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Top 10 des compagnies aériennes les moins polluantes en 2025

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8–12 minutes

L’aviation représente 2 à 3 % des émissions mondiales de CO₂, un chiffre en constante augmentation avec la démocratisation des vols, notamment pour les expatriés. Selon l’Agence européenne pour l’environnement, un vol long-courrier émet en moyenne 1,5 tonne de CO₂ par passager, soit près de 10 % du budget carbone annuel recommandé pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Pour les 3 millions de Français vivant à l’étranger, les allers-retours réguliers vers la France ou d’autres destinations pèsent lourd dans leur bilan carbone.

Or, un rapport de Greenpeace (2023) souligne que les expatriés effectuent en moyenne 3 à 5 vols long-courriers par an, contre 1 à 2 pour les résidents métropolitains. Cette surconsommation s’explique par des impératifs familiaux, professionnels ou touristiques. Pourtant, toutes les compagnies aériennes n’ont pas le même impact : certaines, comme Wizz Air ou French Bee, se distinguent par des émissions bien inférieures à la moyenne, grâce à des flottes récentes et des cabines optimisées.

Ce classement, établi par Cirium en 2024, révèle une tendance surprenante : les low cost, souvent critiquées pour leur modèle économique, trustent les premières places en matière d’efficacité carbone. Une aubaine pour les expatriés soucieux de leur empreinte écologique, à condition de comprendre les critères derrière ces performances et les limites de cette approche.

Un bilan carbone sous tension pour les expatriés

Pour nous, les expatriés et Français de l’étranger, l’avion n’est pas un luxe, mais une nécessité.

Contrairement aux résidents métropolitains, qui effectuent en moyenne 1 à 2 vols long-courriers par an, les expatriés en réalisent près de 3 à 5, selon une étude menée par Expat.com en 2024. Ces trajets réguliers, souvent motivés par des impératifs familiaux, professionnels ou administratifs, font de leur bilan carbone un sujet de préoccupation croissante.

Un impact disproportionné

Un vol long-courrier, comme un Paris-New York aller-retour, émet environ 1,6 tonne de CO₂ par passager, soit près de 10 % du budget carbone annuel recommandé pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Pour les expatriés installés en Asie, en Amérique du Nord ou en Océanie, ces émissions peuvent facilement doubler, voire tripler, en fonction de la fréquence des allers-retours. Par exemple, un Français vivant à Singapour ou Sydney peut cumuler 4 à 5 tonnes de CO₂ par an rien que pour ses déplacements aériens, l’équivalent des émissions annuelles d’une voiture thermique roulant 25 000 km.

Des trajets inévitables, mais coûteux pour la planète

Les destinations les plus empruntées par les expatriés français reflètent cette réalité :

  • Europe de l’Est (Pologne, Hongrie, Roumanie) : 2 à 3 allers-retours par an en moyenne, souvent via des compagnies low cost.
  • Amérique du Nord (Canada, États-Unis) : 1 à 2 vols long-courriers annuels, avec des émissions pouvant atteindre 2 tonnes de CO₂ par trajet.
  • Maghreb et Afrique subsaharienne : des vols fréquents, mais souvent avec des escales, augmentant encore l’empreinte carbone.
  • Asie et Océanie : des trajets ultra-longs (Paris-Bangkok, Paris-Sydney) qui émettent jusqu’à 3 tonnes de CO₂ par passager.

Si l’avion reste indispensable pour les liaisons intercontinentales, il est bien moins efficace que le train sur les trajets intra-européens. Par exemple :

  • Paris-Marseille en avion : 180 kg de CO₂ (vol direct).
  • Paris-Marseille en TGV : 20 kg de CO₂ selon la SNCF. Pourtant, faute d’alternatives viables (comme des trains de nuit transfrontaliers), beaucoup d’expatriés n’ont d’autre choix que de prendre l’avion, même pour des distances moyennes.

« Je vis à Montréal depuis cinq ans. Je rentre en France deux fois par an pour voir ma famille. Je sais que chaque vol équivaut à plusieurs mois d’émissions de voiture, mais que faire ? Il n’y a pas de solution réaliste pour traverser l’Atlantique autrement. » Claire, 34 ans, expatriée au Québec

Un bilan carbone aérien plus élevé ?

Plusieurs facteurs expliquent cette surconsommation de vols, souvent malgré une conscience écologique aiguë chez les expatriés (68 % des expatriés ressentent une forme de culpabilité liée à leur empreinte carbone). En effet, contrairement aux résidents en France, qui peuvent privilégier le train pour les trajets nationaux ou européens, les expatriés sont captifs de l’avion. Les liaisons ferroviaires transcontinentales n’existent pas, et les options maritimes (comme les cargos-mixtes) restent marginales, longues et coûteuses.

Les différentes méthodes de comptabilité GES
Les différentes méthodes de comptabilité GES ont leurs spécificités mais suivent les mêmes grands principes. Il est assez simple de naviguer de l’une à l’autre. Il est tout à fait possible pour une organisation de publier son bilan dans plusieurs formats. ©ADEME

En sus, si en France, les résidents bénéficient d’aides pour réduire leur empreinte carbone (bonus vélo, prime à la conversion, subventions pour la rénovation énergétique), les expatriés, eux, n’ont accès à aucun dispositif équivalent. Pire, certaines entreprises basées à l’étranger imposent des déplacements fréquents à leurs employés français, sans toujours proposer de solutions alternatives (visio-conférence, missions regroupées).

Classement 2025 des compagnies les moins polluantes

Le classement établi par Cirium, société britannique spécialisée dans l’analyse aéronautique, se base sur un critère clé : les émissions de CO₂ par siège et par kilomètre. Cette approche permet de comparer équitablement les compagnies, qu’elles opèrent des vols court, moyen ou long-courriers. Mais Cirium ne prend pas encore en compte l’utilisation de carburants durables (SAF), qui pourraient réduire les émissions de jusqu’à 80 % sur leur cycle de vie. Une lacune importante, alors qu’Air France-KLM est l’un des plus gros acheteurs mondiaux de SAF.

Pour les expatriés, ce classement est une boussole utile, mais imparfaite. Il faut le croiser avec d’autres critères, comme la desserte des destinations ou les options de compensation carbone. Cependant, c’est déjà un bon indicateur pour élaguer la jungle des offres marketées que vous recevez.  Voici le classement complet, avec une analyse de la pertinence pour les Français de l’étranger :

Rang Compagnie Émissions (g CO₂/siège/km) Flotte principale Pertinence pour les expatriés Destinations clés depuis la France
1 Wizz Air 53,9 A320neo, A321neo ⭐⭐⭐⭐ (Europe de l’Est, Maghreb) Budapest, Bucarest, Varsovie, Marrakech
2 Frontier Airlines 54,4 A320neo, A321neo ⭐ (peu utile) États-Unis (vols intérieurs)
3 Pegasus 57,1 A320neo, Boeing 737 Max ⭐⭐⭐ (Turquie, Moyen-Orient) Istanbul, Ankara, Dubai
4 Volaris 57,9 A320neo ⭐ (Amérique latine) Mexico, Cancún
5 IndiGo 58,2 A320neo, A321neo ⭐⭐ (Asie du Sud) Delhi, Mumbai, Bangkok
6 Jetstar 58,4 A320neo, Boeing 787 ⭐⭐ (Asie-Pacifique) Sydney, Melbourne, Singapour 7 Spirit Airlines 58,4 A320neo ⭐ (USA/Caraïbes) New York, Fort Lauderdale
7 Spirit Airlines 58,4 A320neo ⭐ (USA/Caraïbes) New York, Fort Lauderdale
8 Scoot 58,7 Boeing 787 ⭐⭐ (Asie du Sud-Est) Singapour, Bangkok, Perth
9 SunExpress 59,4 Boeing 737 Max ⭐⭐ (Turquie, Europe) Antalya, Izmir
10 Air India Express 60,5 Boeing 737 Max ⭐⭐ (Inde, Golfe) Mumbai, Dubai

Comme vous le remarquez, aucune compagnie française

ne figure dans ce Top 10, mais Transavia et French Bee apparaissent dans les classements régionaux. C’est bien les low cost qui dominent ce classement. 9 des 10 compagnies sont issues de cette catégorie, grâce à leur modèle économique axé sur l’efficacité.

Quelles compagnies sont les plus utiles aux expatriés français ?

Pour les Français vivant à l’étranger, le choix d’une compagnie aérienne ne se limite pas à des critères écologiques ou économiques. La desserte des destinations, la fréquence des vols, et la qualité des correspondances sont tout aussi cruciales. Voici une analyse détaillée des compagnies les moins polluantes qui répondent aux besoins spécifiques des expatriés, en fonction de leur région d’installation.

Wizz Air : La référence pour l’Europe de l’Est et le Maghreb

Wizz Air dessert plus de 20 pays depuis la France, avec des hubs à Budapest, Varsovie, Bucarest et Prague. Ces destinations sont particulièrement prisées par les expatriés travaillant dans les secteurs de la tech, des ONG ou du commerce international. Avec des tarifs souvent 50 % moins chers que les compagnies traditionnelles, elle permet des allers-retours réguliers sans exploser le budget. En plus, la flotte est composée à 100 % d’Airbus A320neo et A321neo, qui font partis des avions les plus économes en carburant, avec une moyenne d’âge de 5,1 ans (contre 10-15 ans pour certaines compagnies traditionnelles).

Wizz Air est donc une compagnie adaptée pour les expatriés en Europe centrale (Hongrie, Pologne, Roumanie, Slovaquie) mais aussi pour les voyageurs « budget-conscious » prêts à sacrifier un peu de confort pour un bilan carbone réduit.

French Bee : Le long-courrier low cost made in France

French Bee, c’est une révolution pour les DOM-TOM et l’Amérique du Nord. La compagnie française

, filiale du groupe Dubreuil, est la seule compagnie low cost française à opérer des vols long-courriers. Son modèle repose sur des Airbus A350-900 et A350-1000, parmi les avions les plus économes pour les trajets intercontinentaux combinés à un positionnement tarifaire agressif : 40 à 50 % moins cher qu’Air France sur les mêmes destinations.

Claire Fremery, Commandant de bord, accompagnée de Patricia Ortiz de Vinastre Gutierrez et de Franziska Weber, copilotes.
Claire Fremery, Commandant de bord, accompagnée de Patricia Ortiz de Vinastre Gutierrez et de Franziska Weber, copilotes. © French Bee / Laurence Godart

Les économies sont substantielles et peuvent aller jusqu’à 700 € d’écart sur un aller-retour, ce qui permet de rentrer plus souvent en France. Tout en limitant son empreinte carbone. En effet, voler avec French Bee, c’est 20 % d’émissions en moins grâce à l’A350 et à la densification des cabines. Cette compagnie est vraiment conseillée pour les expatriés en Polynésie française, à La Réunion ou en Californie

Transavia : La low cost européenne d’Air France-KLM

Transavia, filiale low cost d’Air France-KLM, est en pleine transition écologique en remplaçant ses Boeing 737-800 par des A320neo, réduisant les émissions de 15 %. En plus, son réseau s’étend avec 120 destinations depuis la France, dont Lisbonne, Porto, Prague, Marrakech et Athènes.

Cette compagnie est à privilégier par les expatriés en Europe du Sud (Espagne, Portugal, Italie, Grèce).

Pegasus et SunExpress : Les options pour la Turquie et le Moyen-Orient

La Turquie est un hub majeur pour les Français installés au Moyen-Orient ou en Asie centrale. Pegasus et SunExpress offrent des liaisons directes et économiques depuis la France. Depuis le Hub d’Istanbul (Sabiha Gökçen), Pegasus propose un ensemble de correspondances depuis l’Europe vers Dubai, Téhéran, Bakou, et l’Asie centrale. Mais aussi, il existe des vols directs depuis Lyon et Marseille, évitant une escale supplémentaire à Paris ou Francfort.

Scoot et Jetstar : Les solutions pour l’Asie-Pacifique

Les compagnies low cost asiatiques Scoot (Singapour) et Jetstar (Australie) sont idéales pour les Français installés dans cette région, même si leurs émissions sont légèrement plus élevées que celles des low cost européennes (en raison des longues distances). Mais il y a un inconvénient il y a peu de vols directs depuis l’Europe (escales obligatoires à Singapour ou Bangkok). Pour exemple, l’Aller-retour Paris-Singapour sur Scoot coute en moyenne dans les 400 € , contre 800-1 000 € avec Singapore Airlines.

Air India Express et IndiGo : Pour les expatriés en Inde et en Asie du Sud

On finit avec un sous-continent en plein essor. En effet,

l’Inde attire de plus en plus de Français, notamment dans les secteurs de l’IT, du tourisme et des ONG. IndiGo et Air India Express offrent des vols peu chers et relativement peu polluants depuis l’Europe.

Le récap

Région d’expatriation Compagnie recommandée Émissions (g CO₂/siège/km) Prix (vs. compagnies traditionnelles) Avantages Inconvénients
Europe de l’Est Wizz Air 53,9 -50 % Flottes modernes, prix bas Aéroports secondaires
Maghreb Wizz Air / Transavia 54-62 -40 % Vols fréquents Confort limité
DOM-TOM French Bee 55 -50 % Longs-courriers économes Escales obligatoires
Turquie / Moyen-Orient Pegasus / SunExpress 57-59 40 % Hubs bien desservis Correspondances parfois longues
Asie du Sud-Est / Océanie Scoot / Jetstar 58-60 -50 % Prix très bas Vols longs avec escales
Inde / Asie du Sud IndiGo / Air India Express 58-60 -40 % Réseau dense Service minimal
Amérique du Nord French Bee 55 -50 % Vols directs vers la Californie Peu de destinations

Vous, voilà, équipez pour choisir en toute conscience. Dernière information en complément, même avec une compagnie classique comme avec une low cost, un vol sans escale émet moins de CO₂ qu’un trajet avec correspondance.

Aussi, certaines compagnies (comme Air France) proposent des options de compensation intégrées. Sinon, vous pouvez utiliser des plateformes comme myclimate ou Gold Standard.

Auteur/Autrice

  • Paul Herikso est franco-norvégien né à Paris d’une maman française et d’un papa norvégien. Après des études de tourisme, il retrouva sa famille paternelle en Norvège où il participa au développement des croisières. Il est aussi correspondant pour lesfrancais.press

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