Fanny Pigeaud et Ndongo Samba Sylla étudient un pan souvent méconnu de la politique française africaine : les élections. L’ouvrage analyse en détail comment la France utilise et manipule les scrutins dans le seul objectif de maintenir sa domination. Plongée dans les méandres de la Françafrique.
De la colonisation aux élections truquées
Sous la colonisation, l’enjeu était de limiter le poids électoral des autochtones. Consciente ensuite que la question de l’indépendance des pays africains ne pourrait être évitée, « la France aura donc finalement utilisé les élections pour fabriquer, sélectionner une élite dirigeante dotée d’un double profil bien caractéristique : une légitimité populaire souvent douteuse et une posture de dépendance vis-à-vis de l’ancienne métropole ».
Un procédé de fabrication usant de fraude électorale et d’élimination des opposants qui sera repris par les potentats africains avec la complicité de l’ancienne puissance coloniale. Comme le soulignent les auteurs, la mise en place de la 5e République en France a permis d’octroyer au président un pouvoir sur les affaires africaines se révélant sans partage et sans contrôle. Désormais les pays du pré carré connaîtront une « démocratie de basse intensité ». Regards sur la Françafrique.
Regarder l’interview de la journaliste Fanny Pigeaud
Depuis le 06 février, et le déjeuner qui a réuni Emmanuel Macron et Gabriel Attal, la fin de la composition de l’équipe du Premier ministre se fait attendre. Au final, il a fallu plusieurs jours pour découvrir les « heureux élus ». Rappelons que les expatriés étaient depuis la démission d’Olivier Becht, avec Elisabeth Borne, sans titulaire, l’impair a été réparé avec la nomination de Franck Riester comme Ministre délégué aux Français de l’étranger et au Commerce extérieur, à l’Attractivité, et à la Francophonie.
Dans ce nouveau gouvernement, un député des Français de l’étranger, Roland Lescure, élu en Amérique du Nord, a réussi à conserver le portefeuille de l’Industrie qui est en plus élargi.
Franck Riester, ministre des Français de l’étranger
On le savait mais la nouvelle a été confirmée hier après-midi vers 15h, Olivier Becht n’a pas été reconduit. Et pour le remplacer, c’est Franck Riester, fidèle parmi les fidèles, qui a été nommé Ministre délégué aux Français de l’étranger. Un portefeuille qui viendra s’ajouter au Commerce extérieur, à l’Attractivité, et à la Francophonie. Sur son bureau, l’attendent de nombreux dossiers, comme la résidence de replis, le Service civique, le Pass culture, la crise à l’AEFE, la refonte du STAFE et bien d’autres.
Roland Lescure, l’Énergie en plus !
L’idée du retour du portefeuille de l’énergie au ministère de l’Économie et des Finances, dans la configuration qui existait avant le Grenelle de l’environnement de 2007, circulait depuis plusieurs semaines. Finalement, Bruno Le Maire a remporté son bras de fer et c’est Ronan Lescure, déjà Ministre de l’industrie, lors du précédent exercice, qui hérite de ce portefeuille.
À Bercy, on assure que ce changement de périmètre est le résultat d’une réflexion collective, et pas d’un desideratum de Bruno Le Maire. « Il y a eu une concertation entre le ministre de l’Économie et des Finances, le président de la République et le Premier ministre, et il est apparu que cela faisait sens de rapprocher industrie et énergie pour accélérer la réindustrialisation », explique un proche du numéro deux du gouvernement Attal.
Le rattachement de l’énergie au ministère de l’Économie faisait d’ailleurs partie des premières recommandations faites par la Commission d’enquête parlementaire sur la souveraineté énergétique , présidée par le député de Haute-Savoie, Antoine Armand.
Bonjour nous sommes le vendredi 09 février, et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Évidemment, on ouvre cette édition en vous révélant le nom du nouveau ministre des Français, on fera le point sur le député qui représente les expatriés et qui conserve sa place sur le banc des ministres, et on finira sur le nouvel an chinois, c’est demain !
Franck Riester devient ministre des Français de l’étranger
On le savait mais la nouvelle a été confirmée hier après-midi vers 15h, Olivier Becht n’a pas été reconduit. Et pour le remplacer, c’est Franck Riester, fidèle parmi les fidèles, qui a été nommé Ministre délégué aux Français de l’étranger. Un portefeuille qui viendra s’ajouter au Commerce extérieur, à l’Attractivité, et à la Francophonie. Sur son bureau, l’attendent de nombreux dossiers, comme la résidence de replis, le Service civique, le Pass culture, la crise à l’AEFE, la refonte du STAFE et bien d’autres.
Ronan Lescure reste au gouvernement
Le député des Français d’Amérique du Nord, Ronan Lescure, déjà Ministre de l’industrie sous Elisabeht Borne conserve son poste et hérite en plus de l’Energie. L’idée du retour du portefeuille de l’énergie au ministère de l’Économie et des Finances, dans la configuration qui existait avant le Grenelle de l’environnement de 2007, circulait depuis plusieurs semaines. Un signe de confiance de Bruno Le Maire envers notre élu.
Le Nouvel An lunaire ou Nouvel An Chinois (Nongli Xinnian) aussi appelé Fête du Printemps 春节 (Chunjie) ou Fête du Têt au Vietnam est le festival ancestral le plus important pour les communautés asiatiques à travers le monde entier. Cette année c’est demain le 10 février que l’Asie basculera dans l’année du Dragon de bois. Elle vient juste après l’année du Lièvre d’eau et se terminera le 28 janvier 2025 pour laisser la place au Serpent de bois.
C’est tout pour cette semaine à lundi pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger ! Bon week-end à toutes et à tous !
Le jeudi 15 février à 18h30 (heure de Londres) le député Alexandre Holroyd organise une table ronde sur les enjeux et les risques que présentent pour l’Europe les prochaines élections américaines de novembre.
L’Europe toujours exposée
Parce qu’ils sont les premiers partenaires directs des Etats-Unis, les Européens seront les plus exposés si Donald Trump est réélu, comme l’état actuel des sondages le laisse présager. Angela Merkel, son souffre-douleur favori, n’est plus là, mais il n’aura aucun mal à en choisir un autre. Le G7 et les sommets de l’OTAN redeviendront des moments imprévisibles mettant à mal l’institution et déstabilisant l’influence internationale des pays qui en sont membres.
En effet, une victoire républicaine lors du scrutin de novembre, quel que soit le candidat, menace de perturber gravement la politique étroitement alignée de l’Occident à l’égard de l’Ukraine. Les États-Unis sont le principal donateur d’aide militaire et financière à Kyiv, mais ce soutien a été interrompu par les appels de certains au sein du parti républicain à réduire les paiements.
Dans son rapport annuel, le cabinet de conseil en risques politiques, Eurasia Group, estime que le scrutin du 5 novembre « mettra à l’épreuve la démocratie américaine à un niveau que la nation n’a pas connu depuis 150 ans », une référence à la guerre civile américaine.
Si les Européens avaient voulu se préparer à une telle éventualité, ils auraient pu le faire en suivant l’idée française d‘autonomie stratégique. En l’état les pays d’Europe sont extrêmement dépendants des Etats-Unis d’Amérique sur le plan militaire et c’est pourquoi il aurait fallu réfléchir à la meilleure façon de développer des capacités militaires sur le vieux continent, de sorte à compenser l’éventuel départ des troupes américaines. N’oublions que Donald Trump, alors qu’il occupait encore le Bureau ovale, s’était ouvertement interrogé sur la pertinence de l’appartenance des Etats-Unis à l’OTAN.
Ce 15 février, le député des Français du Royaume-Uni et des Etats scandinaves, Alexandre Holroyd, organise à Londres, dans la capitale du pays qui tente de maintenir l’Europe et les USA amarrés, une table ronde avec des experts sur le sujet. Dans le cadre du Queen’s Gate House, 65-67, les spécialistes échangeront, directement, avec les Français du Royaume-Uni autour de discussions nourries.
Ainsi le parlementaire français recevra à cette occasion :
– Benjamin Haddad, député Renaissance, chercheur en relations internationales et auteur de l’ouvrage Paradis Perdu : l’Amérique de Trump et la Fin des Illusions Européennes, éditions Grasset, 2019.
– Sophie Pedder, cheffe du bureau et correspondante économique et politique de The Economist à Paris et anciennement au service Europe à Londres. Cette table ronde sera l’occasion de discuter des enjeux que revêtent les prochaines élections américaines, notamment les conséquences qu’elles vont avoir en Europe.
– Julie Norman, directrice adjointe du Centre on US Politics (CUSP) de UCL et maîtresse de conférences en politique et relations internationales à UCL.
L’Amérique change et la politique étrangère américaine change aussi avec elle
Pour la plupart des États Membres de l’UE, l’alliance européenne avec les États-Unis a longtemps été l’élément central de leur politique étrangère et de sécurité. Toutefois, le tumulte de l’administration Trump et la révolution plus policée de la politique étrangère des premières années du mandat Biden ont démontré une chose : l’ancien monde façonné par l’Amérique – et l’ancien marché qu’elle a conclu avec l’Europe – va peu à peu disparaître.
Pour les Européens, qui restent très dépendants des garanties de sécurité américaines, naviguer dans le monde turbulent de la politique intérieure et étrangère des États-Unis demeure une question existentielle. En conséquence, la crainte de l’arrivée au pouvoir d’un président républicain en 2025 est particulièrement élevée sur le continent.
On continue notre série sur le retour en France en se penchant cette fois sur le retour à l’activité professionnelle en France. Pour certains qui étaient détachés ou en mission, la reprise de poste peut paraître naturelle, quoique ! On le verra. Pour d’autres, il va falloir retrouver un emploi en France en valorisant son expérience à l’étranger ou ses diplômes. Ce qui n’est pas si évident !
Rentrer de détachement ou de mission pour un employeur français
Dans la pratique, les sociétés, qui expatrient leur personnel, incluent une clause dans l’avenant signé avant le départ. Ce document détaille le retour du salarié dans la société d’origine. Généralement, la société prévoit la réintégration du salarié à un poste aux fonctions équivalentes à celui qu’avait le salarié avant son départ de France.
Pourtant, le retour peut être très difficile pour le salarié et sa famille. Le salarié au cours de sa mission est souvent pris en charge dans le pays d’accueil, ce qui lui rend parfois la vie plus facile que dans le pays d’origine. Au cours de sa mission, il ou elle peut bénéficier d’avantages en nature tels que des cours de langue, d’un logement, d’aides à domicile, des frais de scolarité pour les enfants, qu’il ou elle perd au moment de son retour en France.
Ainsi, on le voit, le retour doit donc être minutieusement préparé pour permettre au salarié de se réadapter dans les meilleures conditions. Pour ce faire, il faut réfléchir au poste qu’occupera le salarié à son retour en France, à la zone géographique et le cas échéant l’aider à retrouver un nouveau logement. Notons que certaines entreprises proposent, en plus, une aide au conjoint du salarié pour retrouver un poste lors du retour en France.
La 1re étape sera de mesurer l’éventuel décalage entre votre expérience à l’étranger et l’évolution des profils recherchés en France. Vous pouvez avoir acquis des responsabilités en termes de management à l’étranger, mais ne pas avoir suivi les dernières évolutions techniques. Il y a là un véritable risque de dépassement opérationnel. De même, sur un plan managérial, la gestion des équipes est parfois fort différente. On parle alors d’un dépassement culturel.
Éloignement du siège, développement, création d’activités à l’étranger sont facteurs d’autonomie et de responsabilité. Sur ces points, vous ne retrouverez pas toujours, en France, un poste à la hauteur de celui que vous occupiez. De la même manière, si quelques dépenses courantes étaient prises en charge à l’étranger (éducation, transport, logement) vous pourriez voir baisser votre niveau de vie à votre retour.
Pour vous y préparer au mieux, investiguez votre marché du travail et plus particulièrement prenez connaissance des salaires par fonction. Chaque situation étant bien particulière, la rubrique de France Diplomatie sur le sujet, précise chacun des scénarios possibles. Pensez aussi à vous inscrire à France Travail, le nouveau nom de Pôle emploi. Des associations, comme France Retour Accueil, peuvent vous accompagner aussi dans vos démarches. L’Union des Français de l’étranger (UFE) propose aussi un service d’accompagnement au retour comme l’ADFE-Français du monde.
Aussi il est important de souligner que certains expatriés ont été confrontés, à leur retour, à un choc culturel inversé. Ce décalage n’est pas directement lié à la durée du séjour à l’étranger : 6 mois en Afrique seront plus dépaysants que 2 ans en Belgique. Ce choc se caractérise par une perte des repères, conjuguée à un sentiment d’incompréhension. À cet effet, il est essentiel de prendre en compte les regrets qu’on pourra avoir dans le cadre du retour pour agir au mieux.
Pour autant, l’expérience acquise à l’étranger devrait vous permettre de vous adapter rapidement.
Valoriser votre acquis qu’il soit le fruit d’une expérience professionnelle ou issu de diplômes n’est pas si évident.
Pour ceux qui ont travaillé pendant leur expatriation, il s’agira dans un premier temps de faire le point sur votre expérience à l’étranger afin de la présenter à autrui comme une plus-value pour votre projet professionnel. Autrement dit, expliquez dans quelle mesure ce vécu n’est pas une parenthèse dans votre parcours, mais un véritable choix.
Dans un second temps, il faudra identifier les compétences, les qualités (adaptation, autonomie, ouverture d’esprit, etc.) et les savoir-faire extra-professionnels (organiser un voyage à l’étranger, trouver un job sur place, etc.) que vous avez développés lors de cette expérience. Les compétences interculturelles, personnelles, communicatives et linguistiques acquises pendant votre séjour à l’étranger ne doivent jamais être sous-estimées.
Pour ceux qui ont étudié et obtenu leur diplôme ou pour ceux qui ont transformé leur expérience professionnelle en diplômes locaux, nous vous invitons à consulter l’article dédié « Reconnaissance des diplômes ! La galère pour tous ? ». Vous y découvrirez les différentes possibilités, à noter que les démarches seront facilitées si vous rentrez d’un pays membre de l’UE ou de l’EEE.
Apple connaît un début d’année 2024 difficile. La firme de Cupertino a été contrainte de supprimer des fonctionnalités sur deux modèles de montres intelligentes à la suite d’un litige en matière de brevets. La société américaine est poursuivie par le ministère américain de la Justice pour non-respect de la loi anti-trust. Elle perd des parts de marché en Chine qui représente son deuxième marché pour les smartphones. Plusieurs analystes de Wall Street ne manquent pas de souligner que le cours de l’action Apple est nettement surévalué, rappelant que cette dernière est avant tout un fabriquant de téléphones.
Le 11 janvier, face à l’accumulation de mauvaises nouvelles, Apple a cédé temporairement sa place de première capitalisation mondiale à Microsoft. Elle a un réel besoin de se réinventer pour maintenir son avance sur ses concurrents. Le 2 février, la firme de Tim Cook a lancé la commercialisation de Vision Pro, un casque de réalité augmentée sur lequel elle travaille depuis des années. Ce gadget haut de gamme, vendu 3 499 dollars, représente un pari important permettant de développer une nouvelle « plate-forme » technologique visant à remplacer, à l’avenir, le smartphone comme noyau de l’expérience numérique des consommateurs. Le pari est risqué comme en témoigne l’échec des lunettes connectées lancées il y a quelques années par Google.
Pour le moment, les réactions face au casque d’Apple sont mitigées. Netflix, Spotify et YouTube ont annoncé qu’ils n’adapteraient pas leurs applications de streaming populaires sur le casque jugeant les coûts de développement onéreux au vu du potentiel de diffusion de ce produit.
Apple, une société de plus en plus services
Apple a toujours connu des hauts et des bas depuis sa création même si, depuis 2010, sa capitalisation boursière figure parmi les dix premières mondiales. Longtemps considérée comme un fabricant de matériel informatique, son cours était faiblement attractif car son ratio cours/bénéfice était inférieur à 20. Ce niveau est comparable à celui d’entreprises d’ordinateurs comme HP ou Lenovo qui enregistrent de faibles croissances et des marges réduites. Ce ratio était, dans les années 2010, inférieur à la moyenne des grandes entreprises américaines de l’indice S&P 500.
À la fin des années 2010, la situation a évolué avec la montée en puissance des revenus de l’activité « services ». Apple tire 24 milliards de dollars de revenus de son service d’accès aux applications, App Store. Les recettes publicitaires s’élèvent également à 24 milliards de dollars. Apple Music et Apple TV génèrent par ailleurs des flux financiers de plus en plus importants. Tous les services ont représenté, en 2023, 85 milliards de dollars de chiffres d’affaires contre 24 milliards de dollars en 2016. Ils assurent désormais 10 % du chiffre d’affaires global et sont la deuxième source de revenus, derrière les iPhones (200 milliards de dollars sur un total de 380 milliards de dollars). La marge bénéficiaire brute pour la branche services d’Apple est de 71 %, contre 37 % pour les appareils.
Ces revenus offrent l’avantage d’être récurrents. Au fur et à mesure de la montée en puissance des services dans le chiffre d’affaires, la rentabilité globale d’Apple a également augmenté, passant de 38 % en 2018 à 44 % en 2023. Cette réorientation des activités avec, en parallèle, la montée en gamme des iPhones a permis une augmentation du cours de l’action. Le ratio cours/bénéfice d’Apple a été ainsi porté à 30, au-dessus de la moyenne du S&P 500 et supérieur à celui d’Alphabet (la société mère de Google). Il demeure néanmoins inférieur à celui de Microsoft (38) et d’Amazon (72), deux sociétés qui ont misé, il y a de nombreuses années, sur le service.
Apple doit aujourd’hui faire face à des menaces d’importance variable. En octobre dernier, la Commission du commerce international, une agence fédérale américaine, a statué qu’Apple avait violé le droit des brevets en utilisant un capteur de mesure d’oxygène appartenant à Masimo, un fabricant d’appareils médicaux. Apple a arrêté de vendre les modèles contenant la technologie incriminée. Elle a repris les ventes quelques jours plus tard en ayant réussi à désactiver le capteur litigieux.
Le problème juridique le plus important concerne son activité de services. En mars, l’entrée en vigueur de nouvelles règles européennes obligeront Apple à autoriser l’installation d’applications sur ses appareils sans passer par son App Store. Or, actuellement, elle prélève 30 % sur tous les achats effectués sur son application. Elle pourra difficilement maintenir un tel montant de frais. Apple a intenté une action en justice contre ces règles, preuve qu’elles remettent en cause son activité de services.
Aux États-Unis, l’administration tente de prouver qu’Apple a recours à des pratiques anticoncurrentielles. À cette fin, elle cherche à savoir si la montre intelligente d’Apple fonctionne mieux avec l’iPhone qu’avec d’autres smartphones et pourquoi son service de messagerie n’est pas disponible sur les appareils concurrents. Globalement, 20 milliards de dollars de chiffres d’affaires sont en jeu.
La principale source de vulnérabilité pour Apple réside dans l’évolution de ses ventes de produits physiques. En 2023, Apple a vendu 220 millions d’iPhones, soit à peine plus que les 217 millions vendus en 2017. En 2024, ce chiffre pourrait être plus faible. Depuis plusieurs années, la marque à la pomme a compensé la stagnation de ces ventes par une augmentation des prix mais cette politique a atteint ses limites. La croissance annuelle des revenus est tombée à 2 % au cours des deux dernières années, contre une moyenne de 10 % entre 2012 et 2021.
Plusieurs de ses concurrents tentent de lui prendre des parts de marché dans le haut de gamme en offrant l’accès à des applications d’intelligence artificielle « générative » de type Chaptgpt. Samsung a lancé en début d’année une nouvelle gamme de téléphones intelligents. Ces nouveaux appareils incluent la traduction vocale en temps réel et l’édition photo et vidéo pouvant être exploitées automatiquement sur les réseaux sociaux ou sur les sites web. Les appareils sont en vente huit mois avant les prochains iPhones.
Par ailleurs, Apple communique peu sur les nouvelles technologies en-dehors de ses grandes conférences de presse. Les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis handicapent de plus en plus Apple. La Chine représente, en effet, 17 % de son chiffre d’affaires. Le concurrent chinois, Huawei, a augmenté ses parts de marché de six points environ en 2023. En août dernier, Huawei, ne pouvant plus accéder aux technologies américaines pour des raisons de sécurité nationale, a réussi à lancer son premier appareil 5G contenant des microprocesseurs de dernière génération fabriqués en Chine. Le gouvernement de l’Empire du Milieu incite, de plus en plus, ses habitants à acheter chinois.
Apple reste dépendant, par ailleurs, de la Chine en matière de production. 90 % des iPhones y sont toujours fabriqués. Il en est de même pour la plupart des ordinateurs Mac et des iPads. Apple serait exposé de manière importante en cas de tensions géopolitiques liées à des tentatives d’invasion de Taiwan par le gouvernement de Pékin.
Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche représente également une menace pour Apple. Le candidat à la présidence entend augmenter les droits de douane pouvant donner lieu à des mesures de rétorsion. Le gouvernement chinois prendra-t-il néanmoins le risque d’aller jusqu’à l’interdiction des ventes d’Apple sur son territoire sachant que plus de 3 millions de salariés chinois travaillent pour cette dernière ?
L’intelligence artificielle, porte de salut ?
Apple est confronté à un problème de renouvellement de ses produits qui jusqu’à maintenant ont réussi à concilier technologie de pointe, esthétisme et simplicité d’usage. En recourant aux techniques du secteur du luxe, Apple a un positionnement unique dans le secteur de la haute technologie. Sa place n’en demeure pas moins fragile. Apple a refusé d’innover au niveau de ses ordinateurs en ne les dotant pas d’écran tactile. Sur ce créneau, elle est de plus en plus concurrencée par Microsoft. Apple ne reste pas inactive en matière de recherche technologique.
Des avancées sont attendues en matière d’intelligence artificielle. En octobre dernier, des chercheurs de l’entreprise et de l’Université de Columbia ont publié un modèle d’IA open source appelé Ferret pouvant être intégré à terme sur des smartphones. Au mois de juin prochain, une mise à jour du système d’exploitation d’Apple, devrait inclure des améliorations de l’IA pour Siri, son assistant vocal. Une IA générative devrait être prochainement intégrée dans le moteur de recherche d’Apple afin de concurrencer celui de Microsoft.
Sur le terrain commercial, Apple entend se développer dans les pays émergents et en développement en-dehors de la Chine. Même si ses positions sont fragiles, Apple fait toujours rêver les consommateurs comme les investisseurs. Microsoft qui est la deuxième capitalisation mondiale a opté pour un développement axé essentiellement sur les services avec des revenus récurrents. Son succès avec Chaptgpt a favorisé l’augmentation du cours de son action. Ses ordinateurs sont certainement plus performants que ceux d’Apple mais ils sont moins tendance.
Les États membres et le Parlement européen ont reconnu mardi (6 février) le nucléaire comme technologie stratégique pour la décarbonation de l’UE, après des mois d’âpres négociations à Bruxelles autour du Net-zero industry act (NZIA).
Mi-mars 2023, la Commission européenne présentait un projet de règlement pour accélérer le développement des industries « vertes » face à l’écart qui se creuse avec la Chine et les Etats-Unis.
À cette fin, la loi pour une industrie « zéro net » (Net-Zero Industry act, NZIA, en anglais) prévoit d’accélérer le déploiement de sites de production de composants pour les technologies propres sur le sol européen, liés notamment aux énergies renouvelables, batteries électriques ou pompes à chaleur.
Dans ce cadre, les négociateurs du Parlement européen et des États membres, réunis en « trilogues », ont confirmé mardi (6 février) le caractère « stratégique » des projets relatifs à l’énergie nucléaire, intégrée dans une liste unique de technologies qui profiteront des dispositions du NZIA.
C’est, en somme, « un mix des deux mandats [conseil de l’UE et Parlement], avec une liste plus complète que celle proposée par les États membres », explique Christophe Grudler à Euractiv France à la sortie des négociations auxquelles il a pris part en tant que référent du groupe Renew Europe sur le dossier et fervent défenseur de l’atome.
Sont ainsi couvertes les technologies nucléaires déjà éprouvées et les technologies futures de 3e et 4e génération, c’est-à-dire de petits réacteurs modulaires avec technologies existantes (small modular reactors, SMR, en anglais), les réacteurs de technologies avancées (advanced nuclear reactors, AMR, en anglais). Sont aussi concernées leurs chaînes de combustibles.
La déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire, Valérie Faudon, y voit « un vrai réveil de l’Europe sur une technologie clef pour la décarbonation », dit-elle à Euractiv France.
Délais raccourcis
Concrètement, cela signifie que les usines de production de composants pour ces technologies profiteront de facilités de déploiement.
Les États membres pourront ainsi mettre en place des délais d’octrois de permis raccourcis pour leurs projets en matière de composants nécéssaire aux centrales nucléaires. Les délais seront de 18 à 9 mois en fonction de la taille et s’il est mesurable en mégawatts (18 à 12 mois) ou non.
Le développement des infrastructures nécessaires à l’expansion de l’énergie nucléaire sur le sol européen sera également facilité par des critères de priorisation de ces projets dans le cadre des appels d’offres publics.
Les négociateurs ont ajouté une liberté d’action, puisque chaque État membre sera en effet souverain pour définir, sur son sol, les projets qui seront considérés comme stratégiques et qui bénéficieront, à ce titre, de facilités de déploiement, d’octrois de permis et d’accélération administrative.
Dès lors, « les deux types d’énergies [renouvelables et nucléaires] sont enfin traités de façon égale dans le cadre de la réindustrialisation », se réjouit M. Grudler.
Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton et l’eurodéputé Renew Christophe Grudler, lors de la conférence de presse sur le programme de connectivité sécurisée IRIS², le 14 février 2023, à Bruxelles. [Union européenne 2023]
Le nucléaire n’était pas stratégique, selon la Commission
Initialement, ce n’était pas gagné. La proposition de la Commission européenne de mars 2023 présentait deux listes de technologies – l’une regroupant les industries considérées comme « stratégiques » pour la décarbonation de l’UE et l’autre pour les technologies reléguées à un statut inférieur.
Seules les technologies nucléaires de 3e et 4e génération y faisaient leur apparition. Et encore, c’était sur la moins prisée des deux listes.
La situation a provoqué un tollé chez les défenseurs du nucléaire après que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ait publiquement insisté sur le caractère non stratégique du nucléaire. Une expression « malheureuse », vue de Paris.
« L’essentiel était que le nucléaire soit dans le texte. Il l’est », nous glissait à l’époque Christophe Grudler, « confiant » sur les évolutions à venir avec les débats parlementaires.
Plus qu’une liste élargie au Parlement
L’intégration du nucléaire par les parlementaires n’était pas gagnée non plus. Au final, le nucléaire fut bien inscrit, en novembre dernier, dans la liste unique de 17 technologies proposée par le rapporteur du texte, l’eurodéputé allemand Christian Ehler du Parti populaire européen (PPE).
En outre, toutes les technologies nucléaires étaient couvertes : existantes et futures, fission, fusion, et cycle du combustible.
Les parlementaires ne se sont toutefois pas fait d’illusion : «c’est typiquement le genre de texte qui gonfle au Parlement et qui redégonfle après», avait déclaré l’eurodéputé français Renew et président de la commission parlementaire Environnement, Pascal Canfin.
À nouveau deux listes au Conseil
En renouant avec la logique des deux listes, les États membres consacrent finalement le nucléaire en deux phases.
La fission et le cycle du combustible au sein des technologies « stratégiques » ; les autres technologies nucléaires au sein des technologies « net zéro ».
L’approche est saluée par la France, moins par l’Allemagne et ses alliés, Autrichiens et Luxembourgeois notamment.
Finalement, la logique de la liste unique a été retenue mardi. Les technologies liées au nucléaire bénéficieront bien de facilités « au même titre que celles pour les renouvelables », y compris en matière de recherche et développement, conclut M. Grudler.
Sans surprises, la situation ne sied pas aux associations environnementales. L’ONG allemande Action pour l’environnement (Deutsche Umwelthilfe, en allemand) « y voit un compromis douteux en faveur des technologies coûteuses à haut risque ».
Avec l’inclusion du nucléaire et des technologies de stockage et capture de carbone, les technologies comme l’éolien ou le solaire « sont menacées » selon l’ONG.
Bonjour à tous, nous sommes le jeudi 08 février, vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Aujourd’hui, on revient sur l’hommage national aux 42 victimes françaises du Hamas et de l’arrivée de Salah Abdeslam en France.
« Nous sommes 68 millions de Français endeuillés »
C’est par ces mots qu’Emmanuel Macron a rendu hommage aux 42 victimes françaises des attaques du Hamas en Israël ce mercredi 7 février à l’Hôtel des Invalides, à Paris, quatre mois jour pour jour après l’offensive sanglante du mouvement islamiste ayant entraîné la mort de plus d’un millier de personnes présentes dans l’État hébreu. Entouré des portraits des victimes, le président de la République a pris la parole après l’interprétation du Kaddish (chant de deuil) de Maurice Ravel. Le chef de l’État a pris le soin de citer les prénoms des trois Français (Ohad, Ofer, Orion) toujours détenus par le Hamas, rappelant que la France continue de travailler à leur libération.
« Cette barbarie a défiguré la France »
A déclaré Meyer Habib à notre micro ce mercredi. Il revient d’ailleurs, dans le podcast à découvrir sur lesfrancais.press et la French Radio, sur la présence des parlementaires de « La France insoumise » lors de l’hommage aux Invalides. Pour le député des Français de la région, la présence de LFI fut une « immense provocation », voire « une gifle ». Il nous explique pourquoi au cours de cette interview.
Meyer Habib
De retour en France malgré l’opposition de la justice belge
Réclamé par les autorités et les associations de victimes, et initialement prévu par une convention judiciaire signée entre les deux pays, le transfert de Salah Abdeslam a été retardé par une procédure lancée en Belgique. Le 3 octobre dernier, la cour d’appel de Bruxelles accédait, dans le cadre d’une procédure en référé, c’est-à-dire en urgence, à la demande de suspendre le transfert du jihadiste vers la France, considérant qu’un tel transfert risquait d’entrer en violation avec la Convention européenne des Droits de l’homme. Pourtant, les deux Etats ont décidé de procéder au transfert, ce qui n’a pas manqué de faire réagir les avocats des deux côtés de la frontière. Pour ces derniers, faire respecter l’état de droit en ignorant la décision d’un tribunal est un très mauvais signal.
C’est tout pour aujourd’hui. On devrait se retrouver demain matin avec le nom du ministre des Français de l’étranger. En tout cas, la rédaction partage avec vous les échos de ce remaniement : 2 députés des Français de l’étranger devraient rejoindre le banc des ministres. A suivre donc ! Belle journée à tous ! A demain