Élections consulaires 2026 : Lusine Bardon-Hambardzumyan défend une action concrète pour les Français d’Arménie et de Géorgie

Élections consulaires 2026 : Lusine Bardon-Hambardzumyan défend une action concrète pour les Français d’Arménie et de Géorgie

Dans le cadre de notre série d’interviews consacrée aux élections consulaires des Français de l’étranger, Lesfrancais.press vous emmène aujourd’hui en Arménie et en Géorgie à la rencontre de Lusine Bardon-Hambardzumyan, Forte de plus de douze ans d’expérience au service des expatriés et membre de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), elle plaide pour un mandat utile et défend une action concrète pour les Français établis hors de France.

À quoi servent les élections consulaires ?

Lesfrancais.press : « Que représentent pour vous les élections consulaires et qu’est-ce qui vous distingue des autres candidatures ? »

Lusine Bardon-Hambardzumyan : « Les élections consulaires ne sont pas une élection symbolique. Elles déterminent qui sera capable, pendant six ans, de défendre concrètement les Français de l’étranger auprès des autorités françaises, dans des situations parfois complexes, urgentes ou sensibles. Dans une région comme l’Arménie et la Géorgie, marquée ces dernières années par des crises régionales, des tensions sécuritaires et des réalités administratives souvent lourdes, ce mandat exige bien plus que de la bonne volonté. Il demande de l’expérience, de la disponibilité, une parfaite connaissance du rôle de l’élu et une réelle capacité d’action. Ce qui me distingue aujourd’hui, c’est précisément cette expérience du terrain et des institutions.

« Je connais les réalités vécues par nos compatriotes, les mécanismes administratifs, les bons interlocuteurs, mais aussi les limites du mandat et le cadre juridique dans lequel un élu doit agir. »

Depuis plus de douze ans, je suis engagée aux côtés de notre communauté. J’ai exercé ce mandat dans les situations concrètes, parfois difficiles, au contact direct des Français de la circonscription, mais aussi à Paris, au sein de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), où je siège à la Commission des lois. Je connais les réalités vécues par nos compatriotes, les mécanismes administratifs, les bons interlocuteurs, mais aussi les limites du mandat et le cadre juridique dans lequel un élu doit agir.

Parce qu’un élu efficace n’est pas celui qui promet tout. C’est celui qui connaît précisément son rôle, sait utiliser les bons leviers et obtient des résultats concrets. »

Lesfrancais.press : « Certains critiquent l’utilité même des conseillers des Français de l’étranger, jugés peu visibles et peu influents. Que répondez-vous à ceux qui estiment que ce mandat est inefficace ? »

Lusine Bardon-Hambardzumyan : « Je pense surtout que beaucoup de Français connaissent encore mal le rôle réel des Conseillers des Français de l’étranger. Ce mandat n’est ni un mandat diplomatique, ni un mandat exécutif. Nous ne remplaçons ni les consulats ni les ambassades, et nous n’avons pas vocation à nous substituer à l’administration. Mais cela ne signifie pas que ce mandat est inutile. Bien au contraire. Un élu investi, présent et expérimenté peut avoir une utilité très concrète dans la vie des Français de l’étranger.

Lusine Bardon-Hambardzumyan s'exprimant lors d'une session plénière à l'AFE
Lusine Bardon-Hambardzumyan s'exprimant lors d'une session plénière à l'AFE

Nous siégeons dans les conseils consulaires sur des sujets essentiels : bourses scolaires, aides sociales, sécurité, protection des personnes vulnérables ou encore accompagnement des établissements scolaires français. Nous faisons remonter les difficultés du terrain, suivons des situations individuelles parfois complexes et portons également des propositions au niveau national. À l’Assemblée des Français de l’étranger, j’ai notamment travaillé sur :

  • la simplification des démarches administratives,
  • France Consulaire et l’identité numérique,
  • la protection sociale des Français de l’étranger,
  • ainsi que sur les violences faites aux femmes et les violences intrafamiliales, sujet sur lequel j’ai été rapporteure.

Les choses avancent également grâce au travail mené avec les administrations françaises. Lors de mes déplacements à Nantes, j’ai pu constater les efforts importants engagés pour adapter les services publics aux réalités des Français de l’étranger, notamment à travers FranceConnect, France Identité ou encore la modernisation des démarches à distance. Il faut aussi être honnête sur ce qu’un élu peut, ou ne peut pas, faire. Un Conseiller des Français de l’étranger ne peut pas, à lui seul, « réformer la CFE ». La Caisse des Français de l’étranger relève de décisions nationales, gouvernementales et parlementaires. En revanche, nous pouvons faire remonter les difficultés concrètes des assurés, défendre des améliorations et porter des propositions réalistes dans le cadre de notre mandat.

« Le problème n’est pas l’utilité du mandat. Le problème est parfois le manque de connaissance du rôle réel de l’élu ou les promesses irréalistes faites pendant les campagnes. »

De la même manière, beaucoup de besoins du quotidien trouvent déjà des réponses grâce au tissu associatif français présent en Arménie et en Géorgie. Associations, réseaux d’entraide, structures communautaires et acteurs locaux jouent un rôle essentiel d’accompagnement et d’orientation pour nos compatriotes. Depuis des années, je travaille en lien étroit avec ces associations, qui apportent souvent une aide concrète, humaine et de proximité dans de nombreux domaines de la vie quotidienne. Ce mandat peut sembler discret à ceux qui le regardent de loin. Mais lorsqu’il est exercé avec sérieux, compétence et constance, il peut produire des avancées très concrètes. Le problème n’est pas l’utilité du mandat. Le problème est parfois le manque de connaissance du rôle réel de l’élu ou les promesses irréalistes faites pendant les campagnes.»

Quelles propositions pour les expatriés ?

Lesfrancais.press : « Quelles sont alors vos deux ou trois priorités principales pour les Françaises et Français de votre circonscription ? »

Lusine Bardon-Hambardzumyan : « Ma première priorité est claire : protéger et accompagner les Français de notre circonscription. Nous vivons dans une région où les contextes géopolitiques peuvent évoluer rapidement. Dans ce type d’environnement, les Français ont besoin d’une élue présente, réactive et capable d’agir efficacement en lien avec les autorités consulaires et les administrations françaises.

Lusine Bardon-Hambardzumyan lors d'une session plénière à l'AFE
Lusine Bardon-Hambardzumyan lors d'une session plénière à l'AFE

Ma deuxième priorité concerne l’éducation et l’avenir des jeunes. Les établissements scolaires français en Arménie et en Géorgie jouent un rôle essentiel pour les familles et pour le rayonnement de la France dans la région. Je continuerai à défendre un enseignement français exigeant, accessible et stable, avec une attention particulière portée aux frais de scolarité et au système de bourses. Enfin, je souhaite renforcer encore la dynamique de notre communauté française. Cela passe par le soutien aux associations, aux entrepreneurs, aux initiatives locales et aux projets qui créent du lien, de la solidarité et du rayonnement français dans la région. Une communauté forte est une communauté visible, unie et active. »

Lesfrancais.press : « La France, ses institutions et son administration vous semblent-elles bien appréhender la réalité vécue aujourd’hui par les Français de l’étranger ? »

Lusine Bardon-Hambardzumyan : « Les choses ont progressé ces dernières années, notamment après les différentes crises que nous avons traversées. Les Français de l’étranger sont aujourd’hui davantage pris en compte dans plusieurs politiques publiques. Des avancées importantes ont également été réalisées dans le domaine de la simplification administrative et de la dématérialisation des services.

Lors de mes déplacements de travail à Nantes, j’ai pu constater les efforts engagés pour mieux adapter les services publics aux réalités des Français de l’étranger, notamment à travers le développement de France Consulaire, FranceConnect, France Identité ou encore la modernisation de nombreuses démarches administratives à distance. Ces évolutions vont clairement dans le bon sens et facilitent concrètement la vie de nombreux compatriotes. Mais il existe encore un vrai décalage entre certaines réalités vécues sur le terrain et la perception qu’en ont parfois les administrations centrales. Les Français établis hors de France ont souvent des parcours de vie beaucoup plus complexes qu’on ne l’imagine : familles binationales, mobilité entre plusieurs pays, questions fiscales, protection sociale, démarches administratives à distance ou situations d’urgence. C’est précisément pour cela que les élus de terrain sont utiles.

« Les Français de l’étranger ne doivent pas être des Français “à part”. »

Notre rôle est de faire remonter ces réalités concrètes, d’alerter lorsque les dispositifs ne fonctionnent pas correctement et de contribuer à adapter les politiques publiques aux besoins réels des Français de l’étranger. Je pense également qu’il reste un effort important à faire en matière de simplification administrative. Les Français de l’étranger ne doivent pas être des Français “à part”. Ils doivent pouvoir accéder à des services publics simples, lisibles et efficaces, même à plusieurs milliers de kilomètres de la France. »

Comment éviter une forte abstention ?

Lesfrancais.press : « Malgré la possibilité de voter par internet pour les élections consulaires, l’abstention reste très élevée. Est-ce selon vous un problème d’information, de confiance… Ou un désintérêt pour ces élections ? Quelles actions concrètes envisagez-vous pour changer cette situation dans votre circonscription ? »

Lusine Bardon-Hambardzumyan : « L’abstention est un vrai sujet, et elle ne peut pas être réduite à un simple désintérêt. Beaucoup de Français de l’étranger connaissent encore mal le rôle réel des Conseillers des Français de l’étranger. D’autres ont parfois le sentiment que les institutions françaises sont éloignées de leur quotidien. Et il faut aussi être lucide : la confiance ne se décrète pas. Elle se construit dans la durée, par la présence, le travail et les résultats. Pour ma part, j’ai toujours fait le choix du terrain et du lien direct avec notre communauté.

Depuis plusieurs années, je privilégie :

  • une présence régulière en Arménie et en Géorgie,
  • des échanges directs et accessibles,
  • une information claire et pédagogique,
  • ainsi qu’un accompagnement concret des Français qui me sollicitent.

Je crois profondément que la meilleure manière de lutter contre l’abstention est de montrer que ce mandat peut être réellement utile. Lorsque les Français voient des élus présents, sérieux et capables d’obtenir des résultats concrets, alors la confiance revient naturellement. Au fond, ces élections posent une question simple : qui est capable de représenter efficacement notre communauté pendant les six prochaines années ? »

Scrutin uninominal des élections consulaires – Arménie Georgie

Pour les élections consulaires concernant les Français de la circonscription Arménie Georgie 1 Conseiller des Français de l’étranger est à élire. Le scrutin se tiendra du 22 au 27 mai (12h heure de Paris) par Internet et le 31 mai à l’urne. 

2 candidatures ont été déposées sort

  1. Lusine HAMBARDZUMYAN / Nelson ZULOYAN
  2. Patil KECHICHIAN / Sébastien, Daniel, Jean-Luc COUDERC

Auteur/Autrice

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire