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  • 2026 : Modification de l’Affordable Care Act aux USA ?

    2026 : Modification de l’Affordable Care Act aux USA ?

    Le 13 novembre, le Sénat américain est parvenu à un accord bipartisan pour financer le gouvernement jusqu’au 30 janvier. Au cœur du conflit opposant la Maison Blanche et les démocrates, le projet de loi relatif à la loi sur la protection des patients et les soins abordables (Affordable Care Act), celui-ci aura un impact important pour les Américains moyens et les expatriés.  Pour sortir du « shutdown », il a été décidé de programmer un vote en décembre. On fait le point pour les Français installés aux États-Unis d’Amérique. 

    Qu’est-ce que l’affordable care act ?

    L’Affordable Care Act fut promulgué le 30 mars 2010 par Barack Obama. L’ambition de cette loi est de permettre au plus grand nombre d’américains de bénéficier d’une couverture santé. Ainsi depuis le 1er janvier 2014, chaque résident ou citoyen américain doit disposer d’une assurance santé répondant à des critères fixés par la loi. Ces assurances d’organismes privés doivent en effet être « ACA compliant », ou « conformes » aux exigences de la loi Obamacare. Selon leurs revenus, les Américains reçoivent des aides fiscales de l’état fédéral pour régler les primes d’assurance.

    Mais attention, la loi « Obamacare » n’a pas créé un service public comme en France. Les assurances privées détiennent le marché de la santé US, l’État fédéral a, simplement, voulu le réguler. Surtout que les frais de santé aux États-Unis sont très élevés, et cela n’est pas un mythe. Une consultation chez un généraliste atteint 80 à 100 USD. Pour un spécialiste, vous devrez débourser entre 150 et 200 USD. Enfin une simple journée en hôpital atteint plusieurs milliers de USD.

    Cependant déjà lors de son premier mandat, Donald Trump démonte petit à petit le dispositif. Comme la loi Tax Cuts and Jobs Act adoptée par le congrès en décembre 2017 qui a modifié la loi santé Obamacare. L’administration de Donald Trump l’a appliquée depuis le 1er janvier 2019. Depuis, les citoyens ou résidents américains ne sont plus sanctionnés financièrement s’ils ne souscrivent pas à une assurance santé. Seules les entreprises de plus de 50 salariés (effectuant plus de 30 heures par semaine) y sont soumises. Mais, 4 états américains ont décidé de passer outre la loi Tax Cuts and Jobs Act. Ainsi, le Massachusetts, Washington D.C., le New Jersey et le Vermont continuent d’appliquer des sanctions financières pour les citoyens non assurés.

    L’Affordable Care Act fut promulgué le 30 mars 2010 par Barack Obama
    L’Affordable Care Act fut promulgué le 30 mars 2010 par Barack Obama ©AFP

    Les subventions liées à la COVID

    Huit ans plus tard, Donald Trump revient à la charge, estimant que la réforme démocrate n’a pas atteint ses objectifs initiaux. Le débat s’intensifie à l’approche de la fin des subventions temporaires accordées pendant la pandémie, dont l’expiration pourrait provoquer une hausse de plus de 100 % des primes dès 2026, selon plusieurs projections.

    Face à ces critiques, des anciens responsables de l’administration Obama rappellent que la réforme de 2010 a permis d’assurer plus de 20 millions d’Américains supplémentaires, réduisant sensiblement le nombre de personnes non couvertes. Jesse Moore, ex-conseiller à la Maison-Blanche, a estimé que Donald Trump cherche avant tout à « effacer le nom d’un autre homme de la loi » plutôt qu’à améliorer la couverture santé.

    Alors que Donald Trump cherche à imposer sa propre vision d’une couverture santé centrée sur la concurrence et la flexibilité, le Congrès devra prochainement se prononcer sur la prolongation des crédits d’impôt qui maintiennent les tarifs actuels. L’enjeu dépasse la rivalité politique : il concerne la stabilité du système d’assurance et la sécurité sanitaire de millions de foyers dont de nombreux expatriés. Entre continuité et rupture, le débat sur l’avenir de la santé aux États-Unis s’annonce comme l’un des dossiers majeurs de la présidence Trump.

    Quelles conséquences en cas de fin des subventions temporaires ?

    Sans renouvellement par le Congrès des subventions temporaires, les primes d’assurance sur le marché individuel pourraient exploser. Selon la Congressional Budget Office, environ 4 millions de personnes pourraient perdre leur couverture santé. Pour ceux qui resteraient assurés, les hausses de primes pourraient atteindre plusieurs centaines de dollars par mois.

    Des manifestants protestent devant le Capitole à Washington (États-Unis) contre les coupes budgétaires de l’administration Trump dans la loi santé de 2010, l’« Obamacare », le 12 mars 2025
    Des manifestants protestent devant le Capitole à Washington (États-Unis) contre les coupes budgétaires de l’administration Trump dans la loi santé de 2010, l’« Obamacare », le 12 mars 2025. © ALLISON BAILEY / NURPHOTO VIA ARCHIVES AFP

    Mais les résidents aux USA doivent choisir leur assurance avant le 15 décembre pour une couverture au 1er janvier. Cependant, le montant des primes affichées sur HealthCare.gov intègre déjà l’hypothèse d’une disparition des subventions. Ainsi, même si le Congrès vote une extension fin décembre, le mal sera fait : beaucoup d’expatriés verront des primes astronomiques en novembre-décembre et renonceront à s’assurer, sans savoir que les prix pourraient baisser rétroactivement.

    Alors que faire pour sa couverture maladie ?

    Plusieurs scénarios sont possibles. Il va falloir être attentif et agile.

    Si le Congrès vote en décembre une extension complète des subventions renforcées, au moins pour 1-2 ans. Les primes restent stables ou n’augmentent que modérément (10-15% pour suivre l’inflation médicale normale).

    Autre option, le Congrès vote, uniquement, une extension de 6 mois ou réduit les subventions sans les supprimer totalement. Les primes, dans ce cas, augmenteraient de 30-50%. Beaucoup d’expatriés à revenus moyens (50 000-80 000 $) perdront, donc, une partie significative de leurs aides. Il faudra donc négocier avec son assureur pour lisser l’augmentation.

    Enfin, si aucun vote est possible ou si les subventions renforcées sont tout simplement annulées pour 2026. Alors celles-ci expireront le 31 décembre 2025. Dans ce cas, c’est le retour à l’ancien système ACA (subventions limitées aux revenus sous 400% du seuil de pauvreté). La conséquence immédiate sera une explosion des primes de 70 à 120% pour ceux qui n’auront plus d’aides.

    Des millions de personnes dont de nombreux Français perdraient donc leur couverture.

  • Armand Meimand : « Les Français d’origine iranienne considérés comme des Français de seconde zone »

    Armand Meimand : « Les Français d’origine iranienne considérés comme des Français de seconde zone »

    Depuis Téhéran, Armand Meimand, président du conseil consulaire d’Asie centrale, dresse un bilan sévère du traitement réservé aux Français de l’étranger lors de la crise ayant opposé Israël et l’Iran. Trois mois après notre dernière interview, il revient sur les dysfonctionnements persistants et appelle à une prise de conscience urgente des autorités françaises. Pour lui, « les Français d’origine iranienne se sentent considérés comme des Français de seconde zone ».

    Écouter le podcast avec Armand Meimand

    Au service des Français de l’étranger

    À la tête d’une zone qui couvre neuf pays, d’Iran à l’Afghanistan en passant par l’Azerbaïdjan, Armand Meimand revendique une longue expérience : « ça fait quand même 15 ans que je suis dans le domaine des Français de l’étranger ». Une légitimité qui, selon lui, lui permet aujourd’hui de pointer clairement les failles du dispositif français d’assistance consulaire.

    Français d’origine iranienne : une scolarisation bloquée, un sentiment d’abandon

    L’un des points les plus sensibles reste la situation des familles franco-iraniennes. Armand Meimand dénonce sans détour : « les enfants français qui sont restés en Iran ne sont pas autorisés à être scolarisés à l’école française de Téhéran ». Une situation qui dure depuis trois ans, sans réelle avancée diplomatique.

    « Rien n’a été fait, tout cela n’était que des promesses »

    Armand Meimand, président du Conseil consulaire, Français d’Iran

    Selon lui, ce laisser-faire alimente un profond malaise : « ils estiment qu’ils sont un peu considérés comme secondaires, un peu, comme dirait M. Retailleau, français de papier ». Une accusation grave, symptomatique d’un manque de soutien institutionnel durable.

    Guerre Israël-Iran : un dispositif consulaire absent

    Armand Meymand, président du conseil consulaire pour les Français d'Asie Centrale, y compris l'Iran
    Armand Meimand, président du conseil consulaire pour les Français d’Asie Centrale, y compris l’Iran

    Lors des douze jours de tensions militaires, aucune directive n’a été transmise aux chefs d’îlots, pourtant pivots du réseau de sécurité. « Pendant les 12 jours, on n’a pas eu la moindre instruction », affirme l’élu.

    Au cours de ce podcast, notre invité déplore également les promesses non tenues d’évacuation faites par le ministre : « rien n’a été fait, tout cela n’était que des promesses ». Pire encore, il relate des difficultés de communication interne : « il a refusé simplement mes appels », dit-il au sujet du premier conseiller de l’ambassade alors dépourvue d’ambassadeur.

    Prisonniers français : des libérations trop lentes

    La récente libération conditionnelle de Cécile Kohler et Jacques Paris ne l’a pas convaincu :
    « obtenir leur libération conditionnelle au bout de trois ans, ça ne me semble pas particulièrement satisfaisant ».

    « Pour Martin Ryan, détenu en Azerbaïdjan,
    j’ai l’impression que les choses ne bougent pas ».

    Armand Meimand, président du Conseil consulaire, Asie Centrale

    Il évoque également Martin Ryan, détenu en Azerbaïdjan depuis deux ans : « j’ai l’impression que les choses ne bougent pas avec suffisamment de vitesse ». Pour lui, ces situations témoignent d’un problème structurel : « ce n’est pas vraiment une prouesse diplomatique ».

    Français de passage : les plus exposés

    S’il assure que les Français résidents permanents en Iran ou en Asie centrale ne rencontrent pas de difficultés majeures, il alerte sur un autre public : « l’avertissement éventuel du ministère, ça devrait concerner plus directement les Français de passage ».

    Téhéran capitale de l'Iran
    Téhéran capitale de l’Iran

    Pour lui, les interpellations récentes touchent surtout les visiteurs temporaires, plus vulnérables face aux contextes géopolitiques.

    Engagement personnel et solitude des élus locaux

    Dans un contexte parfois dangereux, Armand Meimand rappelle ce qui motive son action : « ce qui me motive le plus, c’est vraiment l’amour de mes compatriotes ». Lors de la guerre Israël–Iran, il a tenté de pallier l’absence de l’ambassade : groupes WhatsApp, contacts directs, interpellations des parlementaires… Une implication qui ne lui a pas toujours valu un soutien unanime. « On nous accusait parfois même d’en faire trop alors que nous recevions des bombes sur la tête », confie-t-il. Conscient de l’absence de moyens institutionnels, il décrit l’action des élus consulaires comme un « militantisme » quotidien.

  • Thanksgiving, une fête pas si éloignée de notre culture

    Thanksgiving, une fête pas si éloignée de notre culture

    Thanksgiving est composé de 2 mots, thanks, thank you, qui signifie merci et giving, du verbe “to give” donner. Donc thanksgiving signifie littéralement « merci de donner / merci pour le don », ou plus généralement traduit en français par « action de grâce ». Et oui ! Une célébration qui existe dans la culture latine-catholique et dont la date est au troisième lundi du mois d’octobre. Pour les Français de l’étranger, on fait le point sur cette fête si fondamental aux États-Unis.

    Une origine coloniale

    Thanksgiving remonte à 1620, lorsque des colons britanniques sont arrivés dans le Massachusetts à bord du navire Mayflower. Ces pionniers fondent la ville de Plymouth mais les conditions de vie sont déplorables. La nourriture manque, les maladies se développent et les familles sont décimées. C’est alors qu’une tribu indienne voisine, les Wampanoags, vient au secours des colons en leur apportant de quoi manger et, surtout, en leur apprenant les rudiments de la culture, de la pêche et de la chasse.

    L’année suivante, à l’automne, les colons engrangent leur première récolte et la petite colonie de Plymouth est sauvée. Le gouverneur décide alors de remercier Dieu en imposant 3 jours d’action de grâce. Les Wampanoags sont également conviés à un repas, avec des dindes en plat principal. Un animal jusqu’alors inconnu des colons !

    Cette première fête a été reconduite les années suivantes et, finalement, elle s’est imposée dans la tradition américaine. Thanksgiving a officiellement été établie en tant que fête nationale le 3 octobre 1789 par le premier Président des États-Unis, George Washington.

    Ce tableau de Jean Leon Gerome Ferris est une représentation du repas partagé entre des colons anglais et des Wampanoags
    Ce tableau de Jean Leon Gerome Ferris est une représentation du repas partagé entre des colons anglais et des Wampanoags, considéré comme étant le premier Thanksgiving, en 1621. © Getty – Universal History Archive

    Incontournable aux USA

    Le Thanksgiving américain est célébré le 4ème jeudi du mois de novembre. Et cette fête est vraiment tournée vers la nourriture, puisqu’à l’origine on célébrait les récoltes de l’été ! Le dîner est vraiment central, pas de Thanksgiving sans bon repas, sans décoration, sans famille et amis réunis. Pour le repas, la tradition se tourne évidemment vers les produits de saison automnale : courge ou potiron, maïs, haricots, oignons, pommes de terre, patate douce, et bien sûr les noix. On n’oublie pas surtout pas la dinde, la traditionnelle dinde de Thanksgiving, et tant qu’à faire, on la farcit avec de la viande, des herbes, des marrons… Elle ressemble quand même un peu à la célèbre dinde de noël française ! (mais ne le dites pas à vos amis américains, vous allez les vexer !).

    Pour faire vivre un esprit de fête, les Américains installent guirlandes, banderoles, et autres décorations sur les fenêtres. Le thème ? Les couleurs d’automne : le vert foncé, les différentes teintes d’orange. Une idée simple et tellement belle est de ramasser de belles feuilles mortes, d’en disposer sur les tables pour chaque convive.

    Parade de New York
    Parade de New York ©Macys

    Et pour couronner la fête, les collectivités organisent des parades comme à New York, des matchs de football …. Même le président des États-Unis célèbre ce jour spécial en graciant une dinde des fourneaux de la maison blanche !

    Vous l’avez bien compris, Thanksgiving aux États-Unis est une fête bien plus importante que la fête de Noël !

  • Un monde de célibataires

    Un monde de célibataires

    Pendant des millénaires, l’union conjugale fut à la fois une norme sociale et une nécessité économique. Les célibataires avaient vocation à rejoindre le service de Dieu, faute de quoi elle ou il était considéré(e) comme un marginal. Le mariage apparaissait alors avant tout comme le passage obligé avant la procréation.

    Le rôle pivot des femmes

    Ne pouvant guère accéder à des emplois rémunérateurs et souvent confrontés à un grand nombre d’enfants en raison de l’absence de contraception, les femmes dépendaient des hommes pour leurs revenus et leur sécurité. Elles n’avaient pas les moyens d’élever seules des enfants. En quelques décennies, la norme du mariage, et plus largement celle du couple, a reculé, voire implosé. Il existe désormais une déconnexion entre mariage et procréation.

    En France, plus de la moitié des enfants naissent de parents non mariés. Le nombre de divorces s’est multiplié. Dans tout le monde développé, le célibat s’impose comme le nouvel horizon des modes de vie. En Finlande et en Suède, près d’un tiers des adultes vivent seuls. Depuis 2010, la part des personnes vivant seules a augmenté dans 26 des 30 pays les plus riches. Selon une estimation de The Economist, il y aurait aujourd’hui cent millions de célibataires de plus qu’il n’y en aurait eu si les taux d’union étaient restés au niveau de 2017. En France, près d’un couple sur deux finit par divorcer. Toujours selon l’Insee, la part des ménages composés d’une seule personne est passée de 27 % à 38 % entre 1990 et 2022. Aux États-Unis, la proportion de jeunes adultes âgés de 25 à 34 ans vivant sans conjoint ni partenaire a doublé en un demi-siècle : 50 % des hommes et 41 % des femmes.

    Choix ou contrainte ?

    La montée du célibat est à la fois un choix pour certains et une contrainte pour d’autres. Les femmes peuvent désormais choisir de vivre seules en toute autonomie financière. La stigmatisation sociale du célibat a largement reculé : les termes péjoratifs de « vieille fille » ou de « vieux garçon » sont devenus rares. Certaines femmes refusent de vivre en couple par peur de la violence masculine ou pour privilégier leur carrière. Les hommes, de leur côté, ont perdu en attractivité, étant davantage touchés par les difficultés d’insertion professionnelle et la précarisation des emplois.

    Le célibat peut être une libération mais aussi une source d’amertume. Si de nombreuses célibataires, surtout des femmes, se disent heureuses, les enquêtes révèlent qu’entre 60 % et 73 % des personnes seules préféreraient être en couple. Un sondage américain de 2019 indiquait que la moitié des célibataires ne cherchaient pas activement de partenaire, mais que seuls 27 % invoquaient le plaisir d’être seuls pour l’expliquer. Beaucoup ont renoncé, par découragement ou par absence de partenaires jugés à la hauteur.

    Si tant de gens souhaitent former un couple sans y parvenir, c’est que le “marché relationnel” fonctionne mal. En Chine, le déséquilibre entre hommes et femmes dû aux avortements sélectifs se traduit par un fort taux de célibat masculin. En Occident, la plus grande égalité entre les sexes a remis en cause les repères traditionnels. Les femmes, après des siècles de domination masculine, entendent désormais profiter de leur indépendance.

    L’amour, ce nouvel acteur du mariage

    Jusqu’au milieu du XXᵉ siècle, le mariage d’amour était l’exception ; il est aujourd’hui devenu la norme. Et celle-ci pèse lourdement sur les couples. Trouver « l’âme sœur » relève souvent du combat, peuplé d’illusions et de désillusions. Les réseaux sociaux et les applications de rencontre nourrissent des attentes irréalistes.

    La vie amoureuse des autres paraît toujours plus enviable sur Instagram, et la sélection en ligne accentue les exigences. En moyenne, la majorité des utilisatrices exigeraient qu’un homme mesure au moins 1,83 mètre, écartant d’emblée 85 % des prétendants. À cela s’ajoute une polarisation politique croissante : aux États-Unis, les jeunes femmes se situent majoritairement à gauche, les jeunes hommes plutôt à droite. Beaucoup refusent désormais toute relation avec un partenaire d’opinion contraire, rendant la compatibilité plus rare.

    Cœurs
    Image d’illustration © Adobe Stock

    En France, les exigences sociales demeurent élevées. Plus autonomes, les femmes se montrent plus sélectives : un compagnon médiocre ne leur semble plus préférable à la solitude. Elles souhaitent plus souvent un partenaire instruit, stable financièrement et capable de partager les tâches domestiques. Le recul de la réussite scolaire masculine et les difficultés professionnelles des moins diplômés marginalisent une partie des hommes sur le marché du couple.

    La diminution des interactions sociales réelles contribue également à la progression du célibat. Les jeunes passent de plus en plus de temps en ligne et sortent moins. Les réseaux alimentent des peurs symétriques : chez les femmes, la crainte de l’agression ; chez les hommes, celle d’être publiquement humiliés après un rendez-vous. Le désir sexuel est lui aussi en recul. Selon une étude IFOP publiée en février 2024, les jeunes Français auraient de moins en moins de relations sexuelles, faute de temps, de désir ou de rencontres, malgré la multiplication des applications censées les faciliter. Les nouvelles technologies accentuent par ailleurs une fragilité émotionnelle : les jeunes reçoivent sans filtre une multitude d’informations en mode passif et peinent à hiérarchiser ce flot. L’incapacité à exprimer des émotions autrement que par les écrans devient une source majeure de frustration.

    La solitude, un danger pour la société ?

    Des sociétés de célibataires sont souvent des sociétés plus malheureuses. La solitude constitue un fléau qui est mis en avant en particulier par les jeunes. L’état mental de ces derniers tend à se dégrader. Aux États-Unis, un cinquième des étudiants avaient reçu, en 2019, un diagnostic ou un traitement pour dépression, contre un dixième dix ans plus tôt. Avec la pandémie de Covid, ce taux a encore progressé. En France, un jeune sur cinq serait également confronté à des troubles mentaux. Aux États-Unis, le nombre de suicides de jeunes a fortement augmenté : il aurait doublé de 2010 à 2023 chez les filles de 10 à 14 ans. En France, les pensées suicidaires ont plus que doublé depuis 2014 chez les 18-24 ans (de 3,3 % à 7,2 % en 2021).

    Pour rompre la solitude, de plus en plus de personnes adoptent un animal. Les dépenses consacrées aux animaux de compagnie ont explosé avec la pandémie. Entre 2019 et 2023, elles ont augmenté de 11 % par an aux États-Unis en termes nominaux, contre 6 % pour les dépenses de consommation globale. Entre 2009 et 2018, cette hausse n’était que de 5 %. En France, la progression est similaire : environ 11 % par an. Le nombre d’animaux de compagnie y a fortement augmenté : entre 2013 et 2023, le nombre de chats est passé de 10 à 12 millions, celui des chiens de 7 à 7,5 millions. Les Français posséderaient également près de 30 millions de poissons d’aquarium, 5 millions d’oiseaux et 2,5 millions de rongeurs.

    Chien
    Image d’illustration © Adobe Stock

    À défaut de chien ou de chat, 7 % des jeunes célibataires américains se disent prêts, selon The Economist, à envisager une relation sentimentale avec un compagnon artificiel doté d’intelligence artificielle. Ces « lovebots » apprendront vite à perfectionner leurs attentions : l’IA est patiente, aimable et ne demande ni de ranger la salle de bains, ni de trouver un meilleur emploi.

    Un monde de célibataires se dessine. Il transforme en profondeur la société, du logement au tourisme. Autrefois, le modèle dominant du marketing était celui de la famille avec deux enfants ; demain, ce sera celui d’une femme ou d’un homme seul(e).

  • Parade de Thanksgiving à New York : le fantasme viral du bouledogue français

    Parade de Thanksgiving à New York : le fantasme viral du bouledogue français

    À la veille de la Macys Thanksgiving Day Parade 2025 qui se tiendra à New York le 27 novembre au matin, une rumeur étonnante traverse les réseaux sociaux : selon certains comptes, un ballon à l’effigie d’un bouledogue français, le fameux Frenchie, flotterait au-dessus de Manhattan. Si ces images circulent intensément, elles ne sont soutenues par aucune annonce officielle de Macy’s.

    Une Parade très cadrée, sans trace de Frenchie

    Le communiqué officiel de Macy’s concernant la Parade 2025 ne laisse pas de place au doute. La célèbre enseigne américaine annonce 32 ballons, trois ballonicles et 27 chars, parmi lesquels figurent Buzz Lightyear, Pac‑Man, Mario, et un char inspiré de Shrek, mais aucune trace de bouledogue français.

    Plusieurs médias new-yorkais confirment cette absence. Par exemple, NBC New York détaille le line-up officiel et reproduit uniquement les personnages cités par Macy’s, sans mention d’un bouledogue français. Les observateurs journalistiques notent que la stratégie de Macy’s mise sur des nouvelles têtes très identifiables et des icônes de licences populaires, plutôt qu’une création originale non annoncée.

    En l’absence de mention officielle, y compris sur la page Instagram de Macy’s dans son onglet Parade, la rumeur du Frenchie semble surgir d’un autre espace que celui de la planification institutionnelle : celui des réseaux, de la création d’image et de la viralité.

    Quand Instagram transforme un Frenchie en icône

    Le 5 novembre 2025, le célèbre compte Instagram new-yorkais @newyorkcity.explore, suivi par 2,9 millions de personnes, a publié un visuel saisissant : un bouledogue français survolant Manhattan dans le style d’un ballon de la parade de Thanksgiving à New York, accompagné du texte : « Un char à l’effigie d’un bouledogue français rejoint la parade de Thanksgiving de cette année. Il vient de devenir encore plus adorable, pour la toute première fois, un char sur le thème du bouledogue français fera ses débuts. Dites-nous comment vous nommeriez ce char géant ! »

    Le post a suscité plus de 73 000 likes et quelque 900 commentaires, dont beaucoup proposaient des noms pour le Frenchie. Derrière cette effervescence se profile une mécanique connue des réseaux sociaux : en sollicitant l’interaction, le compte stimule l’engagement et optimise sa visibilité dans le fil d’actualités. Chaque commentaire et like renforce l’algorithme, faisant remonter le post auprès d’un public encore plus large et transformant un fantasme visuel en phénomène viral.

    un bouledogue français survolant Manhattan dans le style d’un ballon de la parade de Thanksgiving
    Post Instagram : Un bouledogue français survolant Manhattan dans le style d’un ballon de la parade de Thanksgiving

    Bien que non confirmé par Macy’s, ce post illustre une tendance majeure de l’écosystème numérique : la frontière entre intelligence artificielle et réalité se brouille. Sur Instagram, l’image d’un Frenchie flottant au‑dessus de Manhattan ne se limite pas à un simple visuel ; elle devient une expérience partagée, où le fantasme collectif prend plus de poids que la programmation officielle. Chaque like, commentaire et partage amplifie cette viralité, transformant l’image en un symbole tangible dans l’imaginaire des internautes.

    Le post agit ainsi comme un catalyseur social : il ne crée pas seulement un ballon fictif, il engendre un espace d’anticipation et de participation, où des milliers de personnes s’investissent dans une projection collective qui précède et parfois influence la réalité.

    La popularité du Frenchie aux États-Unis

    Pour comprendre pourquoi ce fantasme résonne si fortement, il faut analyser la place culturelle du bouledogue français aux États-Unis. Selon l’American Kennel Club (AKC), le bouledogue français est la race la plus populaire aux États-Unis pour la troisième année consécutive. Cette popularité s’explique par sa taille compacte, son tempérament joueur et photogénique, et son adoption massive dans les foyers urbains.

    Le bouledogue français n’est pas seulement un chien populaire : il a conquis le monde des célébrités et des réseaux sociaux américains, devenant un véritable phénomène de mode. À Houston, par exemple, il reste la race la plus inscrite selon l’Américain Kennel Club (AKC), une position qu’il occupe depuis des années.  Cette popularité locale s’entrelace avec sa présence sur la scène médiatique : des stars comme Lady Gaga possèdent plusieurs Frenchies, déjà réputés pour leur caractère instagrammable, ce qui renforce l’image du Frenchie comme animal de compagnie à la fois glamour et accessible

    Mais ce n’est pas tout. Sur les réseaux, certains bouledogues français sont devenus de véritables influenceurs à quatre pattes. Prenons Izzy the Frenchie, une femelle très suivie, avec plus d’un million d’abonnés sur Instagram. Son succès illustre l’impact du Frenchie sur la culture urbaine et les réseaux sociaux : ce chien, de petite taille et facilement reconnaissable, est devenu un phénomène visuel apprécié des citadins, souvent mis en scène dans des contenus lifestyle et numériques qui renforcent son statut de race emblématique et tendance.

    D’autres Frenchies, comme Manny the Frenchie, ont marqué Internet : Manny était l’un des bouledogues français les plus suivis, cumulant des millions de “likes” sur les réseaux avant sa mort en 2023. 

    Et des millions de dollars…

    L’idée d’un ballon Frenchie survolant la parade Macy’s réunit plusieurs dynamiques : un symbole culturel, un objet visuel puissant et une technologie de création. Même si le projet n’existe pas officiellement, le fantasme dit beaucoup de notre époque : il montre comment les icônes contemporaines peuvent naître non seulement de la fabrication matérielle, mais de la projection collective. Le tout, dans un événement à plusieurs millions de dollars…

    La parade Thanksgiving à New York
    La parade Thanksgiving à New York

    La Macys Thanksgiving Day Parade nest pas quun défilé de ballons et de chars : c’est une entreprise monumentale, où chaque détail est planifié avec une précision presque militaire et pour un budget colossal. Pour chaque édition, le simple gonflage des ballons nécessite plus d’un demi-million de dollars en hélium, et les chars eux-mêmes coûtent entre 30 000 et 100 000 dollars chacun. Au-delà de la logistique et de la technique, la parade est un événement médiatique majeur. Diffusée sur NBC, elle touche plus de 44 millions de téléspectateurs chaque année, et les revenus publicitaires peuvent dépasser 50 millions de dollars.

  • Nathalie Coggia : les premiers pas de la nouvelle députée à l’Assemblée nationale

    Nathalie Coggia : les premiers pas de la nouvelle députée à l’Assemblée nationale

    Élue députée des Français de l’étranger le 12 octobre 2024 lors d’une élection législative partielle, Nathalie Coggia nous raconte son arrivée à l’Assemblée nationale. Entre procédures administratives, constitution d’équipe et premiers votes, la députée de la 5e circonscription (Espagne, Portugal, Andorre, Monaco) nous dévoile ses premiers pas au Palais Bourbon entre photo officielle, badge, bureau, recrutement… alors même que la session parlementaire est en cours.

    Écouter le podcast avec Nathalie Coggia

    La gestion du temps à l’Assemblée nationale

    Arrivée en pleine discussion budgétaire, Nathalie Coggia nous partage les premiers jours de sa vie de parlementaire : « Vous avez en permanence deux ou trois choses à faire qui sont prioritaires » nous dit-elle au cours de ce podcast. Elle évoque aussi son installation express : « Être députée, c’est aussi gérer une microentreprise », explique-t-elle, tout rappelant que simultanément il faut siéger, s’informer, se positionner, voter… Entre plénières, commissions, auditions et dossiers de circonscription, la députée admet que « la gestion du temps » est clé.

    « Les sessions plénières en ce moment avec le budget c’est de 9h à minuit »

    Nathalie Coggia, députée des Français de l’étranger – 5ème circonscription 

    Au cours de cet entretien pour Lesfrancais.press, elle souligne aussi l’intensité particulière de l’examen de la loi de finances : « les sessions plénières en ce moment avec le budget c’est de 9h à minuit ». Malgré tout, elle insiste : « Pour rien au monde je regrette d’être ici malgré cette intensité ». Pour son travail, la nouvelle élue s’appuie en partie sur les collaborateurs de son prédécesseur Stéphane Vojetta, qu’elle a aussi intégré à son équipe. En Espagne comme au Portugal, elle a maintenu un maillage territorial. « Pour moi, c’était important d’avoir une personne dans chacune des circonscriptions consulaires », explique-t-elle. Les dossiers sont déjà nombreux. 

    Avenir de l’AEFE et de la Mission Laïque Française

    Sollicitée notamment sur l’avenir de l’AEFE, la députée décortique les raisons des difficultés actuelles du réseau des établissements scolaires français à l’étranger. Entre un déficit structurel lié, entre autres, à un transfert budgétaire des retraites et une baisse de financement conjoncturel lié aux réductions budgétaires récentes, l’équilibre ne peut se faire sur le dos des parents d’élèves, selon notre invitée.

    Nathalie Coggia, députée des Français de l’étranger – 5ème circonscription  
    Nathalie Coggia, députée des Français de l’étranger – 5ème circonscription  

    Acteur associatif historique du réseau AEFE, la Mission laïque française (MLF) traverse aujourd’hui des difficultés majeures. Cette structure souhaite céder son réseau Espagnol tout en le maintenant dans son réseau d’établissements partenaires, une situation qui inquiète fortement la députée : « ma grande préoccupation, c’est que toutes les parties prenantes soient impliquées dans la décision ». Aussi, notre invitée revendique une véritable co‑construction associant parents, personnels, élus locaux et parlementaires, en particulier pour « la décision du repreneur » de la Mission laïque française. En effet, celle-ci déterminera le futur projet pédagogique, la politique tarifaire. La vente pourrait intervenir au deuxième trimestre 2026, avec un changement de gestion à la rentrée septembre 2026.

    Faire le lien entre les travaux de l’Assemblée et les citoyens

    Nathalie Coggia aborde les autres sujets sur lesquels elle souhaite s’impliquer. Outre les chantiers engagés durant sa campagne, notamment la sincérité des comptes publics, la lutte contre les dérives numériques, la reconnaissance de la neurodiversité, elle compte, au sein de la Commission du développement durable porter la thématique « de l’eau ». Elle explique pourquoi au cours du podcast.

    Nathalie Coggia, députée des Français de l’étranger (5ème circonscription) avec Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale lors d'un déplacement au Portugal
    Nathalie Coggia, députée des Français de l’étranger (5ème circonscription) avec Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale lors d’un déplacement au Portugal

    Enfin, pour alimenter sa réflexion, la députée veut également renforcer le lien avec les Français(es) de sa circonscription. Elle va proposer des consultations thématiques. Une ligne WhatsApp sera aussi lancée prochainement. En attendant, nos compatriotes qui souhaitent la contacter peuvent aussi le faire par e-mail : nathalie.coggia@assemblee‑nationale.fr, comme elle l’indique lors de cette interview.

  • Roland Lescure, Choose France et l’avenir des entreprises françaises

    Roland Lescure, Choose France et l’avenir des entreprises françaises

    Lors de l’édition France du sommet Choose France, organisée le 17 novembre 2025 à Paris, Roland Lescure a annoncé 30,4 milliards d’euros d’investissements destinés à consolider la souveraineté économique.

    151 projets pour 30,4 milliards d’euros

    A la Maison de la Chimie, à Paris, et non sous les ors de Versailles, le montant total des investissements recensé s’élève à 30,4 milliards d’euros. 121 projets avaient déjà été annoncés ; 30 projets sont nouveaux et représentent près de 10 milliards d’euros. On y a découvert que 20 projets sur les 151 évoqués concernent le numérique qu’il s’agisse de télécoms, de Data Centers, l’IA, le cyber et le Cloud. Des entreprises clés ont investi en 2025 dans le numérique et ont ciblé surtout les Data Centers. L’ancien député des Français de l’étranger pour l’Amérique du nord, et actuel ministre de l’Économie, Roland Lescure, présent sur place, s’en est félicité.

    « Il faut des cerveaux pour faire de l’IA, il faut aussi des serveurs. On a annoncé aujourd’hui des investissements massifs d’acteurs reconnus, Iliad parmi d’autres en partenariat avec Infravia, qui va développer des centres de data qui vont nous permettre de mettre en place cette colonne vertébrale qui fera que vous tous [NDLR : les entreprises], vous pourrez à l’avenir déployer de l’IA, être plus productifs, plus efficaces grâce à des solutions made in France, made in Europe »

    Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, en ouverture de l’événement.

    Inflation fiscale ?

    Certains jugent qu’il y a urgence à rassurer des patrons choqués, ces dernières semaines, par l’avalanche de taxes sur les entreprises votées par les députés dans le cadre du budget : 53 milliards d’euros, selon les calculs du Medef.

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’y est employé en personne lors d’une table ronde dans l’après-midi, soulignant que certaines de ces taxes « n’auront jamais d’application« . La bataille budgétaire n’est de toute façon pas finie et le Sénat pourrait bien détricoter une grande partie de ces taxes.

    Alexandre Huard, directeur général de Verso Energy (carburants synthétiques) est optimiste : « les taxes ça va ça vient, et cela ne nous dissuadera pas d’investir pour créer les usines et les emplois de demain« , explique-t-il à l’AFP, d’autant que la France « est une terre bénie » pour sa future usine de Rouen, grâce à son électricité bas carbone, qui attire aussi les centres de données.

    L’investissement des entreprises est pourtant au plus bas depuis la crise sanitaire, selon le baromètre Bpifrance Le Lab publié mercredi. Les chefs d’entreprise sont 39% à souhaiter investir cette année, contre 45% en septembre, tandis qu’au premier semestre, selon la Direction générale des Entreprises, le solde entre ouvertures ou extensions d’usines et fermetures est à peine positif (+ 9).

    Regardez le discours de Roland Lescure ce 17 novembre à Choose France

  • Les traditions et cadeaux de Noël pour nos animaux domestiques

    Les traditions et cadeaux de Noël pour nos animaux domestiques

    Décembre arrive, Noël approche… En France, les animaux de compagnie sont de plus en plus associés à cette fête, car ils partagent avec nous ce moment au même titre qu’un membre de la famille. Pour certains, sans doute les plus sages, un paquet à leur nom sera même déposé au pied du sapin ! Et ailleurs dans le monde ? Quelles sont les traditions incluant nos chiens et chats autour de cette fête traditionnelle ? C’est parti pour un petit tour du monde de ce qui se passe durant cette période particulière pour ou avec nos animaux de compagnie ! On fait le point pour les Français de l’étranger.

    Royaume-Uni

    Assez proche de nous, l’Angleterre est un pays dans lequel on compte presque 15 millions de chiens et chats. Les animaux de compagnie sont très chouchoutés et font véritablement partie de la famille !

    En décembre, les Britanniques n’hésitent pas à arborer des « christmas jumpers » les plus kitsch possibles. Ces pulls décalés façon grand-mère, apparus dans les années 1980, sont devenus un véritable phénomène de mode depuis 2010.

    Amérique du Nord

    Au Canada, beaucoup de cartes sont également envoyées en cette fin d’année, mais pas n’importe lesquelles ! Les animaux de compagnie prennent une immense place dans les familles, et il n’est pas rare que leurs propriétaires prennent une journée de congés pour fêter l’anniversaire de leur toutou ! Gâteau poulet/épinard/carottes, cadeau pour le roi de la fête… Et séance photo, dont la meilleure pose sera envoyée à Noël à la famille et aux amis.

    Chiens avec pull de Noël
    Image illustration ©Stockadobe

    Aux États-Unis, la tradition veut que les Américains profitent de cette fin d’année pour envoyer à leur famille et leurs amis des cartes de Noël dans lesquelles ils font un résumé de tous les évènements de l’année écoulée. Ils apprécient particulièrement d’y faire figurer les animaux de compagnie en look « christmassy », ou dans un décor de Noël !

    Hong-Kong

    La SCPA, Hong Kong Society for the Prevention of Cruelty to Animals, organise pour la troisième fois le Seaside Pet Chill Christmas Carnival sur le Harbour Chill de Wan Chai juste avant le 24 décembre.

    L’événement est en partie sponsorisé par Blue Cross, qui propose ses assurances pour animaux domestiques et Giordano qui collabore avec la SCPA pour les tee-shirts de sa Pet Collection dont les fonds reviendront à cette dernière. À l’occasion de cet évènement, un sapin de Noël de 8 mètres de haut sera dressé sur la promenade de Wan Chai.

    Islande

    Grand écart géographique, nous partons en Islande, où c’est le chat qui est à l’honneur lors des fêtes de Noël, dans une bien surprenante croyance ! Un chat géant, le « Jólaköttur », qui signifie chat de Noël en islandais, vient troubler les fêtes de Noël. (l’illustration de Brian Pilkington)

    En Islande, il n’y a pas un mais 13 Pères Noël, les Jólasveinar ou Yuletide Lads qui sont plutôt des lutins farceurs, descendants de trolls. Leurs parents sont la terrible ogresse Grýla et le paresseux Leppalúði. Contrairement à leurs parents, ce sont des lutins farceurs et tout à fait inoffensifs. Ils descendent chacun leur tour en ville. Le premier descend le 13ème jour avant Noël et le dernier descend la nuit de Noël. Chacun d’eux dépose un petit cadeau dans la chaussure des enfants sages.

    Ces treize lutins ont un nom bien particulier : le sixième, Askasleikir (lécheur de gamelles) finit aussi la gamelle du chien ou du chat pendant leur sommeil !

    Idées pour cadeaux à son animal

    On le voit, un peu partout, nos compagnons poilus comptent énormément pour nous, ils font souvent partie intégrante de la famille. Et ils sont aussi gâtés ! Les cadeaux les plus populaires sont les jouets de Noël, les beaux colliers, les beaux bandanas, et surtout les friandises. Mais un autre cadeau se démarque : les peluches de Noël.

    Cadeaux Noël pour chien
    Cadeaux de Noël pour chien

    Mais n’oubliez pas que Noël est, aussi, une période stressante pour les animaux. Il y a de l’agitation, plein de monde à la maison, ou bien vous vous déplacez beaucoup avec eux dans une voiture remplie à ras bords… Dans certaines circonstances (notamment avec un animal déjà anxieux), il vaut peut-être mieux le faire garder pendant les vacances. Si vous voulez malgré tout fêter ce bon moment avec lui (ce que l’on peut tout à fait comprendre), il convient de prendre quelques précautions pour faire de vos vacances un moment serein pour votre bête à poils.

  • Radioscopie de « l’ultra-fast commerce »

    Radioscopie de « l’ultra-fast commerce »

    Les grandes plateformes d’« ultra-fast commerce » ont désormais investi le terrain de la mode avec une telle vigueur qu’elles concurrencent directement Amazon, aussi bien sur l’habillement adulte que sur les articles pour enfants. Leur deuxième pilier se situe dans l’univers de la décoration : 6 % des Français y ont acheté un produit de maison au cours de l’année écoulée, contre 10 % via Amazon. Si Shein demeure avant tout un géant du vêtement, Temu et AliExpress ont élargi leur cœur d’activité aux articles pour la maison, qui représentent aujourd’hui entre un tiers et près de 40 % de leurs ventes.

    Une clientèle moins diplômée et moins aisée

    Le profil des utilisateurs de ces plateformes ressemble globalement à celui de l’ensemble des acheteurs en ligne : une clientèle jeune, largement urbaine, surreprésentée en Île-de-France et composée de familles avec enfants. Elle s’en démarque toutefois par une présence moindre des diplômés du supérieur et des catégories les plus favorisées. Leur positionnement « ultra-discount » les rend particulièrement attractives pour les classes moyennes : plus d’un tiers des titulaires d’un bac ou d’un bac +2 ont acheté au moins une fois sur ces sites au cours des douze derniers mois.

    Une sensibilité écologique réelle… mais reléguée par les contraintes financières

    Le modèle de l’ultra-fast commerce, multiplication des collections, production à flux tendu, volumes massifs, soulève depuis plusieurs années de fortes critiques, aussi bien de la part des ONG que des pouvoirs publics. Les inquiétudes portent sur une empreinte environnementale élevée : consommation énergétique importante, émissions additionnelles de gaz à effet de serre, usage intensif de matières premières et volumes considérables de déchets.

    Pour autant, les acheteurs ne se considèrent pas indifférents à l’environnement. Comme dans l’ensemble de la population, une majorité exprime un pessimisme marqué quant à l’avenir écologique du globe. Près de huit sur dix estiment que les entreprises devraient mieux intégrer l’impact social et environnemental de leurs pratiques. Et la grande majorité considère la lutte contre le dérèglement climatique comme une responsabilité collective.

    Mais ces préoccupations passent derrière la pression budgétaire. Près des deux tiers des utilisateurs disent devoir renoncer régulièrement à certains achats, contre 58 % dans la population générale. Dans ce contexte, la promesse de prix cassés prime sur les considérations environnementales.

    Le règne du bas prix et de la bonne affaire

    Les plateformes d’ultra-fast commerce apparaissent pour une immense majorité de leurs clients (94 %) comme des lieux où l’on réalise de vraies économies. Shein en constitue l’exemple emblématique : selon l’Institut Français de la Mode, un article de mode y coûte en moyenne autour de 9 euros, nettement moins que dans les enseignes physiques à bas prix (13 à 18 euros chez Kiabi ou en hypermarché) et sans commune mesure avec Zara (environ 28 euros). Pas étonnant que 93 % des acheteurs citent les prix mini parmi leurs principales motivations.

    Temu
    Image illustration ©AFP/TEMU

    Cette logique de « bonne affaire permanente » est d’ailleurs documentée : des travaux australiens montrent que la crainte de manquer une promotion joue un rôle central dans l’acte d’achat. Une enquête du Crédoc confirme ce mécanisme : 71 % des utilisateurs évoquent la présence constante de promotions comme un élément déterminant.

    Une aspiration forte à consommer du neuf, souvent et à moindre coût

    Les utilisateurs de ces sites manifestent également un désir plus affirmé de consommation. Pour beaucoup, notamment les jeunes, les diplômés et les familles, la possibilité d’acheter régulièrement des produits neufs contribue à un véritable plaisir d’achat. Cet appétit de nouveauté s’accompagne d’un intérêt accru pour d’autres activités de loisirs : sorties, voyages, shopping.

    L’offre pléthorique des plateformes répond à ces attentes. Huit clients sur dix apprécient l’ampleur du catalogue et les ajouts constants de nouveaux produits ; près d’un sur deux valorise la rapidité de renouvellement. Avec près d’un demi-million de références disponibles et jusqu’à 10 000 nouveautés ajoutées quotidiennement, Shein dépasse largement les standards du commerce traditionnel : H&M propose environ 25 000 articles, Pimkie autour de 1 500.

    À cela s’ajoute un goût prononcé pour les articles innovants ou personnalisables. Près de 44 % des utilisateurs sont sensibles aux innovations technologiques et 64 % à la personnalisation, contre respectivement 39 % et 57 % pour l’ensemble des consommateurs. Les outils algorithmiques des plateformes, recommandation en temps réel, segmentation fine, personnalisation poussée, renforcent cette attractivité en donnant le sentiment d’une boutique conçue pour chaque utilisateur.

    Le rôle décisif des influenceurs

    Les acheteurs de l’ultra-fast commerce se montrent plus réceptifs que la moyenne aux contenus produits par les influenceurs. Près de 37 % déclarent s’être référés à un créateur de contenu pour un achat, contre 26 % des internautes. Cette influence est particulièrement forte dans les catégories phares du secteur : 54 % pour les vêtements ou accessoires, 32 % pour les articles de décoration.

    En réalité, les influenceurs occupent une position stratégique dans ce modèle. Ils impulsent les tendances, orientent les envies, jouent sur la proximité et alimentent un imaginaire de consommation accessible. Ils contribuent aussi à populariser les imitations à bas prix de modèles issus du luxe ou des grandes marques. Le défi « Zara versus Shein », lancé en 2022 et visionné des dizaines de millions de fois, illustre cette mécanique : il mettait en parallèle des vêtements visuellement proches et soulignait l’écart spectaculaire de prix.

    Cette influence ne repose pas uniquement sur la quête du meilleur prix. Pour plus des deux tiers des acheteurs, les influenceurs constituent avant tout une source d’inspiration et de découvertes. Les formats populaires comme les « hauls », où des vêtements sont déballés devant la caméra, jouent un rôle clé : ils transforment l’acte d’achat en moment de partage, suscitent l’envie d’imitation et valorisent une consommation spontanée et ludique. 

  • Pascal Luban, créateur graphique au service du Jeu Vidéo

    Pascal Luban, créateur graphique au service du Jeu Vidéo

    Le jeu vidéo est la première industrie culturelle mondiale devant le cinéma et la musique réunis. Cette puissance économique se concrétise par un chiffre : 200 milliards de dollars qui représentent la valeur d’un marché mondial adossé à une croissance continue. Les jeux sur mobile et les jeux en ligne en sont les locomotives absolues. La culture du gaming concerne désormais tout le monde et a quitté depuis longtemps le ghetto des geeks pour toucher un public féminisé et rassemblant toutes les générations. Pour nous en parler, Lesfrancais.press reçoit Pascal Luban, un directeur créatif au service du jeu vidéo.

    Écouter le podcast avec Pascal Luban

    Le 18 novembre : journée mondiale du jeu vidéo

    La génération X des premières consoles Atari côtoie désormais les digital native lors de parties de jeux en ligne sans fin. Les différences d’âge s’effacent. Seuls comptent le plaisir de jouer et l’adrénaline qu’il procure. On joue désormais sur son mobile, comme sur son PC ou sur les traditionnelles consoles. Des lancements de jeux sont capables de faire l’actualité mondiale comme ces dernières semaines l’arrivée de Dune Awakening, jeu de survie multi-joueur, ou de Sonic Rumble, dernière mouture d’une franchise historique.

    « Ce sont désormais les jeux qui influencent
    le cinéma ou la littérature et plus uniquement l’inverse »

    La Journée Mondiale du Jeu Vidéo, fêtée le 18 novembre, est une célébration de cette culture vidéoludique omniprésente et qui mobilise des créateurs et techniciens chevronnés partout sur la planète. La France occupe une place à part dans cet univers. Aux côtés de franchises reconnues comme Ubisoft, on trouve de nombreux consultants et acteurs indépendants qui se mettent au service du développement de nouveaux jeux ou de leur adaptation en produits dérivés. Car ce sont désormais les jeux qui influencent le cinéma ou la littérature et plus uniquement l’inverse.

    Manette de console de jeux
    Manette de console de jeux

    Il paraissait donc essentiel de mettre en lumière les talents qui font vivre cette culture du gaming à travers des personnalités unissant passion du jeu et sens de l’innovation. Pascal Luban, directeur de la création et consultant en « game design » revendique trente ans d’expérience dans un secteur qu’il aborde en directeur créatif au service du jeu vidéo. Son parcours international illustre la richesse et la diversité de l’art vidéoludique.

    Pascal Luban : un désigner et un développeur de projets

    Né en France, Pascal Luban a fait ses premières armes dans l’univers du design graphique avant de franchir l’Atlantique pour poursuivre ses études aux États-Unis. C’est à Seattle, véritable épicentre de l’industrie du jeu vidéo, puis dans le Colorado qu’il a développé ses premières compétences académiques. Ses expériences dans ces régions ultra-dynamiques lui ont donné une grande souplesse professionnelle, il est parfaitement bilingue, et porte la conviction qu’on apprend en faisant, en développant des projets.

    « Le monde est mon jardin. Il est très fréquent de s’expatrier,
    de travailler à l’étranger parce que les opportunités y sont meilleures »

    Pascal Luban

    Graphiste chevronné ayant travaillé sur des projets « triple A » ces jeux à gros budgets et fort impact, Il aborde aussi cet univers en perpétuelle expansion en passeur, distillant conseils et informations précieuses par des publications de références sur le site Game Developer, média centré sur l’industrie du jeu vidéo. Il évoque avec nous ses expériences professionnelles où « le diplôme n’est pas toujours un sésame » automatique et où il est préférable de montrer ce qu’on sait faire avant tout et d’être réactif. Travailler avec des entreprises de premier plan comme Cryo ou Ubisoft « demeure des missions exceptionnellement passionnantes car on pousse tous les curseurs de créativité et de technologie, même si l’on est seulement un maillon de la chaîne ».

    Les Enjeux Actuels de l’Industrie : l’exigence de haut niveau sur un marché mondial

    L’industrie du jeu vidéo fait face à des défis sans précédent : la montée en puissance des technologies graphiques, l’importance croissante de l’expérience utilisateur, la nécessité de diversifier les récits ou le développement du métavers. Aujourd’hui, les joueurs attendent bien plus que du simple divertissement ; ils recherchent des mondes immersifs, des narrations percutantes et des visuels saisissants. Cet avènement de la « montée en gamme esthétique » des jeux vidéo pousse des professionnels comme Pascal Luban à continuellement être mobiles sur un marché mondial

    Pascal Luban, créateur graphique au service du Jeu Vidéo
    Pascal Luban, directeur créatif au service du Jeu Vidéo

    « Le monde est mon jardin. Il est très fréquent de s’expatrier, de travailler à l’étranger parce que les opportunités y sont meilleures. Face à une industrie en perpétuelle évolution on ne peut pas rater des trains et rester derrière ». Le jeu vidéo est d’ailleurs en train de conquérir la planète, des studios se développent partout » nous dit-il au cours de ce podcast.

    « La plupart des joueurs sont des passionnés et ne sont pas dans l’addiction »

    Pascal Luban

    Lors de notre échange, il cite ces pays qui développent des industries du jeu vidéo « à partir de rien » comme par exemple l’Arabie saoudite où il travaille, l’Iran d’avant la crise diplomatique ou le Brésil. La dimension éthique jalonne son travail face aux critiques sur le caractère addictif du jeu vidéo. Pour lui, la plupart des joueurs sont « des passionnés et ne sont pas dans l’addiction ». Il considère que les réseaux sociaux sont porteurs de plus de risque en comparaison.

    Casque de réalité virtuelle
    Casque de réalité virtuelle

    Au sein de cet univers professionnel, Pascal Luban a collaboré à plusieurs projets phares. On peut citer sa contribution à des titres acclamés tels que le 4ème épisode de la franchise « Alone in the Dark », ou « Wanted » où il a été directeur créatif. Il a occupé également des responsabilités sur « Splinter Cell » multi joueur témoignant de son habileté à transformer des concepts visuels en expériences mémorables mais aussi à accepter d’être un maillon de la chaîne dans des projets mobilisant des équipes étoffées. Ces jeux, au-delà de leurs mécaniques ludiques, offrent des univers graphiques riches et détaillés, une dimension à laquelle notre invité a apporté sa pierre, lui qui compare son travail itinérant dans le monde à celui d’un « bâtisseur de cathédrales ».

    La Contribution Francophone dans le Game Design

    La France est considérée désormais comme un acteur clé dans le domaine du jeu vidéo à l’échelle mondiale. Pascal Luban rappelle cependant que le concept de French Touch dans le domaine du jeu vidéo a longtemps été péjoratif et synonyme de jeux beaux mais ennuyeux. Notre identité de jeu est aujourd’hui plus installée. Notre apport national à cette industrie réside dans notre culture « cinématographique, manga et littéraire qui est très forte et on est aussi un des pays où nous avons le plus de jeux avec une très forte dimension narrative ».

    Jeux vidéos Ubisoft
    Jeux vidéos Ubisoft

    Son conseil à celles et ceux qui voudraient se lancer dans cet univers évolutif et concurrentiel est de rester tenace. « Comme dans toute activité créatrice il y a beaucoup de projets qui apparaissent et disparaissent et les meilleurs sont ceux qui restent tenaces ». Rester modeste aussi face à un succès pour « éviter d’être détruit » en devenant « une diva créatrice » est un second conseil utile pour durer.

    « Nous développons des jeux avec une forte dimension narrative »

    Pascal Luban

    En cette Journée Mondiale du Jeu Vidéo, rendons hommage à des figures comme Pascal Luban, qui incarnent l’excellence et la diversité dans le monde vidéoludique. Son parcours est aussi celui d’un français de l’étranger navigant de projets en défis professionnels et se jouant des frontières. Le graphisme du jeu vidéo est un art qui gagne toujours plus ses galons artistiques et sa pleine légitimité culturelle. Les projets de développement des jeux se nourrissent totalement d’échanges et de collaborations internationales et on a sans doute plus besoin de créateurs qui collaborent avec les autres que d’hyper-solistes.

    Ainsi, en célébrant le jeu vidéo, nous célébrons aussi toutes ces aventures collectives qui unissent des Françaises et des Français tournés vers le divertissement tout autant que vers l’art, des amoureux du ludique tout comme des expériences esthétiques numériques. 


    Retrouvez Pascal Luban dans une de ses masterClass de game design ici

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