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  • Nicolas Conquer parle de l’Amérique de Trump : un miroir pour la France ?

    Nicolas Conquer parle de l’Amérique de Trump : un miroir pour la France ?

    Invité d’ « En toute confidence » Lesfrancais.press, Nicolas Conquer, porte-parole du Parti républicain américain en France et soutien de Donald Trump, revient sur les profondes mutations à l’œuvre aux États-Unis depuis le retour du milliardaire à la Maison-Blanche. À l’occasion de la parution de son livre Vers un Trump français ? (Éditions Fayard), il décrypte les inquiétudes des Français expatriés et l’évolution des relations franco-américaines. Au-delà, c’est également l’émergence d’un courant politique de fond au-delà de l’Atlantique qui transparaît dans les propos de notre invité. Ainsi, l’Amérique de Trump serait-elle un miroir pour la France ?

    Écouter le podcast avec Nicolas Conquer

    Sécurité, visas et sentiment de rejet : comprendre les craintes des Français d’Amérique

    Durcissement des politiques migratoires, contrôles renforcés à l’entrée du territoire, exploitation des réseaux sociaux dans les demandes de visa : pour de nombreux Français installés aux États-Unis, le climat a changé. Nicolas Conquer tente toutefois de relativiser ces inquiétudes en rappelant la logique sécuritaire qui sous-tend ces décisions. Selon lui, « c’est lutter contre le crime migratoire […] identifier des menaces sur le territoire national », comparant ces mesures aux contrôles déjà existants dans les aéroports.

    « Les pays comme les États-Unis, par leur agenda pro-business et leur capacité à innover, continuent à tirer les talents de par le monde »

    Nicolas Conquer, auteur de « Vers un Trump français ? » (Ed Fayard)

    Concernant la binationalité, régulièrement évoquée dans le débat public américain, le sujet lui paraît encore largement hypothétique. Il identifie plutôt un enjeu bien plus structurant : « la suppression du droit du sol », qu’il qualifie de « vrai gros sujet qui pose une transgression idéologique », rappelant l’ancrage historique du 14e amendement dans l’après-abolition de l’esclavage.

    Le rêve américain en panne ?

    Le recul de l’attractivité des États-Unis comme destination d’expatriation est souvent évoqué en Europe. Nicolas Conquer se montre prudent, affirmant ne pas disposer de données chiffrées confirmant cette tendance. Notre invité souligne au contraire la persistance d’un fort attrait pour les talents internationaux, notamment asiatiques, et rappelle que « les pays comme les États-Unis, par leur agenda pro-business et leur capacité à innover, continuent à tirer les talents de par le monde ».

    Donald Trump dans le bureau ovale de la maison blanche
    Dans le bureau ovale de la Maison-Blanche lors de la journée d’inauguration à Washington, le 20 janvier. ©REUTERS

    À l’heure du 250e anniversaire de l’indépendance américaine, il insiste sur la profondeur historique du lien franco-américain : « Il y a eu des échanges culturels, diplomatiques, économiques depuis 250 ans », un socle selon lui appelé à se renforcer.

    Relations franco-américaines : tensions diplomatiques, réalités économiques

    Sur le plan politique, les relations entre Emmanuel Macron et la Maison Blanche de Donald Trump oscillent entre cordialité et frictions. Mais pour Nicolas Conquer, l’essentiel se joue ailleurs. Il met en avant une dynamique économique robuste, citant « des investissements records de LVMH au Texas » ou encore ceux de CMA-CGM aux États-Unis.

    « The Western Arc (…) être dans le do-tank, avec comme objectif de réconcilier l’efficacité américaine et la profondeur européenne »

    Nicolas Conquer, porte-parole du Parti républicain américain en France

    Au cours de ce podcast « En toute confidence », il évoque également l’arrivée à Paris de l’ambassadeur américain Charles Kushner et une volonté commune de renforcer les échanges économiques transatlantiques. Dans un contexte international plus rugueux, il estime que « Donald Trump nous impose un petit peu la langue » des nouvelles relations de puissance, un langage que les Européens doivent apprendre à maîtriser.

    The Western Arc : du think tank au « do-tank »

    Au-delà du diagnostic, Nicolas Conquer annonce la création de The Western Arc, un institut transatlantique destiné à revitaliser le dialogue entre l’Europe et les États-Unis. Refusant l’étiquette de think tank classique, il revendique une approche plus opérationnelle : « j’ai vraiment une vocation […] d’être dans le do-tank ». L’objectif : « réconcilier l’efficacité américaine et la profondeur européenne » et « créer des ponts » plutôt que des murs.

    Binationalité : une identité complémentaire, pas antagoniste

    Personnellement concerné par un éventuel projet de loi visant à interdire la double nationalité, Nicolas Conquer refuse de se projeter dans un scénario qu’il juge encore fictif. Il affirme cependant avec force : « ces deux identités ne sont pas antagonistes, elles ne rentrent pas en conflit. Elles se complètent, elles se renforcent », rappelant son engagement aussi bien sous les drapeaux français que dans la vie politique hexagonale.

    Vers un Trump français ? : le miroir américain

    « Vers un Trump français ? » de Nicolas Conquer, édition Fayard
    « Vers un Trump français ? » de Nicolas Conquer, édition Fayard

    En se basant sur son expérience et ses réflexions, notre invité publie aux éditions Fayard le livre « Vers un Trump français ? ». Celui-ci s’inscrit dans une réflexion plus large sur les colères contemporaines. Il y développe l’idée que « les États-Unis ne sont pas un modèle, mais un miroir », révélateur de maux communs : paupérisation des classes moyennes, désindustrialisation, fractures territoriales, crise du sens. Sans prôner un simple copier-coller, il évoque une possible « transposition » du phénomène trumpien à la française.

    À ses yeux, le trumpisme n’est pas une fièvre passagère mais « une tectonique de fond », perceptible bien au-delà des États-Unis. Plus qu’un homme providentiel, Nicolas Conquer interroge une soif d’incarnation politique et une recomposition idéologique profonde, à laquelle la France n’échappe pas.


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  • Crise politique française ! Menaces de censure ou de 49.3, blocus des tracteurs et le procès de Marine Le Pen

    Crise politique française ! Menaces de censure ou de 49.3, blocus des tracteurs et le procès de Marine Le Pen

    Les députés ont repris ce mardi 13 janvier l’examen du projet de loi de finances en séance publique. Plus de 3400 amendements ont été déposés annonçant de longues soirées pour les parlementaires dont les 11 députés des Français de l’étranger. Une reprise qui ne fait pas dans le calme. Au petit matin, sur les quais de Seine, devant l’Assemblée nationale, les agriculteurs et leurs tracteurs se sont installés pour faire pression sur l’hémicycle. De l’autre côté de la capitale, c’est le procès en appel de Marine Le Pen qui s’ouvrait. Une ambiance électrique que le gouvernement doit affronter alors que le compromis sur le budget s’éloigne et que le recours au 49.3 est de nouveau sur la table. On fait le point pour les expatriés sur cette crise politique française !

    Un budget 2026 toujours sans solution miracle

    Au moment où les débats reprennent au Palais-Bourbon, l’année a débuté comme la précédente s’était achevée, sans compromis sur la table et avec des groupes politiques qui campent sur leurs lignes rouges (pas de hausse d’impôts chez les LR, augmentation des dépenses au PS). Bercy a beau enchaîner les réunions « constructives » avec les groupes prêts au compromis, aucune fumée blanche n’est encore visible.

    Face à cette impasse, les critiques contre le Premier ministre se font plus fortes. « On ne voit pas où il va », dit un parlementaire. Sébastien Lecornu est allé au bout de sa méthode, qui excluait le recours au 49-3, et il est accusé de gagner du temps sans trancher une ligne et un texte final. À Matignon, on répète vouloir voir les débats parlementaires aller au bout. Mais la pression est de plus en plus forte.

    Quant au moyen de faire adopter la copie, « rien n’est exclu », martèle l’exécutif à intervalles réguliers. Si un vote favorable ne peut intervenir compte tenu de la position des socialistes qui, au mieux, s’abstiendront, le débat se fait entre le 49.3 et les ordonnances. Le premier contraindrait le Premier ministre à revenir sur sa parole de ne pas l’utiliser et l’exposerait à des motions de censure. Les secondes ne seraient pas sans risque non plus compte tenu de leur caractère inédit et provoqueraient aussi une motion de censure spontanée avec des oppositions braquées contre ce qu’elles considéreraient comme un passage en force.

    Une loi d’urgence pour les agriculteurs

    Alors que le traité avec le Mercosur sera signé samedi 17 janvier, le gouvernement doit aussi faire face à la révolte des agriculteurs attisée par le RN et LFI. D’ailleurs les deux partis ont déposé des motions de censure, elles seront étudiées ce mercredi, le PS ayant annoncé ne pas la voter, le gouvernement de Sébastien Lecornu ne tombera pas demain.

    Mais le Premier ministre a dû réagir face à la « jacquerie ». Il a donc reçu, ce mardi après-midi, une quinzaine d’agriculteurs de la FNSEA afin de trouver une solution. Rapidement, sur son compte X, Sébastien Lecornu a annoncé « avoir pris quatre décisions ce jour » en réponse à la mobilisation des agriculteurs. Il a indiqué avoir demandé à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard « de préparer pour le salon de l’Agriculture une loi d’urgence agricole ».

    De nombreux tracteurs ont stationné devant l'Assemblée nationale ce mardi 13 janvier 2025. Les agriculteurs sont venus de nouveau exprimer leur colère.
    De nombreux tracteurs ont stationné devant l’Assemblée nationale ce mardi 13 janvier 2025. Les agriculteurs sont venus de nouveau exprimer leur colère. © MSM Antonin Albert

    Aussi, évoquant des « règles d’une complexité qui les rendent trop souvent incomprises par l’ensemble des acteurs et donc difficilement applicables », Sébastien Lecornu s’est dit « prêt à demander à la Commission européenne de faire évoluer le cadre existant concernant les réglementations sur les nitrates ».

    L’avenir présidentiel de Marine Le Pen

    C’est sa dernière chance pour pouvoir se présenter à la présidentielle. Rendue inéligible par sa condamnation pour « détournement de fonds publics » lors de son premier procès en mars dernier, Marine Le Pen joue sa place sur la ligne de départ pour 2027 lors de son procès en appel. Mais la triple candidate à l’Élysée ne fait pas semblant, elle n’a plus qu’un tout « petit espoir » de parvenir à concourir.

    Ce mardi matin, lors de la traditionnelle réunion hebdomadaire des chefs de groupes, Marine Le Pen a déclaré aux députés RN : « J’espère pouvoir être entendue par la cour d’appel. Je suis dans un état d’esprit d’espérance, en quelque sorte »

    Dans les faits, après avoir longuement réfléchi, Marine Le Pen n’a pas changé sa stratégie de défense pour ce second procès. Comme elle l’avait fait avec force en première instance, la cheffe de file des députés FN va contester les faits reprochés et contester le fait d’avoir voulu mettre en place un système. Pourtant, elle n’avait pas convaincu les magistrats en première instance et avait été en difficulté lorsque le manque voire l’absence de travail des assistants pour le compte du Parlement européen avait été mis en avant.

    Pourtant, l’enjeu de ce procès est majeur pour Marine Le Pen. Pourra-t-elle se présenter à l’élection présidentielle de 2027 ? Si la Cour d’appel ne prononce pas d’inéligibilité, alors la cheffe de file du RN pourra être candidate. Si une peine d’inéligibilité est prononcée avec exécution provisoire, mais qu’elle est raccourcie, alors la députée du Pas-de-Calais pourra aussi se présenter, car elle l’aura purgée avant le premier tour. Autre scénario, la Cour d’appel peut prononcer une peine d’inéligibilité sans exécution provisoire. Dans ce cas, Marine Le Pen peut former un pourvoi en cassation et se présenter en attendant que sa peine d’inéligibilité soit mise à exécution.

    Ces cinq prochaines semaines vont donc sceller l’avenir politique de Marine Le Pen. À l’issue des débats, la décision de la cour d’appel va être mise en délibéré. Elle sera rendue « avant l’été 2026 », avait indiqué la cour d’appel dans un communiqué publié en 2025.

  • Yan Chantrel prépare une proposition de loi sur la Francophonie

    Yan Chantrel prépare une proposition de loi sur la Francophonie

    À l’aube de l’année 2026, riche en échéances politiques, sportives, culturelles et internationales pour les Français de l’étranger, la francophonie reste au cœur du débat public. À l’occasion d’un entretien Lesfrancais.press, le sénateur PS des Français établis hors de France Yan Chantrel, président du groupe d’études Francophonie au Sénat, livre une analyse sans sur l’avenir de la langue française, les leviers à activer et partage sa position sur l’écriture inclusive. Le parlementaire plaide notamment pour une francophonie offensive, inclusive et résolument tournée vers l’avenir. Il nous informe même qu’une prochaine proposition de loi est en préparation.

    Écouter le podcast en français avec Yan Chantrel

    La Francophonie : un enjeu stratégique en 2026 ?

    Pour Yan Chantrel, la Francophonie « demeure plus que jamais un enjeu majeur ». Dès les premières minutes de l’entretien, le sénateur rappelle l’importance d’un chiffre : « On saura d’ici 20 ans plus de 800 millions de francophones », contre environ « 325 millions à l’heure actuelle ». Une progression qui confère à l’espace francophone un poids stratégique croissant sur la scène internationale. Au-delà des chiffres, le sénateur insiste sur la dimension concrète de cet espace linguistique commun. Culture, éducation, diplomatie, mais aussi échanges économiques : « le fait de parler la même langue facilite les relations entre nos pays », observe-t-il. Et pour lui, « une langue, c’est une vision du monde ».

    « La Francophonie demeure plus que jamais un enjeu majeur »

    Yan Chantrel, sénateur PS des Français établis hors de France

    La francophonie apparaît ainsi comme un levier d’influence, mais aussi comme un outil pragmatique de coopération. Cette analyse s’inscrit dans un travail parlementaire. En octobre 2024, Yan Chantrel a co-signé, aux côtés de Catherine Belrhiti et de Pierre-Antoine Lévi, un rapport sénatorial intitulé « La situation de la francophonie à l’aube du 30ᵉ anniversaire de la loi Toubon ». Le document avance plusieurs propositions, parmi lesquelles la création d’un « Erasmus francophone », ainsi qu’une stratégie plus offensive pour que le français demeure, dans les faits, la langue de travail des institutions européennes.

    « Le français n’a pas dit son dernier mot » de la rencontre …

    En ce début d’année 2026, notre invité co-organise au Sénat un colloque intitulé « Le français n’a pas dit son dernier mot » (inscription), celui-ci s’effectue en partenariat avec la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) du ministère de la Culture. L’objectif est celui de remettre la langue française au cœur de l’action publique. « La France a aussi un rôle à jouer dans ses lois intérieures », insiste le sénateur.

    Yan Chantrel, sénateur des Français de l'étranger @Sénat
    Yan Chantrel, sénateur des Français de l’étranger @Sénat

    Adoptée en 1994, la loi Toubon constitue le socle juridique de la défense du français. Mais pour Yan Chantrel, elle n’est plus adaptée aux réalités contemporaines. « Il y a eu l’émergence d’Internet qui n’existait pas à cette époque-là », rappelle-t-il. Il plaide donc pour une modernisation de ce texte : « Il y a un besoin de révision de cette loi pour la mettre à l’ordre du jour par rapport aux nouveaux défis et aux nouveaux outils, que ce soit numérique ».

    … à la proposition de loi au Sénat

    Aussi une initiative législative sous forme de proposition de loi pourrait être déposée prochainement et portée de manière transpartisane par le groupe d’études francophonie de la Haute Assemblée. Si le futur texte, qui sera examiné par les parlementaires, reste en cours d’écriture, le sénateur Chantrel indique vouloir « renforcer tous les pouvoirs de contrôle (…) et de veiller au niveau des services de l’État » de l’utilisation de la langue française. Et il s’agira aussi d’élargir le périmètre de la loi en prenant en compte les nouveaux outils numériques qui sont les réseaux sociaux qui n’était pas présent en 1994, quand cette loi a été votée.

    L’écriture inclusive : la langue française dans sa diversité

    Dans le débat sur la défense et l’avenir de la langue française, la question de l’écriture inclusive s’est progressivement immiscée. Après un recours déposé par l’association « Francophonie Avenir », le Conseil d’État a validé ces derniers jours l’usage de l’écriture inclusive sur certaines plaques publiques de la mairie de Paris. À l’inverse, l’Académie française continue de s’opposer à son utilisation.

    « Défendre la langue française, c’est défendre la langue française dans sa diversité »

    Yan Chantrel, sénateur PS des Français établis hors de France

    Au cours de ce podcast, Yan Chantrel partage sa position sur cette question, pour lui « Défendre la langue française, c’est défendre la langue française dans sa diversité. C’est une langue vivante, ce n’est pas une langue morte », affirme-t-il. Il ajoute aussi que le cadre légal n’a pas vocation à figer l’usage linguistique. « Ce sont les locuteurs, finalement, qui décident de ce que devient leur langue ». Il rappelle également que la diversité du français est une réalité vécue par les expatriés : « En Belgique, en Suisse ou même au Québec, on parle le français différemment ».

    Francophonie et action gouvernementales : un engagement insuffisant ?

    Interrogé sur l’action du gouvernement, le sénateur se montre critique. « Sur la francophonie » notre invité met en avant des « difficultés budgétaires » qui ont fait de ce dossier « le parent pauvre » des politiques publiques. Il cite notamment les réductions budgétaires affectant l’Agence universitaire de la francophonie.

    Yan Chantrel, sénateur des Français de l'étranger @Sénat
    Yan Chantrel, sénateur des Français de l’étranger @Sénat

    Quant au prochain sommet de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), prévu au Cambodge en novembre 2026, celui-ci représentera, selon notre interlocuteur, un moment clé pour notre pays.  La France reste influente, « parce que c’est le principal financeur de l’OIF », mais elle doit changer de posture. « Il ne faut pas être dans une posture hégémonique, mais à égalité d’écoute avec les autres pays par apport à ce qu’ils souhaitent ».

    « Ce sont les locuteurs, finalement, qui décident de ce que devient leur langue »

    Yan Chantrel, sénateur PS des Français établis hors de France

    Enfin, Yan Chantrel partage avec nous les visages de la francophonie en 2026 même s’il est difficile de ne citer qu’une seule personnalité. Il appelle à « créer des passerelles » avec les artistes francophones, notamment africains, et à leur offrir davantage de visibilité sur le territoire français. Pour conclure cette interview et en ce début d’année, le sénateur partage une bonne résolution : Dans un monde instable, « plus que jamais », il appelle à « une plus grande participation citoyenne », qu’elle soit électorale, associative ou autres, « pour que nos compatriotes puissent être pleinement des acteurs du changement et de leur vie ».

    Retrouvez en podcast l’intégralité de cette interview avec Yan Chantrel, sénateur PS des Français établis hors de France sur le thème de la Francophonie, enjeu politique de 2026 et future proposition de loi. 

  • Réseaux sociaux : un tour du monde des législations et de leurs enjeux

    Réseaux sociaux : un tour du monde des législations et de leurs enjeux

    Depuis leur avènement, les réseaux sociaux ont révolutionné la communication, l’accès à l’information et les échanges sociaux. Cependant, leur utilisation soulève des défis majeurs en matière de protection des données, de désinformation, de liberté d’expression et de souveraineté numérique. Face à ces enjeux, les États du monde entier ont adopté des législations variées, reflétant leurs priorités politiques, culturelles et économiques. Cet article propose un tour d’horizon des principales réglementations en vigueur en Europe, en Amérique du Nord, en Asie, en mettant l’accent sur les évolutions récentes et leurs impacts.

    L’Europe : pionnière de la régulation

    Adopté en 2018, le RGPD reste en 2025-2026 la référence mondiale en matière de protection des données personnelles. Il impose aux entreprises une transparence totale sur la collecte et l’utilisation des données, ainsi que le respect des droits des utilisateurs (droit à l’oubli, consentement éclairé, etc.). En 2025, le RGPD a été renforcé pour s’adapter aux défis posés par l’intelligence artificielle et les traitements automatisés. Les entreprises doivent désormais prouver leur conformité via des audits réguliers, sous peine de sanctions records : la CNIL a ainsi infligé des amendes historiques à Google et TikTok pour non-respect des règles, marquant un tournant dans l’application du texte.

    Depuis, le RGPD a été complété par le Digital Services Act (DSA) et le Digital Markets Act (DMA). Entrés en vigueur en 2023, le DSA et le DMA visent respectivement à responsabiliser les plateformes numériques et à garantir des marchés équitables. Le DSA impose aux géants du web (Meta, X/Twitter, TikTok, etc.) de modérer activement les contenus illégaux (discours haineux, désinformation) et de protéger les mineurs. Un code de conduite contre les discours haineux, signé en janvier 2025, oblige les plateformes à supprimer 66 % des signalements sous 24 heures. Le DMA, quant à lui, limite les abus de position dominante des « gatekeepers » (Google, Apple, etc.) en imposant l’interopérabilité des services et en interdisant les pratiques anticoncurrentielles.

    Digital Services Act (DSA)
    Digital Services Act (DSA) ©Commission européenne

    En France, une proposition de loi sera présentée pour restreindre l’accès aux mineurs en Conseil des ministres au cours de la deuxième quinzaine de janvier, selon des sources proches de l’Élysée. Ce texte comportera deux articles. Le premier interdit « la fourniture, par une plateforme en ligne, d’un service de réseau social en ligne à un mineur de moins de 15 ans » à partir du 1er septembre 2026. Le second vise à élargir au lycée l’interdiction d’usage du portable, déjà officiellement banni de la maternelle au collège, une mesure qui crée des remous chez les syndicats d’enseignants.

    Emmanuel Macron, qui a entamé à l’automne une série de rencontres avec des lecteurs de la presse régionale pour sensibiliser l’opinion aux dangers des plateformes comme Facebook, X ou TikTok, doit préciser la portée de ces mesures lors d’une prise de parole en janvier. Mais l’Élysée cherche le bon créneau, entre la dense actualité internationale et les débats parlementaires qui se prolongent sur le budget. Il reste aussi à arbitrer d’autres décisions éventuelles hors du champ législatif. À ce stade, les mesures soumises au Parlement devraient toutefois se cantonner aux deux articles du texte transmis au Conseil d’État. En sachant que la loi à venir devra se conformer au droit européen, même si la Commission de Bruxelles a ouvert la voie, l’été dernier, à la mise en place de restrictions d’accès aux mineurs.

    L’Amérique du Nord : entre liberté et régulation

    Aux USA, la Section 230 du Communications Decency Act (1996) protège les plateformes de toute responsabilité juridique concernant les contenus publiés par leurs utilisateurs. Ce texte, souvent critiqué pour favoriser l’impunité des réseaux sociaux, est au cœur de vifs débats. En 2025, des projets de réforme visent à limiter cette immunité, notamment pour les contenus générés par l’IA ou les algorithmes de recommandation. La Cour suprême a examiné plusieurs affaires emblématiques (Gonzalez v. Google), mais aucune réforme majeure n’a encore abouti, en raison de divisions politiques.

    Tandis qu’au Canada, il a été adopté en 2024 la loi C-11, qui encadre les contenus numériques et favorise les créateurs locaux, et la loi C-18, obligeant les géants du web à rémunérer les médias pour le partage de leurs articles. Ces textes visent à équilibrer innovation et protection des acteurs traditionnels, tout en renforçant la transparence des algorithmes.

    L’Asie : entre contrôle étatique et innovation

    Les cadres réglementaires qui s’appliquent en Asie sont souvent très strictes. Ainsi, des mesures mises en place en 2023 en Chine sont assez rigides. Elles sont dictées par le régulateur local du cyberespace (le CAC ). Celui-ci a ordonné aux fournisseurs de smartphones d’introduire des programmes spécialement destinés aux mineurs. Ce programme vérifie l’application de deux règles en particulier : la première prévoit que les enfants et adolescents de moins de 18 ans ne pourront plus utiliser leurs téléphones la nuit entre 22 heures et 6 heures du matin. La seconde mesure limite le temps de connexion possible pour eux, avec trois seuils : pas plus de deux heures de téléphone pour les jeunes de 16 à 18 ans, pas plus d’une heure pour 8 à 16 ans, et enfin pas plus de quelques minutes pour les enfants de moins de 8 ans.

    Verrouillage téléphone
    Image d’illustration ©Stockadobe

    En plus « big brother », la loi POFMA (Protection from Online Falsehoods and Manipulation Act), adoptée en 2019, permet aux autorités de Singapour de corriger ou supprimer les contenus jugés faux ou manipulateurs. En 2025, son application s’est étendue : des médias indépendants et des militants ont été ciblés pour leurs critiques envers le gouvernement, suscitant des inquiétudes sur la liberté d’expression. Les sanctions peuvent aller jusqu’à 20 000 dollars singapouriens et 12 mois de prison. Aussi, comme 40% des systèmes éducatifs dans le monde, la cité-État a mis en place des restrictions pour réduire les distractions en classe, limiter le temps passé devant les écrans et aider les élèves à adopter des habitudes numériques « plus saines » améliorant leur « bien-être ».

    Les défis transnationaux

    Sur les autres continents, il n’y a pas de réel encadrement tandis que les règles que nous venons d’évoquer sont parfois source de conflits entre les pays les ayant mises en place. Ainsi, l’extraterritorialité des lois (RGPD, DSA) crée des conflits juridiques, notamment avec les États-Unis. Aussi, les ONG, comme Amnesty International, dénoncent l’utilisation de certaines législations (POFMA, loi chinoise) pour museler la société civile. L’ONU et les traités bilatéraux tentent d’harmoniser les approches, mais les divergences persistent, notamment sur la définition de la désinformation et la protection des données.

    En conclusion de ce rapide tour du monde, on constate que les législations encadrant les réseaux sociaux reflètent, avant tout, les valeurs et les priorités de chaque société : protection des données en Europe, liberté d’expression aux États-Unis, souveraineté numérique en Chine, lutte contre les « fake news » à Singapour. Alors que l’IA et les deepfakes posent de nouveaux défis, la quête d’un équilibre entre innovation, sécurité et droits fondamentaux reste plus que jamais d’actualité. L’harmonisation internationale, si elle est souhaitable, semble encore lointaine.

  • La réforme du diagnostic de performance énergétique et votre bien en France

    La réforme du diagnostic de performance énergétique et votre bien en France

    Depuis le 01 janvier 2026, près de la moitié des logements chauffés à l’électricité ont vu leur classement énergétique évoluer. L’ampleur de la réforme du diagnostic de performance énergétique (DPE) est considérable, environ 7 millions de logements au niveau national sont touchés. Parmi eux, 850 000 logements précédemment classés F ou G sont sortis du statut de passoire énergétique. Un changement structurant dans un contexte réglementaire marqué par des contraintes croissantes sur la location des biens les moins performants. On fait le point pour les expatriés propriétaires en France.

    Quand doit-on faire un diagnostic de performance énergétique ?

    Le DPE est un document intégré au dossier de diagnostic technique (DDT), remis au futur acquéreur ou locataire d’un logement. Les obligations légales qui l’entourent sont différentes selon s’il s’agit d’une mise en vente ou d’une location de bien.

    Pour une mise en location, le DPE location est un prérequis légal et un enjeu majeur de décence énergétique. Entre opposabilité, affichage obligatoire, gel des loyers et interdictions progressives pour G, F et E, il impose aux bailleurs de mettre à niveau leurs logements via des travaux de rénovation (isolation, chauffage, menuiseries, ventilation) afin de maintenir la location et sécuriser le bail.

    En cas de mise en vente d’une maison ou d’un immeuble composé de plusieurs logements classés E, F, ou G sur le DPE et appartenant à un même propriétaire, il faut, en plus, fournir au futur acquéreur un audit énergétique au moment de la promesse de vente ou de la signature de l’acte de vente. Dans tous les cas, il faut fournir un diagnostic de performance énergétique à jour.

    Corriger un biais défavorable à l’électricité

    Le gouvernement l’avait annoncé le 9 juillet 2025, la réforme du DPE comprenant une modification du calcul du score est désormais effective depuis le 1er janvier 2026. Elle vise à corriger une inégalité de traitement entre les différents modes de chauffage, notamment en rendant le DPE plus favorable aux logements chauffés à l’électricité.

    Le cœur de la réforme concerne le coefficient de conversion de l’électricité, qui passe de 2,3 à 1,9. Ce coefficient permet de convertir l’énergie finale (celle payée par l’usager) en énergie primaire (celle réellement produite en amont). Ce changement améliore mécaniquement la performance énergétique des logements chauffés à l’électrique, sans intervention physique sur le logement.

    Réforme du DPE au 1er janvier 2026
    Réforme du DPE au 1er janvier 2026 ©Ademe

    D’après les données de l’Ademe, près de 850 000 logements devraient sortir du statut de passoires énergétiques (étiquettes F ou G), soit 14% des logements actuellement concernés. Cependant les conséquences sont différentes selon le type de biens. Ainsi parmi les bénéficiaires de la réforme, on retrouve :

    • Les petits logements chauffés à l’électricité : souvent pénalisés jusqu’ici, ils devraient bénéficier d’un reclassement d’une lettre (ex : de G à F, ou de F à E)
    • Les bailleurs qui pourront remettre en location des biens devenus plus conformes.
    • Les vendeurs qui pourraient éviter la décote de 10 à 15% associée aux étiquettes F ou G.

    Cependant, pour d’autres, cette réforme n’aura aucun impact comme :

    • Les logements chauffés au gaz, au fioul ou au bois : ils ne bénéficieront d’aucune évolution.
    • Les passoires énergétiques structurelles (très mal isolées) : elles resteront classées F ou G.

    Ainsi, certains acteurs du secteur dénoncent une réforme « cosmétique », qui masque la réalité du bâti. Et aussi rappelons le, même si certains logements sortent du statut F ou G sans travaux, cela ne dispense pas d’agir :

    • Pour valoriser votre bien ;
    • Réduire vos factures d’énergie ;
    • Anticiper les futures interdictions de location.

    En conclusion, la réforme du DPE appliquée depuis le 1er janvier 2026 marque une nouvelle étape dans la politique énergétique française. En corrigeant un biais pénalisant l’électricité, le gouvernement redonne un coup d’accélérateur à l’électrification du parc immobilier. Mais attention : cette revalorisation « automatique » ne remplace pas les travaux de rénovation.

  • L’Italie : l’autre championne des exportations en Europe

    L’Italie : l’autre championne des exportations en Europe

    En Europe, en matière d’exportations, la référence était jusqu’à présent l’Allemagne. En 2025, celle-ci a été rejointe par l’Italie, qui se classe désormais deuxième en Europe et quatrième au niveau mondial, devant le Japon. Les exportations représentent 40 % de son PIB. Alors que déficits et dette constituent les maîtres mots des finances publiques italiennes, sa balance commerciale a enregistré un excédent de 54,9 milliards d’euros en 2024. De son côté, la France se caractérise par un déficit supérieur à 80 milliards d’euros.

    La botte italienne tacle la Chine

    L’Italie est le seul pays européen à ne pas avoir cédé de terrain face à la Chine. Avec 5 % des exportations mondiales, elle est passée du 7ᵉ au 4ᵉ rang des exportateurs mondiaux, surpassant la France, la Corée du Sud et le Japon. Pendant que ses voisins voyaient leur influence s’éroder, la France chutant au 7ᵉ rang et l’Allemagne reculant de 14 % à 12,6 % de parts de marché, l’Italie a su améliorer la qualité de ses produits et diversifier ses débouchés commerciaux. En une décennie, ses exportations se sont accrues de 48 % en dollars courants, atteignant l’an dernier près de 650 milliards d’euros. Elles progressent deux fois plus vite que celles de la France (+ 28 %) ou de l’Allemagne (+ 27 %). Les exportations du Japon n’ont augmenté, sur dix ans, que de 15 %, et celles du Royaume-Uni de 12 %. Même des puissances bénéficiant des ventes d’hydrocarbures, comme le Canada (+ 38 %) et les États-Unis (+ 37 %), sont distancées.

    L’Italie est le pays qui exporte la plus grande variété de produits vers le plus grand nombre de destinations. Contrairement à d’autres économies, elle ne s’appuie pas sur de grands groupes industriels ni sur une production de masse. Sa force réside dans un tissu dense et singulier de 26 860 entreprises de 50 à 2 000 salariés, réparties dans 160 districts spécialisés. Ces entreprises fournissent des composants essentiels aux secteurs du luxe français et de l’automobile allemande. Les cent premiers produits exportés ne représentent que 40 % de ses exportations totales, contre 50,5 % pour la France et 67,6 % pour la Corée du Sud. La France dépend principalement du luxe, de l’aéronautique et de la construction navale, tandis que l’Allemagne demeure spécialisée dans l’automobile et les biens d’équipement.

    En dopant les investissements numériques et l’automatisation par des incitations fiscales massives, hyper-amortissement, crédits d’impôt recherche, l’Italie a modernisé son appareil productif. Ses investissements en machines ont progressé de 59 % pour atteindre 7,3 % du PIB en 2023, dépassant l’Allemagne (6,6 %) et la France (5,2 %).

    « La réduction de la dépendance énergétique de l’Italie aux pays étrangers est l’une des priorités stratégiques du gouvernement de Giorgia Meloni »
    «La réduction de la dépendance énergétique de l’Italie aux pays étrangers est l’une des priorités stratégiques du gouvernement de Giorgia Meloni» ©Remo Casilli / REUTERS

    Un millésime 2025 d’exception pour l’Italie

    La spectaculaire accélération des exportations transalpines a coïncidé avec le ralentissement de celles du Japon. Le secteur automobile, qui traverse actuellement une crise profonde, est crucial pour l’économie japonaise, représentant 10 à 15 % de ses exportations totales. En revanche, l’Italie a fait le deuil de son industrie automobile, qui ne représente plus que 3 % de son commerce extérieur. Les marques Fiat, Lancia et Alfa Romeo, appartenant au groupe Stellantis, exportent nettement moins qu’auparavant.

    Si l’Italie a connu une excellente année en 2025, elle n’en demeure pas moins exposée aux droits de douane américains. Elle est, en effet, le troisième exportateur de biens vers les États-Unis. Le syndicat patronal Confindustria redoute ainsi une contraction des exportations vers ce pays de près de 17 milliards d’euros par an.

  • Ratés de la Protection sociale complémentaire (PSC) à l’étranger : la MGEN s’explique

    Ratés de la Protection sociale complémentaire (PSC) à l’étranger : la MGEN s’explique

    Si notre premier article publié dans Lesfrancais.press a pointé les dangers et les limites de la PSC, ou protection sociale complémentaire, moins protectrice et curieusement plus chère pour les familles, il convenait de poursuivre notre travail d’enquête pour mieux comprendre les enjeux et les conséquences de cette nouvelle couverture complémentaire. Outre cette analyse, nous avons aussi choisi de donner la parole aux responsables de la MGEN, une des deux mutuelles, avec la Mutuelle des Affaires Étrangères, à être en charge de la gestion du paquet étranger décrié. Face aux ratés de la PSC, la MGEN a donc accepté de s’expliquer.

    Les syndicats et l’impact de la PSC

    Cela devait en effet être une mesure de progrès social en matière de protection de la santé des fonctionnaires. En effet, la PSC, ou protection sociale complémentaire, prévoyait une aide de l’État pour l’ensemble des agents publics. Ceux du ministère des affaires étrangères et de l’AEFE inclus. Or, depuis que les adhérents à la MGEN ou à la MAEE découvrent le « paquet étranger », on alterne entre stupeur et incompréhension. Depuis le 1er janvier des milliers d’agents sont soumis à ce nouveau régime de PSC obligatoire. Il est d’ailleurs le fruit d’un texte signé le 24 août 2024 par les syndicats représentatifs des personnels et des autorités de l’AEFE et du ministère.

    « Comment les syndicats ont-ils pu accepter un tel cahier des charges pour la PSC ? »

    Pierre Ory – délégué MGEN

    Les délégués MGEN (Mutuelle Générale de l’Éducation Nationale) sont des représentants des adhérents mutualistes et élus au scrutin de liste. Ils ne sont donc pas des personnels MGEN en tant que tels mais siègent dans les instances de la mutuelle. Ils pointent la responsabilité des syndicats qui n’auraient pas identifié clairement l’impact de la PSC en matière de reste à charge pour les soins hors de France.

    Pour Pierre Ory, qui est en détachement en Corée du Sud et élu MGEN « la vraie question dans l’histoire reste : comment les syndicats ont-ils pu accepter un tel cahier des charges – qui nous est imposé – avec un bornage de certains remboursements – dont l’hospitalisation – à 90% ? ». Lors d’un échange avec notre rédaction, il ajoute aussi « 10% non pris en charge représentent rapidement quelques milliers d’euros pour une hospitalisation lourde, voire bien davantage dans certains pays… C’est une charge difficilement supportable pour un particulier… et c’est légitimement source d’anxiété ». L’élu regrette par ailleurs que les syndicats n’aient pas joué leur rôle de « lanceur d’alerte » même s’il reconnaît qu’ils n’ont pas été à l’origine d’un cahier des charges rédigé par les ressources humaines du Quai d’Orsay et de l’AEFE.

    « La PSC déstabilise toute la solidarité intergénérationnelle »

    Renaud Le Berre, délégué MGEN et élu AFE

    Pour Renaud Le Berre, délégué MGEN mais aussi élu à l’assemblée des Français de l’étranger pour l’Espagne, « le problème vient en effet de la négociation de la PSC. C’était pourtant au départ une avancée. Mais la PSC déstabilise tout le socle mutualiste et tout le socle générationnel. Il faut craindre que les mutuelles se transforment en structures privées. Il y a le problème de l’assurance des retraités par exemple. Avant avec la solidarité intergénérationnelle il y avait une solidarité réelle. La PSC a déstabilisé cet équilibre. Couvrir les retraités ne sera plus rentable. Et les partenaires sociaux ne l’ont pas vu immédiatement. L’urgence est de revenir sur les 90 pour-cent (seulement) d’hospitalisation. On va payer plus cher moins de couvertures. Puisqu’il faudra rajouter à l’assurance santé la prévoyance qui sera d’une trentaine d’euros supplémentaires. En cas d’accident grave à l’étranger le reste à charge sera extrêmement important et il n’y a pas d’offre de sur-complémentaire car ce n’est pas rentable. On doit donc s’inquiéter de l’application de la PSC et de savoir jusqu’à quand la MGEN gardera un équilibre financier. J’ai donc une inquiétude pour tous les fonctionnaires détachés »

    La réponse de la MGEN à la nouvelle PSC

    Saisis par des lecteurs qui sont adhérents à la MGEN notamment, nous avons voulu rentrer dans le détail d’une mesure qui produit de l’anxiété collective chez les assurés sociaux. Entre la communication de la MGEN pour les résidents de l’étranger jugée lacunaire par certains, et l’impact négatif lié au compte AMELI, nous avons pu interroger Mme Alexandrine de Vallois, directrice du développement, marketing, digital et prévention à la MGEN. Les réponses de la directrice attestent à la fois d’une volonté de préserver des mécanismes de solidarité, rappellent les contraintes du cadre réglementaire de la PSC.

    Les hospitalisations hors de peuvent représenter un cout important
    Les hospitalisations hors de peuvent représenter un coût important @adobestok

    Il est admis aussi que cette transformation de la protection à l’étranger a généré des délais et des erreurs que les collaborateurs de la MGEN visent à résorber. Une analyse au long cours nous montrera si, au-delà de l’effet d’annonce, la qualité des prestations fournie par les deux mutuelles est au rendez-vous. Le sujet des 90 pour-cent en revanche pour l’hospitalisation et d’un reste à charge important reste sans solution pour l’heure.

    « Tous les besoins qui s’expriment et qui ne seraient pas couverts, ou pas à la hauteur des attentes, vont forcément nourrir les réflexions des acteurs du dialogue social »

    Alexandrine de Vallois, directrice du développement, marketing, digital et prévention MGEN

    Lesfrancais.press : « Les adhérents que nous avons interrogés font part d’un réel mécontentement pour la PSC appliquée à l’étranger. Une couverture moindre (pour l’hospitalisation), l’absence de prévoyance et des tarifs en hausse (en particulier pour les ayants droit) alors que l’Etat prend en charge une partie de la cotisation. Entendez-vous ces critiques et comment y répondez-vous ? »

    Alexandrine de Vallois : « La MGEN est une mutuelle de proximité avec une gouvernance démocratique ; ce qui implique une très grande écoute du terrain et de nos bénéficiaires. Pour nous chaque remontée est constructive parce qu’elle est singulière et nous permet d’appréhender des particularités qui peuvent nous aider à améliorer nos contrats. Il faut toutefois distinguer les couvertures individuelles des couvertures collectives, qui sont négociées lors d’un dialogue social et qui font l’objet d’un appel d’offres de la part de l’employeur.

    Alexandrine De Vallois, directrice du développement, marketing, digital et prévention MGEN
    Alexandrine De Vallois, directrice du développement, marketing, digital et prévention MGEN

    La PSC c’est le principe d’une participation de l’employeur à hauteur de 50% de la cotisation dite « d’équilibre ». Autrement dit, c’est un partage agent/ministère, sur la base d’une prestation de complémentaire santé travaillée entre le ministère et les organisations syndicales. Notre rôle, en tant que mutuelle qui candidate à l’appel d’offres (avec notre partenaire MAEE), est de proposer une couverture qui obéit au cahier des charges imposé, la mieux disante possible. Le fait que nous soyons une mutuelle de l’économie sociale et solidaire, non-lucrative, favorise un prix au plus juste car nous ne rémunérons pas d’actionnariat.

    « En l’espace de très peu de temps cela fait beaucoup de changements et nous savons à quel point chaque période de transition (d’un système à un autre) peut générer de l’inconfort »

    Alexandrine De Vallois, directrice du développement, marketing, digital et prévention MGEN.

    Tous les besoins qui s’expriment et qui ne seraient pas couverts, ou pas à la hauteur des attentes, vont forcément nourrir les réflexions des acteurs du dialogue social qui ont en charge l’élaboration de cette complémentaire santé inédite par sa couverture et sa prise en charge employeur. Il est à souligner également que la mise en place de la PSC à l’étranger s’inscrit dans un cadre réglementaire strict, défini par le cahier des charges de l’appel d’offres. Dans ce contexte, l’intégration des mécanismes de solidarité essentiels ont été effectués. Par exemple, un fonds d’aide spécifique a été créé pour prendre en charge une partie de la cotisation de certains retraités. Cette mesure vise à atténuer l’impact financier pour une catégorie d’adhérents particulièrement vulnérable. »

    La communication de la MGEN remise en cause

    Lesfrancais.press : « La communication de la MGEN semble avoir été particulièrement lacunaire pour les personnes résidant à l’étranger : En effet la SEM s’est contentée d’adresser à ses adhérents le courrier type pour les adhérents hexagonaux dans le courant du mois de septembre. Ce courrier évoquait le passage à la PSC sans préciser les contours du nouveau « paquet » étranger. Il introduisait également le compte Ameli sans adapter la procédure d’ouverture à l’étranger : la mise à jour dans une pharmacie française de la carte vitale pour des personnes résidents à l’étranger étant en soi une contrainte. Comment expliquez-vous cette communication déficiente ? »

    Alexandrine de Vallois : « Concernant le déploiement du contrat collectif, la communication a fait l’objet d’un travail approfondi avec les Ministères, afin de correspondre au mieux aux demandes des agents et d’apporter le plus de transparence possible. Le groupement MAEE / MGEN, conformément à son engagement dans l’appel d’offres, a animé des webinaires, en collaboration avec l’employeur permettant ainsi de répondre directement aux interrogations. Des webinaires spécifiques se sont également tenus pour les agents à l’étranger.

    Soins de santé
    Photo d’illustration

    Concernant le régime obligatoire, une évolution majeure a eu lieu en novembre 2025, donnant lieu à des communications écrites et mails spécifiques pour les assurés à l’étranger. Des ajustements, au fil de l’eau, ont été apportés à cette communication ainsi qu’à la FAQ mise en ligne par MGEN : https://www.mgen.fr/aide-et-contact.

    Aux premiers retours nous avons engagé des corrections dans notre communication. Notre premier devoir c’est de rendre l’information la plus disponible et lisible possible.

    « Délais et difficultés de remboursement « nous avons conscience de cela ! »

    Alexandrine De Vallois, directrice du développement, marketing, digital et prévention MGEN.

    En l’espace de très peu de temps cela fait beaucoup de changements et nous savons à quel point chaque période de transition (d’un système à un autre) peut générer de l’inconfort. Vous avez très certainement raison de dire que nous aurions pu nous rendre meilleurs sur notre communication à l’écrit. Nous avons dû trouver le point d’équilibre entre le trop et le trop peu, tout en renforçant nos équipes, extrêmement mobilisées, pour répondre au téléphone. »

    Lesfrancais.press : « Les adhérents de l’étranger font remonter à l’heure actuelle des vraies difficultés sur les délais de remboursements et des erreurs de remboursement inhabituelles. Alors que la MGEN vient avec la Mutuelle des affaires étrangères de remporter un contrat PSC qui lui garantit un nombre d’adhérents conséquent comment expliquer ces difficultés ? »

    Alexandrine de Vallois : « Oui nous avons conscience de cela, et nous tenons à vous rassurer : ce fut un état temporaire pour la bonne cause. La migration de notre système d’information vers un outil de la CNAM, a provoqué un délai d’attente supérieur à la normale, de quelques jours sur certains remboursements. Ce projet complexe, qui a nous a pris 3 ans de préparation, va permettre à terme de gagner du temps sur le traitement d’actes du quotidien ! Plus de 400 collaborateurs et collaboratrices se sont mobilisés pour résorber l’écart avec notre qualité de service habituelle et les délais devraient même s’améliorer à l’avenir. »

    Lesfrancais.press : « L‘utilisation du compte Ameli semble avoir été repoussée de 6 mois. C’est une information reçue par certains adhérents qui ont écrit à la SEM mais qui n’a pas été diffusée très largement. Concrètement, quelle est la conséquence pour la procédure de remboursements ? »

    Alexandrine de Vallois : « L’évolution des outils de gestion n’a eu aucun impact sur les remboursements au titre du régime obligatoire. Pour les assurés qui n’auraient pas la possibilité de créer leur compte Ameli, la MGEN, à titre exceptionnel, a laissé ouvert les espaces personnels actuels afin de permettre aux assurés de continuer à déposer de façon digitalisée l’ensemble de leur demande. »

    La MGEN et Ameli

    Lesfrancais.press : « Les adhérents saisiront-ils, comme avant, leurs demandes via le site de la MGEN sans passer par Ameli ? »

    Alexandrine de Vallois : « Oui, dans l’attente de la création du compte Améli. »

    Lesfrancais.press : « La part sécurité sociale et la part mutuelle feront – elles l’objet d’un seul versement ou de versements fractionnés ? »

    Alexandrine de Vallois : « Les remboursements sont différenciés, un remboursement au titre du RO et un remboursement au titre du RC, comme actuellement. »

    Lesfrancais.press : « Quelle est la répartition des rôles entre les deux mutuelles qui ont remporté le marché ? » 

    Alexandrine de Vallois : « La Mutuelle des Affaires Étrangères et Européennes (MAEE) a remporté l’appel d’offres pour la couverture santé des agents du ministère de lEurope et des Affaires étrangères, et de ceux de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE). MAEE est l’apériteur sur le volet santé et MGEN est co assureur et gestionnaire du dispositif. »

    Lesfrancais.press : « À ce stade le passage à la PSC pour l’étranger suscite des critiques, y compris, en interne, parmi les syndicats signataires de l’accord de fin août. Allez-vous revoir la gestion du paquet étranger ou les adhérents sont-ils condamnés à subir la situation pour les années à venir ? »

    Alexandrine de Vallois : « Cela ne relève pas de notre niveau, nous avons répondu à un appel d’offres public dont le cahier des charges des prestations a donné lieu à un accord majoritaire* après une phase de négociations entre l’employeur et les organisations syndicales de la fonction publique d’État. » (*Accord collectif qui a été signé par les organisations syndicales représentatives au comité social d’administration ministérielle).

  • L’Iran en ébullition, les Français sur place en alerte

    L’Iran en ébullition, les Français sur place en alerte

    En ce début d’année 2026, l’Iran traverse une crise politique, sociale et économique sans précédent depuis des décennies. Depuis fin décembre 2025, le pays est secoué par une vague de manifestations massives, parties du bazar de Téhéran avant de s’étendre à une cinquantaine de villes et 25 des 31 provinces du pays. Ces mobilisations, initialement déclenchées par l’effondrement du rial, une inflation galopante (plus de 40 % selon le FMI) et la crise des services essentiels, se sont rapidement transformées en un rejet global du régime islamique, avec des appels explicites à un changement politique.

    Selon les estimations, entre 500 et 1 000 Français résideraient actuellement en Iran, principalement des binationaux ou des expatriés discrets. Leur sécurité est une préoccupation majeure pour les autorités françaises, d’autant que la répression des manifestations a déjà fait plus de 190 morts en deux semaines, selon les ONG.

    Crise économique, répression et risque d’effondrement

    L’Iran subit une crise économique majeure : le rial a atteint un niveau historiquement bas (1,5 million pour un dollar), l’inflation dépasse 40 %, et le PIB devrait se contracter de 2,8 % en 2026. Les sanctions internationales, réactivées en 2025, asphyxient l’économie, tandis que la corruption et la mauvaise gestion des ressources (eau, énergie) aggravent le quotidien des Iraniens.

    Depuis le début du mois, les Iraniens manifestent sans relâche exprimant une détermination peu commune. Mais les forces de sécurité iraniennes ont réagi avec une extrême violence : usage de balles réelles, gaz lacrymogènes, canons à eau, et coupures massives d’Internet pour étouffer la contestation. Au moins 192 manifestants ont été tués en deux semaines, et des centaines de blessés. Les grèves générales, notamment dans les bazars, paralysent l’économie et fragilisent un peu plus le régime.

    Cependant, le Guide suprême Ali Khamenei et le président Massoud Pezeshkian tentent de sauver les apparences, reconnaissant la légitimité des revendications économiques tout en qualifiant les manifestants de « mercenaires » et d’« émeutiers ». Mais, des rumeurs persistent sur un possible plan d’évasion de Khamenei vers la Russie en cas de basculement du pouvoir.

    Selon les analystes 3 scénarios se dégagent pour ces prochains jours :

    • Un effondrement du régime depuis l’intérieur, si les forces de sécurité font défection.
    • Une intervention étrangère, notamment américaine, en cas de répression massive.
    • Un statu quo répressif, avec un régime qui se maintient par la force, mais affaibli et isolé.
    Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, le 20 octobre 2025 à Téhéran
    Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, le 20 octobre 2025 à Téhéran © KHAMENEI.IR

    USA, Russie et Chine en première ligne

    Côté international, si les puissances de ce monde ont fait la sourde oreille aux cris des manifestants pendant les premiers jours de cette année 2026, il n’est désormais plus possible de les ignorer.

    Ainsi, Donald Trump a multiplié les mises en garde, menaçant de « frapper très fort » l’Iran en cas de répression sanglante. Les États-Unis soutiennent ouvertement les manifestants, saluant leur « courage » et leur « détermination à mettre fin à l’oppression ». Cette posture s’inscrit dans une stratégie plus large de pression sur Téhéran, après le retrait de l’accord nucléaire en 2018 et les frappes américaines de 2025.

    Du côté de Moscou, les autorités réaffirment leur soutien à Téhéran, et maintiennent des relations économiques et militaires étroites (livraisons de drones, contournement des sanctions). Cependant, certains analystes estiment que la Russie pourrait abandonner l’Iran si un cessez-le-feu était conclu en Ukraine, ou si le régime iranien s’effondrait.

    Enfin à Pékin, premier acheteur de pétrole iranien, le PX appelle à une « approche mesurée et diplomatique », craignant une escalade au Moyen-Orient. La Chine minimise ses liens avec l’Iran pour éviter les sanctions secondaires, mais reste un partenaire clé pour Téhéran, notamment via des mécanismes de contournement des sanctions.

    Réaction française et consignes de l’ambassade

    La France a exprimé sa « préoccupation » face à la répression des manifestations et appelé au respect des droits humains. Paris déplore la reprise des affrontements et soutient les efforts diplomatiques pour éviter une escalade régionale.

    Sur place, alors que les élus consulaires, pour des raisons évidentes, sont contraints au silence, l’ambassade de France en Iran a publié des consignes strictes pour nos compatriotes sur place :

    En effet, en cas d’arrestation, l’ambassade signale que les visites consulaires sont rares et aléatoires, et que les contacts avec les détenus ou leurs familles sont très limités.
    Les Français sont donc invités à la plus grande prudence, voire à quitter le pays si possible.

    Un pays au bord du gouffre

    L’Iran de janvier 2026 est à un tournant historique. La crise économique, la répression sanglante et la mobilisation sans précédent de la population pourraient précipiter la chute du régime islamique. Les Français sur place, bien que peu nombreux, doivent redoubler de vigilance et suivre scrupuleusement les consignes de l’ambassade.

    La communauté internationale, divisée entre soutien aux manifestants (USA) et prudence diplomatique (Chine, Russie), observe avec attention l’évolution de la situation. Pour la France, l’enjeu est double : protéger ses ressortissants et peser dans la recherche d’une issue pacifique à la crise.

  • 31ème Conférence des Ambassadeurs : l’essentiel à retenir

    31ème Conférence des Ambassadeurs : l’essentiel à retenir

    Depuis 1993, la Conférence des ambassadrices et des ambassadeurs réunit chaque année à Paris l’ensemble des représentants officiels de la France à l’extérieur de nos frontières. Cette rencontre a notamment pour objectif de fixer les axes stratégiques de notre pays en matière de diplomatie. La 31eme session s’est tenue les 8 et 9 janvier derniers avec, entre autres, une rencontre avec le président de la République et les ministres concernées. Parmi les thèmes abordés, ceux de la souveraineté européenne, de la future Présidence française du G7 ainsi que la préparation du sommet Afrique – France. Lesfrancais.press vous propose un résumé de ces deux journées : voici donc l’essentiel à retenir.

    Emmanuel Macron fixe les priorités diplomatiques de la France

    Garant de l’indépendance nationale de la France, conformément à l’article 5 de la Constitution, le président de la République est également chargé de conduire la politique étrangère et d’assurer la défense nationale (articles 15 et 52). C’est dans ce cadre qu’Emmanuel Macron a réuni, le 8 janvier 2026, les ambassadeurs et ambassadrices afin de dévoiler les grandes orientations de l’agenda diplomatique français pour l’année à venir. Mais pour cette 31ème conférence, pas de longues tirades, des réunions ont été à la place programmée. « Cette année » a dit le chef de l’Etat, il a « décidé de ne pas faire un discours », mais d’organiser « trois tables rondes pour donner des instructions et échanger avec les ambassadrices et ambassadeurs concernés par trois thématiques clés pour l’année qui s’ouvre » (lire le discours d’Emmanuel Macron ici)

    « Nous ne sommes pas là pour nous lamenter sur l’état du monde ou pour le commenter. Nous sommes là pour agir. »

    Emmanuel Macron, président de la République

    Cette rencontre a donc été rythmée par trois réunions de travail thématiques. Dans un contexte marqué par des attaques répétées contre l’Europe, la question de la souveraineté européenne, tant sur le plan économique que sécuritaire, a occupé une place importante. Une seconde conférence a ensuite porté sur la présidence française du G7, avec pour priorités la réduction des déséquilibres macroéconomiques mondiaux et l’accélération de la transition climatique. Enfin, le continent africain a figuré parmi les axes stratégiques de cette journée, avec en ligne de mire la préparation du sommet Afrique‑France prévu à Nairobi, appelé à redéfinir les partenariats entre la France et ses partenaires africains.

    Conférence des ambassadrices et ambassadeurs
    Conférence des ambassadrices et ambassadeurs © Pascal Confavreux linkedln

    Pour autant, à l’issue de ces réunions, le Président de la République est tout de même intervenu devant l’ensemble des ambassadrices et ambassadeurs, au nombre de 178. Emmanuel Macron a notamment fixé un cap : « nous ne sommes pas là pour nous lamenter sur l’état du monde ou pour le commenter. Nous sommes là pour agir. » Et, a-t-il ajouté, « il faut assumer pleinement notre ambition diplomatique dans la partie qui se joue aujourd’hui, qui doit être de défendre nos intérêts, notre influence, et de ne rien céder » Concluant ses propos ainsi « Nous, nous refusons le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme, mais nous, nous refusons aussi la vassalisation et le défaitisme. Nous voulons être des partenaires forts, faire le maximum de ce qu’on peut, mais quand on s’engage, on est là. »

    Jean-Noël Barrot : la souveraineté économique, un enjeu majeur

    Autre moment au programme de cette 31ème conférence, la rencontre avec le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. S’exprimant devant les ambassadrices et ambassadeurs de France, Jean-Noël Barrot les a invités à être des « éclaireurs et des sentinelles dans ce monde nouveau ». Reprenant la thématique de mouvement du président de la République, le membre du gouvernement Lecornu a ainsi déclaré : « le monde est entré dans une phase de brutalisation », dans lequel l’inaction n’est pas une option. C’est ainsi que prenant l’exemple de la souveraineté et de la sécurité économique, le locataire du Quai d’Orsay a annoncé la création d’une direction dédiée à ce sujet, remplaçant celle dite de « la diplomatie économique ».

    « Le Quai d’Orsay est la première mairie de France »

    Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères

    Devant l’ensemble des ambassadrices et ambassadeurs français, Jean‑Noël Barrot a plaidé pour une diplomatie plus offensive. Le ministre a réaffirmé la détermination de la France à poursuivre son action contre le terrorisme, « du Sahel au Khorassan». Autre priorité mise en avant, celle de la lutte contre le narcotrafic, érigée au rang d’enjeu diplomatique international majeur. À ce titre, il a annoncé le déploiement d’un plan d’action international, fondé sur le renforcement des accords de coopération en matière de sécurité.

    Conférence des ambassadrices et ambassadeurs source Julien Steimer linkedln
    Conférence des ambassadrices et ambassadeurs © Julien Steimer linkedln

    Au-delà des orientations diplomatiques, le ministre est également revenu sur les priorités de modernisation des ambassades et du réseau consulaire, avec un objectif affiché qui est celle de simplifier les démarches pour les Français établis à l’étranger. En 2025, plus de 505 000 titres d’identité et 15 000 documents d’urgence ont été délivrés, faisant du Quai d’Orsay, « la première mairie de France». Jean‑Noël Barrot a aussi annoncé l’amélioration du vote en ligne pour les élections consulaires de 2026, même si le dernier test grandeur nature n’a pas eu les conclusions attendues. D’ailleurs, un nouvel essai grandeur nature devrait être organisé fin février. (Le discours de Jean-Noël Barrot, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, à retrouver ici)

    Faire vivre le réseau diplomatique

    Présente également au cours de ces journées avec les ambassadrices et ambassadeurs, Éléonore Caroit, Ministre déléguée chargée de la Francophonie et des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger a pu échanger avec les diplomates. Pour la représentante des expatriés au sein du gouvernement « l’année 2026 s’ouvre sur de profonds bouleversements et nous sommes tous mobilisés pour accélérer l’impact de notre action ».

    « Je salue le travail des femmes et des hommes qui défendent chaque jour nos compatriotes partout dans le monde et font vivre notre réseau diplomatique »

    Éléonore Caroit, Ministre déléguée chargée de la Francophonie et des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger

    Elle a par ailleurs tenu à saluer « le travail des femmes et des hommes qui défendent chaque jour nos compatriotes partout dans le monde et font vivre notre réseau diplomatique. » Les missions conduites à l’étranger devraient prochainement bénéficier d’un nouvel outil de performance, avec la généralisation d’indicateurs d’activité destinés à mieux mesurer l’impact de l’action diplomatique française. Confiant dans la solidité de ce réseau, le mot de la fin revient à Jean‑Noël Barrot qui a déclaré : «à ceux qui croient savoir mieux que nous comment s’y prendre, à ceux qui parfois nous font la leçon : laissez les diplomates faire leur travail. Vous verrez, ça fonctionne. » Espérons que cette promesse soit bien réelle dans les mois à venir. 

  • Un début en fanfare sur les marchés boursiers

    Un début en fanfare sur les marchés boursiers

    L’année 2026 a eu un début en fanfare sur les marchés boursiers comme ceux des valeurs. On fait le point pour les investisseurs expatriés ou non pour ce premier trimestre 2026 !

    Nouveau record sur la place de Paris

    En 2026, il aura fallu attendre neuf jours pour que le CAC 40 batte un nouveau record. Il a dépassé en clôture 8 362 points, dans le sillage des sommets atteints en ce début d’année par les Bourses mondiales. Le précédent plus haut de l’indice parisien remontait au mois de novembre dernier. Le CAC 40 est soutenu par deux thèmes porteurs de ce début d’année : la défense, dans un contexte d’incertitude géopolitique, et les microprocesseurs. Depuis le début de l’année, Thales a enregistré une hausse de 15 %, tandis que Safran et Airbus ont gagné respectivement 6 % et 8 %. Les valeurs de la défense représentent 14 % de l’indice CAC 40. De son côté, STMicroelectronics a progressé de 10 %. La demande pour les puces mémoires, produites notamment par le groupe français, est en forte augmentation, toujours en lien avec l’intelligence artificielle. Cette progression du CAC 40 pourrait se poursuivre. Les bénéfices des entreprises de la cote parisienne devraient augmenter de 15 % après trois ans de stagnation, selon des données Bloomberg, un chiffre supérieur à la croissance des bénéfices attendue pour le STOXX 600 (+ 10 %). Progressivement, la place de Paris se découple des soubresauts de la vie politique française, avec les questions liées au budget et à l’adhésion au Mercosur.

    La semaine dernière, les autres grands indices européens ont également battu des records, qu’il s’agisse du Dax allemand, du Footsie britannique ou de l’Ibex 35 espagnol. L’Eurostoxx 50 s’est approché en fin de semaine des 6000 points. Les indices américains ont également démarré sur les chapeaux de roue. Le Nasdaq a progressé sur la semaine de plus de 2 %.

    CAC40
    Photo illustration CAC 40

    L’or au plus haut

    L’or devrait baisser, mais il continue de monter, déjouant tous les pronostics ou presque. La destitution du président vénézuélien, Nicolas Maduro, et son extradition forcée aux États-Unis, les déclarations de Donald Trump concernant la Bolivie, Cuba et le Groenland : tous ces évènements ont provoqué une nouvelle hausse du métal jaune. Les investisseurs, à la recherche de stabilité, réduisent leur exposition aux actifs libellés en dollars.

    Petite hausse du pétrole

    L’intervention de Donald Trump au Venezuela, dont la production de pétrole est d’un million de barils par jour, loin de ses sommets des années 1990 (plus de 3 millions), n’a pas eu de réelles incidences sur le cours de l’or noir. La hausse a été, sur la semaine, inférieure à 5 %. La volonté du président américain de faire main basse sur le pétrole de ce pays pourrait, à terme, se traduire par une augmentation de l’offre. Les États-Unis pourraient ainsi contrôler l’une des principales réserves supposées de pétrole.

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