Xi Jinping, Trump et Poutine pourraient se rencontrer les 18 ou 19 novembre, au sommet de l’APEC à Shenzhen. La face du monde pourrait en être changée. Peut-être. Ou pas. Aucun des trois, malgré leur génial génie, difficilement mesurable, ne semble en forme. Le monde est moins malléable qu’il n’y paraît. Il y a un autre petit génie qui se mêle de tout et contrarie les autres, agaçant, imprévisible, créatif. « L’imaginaire regarde le réel de haut…» , devons-nous en conclure que « les génies sont fatigués ».
Trump et Poutine, une alliance peu productive
Le dernier accord entre Poutine et Trump n’a pas été à la hauteur de leur grandeur. Ils devaient en finir avec l’Ukraine. Encore raté. Les Ukrainiens ne veulent pas se coucher, les Européens les aident à résister. Même la levée des sanctions russes n’a pas marché. Les deux tankers russes qui devaient aller aux États-Unis n’y sont pas arrivés. Deux maîtres du monde incapables de livrer du fuel, c’est déroutant. Côté chinois, l’empire du milieu est très moyen. « … Beaucoup de croyants ne veulent pas que leur dieu soit décrit … »
Mbappé, qui avait vaguement identifié Mao à un dictateur chinois a dû présenter ses excuses, mais l’affaire a laissé des traces. Certains regrettent le changement de ligne du PCC, qui, du temps de Mao, ne considérait pas le terme de dictature comme insultant. C’était même la doxa, la dictature du prolétariat. Et maintenant les matchs de la Liga sont censurés ! Est-ce en acte de contrition que la Commission Permanente du PCC s’épure ? 33 hauts responsables politiques et militaires ont été exclus le 30 novembre. Des corrompus. Il était temps de s’en apercevoir. Heureusement que Xi a l’œil, sur le 21e Congrès et son quatrième mandat. « … En tant qu’individus ou que nations, nous embellissons notre propre histoire pour paraître meilleurs que nous ne sommes… » Mais l’économie souffre. À force de vouloir avaler le monde, le trop-plein guette avec une surproduction. Et la déflation peut être pire que l’inflation. La dette cachée enfle.
Quant à l’ami Poutine, c’est triste, tout simplement. Les drones ukrainiens n’ont plus de limites. Ils attaquent même Moscou. Et les raffineries. Le géant pétrolier n’a plus d’essence. Les généraux sont des incapables. Plus de 25 ont été arrêtés. Ou ont disparu comme de vulgaires oligarques. Pour incompétence, corruption, déloyauté ? Heureusement qu’il y a Trump pour le consoler. Il a promis la paix.
Trump, les guerres, la paix et les démocrates
Parce que Trump est un homme de paix. C’est Zelensky qui ne veut pas. Et les Européens. Mais on se passera des Européens. Comme on se passera des Iraniens. Et des Saoudiens. Et des Israéliens. Et même des Américains. Trump est la paix à lui tout seul. Même quand il fait la guerre. Hélas, les midterms ont envoyé beaucoup de Démocrates « antiaméricains » au Congrès. C’est dire à quel point le temps est compté, à quel point il faut redoubler d’efforts. Trump a nommé Stephen Miller pour diriger la Maison rose un ultratrumpiste, un fana de l’expulsion des immigrés. Faire vite, car Trump pourrait même faire l’objet de Commission d’enquêtes. Dingue, lui qui a tant donné. « …Les personnages que nous chérissons dans nos romans n’existent pas… »

Dire qu’il y a peu certains pensaient que les midterms n’auraient pas lieu. Ou que le flot d’argent déversé fausserait le résultat. Ou que les influenceurs, les robots, les fake news pervertiraient les élections. Non qu’il n’y ait pas eu tout cela, mais, à la fin, la routine démocratique l’emporte.
Étrange routine
Les mauvais résultats économiques seraient la cause de la défaite. Pas vraiment. L’économie américaine se porte bien, très bien même. Chômage au plus bas, croissance au-delà de 3%. Les Américains ne veulent pas de la guerre en Iran. Peut-être. Mais ils aiment (comme tout le monde ou presque) que l’on tape sur les Ayatollahs. Ce qu’ils n’aiment pas, c’est que cela dure. Et encore : ils n’ont jamais voté sur des questions de politique étrangère.
Il s’est passé autre chose pour que le Texas ou le Kansas bascule. No King. Pas de roi. La nouvelle police de l’immigration, l’ICE, fait peur aux immigrés, et surtout à beaucoup d’autres. Trump s’en est pris au droit. En élisant Trump, les États-Unis rejetaient le wokisme. Hier, ils ont rejeté le trumpisme. In medio stat virtus. Elon a pu dépenser des millions de dollars, échec. Ce n’est pas l’argent qui gène, c’est le sans gène avec la loi.
En Californie, un référendum qui proposait de taxer les très riches a été rejeté. L’État le plus à gauche, avec New York, n’est pas socialiste. Ni populiste de gauche, ni populiste de droite. Le Texas, devenu démocrate, n’est pas à gauche non plus.
Au Brésil, Lula, malgré lui, l’a emporté sur Bolsonaro. Il a fallu des millions de messages pour écarter « la menace démocratique ». Le Parlement, là aussi, est plus que jamais à droite. Comme presque partout en l’Amérique latine. Les lignes de partage bougent. En Israël, Netanyahou a perdu. Notamment à cause des partis dits arabes. Dans une démocratie, les Palestiniens votent. Seulement en Israël, pour l’instant. Si Israël montrait autant de force pour la paix que pour la guerre, elle bombarderait ses voisins de démocratie et de paix. Dans une démocratie, c’est le citoyen qui décide. Pas les services secrets. Pas les militaires. Pas les oligarques. Pas les algorithmes. Pas la bourse. « …Le bonheur est à notre portée si nous n’avons pas à apprendre comment fonctionnent nos machines électroniques …»
Quand les Chinois offrent l’IA à tous
En quelques jours, les maîtres de l’économie digitale ont perdu 1000 milliards de dollars, en capitalisation. À cause des élections et de possibles réglementations ? Plus grave. Même si les investissements considérables sont compensés par des recettes considérables, un risque a surgi. Le modèle américain est celui d’un système fermé, par abonnement. Le modèle chinois est un système ouvert : chaque entreprise peut adapter l’IA, choisir son hébergeur, optimiser ses coûts, changer de prestataire sans changer de modèle.

Une sorte de dumping. Plus encore : une diffusion technologique fondée sur l’ « Open source », système ouvert, liberté de choix pour tout utilisateur.
Les entreprises chinoises diffusent un modèle « libre ». Mauvais génie. Les entreprises se tournent à 80% vers les systèmes ouverts et libres.
Étonnant ? Autant que le choix des citoyens pour des dirigeants respectueux du droit. Personne ne veut de monopole. Personne ne veut être prisonnier, ni d’une entreprise, ni d’un chef. Cela s’appelle le démon de la liberté. Ou son génie. A la fin, c’est lui qui l’emporte. Car lui seul permet d’imaginer quelque chose de différent, de créer du nouveau. « … Nous vivons au milieu d’hypothèses non confirmées, voire contradictoires, un brouillard de rêves dont nous semblons avoir besoin. ». Rien n’est écrit.







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