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  • Florian Bohême : Top départ des Assises de la protection sociale pour les Français de l’étranger

    Florian Bohême : Top départ des Assises de la protection sociale pour les Français de l’étranger

    Écouter le podcast avec Florian Bohême

    Depuis plus d’un an, la proposition d’organiser les assises de la protection sociale des Français de l’étranger est sur la table. Mais la succession des gouvernements ne facilite pas le lancement officiel des travaux. Aussi, notre invité, un des instigateurs de cette initiative, nous fait le point sur les avancées. Et c’est même un « top départ » des travaux qu’il nous annonce. À notre micro, Florian Bohême, conseiller des Français du Cambodge, et également président de la Commission des Affaires sociales à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), nous explique pourquoi. Et il souhaite également que les expatriés puissent participer en nombre à cette réflexion et aux prochaines propositions. 

    Une protection sociale qui date des années 80

    Plus de 136 conseillers des Français de l’étranger avaient en septembre 2023 lancé un appel pour l’organisation des assises de la protection sociale pour les expatriés. Florian Bohême avait été à l’origine de cette initiative. Et, en début de podcast, nous lui demandons de rappeler les origines de cette démarche.

    Florian Bohême - Président de la Commission des Affaires sociales de l'AFE
    Florian Bohême – Président de la Commission des Affaires sociales de l’AFE

    Ainsi, il nous donne les raisons qui ont amené à cet appel des élus consulaires. La demande de l’ouverture de débats sur la protection sociale est, en outre, la conséquence des différentes crises, dont celle de la Covid, et de catastrophes naturelles. Elles ont créé de l’insécurité et de l’« instabilité » chez nos compatriotes de l’étranger constate notre invité. Autre point mis en avant, la sociologie de nos ressortissants vivant hors de France se transforme, avec notamment les « travailleurs nomades ».

    « Les dispositifs de protection sociale des Français de l’étranger sont nés dans les années 80 et depuis ils n’ont quasiment pas bougé »

    Florian Bohême, Président de la Commission des Affaires sociales à l’AFE

    Or, les mécanismes pour soutenir les questions de santé, retraite, scolarité,.. n’ont pas évolué. Ils n’ont donc pas pris en considération, ni les événements qu’a traversé notre planète, ni les changements dans la population. En effet, comme le souligne notre invité « les dispositifs de protection sociale des Français de l’étranger sont nés dans les années 80 et depuis ils n’ont quasiment pas bougé. »

    Oui aux assises mais à budget limité ?

    Cependant, pour organiser ces assises de la protection sociale, le feu vert du gouvernement est indispensable. Mais ce sont déjà quatre ministres en charge des Français de l’étranger qui se sont succédé depuis l’appel lancé par les élus en septembre 2023. Existe-t-il une continuité entre les différentes équipes ministérielles ? Quelle est donc la position de Laurent Saint-Martin qui occupe dorénavant ce portefeuille ? Dans une interview accordée à notre média, Lesfrancais.press, la question lui avait été posée. Et le membre du gouvernement de François Bayrou a également adressé un courrier à l’AFE pour partager son opinion sur cette demande.

    « Dans un contexte budgétaire contraint (…), le dispositif de protection sociale peut être optimisé en vue d’une meilleure utilisation »

    Laurent Saint-Martin, Ministre délégué aux Français de l’étranger

    Si le feu vert de l’exécutif reste de mise pour organiser ces assises, le courrier détaille les contours souhaités par le ministre sur les sujets à mettre à l’ordre du jour, dans un contexte budgétaire complexe.

    Ce dernier écrit d’ailleurs « dans un contexte budgétaire contraint (…), le dispositif de protection sociale peut être optimisé en vue d’une meilleure utilisation ». La position de l’AFE sera-t-elle aussi de « faire mieux avec moins » ? Notre invité prend position dans ce podcast.

    Ouverture des travaux des assises

    Toutefois, comme nous l’indique Florian Bohême, c’est la première fois que l’article 12 de la loi du 22 juillet 2013 relative à la représentation des Français établis hors de France est ainsi utilisé. Celui-ci stipule que « l’Assemblée des Français de l’étranger peut être consultée par le Gouvernement (…) sur la situation des Français établis hors de France,…».

    « Le courrier du ministre Laurent Saint Martin donne le top départ des travaux des assises de la protection sociale »

    Florian Bohême, Président de la Commission des Affaires sociales à l’AFE

    Cette disposition de la loi  est en outre soulignée dans le courrier de Laurent Saint-Martin. C’est pourquoi, pour Florian Bohême, cela « donne le top départ des travaux des assises de la protection sociale » pour les Français de l’étranger. « Ces assises de la protection sociale devront veiller à travailler avec l’ensemble des interlocuteurs institutionnels » nous indique d’ailleurs notre invité.

    « Penser la politique des affaires sociales des Français de l’étranger pour les 30 ou 40 prochaines années (…) et notamment l’avenir de la CFE ».

    Florian Bohême, Président de la Commission des Affaires sociales à l’AFE

    Et ce travail de réflexions-propositions devrait s’appuyer sur deux perspectives. Une à court terme, et une autre à plus longue échéance pour modifier des dispositifs qui datent des années 80. L’objectif est de « penser cette politique des affaires sociales pour les 30 ou 40 prochaines années ».

    Florian Bohême avec Michèle Vitrac-Pouzoulet, Présidente de l'Association ECF et Mona Hard, trèsorière de l'Association d'Entraide des Français du Cambodge (AEFC)
    Florian Bohême avec Michèle Vitrac-Pouzoulet, Présidente de l’Association ECF et Mona Hard, trèsorière de l’Association d’Entraide des Français du Cambodge (AEFC)

    Parmi les sujets qui devraient être abordés : les aides à la scolarité, les aides sociales directes, notamment en lien avec les OLES (Organismes locaux d’entraide et de solidarité), et aussi l’avenir de la Caisse des Français de l’étranger (CFE), en donnant également la parole à ses usagers.

    Vers des consultations citoyennes pour ces assises ?

    En effet, pour mener à bien les travaux des assises de la protection sociale, l’élu consulaire souhaite pouvoir donner la parole aux citoyens. Le but, nous dit-il, n’est pas de « faire 3-4 réunionnites dans un bureau à Paris. »

    « Nous sommes 3 millions de Français de l’étranger. Toutes celles et tous ceux qui veulent participer à ces assises doivent pouvoir le faire d’une manière qui reste à définir. »

    Florian Bohême, Président de la Commission des Affaires sociales à l’AFE

    Ainsi, l’idée est d’activer des canaux pour avoir une remontée directe des expatriés sur leur protection sociale et de partager leurs constats et leurs propositions. « Nous sommes 3 millions de Français de l’étranger. Toutes celles et tous ceux qui veulent participer à ces assises doivent pouvoir le faire d’une manière qui reste à définir. » indique notre invité.

    Au cours de ce podcast, il appelle aussi les élus à « organiser un certain nombre de consultations en local, exactement comme cela s’est fait pour le Grand débat national ». Florian Bohême devrait aussi très prochainement proposer qu’un « collège d’experts » puisse être désigné « sur ces assises » pour « bien cadrer les sujets ». En effet, « sur les questions de protection sociale, il y a tout un tas de paramètres qui sont à prendre en compte » poursuit-il à notre micro.

    Les membres de la Commission des Affaires sociales de l'AFE (octobre 2024)
    Les membres de la Commission des Affaires sociales de l’AFE (octobre 2024)

    Lesfrancais.press sera attentif aux moyens développés pour interroger directement les Français de l’étranger sur leur protection sociale. Notre media proposera en ce sens des initiatives. Le début officiel de ces assises est fixé à mars 2025. Les conclusions-recommandations seront à remettre au gouvernement en Octobre 2025. Pour tout savoir sur ce top départ des discussions, écoutez l’intégralité de ce podcast, avec comme invité Florian Bohême, élu des Français du Cambodge et Président de la Commission des Affaires sociales, du monde combattant, de l’emploi et de la formation à l’AFE.

  • Que retenir de la lettre aux expatriés de Jean-Noel Barrot et Laurent Saint-Martin ?

    Que retenir de la lettre aux expatriés de Jean-Noel Barrot et Laurent Saint-Martin ?

    « Lettre du ministre et du ministre délégué à l’attention des Français de l’étranger ». Vous avez peut-être lu ce titre dans vos emails ? Et il a pu vous surprendre ! En effet, ce n’est pas tous les jours qu’une telle correspondance parvient jusqu’à vos adresses électroniques. Ainsi, c’est par ce canal que Jean-Noël Barrot et Laurent Saint-Martin, ont contacté les expatriés. Mais quelle est la teneur de ce courrier gouvernemental ? Pourquoi une telle action ? Et que retenir de cette lettre aux expatriés ? Un décryptage Lesfrancais.press

    Entre sécurité des Français et promesses électorales

    Alors que la vidéo, les médias ou bien encore les réseaux sociaux sont le plus souvent utilisés dans la communication gouvernementale, c’est le courrier électronique qui a été privilégié cette fois-ci par le Quai d’Orsay pour s’adresser aux Français de l’étranger. Pourquoi pas ? Et, une fois n’est pas coutume, la lettre ministérielle s’ouvre par des compliments envers les expatriés. « Vos talents, vos initiatives sont une chance pour la France. »

    « Assurer votre sécurité dans un contexte géopolitique de plus en plus instable »

    Jean-Noël Barrot et Laurent Saint Martin, ministres du gouvernement Bayrou

    Ensuite, ce sont trois priorités des ministres signataires qui sont alors partagés avec notre diaspora de l’étranger. La première d’entre elles est liée à la situation internationale. « Assurer votre sécurité dans un contexte géopolitique de plus en plus instable », est une promesse mise en avant dans ce courrier. Ces actions demandent, entre autres, des moyens humains et financiers.

    Jean-Noël Barrot et Laurent Saint Martin, ministres du gouvernement Bayrou
    Jean-Noël Barrot et Laurent Saint Martin, ministres du gouvernement Bayrou

    Or, quel budget sera alloué aux services de l’Etat dont la mission est de protéger nos ressortissants en danger à l’étranger ? Le centre de crise et de soutien dont il est fait mention dans la lettre obtiendra-t-il les crédits nécessaires dans un contexte où il est de plus en plus sollicité en raison de catastrophes naturelles ou de situation de guerres ?

    Qu’en est-il de la proposition de création d’un fonds d’urgence pour les Français de l’étranger ?

    Pour venir en aide à nos compatriotes de l’étranger se trouvant dans une détresse en cas d’événements majeurs survenus dans leurs pays d’accueil, une proposition avait été mise sur la table. Aussi, qu’en est-il de la proposition de création d’un fonds d’urgence pour les Français de l’étranger? Voté au Sénat, ce texte de loi n’est pas encore inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.

    Promesse de campagne présidentielle, ou est passé le statut de résidence d’attache / de repli ?

    Faire de la sécurité une des priorités du Quai d’Orsay permettra-t-il également une accélération en faveur de la création du statut de la résidence de repli ou d’attache ? Promesse de campagne présidentielle, sa réalisation se fait attendre. Il s’agit notamment de faire en sorte que le logement détenu en France par un de nos compatriotes vivant à l’étranger puisse, entre autres, accéder à des dispositifs aujourd’hui réservés à la résidence principale d’un Français vivant sur le territoire national.

    Dématérialisation et contacts humains sont-ils conciliables ?

    Dans le courrier adressé à nos expatriés, les deux ministres insistent également sur la modernisation des services consulaires et sur l’amélioration de la qualité de ces derniers. À l’instar de ce que nous avait déclaré le ministre délégué aux Français de l’étranger, Laurent Saint Matin dans les colonnes de notre média Lesfrancais.press la dématérialisation des procédures s’accélère pour bon nombre d’actes d’états civils.

    « La dématérialisation n’est pas synonyme de déshumanisation. »

    Jean-Noël Barrot et Laurent Saint Martin, ministres du gouvernement Bayrou

    Le renouvellement des passeports sans comparution va se généraliser et l’identité numérique devfrait devenir une réalité. Mais en parallèle, les ministres l’écrivent noir sur blanc : « la dématérialisation n’est pas synonyme de déshumanisation ». Le contact humain entre administration et usagers devrait donc toujours être possible.

    Un autre point est également mis en avant dans le courrier gouvernemental : faciliter le vote par internet pour les Français de l’étranger. Lors des dernières élections législatives, l’accès à son propre identifiant ou bien au numéro de sécurité avait parfois causé problèmes aux électeurs.

    Le vote par internet sera-t-il disponible pour la prochaine élection présidentielle ?

    Est-ce qu’un un nouveau dispositif pour obtenir et utiliser ses codes électoraux verra le jour ? Et une question demeure : le vote par internet sera-t-il disponible pour la prochaine élection présidentielle ? À ce jour, le scrutin pour choisir le chef de l’Etat n’est pas encore possible par voie électronique.

    Contexte budgétaire et optimisation sociale

    Enfin, cette correspondance ne pouvait faire l’économie du contexte budgétaire. Et au lieu d’évoquer tout ce qui ne sera pas possible de faire, Jean-Noël Barrot et Laurent Saint-Martin rappellent que « la France est le seul pays du monde à offrir un accompagnement social aussi robuste à ses ressortissants qui vivent à l’étranger ». Et des crédits seront sans doute affectés aux dispositifs d’aides, notamment pour les personnes les plus vulnérables, mais ils seront en nette diminution.

    « Dans le contexte budgétaire contraint (…) nous devons optimiser l’affectation des ressources »

    Jean-Noël Barrot et Laurent Saint Martin, ministres du gouvernement Bayrou

    En effet, alors que la commission mixte paritaire se réunira ce jeudi 30 janvier pour finaliser la loi de Finances 2025, en l’état actuel de la discussion sur le budget les tendances actuelles sont les suivantes : OLES (Organismes locaux d’entraide et de solidarité) : moins 14% – AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) : moins 14 millions d’euros. Bourses scolaires : moins 6,5 millions d’euros, à minima.  Programme STAFE (Dispositif de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger) : moins 20%.

    Le Triangle des Bermudes budgétaire
    @AdobeStock

    C’est donc à un véritable exercice d’optimisation sociale auquel va devoir être confronté le quai d’Orsay. En ce sens, les ministres lancent aussi un appel envers l’implication des élus de proximité, et plus particulièrement les membres de l’Assemblée des Français de l’étranger. Ces derniers sont ainsi invités à faire des propositions dans le cadre « des assises de la protection sociale » qui seront lancées en mars 2025.

    Les ministres Barrot et Saint Martin peuvent-ils aussi être des porte-parole des Français de l’étranger auprès du gouvernement, du parlement, des administrations,… ?

    De tous ces sujets, et d’autres encore, vous pourrez les évoquer directement avec les ministres. Ils s’engagent « à venir prochainement à votre rencontre » au cours de leurs déplacements hors de France.

    D’ailleurs, nous saluons la possibilité d’avoir ces échanges. Comme nous sommes également sensibles au courrier que Jean-Noël Barrot et Laurent Saint Martin ont adressé à nos Français établis hors de France. C’est une marque d’échange et de dialogue.

    Car si les expatriés sont considérés « comme des Ambassadeurs » de la France dans leurs pays d’accueil, nos ministres du quai d’Orsay peuvent, quant à eux, être également des porte-parole des Français de l’étranger auprès du gouvernement, du parlement, des administrations,  … pour expliquer ce qu’est réellement la vie de notre diaspora à l’étranger. Et, dans ce domaine, il y a du travail ! L’image perçue à Paris est souvent bien éloignée de la réalité quotidienne vécue hors des frontières nationales.

    Courrier adressé aux Français de l’étranger par les ministres
    Jean-Noël Barrot et Laurent Saint-Martin

  • « Consommer français » : les limites d’un concept

    « Consommer français » : les limites d’un concept

    Le souverainisme économique est un thème à la mode. Ce concept repose sur l’idée que produire et consommer français est bénéfique à la fois pour le pays et pour la planète. Sous couvert d’indépendance économique, il constitue également une des expressions du protectionnisme. Si, évidemment, la richesse d’un pays est liée à ses capacités de production de biens et de services, dans une économie complexe, la notion d’indépendance reste toute relative.

    La primauté du « fabriqué en France » peut être illusoire, car les chaînes de valeur sont, par nature, fragmentées. Par ailleurs, la généralisation de ce type de pratiques pourrait avoir des effets négatifs sur la croissance, qui dépend en partie du commerce extérieur, et sur la diffusion du progrès technique.

    La croissance économique repose en grande partie sur la spécialisation au sein des pays et entre eux. À ce titre, la théorie des avantages comparatifs reste un des piliers de l’économie contemporaine. Une étude du Crédoc publiée en janvier 2025 analyse l’évolution des comportements des ménages sur la question sensible de l’origine des produits consommés. Une majorité de Français se déclarent favorables à une préférence nationale en matière de consommation. Mais cette intention ne se traduit pas toujours dans les actes d’achat. D’autres critères, comme le prix, la qualité ou le marketing, jouent également un rôle dans les décisions des consommateurs.

    En 2020, 65% des consommateurs étaient disposés à payer plus cher pour un produit « Made in France ».

    En 2005, 43 % des consommateurs étaient disposés à payer plus cher pour un produit « Made in France ». Cette proportion a grimpé à 65 % en 2020. Longtemps, la préférence pour les produits français a été surtout l’apanage des seniors. Ainsi, en 2005, 54 % des plus de 60 ans étaient prêts à payer un surcoût pour consommer des produits français, contre seulement 34 % des moins de 25 ans et 36 % des 25-39 ans. Depuis, cet écart entre les tranches d’âge s’est réduit. En 2020, 67 % des moins de 25 ans et 68 % des 25-39 ans se disent prêts à payer davantage pour consommer français, contre 69 % des 70 ans et plus.

    @Adobestock
    @Adobestock

    En intention, les Français seraient de plus en plus nombreux à accepter des hausses de prix pour acheter des produits fabriqués en France. Malgré cela, le passage à l’acte n’est pas au rendez-vous. Les Français continuent de consommer de plus en plus de produits importés. Dans certains cas, aucun produit de substitution n’existe. Mais même lorsque des alternatives nationales sont disponibles, les produits importés leur sont souvent préférés.

    Dans les années 1990, les tentatives de fabrication de téléphones portables en France ont échoué faute de clients. En ce qui concerne les voitures, pour les modèles haut de gamme, les Français se tournent largement vers des marques étrangères, invoquant la qualité comme principal critère de choix. Pourtant, des études ont montré à plusieurs reprises que la qualité des produits importés est souvent surévaluée, notamment dans le domaine automobile.

    La protection de l’environnement

    Un autre argument souvent avancé en faveur de la consommation « française » est la protection de l’environnement. En 2005, la moitié des personnes préoccupées par les questions environnementales (50 %) se déclaraient prêtes à payer plus cher pour un produit fabriqué en France, contre 42 % de celles qui n’accordaient pas d’importance à cet enjeu.

    Quinze ans plus tard, cette proportion a fortement augmenté : 76 % des consommateurs soucieux de la dégradation de l’environnement se disent prêts à accepter un surcoût, contre seulement 39 % parmi ceux qui ne partagent pas cette préoccupation. En 2020, 87 % des Français affirmaient être incités à consommer un produit en raison de sa fabrication française. Tandis que 77 % se disaient influencés par ses garanties écologiques. Cependant, en 2024, ces chiffres sont en recul : 73 % des Français déclarent être motivés par des garanties de fabrication nationale et seulement 54 % par des garanties écologiques.

    Les associations environnementales mettent en avant les circuits courts. 

    La production locale ne rime pas toujours avec respect des normes environnementales. Les associations environnementales mettent en avant les circuits courts. Or, cette priorité fonctionne dans les deux sens. Cela implique également que la France réduise ses exportations. Une décision qui pourrait limiter ses revenus.

    Par ailleurs, pour les pays émergents ou en développement, les recettes issues des exportations sont essentielles pour améliorer le niveau de vie de leur population et financer leur transition écologique. Que les navires ayant déchargé des produits européens en Amérique latine reviennent chargés, plutôt que vides, est plus avantageux.

    L’attrait pour les produits nationaux reste plus marqué parmi les catégories aisées et les plus diplômées. En 2020, plus de la moitié des personnes à bas revenus se disaient favorables à l’idée de payer plus cher pour des produits fabriqués en France (56 %). Parmi les plus aisés, cette proportion atteignait 78 %, l’écart entre ces deux catégories restant stable à 22 points. En 2005, 48 % des diplômés du supérieur étaient prêts à payer davantage pour des produits « Made in France », contre 40 % des non-diplômés (soit un écart de 8 points). Mais en 2020, 75 % des diplômés du supérieur y sont disposés, contre seulement 46 % des non-diplômés, élargissant ainsi l’écart. En 2023, 67 % des Français déclarent que l’inflation a réduit leur capacité à acheter des produits fabriqués en France, et 64 % affirment avoir renoncé à le faire.

    Le commerce international : « un levier de développement »

    Ces choix sont également fragilisés par la complexité de l’offre existante. La diversité des labels crée de la confusion chez les consommateurs qui jugent parfois ces certifications peu fiables.

    Par ailleurs, les labels censés guider les choix des consommateurs souffrent d’une multiplication qui engendre confusion et scepticisme. Si la préférence nationale peut soutenir certaines filières locales, elle ne saurait remplacer une réflexion plus globale sur les mécanismes économiques. Le commerce international reste un levier de développement et d’innovation incontournable, notamment pour les pays émergents. Tandis qu’en France, il offre un accès à une diversité de produits que la seule production nationale ne peut satisfaire.

    Les exportations sont à la base d’un quart des emplois, au minimum. Et ils sont une source de revenus indispensables pour les entreprises et le pays. À l’avenir, le défi sera d’équilibrer les attentes légitimes en faveur de la production locale avec les impératifs d’efficacité économique, d’équité sociale et de respect de l’environnement. Pour cela, une meilleure lisibilité des certifications, une sensibilisation accrue des consommateurs et des politiques économiques adaptées seront nécessaires pour éviter que le souverainisme économique devienne une illusion contreproductive.

  • Donald Trump accuse l’UE d’être « injuste » avec les États-Unis

    Donald Trump accuse l’UE d’être « injuste » avec les États-Unis

    Au Forum économique de Davos, Donald Trump a accusé l’Union européenne (UE) de traiter les États-Unis de manière « très, très injuste », laissant entendre que des droits de douane seraient imposés aux industriels étrangers qui ne produisent pas sur le sol américain.

    Dans un discours prononcé par vidéo interposée au Forum de Davos ce 23 janvier, Donald Trump a critiqué l’impôt sur les sociétés et les taux de TVA « élevés » de l’UE.

    « Du point de vue de l’Amérique, l’UE nous traite de manière très, très injuste, très mauvaise », a déclaré le chef d’état.

    « Ils ont une taxe importante […] Ils ne prennent pas nos produits agricoles ni nos voitures, et pourtant ils nous envoient des voitures par millions. »

    L’UE a enregistré un excédent commercial de 156,6 milliards d’euros avec les États-Unis en 2023, mais un déficit de 104 milliards d’euros dans le domaine des services, selon les données de Bruxelles.

    Le droit de douane universel

    La promesse de campagne de Donald Trump d’imposer un droit de douane « universel » de 10 à 20 % sur toutes les importations des États-Unis a alarmé les exportateurs européens.

    Reprenant les propos tenus par Scott Bessent, le secrétaire au Trésor, le président a toutefois laissé entendre que cette menace s’inscrivait dans une stratégie de négociation plus large, visant à stimuler l’industrie américaine.

    Le président américain Donald J. Trump apparaît sur un écran alors qu'il s'adresse par liaison vidéo à une session plénière lors de la 55e réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse, le 23 janvier 2025. ©EPA-EFE/LAURENT GILLIERON
    Le président américain Donald J. Trump apparaît sur un écran alors qu’il s’adresse par liaison vidéo à une session plénière lors de la 55e réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse, le 23 janvier 2025. ©EPA-EFE/LAURENT GILLIERON

    « Si vous ne fabriquez pas vos produits en Amérique, ce qui est votre prérogative, alors vous devrez tout simplement payer des droits de douane, de montants différents, mais des droits de douane », a-t-il affirmé.

    Donald Trump a également critiqué les longues procédures de l’UE pour obtenir des autorisations pour monter des projets. Il a affirmé qu’il avait fallu « cinq ou six ans d’attente pour obtenir une simple autorisation » pour un « grand projet » qui n’a pas été spécifié.

    Des divergences avec Bruxelles

    Il a également dénoncé les décisions de Bruxelles d’imposer des amendes et de mener des enquêtes antitrust sur des entreprises américaines comme AppleGoogle et Facebook.

    « Il s’agit d’entreprises américaines et [l’UE] ne devrait pas agir de la sorte », a souligné le président américain.

    Donald Trump a par ailleurs réitéré son appel aux membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) pour qu’ils augmentent leur objectif de dépenses militaires de 2% à 5% du PIB annuel, affirmant que ce chiffre « est ce qu’il aurait dû être depuis des années ». Il a qualifié le taux actuel de dépenses de défense des pays européens d’« injuste vis-à-vis des États-Unis ».

    Alors qu’il entretient des liens étroits avec les dirigeants d’extrême-droite en Italie et en Hongrie, Donald Trump a également professé son « amour » pour l’Europe. Il a également rappelé qu’il souhaitait mettre fin à l’« horrible » guerre de la Russie en Ukraine.

    « J’essaie d’être constructif parce que j’aime l’Europe, j’aime les pays d’Europe. »

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 28.01.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 28.01.2025

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le mardi 28 janvier 2025 et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Dans les titres de cette édition : Vous avez un courriel – Huit des otages libérables sont morts à Gaza – Elias mort pour un portable

    Jean Noel Barrot et Laurent Saint Martin ont écrit ce jour une lettre aux expatriés.

    Le ministre des Affaires étrangères et celui des Français de l’étranger, Laurent St Martin, s’adressent ainsi à notre diaspora hors de France en leur rappelant les 3 priorités du Quai d’Orsay : la sécurité de nos ressortissants, la modernisation des services consulaires et aussi les aides budgétaires possibles dans un contexte contraint. Une démarche de communication directe louable entre le gouvernement et les Français de l’étranger que nous vous décryptons dans un article sur notre site Lesfrancais.press (publication ce 28 janvier 2025 à 11H – heure de Paris).

    18 otages en vie sur 26

    Huit des otages qui devaient être libérés dans la première phase de l’accord de trêve entre Israël et le Hamas dans la bande Gaza sont morts, a annoncé David Mencer, un porte-parole du gouvernement israélien. « Les familles ont été informées de la situation de leurs proches », a précisé le responsable au cours d’un point de presse. Cela signifie que sur les 26 otages qui doivent être ramenés dans leur pays lors de la première phase de l’accord, seuls 18 sont encore en vie. Cependant, l’accord est maintenu, Cette semaine, six autres otages israéliens vont être libérés, trois jeudis et trois samedis.

    Rassemblement à Tel-Aviv demandant la libération des otages retenus à Gaza par le Hamas, le 2 décembre 2023 - AHMAD GHARABLI / AFP
    Rassemblement à Tel-Aviv demandant la libération des otages retenus à Gaza par le Hamas, le 2 décembre 2023 – AHMAD GHARABLI / AFP

    Deux adolescents ont poignardé mortellement un autre jeune en France

    Élias, 14 ans, a été mortellement poignardé vendredi 24 janvier à Paris. Vers 20h, alors qu’il sortait de son entraînement de foot au stade Jules-Noël, dans le 14e arrondissement de Paris, deux personnes lui réclament son téléphone. Devant son refus, un violent coup de couteau lui est porté à l’épaule. Malgré sa prise en charge, le jeune Élias est mort samedi 25 janvier, vers midi. Une enquête avait initialement été ouverte pour « tentative d’homicide sur mineur de moins de 15 ans et extorsion avec arme ». Celle-ci a été requalifiée en « extorsion suivie de mort », après le décès du jeune Élias samedi et fait encourir à ses auteurs la réclusion criminelle à perpétuité. Les deux suspects, nés en mai 2007 et août 2008, ont été entendus dans un commissariat du 14e arrondissement, au cours de la journée de dimanche et ont été présentés à un juge ce lundi. Ils resteront sous la garde des autorités.

    C’est tout pour ce flash quotidien des expatriés. Passez un agréable mardi où que vous soyez !  

    Écouter le bulletin quotidien des Français de l’étranger.

  • Les lieux à éviter en 2025 pour cause de surtourisme

    Les lieux à éviter en 2025 pour cause de surtourisme

    Comme chaque, Un guide spécialisé dans les voyages publie sa liste de « destinations noires », saturées par le tourisme de masse. Alors quels sont les lieux à éviter en 2025 pour cause de surtourisme ?

    Car après la crise sanitaire du Covid-19, d’après les données de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), le tourisme mondial a connu un regain en 2022, avec plus de 960 millions de touristes internationaux, soit les deux tiers du volume d’avant la pandémie. Toujours selon l’OMT, 95 % des touristes mondiaux visiteraient moins de 5 % des terres émergées. À l’échelle de la France, c’est 80 % de l’activité touristique qui se concentre sur 20 % du territoire. Une dynamique qui s’est amplifiée en 2023 et 2024.

    Pour aider les Français de l’étranger, parmi les quinze lieux que le guide ne recommande pas, la rédaction du site Lesfrancais.press en a sélectionné 4.

    Le surtourisme surtout en Asie

    Dans le classement, les destinations en Asie sont particulièrement soumises au stress touristique. Voilà les deux cas les plus emblématiques.

    L’île de Bali, en Indonésie

    Bali a enregistré plus de 5,3 millions de visites en 2023, contre 2,2 millions en 2022, selon le gouvernement indonésien. Un rebond économique qui joue sur l’équilibre environnemental de l’île. Selon Fodor, des plages, comme celles de Kuta, l’une des plus réputées, sont englouties sous des montagnes de déchets et les autorités n’arrivent pas à gérer cet afflux.

    Les gens regardent le coucher de soleil sur la plage de Seminyak à Bali, en Indonésie 17 août 2017. ©REUTERS/Thomas White - RC18D1DF68C0
    Les gens regardent le coucher de soleil sur la plage de Seminyak à Bali, en Indonésie 17 août 2017. ©REUTERS/Thomas White – RC18D1DF68C0

    La qualité de vie des habitants est altérée à cause de l’augmentation du coût de la vie, mais également de la pollution sonore et des embouteillages. La qualité des eaux côtières est devenue douteuse. « Le surtourisme affecte l’essence même de la vie balinaise. Les pratiques traditionnelles comme le système d’irrigation subak, qui a soutenu les rizières pendant des siècles, sont aujourd’hui mises à rude épreuve par le détournement de l’eau vers les zones touristiques », explique Kristin Winkaffe, experte en voyages durables spécialisée dans l’Asie du Sud-Est à Fodor.

    L’Everest

    Même le toit du monde sature. Et ce n’est pas le documentaire du youtubeur Inoxtag, sur son ascension de l’Everest, qui va décourager les apprentis alpinistes. Environ 58 000 personnes visitent la région du mont Everest chaque année et là aussi, le problème de la gestion des déchets se pose. On estime qu’environ 30 tonnes de déchets et une quantité incommensurable d’excréments humains se trouvent sur les pentes de l’Everest et encore plus sur le sentier qui y mène, rapporte Fodor.

    Un embouteillage monstre s'est créé au sommet de l'Everest tant les alpinistes étaient nombreux.
PHOTO : Associated Press / Nirmal Purja/@Nimsdai Project Possible
    Un embouteillage monstre s’est créé au sommet de l’Everest tant les alpinistes étaient nombreux. PHOTO : Associated Press / Nirmal Purja/@Nimsdai Project Possible

    Et là-haut, des embouteillages se créent. Comble du cynisme : il faut parfois patienter plusieurs heures à l’arrivée pour pouvoir prendre son selfie du sommet, tout en contournant ou enjambant les corps de ceux qui sont morts lors de précédentes ascensions. La surfréquentation entraîne de facto l’augmentation du nombre de décès parmi les alpinistes : en 2024, huit personnes ont perdu la vie en tentant de monter le sommet, un bilan pourtant moins meurtrier qu’en 2023 (18 morts). Le gouvernement népalais se refuse à mettre en place des mesures de régulation : en 2023, il a même délivré un nombre record de 487 permis pour l’ascension de l’Everest.

    En France, 2 lieux noirs

    On l’a dit plus haut, en France, 80 % de l’activité touristique se concentre sur 20 % du territoire, selon le gouvernement. Les conséquences sont multiples, comme la hausse du prix de l’immobilier dans les zones touristiques et les impacts néfastes sur l’environnement, voire un effet de « rejet » des touristes par les populations locales et d’opposition à des projets d’infrastructures touristiques. On a sélectionné deux lieux à éviter.

    Le GR20 en Corse

    L’emblématique GR20, semblait avoir atteint ses limites en termes de fréquentation à l’été 2022. Ce sentier de 170 km de long, qui traverse la Corse du Nord-Ouest au Sud-Est, est sans doute le plus populaire de tous les itinéraires français de grande randonnée appelés « GR ». Depuis la pandémie de Covid-19, la fréquentation a explosé, y compris chez les débutants. Cela entraînant de potentielles nuisances, perturbations ou détériorations, et de la pression sur les zones d’hébergement ou de campement et des refuges du parcours, la perte d’une forme de liberté et d’authenticité. L’instauration de quotas a notamment été envisagée.

    GR20 été 2024 - ©AFP
    GR20 été 2024 – ©AFP

    La rue Crémieux à Paris

    En l’espace de quatre ou cinq ans, cette petite rue du XIIe arrondissement près de la gare de Lyon est devenue un lieu très prisé, rapportait Le Parisien en 2019. Les maisons colorées de cette rue piétonne ne donnent pas l’impression d’être à Paris. Elle est devenue l’un des lieux préférés des touristes, mais aussi des artistes qui viennent y tourner des clips (parfois sans autorisations), des publicitaires, vidéastes YouTube et autres influenceurs.

    La rue Crémieux à Paris ©UNESCO
    La rue Crémieux à Paris ©UNESCO

    La rue subit sa popularité sur Instagram et des touristes affluent chaque jour devant ses 35 maisons colorées pour prendre des photos, notait Le HuffPost en 2019. Certains riverains se plaignant des nuisances et de ne plus pouvoir vivre en toute tranquillité, la mairie de Paris s’est saisie de la situation, faisant cesser la promotion de la rue auprès des offices du tourisme et évoquant la possibilité d’instaurer un contrôle d’accès.

  • Fiscalité et retraite en Thaïlande

    Fiscalité et retraite en Thaïlande

    La réforme fiscale qui touche les Français de l’étranger en Thaïlande depuis le 1er janvier 2024 comportait plusieurs zones d’ombres. Les autorités ont donc procédé à des clarifications au cours des derniers mois de l’année dernière, notamment concernant la taxation des retraites étrangères.

    « La Convention de double imposition a-t-elle été modifiée ? », « si l’on peut prouver que l’on vit de ses économies, doit-on établir une déclaration d’impôts ? » : voici quelques-unes des questions de Français de l’étranger qui nous sont parvenues après notre entretien avec Jean-Louis Guenard, l’animateur du groupe Facebook des retraités français en Thaïlande. On a donc décidé de faire le point pour nos aînés expatriés au Siam.

    Des impôts plus élevés qu’en France ?

    Insécurisés, les quelque 20 000 Français de l’étranger établis dans le pays à fin 2023 ont été nombreux à appeler à l’aide pour essayer d’y voir plus clair.

    Pour rappel, la réforme fiscale élaborée par le gouvernement thaïlandais prévoit qu’à partir du 1er janvier 2024, les personnes étrangères résidentes, c’est-à-dire celles qui séjournent au moins 180 jours par an en Thaïlande, devront désormais payer des impôts sur les revenus étrangers transférés dans le pays.

    Par exemple, une personne retraitée française, célibataire et sans enfants à charge, qui gagnerait la rente de vieillesse maximale de l’APSA de 1035  par mois, serait exonéré d’impôts sur le revenu en France. En Thaïlande, elle sera faiblement taxée mais le sera tout de même. L’écart s’intensifie au plus les revenus sont importants, cependant le plafond maximal de 35% est réservé aux très hauts revenus. La classe moyenne peut largement encore être avantagée par rapport au barème français.  

    Sauf que la convention fiscale franco-thaïlandaise, selon sa version française, stipule que les pensions de retraite sont imposables uniquement dans l’État où elles sont versées, soit la France. Toutefois, la version thaïlandaise de la convention est plus ambiguë, permettant une imposition potentielle selon l’impôt sur le revenu où les pensions pourraient être imposées en France et en Thaïlande. Une intervention politique serait nécessaire pour clarifier la situation. Mais à ce jour, à notre connaissance, ni Anne Genetet, la députée des Français de la Xième circonscription dont fait partie la Thaïlande, ni les autorités consulaires n’ont de solution.

    Des règles et des exceptions

    Rappelons que toutefois, seuls les revenus acquis à partir du 1er janvier 2024 sont concernés. Toute personne qui sera en mesure de prouver que ses revenus sont antérieurs à cette date ne sera pas imposable sur ces sommes, même si elles ont été transférées en Thaïlande après le 31 décembre 2023.

    Afin d’éviter les erreurs, il est conseillé de posséder deux comptes en banque : l’un sur lequel placer son capital (c’est-à-dire ses économies passées acquises avant le 31.12.2023) et l’autre sur lequel verser les revenus gagnés à partir du 01.01.2024.

    Aussi, on vous précise la notion de transfert, en effet, les autorités considèrent comme « transfert » tout virement bancaire d’un pays étranger vers une banque thaïlandaise, mais aussi les paiements avec des cartes de crédit étrangères, les rapatriements d’argent liquide et le recours à des fournisseurs de paiement en ligne, tels que Stripe ou PayPal.

    La Thaïlande a également prévu d’exempter certaines catégories de retraitées et retraités étrangers, notamment celles et ceux qui disposent d’un visa LTR («longterm visa»), valable dix ans. Pour l’obtenir, il faut être au bénéfice d’une retraite d’au moins 80’000 dollars par an, ou 40’000 dollars annuels et investir 250’000 dollars en Thaïlande, dans l’immobilier par exemple.

  • Journée internationale du souvenir de l’Holocauste : l’antisémitisme toujours présent

    Journée internationale du souvenir de l’Holocauste : l’antisémitisme toujours présent

    Comme chaque 27 janvier, la journée est dédiée en France et en Allemagne au souvenir de l’Holocauste. L’occasion pour nous de faire un petit rappel historique et de dénoncer l’antisémitisme qui a connu un retour inédit en 2024.

    Une journée du souvenir pour quoi faire ?

    Au matin du 27 janvier 1945 quelque 7.000 détenus se trouvaient encore dans les camps d’Auschwitz-Birkenau. Plus d’un million de personnes déportées dans le camp d’Auschwitz y ont péri. En tout près de 7 millions de personnes meurent pendant l’Holocauste ! Plus de 5 millions de Juifs, et aussi des Tziganes, un peuple nomade d’Europe de l’Est, des handicapés, des communistes, des homosexuels, des Noirs… Tous ceux que les nazis jugent inférieurs ou qui s’opposent à eux !

    Le Conseil de l’Europe est à l’origine de la mise en place d’une Journée du souvenir de l’Holocauste et de prévention des crimes contre l’humanité. Cette initiative a été prise par les ministres de l’Éducation des États membres du Conseil de l’Europe en octobre 2002. Si l’Allemagne et la France ont choisi le 27 janvier, jour de la libération d’Auschwitz, le choix de la  »Journée de l’Holocauste » diffère pour d’autres États, en tenant compte de leur expérience historique.

    Alors qu’aujourd’hui, on utilise le terme de génocide ou d’Holocaustes pour de nombreuses causes, il est important de rappeler qu’un génocide est la mise en place par un État constitué de dispositions ayant comme objets d’éliminer physiquement et méthodologiquement un groupe d’êtres humains pour des raisons ethniques ou religieuses. Actuellement, même si injustices et massacres sont présents aux 4 coins du globe, aucune situation ne peut être comparée à la machine nazie qui a mis en place un système quasi industriel dédié à la mort d’enfants, de femmes et d’hommes.

    L’année 2024 a été une « année record » pour l’antisémitisme

    Avec une augmentation de 340 % du nombre total d’incidents antisémites dans le monde par rapport à 2022, selon un nouveau rapport publié par l’Organisation sioniste mondiale (WZO) et l’Agence juive pour Israël, l’année dernière marque un rebond sans précédent de la « haine du Juif ».

    Par rapport à 2023, le nombre d’actes antisémites a presque doublé. Le rapport a utilisé 2022 comme année de référence parce qu’il s’agissait d’une année relativement normale, contrairement à 2023, où le Hamas a lancé une guerre contre Israël le 7 octobre.

    Cette forte augmentation « constitue une véritable menace pour les fondements de la démocratie occidentale, où le nouveau discours antisémite érode les valeurs fondamentales de la société démocratique et crée des failles dans le mur du pluralisme et de la tolérance », a déclaré Raheli Baratz, chef du département de lutte contre l’antisémitisme de l’Organisation sioniste mondiale et autrice du rapport.

    L’occident rattrapé par l’actualité

    Aux États-Unis, le nombre d’actes antisémites a augmenté de 288 %, avec un pic en avril 2024. Ces incidents comprenaient un certain nombre d’actes de violence importants, tels que le meurtre du Dr Ben Harouni en Californie en mars, des attaques contre des synagogues et des actes de violence dans les écoles et les universités.

    Au Canada, la situation est encore pire, avec une augmentation de 562 % des actes antisémites, dont un quart était violent, selon le rapport.

    L’Australie a connu une forte augmentation de 387 % des incidents antisémites, dont des incendies de synagogues, des actes de vandalisme et des agressions physiques.

    Les tendances sont tout aussi préoccupantes en Europe. En France, les incidents antisémites ont augmenté de plus de 350 % et 28 % d’entre eux ont donné lieu à des actes de violence, selon le rapport. Au Royaume-Uni, les incidents antisémites ont augmenté de 450 %, avec près de 2 000 incidents pour le seul premier semestre 2024.

    Les pays du BRIC aussi

    Au Brésil, le président Luiz Inácio Lula da Silva a comparé les actions d’Israël à Gaza à la Shoah en février, déclenchant une vague de rhétorique antisémite sur les médias sociaux. Au Chili, le nombre d’incidents antisémites a augmenté de 325 %, tandis qu’en Argentine, il a légèrement diminué.

    L’Afrique du Sud a connu une augmentation de 185 % des incidents antisémites, y compris des appels au boycott d’Israël et de la propagande anti-israélienne. Le rapport note que le nombre réel d’incidents antisémites est probablement plus élevé que ce qui est rapporté.

    En Chine, les plateformes de réseaux sociaux ont été inondées de contenus antisémites et de théories du complot, y compris de négationnisme. Au Japon et à Taïwan, des manifestations anti-israéliennes et des saluts nazis ont été observés, ce qui n’était pas courant auparavant dans la région.

    Dans les pays de l’ancien bloc soviétique, l’année 2024 a été marquée par une escalade significative de la rhétorique antijuive et anti-israélienne. L’attentat perpétré en mars à l’hôtel de ville de Crocus, près de Moscou, où 145 personnes ont été tuées, a donné lieu à une multitude de théories du complot antisémites, en particulier sur les réseaux sociaux. Une série d’attaques violentes au Daghestan en juin, dont l’incendie de synagogues et d’églises et le meurtre de 22 personnes, s’est accompagnée d’une vaste campagne d’incitation en ligne.

    Déchaînement dans le monde musulman

    Dans le monde musulman, l’Iran continue de soutenir des organisations terroristes telles que le Hezbollah et le Hamas et de nier le droit à l’existence d’Israël. En revanche, des pays comme l’Arabie saoudite, le Maroc et les Émirats arabes unis adoptent des approches plus modérées au niveau politique, bien que l’opinion publique soit souvent différente.

    En ligne, le contenu antisémite a augmenté de plus de 300 %, l’antisémitisme classique représentant 38,5 % du contenu signalé, le négationnisme 21,1 % et le contenu anti-israélien et antisioniste 15,4 %.

    L’utilisation croissante du terme « sionisme » et de ses dérivés comme euphémisme dans les expressions antisémites a conduit le Meta à reconnaître l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme dans certains contextes, note le rapport.

  • La fée électrique n’a pas fini de briller

    La fée électrique n’a pas fini de briller

    Dans un monde en pleine transition énergétique et numérique, l’électricité s’impose comme la colonne vertébrale des économies modernes. Les infrastructures électriques sont au cœur des défis stratégiques du XXIᵉ siècle. Notamment avec la décarbonisation et l’essor de l’intelligence artificielle. Mais aussi l’électrification des transports, Pourtant, alors que la demande explose et que les investissements atteignent des sommets, des risques comme les pénuries d’équipements, les catastrophes naturelles ou encore les tensions géopolitiques menacent de freiner cette révolution.

    L’avenir de nos réseaux électriques n’a jamais été aussi crucial pour soutenir une croissance durable et résiliente. En Italie, l’usine de Schneider Electric à Conselve ne chôme pas. Elle produit des systèmes de refroidissement avancés pour les centres de données, véritables clefs de voûte de l’intelligence artificielle (IA). Au cours de l’année écoulée, la valeur boursière de Schneider Electric a augmenté de plus d’un tiers, atteignant environ 140 milliards de dollars. La capitalisation boursière d’Hitachi, un conglomérat japonais, a triplé depuis le début de l’année 2022, en partie grâce à l’expansion rapide de sa division d’équipements électriques. L’action de Siemens Energy a progressé de 300 % l’an dernier, portée par la forte croissance des ventes de son activité liée à la technologie des réseaux électriques.

    @adobestock
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    Les entreprises impliquées dans les infrastructures électriques ont enregistré des hausses significatives de leur valeur. Ce qui a surpassé les indices boursiers auxquels elles sont rattachées. La demande pour des équipements tels que les transformateurs, les appareillages de commutation et les câbles de transmission à haute tension est en plein essor. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que les investissements mondiaux dans les infrastructures de réseau ont atteint près de 400 milliards de dollars en 2024, contre un peu plus de 300 milliards en 2020. L’AIE prévoit que ces dépenses augmenteront à environ 600 milliards de dollars par an d’ici 2030.

    Facteurs de croissance des infrastructures électriques

    La décarbonisation de la production d’électricité est l’un des principaux moteurs de cet essor. Souvent située dans des zones reculées, la production d’énergie éolienne et solaire, exige une extension des lignes électriques. Mais également des investissements dans du matériel et des logiciels pour gérer leur intermittence. Au Royaume-Uni, l’ambition d’atteindre un réseau à zéro émission nette d’ici 2030 a conduit les opérateurs de réseau à soumettre des propositions d’investissement de près de 100 milliards de dollars sur cinq ans. Même aux États-Unis les investissements dans les énergies renouvelables devraient continuer à croître. Cela est dûe à la baisse des coûts de l’énergie solaire et éolienne. Bien que le nouveau président reste sceptique face au changement climatique,

    Un autre facteur est le poids croissant de l’électricité dans la consommation énergétique. L’AIE prévoit que la demande en électricité, qu’elle soit issue de sources propres ou polluantes, augmentera six fois plus vite que l’énergie globale au cours de la prochaine décennie. Cette augmentation est alimentée par l’adoption des voitures électriques, des systèmes de chauffage domestique et des processus industriels. La Californie à elle seule aura besoin de 50 milliards de dollars pour moderniser son réseau de distribution d’électricité d’ici 2035 afin de recharger ses véhicules électriques.

    Un besoin énergétique en expansion

    Les besoins énergétiques mondiaux continuent de croître, notamment dans les pays en développement, où la croissance économique et l’usage croissant de la climatisation nécessitent de nouvelles centrales électriques et des réseaux adaptés. Goldman Sachs estime que le réseau électrique indien nécessitera 100 milliards de dollars d’investissement entre 2024 et 2032. Rystad, un cabinet de conseil, prévoit que les investissements annuels dans le réseau électrique chinois passeront d’environ 100 milliards de dollars en 2024 à plus de 150 milliards d’ici 2030.

    Les dépenses des géants de la technologie en matière d’IA alimentent également la demande en électricité. Certains centres de données consomment désormais autant d’énergie qu’une petite centrale nucléaire. Ce qui oblige les opérateurs de réseau à moderniser transformateurs, lignes électriques et équipements de contrôle. Tokyo Electric, la plus grande compagnie d’électricité japonaise, prévoit de dépenser plus de 3 milliards de dollars d’ici 2027 pour moderniser ses infrastructures et répondre à la croissance des centres de données.

    Cet essor stimule également les ventes des fabricants d’équipements de refroidissement et autres appareils auxiliaires. La multiplication des catastrophes naturelles accroît également les dépenses dans les réseaux électriques. Comme les tempêtes meurtrières à Mayotte ou les incendies de forêt à Los Angeles. Ces événements ont généré plus de 100 milliards de dollars de dommages dans le monde en 2023. Dont seulement la moitié était couverte par les assurances. Aux États-Unis, le ministère de l’Énergie a récemment accordé une garantie de prêt de 15 milliards de dollars à PG&E, une compagnie californienne, pour améliorer la résilience de ses infrastructures. En Europe, où les réseaux électriques ont en moyenne plus de 40 ans, une modernisation est également nécessaire.

    Défis et risques

    Face à la hausse de la demande en équipements, les pénuries se multiplient. Ce qui entraîne une augmentation des prix de 60 à 80 % pour certains composants, comme les transformateurs, depuis 2020. Les délais de livraison ont triplé, atteignant parfois cinq ans ou plus. Cette situation pousse les fournisseurs à augmenter leurs dépenses en recherche et développement ainsi qu’en capacité de production. Cependant, le secteur de l’électricité reste vulnérable à un retournement de cycle. Une surproduction pourrait émerger si les investissements dépassaient les besoins réels. La croissance des ventes de véhicules électriques ralentit déjà dans plusieurs pays occidentaux, et l’essor de l’IA pourrait marquer une pause.

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    Malgré ces incertitudes, les dépenses consacrées aux infrastructures électriques ne montrent aucun signe de ralentissement. Les opérateurs de réseau restent confrontés à une consommation d’électricité croissante. Mais aussi à un mix de production en évolution et des infrastructures vieillissantes. Face à une consommation électrique en forte hausse, un mix énergétique en pleine transformation et des infrastructures vieillissantes, le secteur électrique est à un tournant.

    Les investissements colossaux actuels témoignent d’un effort sans précédent pour répondre aux enjeux environnementaux et technologiques, mais les défis restent nombreux. Pénuries de matériaux, risques de surproduction ou encore besoin d’une meilleure résilience face aux catastrophes naturelles. La question n’est plus seulement de construire des réseaux plus puissants. Mais aussi de les rendre plus flexibles, durables et adaptés aux besoins de demain. À l’heure où l’électricité devient la pierre angulaire de notre économie, c’est notre capacité à innover et à anticiper qui déterminera si cette transition sera un succès ou un échec.

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