins de plus en plus dubitatifs sur la situation de la France. S’ils ne retirent pas massivement leurs capitaux du pays, ils n’en n’injectent plus guère. Le CAC40, indice des 40 premières valeurs françaises, est en recul de près de 8 % entre juin et décembre quand l’indice concurrent allemand, le Dax, progresse sur la même période de 9 % et l’indice américain S&P 500 de 14 %. Or, au vu de ses déficits, la France a un besoin de capitaux étrangers.

    Il y a une vie sans l’État et sans les administrations

    La crise politique que connaît la France depuis le mois de juin devrait être l’occasion pour l’économie de s’affranchir du politique. Les entreprises comme les ménages devraient prendre conscience qu’il y a une vie sans l’État et sans les administrations. Être moins en attente de la puissance publique, de ses aides, de ses exonérations serait un grand progrès. Cette crise devrait être l’occasion de repenser les solidarités économiques. Ces dernières décennies, la Vendée, département longtemps pauvre, doit son essor, non pas à l’État, mais à la coopération des entreprises familiales entre elles et avec les collectivités locales. Elle le doit à une diversification de son économie et à une montée en gamme que ce soit pour l’agro-alimentaire, le nautisme ou le tourisme. Les villes ou les régions, en France, qui ont connu un développement économique comme Angers, Caen, les Pays de la Loire ne l’ont pas obtenu grâce à l’État mais grâce à une mobilisation des acteurs locaux. Depuis Napoléon Bonaparte, les batailles se gagnent avant tout par le mouvement et non par la taille des armées. En économie, il en est de même. La crise politique au niveau national doit servir de révélateur à l’ensemble des acteurs économiques pour récuser l’immobilisme et aller de l’avant.

  • Élection en Roumanie : les autorités procèdent à des perquisitions liées au candidat pro-russe Călin Georgescu

    Élection en Roumanie : les autorités procèdent à des perquisitions liées au candidat pro-russe Călin Georgescu

    Au cours du weekend du 7-8 décembre, les autorités roumaines ont procédé à des perquisitions visant des personnes liées à la campagne présidentielle du candidat pro-russe  Călin Georgescu, alors que la Cour constitutionnelle de Roumanie a invalidé les résultats du premier tour du scrutin.

    Les enquêteurs ont perquisitionné trois propriétés appartenant à l’homme d’affaires Bogdan Peșchir à Brașov, dans le centre de la Roumanie. 7 millions de dollars, des ordinateurs et d’autres équipements ont été saisis.

    La police soupçonne Bodgan Peșchir d’avoir financé la campagne TikTok de Călin Georgescu, malgré la déclaration officielle de dépenses nulles du candidat. L’homme d’affaires a été interrogé, mais les procureurs ont décidé de le libérer sans mesures restrictives.

    L’enquête porte sur des allégations de corruption électorale, de blanchiment d’argent, de falsification informatique et de violation des lois interdisant les organisations et symboles fascistes, racistes ou xénophobes.

    Selon les documents soumis par le service de renseignement roumain (SRI) au Conseil suprême de la défense nationale (CSAT), Bodgan Peșchir a utilisé le compte TikTok « bogpr » pour financer la campagne de Călin Georgescu à hauteur de plus d’un million d’euros.

    Les représentants de la plateforme chinoise TikTok ont confirmé l’identité du compte et ont signalé des paiements d’un montant total de 381 000 $ effectués entre le 24 octobre et le 24 novembre 2024 à divers utilisateurs promouvant le candidat pro-russe, a indiqué le service roumain de renseignement.

    Par ailleurs, 18 perquisitions ont été menées samedi 7 décembre contre des extrémistes qui avaient récemment fait le salut nazi sur un monument dédié à Corneliu Zelea Codreanu, le chef de la légion de l’entre-deux-guerres admiré par certains Roumains.

    Les perquisitions ont également visé des individus qui avaient proféré des menaces sur les réseaux sociaux et appelé à la rébellion après l’annulation par la Cour constitutionnelle du premier tour de l’élection présidentielle.

    Dans la nuit de samedi à dimanche, la police a arrêté plusieurs voitures qui se rendaient à Bucarest. Vingt personnes, dont Horațiu Potra — le chef des mercenaires qui protègent Călin Georgescu — ont été interrogées. La police a trouvé dans leurs véhicules un arsenal d’armes, dont des dizaines d’armes blanches, du matériel pyrotechnique et d’importantes sommes d’argent.

    Les partisans de l'Alliance pour l'Unité des Roumains (AUR) écoutent le discours du leader du parti George Simion devant le bureau de vote du Collège national 'Mihai Viteazul' à Bucarest, Roumanie, 08 décembre 2024. ©EPA-EFE/ROBERT GHEMENT
    Les partisans de l’Alliance pour l’Unité des Roumains (AUR) écoutent le discours du leader du parti George Simion devant le bureau de vote du Collège national ‘Mihai Viteazul’ à Bucarest, Roumanie, 08 décembre 2024. ©EPA-EFE/ROBERT GHEMENT

    Laura Antimiu, porte-parole de la police du comté de Prahova, a déclaré que deux personnes avaient été inculpées pour violation de la réglementation sur les armes et les munitions.

    Les autorités soupçonnent Horațiu Potra, un ancien combattant de la Légion étrangère ayant combattu en Afrique, d’avoir orchestré une campagne d’intimidation. Călin Georgescu lui-même s’est rendu dimanche dans un bureau de vote à Mogoșoaia, près de Bucarest, malgré l’annulation des élections.

    Une centaine de personnes étaient présentes, protestant contre le fait qu’elles n’avaient pas pu voter. Samedi, l’équipe de campagne du candidat pro-russe a publié une déclaration affirmant que les Roumains avaient le droit de se présenter aux bureaux de vote et « d’attendre d’être reçus ».

    Dans un contexte de tensions accrues, le dirigeant du parti d’extrême droite de l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR), George Simion, a lancé un appel au calme inhabituel, déclarant que son parti souhaitait la paix et la stabilité

    « Nous ne voulons pas non plus le chaos… Il est important de rester calme. La Roumanie doit être un pays démocratique, qui fait partie du monde libre, de l’Union européenne et de l’OTAN, et qui a confiance en son potentiel », s’est exprimé George Simion lors d’un événement à Bucarest.

    L’eurodéputé Claudiu Târziu (AUR, Conservateurs et Réformistes européens/CRE) a quant à lui défendu les extrémistes visés par les perquisitions de police, comparant de manière controversée ceux qui ont fait le salut nazi aux victimes de l’oppression communiste.

    Désinformation sur les réseaux sociaux

    Parallèlement, la désinformation continue de se répandre sur les réseaux sociaux, en particulier sur TikTok.

    Dimanche, le ministère de la Défense nationale a mis en garde contre les fausses affirmations concernant des vidéos montrant le déplacement d’équipements militaires. Les images, qui ont été tournées plus tôt, sont présentées comme ayant eu lieu le 7 décembre.

    Le président Klaus Iohannis a annoncé sur X qu’il s’était entretenu avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et qu’il avait convenu de la nécessité de renforcer la sécurité des réseaux sociaux.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 10.12.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 10.12.2024

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le mardi 10 décembre, et vous écoutez le flash quotidien des expatriés, dans nos titres : Les agriculteurs vent debout contre la Commission européenne – Violence sur les femmes expatriées, quelles solutions ? – En France, la recherche de la perle rare pour Matignon occupe tous les esprits

    Le Mercosur signé, les agriculteurs dans les rues ?

    Lancées en 1999, les négociations sur l’accord UE-Mercosur ont abouti à un premier accord politique en 2019, mais la ratification par les États membres a toutefois été retardée en raison des préoccupations concernant les divergences de normes environnementales entre l’UE et les pays du bloc sud-américain, et sur fond de protestations accrues des agriculteurs. Ce vendredi 06 décembre, le protocole a repris son parcours avec la signature du traité de libre-échange avec l’espace économique Mercosur par Ursula von der Leyen à Montevideo. Si en France, les politiques jurent la main sur le cœur que le traité ne sera pas ratifié, il y a très peu de chance que ce ne soit pas le cas. En effet, seules, l’Italie, la Pologne et la France s’y opposent, or il faut au moins que 4 pays qui représenteraient au moins 25% de la population refusent de le ratifier pour l’annuler. Les agriculteurs, mais aussi les Français, devront donc s’adapter à ce nouveau monde et ses nouvelles règles.

    Lutter contre les violences même en expatriation

    En 2024, selon les chiffres de « France Consulaire » , 162 victimes de violences ont été accompagnées par le réseau consulaire, dont 109 pour des violences conjugales. Parmi elles, on compte également 12 mariages forcés et 41 viols signalés auprès des ambassades. Mais ces chiffres, bien que significatifs, sont loin de refléter la réalité. Il y a quelques jours la députée des Français de la Xème circonscription des Français de l’étranger, Amélia Lakrafi, avec l’association la Fibre, a organisé un webinaire sur ce thème. Dans un article sur Lesfrancais.press, vous pourrez retrouver le webinaire, son résumé, et toutes les coordonnées utiles.

    Face aux violences subies par les Français à l’étranger, l’engagement d’Amélia Lakrafi

    Une réunion transpartisane pour un Premier ministre

    Emmanuel Macron a proposé ce lundi une « nouvelle méthode » pour construire le futur gouvernement, qui passerait par l’organisation d’une « réunion des différentes forces politiques pour échanger sur une plateforme programmatique », ont indiqué les responsables des Écologistes, après une consultation à l’Élysée. Selon Marine Tondelier, le président de la République a également indiqué que « la solution ne pourrait plus ou pas reposer sur un accord avec le Rassemblement national ». « Il a été très clair sur le fait que le Rassemblement national, pour lui, n’était pas dans le périmètre des partis qui souhaitaient discuter », a-t-elle ajouté. Cela « correspond à ce qu’il pense, qu’il faut s’extraire des griffes du RN et de LFI », a pour sa part commenté un proche du président auprès de l’AFP. Pour l’instant, les partis ont accepté de se rendre au palais présidentiel à l’exception de LFI qui a refusé. On ne sait pas si Marine Le Pen sera invitée. Selon les commentateurs, tout devrait se jouer ce mardi.

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 03.09.2024

    C’est ainsi qu’on conclut le flash quotidien des expatriés de ce mardi 10 décembre, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger. Bon mardi à toutes et à tous où que vous soyez !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Les Talents extraordinaires de TV5MONDEplus

    Les Talents extraordinaires de TV5MONDEplus

    A l’occasion de la journée internationale des personnes en situation de handicap, ce mardi 3 décembre, TV5MONDEplus, a lancé sa nouvelle création originale : «Talents extraordinaires». Une mini-série de 6 épisodes de 10 minutes qui nous plonge dans le quotidien d’artistes sourds, malvoyants, paraplégiques ou encore trisomiques.

    6 épisodes de 10 minutes

    TV5Monde diffuse, depuis le mardi 3 décembre 2024, la mini-série Talents extraordinaires (6 x 10′) qui donne la parole à des artistes en situation de handicap. Elle se veut « une plongée à la fois intime, pédagogique et authentique dans le quotidien d’artistes sourds, malvoyants, paraplégiques ou encore trisomiques » qui ont tous réussi à surmonter de nombreux obstacles, souligne le communiqué. La série est produite par Gonzaï Média et réalisée par Sacha Trehorel, Margaux Deslandes et Aguérine Zar.

    Les épisodes sont désormais disponibles sur la seule plateforme francophone gratuite et francophone mondiale, TV5MONDEplus.


    https://www.tv5mondeplus.com/login

    Le handicap et la création artistique

    En six épisodes, « Talents Extraordinaires » donne, ainsi, la parole à six artistes ou groupes en situation de handicap qui prouvent que la différence peut être une force. Une plongée à la fois intime, pédagogique et authentique dans le quotidien d’artistes sourds, malvoyants, paraplégiques ou encore trisomiques. Leur point commun, au-delà des genres et de leurs parcours si singuliers ? Être devenus des super-héros dans leurs domaines et avoir réussi à surmonter de nombreux obstacles.

    Des scènes de vie quotidienne pas si ordinaires

    Lancée à l’occasion de la journée internationale des personnes en situation de handicap, la série s’intéresse à Mohamed Lamouri, chanteur aveugle de raï sentimental qui œuvre sur la ligne 2 du métro parisien, à Anja Linder, harpiste devenue paraplégique qui est notamment intervenue lors de la cérémonie des jeux Paralympiques de Paris, à M.R.S, soit « Matteo Rappeur Sourd », au Wild Classical Music Ensemble, groupe de rock belge composé de musiciens en situation de handicap visuel ou mental, aux rappeurs belges atteints de trisomie 21 Choolers Division et à Percujam, groupe mêlant éducateurs et musiciens autistes.

    Les Talents extraordinaires de TV5MONDEplus
    Les Talents extraordinaires de TV5MONDEplus

  • Face aux violences subies par les Français à l’étranger, l’engagement d’Amélia Lakrafi

    Face aux violences subies par les Français à l’étranger, l’engagement d’Amélia Lakrafi

    C’est une voix forte dans la lutte contre les violences, toutes les violences, que peuvent subir les Français de l’étranger, que reçoit Lesfrancais.press. Et cette voix est celle de la députée « Ensemble pour la République » Amélia Lakrafi, représentante de la 10eme circonscription des Français établis hors de France. Un territoire électoral qui compte, entre autres, près de 50 pays répartis entre le Proche-Orient, l’Afrique et l’Océan Indien. Mais que ce soit au Palais Bourbon ou bien à la tête de son association, La Fibre (la Fédération internationale des bienfaisances et entraide des résidents à l’étranger) l’engagement de cette parlementaire ne faiblit pas et traduit une volonté profonde d’apporter des solutions concrètes et adaptées à chacun.

    Un constat alarmant : « La violence ne s’arrête pas à la frontière »

    La lutte contre les violences conjugales reste un sujet central dans les actions d’Amélia Lakrafi. Lors d’un webinaire organisé par La Fibre à l’occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, la députée a soulevé une question cruciale : « Si une femme vient me voir demain et me dit qu’elle est victime, qu’elle a peur, qu’est-ce que je fais concrètement ? ». À travers cet événement, la parlementaire a mobilisé associations, élus locaux et diplomates pour mieux structurer l’accompagnement des victimes.

    Séance publique de questions au Gouvernement du 22 octobre 2024 à l'Assemblée nationale - Question de Amélia Lakrafi, députée des Français établis hors de France
    Séance publique de questions au Gouvernement du 22 octobre 2024 à l’Assemblée nationale – Question de Amélia Lakrafi, députée des Français établis hors de France

    En outre, elle rappelle que les violences conjugales, qu’elles soient physiques, psychologiques ou économiques, ne disparaissent pas lorsque l’on quitte le territoire français : « Comme si, quand un homme est violent sur le territoire, en quittant la France, la violence s’en allait… Non, la violence reste là. ».

    Un réseau consulaire mobilisé, mais encore méconnu

    En 2024, selon les chiffres de « France Consulaire« , 162 victimes de violences ont été accompagnées par le réseau consulaire, dont 109 pour des violences conjugales. Parmi elles, on compte également  12 mariages forcés et 41 viols signalés auprès des ambassades. Mais ces chiffres, bien que significatifs, sont loin de refléter la réalité : 

    « On pense que c’est bien en deçà de la réalité. L’information n’arrive pas encore aux femmes qui en ont besoin. »

    Amélia Lakrafi, députée 10e circonscription des Français établis hors de France

    Aussi, Amélia Lakrafi insiste sur l’importance de sensibiliser les victimes à leurs droits et aux ressources disponibles. Elle souligne l’existence de mécanismes d’urgence comme le laisser-passer consulaire ou le passeport d’urgence, pouvant être délivrés en moins de 24 heures en cas de confiscation des papiers d’identité par le conjoint violent. De plus, elle rappelle que l’application « Mémo de Vie » aide les femmes à documenter les violences subies de manière sécurisée : « Cest essentiel pour rassembler des preuves et porter plainte, si elles le souhaitent. »

    Des initiatives solidaires et transfrontalières

    L’élue met également en lumière des initiatives associatives comme la plateforme « Save You » qui connecte des femmes expatriées pour offrir une écoute bienveillante, un hébergement d’urgence ou encore un soutien psychologique. Cette entraide spontanée repose sur la solidarité féminine :

    « C’est une écoute, un canapé, une chambre pour une nuit ou un mois… Tout le monde a envie d’aider. »

    Amélia Lakrafi, députée 10e circonscription des Français établis hors de France

    Dans un cadre plus institutionnel, des collaborations avec le Barreau de Paris permettent aux victimes de bénéficier d’un soutien juridique, notamment grâce à des associations locales. Amélia Lakrafi revient d’ailleurs sur les difficultés d’obtenir une aide juridictionnelle en tant que Français de l’étranger.

    Un modèle unique de gestion des crises

    Au-delà des violences domestiques, Amélia Lakrafi rappelle que les Français expatriés peuvent également se retrouver confrontés à des crises majeures, comme des catastrophes naturelles, des attentats ou des conflits armés. Elle évoque le travail du Centre de Crise et de Soutien (CDCS) du Quai d’Orsay, qu’elle décrit comme un modèle unique :

    « Nous sommes l’un des rares pays à évacuer nos ressortissants, mais aussi d’autres nationalités, lors de situations d’urgence. »

    Amélia Lakrafi, députée 10e circonscription des Français établis hors de France

    Grâce à un réseau de chefs d’îlot, les Français à l’étranger peuvent recevoir rapidement des informations cruciales en cas de crise, un dispositif qui, selon Amélia Lakrafi, sauve des vies. « Si vous restez dans le pays plus de 6 mois, enregistrez-vous au consulat dès votre arrivée. Et pour une courte durée, vous pouvez vous inscrire sur le Fil d’Ariane pour faire savoir que vous êtes là. Ce nest pas pour vous surveiller, mais pour garantir votre sécurité. »

    Amelia Lakrafi en commission à lAssemblée nationale
    Amelia Lakrafi en commission à lAssemblée nationale

    Par ailleurs, les efforts doivent également se concentrer sur une meilleure reconnaissance des victimes, qu’il s’agisse des violences conjugales ou des catastrophes comme l’explosion du port de Beyrouth en 2020. Amélia Lakrafi appelle à renforcer les liens entre les magistrats de liaison et les Français expatriés, tout en simplifiant les démarches administratives pour l’aide aux victimes.

    « Ne restez pas seules »

    En conclusion, Amélia Lakrafi exhorte les victimes à parler, même si la peur ou la honte persistent.

    « Parlez, même si vous avez peur. Le consulat est votre allié. »

    Amélia Lakrafi, députée 10e circonscription des Français établis hors de France

    Cet engagement témoigne d’une volonté constante d’assurer une meilleure protection des Français à l’étranger. « Chaque cas est unique, et nous nous adapterons à chaque situation. » Un message d’espoir pour celles et ceux qui, dans les moments les plus difficiles, ne savent pas vers qui se tourner.

    Numéros d’urgence :

    Solidarités Femmes : 3919 (depuis la France)

    Aide aux victimes : +33 1 80 52 33 76

    Centre de Crise et de Soutien : +33 1 53 59 11 00

    Regarder le webinaire

  • Le Noël des expatriés français en Californie

    Le Noël des expatriés français en Californie

    Depuis la Californie, les expatriés français mêlent traditions d’origine et nouvelles coutumes pour célébrer Noël loin de chez eux. Aussi, découvrez comment ils transforment cette période en un moment chaleureux de partage au sein d’une communauté unie malgré l’éloignement.

    Célébrer en famille : entre retrouvailles et créativité

    Noël occupe une place centrale dans le cœur des Français, même lorsqu’ils vivent loin de leur pays d’origine. En Californie, terre de soleil et de diversité, les fêtes de fin d’année prennent un caractère unique, cette fête conserve toute sa signification, malgré les défis liés à la distance. L’éloignement de la famille et des racines peut rendre cette période délicate, ravivant parfois une nostalgie profonde pour les traditions et les rassemblements chaleureux d’autrefois. Pourtant, Noël reste un symbole d’espoir, de partage et d’union pour les expatriés, qu’ils soient entourés de leur famille, de leurs amis ou même de nouvelles connaissances.

    @Envato
    @Envato

    Pour de nombreux Français expatriés en Californie, Noël en famille demeure une priorité. Cependant, les congés limités, souvent réduits à 7 à 15 jours par an, compliquent les retours en France. Dans ces cas, il n’est pas rare que les proches fassent le voyage pour célébrer ensemble. Ces retrouvailles permettent non seulement de partager la magie de Noël, mais aussi de découvrir les merveilles californiennes, avec des escapades emblématiques comme Disneyland ou un road trip le long de la côte entre San Francisco et Los Angeles.

    Pour ceux qui ne peuvent pas réunir leur famille, Noël peut être une période d’épreuves émotionnelles, marquée par la solitude, notamment lors du réveillon. Pour rompre cet isolement, les expatriés s’organisent souvent entre amis, recréant une ambiance festive grâce à des potlucks où chacun apporte un plat. Ces moments chaleureux, bien plus qu’un simple repas, renforcent les liens d’amitié et recréent une forme d’esprit familial.

    La technologie s’avère également précieuse pour surmonter la distance. Les appels vidéo via Zoom, WhatsApp ou Messenger permettent de partager un repas ou d’ouvrir les cadeaux ensemble, malgré les fuseaux horaires. Les services de livraison facilitent l’envoi de colis garnis de douceurs françaises ou de surprises adaptées, apportant un peu de France jusque sous le sapin californien.

    Enfin, pour d’autres, les fêtes deviennent une opportunité de voyager et de découvrir de nouveaux horizons. La Californie sert souvent de point de départ à des escapades mémorables : les plages tropicales d’Hawaï, les festivités colorées du Mexique ou les paysages enneigés et les aurores boréales de l’Alaska offrent des expériences uniques qui enrichissent la magie de Noël.

    La Décoration de Noël des Maisons en Californie : Une tradition Américaine éclatante

    La période des fêtes de fin d’année en Californie est marquée par une tradition bien ancrée : la décoration des maisons pour Noël. Les Américains déploient souvent des efforts exceptionnels pour créer des décors spectaculaires qui transforment les quartiers en véritables paysages féeriques. Les maisons arborent souvent des guirlandes étincelantes et des figurines lumineuses représentant le Père Noël, les rennes ou des bonshommes de neige. De nombreux quartiers organisent des compétitions de décorations, créant une atmosphère conviviale et festive. Les habitants de quartiers entiers rivalisent d’imagination pour offrir un spectacle saisissant aux passants et aux visiteurs.

    Maison en Californie décorée pour Noël
    Maison en Californie décorée pour Noël

    Les préparatifs débutent après la fête de Thanksgiving, célébrée le dernier jeudi de novembre. Beaucoup profitent de ce long week-end pour décorer leur maison. Virginie, une résidente de la Silicon Valley qui s’est adaptée à la tradition américaine, explique : « Avant, je faisais comme en France, j’achetais le sapin deux semaines avant Noël, mais depuis quatre ans, j’essaie de le faire le samedi qui suit Thanksgiving. »

    À la différence des Américains, il est vrai les Français se concentrent davantage sur l’intérieur. Leurs décorations sont plus classiques, moins chargées, mettant l’accent sur l’atmosphère et le confort. On retrouve ainsi un sapin décoré, une belle table dressée avec des fleurs, et surtout une multitude de plats à savourer.

    Le Repas de Noël : Entre Tradition et Adaptation

    Pour les Français expatriés en Californie, préparer les repas de Noël peut parfois s’apparenter à un parcours du combattant. Les ingrédients traditionnels français ne sont pas toujours facilement accessibles, obligeant certains à faire preuve d’ingéniosité pour recréer les saveurs de leur enfance. Par exemple, le foie gras, un incontournable des tables de fêtes françaises, est interdit à la production et à la vente en Californie depuis 2012. Toutefois, il est possible de le commander en ligne via des sites d’épiceries françaises comme le Panier Français ou Goudy’s. En général, ils se rabattent sur des pâtés et mousses de canard, qui restent autorisés à la vente en Californie. Pour les plus novateurs, le « faux gras » offre une alternative éthique et moderne sans viande animale. Des marques comme Prime Roots en collaboration avec Fabrique Délices proposent un foie gras végan.

    Bûche de Noël, Moulin, Newport Beach
    Bûche de Noël, Moulin, Newport Beach

    La bûche de Noël, dessert emblématique, est également difficile à trouver. Heureusement, plusieurs boulangeries françaises en Californie préparent des versions artisanales. Voici quelques bonnes adresses :

    Pour ceux qui ne souhaitent pas cuisiner, de nombreux restaurants sont ouverts le 24 décembre et proposent des menus spéciaux pour Noël à déguster sur place ou à emporter, offrant ainsi une option pratique et festive sans le tracas de la préparation.

    Dans les familles mixtes franco-américaines, les repas de Noël reflètent souvent un compromis culturel. Christine, originaire de Bordeaux et résidant à Irvine, partage : « Mon mari américain refuse d’avoir de la dinde à Noël, car pour lui, c’est une tradition de Thanksgiving. Alors, nous préparons un gigot d’agneau, du jambon ou du saumon. »

    Une Communauté Active

    Les associations et écoles franco-américaines jouent un rôle essentiel pour maintenir l’esprit de Noël. Elles organisent des événements festifs permettant aux expatriés de se retrouver et de recréer l’ambiance des fêtes françaises. Voici quelques rendez-vous clés pour Noël 2024 :

    vacances de Noël 2023
    Les féeries de Casse-Noisette, le conte musical ou rêver en famille pendant les fêtes

    Pour les Français expatriés, Noël est bien plus qu’une simple fête : c’est une tradition qui unit, même à distance. En Californie, malgré l’éloignement familial, cette période reste un moment précieux pour réinventer et adapter les célébrations.

    Entre retrouvailles en famille, potlucks entre amis et initiatives des associations franco-américaines, chacun trouve des moyens de maintenir l’esprit de Noël vivant. La technologie aide également à recréer des liens, qu’il s’agisse de partager un repas virtuel ou d’ouvrir des cadeaux ensemble malgré les océans.

    En mêlant héritage français et influences locales, les expatriés réinventent Noël avec créativité, tout en préservant l’essence de cette fête : le plaisir d’être ensemble et de partager des instants chaleureux et solidaires. 

  • Quand la démocratie ne fait plus rêver !

    Quand la démocratie ne fait plus rêver !

    Longtemps, la démocratie a été perçue comme une condition nécessaire à la croissance économique et à un niveau de vie élevé. L’échec du modèle soviétique semblait confirmer cette règle dans les années 1990. L’économie de marché et la démocratie fonctionnaient alors de pair, donnant tout son lustre au livre de Francis Fukuyama, La Fin de l’Histoire et le Dernier Homme. Depuis lors, la réussite de la Chine, devenue la deuxième puissance économique mondiale, ainsi que le désenchantement démocratique, ont sensiblement modifié la donne. Les résultats économiques et sociaux apparaissent aujourd’hui moins liés au caractère démocratique des États.

    La démocratie offre, en théorie, des conditions favorables à la croissance. Celle-ci suppose le respect de l’État de droit et un minimum de consensus social. Les systèmes politiques vertueux, où la corruption est limitée, sont jugés plus aptes à favoriser l’initiative et l’innovation. La protection de la propriété privée est également considérée comme une condition essentielle à la prospérité économique. Par ailleurs, les démocraties sont réputées mieux capables de réduire les inégalités sociales, un facteur clé pour des taux de croissance élevés sur le long terme.

    De nombreux pays démocratiques connaissent des taux de croissance faibles. 

    Cependant, en analysant l’indice de démocratie établi par The Economist, on observe que, depuis le début du siècle, des pays non démocratiques tels que le Mexique, le Maroc, la Turquie, l’Égypte, la Chine, le Vietnam, le Kenya, le Turkménistan, le Kazakhstan, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis ou le Gabon enregistrent des taux de croissance élevés. À l’inverse, de nombreux pays démocratiques, notamment en Europe, ainsi qu’en Afrique du Sud ou en Argentine, connaissent des taux de croissance faibles sur la même période.

    @adobestock
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    Le niveau élevé de corruption n’empêche pas des pays comme la Chine, le Vietnam, le Kazakhstan, le Maroc, l’Égypte, la Turquie, le Kenya ou le Mexique d’afficher une croissance plus forte que celle des pays de l’OCDE, où la corruption est pourtant bien moindre.

    De nombreux pays caractérisés par de fortes inégalités bénéficient de taux de croissance élevés

    En théorie, la démocratie devrait être synonyme de faible inégalités sociales. Pourtant, de nombreux pays caractérisés par de fortes inégalités bénéficient de taux de croissance élevés. C’est le cas, par exemple, de la Colombie, de l’Équateur, de l’Indonésie, du Kenya, du Maroc, du Mexique, du Pérou, des Philippines, du Gabon, du Brésil, du Chili, du Turkménistan, de la Turquie, de l’Afrique du Sud, du Vietnam ou de la République Démocratique du Congo.

    Les États-Unis et Israël, bien qu’étant des démocraties avec un indice de Gini supérieur à 35, affichent des taux de croissance supérieurs à ceux des pays européens, dont les indices de Gini sont plus faibles.

    Dans leur livre Why Nations Fail (2015), les économistes Daron Acemoglu et James A. Robinson classent les pays en deux catégories : ceux dont les institutions sont « extractives », où une minorité profite du travail de la majorité, et ceux dont les institutions sont « inclusives », qui associent un grand nombre d’individus au fonctionnement de la société et de l’économie.

    Les pays aux institutions inclusives se caractérisent par un pluralisme politique, un système éducatif efficace, une législation antitrust stricte et une forte protection du droit de propriété. Ces caractéristiques favorisent la destruction créatrice, le progrès scientifique et l’innovation.

    La Chine constitue un cas particulier. Si elle n’est pas inclusive sur le plan politique, elle l’est davantage sur le plan social. Le droit de propriété y est partiellement respecté, et les ingérences de l’État dans les décisions des entreprises sont importantes. Malgré l’absence de pluralisme politique, l’économie chinoise reste dynamique. L’effort de recherche-développement en Chine représente 1,9 % du PIB, contre 1,5 % en Europe. La Chine est responsable de 24 % de la recherche-développement mondiale, et 36 % de cette recherche concerne les technologies de l’information et de la communication, contre seulement 15 % dans l’Union Européenne. De plus, la Chine a réduit les inégalités de manière significative ces trente dernières années : en 2021, 17 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté (6,85 $/jour), contre 98,1 % en 1993. Cependant, les 1 % les plus riches perçoivent 14 % du revenu national, contre 10 % en France et 20 % aux États-Unis.

    Les régimes autoritaires ne sont pas forcément incompatibles avec une croissance forte. 

    La possession de matières premières et d’énergie ne garantit pas une croissance forte, comme en témoignent des pays tels que l’Algérie, le Nigéria, le Gabon, le Congo, l’Angola ou le Venezuela. À l’inverse, des nations comme les États-Unis ou l’Arabie Saoudite, riches en pétrole, connaissent des taux de croissance élevés.

    Les régimes autoritaires ne sont pas forcément incompatibles avec une croissance forte. En période de mutation rapide, ces régimes peuvent même sembler plus efficaces. Toutefois, la croissance chinoise s’essouffle, et celle de la Russie reste dépendante des ventes de pétrole et de l’effort de guerre. Durant la pandémie de Covid-19, bien que les États occidentaux aient éprouvé des difficultés initiales, ils se sont révélés plus performants sur le long terme. En Chine et en Russie, une forte défiance envers les pouvoirs publics a conduit à de faibles taux de vaccination.

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    Dans les démocraties, les régimes autoritaires séduisent une part croissante de la population. Selon une enquête IPSOS réalisée en 2024 pour le Conseil Économique Social et Environnemental, 15 % des Français déclarent qu’ils ne seraient pas prêts à défendre la démocratie si elle était menacée. De plus, 23 % ne sont pas convaincus qu’elle soit le meilleur système politique, et 51 % estiment qu’un pouvoir fort et centralisé est nécessaire pour garantir l’ordre et la sécurité.

    État de droit, liberté d’expression, protection des droits de propriété, indispensables à la stabilité économique et sociale.

    Parmi les 25 % de Français les moins attachés à la démocratie, les jeunes et les personnes défavorisées sont surreprésentés : 32 % ont moins de 35 ans, contre 25 % dans la population générale.

    Bien que l’économie de marché soit désormais incontournable à l’échelle mondiale, la démocratie est de plus en plus critiquée, notamment pour son inefficacité perçue à répondre aux attentes des populations. Cette situation alimente une tentation populiste et l’essor des régimes autoritaires dits illibéraux. Toutefois, les démocraties, malgré leurs cycles de déclin, de renaissance et d’expansion, restent les seuls régimes garantissant l’État de droit, la liberté d’expression et la protection des droits de propriété, indispensables à la stabilité économique et sociale.

  • L’UE finalise l’accord commercial avec le Mercosur

    L’UE finalise l’accord commercial avec le Mercosur

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a confirmé ce vendredi 6 décembre que l’Union européenne (UE) avait conclu les négociations sur l’accord de libre-échange avec le bloc du Mercosur — composé de l’Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay.

    Cette annonce, faite aux côtés des présidents, argentin Javier Gerardo Milei, brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, paraguayen Santiago Peña et uruguayen Luis Lacalle Pou, met un terme à 25 années de négociations et intervient en dépit de l’opposition farouche de la France, des agriculteurs européens et des groupes de défense de l’environnement de l’ensemble de l’Union.

    « Aujourd’hui marque un tournant véritablement historique », a déclaré Ursula von der Leyen à l’issue d’un sommet de deux jours à Montevideo, en Uruguay. « Nous envoyons un message clair et fort au monde, dans un monde de plus en plus conflictuel […], à savoir que cet accord n’est pas seulement une opportunité économique, mais une nécessité politique. »

    « Nous pensons que l’ouverture et la coopération sont les véritables moteurs de la croissance et de la prospérité », a ajouté la présidente de l’exécutif européen. « Nous savons que des vents violents soufflent dans la direction opposée […], cet accord est notre réponse. »

    Luis Lacalle Pou a reconnu que l’accord ne serait « pas une solution magique », précisant que « les étapes seraient progressives, mais certaines ».

    Lancées en 1999, les négociations sur l’accord UE-Mercosur ont abouti à un premier accord politique en 2019, mais la ratification par les États membres a toutefois été retardée en raison des préoccupations concernant les divergences de normes environnementales entre l’UE et les pays du bloc sud-américain, et sur fond de protestations accrues des agriculteurs.

    L’accord UE-Mercosur ambitionne de créer l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde — un vaste marché de plus de 700 millions de consommateurs — en supprimant les droits de douane pour les principales industries exportatrices de l’UE, telles que les voitures, les machines, les produits chimiques et les produits pharmaceutiques.

    Au total, il envisage la suppression des droits de douane sur 91 % des exportations de l’UE vers les pays du Mercosur, ainsi que sur 92 % des exportations du Mercosur vers l’UE, selon les données de la Commission.

    En ce qui concerne le secteur agroalimentaire, l’accord éliminera progressivement 93 % des droits de douane sur les exportations de l’UE vers les pays du Mercosur, notamment sur le vin, les spiritueux, l’huile d’olive et les pêches en conserve, tout en libéralisant 82 % des importations de produits agricoles.

    À l’heure actuelle, les États du Mercosur sont déjà des partenaires commerciaux clés pour l’UE. En effet, les exportations du bloc communautaire vers le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay ont atteint 55,7 milliards d’euros en 2023 et les importations de ces pays vers l’UE 53,7 milliards d’euros la même année — soit des échanges totaux (importations et exportations comprises) qui ont atteint 110 milliards d’euros en 2023.

    Compte tenu des tensions accrues avec deux des principaux partenaires commerciaux de l’UE, les États-Unis et la Chine, l’Allemagne, géant de l’exportation européen, a appelé à une conclusion rapide de l’accord.

    Plusieurs industries et responsables politiques ont été jusqu’à suggérer de scinder l’accord en deux volets pour accélérer le processus. Cela aurait permis une ratification des parties clés de l’accord, y compris les droits de douane et les quotas d’importation.

    Le président argentin Javier Milei, le président uruguayen Luis Lacalle Pou, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président brésilien Luiz Inacio Lula de Silva et le président paraguayen Santiago Peña posent pour une photo au siège du Mercosur à Montevideo, en Uruguay, le 6 décembre 2024. ©EPA-EFE/SOFIA TORRES
    Le président argentin Javier Milei, le président uruguayen Luis Lacalle Pou, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président brésilien Luiz Inacio Lula de Silva et le président paraguayen Santiago Peña posent pour une photo au siège du Mercosur à Montevideo, en Uruguay, le 6 décembre 2024. ©EPA-EFE/SOFIA TORRES

    Le « début d’un processus »

    Alors que la France, principal détracteur de l’accord, est en proie à l’incertitude politique après la démission du Premier ministre Michel Barnier, l’annonce de la fin des négociations sur l’accord avec le Mercosur risque de déplaire à Paris.

    « Aujourd’hui n’est clairement pas la fin de l’histoire. Ce qu’il se passe à Montevideo n’est pas une signature de l’accord mais simplement la conclusion politique de la négociation. Celle-ci n’engage que la Commission, pas les États membres », a souligné Sophie Primas, ministre déléguée au Commerce extérieur démissionnaire de la France dans une déclaration transmise à l’AFP. « La Commission prend ses responsabilités de négociatrice, mais cela n’engage qu’elle. »

    « La Commission a la compétence exclusive de négocier des accords commerciaux »avait en effet rappelé Olof Gill, porte-parole de la Commission, jeudi en réponse à une question sur l’impact de la crise politique française sur les négociations du Mercosur.

    Les opposants à l’accord, dont les gouvernements français et polonais, ont mis en garde contre l’augmentation des importations de denrées alimentaires bon marché en provenance du Mercosur, qui, selon eux, créent une concurrence déloyale pour les agriculteurs européens du fait des différences en matière de normes environnementales.

    Cherchant à apaiser les inquiétudes, la Commission avait proposé en 2019 un paquet de mesures de soutien financier pouvant aller jusqu’à un milliard d’euros en cas de perturbation du marché. Or, aucune référence à ce paquet n’a été faite lors de la conférence de presse de vendredi.

    Lors de la conférence de presse vendredi, Ursula von der Leyen a également assuré avoir écouté « les préoccupations » du secteur agricole de l’UE et avoir mis en place des « garanties » dans le cadre de l’accord.

    En vertu des traités européens, la Commission est seule négociatrice des accords commerciaux au nom des Vingt-Sept. Cependant, pour qu’un accord entre en vigueur, il doit être ratifié par au moins quinze États membres représentant 65 % de la population de l’UE et obtenir l’approbation du Parlement européen. Ainsi, même si un accord a été conclu à Montevideo, il pourrait encore être bloqué sans ces validations.

    Ces dernières semaines, Paris s’est efforcée de constituer une « minorité de blocage » contre l’accord. Si seule la Pologne s’est explicitement prononcée contre l’accord à ce stade, d’autres pays, dont l’Autriche, les Pays-Bas et la Belgique, auraient également émis des réserves.

    L’Italie pourrait également être défavorable à l’accord, l’AFP ayant rapporté jeudi que des sources gouvernementales italiennes avaient déclaré que « les conditions n’étaient pas réunies » pour que Rome signe l’accord. L’agence de presse italienne ANSA a corroboré ces informations vendredi matin.

    « La signature de l’accord d’association UE-Mercosur ne peut avoir lieu qu’à la condition de garanties adéquates et de compensations en cas de déséquilibres pour le secteur agricole », note l’agence italienne, citant des responsables du gouvernement de Rome.

    Vendredi, Olof Gill a également déclaré qu’« il est très important de garder à l’esprit qu’un accord politique n’est que la première étape d’un long processus visant à obtenir la ratification finale de tout accord commercial, d’investissement ou de partenariat ».

    « Ce n’est pas la fin d’un processus, c’est le début d’un processus », a-t-il conclu.

    Sofia Sanchez Manzanaro et Maria Simon Arboleas ont contribué à la rédaction de cet article

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