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79 % des jeunes Français envisagent l’expatriation face à un avenir incertain

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79 % des jeunes Français envisagent l'expatriation face à un avenir incertain

Alors que la campagne présidentielle approche, un profond sentiment de défiance anime la jeunesse française. Une enquête Ipsos/BVA, relayée par Le Figaro et l’AFP début octobre 2026, dresse le portrait d’une génération globalement satisfaite de sa sphère privée, mais profondément pessimiste quant à l’avenir du pays. Pour le lectorat de Lesfrancais.press, une donnée résonne tout particulièrement : près de huit jeunes sur dix ont déjà songé à construire leur vie à l’étranger.

L’appel de l’étranger face à l’angoisse économique

C’est le constat le plus saisissant de cette vaste consultation menée entre le 23 juillet et le 5 août auprès de 3000 personnes âgées de 18 à 29 ans. L’expatriation apparaît massivement comme une option sérieuse pour une génération en quête de perspectives : 79 % des jeunes interrogés déclarent avoir envisagé de s’installer hors de France, une démarche même qualifiée de « très sérieuse » par 34 % d’entre eux. Ce désir d’ailleurs s’ancre dans de vives inquiétudes matérielles et professionnelles.

  • 89 % de ces jeunes sont convaincus qu’ils devront travailler plus longtemps que les générations précédentes.
  • 86 % s’attendent à rencontrer davantage de difficultés pour accéder à la propriété immobilière.
  • 84 % anticipent des obstacles importants pour trouver une situation d’emploi stable.
Image d'illustration, les des jeunes Français envisagent l'expatriation
Image d’illustration, les des jeunes Français envisagent l’expatriation

Une fracture nette avec la classe politique

La responsabilité de cette morosité ambiante est directement imputée aux décideurs. Pour 78 % des sondés, les responsables politiques « préparent mal leur avenir ». Le jugement est sévère : seulement un quart de cette tranche d’âge estime que ses difficultés quotidiennes sont comprises par les élus, ou que les décisions publiques vont dans le sens de ses intérêts. À l’aube du scrutin présidentiel, 64 % des jeunes affirment ainsi ne pas faire confiance aux candidats pour prendre en considération leurs préoccupations.

Pessimisme collectif, mais maintien du devoir civique

Si seulement 25 % des jeunes affichent leur confiance en l’avenir de la France, une proportion qui chute à 16 % chez les individus en difficulté financière, contre 32 % pour les plus aisés, ils sont pourtant 77 % à se déclarer satisfaits de leur vie personnelle. Plus rassurant sur le plan démocratique face à cette défiance : 80 % des jeunes annoncent avoir l’intention d’aller voter à l’élection présidentielle. Quant aux futurs abstentionnistes, ils justifient principalement leur retrait par la croyance que leur vote ne changera rien à la situation.

Des solutions concrètes portées par le collectif Jeunesse 2027

Loin de se cantonner au simple constat d’échec, la jeunesse formule des propositions. Cet été, le « collectif Jeunesse 2027 », rassemblant 200 jeunes sous l’impulsion de l’université d’Aix-Marseille et du Cercle des économistes, a élaboré plusieurs mesures destinées à interpeller les candidats pendant la campagne. Parmi les idées ayant recueilli le plus fort taux d’adhésion, on retrouve :

  • La gratuité d’un bilan de santé pour tous les jeunes à l’âge de 20 ans.
  • L’obligation légale de prendre en compte les résultats des pétitions, des conventions citoyennes et des référendums d’initiative citoyenne.
  • L’élévation de la protection du vivant au rang de priorité nationale régalienne.
  • La simplification de la garantie locative publique actuelle en un dispositif unique.
  • L’instauration d’une heure de cours d’orientation toutes les deux semaines.
  • La mise en place d’ateliers de sensibilisation à la santé mentale à chaque grande étape de la scolarité.
  • La garantie d’un recours anti-discrimination dédié aux recherches de stages et d’alternances.

La communauté des Français établis hors de France pourrait donc connaître une nouvelle vague de départs si les responsables politiques ne parviennent pas à rassurer ces 79 % de jeunes qui envisagent déjà de franchir les frontières.

Auteur/Autrice

  • L'AFP est, avec l'Associated Press et Reuters, une des trois agences de presse qui se partagent un quasi-monopole de l'information dans le monde. Elles ont en commun, à la différence de son prédécesseur Havas, de ne pas avoir d'actionnaire mais un conseil d'administration composé majoritairement d'éditeurs de presse.

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