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  • Skier en France ? Guide des stations 2025

    Skier en France ? Guide des stations 2025

    Comme de nombreux Français de métropole, les Français de l’étranger sont aussi des skieurs. Et notre pays à la chance de bénéficier des deux principaux massifs européens propices à cette activité. Mais avec le réchauffement climatique, les habitudes sont à changer, il faut monter toujours plus haut. On fait le point pour les expatriés avec notre guide des stations 2025 pour skier en France tout schuss ! Car même si il existe des domaines skiables dans le monde entier, c’est dans l’hexagone qu’on peut combiner famille, amis, gastronomie et descentes inoubliables.

    Vercors en lumières et Vanoise expérience

    Villard-de-Lans (Isère) a désormais son expérience magique en forêt et son parcours spectacle nocturne. Vercors en lumières, itinéraire éclairé sur le site nordique de Bois barbu, invite à la découverte du patrimoine avec un audioguide.

    À Val-Cenis, la station lance « Vanoise expérience », une passerelle panoramique à 2100 m d’altitude, perchée à 13 m du sol. À Val d’Isère, l’historique Folie douce, temple du clubbing, s’étend et devient un village à l’arrivée de la télécabine de la Daille.

    Le plus grand domaine skiable du monde : Val Thorens

    Niché à 2 300 mètres d’altitude, Val Thorens est située dans les Trois Vallées, un domaine skiable de Savoie qui englobe aussi les stations de Méribel, des Menuires et de Courchevel. Ses 600 kilomètres de pistes en font le domaine le plus grand du monde.

    600 kilomètres de pistes avec toutefois un bémol et pas des moindres : le coût du forfait. En pleine saison, comptez plus de 80 euros la journée pour avoir accès à toutes les stations des Trois Vallées, 71 euros pour seulement les remontées mécaniques de la vallée de Val Thorens et d’Orelle. Ce qui en fait l’une des stations de ski les plus chères de France.

    Chamonix-Mont-Blanc : Le Berceau du Ski en France

    Incontournable et mythique, Chamonix-Mont-Blanc est une des meilleures destinations ski en France 2024. Située au pied du Mont-Blanc, cette station légendaire attire les skieurs du monde entier.

    Fondée en 1907, Chamonix est le berceau de l’histoire du ski en France, ayant accueilli les premiers Jeux Olympiques d’hiver en 1924. Aujourd’hui, elle est synonyme de sport de haute montagne avec ses pistes de ski de renommée mondiale, notamment dans le domaine skiable de l’Aiguille du Midi et la Mer de Glace.

    Chamonix n’est pas seulement un spot pour les skieurs expérimentés, elle offre aussi des pistes adaptées aux débutants et un environnement naturel exceptionnel.

    Courchevel : Luxe et Pistes Impeccables

    Courchevel, située dans le domaine des 3 Vallées, est l’une des stations de ski populaires en France. Connue pour son luxe et son raffinement, cette station offre des infrastructures modernes et un domaine skiable d’exception.

    Elle est aussi un lieu où l’on peut croiser des célébrités, attirées par l’ambiance chic et la qualité des pistes. La station de Courchevel est divisée en plusieurs villages à différentes altitudes, offrant ainsi des conditions idéales pour tous les types de skieurs.

    Christmas at L'Apogée Courchevel
    Christmas at L’Apogée Courchevel

    Dans les Pyrénées, les stations investissent

    Cette année, les skieurs, qui choisissent le massif franco-espagnol, vont profiter des derniers investissements réalisés par chaque station dans les infrastructures, les offres commerciales des quatre saisons et les offres touristiques, ainsi que dans les nouveaux outils digitaux à retrouver aux bords des pistes.

    Comme la station de Peyragudes, qui compte sur la réouverture de la ligne ferroviaire Montréjeau-Luchon pour booster sa fréquentation. Celle-ci a investi 600 K€ pour la saison 2025-2026. Une enveloppe qui a permis à la station des Hautes-Pyrénées, de se doter de 15 nouvelles cabines supplémentaires pour le Skyvall, permettant d’augmenter le nombre de voyageurs à 1250 personnes/heure contre 700 précédemment.

    Dans les Hautes-Pyrénées, la station du Grand Tourmalet, elle, a dépensé 1 M€ pour préparer sa saison. La plus grande station du massif s’est procuré une nouvelle dameuse, et a aménagé « un retour ski au pied sur le versant de la Mongie », assuré grâce à l’installation de nouveaux canons à neige, précise son directeur général Hervé Pouneau.

    Plan des pistes Grand Tourmalet Barge - La Mongie
    Plan des pistes Grand Tourmalet Barge – La Mongie

    Soutenir les stations de moyenne montagne ?

    Mais si cette année est présente sur tous les massifs et parfois à basse altitude, les stations de moyenne montage restent en danger avec le réchauffement climatique.

    En effet, l’enneigement devient de plus en plus aléatoire, forçant les exploitants à diversifier leurs activités et à repenser leur modèle économique. Dans les Alpes-Maritimes, une station comme Roubion – Les Buisses illustre ce défi. Elle est située entre 1 000 et 1 900 mètres d’altitude. Philip Bruno, maire (SE) de Roubion, déclarait à France 3 son désarroi le 28 janvier dernier.

    « Ça me désole un peu… À l’heure où l’on attaque les vacances de février,
    nous n’avons pas de visibilité sur l’enneigement des prochaines semaines. »

    Philip Bruno, maire (SE) de Roubion

    Conscient de la fragilité de ces stations face au réchauffement climatique, les autorités insistent sur l’importance de diversifier les activités proposées, comme la randonnée, les promenades, le vélo électrique ou encore le VTT sur neige, qui pourraient fonctionner même avec un faible enneigement.

    Selon les projections, l’épaisseur moyenne du manteau neigeux pourrait diminuer de 10 à 40 % d’ici 2050. Par ailleurs, les périodes de redoux en plein hiver deviennent plus fréquentes, fragilisant davantage les stations dépendantes de la neige. Alors si vous le pouvez, profitez de l’enneigement exceptionnel de ce début de saison pour soutenir ces villages qui en plus apportent un charme typique que les grandes stations ont perdu.

  • Skier en fumant ? 135 euros d’amende en France

    Skier en fumant ? 135 euros d’amende en France

    Fumez-vous sur les pistes ? Si oui, c’est désormais terminé à moins de vouloir payer 135 euros d’amende. Depuis le décret du 27 juin 2025, on ne fume plus sur les plages, aux abords des écoles ou encore sur les pistes et à proximité des remontées mécaniques : les domaines skiables deviennent des espaces sans tabac.

    Après les plages, les pistes

    La mesure, qui était entrée en vigueur sur les plages cet été, est élargie aux domaines skiables selon l’arrêté publié le 27 juin 2025. L’interdiction est « presque passée inaperçue », explique le directeur de France Montagnes Vincent Jay dans Le Dauphiné Libéré. En cas de non-respect, les contrevenants risquent une amende de 135 euros.

    Pour sensibiliser les clients, les stations de ski vont jouer la carte de l’humour. France Montagnes va proposer une campagne de communication à l’ensemble des stations. Parmi les slogans : « Clope de fin », « allongez votre espérance de ski » ou « La vue vous coupe assez le souffle comme ça ».

    Trop d’incivilités et de pollution !

    L’objectif de l’interdiction est d’améliorer la santé publique. Elle aura aussi des effets positifs sur l’environnement. Chaque été, bon nombre de domaines skiables organisent des opérations de ramassage des mégots pour dépolluer la nature. 57 258 mégots avaient été ramassés en montagne, une fois la neige fondue, par l’association Mountain Riders. Or un seul mégot peut polluer 500 litres d’eau.

    "Allongez votre espérance de ski", France Montagnes
    « Allongez votre espérance de ski », France Montagnes

    Lors de la dernière opération « zéro déchet » pilotée par l’association Mountain Riders, le volume de mégots ramassés en montagne, faisait partie du top 3 des déchets liés au grand public. D’ailleurs, des stations n’ont pas attendu ce décret pour mettre en place une interdiction. Elle existe, par exemple, aux Gets, en Haute-Savoie, depuis décembre 2022. Trois ans plus tard, le bilan est très positif selon la station qui a déclaré à l’AFP : « Nous avons réalisé des enquêtes de satisfaction et les retours ont été excellents, même chez les fumeurs. »

    Les saisonniers feront la police ?

    D’ailleurs, en station, qui pourra faire respecter cette mesure ? Le perchman, le pisteur sont déjà bien occupés et les forces de l’ordre focalisées sur la route et ses dangers. Alors qui ? Ben personne… Pour l’instant, cette interdiction se traduira donc juste par une campagne d’affichage menée par France montagnes.

  • La mise en place de la PSC à l’étranger, attention danger !

    La mise en place de la PSC à l’étranger, attention danger !

    C’est un texte signé discrètement à la fin de l’été, le 29 août 2024. L’accord sur la protection sociale complémentaire (PSC) apparaissait alors comme une bonne nouvelle. Sa mise en place prévoyait en effet une aide financière de l’État pour l’ensemble des agents publics, y compris ceux en poste à l’étranger, par exemple les enseignants du réseau AEFE. Cette aide devait permettre notamment de réduire le coût des mutuelles, une mesure a priori bienvenue pour des personnels hors de France soumis à une tarification santé spécifique, souvent deux fois plus élevée que celle appliquée sur le territoire national. Mais attention danger, la réalité semble plus nuancée.

    La PSC à l’étranger : une mesure de régression sociale

    Ce qui aurait dû constituer un progrès social est en train de se transformer en véritable régression. Des dizaines d’agents de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger), fonctionnaires en détachement, découvrent avec la nouvelle PSC un dispositif kafkaïen et particulièrement défavorable. L’un des principaux problèmes réside ainsi dans le caractère obligatoire du système : il semble impossible de quitter cette nouvelle formule de PSC, ou même de rester dans l’ancien dispositif.

    « Aujourd’hui, chacun semble se renvoyer la responsabilité :
    les syndicats rappellent qu’ils ne sont pas des organismes mutualistes, tandis que les mutuelles assurent ne faire qu’appliquer l’accord. »

    De surcroît, la MGEN (Mutuelle Générale de l’Éducation Nationale) et la Mutuelle des Affaires étrangères, qui ont remporté le marché de la PSC pour l’étranger, en profitent pour augmenter leurs tarifs. Les hausses touchent particulièrement les ayants droit, dont le forfait double en moyenne. Et au sein de ce « couple » mutualiste, on semble vouloir s’aligner sur le moins-disant en matière de prestations de santé.

    Une prise en charge des soins de santé diminuée

    Ainsi, au niveau hospitalier, la prise en charge à 100 % disparaît, alors qu’elle était jusqu’ici assurée par la MGEN section extra‑métropolitaine. Ce dispositif garantissait, entre autres, la couverture des frais d’hospitalisation lourds, souvent bien plus élevés dans de nombreux pays de l’OCDE qu’en France. Désormais, les remboursements s’alignent sur ceux prévus pour les diplomates du Quai d’Orsay, dont les rémunérations n’ont pourtant rien de comparable avec celles des enseignants de l’AEFE.

    Les hospitalisations hors de peuvent représenter un cout important
    Les hospitalisations hors de peuvent représenter un cout important @adobestok

    Le reste à charge pourrait donc atteindre des niveaux particulièrement importants en cas d’hospitalisation à l’étranger, d’autant que les avances de frais y sont courantes et que le tiers payant y reste rare. Autre élément préoccupant : le volet « prévoyance » n’est pas intégré dans ce « paquet étranger ». Or ce régime couvre des aspects essentiels, tels que le risque décès, l’invalidité, ou encore le maintien de salaire en cas d’arrêt maladie de longue durée. Renaud Le Berre, professeur au lycée français de Barcelone et élu des Français de l’étranger, a saisi le conseil d’administration de l’AEFE pour porter le sujet sous forme de « questions diverses » en soulignant que « ces couvertures mettent dans la précarité l’ensemble les personnels du MEAE et de l’AEFE en poste à l´étranger. »

    Le « bricolage » de la couverture santé à l’étranger

    Les syndicats des Affaires étrangères et de l’AEFE, FSU, CFDT, UNSA, découvrent progressivement les effets d’un dispositif qui ressemble de plus en plus à un véritable « jeu de dupes ». Certains regrettent déjà d’avoir signé ce « paquet étranger », sans en avoir pleinement mesuré les conséquences, alors même que la PSC représentait une réelle avancée pour le reste de la fonction publique en France.

    Une question s’impose : le volet « étranger » a‑t‑il été bricolé à la hâte, sans véritable mise en concurrence au‑delà des deux mutuelles historiquement présentes sur ce secteur ? Aujourd’hui, chacun semble se renvoyer la responsabilité : les syndicats rappellent qu’ils ne sont pas des organismes mutualistes, tandis que les mutuelles assurent ne faire qu’appliquer l’accord.

    Le nouveau système PSC : vers des absurdités de gestion ?

    Les assurés de l’étranger se sentent floués et vivent douloureusement le passage de l’ancien système de protection à la protection sociale complémentaire. D’autant qu’ils font face à des absurdités de gestion : le passage à la PSC implique ainsi que la MGEN ne soit plus la caisse unique pour la gestion de la part venant de la sécurité sociale et de la part provenant de la mutuelle pour les remboursements. Il faut désormais créer un compte sur AMELI, la plateforme de la sécurité sociale, pour pouvoir saisir ses demandes de remboursements et pour les suivre. De plus, il n’y aura plus de remboursement unique mais deux versements, celui de la part assurance santé, et celui de la mutuelle. Le casse-tête de suivi comptable s’annonce total après le 1er janvier, date d’application de l’accord PSC.

    « Ces couvertures mettent dans la précarité l’ensemble les personnels
    du MEAE et de l’AEFE en poste à l´étranger »

    Renaud Le Berre, professeur au lycée français de Barcelone,
    élu des Français de l’étranger

    Pour expliquer cette situation, une lettre type a d’ailleurs été envoyée à tous les adhérents de la mutuelle MGEN pour les prévenir du passage à la nouvelle protection sociale complémentaire (PSC). Ce courrier demandait instamment aux adhérents de l’étranger de mettre à jour leur carte Vitale en pharmacie en France pour pouvoir ouvrir leurs droits sur Améli ! De quoi décourager les demandes de remboursement à venir ou de les compliquer ? La question se pose. Du côté de la MGEN Section Extra Métropolitaine le numéro de téléphone communiqué pour toutes questions des assurés était en dérangement ces derniers jours.

    La mise en place de la PSC à l’étranger semble ainsi parsemée d’interrogations et le danger guette sur le futur de la couverture santé des agents publics travaillant hors de France. Selon un assuré joint par la rédaction « le nouveau système parait plus compliqué et moins protecteur (…) le nouveau système de gestion AMELI introduit une complexité qui va freiner les remboursements. Dans la période anxiogène de la réforme AEFE nous n’avons vraiment pas besoin de ce « paquet » qui nous tombe sur la tête. »

  • Ou fêter la Saint Nicolas en France ?

    Ou fêter la Saint Nicolas en France ?

    Résidant(e) d’un pays anglosaxon ou nordique et vous êtes déjà dans l’hexagone pour les fêtes ? Mais où célébrer la Saint Nicolas en France ? Une bonne question à laquelle on va tenter de répondre pour les Français de l’étranger.

    Le Grand Est

    Cet évènement met en ébullition chaque année plusieurs villes du Grand Est autour de la date du 6 décembre, fête du saint. Parades de chars, fanfares, spectacles, illuminations, défilés… Des animations dont on profite dans les grandes métropoles comme dans des bourgs plus intimes.

    D’ailleurs, en France, St Nicolas rime avec Nancy qui le célèbre pendant 45 jours. C’est un véritable plébiscite pour ce saint patron protecteur des enfants et de la Lorraine, encensé chaque année dans l’Est et le Nord de la France. Alors pendant 45 jours, les occasions de s’amuser ne manquent pas. Nancy entre en transe dès la fin novembre autour de stands de pains d’épices et de vin chaud, avant de poursuivre en manèges, grandes roues, défilés, shows urbains, illuminations, comptoirs gourmands… C’est bien sûr en famille (les enfants sont rois à Nancy !) ou entre amis que l’on appréciera le mieux cette débauche, à achever en point d’orgue place Stanislas, au pied du grand sapin de Noël.

    La « rivale » messine n’a pas à rougir de ses festivités. Même si elles durent moins longtemps qu’à Nancy, la Saint-Nicolas à Metz est aussi l’occasion de mettre les petits plats dans les grands. Au menu, pendant 2 à 3 jours autour de la place de la Comédie, face à l’opéra-théâtre : des animations, des ateliers, des spectacles, des concerts… et bien sûr Saint-Nicolas, confortablement installé sur son grand trône blanc. Le jour du défilé, il salue la foule depuis le balcon du théâtre, avant d’entamer un tour de ville campé sur son char. Derrière lui l’accompagnent musiciens, chanteurs, artistes de rue et une armée de bénévoles qui mettent le feu à la ville, suivis d’une foule en liesse.

    En Alsace, une tradition ancrée dans les familles

    Ville d’Art et d’Histoire placée entre la ligne bleue des Vosges et la plaine du Ried, la cité du Bas-Rhin, Sélestat, 50 km au sud de Strasbourg, échappe d’autant moins à la Saint-Nicolas qu’un vieux registre des comptes de la ville, daté de 1521, y évoque l’existence d’un arbre de Noël. Ce qui serait la plus ancienne mention au monde à y faire référence ! Le 6 décembre 2025, petits et grands seront encore nombreux à profiter des animations, distributions de bonbons et de chocolat chaud, démonstrations de jonglage, fanfares et traditionnel défilé du « barbu ». Avant le discours solennel depuis l’Hôtel de Ville.

    Sélestat
    Sélestat ©Office du tourisme de Sélestat

    Connaissez-vous Ungersheim ? Si on vous parle de ce village de l’est de la France, situé quelques kilomètres au nord de Mulhouse, c’est que la Saint-Nicolas y revêt un caractère particulier en raison de la présence de l’Ecomusée d’Alsace. Dans ce lieu à ciel ouvert plongeant le visiteur dans un village alsacien du début du 20ème s., on redécouvre les coutumes du passé, les légendes, la vie quotidienne, l’artisanat… Rien de plus logique à ce que Saint-Nicolas s’y présente le 6 décembre, accompagné de ses musiciens et hallebardiers. Le musée se met ainsi en 4 pour l’accueillir dans son plus beau costume, entre ateliers gourmands et artisanaux. Et à la nuit tombée, Saint-Nicolas partage un goûter avec le public. Convivial et bon enfant.

    Ungersheim
    Ungersheim ©Office du tourisme de Ungersheim

    Dans le Nord aussi !

    Tout le monde le sait, le Nord n’est pas avare lorsqu’il s’agit de faire la fête ! Pour la Saint-Nicolas, le port de Boulogne-sur-Mer (ainsi que des villages alentour, Wimereux, Wimille, où Saint-Nicolas descend du clocher en tyrolienne !) est ainsi aux avant-postes avec un défilé organisé le samedi situé au plus près du 6 décembre. Au départ de la rue Nationale, le cortège traverse le centre-ville piéton dans une ambiance festive avant de se rendre sur le quai Gambetta et au pont Marguet, devant le port de plaisance. En chemin, artistes, musique et traditionnelle distribution de bonbons animent le convoi. Habituellement, Saint-Nicolas embarque ensuite sur un bateau avant le lancement d’un festival pyrotechnique coloré.

  • Italie : la hausse de la flat tax à 300000 € fait débat…

    Italie : la hausse de la flat tax à 300000 € fait débat…

    L’annonce d’une hausse de la flat tax italienne, un régime fiscal forfaitaire réservé aux plus fortunés, a suscité de nombreux commentaires, notamment dans la presse économique internationale. Pourtant, en Italie même, la perception est bien plus nuancée. À en croire Gaëlle Barré, élue des Français de l’étranger et présidente du conseil consulaire (circonscription de Rome, Malte et État de la Cité du Vatican), « la majorité des expatriés français… ne se sentent tout simplement pas concernés ». La hausse de la flat tax à 300 000 € fait débat… mais son impact réel reste très limité.

    Dans un contexte où Moody’s relève la note souveraine du pays et où le gouvernement Meloni cherche à concilier rigueur budgétaire et attractivité fiscale, la flat tax demeure un symbole. Mais un symbole dont l’impact économique réel reste modeste, loin du récit parfois alarmiste véhiculé à l’étranger.

    Petit rappel : qu’est-ce que la flat tax italienne ?

    Créée en 2017, la flat tax italienne est un régime d’imposition forfaitaire réservé aux nouveaux résidents fiscaux, qu’ils soient étrangers ou Italiens revenant après un long séjour à l’étranger. Contrairement au système progressif traditionnel, elle propose de s’acquitter d’un montant fixe annuel sur ses revenus de source étrangère, quel que soit leur volume. Ce montant a été fixé à 100 000 € à l’origine, est passé à 200 000 € en 2023, et devrait atteindre 300 000 € en 2026 selon le projet de loi budgétaire.

    « La flat tax concerne un groupe extrêmement restreint de nouveaux résidents, composé de personnes très fortunées, déjà entourées d’avocats fiscalistes »

    Gaëlle Barré, élue des Français de l’étranger
    et présidente du conseil consulaire (Rome)

    Ce régime offre, en parallèle, des avantages annexes tels que la non-imposition des successions d’actifs situés hors d’Italie et l’absence d’obligation déclarative pour les avoirs étrangers. Il s’agit donc d’un dispositif très spécifique, taillé pour des contribuables internationaux à très hauts revenus, et sans commune mesure avec le régime fiscal appliqué aux résidents ordinaires.

    Un dispositif qui ne concerne qu’une fraction infime des expatriés

    D’emblée, Gaëlle Barré balaie l’idée selon laquelle les Français d’Italie seraient déstabilisés par la hausse de la flat tax de 200 000 € à 300 000 €. Selon elle, « c’est un non franc et direct ». La réalité est simple : « la flat tax concerne un groupe extrêmement restreint de nouveaux résidents, composé de personnes très fortunées, déjà entourées d’avocats fiscalistes, de holdings familiales et de conseillers financiers chevronnés ».

    Gaëlle Barré, Conseillère des Français de l'étranger, Présidente du conseil consulaire (Rome)
    Gaëlle Barré, Conseillère des Français de l’étranger, Présidente du conseil consulaire (Rome)

    Ces profils n’entrent « pratiquement jamais en contact avec les élus consulaires » ou les services de proximité souligne notre compatriote. Leur installation en Italie s’inscrit dans une logique patrimoniale sophistiquée, très éloignée des préoccupations quotidiennes de la grande majorité des expatriés français. Il est d’ailleurs utile de rappeler que la flat tax n’est pas née d’un gouvernement de droite. Créée en 2017 sous Paolo Gentiloni, alors président du Conseil issu du centre-gauche, elle visait d’abord à inciter la diaspora italienne aisée à rapatrier ses capitaux. Avec un résultat mitigé : la Cour des comptes italienne estime que cette politique n’a pas eu d’effet significatif sur l’économie nationale.

    Une inégalité exagérée par la presse internationale ?

    À l’étranger, les titres sont plus tranchés. Le Financial Times évoque une hausse des inégalités entre Italiens et nouveaux résidents, ainsi qu’une pression immobilière accrue. Une vision qui, sur le terrain, ne correspond pas aux observations de Gaëlle Barré : « Ce n’est pas mon impression », affirme-t-elle. Sa lecture est limpide : « avec un salaire moyen d’environ 2 500 € bruts mensuels, la majorité des Italiens évoluent sur un marché résidentiel et dans un environnement économique totalement distinct de celui des très hauts revenus attirés par la flat tax ». Les deux populations ne se croisent quasiment jamais, ni dans les mêmes segments immobiliers, ni dans les mêmes circuits économiques.

    « La majorité des Italiens évoluent sur un marché résidentiel et dans un environnement économique totalement distinct de celui des très hauts revenus attirés par la flat tax »,

    Gaëlle Barré, élue des Français de l’étranger
    et présidente du conseil consulaire (Rome)

    Quant à l’impact budgétaire du dispositif, il reste marginal. Les rentrées fiscales générées par la flat tax sont estimées à quelques centaines de millions d’euros. Rapporté à un budget prévisionnel de 500 milliards d’euros en 2026, avec un solde positif dépenses/recettes d’environ 18 milliards, l’effet économique global apparaît comme une goutte d’eau. Le contraste entre perception internationale et réalité locale est frappant : là où certains journaux décrivent une politique fiscale déstabilisatrice, les chiffres comme le vécu quotidien racontent une tout autre histoire.

    Une mesure avant tout politique et communicationnelle

    Si son poids économique est limité, la flat tax reste bel et bien une arme politique. Elle l’était déjà en 2017 lorsqu’elle visait à séduire la diaspora italienne, et elle l’est encore aujourd’hui pour le gouvernement Meloni, qui s’adresse à un électorat soucieux de voir revenir des capitaux sur les places financières italiennes.

    Le Palais Montecitorio, le Parlement italien
    Le Palais Montecitorio, le Parlement italien

    La hausse à 300 000 € suit la même logique : montrer que les plus fortunés contribuent davantage dans un contexte de discipline budgétaire renforcée. Une façon pour l’exécutif italien de dire : nous restons attractifs, mais nous ne faisons pas de cadeaux disproportionnés. Car l’Italie doit conjuguer plusieurs impératifs : rassurer Bruxelles, maintenir une trajectoire budgétaire stable, tout en continuant d’attirer investisseurs et talents à l’heure où le Royaume-Uni a démantelé le statut de non-domiciled (non-résident) et où le Portugal réduit ses avantages fiscaux pour expatriés.

    Loin des fantasmes, un dispositif stable mais marginal

    Dans les faits, la hausse de la flat tax ne bouleverse rien. Les bénéficiaires actuels ne devraient pas être affectés, et ceux qui envisagent une installation disposent déjà des conseils nécessaires pour anticiper ce changement. L’attractivité de l’Italie ne s’en trouve pas entamée : qualité de vie, culture, stabilité relative, montée en puissance de Milan, autant de facteurs qui prennent souvent le pas sur la fiscalité pure. Quant aux Français d’Italie, l’essentiel est ailleurs : obtenir des services consulaires efficaces, naviguer dans un environnement administratif parfois complexe, ou encore comprendre les règles de scolarisation et d’emploi locales. La flat tax ? Un sujet de niche, éloigné des préoccupations quotidiennes de la grande majorité d’entre eux.

    La flat tax : beaucoup de bruit, peu d’impact

    L’Italie augmente sa flat tax pour les nouveaux résidents fortunés, mais l’essentiel n’est pas là. L’impact économique est limité, l’effet social largement surestimé par la presse internationale, et les Français d’Italie ne se sentent pas concernés. Pour Rome, cette hausse constitue d’abord un signal politique, un outil de communication, un marqueur de rigueur budgétaire combiné à la volonté d’attirer des capitaux. Mais certainement pas une réforme de rupture.

    La vraie question, au fond, est peut-être celle-ci : pourquoi un dispositif aussi marginal occupe-t-il autant de place dans le débat public international ? La réponse tient sans doute au fait qu’il concentre à lui seul tous les fantasmes : fiscalité privilégiée, expatriés fortunés, globalisation… alors qu’en Italie, la vie continue, loin de ces images souvent simplifiées.

  • Comment casser la spirale du déclin européen ? 

    Comment casser la spirale du déclin européen ? 

    Les faiblesses de l’économie européenne sont bien connues. Elles ont été analysées en détail par Mario Draghi dans le cadre de son rapport publié en 2024. L’Europe souffre en premier lieu d’un sous-investissement, particulièrement dans les nouvelles technologies. L’épargne des ménages est en priorité affectée au financement des déficits et à l’investissement en logement. Quand elle finance les entreprises, ce sont avant tout celles des États-Unis. Le poids élevé des dépenses de protection sociale réduit les investissements publics en absorbant une grande partie des dépenses. Il conduit à la hausse des prélèvements, ce qui limite les capacités de financement des investissements dans le secteur privé. La sortie de cette spirale infernale suppose qu’au-delà de la prise de conscience, les États membres changent leur politique et décident de se lancer dans un processus de renforcement de l’Union.

    Premier cercle vicieux : le sous-investissement technologique

    Le taux d’investissement des entreprises de la zone euro est systématiquement inférieur à celui des États-Unis depuis quinze ans. Entre 2010 et 2026, les États-Unis évoluent autour de 13-15 % du PIB quand celui de la zone euro se situe entre 11 et 12 %, malgré des taux d’intérêt historiquement faibles pendant une décennie.

    L’Europe a surtout accumulé un retard ces vingt dernières années dans les technologies de l’information et de la communication. L’investissement dans ce domaine (hors logiciels) représente en 2024 1,2 % du PIB aux États-Unis, contre 0,7 % en zone euro. En raison d’une intensité en capital plus faible et d’un positionnement des entreprises sur le moyen de gamme, la rentabilité des fonds propres (ROE) est nettement plus faible en Europe qu’aux États-Unis, et l’écart se creuse depuis 2018. Il est de 17 aux États-Unis, contre moins de 10 en zone euro. 

     Cette faible rentabilité du capital, en Europe conduit les investisseurs à privilégier les placements américains. Environ 350 milliards d’euros d’épargne européenne quittent chaque année le continent pour financer l’économie des États-Unis. Cet exode affaiblit davantage les capacités d’investissement de l’économie européenne, bouclant le premier cercle vicieux.

    Europe et Etats unis
    Photo illustration ©Stockadobe

    Deuxième cercle vicieux : la charge sociale élevée et la faible croissance potentielle

    L’Europe a fait le choix d’un système d’assurances sociales avec des couvertures santé et retraite importantes, quand les États-Unis restent dans une logique de couverture publique minimale. Les dépenses publiques de santé et de protection sociale représentent, en moyenne, 30 % du PIB en zone euro en 2024, contre 10/12 % aux États-Unis. Par voie de conséquence, les prélèvements obligatoires s’élèvent à plus de 40 % du PIB en zone euro, contre 27 % aux États-Unis. En Europe, les prélèvements élevés réduisent, par nature, les marges d’investissement du secteur privé et contraignent durablement les entreprises, surtout dans les secteurs à forte intensité capitalistique. Ils les incitent à délocaliser une partie de leur production.

    Ces dernières années, avec le vieillissement démographique, le modèle européen de protection sociale a joué contre la croissance. Celle-ci est depuis plus de 15 ans deux fois plus rapide aux États-Unis qu’en Europe. L’écart de croissance cumulée dépasse 15 à 20 points de PIB, ce qui est important. Le système de protection sociale européen, qui avait vocation à protéger la population, tend à se retourner contre elle en empêchant la hausse du niveau de vie. Les salaires réels augmentent plus faiblement en zone euro qu’aux États-Unis. Par ailleurs, les déficits publics croissants limitent les marges de manœuvre avec la montée en puissance du service de la dette.

    Troisième cercle vicieux : une épargne mal orientée

    L’épargne européenne finance les déficits publics plutôt que l’innovation. Par ailleurs, en raison d’un coût du logement élevé, l’investissement logement des ménages représente 7 points de PIB. Cette mobilisation de l’épargne en faveur du logement stérilise une partie des financements. Par ailleurs, le secteur de l’immobilier génère peu de gains de productivité. L’Europe n’a pas la capacité de dégager suffisamment de capitaux pour les secteurs de pointe. Il n’est donc pas surprenant que la valeur ajoutée du secteur des technologies de l’information et de la communication ne représente que 5 % du PIB en zone euro, contre 8 % aux États-Unis. L’Europe paie comptant l’absence d’un véritable marché des capitaux unifié.

    Investissement Dette Européenne
    Photo illustration ©Stockadobe

    Les trois cercles vicieux de l’Europe s’auto-alimentent et expliquent en grande partie son déclin. Le problème numéro un de la zone euro est lié à l’offre. Pour sortir de cette spirale infernale, une rupture de hiérarchie dans les priorités publiques est nécessaire, avec une meilleure maîtrise des dépenses sociales, une réorientation des investissements dans les technologies d’avenir, la constitution d’une véritable place financière européenne et une remontée de la rentabilité des entreprises. La difficulté provient du fait que ni l’opinion ni les gouvernements n’entendent s’engager sur cette voie. Depuis de très nombreuses années, l’Union européenne a été transformée en bouc émissaire facile, Bruxelles étant accusée de tous les maux. Or, face aux États-Unis, face à la Chine ou à la Russie, aucun État européen, Allemagne comprise, n’a la taille critique suffisante pour jouer à armes égales…

  • Crise des Airbus : une gestion efficace avec peu d’impact !

    Crise des Airbus : une gestion efficace avec peu d’impact !

    Des compagnies aériennes du monde entier ont annulé et retardé des vols ce samedi 29 novembre en raison du rappel de 6000 avions A320 par Airbus. En dépit des craintes suscitées par cette alerte hors norme, le chaos tant redouté dans les aéroports ne s’est pas produit et les annulations de vols sont restées très peu nombreuses. Les compagnies aériennes ont mis à profit les vingt-quatre heures de délais accordés par l’EASA pour effectuer les modifications nécessaires avant l’heure limite fixée au samedi soir minuit d’immobilisation des avions.

    Finalement moins d’avions concernés

    Le nombre d’appareils concernés, soit 1.273 A319, A320 et A321, s’est révélé nettement inférieur au chiffre de 6.000 avions évoqué dans un premier temps par le ministre des Transports, Philippe Tabarot, et abondamment repris dans les médias. Airbus n’ayant pas communiqué le nombre exact d’appareils concernés, la situation initiale était en effet difficile à apprécier.

    De plus, les modifications à effectuer furent limitées, dans la plupart des cas, à la réinstallation de la version précédente du logiciel incriminé. Une opération simple, régulièrement effectuée pour les mises à jour de routine, et qui ne nécessitait pas plus de trois heures d’intervention, vérifications incluses, au moyen d’un simple appareil connecté aux ordinateurs de bord.

    A320 à CGD ce 29 novembre 2025
    A320 à CGD ce 29 novembre 2025 ©AFP

    Qui est responsable ?

    C’est une mise à jour de ce logiciel, proposée par Airbus aux compagnies aériennes en 2024, dans le cadre de sa politique d’amélioration constante de ses produits, qui serait à l’origine de l’incident survenu le 30 octobre, sur un vol de la compagnie américaine JetBlue entre Cancun et New York. L’A320, en pilotage automatique, avait brusquement piqué du nez et perdu une trentaine de mètres en phase de croisière, avant de se redresser, sans raison apparente. L’enquête des autorités américaines avait conclu à un bug du logiciel, probablement provoqué par les radiations solaires. Ce qui a finalement conduit à cette directive de la FAA américaine et de l’EASA.

    Cependant, même si les compagnies ont pu reprendre leurs programmes de vol normalement, le problème n’est pas réglé pour Airbus et plusieurs questions sont encore sans réponse. Le retour à la version antérieure du logiciel a d’abord pour conséquence d’annuler plusieurs améliorations substantielles de la protection de l’enveloppe de vol apportée par la dernière mise à jour(MAJ). Une nouvelle MAJ corrigée de ses défauts sera donc nécessaire tôt ou tard. Affaire à suivre !

  • Réforme de l’AEFE, Hélène Conway-Mouret dénonce des mesures court-termistes

    Réforme de l’AEFE, Hélène Conway-Mouret dénonce des mesures court-termistes

    Depuis plusieurs semaines, le projet de réforme du réseau scolaire français à l’étranger alimente les tensions. Le Conseil d’administration de l’AEFE, réuni fin novembre, a dévoilé des mesures, mais celles-ci ont-elles rassuré ? Pour analyser ces annonces et leurs conséquences, LesFrançais.press a interrogé Hélène Conway-Mouret, sénatrice des Français de l’étranger (PS) et ancienne ministre. Membre du CA de l’Agence, elle dénonce des solutions purement comptables à court terme, qui menacent l’équilibre même du réseau et risquent d’exclure les familles les plus modestes.

    Écouter le podcast avec Hélène Conway-Mouret

    Un réseau AEFE reconnu… mais fragilisé

    Au cours de ce podcast, la sénatrice des Français établis hors de France, Hélène Conway-Mouret, membre du Parti Socialiste, ancienne ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, dresse un état des lieux contrasté du réseau AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger). Si la qualité académique n’est pas remise en cause, le reste est sujet à discussion.

    « On nous propose des mesures court-termistes pour répondre à un problème comptable, mais qui auront un impact important sur le long terme »

    Hélène Conway-Mouret, Sénatrice des Français établis hors de France

    Selon elle, « la qualité de l’enseignement » est toujours bien présente, comme le montrent « chaque année les résultats absolument exceptionnels au baccalauréat ». En revanche, le moral des personnels s’effrite : « il y a un désengagement […] de l’État, avec des coupes budgétaires » et des infrastructures qui sont parfois vieillissantes face à une concurrence d’établissements privés récents.

    Une réforme présentée… mais jugée inadéquate

    Le conseil d’administration de l’AEFE du 27 novembre devait présenter les grands axes d’une réforme attendue. Pour la sénatrice, c’est un rendez-vous manqué. « Cela ne répond absolument pas à mes attentes », affirme-t-elle. Elle dénonce une situation où les élus sont « acculés à prendre des décisions » en raison d’un déficit annoncé de 10 millions d’euros en 2026. Les mesures proposées relèvent donc, selon elle, d’une logique purement comptable, dont les conséquences pèseront lourdement sur les familles.

    Hélène Conway-Mouret, Sénatrice des Français établis hors de France
    Hélène Conway-Mouret, Sénatrice des Français établis hors de France

    À partir de 2026, les contributions demandées aux établissements pour financer les enseignants détachés grimperaient, par exemple, à 37 %, puis 50 % en 2027. Cela entraînera forcément « des répercussions sur les frais de scolarité » et risque un « effet d’éviction » durable des familles. « On nous propose des mesures court-termistes pour répondre à un problème comptable, mais qui auront un impact important sur le long terme notamment sur la possibilité des familles à continuer à scolariser leurs enfants dans le réseau », dénonce notre invitée.

    Le risque d’un réseau éclaté au sein de l’AEFE ?

    Pour Hélène Conway-Mouret, le gouvernement s’orienterait peut-être volontairement vers un nouveau paradigme : celui d’un réseau reposant principalement sur des acteurs privés. Elle met en garde : « un établissement privé (…) ne fait pas du mécénat ». À terme, l’abandon d’une tutelle forte signifierait la fin d’un réseau cohérent, comme celui que la France a construit en promouvant des valeurs essentielles, notamment la laïcité. « Peut-être que c’est la volonté » de certains, glisse-t-elle, appelant à un courage politique pour moderniser le réseau des établissements français à l’étranger.

    « On demande à l’agence de doubler le nombre d’élèves
    et on lui supprime 30 millions (…) à quel opérateur, qu’il soit privé ou public, on peut donner une mission telle que celle-ci, en lui coupant les moyens »

    Hélène Conway-Mouret, Sénatrice des Français établis hors de France

    L’ancienne ministre demande un retour à une coopération active entre le ministère de l’Éducation nationale et celui des Affaires étrangères. « Il n’y a pas suffisamment d’interactions », regrette-t-elle. Elle rappelle les succès de la période où les deux ministères travaillaient main dans la main, comme l’intégration du CNED, outil précieux pendant la crise sanitaire. Pour elle, l’État a longuement fragilisé l’AEFE : « On demande à l’agence de doubler le nombre d’élèves et on lui supprime 30 millions ». Les ponctions répétées ont fini par épuiser toute marge de manœuvre. Mais l’avenir de l’AEFE ne relève pas uniquement de l’aspect budgétaire, c’est aussi un enjeu stratégique.

    Un message pour la nouvelle ministre Éléonore Caroit

    Pour conclure, nous avons demandé à Hélène Conway-Mouret, forte de son expérience ministérielle, quel message elle souhaiterait adresser à la nouvelle ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, Éléonore Caroit pour faire avancer les dossiers concernant nos compatriotes établis hors de France : « Ne pas avoir peur de se saisir de toutes les problématiques […] dans un esprit de réforme » propose notre invitée.

    Hélène Conway Mouret à la tribune du Sénat
    Hélène Conway Mouret à la tribune du Sénat

    Elle rappelle ainsi qu’elle-même avait organisé les premières assises de l’enseignement français à l’étranger et produit, avec deux parlementaires, plus de 100 propositions toujours pertinentes : « Il y a une manne de connaissances dans laquelle on pourrait puiser ». Ce qu’elle déplore aujourd’hui avec la réforme de l’AEFE, c’est une consultation de façade : « Je vous ai parlé mais je ne vous ai pas entendu » pourrait être la phrase qui résume les concertations antérieures à la réforme. C’est pourquoi, « je suis très déçue » conclut la sénatrice.

  • 50 ans après Phnom Penh : mémoire et renaissance du Cambodge

    50 ans après Phnom Penh : mémoire et renaissance du Cambodge

    Il y a 50 ans, le 17 avril 1975, Phnom Penh tombait aux mains des Khmers rouges, plongeant le Cambodge dans l’un des chapitres les plus sombres de son histoire. Aujourd’hui, Iv, réalisateur du film « Cambodge après l’adieu » et organisateur de l’événement « Pour un sourire d’avenir », revient sur cette tragédie à travers un projet mémoriel et artistique unique. Son objectif ? Transformer la douleur en résilience, et la mémoire en reconstruction.

    Ecouter le podcast avec Iv Charbonneau Ching

    Un événement pour ne pas oublier, mais aussi pour avancer

    Le 28 novembre 2025, l’association « Pour un sourire d’enfant » (PSE) et Iv Charbonneau Ching lancent « Pour un sourire d’avenir », un événement commémoratif mêlant témoignages, photographies, films et échanges. « En 2025, il me semblait essentiel de marquer ces 50 ans, non pas pour nous enfermer dans le passé, mais pour en faire un tremplin vers l’avenir », explique Iv.

    Une programmation utile et vivante

    Son film : « Cambodge après l’adieu » (2012), est personnel et se relate le retour de sa famille au Cambodge, 35 ans après leur fuite. Il propose également des témoignages inédits dont ceux de quatre survivants ayant vécu la chute de Phnom Penh depuis l’ambassade de France, dont le photographe de guerre Roland Neveu.

    « Je voulais transformer la mémoire en espoir »

    Iv Charbonneau Ching, réalisateur

    Une exposition photo « Cambodge après l’adieu », signée Roland Neveu, qui capture l’émotion brute de cette période est également programmée. Un dialogue culturel : Avec « La beauté du geste », un film de Xavier de Lauzanne sur le Ballet royal du Cambodge, symbole de la renaissance culturelle du pays est aussi annoncé.  « Je ne voulais pas d’une commémoration morbide. Avec PSE nous avons choisi de faire de cet événement quelque chose d’utile, de vivant », nous explique Iv Charbonneau

    « Cambodge après l’adieu » : un film pour retisser les liens brisés

    Au cours de ce podcats, Iv se souvient : « Depuis mon enfance, j’ai été hanté par des questions sans réponses : qui étaient mes grands-parents ? Où étaient passés mes oncles ? » Son film, « Cambodge après l’adieu », est né de cette quête. « En réalisant ce film, j’ai voulu donner un sens à cette mémoire familiale, la rendre collective. »

    Le documentaire est un « road movie » émotionnel, où Iv et sa famille partent à la recherche des disparus.

    Habitants Phnom Penh
    Les habitants de Phnom Penh, avril 1975

    « Nous avons retrouvé des survivants que nous croyions morts. Ce film a permis de recréer des liens, de reconstituer une partie de notre histoire. » Mais au-delà de l’histoire personnelle, le film pose une question universelle : comment se reconstruire après l’indicible ? « Les Cambodgiens, en 1975, ne comprenaient pas ce qui leur arrivait. Ils croyaient à la fin de la guerre civile, pas à l’horreur qui suivrait », raconte Iv.

    La mémoire comme acte de résistance

    Les Khmers rouges ont tenté d’effacer l’histoire du Cambodge : détruire les livres, éliminer les intellectuels, briser la culture. « Leur ambition était de créer un homme nouveau, sans passé. La résistance, aujourd’hui, c’est de faire revivre cette mémoire », souligne Iv. C’est le rôle des associations comme PSE, qui œuvrent depuis 30 ans pour éduquer les enfants cambodgiens et préserver la culture. « PSE a sauvé des milliers d’enfants de la misère. Aujourd’hui, certains d’entre eux dirigent l’association. C’est ça, la résilience. »

    « Se tourner vers l’avenir, sans oublier oublier »

    Iv Charbonneau Ching, réalisateur

    L’événement « Pour un sourire d’avenir » s’inscrit dans cette logique : transmettre pour ne pas oublier, mais aussi pour inspirer. « La culture cambodgienne, la danse, la musique, la gastronomie, est une forme de résistance. Elle montre que le pays a survécu, et qu’il se reconstruit. »

    Un message pour les jeunes générations

    En tant que professeur d’histoire et d’audiovisuel, Iv observe un paradoxe : « Au Cambodge, les jeunes connaissent peu cette période. Pour eux, c’est parfois lointain, voire incroyable. » Pourtant, il est crucial de transmettre cette mémoire.

    « Mon rôle est de leur montrer que cette histoire, aussi douloureuse soit-elle, fait partie de leur identité. Et que la reconstruction passe par la compréhension du passé. »

    Un devoir de mémoire : « Pour que le monde se souvienne de ce qui s’est passé. »

    Un message d’espoir : « Pour montrer que même après l’horreur, la vie reprend ses droits. »

    « Ce qui m’a frappé en réalisant ce projet, c’est la capacité des Cambodgiens à se relever. Leur résilience est une leçon pour nous tous. »

    Infos pratiques :

    Événement : « Pour un sourire d’avenir »

    « Cambodge après l’adieu »
    Un documentaire de Iv Charbonneau Ching sur le voyage d’une famille au Cambodge après la fuite et l’exil.
    Le 02/12- 19h00 à Kino Eaton House – Jordan
    Le 08/12- 19h00 à Kino Eaton House – Jordan


    Billet Ici

    « La beauté du geste » de Xavier de Lauzanne
    Un film sur la persistance de la pratique ancestrale du ballet cambogien dans une société marquée par le génocide.
    Témoignages et discussions –
    03/12 à 19h00 à Two Taikoo Place 3F – Quarry Bay


    Billet Ici

    « Venez découvrir une histoire de mémoire, de résilience, et d’espoir. Parce que se souvenir, c’est déjà reconstruire. »

    Pour en savoir plus :
    Site de l’association « Pour un sourire d’enfant »

    TRAILER DE POUR UN SOURIRE D’AVENIR :



    Faire un don à l’association Pour un sourire d’enfant (PSE) ICI

  • Les étrangers ont sauvé la saison hôtelière

    Les étrangers ont sauvé la saison hôtelière

    Au troisième trimestre 2025, la fréquentation des hébergements touristiques collectifs en France progresse nettement. Mesurée en nombre de nuitées, elle augmente de 2,9 % par rapport à la même période de 2024. Tous les segments enregistrent une amélioration :

    • hôtellerie : +4,3 % ;
    • campings : +2,2 %, ;
    • autres hébergements collectifs : +2,4 %.

    Hôtellerie : dynamisme de la clientèle étrangère

    Les hôtels totalisent 69,2 millions de nuitées, soit 2,8 millions de plus qu’un an auparavant. Cette progression est presque entièrement imputable aux visiteurs étrangers dont la fréquentation bondit de 11,4 % (+3 millions de nuitées), tandis que la clientèle française recule très légèrement (–0,2 %, soit 80 000 nuitées en moins).

    Parmi les visiteurs européens, les Allemands constituent le contingent le plus dynamique (+10,2 %, soit environ 270 000 nuitées supplémentaires).

    Hors Europe, la demande américaine progresse fortement (+14,7 %, +500 000 nuitées). Les clientèles asiatiques et océaniennes se distinguent également avec une hausse spectaculaire de 30,2 % (+270 000 nuitées).

    La montée en puissance du haut de gamme se confirme :

    • Hôtels 4 et 5 étoiles : +9,9 % ;
    • 3 étoiles : +4,9 % ;
    • 1 et 2 étoiles : +0,9 % ;
    • Non classés : -9,6 %.

    La fréquentation progresse dans toutes les zones :

    • Littoral : +2,0 % ;
    • Montagne : +2,0 % ;
    • Autres territoires : +5,6 %.

    Elle augmente notamment dans l’urbain dense (+7,3 %), plus modérément dans les espaces intermédiaires (+1,5 %) et de manière marginale en zone rurale (+0,8 %).

    Comme chaque année au cœur de l’été, la part du tourisme d’affaires chute fortement et ne représente plus que 23 % des nuitées, contre 37 % au premier trimestre et 30 % au deuxième. La baisse structurelle du tourisme professionnel se poursuit : les nuitées d’affaires reculent de 14,5 % sur un an (–2,7 millions), un mouvement amplifié par la généralisation des réunions à distance et les contraintes environnementales. Les communes urbaines sont les plus touchées.

    Hotel Martinez à Cannes
    Hotel Martinez à Cannes © Hotel Martinez

    Campings : plus de 107 millions de nuitées

    Les campings enregistrent 107 millions de nuitées, soit 2,2 % de plus qu’au troisième trimestre 2024 (+2,3 millions). La hausse concerne autant les Français (+2,2 %, +1,6 millions) que les visiteurs internationaux (+2,1 %, +700 000). La demande est particulièrement forte dans les campings 4 et 5 étoiles (+3,3 %). Elle est stable dans les 3 étoiles et recule dans les 1 et 2 étoiles (–2,8 %).

    Le littoral concentre, comme à l’accoutumée, la majorité des nuitées (56 %, soit près de 60 millions). La fréquentation y progresse de 2,7 %. Les massifs de montagne (+1,4 %) et les territoires hors littoral et montagne (+1,6 %) connaissent également une légère hausse.

    Autres hébergements collectifs : progression tirée par les résidences de tourisme

    Les autres hébergements collectifs (AHCT) totalisent 34,7 millions de nuitées, en hausse de 2,4 % (+800 000). La progression est presque entièrement dûe à la clientèle internationale, en forte augmentation (+12,1 %). Les résidences de tourisme, qui représentent environ 70 % de l’ensemble des nuitées AHCT, tirent le secteur (+3,5 %). Les autres établissements, villages vacances, centres de plein air, auberges de jeunesse, restent globalement stables. La demande progresse légèrement sur le littoral (+0,8 %) et davantage hors littoral et montagne (+6,2 %), mais recule faiblement en zone de montagne (–0,6 %). Selon la typologie des territoires, la fréquentation augmente en urbain dense (+5,2 %) et dans le rural (+2,4 %), mais se contracte dans l’urbain intermédiaire (–0,6 %).

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