Alors que Gabriel Attal cherche à s’imposer dans la course à l’Élysée, sa campagne entend aussi mobiliser les Français établis hors de France. Dans la circonscription de New York, du Connecticut, du New Jersey et des Bermudes, où 44 000 Français sont inscrits sur les listes consulaires, l’opération « 1000 bistrots » doit permettre au candidat de recueillir leurs idées, leurs préoccupations et leurs propositions. Pascale Richard, conseillère des Français de l’étranger et référente de campagne de l’ancien Premier ministre dans la circonscription, détaille pour Lesfrancais.press les enjeux de cette mobilisation américaine et le rôle que les Français de l’étranger pourraient jouer dans la présidentielle de 2027.
L’opération 1000 bistrots pour les Français de l’étranger
Lesfrancais.press : « Vous êtes élue Renaissance à New York et vous êtes aujourd’hui chargée de la campagne de Gabriel Attal dans votre circonscription. En quoi consiste précisément cette responsabilité ? »
Pascale Richard : « Je conçois ce rôle de référente de campagne de façon très collective. Je souhaite fédérer et dynamiser les partisans de Gabriel Attal pour qu’ensemble nous puissions démontrer qu’il est le meilleur candidat pour le bloc central. Notre rôle est d’informer de l’actualité de sa campagne, d’exposer certains points précis de son programme, et enfin, de préparer sa venue éventuelle à New York en 2027. »
Lesfrancais.press : « L’opération « 1 000 bistrots » est pensée comme une campagne de proximité. Comment cette idée se traduit-elle lorsqu’on fait campagne auprès de Français qui vivent à plusieurs milliers de kilomètres de la France ? »
Pascale Richard : « Cela fait 10 ans que je porte les intérêts des Français de cette circonscription de New York, du New Jersey, du Connecticut et des Bermudes. Je sais comment aller à la rencontre de mes compatriotes.
« La campagne se fera aussi beaucoup dans les médias sociaux et la presse. »
Pascale Richard, conseillère des Français de l’étranger et référente de campagne de Gabriel Attal, États-Unis
Cette opération « 1000 bistrots » s’inscrit dans la continuité de cet engagement : faire remonter les idées, les besoins de notre communauté auprès du candidat. Nous avons lancer l’opération à New York ce lundi 28 septembre au Bistroquet. Je travaille aussi avec les autres élus Renaissance, y compris le député des Français d’Amérique du Nord, Christopher Weissberg, pour coordonner d’autres événements sur le territoire américain. »
La campagne présidentielle et les expatriés
Lesfrancais.press : « Comment allez-vous concrètement mener cette campagne à New York : quelles rencontres, quels bistrots, quels réseaux, quels publics souhaitez-vous mobiliser ? »
Pascale Richard : « J’ai la chance d’être élue Renaissance depuis 2017, d’abord comme suppléante de Roland Lescure, puis comme conseillère [NDLR : des Français de l’étranger] en 2021 et en 2026. Avec Yvan Bedouet, co-référent Renaissance à New York, nous avons créé un réseau de sympathisants sur lequel je vais m’appuyer. Au-delà, je compte organiser d’autres rencontres pour mieux faire connaître notre candidat, et faire monter la campagne en intensité.

L’objectif est de faire gagner le bloc central à la prochaine élection présidentielle et d’éviter la victoire des extrêmes. La campagne se fera aussi beaucoup dans les médias sociaux et la presse. Elle commence ici. Merci pour cela. »
Lesfrancais.press : « Qu’est-ce qu’un candidat à la présidentielle française vient chercher auprès des Français installés à New York ? »
Pascale Richard : « Notre circonscription compte 44 000 Français, c’est la taille d’une ville française. Il n’y a pas de vote inutile. À New York, il y a des Français exceptionnels, notamment dans la tech et l’intelligence artificielle, qui travaillent chez Mistral, Anthropic ou Meta. Il y a aussi des universitaires et des chercheurs dans les grandes universités de la région, NYU, Columbia ou Princeton, qui peuvent enrichir le programme du candidat.
« Il est toujours difficile pour les responsables politiques français d’intégrer pleinement les Français de l’étranger. »
Pascale Richard, conseillère des Français de l’étranger et référente de campagne de Gabriel Attal, États-Unis
Enfin, certaines personnes disposent de moyens financiers importants et peuvent contribuer au financement de la campagne. New York est un passage obligé. »
Quelle place pour les Français de l’étranger dans les programmes ?
Lesfrancais.press : « Que répondez-vous aux Français de l’étranger qui ont parfois le sentiment que les responsables politiques français ne s’intéressent à eux qu’au moment des élections ? »
Pascale Richard : « C’est vrai, il est toujours difficile pour les responsables politiques français d’intégrer pleinement les Français de l’étranger. Mais les choses ont changé au cours du dernier mandat présidentiel. Notre ministre de l’Économie, Roland Lescure, est un Français de l’étranger, tout comme notre ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, Éléonore Caroit. Les choses bougent.

Une remarque cependant : malgré nos campagnes actives, le taux de participation aux élections consulaires est resté faible. C’est regrettable. Si l’on veut donner davantage de poids aux Français de l’étranger, il faut voter à ces élections, afin que l’Assemblée des Français de l’étranger, qui siège deux fois par an à Paris, puisse peser davantage. »
Lesfrancais.press : « Quels sujets les Français de New York vous remontent-ils aujourd’hui, et y a-t-il des préoccupations qui leur sont particulièrement propres par rapport aux Français de métropole ? »
Pascale Richard : « Certaines préoccupations sont liées au pays d’accueil : les visas, le coût de la vie. L’accès aux soins est également un sujet d’inquiétude. Nous pouvons orienter et conseiller les Français, mais ces sujets ne relèvent pas directement de la compétence de la France.
« Notre circonscription compte 44 000 Français, c’est la taille d’une ville française. »
Pascale Richard, conseillère des Français de l’étranger et référente de campagne de Gabriel Attal, États-Unis
Relevant de cette compétence, l’éducation en français est une préoccupation majeure, accéder à une éducation de qualité, à un coût abordable. En tant que conseillère, je me fais le relais de toutes les formes d’éducation accessibles dans notre circonscription. La recherche d’emploi est un autre sujet important. Sur ce plan, le consulat a innové avec la Journée des associations et le Forum de l’emploi. Enfin, l’accès à la retraite et le retour en France sont des préoccupations spécifiques aux Français de l’étranger. »
L’opération « 1 000 bistrots » de Gabriel Attal
Lesfrancais.press : « Gabriel Attal veut construire sa candidature en allant chercher la parole des Français. Qu’espérez-vous que les échanges menés à New York apportent concrètement à son projet ? »
Pascale Richard : « Nous avons déjà un forum Renaissance très actif, où chacun peut proposer ses idées. Le partage d’idées est dans l’ADN de Renaissance, et les militants y sont très attachés. Au cours de la campagne, nous recueillerons les propositions des uns et des autres afin de les transmettre à l’équipe de campagne de Gabriel Attal. C’est tout l’objet de l’opération « 1 000 bistrots » : présenter les premières mesures de la campagne de Gabriel Attal et engager un débat avec les participants afin de les enrichir.

Il ne s’agit pas d’un simple événement de présentation du projet, mais d’un temps d’échange autour de l’un des quatre chantiers capitaux : l’éducation, le travail, l’intelligence artificielle, les frontières et le régalien. Deux enjeux sous-tendront également son mandat, s’il est élu : le changement climatique et la dette.
Gabriel Attal le dit lui-même, l’objectif est de débattre, d’échanger et d’engager une conversation civique avec des sympathisants, mais aussi avec des citoyens qui s’interrogent sur leur vote en 2027 et qui refusent la perspective d’un duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. »
Lesfrancais.press : « Justement, les derniers sondages placent Marine Le Pen largement en tête et Jean-Luc Mélenchon en position de se qualifier pour le second tour. Dans ce contexte, la multiplication des candidatures au centre favoriserait un duel entre les deux extrêmes. Comment appréhendez-vous cette perspective en votre qualité de référente de campagne à New York, sachant que selon les analystes politiques, Gabriel Attal prend le risque, en maintenant sa candidature , alors qu’Edouard Philippe recueille aujourd’hui davantage d’intentions de vote dans les sondages, de contribuer à ce scénario ? »
Pascale Richard : « Pour Gabriel Attal, la désignation d’un candidat unique, nécessaire pour ne pas se disperser, ne doit pas précéder le débat de fond. Il faut d’abord présenter un projet aux Français, d’où l’initiative des « 1000 bistrots » pour échanger. Le rassemblement aura lieu au début de 2027.
« La désignation d’un candidat unique, nécessaire pour ne pas se disperser, ne doit pas précéder le débat de fond. »
Pascale Richard, conseillère des Français de l’étranger et référente de campagne de Gabriel Attal, États-Unis
En attendant, le candidat a dit à plusieurs reprises que ses équipes travaillaient déjà avec celles d’Édouard Philippe. En ce qui me concerne, je veux faire connaître le projet de Gabriel Attal et soutenir cette candidature qui, pour moi, rassemble davantage. Nous ne sommes qu’au début de cette campagne. L’important, encore une fois, est de faire gagner le bloc central. »
Lesfrancais.press : « Et vous personnellement, pourquoi avez-vous choisi de vous engager aux côtés de Gabriel Attal pour cette présidentielle ? »
Pascale Richard : « Gabriel Attal a une vision, contrairement à d’autres candidats, et cette vision est européenne et réaliste. Comme le montre le début de sa campagne, il est à l’écoute et sillonne la France, au contact de tous les Français. Il a l’énergie nécessaire pour relever les défis qui nous attendent. »







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