Qui pour remplacer Ahmed Gaïd Salah en Algérie ?

Qui  pour remplacer Ahmed Gaïd Salah en Algérie ?

Le report de l’élection présidentielle en Algérie était prévu. Aucun candidat sérieux n’était apparu, aucun consensus ne s’était dégagé. Cela pouvait faire le jeu du Général Salah, le confortant en son pouvoir, à la condition que la foule des manifestants se contentent des  boucs émissaires qui leur étaient offert, le plus emblématique étant le frère du presque immortel Bouteflika, son frère Saïd. Les hommes d’affaires proches de Bouteflika, et leur famille, comme Mahieddine Takhout (automobile et transports), Ali Haddad (BTP), Kouninef (génie civil), ont aussi été arrêtés. Mais cela n’a pas suffit à dédouaner Salah.

Le Ramadan non plus n’a pas calmé les foules. Les protestataires savent que les corrompus désignés par le général sont de la même eau  que lui, ils appartiennent tous, sinon  au même clan, en tout cas au même « système ». Un Système qui a ruiné l’économie algérienne, qui consacre 25% de son budget à l’armée, celle-ci contrôlant, directement ou indirectement l’essentiel de l’économie, totalement tributaire des prix du gaz et du pétrole.

Les manifestants ont déjà obtenu deux victoires : le départ de Bouteflika, le report de l’élection. Ce qui évite l’illusion d’une nouvelle marionnette en guise de changement. Et la constitution, deux fois ignorée, est de fait suspendue. Le pouvoir actuel en Algérie est donc un pouvoir de fait, celui de l’armée. Auparavant, si le régime, celui du FLN, celui de Bouteflika, s’appuyait sur l’armée, celle-ci n’était pas en première ligne. Les généraux, comme Gaïd Salah, s’enrichissaient, mais n’étaient pas les plus en vue, ni les plus voyants. Désormais, ils sont en pleine lumière.

Et ils sont divisés. L’arrestation des généraux Tartag et Toufik, des services de renseignements, pouvoir rival de celui de l’armée, ne signifie pas une division au sein de l’institution militaire mais traduit une vraie crainte de la part de Salah. Etre débarqué et trahi comme il débarqua Bouteflika. Comme sa stratégie, celle d’apparaitre comme un chevalier blanc, a échoué, certains officiers le voient comme un obstacle à un retour à la normale. Il est  la prochaine cible des manifestants, la troisième victoire qu’ils attendent. Salah le sait, d’où sa réaction.

D’autant militaires, moins politiques, veulent éviter un conflit entre le peuple et l’armée. Comme dans beaucoup de pays, ils adhèrent à cette idée que l’armée incarne le peuple et l’intérêt supérieur de la nation. Beaucoup d’officiers ne veulent pas être entrainés dans une répression. Cela, les manifestants le savent, car ce ne sont pas des islamistes qui manifestent, mais les enfants de ceux qui sont aux commandes du régime.

Toute la difficulté est de trouver un remplaçant au Général Salah. Le problème était le même avec Bouteflika. Qui permettra d’assurer un équilibre entre les centres de pouvoir ? Qui permettra de calmer le jeu ? Qui ferait consensus au sein de l’armée ? Personne. A moins que quelques officiers, trop jeunes pour avoir trop profité des prébendes, ne se passe de l’autorisation de leurs ainés. C’est possible. Le prix du pétrole a baissé. Mauvais signe. Le mandat du Président par intérim Abdelkader Bensalah, qui n’a même pas osé se rendre au stade pour la remise de la coupe d’Algérie, se termine théoriquement le 9 juillet.

 

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