Wish devant les juges et en Bourse.

Wish devant les juges et en  Bourse.

Ce sera le Père fouettard plutôt que le Père Noël, pour Wish du moins en France. « Les Français-e-s qui utilisent l’application pour y trouver du low-cost doivent savoir qu’ils y trouveront surtout des arnaques » a twitté le Secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O. Qui est visé ? Wish.com, un  site de vente en ligne de produits à bas prix, 90% d’entre eux sont fabriqués en Chine. 

A l’approche de Noël, La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui a enquêté sur la société et ses pratiques commerciales, a transmis au Parquet de Paris un dossier contre la plateforme de vente en ligne. Des pratiques « seraient particulièrement graves car susceptibles d’altérer le comportement des consommateurs et d’induire une concurrence déloyale vis-à-vis des autres commerçants » selon la direction de lutte contre la fraude. 

Consommateurs induits en erreur

Après plusieurs mois d’enquête, Bercy a relevé des réductions de prix « particulièrement attractives pour les consommateurs », jusqu’à 90 %, mais « dénuées de toute réalité économique » car calculées sur des bases de prix « trompeurs ». 

Les enquêteurs ont aussi relevé des mises en avant de produits « de forte notoriété » mais qui ne sont pas disponibles à la vente sur le site internet.

L’entreprise présente aussi des produits « s’apparentant à ceux de marques déposées notoires », notamment pour des articles de sport ou des parfums, mais qui sont « de nature à induire en erreur les consommateurs ». De la concurrence déloyale et de la contrefaçon, en somme.

Pour les produits high-tech, ou tout simplement électriques, ce ne sont pas les normes de sécurité et de conformité européennes qui s’appliquent, mais chinoises, ce qui risque de poser quelques problèmes.

En cas de conflit avec le vendeur, difficile de se faire rembourser : il faut renvoyer le produit en Chine, et le tarif d’expédition retour n’est pas le même qu’à l’aller.

Difficile de se faire rembourser

Ces pratiques, « peuvent conduire à une amende pouvant aller jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires annuel de la société ». Ce sera à l’autorité judiciaire de statuer. 

Wish s’était déjà distinguée pendant le premier confinement en vendant des masques ne respectant pas les normes. 

Créée en 2010 et basée à San Francisco, la plateforme se concentre sur des produits bon marché principalement fabriqués en Chine. Elle a affirmé le 23 novembre avoir 100 millions d’utilisateurs actifs par mois, et se prépare à une introduction en Bourse aux Etats-Unis. Wish affirme travailler avec plus de 500.000 vendeurs et avoir distribué 640 millions d’objets pendant les douze mois se terminant au 30 septembre dans plus de 100 pays. 43% de ses clients sont en Europe, et 42% aux Etats-Unis. 

Valorisation record malgré les pertes

Elle affiche un chiffre d’affaires de 1,7 milliards de dollars, en augmentation de 33% depuis le Covid. Mais dépense 1 milliard en publicité. Aussi n’est-elle toujours pas rentable, puisqu’elle a perdu encore cette année 176 millions de dollars sur les trois premiers trimestres de 2020. 

Valorisée à 11.2 milliards en 2019, la crise la porterait à viser entre 25 et 30 milliards lors de son introduction à Wall Street. Père Noël à Wall street, Père Fouettard en France.

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