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81ème Assemblée générale de l’ONU : Ces Français au cœur de la semaine qui fait vibrer New York

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À New York, la 81e Assemblée générale de l’ONU bouleverse le quotidien. Des Français installés sur place racontent cette semaine hors norme.

Du 22 au 28 septembre prochains, les chefs d’État et de gouvernement du monde entier se retrouveront à New York pour le débat général de la 81ème Assemblée générale des Nations unies. Pendant une semaine, le quartier de l’ONU devient l’épicentre diplomatique de la planète, avec son ballet de délégations, ses cortèges officiels et ses mesures de sécurité exceptionnelles. À quelques rues du siège des Nations unies, ceux qui y travaillent ou y vivent, voient leur quotidien se transformer. Pierre-Ludovic Perrot, Head of School de Kennedy International School, Aksana Ivaniuk, associée Chez Les Frenchies, et Pascale Richard, élue des Français de l’étranger pour la circonscription de New York, témoignent pour Lesfrancais.press de cette semaine où la diplomatie mondiale s’invite dans leur quartier.

À Kennedy International School, lAssemblée générale fait partie de la rentrée

À Kennedy International School, la proximité immédiate des Nations unies donne à la rentrée scolaire une configuration très particulière. Pendant quelques jours, la vie de l’établissement se cale sur celle du quartier diplomatique, avec des conséquences très concrètes pour les familles, les élèves et l’équipe éducative. Pierre-Ludovic Perrot, Head of School de Kennedy International School, explique : « la proximité immédiate de Kennedy International School avec le siège des Nations Unies fait que la semaine de lAssemblée générale a chaque année un impact sur notre fonctionnement. La circulation est la principale difficulté : fermetures de rues, périmètres de sécurité et déplacements des délégations rendent les trajets difficiles à anticiper. Nous communiquons en amont avec les familles et faisons preuve de souplesse face aux retards ».

« La présence des chefs d’État et des délégations suscite naturellement des questions et des discussions, notamment avec nos lycéens. Elle donne tout son sens à ce que nous sommes : une école internationale à New York, ouverte sur le monde, les différentes cultures et les grands enjeux contemporains »

Pierre-Ludovic Perrot, Head of School Kennedy International School

L’environnement lui-même change pendant cette période, au point de conduire l’établissement à adapter ponctuellement son organisation. « Lenvironnement est également très différent dune semaine ordinaire, avec une présence policière renforcée, des cortèges officiels et quelques manifestations. Il nous est arrivé de fermer nos campus à la mi-journée afin de ne pas exposer notre communauté à certaines manifestations autorisées à proximité de l’établissement, dont les slogans ou les mouvements pouvaient être susceptibles de heurter certains de nos élèves ou membres de notre communauté », poursuit Pierre-Ludovic Perrot.

Cette période touche également les familles dont l’activité professionnelle est directement liée à lAssemblée générale. « De nombreux parents d’élèves sont eux-mêmes mobilisés par la préparation et laccueil des délégations ou participent aux commissions, discours et cérémonies. Cette période, ainsi que les semaines qui la précèdent, est particulièrement intense pour eux. Nous veillons donc à ne pas programmer d’événements scolaires sollicitant leur présence », précise-t-il.

Pierre-Ludovic Perrot Head of School de Kennedy International School
Pierre-Ludovic Perrot Head of School de Kennedy International School

Avec les années, cette semaine a fini par trouver sa place dans le calendrier de Kennedy International School. Pierre-Ludovic Perrot parle d’« une particularité de notre rentrée scolaire » et décrit, pour les élèves, une présence internationale qui devient pendant quelques jours une composante familière de leur environnement : « Pour nos élèves, la présence de forces de sécurité et de délégations internationales fait temporairement partie de leur réalité. Pendant quelques jours, cette effervescence nous donne le sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand que nous. »

La proximité avec les Nations unies prend alors une autre dimension, directement inscrite dans l’expérience scolaire. En juin dernier, quatre élèves de cette école internationale de Midtown ont été invités à lire une partie du préambule de la Charte des Nations unies dans la salle de l’Assemblée générale, en français, en anglais, en espagnol et en arabe, en présence du Secrétaire général et de la Présidente de l’Assemblée générale. Pierre-Ludovic Perrot raconte ce moment comme l’une des expressions les plus concrètes de cette proximité : « Une expérience qui illustre combien les grandes questions internationales sont, pour eux, une réalité très proche. »

Le siège des Nations Unies à New York
Le siège des Nations Unies à New York © Unsplash

Pour le Head of School, cette présence des délégations nourrit aussi les échanges avec les élèves et rejoint directement la vocation de l’établissement. « La présence des chefs d’État et des délégations suscite naturellement des questions et des discussions, notamment avec nos lycéens. Elle donne tout son sens à ce que nous sommes : une école internationale à New York, ouverte sur le monde, les différentes cultures et les grands enjeux contemporains », conclut Pierre-Ludovic Perrot.

Quand lAssemblée générale bouscule le business local

À quelques rues du siège des Nations unies, l’Assemblée générale impose son propre rythme aux commerces du quartier. Chez Les Frenchies, le café français co-dirigé par Aksana Ivaniuk, voit lui aussi sa fréquentation évoluer pendant ces deux semaines, avec un effet plus nuancé que ne le laisserait penser la représentation diplomatique qui gagne les rues.

« Devant le café, des dignitaires et leurs gardes du corps se pressaient, tandis que d’autres se tenaient à l’intérieur, côte à côte. Nous ne savions vraiment pas qui était qui, mais c’était impressionnant. »

Aksana Ivaniuk, associée Chez Les Frenchies

« LAssemblée générale naugmente pas énormément notre activité, explique l’associée de Michèle Saint Laurent, les habitués du quartier ont même tendance à moins venir pendant cette période, tandis que les fermetures de rues et les ralentissements de la circulation découragent les clients qui viennent habituellement dautres quartiers ». Au total, Aksana Ivaniuk estime que « la hausse dactivité est d’environ 10 %. Nos horaires restent les mêmes, avec un flux régulier de clients tout au long de la journée. »

Pour autant, quelque chose change dans l’atmosphère du quartier. « LAssemblée générale apporte au quartier une énergie électrique qui nest normalement pas là. Chez Les Frenchies accueille déjà un nombre conséquent de clients travaillant aux Nations unies, mais ces deux semaines ont une tout autre dimension. Les rues sont remplies de dignitaires et de leurs gardes du corps, à pied ou en voiture, » relate l’entrepreneure.

De gauche à droite, Michèle Saint Laurent et Aksana Ivaniuk associées de Chez Les Frenchies
De gauche à droite, Michèle Saint Laurent et Aksana Ivaniuk associées de Chez Les Frenchies

Aksana Ivaniuk connaît cette scène depuis l’ouverture du café. « Une ouverture particulièrement difficile », raconte-t-elle. Le café, deuxième adresse de Chez Les Frenchies après celle de l’Upper East Side, devait composer avec un chantier qui avait déjà pris du retard, mais aussi avec une date dont le poids n’a rien d’ordinaire à New York. L’établissement a ouvert ses portes le 11 septembre 2022.

Puis la semaine diplomatique a commencé. « Notre premier jour a été surréaliste. Devant le café, des dignitaires et leurs gardes du corps se pressaient, tandis que dautres se tenaient à lintérieur, côte à côte. Nous ne savions vraiment pas qui était qui, mais c’était impressionnant, » se souvient Aksana.

À deux pas de lONU, une élue française vit au rythme de lAssemblée générale

Élue des Français de l’étranger pour la circonscription de New York, Pascale Richard habite depuis plus de dix ans à Beekman Place, dans l’un de ces îlots résidentiels qui bordent la Première Avenue, à quelques minutes à pied du siège des Nations unies.

En septembre, son adresse la place aux premières loges d’un événement qu’elle connaît désormais intimement, avec ses cortèges présidentiels, ses rues fermées et cette impression de voir le quartier entrer, pendant quelques jours, dans une autre dimension. « Ça fait plus de dix ans que jhabite ici, et cest devenu un rendez-vous avec une certaine excitation parce que nous avons la chance davoir la visite de présidents, donc ça crée de jolis souvenirs, » se réjouit l’élue Renaissance.

Elle se souvient notamment de la venue de Barack Obama, dont le passage avait marqué les habitants du quartier. Cette année, la présence française donnera à nouveau une résonance particulière à cette semaine diplomatique avec la venue du président de la République et d’Éléonore Caroit ministre déléguée chargée des Français de l’étranger.

« L’atmosphère devient particulièrement intense lorsque les présidents arrivent, et plus encore lorsque le président des États-Unis est attendu. Pendant quelques jours, on a vraiment le sentiment d’être au centre du monde, dans l’un des endroits les plus protégés de la planète. »

Pascale Richard, Conseillère des Français de l’étranger

Pour Pascale Richard, l’Assemblée générale se vit d’abord depuis la rue, avec les contraintes qu’elle impose au quotidien et le spectacle qu’elle offre à ceux qui vivent à proximité. « Concrètement, pendant cette semaine, le quartier devient un véritable cafarnaüm, avec des rues fermées et une circulation complètement bouleversée », raconte-t-elle à propos de la Première Avenue, régulièrement coupée pendant les déplacements des délégations.

Pascale y trouve même une forme de parenthèse inattendue. « Si vous navez pas de voiture, ce qui est mon cas, et que vous vous déplacez à pied, vous êtes finalement assez peu dérangé. Le quartier devient même étonnamment calme, presque paisible, avec cette impression très particulière de retrouver latmosphère de la période Covid ».

Cette proximité lui permet aussi d’assister au ballet des chefs d’État qui gagnent le siège des Nations unies. Dans les rues qui entourent son domicile, les emplacements de stationnement deviennent convoités par les véhicules officiels et les manifestations se multiplient aux abords du siège de l’organisation. « Il y a toute l’année des manifestations devant les Nations unies, avec des campements en faveur du Tibet ou de la Palestine, mais pendant la semaine de l’Assemblée générale, elles prennent une tout autre ampleur. »

Pascale Richard, conseillère des Français de l'étranger à New York
Pascale Richard, conseillère des Français de l’étranger à New York

La dimension spectaculaire de cette semaine atteint son paroxysme lors de la venue du président américain. Et Pascale Richard d’expliquer : « L’atmosphère devient particulièrement intense lorsque les présidents arrivent, et plus encore lorsque le président des États-Unis est attendu. Pendant quelques jours, on a vraiment le sentiment d’être au centre du monde, dans l’un des endroits les plus protégés de la planète. » Le long de l’East River, les moyens policiers se déploient jusque sur l’eau, ajoutant au dispositif terrestre une présence inhabituelle dans le paysage quotidien des riverains.

Cette proximité avec l’ONU revêt pour Pascale une dimension plus particulière encore : « J’ai une histoire personnelle qui m’a toujours rapprochée des Nations unies. C’est un endroit que je trouve extraordinaire, unique, toutes les nationalités s’y rencontrent. Ce lieu, pour moi, est symbolique parce que tous les pays essaient de s’entendre. J’adore ce moment. »

L’édition 2026 se déroule toutefois dans un climat particulièrement tendu, alors que Benjamin Netanyahu est attendu à New York le 24 septembre pour s’exprimer devant l’Assemblée générale, dans une ville désormais dirigée par Zohran Mamdani, qui a publiquement qualifié le Premier ministre israélien de « criminel de guerre », et appelé à l’application du mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale. L’édile new-yorkais a affirmé que celui-ci n’était « pas le bienvenu à New York ».

Auteur/Autrice

  • Rachel Brunet est une journaliste française installée à New York depuis 13 ans.

    Après un début de carrière dans la presse économique à Paris, elle a rejoint la presse francophone aux États-Unis.

    Elle défend une information rigoureuse et une analyse exigeante de l’actualité.

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