À l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), Franck Ferrari entame son premier mandat avec deux priorités : défendre les établissements scolaires français à l’étranger et renouer le lien entre la France et ses ressortissants en Russie. Conseiller des Français de l’étranger pour cette zone géographique, au cours de ce podcast notre invité critique notamment la gestion financière de l’AEFE et décrit une communauté qui se sent délaissée sur le territoire russe.
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AEFE et Français de Russie : Franck Ferrari dénonce un « colmatage financier » et un sentiment d’abandon
Podcast Lesfrancais.press
L’AEFE mérite autre chose que des ajustements budgétaires
Nouvel élu à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), Franck Ferrari découvre encore le fonctionnement de l’institution. Professeur au lycée Alexandre-Dumas de Moscou et engagé dans le développement d’une école française à Saint-Pétersbourg, il connaît toutefois de près les enjeux de l’enseignement français hors de France. Il a également siégé au conseil d’administration de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), comme élu extérieur. Il mettra son expérience dans l’éducation au service de son mandat. « C’est un de mes sujets, pas l’intégralité, mais c’est un sujet où je compte sur cette mandature m’investir pleinement », explique-t-il. Au cœur de ses préoccupations : l’avenir des établissements, leur financement et les marges de manœuvre laissées à ceux qui les font fonctionner.
« On n’est absolument pas dans une réforme de l’AEFE, on est dans un colmatage financier, géré par des comptables. »
Franck Ferrari, conseiller des Français de Russie et Biélorussie et membre de l’AFE
Interrogé sur la réforme en cours de l’AEFE, le conseiller ne mâche pas ses mots. À ses yeux, les mesures envisagées ne répondent pas à la définition d’une réforme structurelle. « On n’est absolument pas dans une réforme, on est dans un colmatage financier, géré par des comptables », estime-t-il. Il juge que la réponse aux difficultés de l’Agence ne peut se limiter à des ajustements budgétaires, alors que les établissements ont aussi besoin d’une vision de long terme.
« Libérer les énergies » des établissements EGD
Pour Franck Ferrari, une évolution du réseau passe notamment par davantage de possibilités d’investissement pour les établissements en gestion directe (EGD). Il ne défend pas, insiste-t-il, une autonomie conçue comme un désengagement de l’État ou une libéralisation économique. Il souhaite que les établissements puissent développer leurs activités et contribuer davantage aux ressources de l’Agence.

« Il faut absolument libéraliser les EGD, il faut que les EGD puissent investir », avance-t-il, avant de préciser sa pensée : « Libérer, c’est les énergies. » Selon l’élu consulaire, les établissements devraient devenir des moteurs du réseau plutôt que de subir des contraintes administratives et financières. Les établissements conventionnés et les partenaires de l’AEFE ont également, estime-t-il, un rôle à jouer.
Au cours de ce podcast, notre invité reconnaît que le terme « libéraliser » peut susciter des inquiétudes, notamment chez les syndicats, mais affirme qu’il ne s’agit pas de transférer la charge de l’enseignement français à l’étranger aux établissements. Son propos porte plutôt sur leur capacité à agir et à investir dans leur avenir.
Le lycée Alexandre-Dumas à Mouscou maintient son activité
À Moscou, le lycée Alexandre-Dumas poursuit son activité et applique le programme français. Établissement en gestion directe et centre d’examen, il accueille, selon Franck Ferrari, environ 645 élèves à la rentrée. Il précise ne pas vouloir avancer un chiffre définitif sans confirmation de la direction, les effectifs pouvant évoluer au fil de l’année.

L’établissement a connu une progression de ses effectifs au cours de l’année précédente, une situation que l’élu décrit comme habituelle à l’étranger. Pour l’heure, les effectifs et les finances sont stabilisés, mais il estime nécessaire de rester vigilant. Cette stabilité ne lève pas les interrogations sur les moyens accordés au réseau, ni sur la capacité de l’AEFE à accompagner les établissements.
Les Français de Russie réclament un lien avec la France
Autre école française, celle située À Saint-Pétersbourg, dont Franck Ferrari a été l’un des propriétaires a obtenu le renouvellement de son homologation pour cinq ans. Il évoque un travail mené dans un contexte difficile et souligne que l’établissement, malgré ses fragilités, reste homologué. Il indique toutefois que l’école rencontre des difficultés liées à certaines pressions et déplore le manque de soutien de l’ambassade.
« Concernant les Français de Russie, on a l’impression d’être des parias pour certains »
Franck Ferrari, conseiller des Français de Russie et Biélorussie et membre de l’AFE
Dans cette situation complexe, « on a bien compris qu’on était tout seul comme d’habitude », résume-t-il. Ce sentiment dépasse, selon l’élu, le seul cas de l’école de Saint-Pétersbourg. Il décrit une impression d’abandon ressentie par les Français établis en Russie depuis plusieurs années. « Ce n’est pas nouveau et on vit avec ou on vit sans », dit-il. Une formule qui exprime à la fois une forme d’habitude et une inquiétude sur la place accordée aux expatriés dans les échanges avec Paris.
Pour les Français vivant en Russie, on attend « au moins un lien avec la France. Au moins quelqu’un à qui parler, quelqu’un qui prend des nouvelles » souligne-t-il. Ajoutant « Est-ce que j’ai un ministre qui m’a écrit pour savoir comment j’allais ? » Non ! Il précise que sa question ne concerne pas uniquement sa situation personnelle : « Je ne parle pas de moi personnellement, je vais très bien. Je parle comment va être notre communauté. »
Le conseiller dit ainsi percevoir chez nos compatriotes le sentiment d’être mis à l’écart au quotidien. « On a l’impression d’être des parias pour certains», affirme-t-il. À ses yeux, rétablir le lien entre les Français de Russie et les autorités françaises constitue donc un enjeu important.
Au sein de l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger) , Franck Ferrari entend donc porter deux sujets liés : l’avenir de l’enseignement français à l’étranger et la relation entre la France et ses ressortissants en Russie. Pour lui, une réforme ne saurait se réduire à des comptes à équilibrer : elle doit aussi donner aux établissements les moyens d’agir et aux Français de Russie la certitude qu’ils ne sont pas oubliés par notre pays.






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