Présidentielle : vote au Royaume-Uni

Présidentielle : vote au Royaume-Uni

Au soir du premier tour du dimanche 10 avril 2022, 53,23% des Français au Royaume-Uni ont choisi de placer le président-candidat Emmanuel Macron en tête. La participation fut faible par rapport à 2017. 30,58% contre 46.91% il y a cinq ans. Plus de 117 000 Français au Royaume-Uni ont pu voter. Jean-Luc Mélenchon a obtenu 19,57% et Yannick Jadot est en troisième position avec 8,89%.

Eric Zemmour a obtenu 5,19% des voix. Le candidat de Reconquête! était venu à Londres en novembre 2021 pour présenter son programme avant qu’il ne devienne candidat.
Énorme camouflet pour Valérie Pécresse qui a obtenu 4,49%. François Fillon avait obtenu 24,8% en 2017.

Anne Hidalgo a obtenu un mauvais score (2,86%) et Marine Le Pen a complètement disparu des radars et a fait 2,6%.

Les résultats en Écosse

Emmanuel Macron n’a pas réussi à obtenir le même score qu’à Londres. Il a obtenu 36% des voix. Le candidat de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a recueilli près de 32% des suffrages. Comme à Londres, Yannick Jadot est en troisième position avec 13% des voix.

Dans d’autres villes au Royaume-Uni

À Manchester, Alexandre nous a raconté que son bureau de vote était dans un hôtel Novotel au 1er étage et les votants étaient divisés en deux listes en fonction de leur nom de famille.

“Il y avait une personne à l’entrée qui dirigeait les personnes vers les bureaux et les informait de la tenue du vote. Une fois dans la salle du bureau, il y avait 3 isoloirs et les personnes chargées du vote expliquaient clairement la procédure à suivre. En bref, tout était clair et bien fléché – c’était assez agréable, à tel point que nous nous sommes proposés pour aider au comptage des votes”, a ajouté Alexandre.

Au Lycée Français de South Kensington ainsi qu’au Lycée Winston Churchill à Londres il fallait entre 5-10 minutes pour voter, contrairement aux 4h de file d’attente il y a cinq ans.
Plusieurs personnes nous ont confié que la présence de cinq bureaux de vote dans Londres et pas un seul à l’Est de la capitale britannique posait problème. Un Français a mis 3 heures aller/retour pour y aller.

Beaucoup de français de East London ne font pas le déplacement. On a dû s’organiser avec ma femme pour garder la petite. Je vote au premier tour, elle vote au deuxième… c’est dommage.” Certains Français faisaient part des procurations et convocations qui étaient mal organisées. Guillaume a voté au Lycée Français Charles-de-Gaulle. “Quand je suis arrivé vers midi il n’y avait pas vraiment beaucoup de queue. C’était assez rapide. J’ai pu voter sans attendre et sans délai. Par contre j’avais une procuration. Quand je suis arrivé pour voter pour la personne, ils ne trouvaient pas la procuration. Il y a un listing de noms. À côté du nom, il y a une procuration qui a été faite pour qu’on vote à sa place. Quand je suis arrivé au bureau de vote on m’a dit qu’il n’y avait pas de procuration alors qu’elle avait été faite le 3 mars. On m’a demandé d’aller au bureau de la médiation. Dans ce bureau il y avait déjà beaucoup de gens qui attendaient pour des problèmes assez similaires. C’était très compliqué pour eux de retrouver la procuration car il n’y avait pas de trace électronique. Ils ont dû fouiller dans des documents physiques pour retrouver la procuration qui avait été faite. Pendant un moment j’ai cru que je n’allais pas pouvoir voter pour mon mandant. La queue commençait à s’agrandir au bureau de la médiation avec des gens qui avaient des problèmes dont notamment le cas d’une dame âgée de 76 ans qui n’avait pas reçu sa convocation pour aller voter. On lui a dit que son bureau de vote était à Fulham, alors qu’ elle avait des problèmes de mobilité.”

Lycée Français de Londres à South Kensington – Alexander Seale

“On a reçu les professions de foi à la dernière minute.”

Julie, qui est allée voter au Lycée Winston Churchill à Londres, nous a expliqué qu’elle a reçu ses professions de foi à la dernière minute. “Je les ai reçues même pas une semaine avant le premier tour.”
Quant à Mat qui a voté à Brighton au sud de l’Angleterre, il a trouvé que le déroulement s’était très bien organisé. “J’ai même reçu les professions de foi avant mes parents qui sont à Toulouse. Le plus gros handicap c’était le marathon qui bloquait toutes les rues.”

Il y a cinq ans, c’est Emmanuel Macron qui avait remporté ici largement le premier tour
avec 51% des suffrages. Cette élection est en tout cas très suivie par la communauté française, la presse et le gouvernement britannique.

Les bénévoles ne sont pas formés au code électoral

Catherine Smadja est la candidate socialiste pour les législatives de la 3ème circonscription des Français établis hors de France, et la présidente de Français du monde UK. Selon elle, « la difficulté que rencontre le consulat est qu’il ne possède pas le personnel nécessaire pour organiser correctement les élections. Ils doivent donc faire appel à des volontaires qui ne connaissent pas forcément le code électoral. De cette manière il s’est déroulé un gros incident : dans plusieurs bureaux de vote, les opérations officielles pour procéder à l’élection, telles que le décompte des voix, l’émargement sur les listes, ou encore l’ouverture des urnes, se sont déroulées à huis clos. Or c’est strictement interdit. Du coup j’ai prévenu l’administration consulaire qui a fait le nécessaire pour que cela s’arrête. Sauf qu’entre temps, il y avait déjà plusieurs urnes qui avaient été ouvertes… Ce qu’on déplore c’est qu’il est censé y avoir obligatoirement un fonctionnaire au courant des règles électorales dans chaque bureau ; mais par manque de moyens c’était pas le cas. » Catherine Smadja pense que cela s’est produit dans quasiment tous les bureaux de vote. Si elle ne crie pas à la fraude, elle est convaincue que les règles ont été mal interprétées par les volontaires non formés. Ainsi, elle demande à ce qu’ils soient sensibilisés au code électoral.

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