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  • L’Arctique : le nouvel Eldorado

    L’Arctique : le nouvel Eldorado

    Le réchauffement de la planète pourrait être une source de revenus en révolutionnant le transport maritime. L’Arctique se réchauffe quatre fois plus vite que le reste du monde, et la banquise se réduit d’une superficie équivalente à celle de l’Autriche chaque année. Depuis les années 1980, le volume de glace a diminué de 70 %. Le premier jour sans glace en Arctique pourrait survenir avant 2030.

    Ce recul de la glace permettra de revoir la carte des routes maritimes entre les continents. La fonte des glaciers facilitera l’extraction de minéraux, au moment même où les besoins sont en constante augmentation. Le réchauffement des eaux pourrait également favoriser la reproduction des poissons dans les mers du Nord. Une eau riche en nutriments stimulerait la croissance des populations, tandis que le recul des glaces ouvrirait de nouveaux territoires et prolongerait les saisons de pêche.

    Le maquereau n’est arrivé au large du Groenland qu’en 2011. En 2024, ce poisson gras représentait 23 % des recettes d’exportation totales de l’île. Les grandes puissances économiques se préparent à cette révolution. La Chine a établi un record mondial en dévoilant un navire cargo de 58 000 tonnes, adapté aux pôles. Donald Trump envisage d’acheter le Groenland, tant pour y installer de nouvelles bases militaires que pour s’approprier les ressources naturelles de cette île. Si le Grand Nord est convoité, il reste encore difficile d’accès et, en l’état actuel, les coûts d’exploitation des minerais sont prohibitifs.

    Raccourcir les trajets entre l’Asie, l’Amérique du Nord et l’Europe.

    En décembre dernier, la Norvège a suspendu ses projets d’exploitation minière en eaux profondes, tout comme la Russie. Le gain le plus important généré par la fonte des glaces est l’ouverture de nouvelles voies de navigation. La première, baptisée Route maritime du Nord (RMN), longe la côte russe pour relier la mer de Barents au détroit de Béring. Une deuxième, le Passage du Nord-Ouest (PNO), passe par le littoral arctique nord-américain, la mer de Beaufort et la baie de Baffin. Enfin, la troisième est la Route maritime transpolaire (RTP), qui traverse le pôle Nord. Ces trois voies pourraient raccourcir les trajets entre l’Asie, l’Amérique du Nord et l’Europe, les trois principales zones économiques mondiales. Elles permettraient d’économiser du carburant et des salaires, tout en évitant les goulets d’étranglement au niveau des canaux de Panama et de Suez.

    En passant par le Nord, les navires ne s’acquitteraient plus de droits de passage onéreux et éviteraient des zones de conflit. L’ouverture des nouvelles routes maritimes n’est pas encore programmée, mais déjà, les États s’opposent sur d’éventuels droits de passage. Le Canada estime que la route traversant l’archipel arctique se trouve dans ses eaux territoriales, tandis que les États-Unis et l’Union européenne affirment qu’elle relève des eaux internationales. Cette route présente l’inconvénient d’être peu profonde et, de ce fait, dangereuse.

    La route transpolaire, qui traverse l’océan Arctique central, bénéficie d’eaux profondes et évite les eaux territoriales. Elle offre la traversée la plus courte entre l’Atlantique Nord et le Pacifique. Ses promoteurs prévoient que des milliers de navires feront chaque année la navette entre l’Amérique du Nord et l’Asie, avec une escale à Dutch Harbour en Alaska. Même lorsque la glace aura disparu, la route restera jonchée d’icebergs, ce qui la rendra navigable uniquement par des brise-glaces.

    En 2024, un record de 92 navires a emprunté la route transpolaire, contre 19 en 2016. 

    L’hypothèse de milliers de navires empruntant cette voie ne se concrétisera sans doute pas avant 2050. En été, cette route est déjà accessible aux navires équipés contre les glaces. Certaines sections sont même navigables toute l’année avec l’aide d’une escorte de brise-glace. Le trafic augmente néanmoins chaque année depuis 2005. En 2024, un record de 92 navires a emprunté la route transpolaire, contre 19 en 2016. La Russie est potentiellement le pays le plus intéressé par l’ouverture de la route transpolaire qui lui permettrait de transporter plus rapidement ses ressources naturelles vers l’Asie ou l’Europe.

    Après l’invasion de l’Ukraine, cette route vise non plus à approvisionner l’Europe en gaz, pétrole ou minéraux, mais à alimenter l’Asie. Elle pourrait également capter une partie du trafic reliant l’Asie à l’Europe. Elle ne devrait cependant pas être empruntée par les porte-conteneurs qui effectuent généralement des escales dans le Golfe ou en Asie du Sud-Est. Les conditions climatiques difficiles en mer du Nord risquent également de perturber la logistique du juste-à-temps, essentielle au commerce moderne de marchandises.

    Cette route réduit la distance entre Rotterdam et Shanghai de 5 000 km, soit 25 %.

    Toutefois, cette route réduit la distance entre Rotterdam et Shanghai de 5 000 km, soit 25 %, ce qui pourrait faire passer le temps de trajet de 30 à 14 jours. Son ouverture à l’année pourrait accroître de 6 % le commerce global entre l’Asie et l’Union européenne, selon l’économiste de l’Organisation mondiale du commerce Eddy Bekkers.

    L’Arctique représente également une source potentielle d’énergie et de minéraux. La région contiendrait 13 % des réserves mondiales de pétrole non découvert et 30 % du gaz naturel inexploité. L’exploitation de ces ressources est cependant complexe et coûteuse. Le développement des gisements aux États-Unis et dans d’autres pays rend peu probable l’exploitation des réserves de l’Arctique. L’espoir repose plutôt sur les minéraux « verts », rendus plus accessibles par le réchauffement climatique. Parmi eux figurent le cobalt, le graphite, le lithium et le nickel, indispensables à la fabrication des batteries des voitures électriques. L’Arctique renfermerait d’importantes réserves de zinc, utilisé dans les panneaux solaires et les éoliennes, ainsi que de cuivre, nécessaire à diverses applications électriques. De nombreuses terres rares y seraient également présentes, tout comme le titane, le tungstène et le vanadium, nécessaires à la fabrication de superalliages.

    Le Groenland possède des réserves de 43 des 50 minéraux jugés « critiques ». 

    Le Groenland semble particulièrement bien doté en ressources : l’île possède des réserves de 43 des 50 minéraux jugés « critiques » par le gouvernement américain. Ses réserves connues de terres rares s’élèvent à 42 millions de tonnes, soit environ 120 fois la production mondiale de 2023. La majorité des minéraux de l’Arctique n’ont toutefois pas encore été cartographiés en détail. L’Agence internationale de l’énergie estime que le marché mondial de ces minéraux doublera de valeur d’ici 2040, si les pays respectent leurs engagements climatiques.

    Les pays occidentaux cherchent également à diversifier leurs approvisionnements pour réduire leur dépendance à la Chine, qui domine actuellement l’offre mondiale. L’exploitation en Arctique pourrait néanmoins prendre au moins une décennie, compte tenu des défis techniques à surmonter. Les entreprises minières utilisent l’intelligence artificielle pour analyser les données historiques et scientifiques afin d’identifier les gisements et accélérer les opérations. Des plateformes capables de supporter la glace, des véhicules miniers autonomes, des drones de levage lourd et d’autres technologies sont en cours de développement pour s’adapter aux conditions extrêmes de l’Arctique.

    Alors que Donald Trump lorgne sur le Groenland, une seule mine y est actuellement exploitée. Ouverte en 2013, la mine Lumina avait initialement obtenu une licence pour produire une forme raffinée d’anorthosite, une roche claire utilisée dans la fibre de verre et la peinture. Cependant, le matériau était trop délicat à expédier, obligeant l’entreprise à construire un port en eau profonde et à obtenir l’accord des autorités locales pour exporter la roche sous une forme plus brute. La production devrait atteindre 210 000 tonnes en 2025, contre 35 000 en 2019. La mine repose sur un gisement estimé à 4 milliards de tonnes.

    Au cours de l’histoire récente, l’Arctique a été un lieu stratégique pour l’implantation de garnisons, d’appareils d’espionnage et d’armes nucléaires. De nombreux obstacles pourraient empêcher sa transformation en eldorado moderne. L’absence de coopération entre États risque de freiner les avancées, mais les enjeux économiques et géopolitiques sont tels que ces territoires seront fortement convoités dans les prochaines années.

  • Bart De Wever est nommé Premier ministre belge et plonge illico « dans le grand bain » de l’UE

    Bart De Wever est nommé Premier ministre belge et plonge illico « dans le grand bain » de l’UE

    Le chef des conservateurs flamands, Bart De Wever, est devenu lundi le nouveau Premier ministre belge avant de participer dans la foulée à son premier Conseil européen, la réunion des dirigeants l’Union européenne (UE) que la Belgique va faire pencher un peu plus à droite.

    L’ancien maire d’Anvers, qui a prêté serment ce lundi matin devant le roi Philippe avec ses 14 ministres — dont dix hommes et seulement quatre femmes —, est le premier indépendantiste flamand à prendre la tête du gouvernement fédéral en Belgique.

    Près de huit mois après les élections législatives, marquées par la victoire de sa formation, l’Alliance néo-flamande (N-VA) en Flandre, il va ancrer le pays davantage à droite avec ses quatre partenaires de coalition, dont le Mouvement réformateur (MR), parti libéral-conservateur francophone qui est devenu la première force politique en Wallonie en détrônant le Parti socialiste.

    Outre la N-VA, la coalition réunit les chrétiens-démocrates (CD&V) et les socialistes flamands (Vooruit), ainsi que deux formations francophones, les conservateurs du MR, et les Engagés, parti centriste libéral, héritier des chrétiens-démocrates. Les cinq partis représentent 81 des 150 députés de la nouvelle Chambre élue le 9 juin.

    Pas de Vlaams Belang

    Fait notable, la nouvelle coalition ne comprend pas le Vlaams Belang, parti nationaliste flamand qui appelle à la sécession de la région flamande du reste de la Belgique.

    Côté casting, son équipe ignore le principe de la parité, avec une forte majorité d’hommes. Le Conseil des ministres resteiont (Kern), le « noyau » du gouvernement, s’annonce même sans aucune femme.

    « C’est dommage », a regretté Bart De Wever, en rappelant que la désignation des ministres était la responsabilité des chefs des partis de la coalition.

    Le nouvel attelage succède à celui du libéral Alexander De Croo en place depuis octobre 2020. Il signe le retour au pouvoir de la N-VA, déjà associée à un gouvernement de centre droit entre 2014 et 2018. Deux « anciens » de cette période, Jan Jambon et Theo Francken, prennent respectivement les portefeuilles des Finances et de la Défense.

    On retrouve également certains ministres du gouvernement sortant, le socialiste flamand Frank Vandenbroucke conserve la Santé, tandis qu’Annelies Verlinden (CD&V) passe à la Justice en laissant l’Intérieur au conservateur francophone Bernard Quintin. Le centriste francophone Maxime Prévot, chef de file des Engagés, a été désigné chef de la diplomatie.

    Surmonter les barrières politiques et linguistiques

    Divisée entre les communautés francophone et néerlandophone et dotée d’un système politique très complexe, la Belgique a un record peu enviable de négociations de coalition douloureusement prolongées, qui ont atteint un record de 541 jours entre 2010 et 2011.

    La constitution belge stipule que le Conseil des ministres, l’organe exécutif du gouvernement, doit compter un nombre égal de ministres francophones et néerlandophones, ce qui oblige les partis à forger une coalition entre les régions du nord et du sud de la Belgique.

    Début janvier, le roi Philippe, chef de l’État belge, a lancé un ultimatum à Bart De Wever pour qu’il fasse avancer les négociations dans l’impasse. Soit ce dernier parvenait à un accord avant la fin du mois de janvier, soit le pays se rendrait de nouveau aux urnes.

    Bart De Wever avait menacé de jeter l’éponge si aucun accord n’était trouvé vendredi — mais celui-ci a finalement été trouvé à quelques heures de l’échéance.

    Les négociateurs ont eu besoin d’une dernière session marathon de 60 heures pour aplanir les divergences sur leur programme de 800 pages — un compromis rendu compliqué par l’effort budgétaire et les importantes réformes socio-économiques à mener pour assainir les finances publiques.

    La nouvelle coalition, baptisée « Arizona » d’après les couleurs du drapeau de l’État américain qui correspondent à celles des partis le composant, comble les fossés politiques et linguistiques.

    « Au boulot ! »

    Sur le plan de la Défense européenne, qui sera discutée au Conseil de ce lundi, Bart De Wever a assuré que la Belgique comptait bien respecter le seuil des 2 % du PIB dédiés au budget défense (contre 1,3 % actuellement), un objectif fixé de longue date pour tous les pays membres de l’OTAN.

    Avec un déficit public attendu pour 2024 à 4,6 % du PIB, la Belgique est un des pires élèves de l’UE, et le gouvernement De Wever compte dégager 20 milliards d’euros pour rentrer progressivement dans les clous européens… en limitant les dépenses publiques dans de nombreux secteurs tout en relevant le budget de défense.

    « L’Europe a été un peu paresseuse sur le sujet de la Défense, [Vladimir] Poutine nous a réveillés », a déclaré le Belge à son arrivée à cette réunion. Mais il a souligné qu’il était fondamentalement « atlantiste » et soucieux de « continuer l’alliance avec les États-Unis » à l’ère Trump.

    Au plan national, le nouveau gouvernement belge entend durcir la politique de l’asile et les conditions d’obtention des aides sociales pour les exilés, renforcer la sécurité et la lutte contre le narcotrafic. Sur le plan socio-économique, il compte notamment limiter à deux ans le droit aux allocations chômage.

    L’arrivée de Bart De Wever au « 16 rue de la loi » — le Downing Street de Bruxelles — lui a valu les félicitations d’Ursula von der Leyen. La présidente de la Commission européenne a souhaité « une coopération étroite sur compétitivité, migration et sécurité », les grandes priorités de l’UE.

    Dès samedi, l’eurodéputée française Marion Maréchal, alliée d’Eric Zemmour, avait elle aussi félicité le dirigeant belge sur X.

    La nièce de Marine Le Pen a relevé que les partis européens associés dans le groupe des Conservateurs et Réformistes européens d’extrême droite au Parlement de Strasbourg comptaient désormais « trois Premiers ministres à la table du Conseil européen », avec l’Italienne Giorgia Meloni et le Tchèque Pietr Fiala. La N-VA de Bart De Wever compte trois élus dans l’hémicycle européen.

    Lundi matin, Bart De Wever a comparé à un plongeon « dans le grand bain » sa participation à une réunion de dirigeants européens. Il a dit déjà connaître Giorgia Meloni, mais va découvrir la plupart de ses homologues. « Et maintenant, au boulot ! », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

  • Ronan Le Gleut : « Pour qu’une nation soit forte à l’extérieur, il faut qu’elle soit forte à l’intérieur »

    Ronan Le Gleut : « Pour qu’une nation soit forte à l’extérieur, il faut qu’elle soit forte à l’intérieur »

    Ecouter le podcast avec Ronan Le Gleut

    Ronan Le Gleut, sénateur des Français de l’étranger, est intervenu pour détailler les conclusions d’un rapport sur l’architecture paix et sécurité en Afrique, qui fait un constat sévère de l’action française dans la région. Coécrit avec ses collègues Marie-Arlette Carlotti et François Bonneau, ce rapport critique l’approche du Président Macron et le recul de l’influence de la France en Afrique.

    Un recul inquiétant de la présence militaire française

    Les récentes demandes de retrait des troupes françaises par plusieurs dirigeants africains, dont les présidents du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Sénégal, et du Tchad, marquent un tournant. Selon Le Gleut, « On peut difficilement faire un autre constat que celui d’un mouvement absolument massif en Afrique de demande de départ des troupes françaises. » Il rappelle que ces demandes ne sont pas uniquement liées aux opérations militaires réussies, mais à un sentiment politique grandissant. Le seul maintien militaire visible se fait à Djibouti et au Gabon, ce qui témoigne d’un recul significatif de la France sur le continent.

    La désinformation russe et le réveil de la souveraineté africaine

    Les ingérences extérieures, notamment russes, ont alimenté un climat hostile envers la France, en utilisant des campagnes de désinformation : « Les Russes sont maîtres de la désinformation. » Toutefois, le sénateur nuance son analyse en précisant que cette ingérence ne constitue pas l’unique cause du désaveu croissant de la France. Ronan Le Gleut pointe également le « mouvement souverainiste » qui se renforce sur le continent. Toutefois, il met en garde contre une « multi-dépendance », notamment vis-à-vis de la Chine et de groupes comme Wagner.

    La France face à la montée en puissance des BRICS

    La France, selon le rapport, doit réinventer sa présence en Afrique, non pas seulement par le biais de la sécurité, mais aussi à travers la diplomatie culturelle et éducative. Ronan Le Gleut  insiste sur la nécessité d’adapter le regard de la France sur l’Afrique, en soulignant : « Ce qui a profondément changé, c’est que beaucoup de nos compétiteurs stratégiques, notamment des pays des BRICS+, dans les dernières années, 2000, 2010, 2020, créent des sommets Brésil-Afrique, Corée du Sud-Afrique, etc., qui n’existaient pas avant. Avant, il y avait des sommets France-Afrique, mais il n’y avait pas d’autres acteurs, comme les Émirats arabes unis, qui ont une présence importante et une influence importante en Afrique. Et par conséquent, c’est ce changement brutal des rapports de force géostratégiques à l’échelle mondiale, et notamment cette montée en puissance des BRICS+, qui rebat l’écart et que nous n’avons pas suffisamment compris. »

    Ronan Le Gleut au Palais du peuple en RDC avec les parlementaires et anciens ministres Christophe Lutundula et José Mpanda
    Ronan Le Gleut au Palais du peuple en RDC avec les parlementaires et anciens ministres Christophe Lutundula et José Mpanda

    Repenser la diplomatie et la sécurité

    Ronan Le Gleut suggère de renforcer la diplomatie et la présence culturelle française en Afrique. Le réseau d’écoles françaises à l’étranger, notamment l’AEFE, ainsi que les instituts français sont des atouts sous-exploités. Il évoque aussi les enjeux sécuritaires liés à des événements comme l’attaque de l’ambassade de France à Kinshasa, et prône un renforcement des missions de défense dans les ambassades. Ce double axe, culturel et sécuritaire, devrait selon lui permettre de « réinventer » l’influence de la France.

    L’instabilité politique intérieure : un frein à l’action extérieure

    Ronan Le Gleut  souligne un lien direct entre l’instabilité politique intérieure de la France et sa capacité à rayonner à l’extérieur. « Pour qu’une nation soit forte à l’extérieur, il faut qu’elle soit forte à l’intérieur », affirme-t-il, se référant à la crise politique actuelle qui affecte la position de la France. Il pointe également les tensions internes sur des questions comme l’immigration, qui nourrissent un sentiment anti-français, particulièrement en Afrique.

    Pas trop tard pour la France en Afrique ?

    Le parlementaire reste optimiste quant à l’avenir des relations franco-africaines, mais il insiste sur l’importance de s’adapter aux transformations du continent. « Il n’est pas trop tard », conclut-il, précisant que pour redresser la situation, la France doit abandonner les anciens paradigmes et reconnaître la diversité des réalités africaines.

    Le rapport « Voir l’Afrique dans tous ses États », est désormais disponible en ligne sur senat.fr

    Télécharger la synthèse du rapport

    Voir l'Afrique dans tous ses États – Synthèse


  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 05.02.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 05.02.2025

    Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Dans les titres de l’édition du mercredi 05 février 2025 : L’appel des parlementaires de gauche – Serge Atlaoui est libre – François Bayrou restera Premier ministre

    167 millions d’euros en moins pour l’action extérieure de la France

    Les sénateurs socialistes et écologiques comme le député NFP Karim Ben Cheik, on écrit au premier ministre ce 04 février pour l’alerter sur les coupes prévues dans le budget du ministère des Affaires étrangères. Ils alertent François Bayrou sur les conséquences des réductions sur le Programme 185 soit essentiellement la subvention de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), et sur le programme 151 qui vient en aide aux Français établis hors de France, alors que les aides sociales et celles à la scolarité avaient déjà été amputées dans le projet de loi de finances initial. Retrouvez les détails dans l’interview du député des Français de la IXème circonscription publiée sur Lesfrancais.press.

    19 ans dans une prison indonésienne

    Serge Atlaoui vit avec la menace d’une condamnation à mort pour trafic de drogue depuis près de 20 ans. Ce Français, aujourd’hui âgé de 61 ans, a embarqué dans la journée de ce mardi 4 février pour un vol depuis l’aéroport Soekarno-Hatta à Jakarta à destination de la France. Son arrivée à Paris est prévue mercredi matin, heure française. Pour autant, Serge Atlaoui ne recouvrera pas immédiatement la liberté. À son arrivée en France « il sera ensuite conduit à Bobigny et présenté au parquet puis placé en détention », a indiqué son avocat Richard Sédillot. Serge Atlaoui dit bien pouvoir attendre encore quelques jours, après tant d’années passées dans le couloir de la mort.

    Serge Atlaoui (L) est escorté par la police à son arrivée au tribunal de Tangerang, à l’extérieur de Jakarta, le 1er avril 2015. ©AFP / ROMEO GACAD

    François Bayrou peut avoir le sourire

    En dépit de plusieurs motions de censures soutenues par une partie de la gauche, le chef du gouvernement pourra en plus se targuer d’avoir toutes les chances de rester encore quelques semaines à Matignon. Et pour cause : exit le front commun entre le RN et le NFP pour le renverser, ce qui avait coûté la peau de son prédécesseur issu de LR, sauf en cas de retournement de situation. Mais les socialistes ont déjà annoncé qu’ils ne voteraient aucune des motions de censure qui vont être examinées cette semaine et en début de semaine prochaine. Après avoir « beaucoup hésité », comme l’a admis leur premier secrétaire Olivier Faure, les socialistes ont en effet fini par « faire le choix de donner un budget à la France ». En conséquence, les budgets sont considérés comme adoptés.

    "On ne peut pas continuer comme ça: si je peux aider à ce qu'on sorte de tout ça, je le ferai", a déclaré? François Bayrou, maire de Pau et président du MODEM, un parti allié à Emmanuel Macron, au micro de BFMTV, ce dimanche 08 décembre en marge d'une inauguration dominicale dans sa ville.
    François Bayrou

    C’est tout pour ce flash quotidien des expatriés. Passez un bon mercredi avec ou sans enfant, on se retrouve demain !

    Écouter le bulletin quotidien des Français de l’étranger

  • Anne Genetet : lanceur d’alerte pour les Français de l’étranger  

    Anne Genetet : lanceur d’alerte pour les Français de l’étranger  

    Ecouter le podcast avec Anne Genetet

    Députée des Français de l’étranger depuis 2017, Anne Genetet est devenue Ministre de l’Education nationale dans le gouvernement de Michel Barnier. Nommée en septembre 2024, la parenthèse s’achève 3 mois plus tard avec le vote de la motion de censure. Toutefois, notre invitée a pu mettre en place certains dispositifs donc celui d’EVARS ou du détachement des professeurs au sein de l’AEFE. Au cours de ce podcast, elle nous parle de cette expérience, et s’adresse aussi directement à Elisabeth Borne qui lui a succédé : « je serai un lanceur d’alerte à chaque fois que cela sera nécessaire pour les Français de l’étranger. »   

    EVARS pour parler de vie affective et sexuelle dans les écoles

    Quelques jours après son arrivée rue de Grenelle, Anne Genetet avait pris une position forte en faveur du programme ÉVARS (Education à la vie affective, relationnelle et à la sexualité). Au cours de ce podcast, elle s’exprime sur ce choix et l’importance de ce dispositif, notamment pour informer les jeunes : « seules 15% des familles abordent les sujets de la sexualité et encore souvent uniquement sous l’angle de la transmission des infections sexuellement transmissibles », constate l’ancienne ministre de l’Education nationale.

    « EVARS, vise au premier degré à parler de la vie affective et relationnelle. Rien d’autre. La sexualité n’est abordée qu’au collège et au lycée, même si on sait que certains sont déjà fort bien informés »

    Anne Genetet, députée des Français établis hors de France

    Ainsi, la mise en place de ce programme permettrait d’apporter du support à destination des élèves et des professeurs, qui parfois sont démunis pour répondre à certaines questions. « EVARS, vise au premier degré à parler de la vie affective et relationnelle. Rien d’autre. La sexualité n’est abordée qu’au collège et au lycée, même si on sait que certains sont déjà fort bien informés » précise notre invitée. D’ailleurs, s’interroge, Anne Genetet, les canaux actuels d’information, quels sont-ils ? « Un garçon sur trois avant l’âge de 11 ans a consulté les sites pornographiques (…) C’est terrible. » Lors de cet entretien, l’ancienne ministre indique également qu’EVARS apprend « la relation à l’autre. »

    Niveau des élèves, ordre et humanisme : 3 priorités pour l’école

    Lors de sa prise de fonction en septembre 2024 au Ministère de l’Education nationale, Anne Genetet avait alors défini trois priorités. Élever le niveau de tous les élèves, rétablir l’ordre dans les écoles et remettre de l’humain à tous les étages. Nous lui avons demandé pourquoi ces axes étaient-ils aussi cruciaux pour elle ?  

    « Remettre de l’ordre, c’est par exemple restaurer l’autorité statutaire de l’enseignant. L’enseignant doit être respecté pour ce qu’il est, pas pour ce qu’il fait. »

    Anne Genetet, députée des Français établis hors de France

    Pour notre invitée « il faut pouvoir remettre de l’exigence à tous les niveaux. ». L’objectif est de pouvoir donner aux jeunes les bases nécessaires pour l’avenir : « on aura besoin de gens bien formés. Et être très bien formés, ça veut dire parfaitement maîtriser nos fondamentaux que sont l’écriture, la lecture et la compréhension du français et puis les mathématiques » déclare Anne Genetet.

    Anne Genetet avec un élève pendant son ministère
    Anne Genetet avec un élève pendant son ministère

    Concernant le rétablissement de l’ordre dans les écoles, « c’est par exemple restaurer l’autorité statutaire de l’enseignant » nous dit notre interlocutrice. Ajoutant à notre micro « l’enseignant doit être respecté pour ce qu’il est, pas pour ce qu’il fait ». Et, la parlementaire rappelle aussi que « c’est un métier difficile ». Elle pose aussi la question suivante : « est-ce qu’on leur donne les moyens, en tant qu’enseignants, de pouvoir réussir correctement ? ». C’est aussi par le dialogue que l’humain reviendra au centre des préoccupations.

    L’expérience des Français de l’étranger

    Députée de la 11eme circonscription des Français établis hors de France depuis 2017, (Europe orientale, Asie Océanie), Anne Genetet représente nos compatriotes vivant dans cette zone à l’Assemblée nationale.

    Anne Genetet lors d'une intervention comme Ministe de l'éducation nationale en 2024

    Anne Genetet lors d’une intervention comme Ministe de l’éducation nationale en 2024

    Cette expérience d’expatriée, elle a souhaité la mettre à profit lors de son passage au gouvernement. « Mon expérience à l’étranger me donne une vision beaucoup plus ouverte » constate-t-elle. Et au sein du ministère de l’éducation nationale, son vécu du réseau de l’AEFE (Agence pour l’enseignement du français à l’étranger), de nos lycées situés hors de France lui a été utile. Au cours de ce podcast, elle partage des exemples.  

    « Je serai un lanceur d’alerte à chaque fois que cela sera nécessaire pour les Français de l’étranger »

    Anne Genetet, députée des Français établis hors de France

    La durée du renouvellement des détachements à l’étranger pour les professeurs est aussi abordée au cours de cette interview. Une proposition a été mise en place et la successeure d’Anne Genetet, Elisabeth Borne est informée de cette initiative pour permettre de passer de 6 à 9 ans la durée des expériences hors de France. « Attention », met en garde notre invitée, « car l’institution Education nationale n’était pas très favorable à ma demande ». Mais ce dispositif existe, alors « saisissez-vous de celui-ci », lance comme appel Anne Genetet aux professeurs du réseau de l’AEFE.

    D’ailleurs notre invité suivra l’évolution de ce mécanisme, comme elle continuera à être vigilante sur la question des Français de l’étranger au sein du ministère de l’éducation nationale. S’adressant directement à Elisabeth Borne, notre invitée dit : « je serai extrêmement vigilante à porter ceci à sa connaissance, d’autant plus que Mme Borne a choisi de ne pas avoir de conseiller diplomatique. Je le regrette infiniment. Et donc, je serai son lanceur d’alerte à chaque fois que cela sera nécessaire. »

  • « Mission accomplie » pour JM Bockel, envoyé spécial d’E. Macron en Afrique

    « Mission accomplie » pour JM Bockel, envoyé spécial d’E. Macron en Afrique

    Alors que sa mission s’achève, Jean-Marie Bockel, l’envoyé spécial du président Macron pour l’Afrique, dresse, pour Lesfrancais.press, un bilan de celle-ci. Nommé en février 2024, l’ancien ministre de la coopération a dû, entre autres, gérer le retrait de nos troupes militaires de ce continent. Durant cette période, il a également fait face à des tensions diplomatiques importantes. Au moment de tirer les conclusions de son action, notre invité est sans ambages : « Mission accomplie » nous dit-il. Et pourtant, un rapport sénatorial publié ces derniers jours pointe les manques de la politique africaine d’Emmanuel Macron. Mais aujourd’hui, la parole est à la défense.

    Jean-Marie Bockel : un homme expérimenté pour négocier le retrait des militaires

    Depuis plusieurs années le positionnement de la France en Afrique fait débat. L’histoire entre notre pays et ce continent oscille entre amour et rejet, au rythme des événements et des déclarations. En février 2024, lorsque le Président Macron nomme Jean-Marie Bockel pour être son représentant pour cette partie du monde, les tensions ne cessent de croître entre la France et certains Etats. On se souvient d’ailleurs qu’en 2023, nos soldats avaient été chassés du Niger, du Burkina Faso et du Mali.

    Jean-Marie Bockel sur le terrain en Afrique
    Jean-Marie Bockel sur le terrain en Afrique

    Voulant sans doute éviter de nouveaux camouflets, notamment avec le Tchad, le Benin, la Côte d’Ivoire ou bien encore le Sénégal, Emmanuel Macron avait alors confié à l’ancien parlementaire et Maire de Mulhouse la négociation des retraits de nos autres troupes militaires françaises dans ces pays. En homme politique d’expérience, celui qui fut député, puis sénateur, et plusieurs fois ministres, a dû notamment faire face à diverses tensions diplomatiques, une véritable mission entre concertation et surprises.

    « Je partage le point de vue du Président Macron, le bilan est positif, notamment au Gabon et en Côte d’Ivoire. »

    Jean-Marie Bockel, représentant d’Emmanuel Macron pour l’Afrique

    Mais « j’ai le cuir épais » nous dit-il au cours de l’entretien téléphonique que notre média a pu avoir avec Jean-Marie Bockel. À l’heure ou sa mission d’envoyé spécial du président Macron en Afrique s’achève, quel bilan en tire-t-il ? Comment se sont déroulés ces retraits militaires ? Et ou en est aujourd’hui l’influence française sur ce continent ? C’est ce que nous avons voulu savoir.

    Retrait militaire de la France : entre concertation et annonce surprise

    Pour l’ancien ministre, son action au cours des 12 derniers mois, a connu de nombreuses réussites. C’est en effet sans retenue que celui-ci nous déclare : « je partage le point de vue du Président Macron, le bilan est positif, notamment au Gabon et en Côte d’Ivoire ». Le chef de l’Etat a en effet mis en avant le succès de cette mission au cours du discours prononcé le 6 janvier dernier lors de la conférence des Ambassadrices et Ambassadeurs, tout en remerciant personnellement l’action de son envoyé spécial en Afrique.

    « On a été surpris au Tchad. On ne s’attendait pas à une annonce de la fin de nos accords de défense. »

    Jean-Marie Bockel, représentant d’Emmanuel Macron pour l’Afrique

    Toutefois, si le départ des soldats tricolores a pu et peut encore se mener en concertation avec Abidjan et Libreville, le Sénégal, et surtout le Tchad ont bousculé les calendriers. « On a été surpris, on ne s’attendait pas à ce que le Tchad annonce la fin de nos accords de défense » nous confie Jean-Marie Bockel. Mais, s’adaptant, « la France a pris acte » indique-t-il lors de notre échange. Souhaitant nous assurer aussi, « on garde une relation normale avec ce pays ».

    « Changer c’est aussi pérenniser ce que nous avons en partage. Cela participe à l’influence de la France. »

    Jean-Marie Bockel, représentant d’Emmanuel Macron pour l’Afrique

    Et pourtant, le président tchadien Mahamat Idriss Deby a, de son côté, célébré, il y a quelques jours « le départ définitif et complet » des forces françaises stationnés dans son pays.

    Jean Marie Bockel et Succès Masra_ ancien Premier Ministre du Tchad.
    Jean Marie Bockel et Succès Masra_ ancien Premier Ministre du Tchad.

    Au cours d’une cérémonie organisée dans la capitale N’Djamena, ce dernier a même parlé de « retrait historique » vivant cette situation comme une sorte de soulagement de voir partir (définitivement) les troupes militaires du Président Macron. Si bien que les relations entre nos pays seront sans doute à réchauffer ces prochains mois. Et que le retour à des relations « normales » sera peut-être plus compliqué. Mais en diplomatie, la vérité de façade n’est parfois pas celle de l’arrière-cour. 

    « Pour assurer la sécurité de nos compatriotes, les plans d’évacuations, en cas d‘urgence, sont actuellement revus. »

    Jean-Marie Bockel, représentant d’Emmanuel Macron pour l’Afrique

    Interrogé sur la position évolutive du Sénégal quant aux échéances de retrait des soldats français, Jean-Marie Bockel regrette que « le calendrier électoral du Sénégal » ne lui ait pas permis de se rendre directement à Dakar. Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a, de son côté, dernièrement annoncé lui-même le retrait de toutes les troupes étrangères, y compris les militaires français, d’ici fin 2025.

    En 2017, le président français avait passé Noël au Niger, avec les soldats de l'opération Barkhane Crédit : AFP / Ludovic Marin

    Or, dans son discours du 6 janvier dernier devant les ambassadeurs français, le président Macron avait indiqué : « nous avons proposé aux chefs d’État africains de réorganiser notre présence. Comme on est très polis, on leur a laissé la primauté de l’annonce. » A ce jeu d’annonce, depuis Dakar, le premier ministre sénégalais avait alors répondu à la France : « je tiens à dire que, dans le cas du Sénégal, cette affirmation est erronée (…) la décision prise par le Sénégal découle de sa seule volonté. » Une fois n’est pas coutume, la vérité diplomatique doit se trouver entre les deux déclarations. Et après la joute verbale, il s’agit aussi de se tourner vers l’après, et de trouver des axes pour maintenir une influence française dans cette région du globe.

    Quel avenir de la France en Afrique ?

    En effet, sous l’égide de guerre de position, ces positionnements diplomatiques alimentent dans le même temps un sentiment de rejet de la France. Celui-ci ne cesse de croire sur le continent africain. Pour Jean-Marie Bockel « ce climat anti-français est aussi manipulé par ceux qui ont besoin de trouver des boucs émissaires ». La puissance russe est notamment visée, et aussi celle de la Chine ?

    « La France en Afrique : tourner la page du monde d’hier »

    Jean-Marie Bockel, représentant d’Emmanuel Macron pour l’Afrique

    Aujourd’hui, constate aussi l’envoyé spécial du Président Macron en Afrique le « symbole de la présence militaire française est devenu mauvais ». Ainsi, dans ce contexte, « on redéfinit nos positions » argumente-t-il. Cela permet également de « tourner la page du monde d’hier » ajoute Jean-Marie Bockel au cours de notre échange par téléphone. Ces nouvelles positions ne doivent pas non plus compromettre la sécurité de nos compatriotes vivants sur place. Ainsi, « les plans d’évacuations (en cas d’urgence) sont actuellement revus » rassure notre interlocuteur. Tout en rappelant, qu’« il y a des pays ou la France n’a pas de bases militaires et dans lesquels les plans de sécurité sont plutôt efficaces. » .

    Réunion de travail avec le President ivoirien Alassane Ouattara
    Réunion de travail avec le President ivoirien Alassane Ouattara

    Entre la France et l’Afrique, cette relation historique commune peut aussi être un gage d’avenir. Si bien que pour Jean-Marie Bockel, « l’histoire de la France coloniale nous est reprochée. Mais nous l’avons en partage avec l’Afrique. On peut se faire des reproches, mais aussi exprimer ensemble de la fraternité, de la fierté ». Certains pays n’ont pas ce passé commun précise-t-il. Une nouvelle fois, l’envoyé spécial du Président Macron vise les nouvelles puissances qui s’implantent sur le continent africain. Avec un message diffusé en sous-entendu : la France était présente, et elle le restera.

    Divergence nationale sur la position de la France en Afrique

    C’est pourquoi, consciente qu’une page se tourne, notre pays ne baisse donc pas les bras et souhaite conserver une présence sur ce continent stratégique. « Changer c’est aussi pérenniser ce que nous avons en partage. Cela participe à l’influence de la France », souligne alors l’ancien parlementaire français.

    « La France ne sera jamais très loin en cas de crise. »

    Jean-Marie Bockel, représentant d’Emmanuel Macron pour l’Afrique

    Si une nouvelle forme de relations émerge entre la France et l’Afrique, ce sont vers des partenariats plus économiques et également éducatifs et universitaires que l’avenir peut se dessiner. « L’objectif de ces pays est de répondre aux besoins de leurs populations, et notamment de leur jeunesse. » souligne Jean-Marie Bockel. La France souhaite y participer activement.  Et des propositions seront faites en ce sens. Et puis, comme, il le glisse au cours de notre conversation, « la France ne sera jamais très loin en cas de crise. »

    Un rapport sénatorial dénonce l’action du Président Macron en Afrique

    Mais dans l’hexagone, la polémique s’ouvre quant à la réelle influence de la France en Afrique et l’action du président de la République sur ce continent est remise en cause. Un rapport sénatorial sur « l’architecture de sécurité africaine et le renouveau des relations de la France avec les pays africains », produit par François Bonneau (Union centriste) Marie-Arlette Carlotti (parti socialiste) et Ronan Le Gleut (Les Républicains) pointent les manques dans la stratégie présidentielle. Au moment de notre échange, Jean-Marie Bockel nous affirme n’avoir pas lu ce document provenant du Sénat. Il n’a d’ailleurs pas pu participer aux discussions ayant conduit à la production de ce texte « pour des raisons d’agenda » justifie-t-il.

    Et après cette mission en Afrique ?

    En conclusion, celui qui durant 12 mois a été le représentant d’Emmanuel Macron, dresse un bilan positif. « C’était en engagement bénévole » rappelle-t-il. Et aucun doute, il a effectivement donné de ses heures sur un sujet qui l’avait auparavant profondément marqué personnellement. En effet, son fils, Pierre Bockel avait trouvé la mort au Mali dans la collision accidentelle de deux hélicoptères, alors qu’il faisait partie des militaires engagés dans l’opération Barkhane. Quand cette mission lui a été proposée, il n’a pas hésité : « je suis toujours là pour mon pays » affirme-t-il.

    Mais que deviendront les travaux de sa mission à l’heure où celle-ci s’achève ? Souhaite-t-il continuer son travail, le faire évoluer ou bien tourner la page ? En guise de confidence, il nous dit qu’il y a quelques jours, il a glissé à l’oreille du président Emmanuel Macron « si tu as besoin de moi… tu sais où je suis» En attendant, c’est à son association « Solidarité défense » qu’il va consacrer ses prochaines semaines. « Ceux qui nous defendent ont parfois besoin de nous… » est-il inscrit sur la première page du site internet de cette organisation. Comme un écho à cette question : qui aujourd’hui a-t-il le plus besoin de l’autre entre la France et l’Afrique ? 

  • États-Unis : l’héritage Biden

    États-Unis : l’héritage Biden

    Donald Trump répète à l’envie qu’après le mandat de Joe Biden, l’économie des États-Unis est au fond du précipice. Or, les données statistiques offrent un tout autre son de cloche. Alors quel est l’héritage Biden ? Le produit intérieur brut (PIB) américain a progressé de 2,5 % en 2024, soit un rythme plus élevé que les prévisions réalisées par les économistes. Soutenue par la consommation, l’économie américaine poursuit sa marche en avant quand celle de la zone euro est à la peine et celle de la Chine toujours en proie à une crise immobilière.

    En 2024, les dépenses de consommation ont augmenté de 3,2 % en rythme annuel sur le quatrième trimestre, permettant de compenser les effets de la grève chez Boeing et un important mouvement de déstockage. L’économie a crû de 2,3 % entre septembre et décembre en rythme annuel après une croissance de 3,1 % au troisième trimestre.

    Revalorisations salariales et baisse de l’inflation

    L’année dernière, les Américains ont bénéficié de gains de pouvoir d’achat importants grâce aux revalorisations salariales et à la baisse de l’inflation. Le taux de chômage a légèrement augmenté autour de 4 %. Cette augmentation n’est pas due à une hausse des licenciements mais à l’arrivée sur le marché du travail de personnes qui ces dernières années avaient renoncé à chercher un emploi.

    Contrairement aux craintes exprimées lors du relèvement des taux directeurs de la FED, l’économie américaine a évité la récession. La question est aujourd’hui de savoir si elle évitera la surchauffe avec la politique de Donald Trump. Au mois de décembre, la consommation des ménages a connu un pic avec une hausse de 12 % des achats de biens durables comme l’électroménager. Les consommateurs ont anticipé leurs achats afin d’éviter la majoration des prix en cas d’application des droits de douane.

    Une période d’incertitudes

    Avec le retour de Donald Trump, l’économie américaine entre dans une période d’incertitudes. La nouvelle administration a décidé de réduire les dépenses publiques et le nombre de fonctionnaires, ce qui pourrait peser sur la croissance du premier trimestre 2025.

    La réduction de l’immigration illégale risque également de peser sur l’activité. Les clandestins limitent déjà leurs sorties et leurs achats afin d’éviter d’être arrêtés par la police. Le gouvernement américain estime à plus de 11 millions le nombre de migrants sans papiers, dont un très grand nombre ont un emploi.

  • Gaza : l’UE reprend sa mission au poste-frontière de Rafah avant la date prévue

    Gaza : l’UE reprend sa mission au poste-frontière de Rafah avant la date prévue

    L’Union européenne (UE) a annoncé ce vendredi 31 janvier qu’elle avait repris sa mission civile de surveillance de la frontière entre Gaza et l’Égypte au poste-frontière de Rafah.

    « Elle soutiendra le personnel frontalier palestinien et permettra le transfert de personnes hors de Gaza, y compris celles qui ont besoin de soins médicaux »a déclaré Kaja Kallas, Haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, sur X.

    Les ministres des Affaires étrangères des 27 ont donné leur feu vert à la réactivation des contrôles supervisés par l’UE au poste-frontière de Rafah, entre Gaza et l’Égypte, en début de semaine, avec la perspective d’une reprise début février.

    Des camions d'aide humanitaire continuent d'entrer dans Gaza par le poste frontière de Rafah, du côté égyptien, après le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, à Rafah, en Égypte, le 28 janvier 2025. [Ahmed Sayed/Anadolu via Getty Images]
    Des camions d’aide humanitaire continuent d’entrer dans Gaza par le poste frontière de Rafah, du côté égyptien, après le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, à Rafah, en Égypte, le 28 janvier 2025. [Ahmed Sayed/Anadolu via Getty Images]

    Nouveau mandat pour la force européenne

    Une mission civile de l’UE chargée de surveiller le point de passage de Rafah avait été lancée en 2005, mais suspendue en juin 2007 après la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas.

    Un accord sur le redéploiement de la mission non armée, dont la tâche est de surveiller la frontière et de permettre le transit sécurisé des biens et des personnes, a été conclu avec le soutien de l’Égypte, d’Israël et de l’Autorité palestinienne, qui gouverne partiellement la Cisjordanie.

    En période de réserve, la mission dispose normalement de 10 agents internationaux et de 8 agents locaux. Avec ce nouveau mandat, les effectifs devraient être renforcés, avec des officiers fournis par la France, l’Italie et l’Espagne. L’Allemagne a déclaré qu’elle était en consultation pour envoyer un contingent à la mission.

    Le poste-frontière de Rafah, qui constitue une voie d’accès essentielle pour l’aide humanitaire à Gaza, est fermé depuis mai 2024 suite à l’offensive terrestre sanglante d’Israël.

    Jusqu’à présent, l’UE n’a joué qu’un rôle minime dans les efforts diplomatiques visant à obtenir un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza. Les efforts ont été menés par des partenaires régionaux, tels que le Qatar et l’Égypte, ainsi que par les États-Unis.

  • France : adoption et mesures du budget 2025

    France : adoption et mesures du budget 2025

    Faute de majorité à l’Assemblée nationale, François Bayrou a activé ce lundi 03 février son premier 49.3 sur le budget 2025 de l’État puis, dans la foulée, un second sur le budget de la sécurité sociale. On fait le point sur les prochaines étapes et les mesures qui vont toucher les Français de l’étranger.

    49.3

    Au point mort depuis le renversement de Michel Barnier en décembre, ces budgets sont donc adoptés sans vote comme le permet la Constitution. Le Premier ministre va encore avoir recours au dispositif de 49.3 sur le second volet du budget de la sécu ce mercredi et ce vendredi. En tout, François Bayrou va déclencher 4 fois l’article 49.3.

    En réponse, toujours mercredi, le locataire de Matignon va devoir affronter une motion de censure déposée par La France insoumise. Soutenu par les communistes et les écologistes, le texte ne sera pas voté par les socialistes. Quant au Rassemblement national, il réserve sa décision. Mais sans les voix du PS et du RN, la motion de censure n’a quasiment aucune chance de faire tomber François Bayrou.

    Une fois les différentes motions rejetées, les budgets de l’État et de la Sécurité sociale seront définitivement adoptés. De quoi permettre à François Bayrou de sortir de l’ornière après des premiers pas très difficiles. Le centriste pourra aussi se vanter d’avoir réussi là où Michel Barnier a échoué et d’être parvenu à doter la France de budgets. Depuis 1958, jamais la France n’avait été sans budget à la fin du mois de décembre.

    Le barème des impôts sur le revenu

    C’est probablement l’un des articles qui intéressent le plus les Français dans les textes budgétaires annuels. Et ce n’est pas anodin s’il survient dès les premières lignes du projet de loi de finances 2025. Et pour rappel, il peut vous concerner, Français(e) de l’étranger. Si vous avez toujours des revenus imposables en France, vous le savez, vous avez le choix entre l’imposition forfaitaire à 20% (une option retenue par ceux qui ont de gros revenus en France) ou l’imposition classique prenant en compte l’ensemble des revenus mondiaux mais aussi la composition du foyer (les fameuses parts) afin de déterminer la tranche d’imposition qui sera appliquée à vos revenus français.

    Ainsi pour 2025, Le barème de l’impôt sur le revenu se décompose toujours en cinq tranches. Dans le texte soumis aux députés, un contribuable célibataire en serait exonéré si son revenu net imposable est inférieur à 11.497 euros, contre 11.294 euros jusqu’à présent. Le taux d’imposition s’élèverait ensuite à 11% pour la tranche de revenus entre 11.498 euros et 29.315 euros, au lieu de 28.797 euros auparavant.

    La tranche du taux d’imposition à 30% couvrirait les revenus entre 29.316 euros et 83.823 euros alors qu’elle s’arrêtait à 82.341 euros l’année dernière. La quatrième tranche de taux d’imposition, celle à 41%, concernerait les revenus oscillants entre 83.824 euros et 180.294 euros, contre 177.106 euros pour la fourchette haute en 2024. Enfin, les revenus supérieurs à ce seuil de 180.294 euros seront quant à eux imposés à 45%.

    Plancher de 20% pour les hauts revenus

    Mais une autre disposition s’est glissée dans le texte, le retour d’un plancher à 20% pour les hauts revenus quelle que soit la composition du foyer ou l’origine desdits revenus. Pour une part non négligeable des contribuables concernés, il ne s’agira pas uniquement de revenus annuels mais aussi de rentrée unique ponctuelle générée une fois dans une vie par la vente d’une entreprise, par exemple. Des assujettis à l’impôt qui ont un revenu courant très inférieur à 250.000 euros et qui ont pris en 2024 des décisions patrimoniales pour organiser leur retraite seront concernés par ce plancher. Ceux-là seront touchés de plein fouet par le plancher à 20% et de manière rétroactive puisque, quand ils ont pris leurs décisions de vente, ils ne pouvaient savoir qu’un plancher a 20 % serait instauré en 2025 sur les revenus 2024.

    Cette nouvelle taxe « plancher » va se combiner à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus créée «temporairement» depuis quatorze ans puisqu’elle est différentielle. Ce précédent rend donc encore plus dérisoire l’engagement qui veut que cette taxe ne soit appliquée que pendant trois ans, sa survie, voire son aggravation, devenant certainement un enjeu de l’élection présidentielle en 2027.

    Avec un taux effectif complet 37,2% sur les revenus du capital lorsque les autres pays sont plutôt à 26%, voire moins, l’écart sera tel que l’on prépare dès aujourd’hui les exils fiscaux de demain tandis que ceux qui sont déjà partis risquent de ne plus investir en France.

    Alerte sur le budget des Français de l’étranger

    La sénatrice (Horizons)  des Français de l’étranger, Olivia Richard porte notre attention sur un amendement, qui avait été rejeté au Sénat, puis réintroduit en commission mixte paritaire. Il diminue les crédits de la mission « Action extérieure de l’État » de 50 millions d’euros supplémentaires. Cette baisse frappera de plein fouet les moyens alloués aux services aux Français de l’étranger, conduira immanquablement à la fermeture d’ambassades ou de postes consulaires.

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