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  • Un Collège des commissaires sous le signe de l’économie : le profil des candidats proposés par les Vingt-Sept

    Un Collège des commissaires sous le signe de l’économie : le profil des candidats proposés par les Vingt-Sept

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a placé la barre très haut pour son second mandat. Elle avait affirmé lors de son discours devant le Parlement européen en juillet que les décisions prises au cours des cinq prochaines années détermineront la « place de l’Europe dans le monde pour les cinquante années à venir ».

    Ursula von der Leyen prépare les lettres de mission des commissaires désignés par les États de l’Union européenne (UE). Ces derniers rejoindront le Collège de commissaires pour la législature 2024-2029 s’ils passent les auditions devant le Parlement.

    Et pour atteindre les objectifs et répondre aux enjeux européens à venir en matière d’écologie, de compétitivité et de résilience, entre autres, une grande expertise sera nécessaire. Tous les yeux sont donc rivés sur les aspirants commissaires, que les Vingt-Sept ont jusqu’à ce vendredi 30 août dans la soirée pour désigner.

    « Cette fois, les lettres de mission seront une description de poste qui devra refléter les compétences des candidats, […] la qualité sera nécessaire pour faire face aux défis multi-niveaux à l’échelle mondiale et interne », explique à Euractiv un spécialiste des institutions.

    L’économie, thème central de la prochaine législature

    Les profils des candidats correspondent largement aux besoins « économiques » du prochain exécutif européen, puisque neuf d’entre eux ont une expérience dans ce domaine.

    En outre, sept candidats sont spécialisés dans les questions environnementales, agricoles et énergétiques, comme les aspirants tchèque, danois, néerlandais et espagnol ; et quatre autres disposent d’une expertise en matière de politique étrangère et de sécurité.

    Enfin, quatorze candidats — soit la moitié — ont déjà une expérience de la politique européenne, et la formation de quatre d’entre eux est considérée comme plus technique que politique (République tchèque, France, Portugal, Slovénie).

    @La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, arrive au début de la réunion hebdomadaire du Collège européen des commissaires à Bruxelles, Belgique, 24 juillet 2024. ©EPA-EFE/OLIVIER MATTHYS

    Qui sont les candidats commissaires ?

    Magnus Brunner, Autriche

    L’Autriche a proposé le nom du ministre des Finances Magnus Brunner. Député du Parti populaire autrichien (ÖVP, Parti populaire européen/PPE) depuis quinze ans, ce dernier a également l’expérience du secteur privé, car il a occupé le poste de directeur politique de la Fédération économique autrichienne entre 2002 et 2005.

    Vienne espère que Magnus Brunner obtienne le portefeuille du budget, actuellement détenu par son compatriote Johannes Hahn, mais de nombreux pays sont aussi sur les rangs. Quoi qu’il en soit, les références du candidat autrichien devraient au moins le mettre dans la course pour un portefeuille économique.

    Magnus Brunner a exprimé son désir de se concentrer sur la compétitivité de l’UE, bien qu’il ne soit pas un adepte de l’augmentation des dépenses publiques.

    Dubravka Šuica, Croatie

    De nouveau proposée comme commissaire par la Croatie, Dubravka Šuica a servi en tant que vice-présidente de l’exécutif de l’UE et commissaire à la Démocratie et à la Démographie depuis 2019.

    Issue de l’Union démocratique croate (HDZ, PPE), l’ancienne eurodéputée, députée et maire de Dubrovnik, sa ville natale, avait dû être « suppliée » de déménager à Bruxelles il y a cinq ans. Elle semble depuis s’être bien acclimatée à la vie au Berlaymont.

    Fervente défenseuse de la Politique de cohésion, elle est également connue pour avoir soutenu que les défis démographiques de l’Europe devraient être relevés par l’immigration légale, et pour avoir proposé une directive sur la défense de la démocratie, que de nombreux groupes de la société civile ont comparée à la loi hongroise controversée contre les influences étrangères.

    Le Premier ministre croate Andrej Plenković a refusé de spéculer sur le futur portefeuille que pourrait obtenir sa candidate. Conserver son poste actuel serait un choix évident, mais celui de l’Élargissement serait une grande victoire pour Dubravka Šuica, la représentante du plus jeune État membre de l’Union.

    @adobestock

    Costas Kadis, Chypre

    Le candidat chypriote, Costas Kadis, est biologiste de formation et possède une expérience ministérielle dans les domaines de l’agriculture, de l’éducation et de la culture.

    Nicosie semble viser le nouveau portefeuille dédié à la Méditerranée, bien que sa proximité géographique avec le Moyen-Orient puisse jouer en sa défaveur, étant donné la nouvelle approche de la Commission consistant à éviter que les portefeuilles politiques de l’UE ne soient guidés par des intérêts nationaux.

    La Chypriote Stella Kyriakídes détient actuellement le portefeuille de la Santé, mais les médias locaux indiquent que le gouvernement ne souhaite pas conserver cette prérogative.

    Jozef Síkela, République tchèque

    Le choix du gouvernement tchèque s’est porté sur l’actuel ministre de l’Industrie et du Commerce, Jozef Síkela (affilié au PPE). Ce dernier a présidé les réunions du Conseil « Énergie » pendant la présidence tchèque du Conseil de l’UE, au second semestre 2022. Durant cette période, les États membres se sont mis d’accord sur des réductions coordonnées de la consommation de gaz naturel et sur le plafonnement du prix de gaz.

    Au cours des négociations, Jozef Síkela s’est opposé à Ursula von der Leyen sur la proposition de plafonnement des prix rédigée par la Commission. À l’époque, le ministre et son équipe avaient ouvertement critiqué l’approche de la Commission en matière de tarification du gaz.

    Pendant la présidence tchèque, Jozef Síkela est devenu populaire auprès des diplomates et des autres ministres de l’Union pour sa détermination à amener les Vingt-Sept à s’entendre sur une solution à la crise de l’énergie. Il avait même distribué à ses collègues des sweats à capuche sur lesquels on pouvait lire : « Nous convoquerons autant de Conseils ‘Énergie’ que nécessaire ».

    Jozef Síkela soutient le développement des énergies renouvelables et nucléaires dans son pays, tout en s’intéressant à la concurrence et au Marché intérieur. Avant d’entrer dans la politique tchèque en 2021, il a travaillé comme directeur dans le secteur bancaire.

    Dan Jørgensen, Danemark

    Dan Jørgensen (Social-démocratie/Socialistes et Démocrates européens, S&D), ministre danois de la Coopération pour le développement et de la Politique climatique globale, quitte le gouvernement de Mette Frederiksen pour retourner à Bruxelles dans l’espoir d’obtenir un portefeuille lié au climat ou à l’énergie.

    Par deux fois élu au Parlement européen, ce social-démocrate de longue date n’est pas un novice dans la capitale européenne.

    En annonçant son choix de candidat, la Première ministre danoise Mette Frederiksen a déclaré qu’elle s’était entretenue avec la présidente de la Commission et qu’elle s’attendait à ce que Dan Jørgensen obtienne un « portefeuille central » dans le domaine du climat et de l’énergie.

    Kaja Kallas, Estonie

    Kaja Kallas a quitté son poste de Première ministre de l’Estonie en juin, après avoir été nommée Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, remplaçant Josep Borrell. Avocate spécialisée dans le droit européen de la concurrence, elle a effectué deux mandats au Parlement estonien et un au Parlement européen (2014 et 2018).

    En tant que cheffe du Parti libéral de la réforme estonien (ERE, Renew), elle a été la première femme élue au poste de Première ministre en 2021. À ce titre, elle s’est opposée à ce que les aides publiques interfèrent avec les forces du marché.

    Plus populaire à l’étranger qu’au sein de son pays, sa cote a chuté après l’apparition d’informations sur les liens de son mari avec la Russie. Depuis l’invasion de l’Ukraine toutefois, elle s’est imposée comme une voix clé du soutien à Kiev et à l’augmentation des investissements dans la défense européenne.

    Surnommée la « Dame de fer » estonienne, Kaja Kallas a souvent été citée comme candidate potentielle au poste de secrétaire général de l’OTAN, mais elle représentera désormais l’UE sur la scène internationale.

    @adobestock

    Henna Virkkunen, Finlande

    Femme politique très expérimentée, la Finlandaise Henna Virkkunen (Parti de la Coalition nationale/PPE) a été élue trois fois eurodéputée et a dirigé trois ministères différents dans son pays, l’Éducation, l’Administration publique et les Transports.

    Depuis son élection au Parlement européen en 2014, Henna Virkkunen a siégé au sein des commissions parlementaires de l’Industrie, de la Recherche et de l’Énergie (ITRE) et des Transports et du Tourisme (TRAN), ainsi qu’au sein de la commission spéciale d’enquête sur l’utilisation du logiciel espion Pegasus.

    Fervente partisane de la « réduction de la bureaucratie » pour stimuler la croissance économique et ardente supportrice de l’Ukraine, Henna Virkkunen, qui se décrit comme « collaborative, transparente et tournée vers l’avenir »viserait un portefeuille lié à la compétitivité, à la sécurité, à l’élargissement ou à la défense.

    Thierry Breton, France

    Thierry Breton (affilié à Renew), l’actuel commissaire au Marché intérieur, a été reconduit par le président français Emmanuel Macron pour un nouveau mandat de cinq ans. Cette fois, Paris espère un portefeuille plus large incluant la sécurité informatique et la défense.

    Le 12 août, Thierry Breton avait exhorté le milliardaire Elon Musk à ce que sa plateforme X respecte la règlementation européenne, sans informer la présidente de la Commission Ursula von der Leyen de son initiative, ce qui lui a attiré les foudres des défenseurs de la liberté d’expression.

    S’il était reconduit, Urusla von der Leyen pourrait être confrontée à des discussions animées lui. Il a notamment remis en question le leadership de l’Allemande immédiatement après qu’elle a été choisie comme tête de liste du PPE pour les élections européennes.

    Apóstolos Tzitzikóstas, Grèce

    La candidat grec Apóstolos Tzitzikóstas (Nouvelle démocratie/PPE) est actuellement gouverneur de la région de Macédoine centrale, et il a été président du Comité européen des régions entre 2020 et 2022.

    Apóstolos Tzitzikóstas serait théoriquement en bonne position pour obtenir le portefeuille de la Politique régionale, mais Athènes a demandé celui des Transports. Cependant, des sources de la Commission ont déclaré que rien n’était encore définitif. L’homme manque d’ailleurs d’expérience dans le domaine des transports.

    Son opposition à l’accord sur le changement de nom de la Macédoine du Nord est également un obstacle à l’obtention d’un portefeuille lié à l’élargissement.

    Olivér Várhelyi, Hongrie

    Actuel commissaire à l’Élargissement, Olivér Várhelyi (Fidesz/Patriotes pour l’Europe) a de nouveau été choisi par le gouvernement hongrois comme candidat commissaire. Avocat de formation, il a longtemps occupé divers postes à Bruxelles, et a été promu ambassadeur hongrois auprès de l’UE en 2015. En 2019, il n’a été pressenti pour le poste de commissaire qu’après le rejet du premier choix du pays, après son audition devant le Parlement européen.

    En tant que commissaire à l’Élargissement, il était chargé des négociations d’adhésion à l’UE et du suivi de l’alignement des candidats à l’adhésion sur les valeurs de l’Union. Son mandat chargé, qui a vu l’ouverture de négociations d’adhésion avec des candidats tels que l’Ukraine, a été récompensé par sa reconduction. Il souhaiterait vraisemblablement conserver son portefeuille actuel.

    Sa loyauté politique envers le Premier ministre Viktor Orbán a parfois soulevé des interrogations, ce qui pourrait lui donner du fil à retordre lors des auditions, notamment au vu de l’attitude de plus en plus perturbatrice de la Hongrie.

    Les choses se sont encore compliquées pour lui après qu’il a traité d’« idiots » les eurodéputés et adopté une ligne résolument pro-israélienne durant la guerre à Gaza.

    S’il rejoint le Collège des commissaires, Olivér Várhelyi ne facilitera pas la tâche d’Ursula von der Leyen, puisqu’il sera la voix du nouveau groupe d’extrême droite des Patriotes pour l’Europe au Parlement européen, auquel appartiennent le Fidesz de Viktor Orbán et le Rassemblement national (RN) de Jordan Bardella.

    Michael McGrath, Irlande

    Le Taoiseach Simon Harris (Fine Gael, PPE) a nommé comme candidat Michael McGrath (Fianna Fáil, Renew), un législateur expérimenté déjà élu au Parlement irlandais et qui occupait depuis 2022 le poste de ministre des Finances.

    Avec les références de Michael McGrath, le gouvernement irlandais espère hériter d’un portefeuille similaire à celui de l’actuelle commissaire irlandaise Mairead McGuiness, responsable des Services financiers, de la Stabilité financière et de l’Union des marchés de capitaux.

    Simon Harris a confirmé que l’Irlande n’avait pas consulté Ursula von der Leyen avant de désigner son commissaire. La future Commission semblant plus majoritairement masculine que nombre des précédentes, et les médias irlandais s’inquiètent du fait que le choix de Michael McGrath pourrait compromettre les chances de l’Irlande d’obtenir un portefeuille important.

    Valdis Dombrovskis, Lettonie

    Le commissaire au Commerce Valdis Dombrovskis (Unité/PPE) a été proposé pour un troisième mandat en tant que commissaire de la Lettonie.

    Homme politique de centre droit très expérimenté, il a été ministre des Finances et député européen avant de sortir son pays de la crise financière en tant que Premier ministre de 2009 à 2014.

    Valdis Dombrovskis a depuis assumé diverses responsabilités dans le domaine financier, en tant que commissaire à la Stabilité financière, aux Services financiers et à l’Union des marchés de capitaux de 2016 à 2020, et en tant que commissaire au Commerce depuis 2020. Cette expérience impressionnante fait de lui un candidat de poids pour un portefeuille économique.

    Andrius Kubilius, Lituanie

    Le commissaire choisi par la Lituanie, Andrius Kubilius (Union de la patrie – Chrétiens-démocrates lituaniens/PPE), a été deux fois Premier ministre de Lituanie (1999-2000 et 2008-2012), période durant laquelle il a aidé le pays d’Europe de l’Est à surmonter la crise financière mondiale de 2008.

    Lors des élections européennes de juin, Andrius Kubilius a été réélu député européen. Au sein du Parlement, l’eurodéputé lituanien s’est occupé de la commission des Affaires étrangères et des Relations de l’UE avec Moscou.

    Vilnius espère que le bilan d’Andrius Kubilius et la position de la Lituanie en tant que fervente partisane de ses voisins de l’Est lui permettront d’obtenir les portefeuilles de l’Élargissement et de la Compétitivité.

    Christophe Hansen, Luxembourg

    @adobestock

    Choisi par le Premier ministre luxembourgeois Luc Frieden pour sa « grande expérience des affaires européennes »Christophe Hansen (Parti populaire chrétien-social, CSV) est un membre du PPE âgé de 43 ans et originaire de la ville de Witz, dans le nord du pays.

    Le passé de cet homme politique de centre droit au sein des commissions du Commerce international, de l’Environnement, de l’Alimentation et de la Santé du Parlement européen pourrait donner au Grand-Duché une chance d’obtenir le portefeuille de l’Agriculture.

    En tant qu’ancien rapporteur de la commission ENVI sur un règlement clé de la Politique agricole commune (PAC), l’expérience pratique de Christophe Hansen en matière de questions agricoles pourrait faire de lui le candidat le plus compétent pour ce portefeuille.

    Ce dernier a confirmé son intérêt pour le poste à la presse locale cette semaine, soulignant la nécessité d’une approche flexible pour répondre aux différents besoins du Luxembourg et des États du sud de l’Europe.

    Glenn Micallef, Malte

    Glenn Micallef, 34 ans, sera le premier candidat de Malte à servir en tant que fonctionnaire, mais pas en tant qu’homme politique, après qu’une affaire de fraude contre le précédent candidat, le vice-Premier ministre Chris Fearne, soit venue contrecarrer les plans.

    Ce technocrate a été nommé chef de cabinet du Premier ministre Robert Abela en 2020, ainsi que son conseiller pour les affaires européennes et son sherpa au Conseil européen. Glenn Micallef, diplômé en économie et en politique européenne, a dirigé l’unité chargée des relations extérieures et des préparatifs de la présidence maltaise de l’UE avant d’être directeur général de l’unité de coordination de l’UE de Malte, où il a travaillé sur le Brexit.

    Il a également travaillé brièvement pour le groupe des socialistes et démocrates au Parlement européen à Bruxelles.

    Wopke Hoekstra, Pays-Bas

    Du côté néerlandais, le gouvernement tente de réintégrer le commissaire au Climat, Wopke Hoekstra (Appel Chrétien-démocrate/PPE). Mais, compte tenu de la perte de poids de ce portefeuille à la suite des élections de juin, il semble plus probable que l’ancien ministre des Finances l’abandonne au profit d’un poste lié à la finance.

    La nomination de Wopke Hoekstra au poste de commissaire au Climat avait déjà suscité des débats en raison de ses liens avec de grands pollueurs, dont le cabinet international de conseil McKinsey.

    En 2023, les inquiétudes du Parlement européen ont conduit à des vérifications répétées, soulevant des questions quant à la possibilité qu’un scénario similaire se reproduise. Wopke Hoekstra est également à l’origine d’un débat sur le rôle de l’UE dans la lutte contre le changement climatique, qui s’est déroulé dans le cadre d’une conférence de presse.

    Piotr Serafin, Pologne

    Piotr Serafin (affilié au PPE), 50 ans, juriste et économiste de formation, est l’un des confidents les plus proches et les plus fiables du Premier ministre Donald Tusk.

    En 2014, il est devenu chef du cabinet de ce dernier lorsqu’il a été nommé président du Conseil européen et a pris le poste de directeur du secrétariat général du Conseil de l’UE pour les Transports, les Télécommunications et l’Énergie entre 2020 et 2023. Depuis quelques mois, il dirige la représentation permanente de la Pologne auprès de l’UE.

    Donald Tusk espère un portefeuille attrayant, peut-être un poste de vice-président. Étant l’un des plus fervents partisans de la réélection d’Ursula von der Leyen, il peut certainement s’attendre à être récompensé.

    Varsovie a récemment déclaré qu’elle visait un portefeuille budgétaire correspondant au profil économique du candidat. Les prochaines négociations sur le budget de l’UE nécessiteront également une main ferme, et Piotr Serafin est considéré comme un technocrate compétent dans les cercles bruxellois.

    Varsovie, qui compte parmi les plus grands défenseurs de l’Ukraine, convoite aussi le portefeuille de l’Élargissement, bien que les manifestations d’agriculteurs dans le pays aient concrétisé les préoccupations existantes quant à l’adhésion future de Kiev à l’UE.

    @adobestock

    Maria Luís Albuquerque, Portugal

    Maria Luís Albuquerque (Parti social-démocrate/S&D), ancienne ministre des Finances du Portugal âgée de 56 ans, a été choisie par Lisbonne lorsque le pays était sous le coup du plan de sauvetage de la troïka européenne.

    En tant que membre du conseil de surveillance de la filiale européenne de la société américaine Morgan Stanley, les spécialistes considèrent que son expertise technocratique est essentielle alors que le Portugal espère un portefeuille économique, mais son implication avec le géant américain pourrait s’avérer politiquement problématique.

    Victor Negrescu, Roumanie

    Victor Negrescu (Parti social-démocrate/S&D), vice-président du Parlement européen, est la « recommandation personnelle » du Premier ministre roumain Marcel Ciolacu pour un portefeuille économique.

    Député européen depuis 2014, Victor Negrescu a été impliqué dans de nombreuses affaires budgétaires. Il est actuellement le négociateur en chef du Parlement européen pour le budget 2025 de l’UE, ce qui signifie qu’il pourrait être un bon candidat pour le portefeuille du Budget.

    En tant qu’ancien ministre délégué aux Affaires européennes, Victor Negrescu pourrait également être considéré pour un rôle plus régional — un portefeuille que Bucarest n’exclut pas.

    Selon des sources gouvernementales, le Premier ministre Marcel Ciolacu négocie actuellement avec Bruxelles l’acceptation d’un plan septennal de réduction du déficit pour atteindre l’objectif de 3 %, et un déficit de 7 % pour cette année. Comme il négocie avec Bruxelles pour accepter un portefeuille moins important, il pourrait in fine l’accepter.

    Maroš Šefčovič, Slovaquie

    Le choix de la Slovaquie se porte sur Maroš Šefčovič (affilié au Smer, S&D), un homme devenu une figure incontournable à Bruxelles au cours des 15 dernières années. Ce dernier a rejoint la Commission européenne en 2009 en tant que commissaire à l’Éducation et il est rapidement devenu vice-président chargé des relations interinstitutionnelles.

    Connu pour sa capacité d’adaptation et sa fiabilité, Maroš Šefčovič a travaillé sous trois présidents de la Commission, gérant des portefeuilles critiques lors des temps de crise tels que le Brexit, les crises financières et la pandémie de Covid-19. Plus récemment, il a dirigé le Green Deal, l’une des initiatives phares de l’UE.

    Avec la décision de la Slovaquie de le reconduire dans ses fonctions, il est en bonne voie pour devenir le commissaire européen ayant le plus long mandat d’ici 2027.

    Tomaž Vesel, Slovénie

    Tomaž Vesel (affilié à Renew) est l’un des premiers choix pour la nouvelle Commission européenne. Son nom a été annoncé par le Premier ministre slovène Robert Golob (Mouvement pour la liberté, PPE) en avril, bien avant les élections européennes de juin.

    Tomaž Vesel, technocrate, a été président de la Cour des comptes slovène entre 2013 et 2022. La Slovénie a ajouté son nom à la liste des pays intéressés par un portefeuille de commissaire lié aux finances, au budget ou à l’élargissement — trois domaines dans lesquels l’expérience de Tomaž Vesel serait mise à profit.

    Teresa Ribera, Espagne

    Teresa Ribera (PSOE, S&D), l’actuelle ministre de la Transition écologique, a été désignée par l’Espagne comme future commissaire espagnole.

    Elle est considérée comme une femme politique expérimentée en matière d’environnement, et comme la « gardienne » du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal). Si ce dossier est rouvert, son rôle sera essentiel pour trouver le juste équilibre entre une mise en œuvre « pragmatique », telle que proposée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, et une approche plus ambitieuse prônée par les socialistes et les Verts.

    Jessika Roswall, Suède

    Première commissaire suédoise issue du Parti modéré (PPE) en 28 ans d’histoire au sein que de l’UE, avocate et eurodéputée, Jessika Rosswall s’est concentrée sur la fiscalité, les affaires civiles et les droits des consommateurs avant d’être nommée ministre des Affaires européennes et des Relations nordiques dans le gouvernement d’Ulf Kristersson en 2022.

    En tant que ministre, elle a dirigé les efforts de la Suède sur l’Ukraine, la sécurité, le climat, la compétitivité et l’application de la loi au sein de l’UE. Ulf Kristersson espère que Jessika Roswall trouvera le moyen de continuer à travailler sur ces priorités.

    Ekaterina Zaharieva, Bulgarie

    La Bulgarie a proposé vendredi Ekaterina Zaharieva (Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie/GERB, PPE), qui a servi dans l’ancien gouvernement de Boïko Borissov en tant que ministre des Affaires étrangères (2017-2021) et en tant que ministre du Développement régional dans deux gouvernements intérimaires en 2013 et 2014.

    Sofia a présenté deux candidats et est l’un des rares États membres à avoir respecté la demande d’Ursula von der Leyen de présenter un homme et une femme pour rejoindre la Commission.

    Ekaterina Zaharieva est considérée comme le choix le plus probable d’Ursula von der Leyen, principalement parce qu’elle est une femme et qu’elle rendrait la composition de la Commission plus acceptable aux yeux du Parlement européen.

    Le point faible de Ekaterina Zaharieva pourrait être sa relation étroite avec le VMRO, un parti d’extrême droite partenaire de coalition du GERB pendant son mandat en tant que ministre des Affaires étrangères. Ekaterina Zaharieva aurait été au courant d’une escroquerie organisée par le VMRO pour vendre illégalement des passeports bulgares à des étrangers.

    Julian Popov, Bulgarie

    Second candidat proposé par la Bulgarie, Julian Popov est un ancien ministre de l’Environnement au sein du gouvernement de Nikolaï Denkov (2023) et du gouvernement intérimaire de 2013.

    Julian Popov est plus connu dans les milieux occidentaux que dans son propre pays, et il est membre de la Fondation européenne pour le climat et un militant climatique de premier plan. En 2016, il a été identifié comme l’une des 40 voix les plus influentes de la politique énergétique européenne dans le cadre de l’enquête Euractory40 menée par Euractiv.

    Raffaele Fitto, Italie

    L’Italie a elle aussi proposé son candidat en dernière minute. Vendredi, Rome a proposé Raffaele Fitto, actuel ministre des Affaires européennes et responsable du Plan national de relance du pays membre du parti Fratelli d’Italia (Conservateurs et Réformistes européens, CRE).

    Bien qu’il ne soit pas très technique, Raffaele Fitto est largement reconnu pour son expertise en matière de plan de résilience et de politiques de cohésion, ce qui fait de lui un candidat de choix pour un rôle important dans les affaires économiques et régionales au sein de la Commission.

    La carrière politique de cet homme politique a débuté au sein du parti démocrate-chrétien avant qu’il ne rejoigne le parti de l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi, pour finalement s’aligner sur les Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni.

    Il a notamment été président de la région des Pouilles et ministre des Affaires régionales et des Politiques de cohésion sous Silvio Berlusconi. Raffaele Fitto a également acquis une expérience significative au sein des institutions européennes en tant que membre du Parlement européen.

    Au moment de la publication de cet article, la Belgique n’a toujours pas annoncé les noms de ses candidats.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 03.09.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 03.09.2024

    Bonjour à toutes et à tous, ça y est les petits ont retrouvé le chemin de l’école, et on se retrouve comme tous les jours du lundi à vendredi pour le flash quotidien des expatriés. Ce mardi 03 septembre 2024, dans nos titres : Attention à la JDC pour les étudiants qui rentrent en France – Vers un nouveau round de consultations pour Emmanuel Macron ? – Paralympiques : Alexis Hanquinquant titré en triathlon

    La journée de défense citoyenne et les jeunes expatriés étudiants : l’écueil

    C’est une disposition que les plus âgés ne connaissent pas mais qui a un impact important pour les Français nés à l’étranger ou partis jeunes en expatriation. En effet, le ministère des Affaires étrangères a abandonné depuis 2 ans l’organisation des journées. Pourtant, l’attestation remise à la fin de la journée de défense citoyenne est obligatoire pour tout citoyen français qui s’inscrit dans un établissement scolaire, universitaire en France. Il est possible de la faire ou d’obtenir une autre attestation de dérogation. Tous les détails dans notre article sur Lesfrancais.press. Attention, la rentrée c’est le 26 septembre.

    Beaucoup de monde à l’Élysée

    C’est le moins qu’on puisse dire, les consultations s’enchaînent depuis ce lundi matin après ses deux prédécesseurs, puis Bernard Cazeneuse, Xavier Bertrant, c’est le Premier ministre démissionnaire Gabriel Attal et le président du Modem François Bayrou qui ont été reçus par Emmanuel Macron. Est-ce que ce mardi sera encore l’occasion de derniers rendez-vous feutrés ? En tout cas, tout le monde attend la fumée blanche avant mercredi. C’est désormais le nom de Thierry Baudet, le président du Conseil économique, social et environnemental, instituteur de formation et spécialiste des réseaux mutualistes, qui court dans les couloirs de nos institutions.

    L’équipe de France bien classée aux JO Paralympiques

    Quel lundi prolifique pour la délégation française ! La journée a commencé par la médaille de bronze de Lucas Mazur et Faustine Noël avant le festival en para triathlon. Jules Ribstein a ouvert le compteur avec le titre paralympique en catégorie PTS2 avant la médaille d’argent de Rigaudeau en PTVI et le bronze de Perel dans la même catégorie. Très attendu, Alexis Hanquinquant a réalisé une course parfaite pour être sacré avec la médaille d’or en PTS4. La France est bien partie pour réussir son objectif, être comme pour les JO du mois dernier, 5ème aux Paralympiques.

    Alexis Hanquinquant a remporté le triathlon de sa catégorie (PTS4 individuel) aux Jeux paralympiques de Paris, le 2 septembre 2024. © Pierre René-Worms, France 24

    C’est tout pour ce mardi, on se retrouve demain pour un nouveau flash quotidien des expatriés. À demain et belle journée à toutes et à tous où que vous soyez !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Retour en France : l’obligation d’effectuer sa « Journée Défense et Citoyenneté »

    Retour en France : l’obligation d’effectuer sa « Journée Défense et Citoyenneté »

    Un retour en France s’accompagne souvent de nombreuses démarches à effectuer. Par exemple signaler son départ au consulat ou bien régulariser sa situation avec les services fiscaux. Contacter l’assurance maladie fait également partie des étapes à accomplir quand on (re)vient vivre dans l’hexagone. Il en existe bien d’autres encore. Cependant, quand vous avez moins de 25 ans, il existe une obligation que l’on n’oublie très souvent de remplir, et qui pourtant est une obligation : se mettre en conformité avec la « Journée Défense et Citoyenneté » (JDC). La négliger peut vous causer de nombreux ennuis. Le site Lesfrancais.press vous explique tout.

    La JDC : un parcours balisé en France mais plus compliqué à l’étranger

    Connue sous cette appellation depuis 2010, la « Journée Défense et Citoyenneté » est donc « obligatoire pour les citoyens de nationalité française résidant en France ou à l’étranger, garçons et filles, nés en 1980 ou ensuite ». Elle s’effectue entre l’âge de 16 et 25 ans. Au cours de cette journée, sont notamment délivrés des enseignements sur les enjeux et objectifs généraux de la défense nationale, ainsi que sur le civisme. Un test d’évaluation des apprentissages fondamentaux de la langue française y est également intégré.  

    Pour les Français vivant en France, le parcours pour s’y rendre est assez simple et balisé. La personne est, dans un premier temps, recensée par les autorités consulaires. Elle reçoit alors une attestation. Celle-ci est valable jusqu’à la participation du jeune à sa JDC, et au maximum jusqu’à l’âge de 18 ans. Avant sa majorité, une convocation est dès lors envoyée au jeune, entre 10 mois et 1 an après la date de recensement, pour effectuer sa Journée Défense et Citoyenneté.

    Le certificat JDC : un document obligatoire pour le bac, l’université, le permis de conduire, …

    À l’issue de cette journée, un certificat individuel de participation est remis au participant. En France, ce document est très important. Il est en effet demandé à de nombreuses occasions. Sans celui-ci, il est impossible au jeune de passer son baccalauréat par exemple, ou de s’inscrire à un concours de la fonction publique. Ce justificatif est aussi demandé pour passer son permis de conduire, et également lors de l’inscription dans une université publique.

    Bref, sans ce sésame, de nombreuses portes, notamment de l’enseignement supérieur restent fermées à nos ressortissants. Or, l’une des raisons d’un retour en France chez nos jeunes est souvent liée aux études. Dès lors, comment faire quand cette « Journée Défense et Citoyenneté » n’a pas été organisée dans les pays d’accueil par les autorités françaises ? De nos jours, elle n’est d’ailleurs plus programmée hors de nos frontières.

    La « Journée Défense et Citoyenneté » n’est plus organisée hors de France

    En effet, c’est en octobre 2018 que la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE), par la voix de son directeur de l’époque, Nicolas Warnery, a annoncé l’abandon de l’organisation de JDC à l’étranger. Or, effectuer sa JDC reste obligatoire. Aussi, pour permettre à nos jeunes compatriotes vivant hors de France de se conformer aux règles, une annonce avait été faite pour la réalisation de cette « Journée Défense et Citoyenneté » grâce à un dispositif en ligne. Mais celle-ci n’a toujours pas vu le jour ! Et pourtant, ce certificat attestant de la réalisation de sa JDC reste réclamé lors d’un retour en France. Ainsi, comment faire pour respecter cette demande ?

    JDC : « Les jeunes Français établis à l’étranger sont soumis aux mêmes obligations que ceux vivant en France »

    Comme il est indiqué sur le site du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, vivre hors de France cela n’exempte pas de sa JDC. « Les jeunes Français qui sont établis avec leur famille à l’étranger, quel que soit leur lieu de naissance, sont soumis aux mêmes obligations que ceux vivant en France ».

    Quelles étapes suivre pour être en règle avec la JDC pour nos jeunes Français vivant à l’étranger ?

    Pour les jeunes ressortissants Français, garçons et filles, vivant à l’étranger, afin d’être en règle avec la « Journée Défense et Citoyenneté », voici les étapes à connaître et les documents à conserver impérativement :

    • Tout d’abord se faire recenser à l’âge de 16 ans. Cette démarche s’effectue auprès du Consulat dont vous dépendez. Celle-ci est automatique quand vous êtes déjà intégré au Registre des Français établis hors de France. Si ce n’est pas encore le cas, inscrivez-vous !   
    • Le consulat vous adressera alors une attestation de recensement. Ce document est à conserver précieusement. Aucun duplicata ne sera effectivement disponible par la suite. Or, cette attestation est indispensable pour obtenir un papier officiel attestant du report de votre JDC dans la mesure où celle-ci n’est plus organisée dans vos pays d’accueil.
    • En effet, les consulats ne programment plus de « Journée Défense et Citoyenneté » physique pour les jeunes résidant à l’étranger. Pour autant, à partir de vos 18 ans et jusqu’à vos 25 ans, l’inscription aux concours et examen d’État français (baccalauréat ou permis de conduire par exemple) ou dans une université située dans l’hexagone ne sera possible que si et seulement si vous pouvez présenter votre attestation de report de la JDC. Celle-ci est délivrée par l’ambassade ou le consulat territorialement compétent. Elle l’est envoyée sur simple demande aux Français recensés ayant 18 ans et jusqu’à la veille de votre 25ème anniversaire.
    retour en France
    ©Stockadobe
    • Lors de votre retour effectif en France, et si celui-ci se fait donc avant vos 25 ans, vous devez remplir vos obligations vis-à-vis de la JDC (Article R*112-17 du code national). L’attestation de report éventuellement délivrée par votre ambassade ou consulat n’est en effet plus valable dans ce cas. Pour se mettre en conformité et informer de votre retour en France, vous devez dès lors contacter le Centre du Service National (CSN) pour les résidents à l’étranger aux coordonnées suivantes :
      • Téléphone : 00.33.9 70 84 51 51
    • À savoir : le CSN vous demandera notamment de prouver votre nouvelle adresse postale officielle en France. Dès lors, une convocation pour effectuer votre JDC suivra. Faire cette journée, vous mettra alors en règle avec la loi. Vous recevrez ainsi votre attestation finale qui vous permettra, par exemple, de vous inscrire à l’université ou de passer votre permis de conduire. 
    • À noter : si vous effectuez votre retour en France, après vos 25 ans, vous ne devrez plus effectuer votre Journée Défense et Citoyenneté.

    La Journée Défense et Citoyenneté et l’exemple de la rentrée à l’université en France (H2) 

    À l’aube de la rentrée anniversaire, ce sont notamment ces démarches auprès du CSN qu’effectuent de nombreux jeunes citoyens français arrivant en France pour poursuivre leurs études supérieures. Ainsi, Juliette*, qui commence son Mastère en Finances à Paris Dauphine, n’a pas été surprise. « Je savais que je devais contacter ce service à Perpignan ».

    Au contraire d’Arsène, qui débute son cursus en première année à l’université Claude Bernard à Lyon I. « Cette galère » nous confie-t-il ! « Je ne savais pas du tout que je devais faire cette JDC. ». Cependant, il se veut rassurant : « Au CSN, ils ont été très réactifs par e-mail. Ils vont m’envoyer prochainement une convocation ». Même partage du côté de Flavie. Cette nouvelle étudiante en économie à l’université d’Aix-Marseille a également eu « peur de ne pas pouvoir (s)’inscrire à la fac.» nous a-t-elle dit. « Je me voyais mal retourner chez mes parents à Rio de Janeiro ! » en rigole-t-elle maintenant avec son attestation de certificat de passage de sa Journée Défense et Citoyenneté en poche. « Ce serait quand même bien et plus facile que les JDC puissent s’organiser quand on est encore à l’étranger, au moins par une visio » propose-t-elle.  Message envoyé au gouvernement !        

    Pour toutes informations complémentaires liées à la JDC, Lesfrancais.press vous recommande de consulter le site du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères :

    https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/services-aux-francais/documents-officiels-a-l-etranger/article/attestation-de-recensement-et-de-la-participation-aux-journees-defense-et

    et/ou celui du Ministère des Armées :  

    https://www.defense.gouv.fr/sga/au-service-nation-du-public/jeunesse/devenir-citoyen/journee-defense-citoyennete-jdc

    * Les prénoms ont été changés

  • Handicaps, expatriation et travail

    Handicaps, expatriation et travail

    Les Français de l’étranger sont vus depuis la métropole comme des nantis privilégiés. Pourtant parmi les 3 millions d’expatriés, ils sont nombreux à être des citoyens comme les autres et parfois comme en France, ils sont aussi soumis à des handicaps. À l’occasion des Jeux Paralympique de Paris, Lesfrancais.press fait le tour d’horizon des destinations qui recrutent ! Quel pays proposent les offres d’emplois les plus inclusives ? Expatriation et handicaps peuvent-ils faire « bon ménage » ?

    Travailler comme expatrié dans une société privée

    De nombreuses entreprises et groupes français ont aujourd’hui des antennes, voire des locaux à l’étranger. Avec le statut de salarié détaché, votre employeur reste le même. Seule votre localisation change ! C’est un moyen rassurant, notamment pour les personnes en situation de handicap, car la politique de l’entreprise restera la même. En fonction du poste demandé, celui-ci peut être temporaire ou permanent.

    Pour les personnes demandeuses d’emploi, n’oubliez pas que France Travail possède un pôle international ! Celui-ci vous proposera également des offres d’emplois, mais à l’étranger et avec l’accompagnement de France Travail. La structure peut ainsi vous aider dans vos démarches et la mise en place de votre dossier pour réussir à l’étranger. Que cela soit la mise à jour de votre CV aux normes du pays d’accueil ou bien les politiques et types de contrats sur place.

    Le VIE (Volontariat International en Entreprise)

    Le Volontariat international en entreprise (VIE) est également un bon moyen pour les jeunes ressortissants de pays de l’Union européenne de découvrir un métier à l’étranger ! Les VIE, ou VIA pour l’administration, sont possibles dans un nombre important de pays, plus de 120, sur l’ensemble des continents. Il faut toutefois être compris dans la tranche d’âge de 18 à 28 ans. Lesdites missions professionnelles sont comprises pour une durée de 6 à 24 mois, suivant les conditions préalables.

    Le PVT (Permis Vacances Travail)

    Le Permis Vacances Travail (PVT), ou Working Holiday Visa en anglais, occupe aujourd’hui une place de choix chez les personnes désirant travailler à l’étranger. En effet, avec plus de 18 états partenaires de la France dans le monde entier, mais également des conditions ouvertes au plus grand nombre, dépendant principalement de l’âge et de la nationalité, il est aisé de comprendre pourquoi !

    Parmi les 18 pays ayant passé des accords avec la France, nous pouvons noter le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Argentine, le Chili, Le Brésil, la Corée du Sud, le Japon… et 10 autres destinations ! Le PVT permet de travailler sur place pendant une durée d’un ou deux ans, suivant les destinations. C’est une bonne manière de travailler une langue, de découvrir un pays et sa culture et de s’immerger dedans ! Enfin, la communauté des PVTistes est très active. Il est aisé de trouver des réponses à ses questions au sein des forums et FAQ qui y sont associés. Y compris en ce qui concerne le handicap !

    Les aides pour handicapés non-résidents

    En plus des possibilités de travailler, sachez que la France n’abandonne pas ses enfants, même lorsqu’ils vivent hors du territoire national. Il existe ainsi de nombreuses aides.

    Ainsi, l’allocation « adulte handicapé » ne peut être servie à un résident français d’un pays de l’Espace économique européen mais hors Europe, l’aide sociale aux Français résidant hors du territoire national est dispensée par les postes consulaires, après avis du Conseil Consulaire, réuni en formation « protection et action sociale ». L’allocation pour l’éducation de l’enfant handicapé, peut, elle, être octroyée à un jeune Français résidant dans un pays de l’EEE.

    Aussi, il existe une autre allocation qui est, elle, attribuée aux adultes d’au moins 20 ans, de nationalité française, titulaire d’une carte mobilité inclusion mention invalidité présentant un taux d’invalidité permanent égal ou supérieur à 80%, régulièrement inscrits au registre des Français établis hors de France et disposant de revenus personnels inférieurs au « taux de base » des allocations ou inférieurs au double du taux si mariés, non séparés ou vivant maritalement.

    Rapprochez de vos élus consulaires ou du service social du consulat pour découvrir et faire valoir vos droits.

  • Keir Starmer,  à Paris, veut se rapprocher de l’UE

    Keir Starmer,  à Paris, veut se rapprocher de l’UE

    Le Premier ministre britannique Keir Starmer a reçu les honneurs cérémoniaux à l’Elysée lors de sa rencontre jeudi avec le président français Emmanuel Macron, après avoir lancé un avertissement sur la marche de l’extrême droite en Europe.

    Relancer les relations avec l’Union européenne

    Le Premier ministre a également évoqué la perspective d’une “réinitialisation” de l’approche britannique à l’égard de l’Europe après le Brexit après sa visite à Berlin en route vers Paris, mais a exclu la volonté du dirigeant allemand Olaf Scholz de relancer la libre circulation des jeunes.

    Après sa rencontre avec Emmanuel Macron, Keir Starmer a déclaré : “Nous avons discuté de la situation en Ukraine, de la situation au Moyen-Orient, des questions bilatérales en termes de commerce, de défense et de sécurité, mais aussi de la réinitialisation plus large.  Je veux par rapport à nos relations, pas seulement avec la France, mais avec l’UE en général.”

    Les Paralympiques

    Avant son rendez-vous avec M. Macron, Keir Starmer a rencontré jeudi matin les athlètes paralympiques britanniques lors de leur camp de préparation à Saint-Germain-en-Laye, à l’ouest de Paris.

    Il a convenu qu’un accord avec l’Allemagne serait conclu d’ici la fin de l’année à la suite de discussions avec son homologue Olaf Scholz, et a également souligné qu’il s’agissait d’une opportunité « unique dans une génération ».

    Les deux pays ont également convenu d’élaborer un “plan d’action commun pour lutter contre l’immigration clandestine.”

    “Je suis absolument clair sur le fait que nous voulons une réinitialisation (..) Cela ne signifie pas renverser le Brexit ou réintégrer le marché unique ou l’union douanière, mais cela signifie une relation plus étroite sur plusieurs fronts. »

    Sir Keir Starmer.

    Que pensent les Français du Royaume-Uni de cette inflexion ?

    Lesfrançais.press a voulu interviewer des expatriés pour leur demander ceux qu’ils pensent du Premier ministre britannique, qui a pris le pouvoir le 5 juillet 2024 et sur le Brexit et l’Europe. 

    Patricia Connell, Présidente du Conseil Consulaire (Angleterre, Pays de Galles, Irlande du sud Nord), Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger (Europe du Nord) a déclaré: 

    “Je suis heureuse que le Premier Ministre britannique ait pris cette initiative très positive. Les jeunes qui, malheureusement n’ont pas pu voter lors du référendum, sont les plus affectés par le Brexit et la fin de la liberté de mouvement. Du jour au lendemain, ce qui avait toujours été une sorte de droit de passage pour des millions de jeunes a disparu. Aller travailler quelques mois ou quelques années comme jeunes filles au pair, stagiaires, serveurs…pour apprendre l’anglais n’est aujourd’hui plus possible. Je me réjouis de cette tentative de pas en avant mais je reste tout de même perplexe. L’Allemagne ou la France seule, ne pourront pas décider pour les autres membres de l’UE. La route risque d’être encore longue même si nous pouvons entrevoir une lueur d’espoir.” 

    Florence Mele, une Française installée depuis près de 20 au Royaume-Uni et fortement impliqué dans la vie associative franco-britannique est aussi positive :

    “On ne peut que se féliciter du nouveau message lancé par Keir Starmer sur la réinitialisation du Brexit. En effet, ce changement de rhétorique de la part du gouvernement britannique travailliste par rapport aux années conservatrices va, on l’espère, entamer une amélioration de l’image du Royaume Uni à l’international, image très endommagée ces dernières années où le Royaume Uni est passé d’un statut de grand rayonnement avec une forte attractivité à son état actuel de petite nation fermée et isolée. Toutefois, méfions-nous des effets d’annonce. En effet, Keir Starmer invente cette expression de « réinitialiser le Brexit », tout en précisant qu’on ne revient sur rien, et sans la faire vraiment suivre d’initiatives concrètes. Bref, je me demande un peu ce que cela veut dire et je ne vois pas ce que cela va changer à une situation économique assez catastrophique, avec une explosion de la dette nationale à 99.4% du PIB et des taux d’intérêt à 5%.”

    Quatre ans après que le pays a officiellement quitté l’UE, Starmer a déclaré qu’il souhaitait reconstruire des liens tendus par des années de querelles de mauvaise humeur sur les conditions du Brexit.

  • L’art difficile de la prévision

    L’art difficile de la prévision

    Prédire le taux de croissance à trois, six, douze ou vingt-quatre mois relève bien souvent de l’art divinatoire, même si les économistes recourent à des modèles de plus en plus sophistiqués. Les prévisions sont réalisées « toutes choses étant égales par ailleurs », en prenant en compte les données du passé et en extrapolant des tendances. Le problème est que la vie économique est pleine d’aléas. « Prévoir est un art difficile, surtout en ce qui concerne l’avenir », disait Pierre Dac.

    Selon la lauréate du prix Nobel d’économie Esther Duflo, se fondant sur des calculs réalisés par l’hebdomadaire The Economist, l’écart d’erreur du FMI sur le taux de croissance du PIB entre 2000 et 2014 a atteint 2,8 points à deux ans. L’économiste souligne dans son livre coécrit avec Abhijit V. Banerjee, « Économie utile pour des temps difficiles », que l’art de la prévision économique a peu d’intérêt. Elle insiste, à juste titre, sur le fait que « le monde est si incertain et si compliqué, que ce que les économistes ont de plus précieux à partager n’est pas leur conclusion mais le chemin qu’ils empruntent pour y parvenir ». Les deux auteurs mentionnent que l’économie, comme la physique, doit admettre le doute et récuser les certitudes absolues. Avec humour, ils admettent que bien souvent, les économistes ne sont pas « des physiciens », mais plutôt « des plombiers » qui « résolvent les problèmes par un mélange d’intuition basée sur la science, de conjectures fondées sur l’expérience, et d’une bonne dose d’essais et d’erreurs ».

    Un divorce ancien entre les conjoncturistes et l’opinion publique

    Les économistes tendent à être en moyenne plus optimistes que le reste de la population. Certains, cependant, se rangent du côté des pythies de mauvais augure après une cruelle expérience. En matière d’économie, il existe un divorce ancien entre les conjoncturistes et l’opinion publique. Cette dernière ne croit guère aux analyses économiques et aux statistiques. Même en période de croissance, rares sont ceux qui considèrent que la situation leur est favorable.

    En 2023 et 2024, la population américaine estime que la situation économique s’est dégradée par rapport à la période précédant la crise sanitaire, alors même que le PIB et le pouvoir d’achat ont augmenté. Il en est de même en France. La population est plus sensible aux augmentations de prix qu’à leur baisse.

    Ces dernières années, les erreurs de prévision sont légion car les aléas sont nombreux. En 2008, peu d’économistes avaient pronostiqué la crise des subprimes, la plus importante depuis 1929. De même, la crise des dettes souveraines en Europe n’avait pas été anticipée. Les statistiques faussées de la Grèce ont créé un voile empêchant de percevoir les défaillances de l’économie de ce pays. Ni l’épidémie de Covid, ni la guerre en Ukraine en 2022, malgré certains signaux annonciateurs, n’ont été anticipées.

    Les prévisions économiques, qu’elles soient nationales ou internationales (FMI, Banque mondiale, OCDE, Union européenne), peuvent influencer les politiques économiques des États et les réactions des investisseurs. En 1997, une note de la Direction de la Prévision du Ministère de l’Économie, en France, soulignait qu’un risque de fort ralentissement de la croissance était possible en 1998. Cette note a incité le Président de la République à anticiper les élections législatives. Or, nulle récession n’est survenue, bien au contraire, la croissance s’est accélérée.

    @adobestock

    L’optimisme excessif des économistes favoriserait les crises financières.

    En matière d’endettement, les écarts de prévision ne sont pas sans conséquence. Une surestimation erronée de 0,5 point du taux de croissance sur vingt ans peut provoquer le quasi-doublement du poids de la dette publique au sein du PIB (une dette de 50 % du PIB en année 1 passe à 90 % en année 20).

    Selon une étude de Paul Beaudry de l’Université de la Colombie Britannique et de Tim Willems du FMI, l’optimisme excessif des économistes favoriserait les crises financières. Ils constatent qu’une croissance annuelle moyenne surestimée d’un point de pourcentage sur trois ans, comme le fait le FMI dans 40 % des cas, réduit la croissance trois ans plus tard d’un point de pourcentage. L’optimisme ne semble donc pas payer.

    En août 2024, la simple publication du rapport sur l’emploi du mois de juillet aux États-Unis a conduit les investisseurs à une révision brutale de leurs prévisions. Ils ont estimé que la première puissance économique mondiale se dirigeait vers une récession, bien que la croissance en rythme annuel ait atteint 2,8 % au deuxième trimestre 2024. Cette crainte a provoqué la chute des indices boursiers. Cette réaction peut sembler exagérée.

    Depuis la crise des subprimes, périodiquement, les investisseurs croient à la survenue d’une récession ; or, en règle générale, ils sont démentis par les faits. Un examen des dernières données suggère que l’économie américaine n’est pas en danger.

    Le taux de chômage américain est passé de 3,4 % en avril 2023 à 4,3 % en juillet 2024. Les expériences passées suggèrent qu’une augmentation de cette ampleur est prémonitoire d’une récession. En effet, une hausse du chômage signifie une baisse de la production et des revenus. Cette corrélation pourrait ne pas se vérifier. La hausse du chômage intervient alors que les marchés de l’emploi étaient sous pression, avec de nombreux secteurs confrontés à des pénuries de main-d’œuvre. Depuis quelques mois, les entreprises peuvent sélectionner un peu plus leurs salariés.

    Le taux d’activité au sein de l’OCDE atteint des niveaux jamais vus.

    Les gains de productivité, qui avaient disparu entre 2020 et 2023, tendent à revenir, ce qui permet de maintenir, voire d’accroître la production. La progression du taux de chômage ne s’accompagne pas de destructions d’emplois. Au cours du dernier trimestre, l’emploi a augmenté de 0,8 % en Australie et de 0,6 % au Canada. La hausse du chômage est avant tout provoquée par l’arrivée de nouvelles personnes sur le marché du travail.

    @adobestock

    Le taux d’activité au sein de l’OCDE atteint des niveaux jamais vus. Preuve de la vitalité de l’économie américaine, les entreprises réalisent des profits en hausse. Selon une étude de la Deutsche Bank, au premier trimestre de cette année, la croissance des bénéfices reste à son plus haut niveau depuis sept trimestres. Sur un an, les bénéfices des entreprises américaines ont progressé de plus de 10 %. De nombreux indicateurs américains et mondiaux témoignent non pas d’un ralentissement mais d’une accélération de la croissance. L’indicateur de la Banque fédérale de réserve de Dallas, qui suit de manière hebdomadaire l’activité économique américaine, ne montre que peu de signes de faiblesse. L’indice composite mondial des directeurs d’achats (PMI) reste solide. L’indicateur d’activité réalisé par la banque Goldman Sachs semble prouver une amélioration de la situation de l’économie mondiale. Seuls deux pays pourraient connaître un ralentissement : l’Autriche et la France.

    Les craintes des investisseurs et des analystes peuvent être autoréalisatrices : c’est leur principal danger. 

    L’inflation est en baisse dans de nombreux États. Après avoir atteint 10 % fin 2022, elle se rapproche de la cible des 2 %. En juin, les prix au sein de l’OCDE ont augmenté de 2,6 % sur un an. Un quart des pays de l’OCDE ont désormais une inflation inférieure à 2 %. Les craintes des investisseurs et des analystes peuvent être autoréalisatrices ; c’est leur principal danger. La baisse des cours des marchés actions pourrait conduire les ménages et les entreprises aux États-Unis à opter pour l’attentisme. Celui-ci conduirait à une réduction des dépenses de consommation et au report des projets d’investissement. Les incertitudes électorales pourraient également favoriser un tel scénario aux États-Unis. Mais au-delà de ces considérations, toutes choses étant égales par ailleurs, l’économie mondiale se porte mieux en cette fin d’été 2024 que l’année dernière.

  • Emmanuel Macron à Belgrade, la Serbie achète douze avions de combat Rafale

    Emmanuel Macron à Belgrade, la Serbie achète douze avions de combat Rafale

    La Serbie a signé jeudi 29 août l’achat de douze avions de combat Rafale sous le regard du président français Emmanuel Macron, en visite à Belgrade pour concrétiser plusieurs accords économiques avec ce pays des Balkans qui conserve des liens amicaux avec la Russie. Un article de notre partenaire Euractiv.

    Le président serbe Aleksandar Vučić s’est dit « reconnaissant » de « rejoindre le prestigieux club Rafale ».

    Les chasseurs-bombardiers français doivent remplacer la flotte vieillissante de Mig russes de l’aviation serbe, et doivent être livrés à la Serbie d’ici 2029. Belgrade achète neuf Rafale monosiège et trois biplace, pour 2,7 milliards d’euros, a précisé le président serbe Aleksandar Vučić juste après la signature.

    Accueilli à sa sortie de l’avion par son homologue, Emmanuel Macron, qui fait le déplacement malgré la crise politique en France où il doit nommer un nouveau Premier ministre, a également assisté à la signature de plusieurs accords portant sur le traitement des déchets ou les matériaux rares.

    La question des Rafale est sensible : Belgrade, candidate à l’adhésion à l’Union européenne (UE), maintient des relations avec Moscou malgré l’invasion de l’Ukraine, et n’a pas imposé de sanctions à la Russie depuis le début de la guerre en 2022.

    Auprès de l’AFP, le président serbe a plaidé que la quasi-totalité des « avions intercepteurs » serbes et « l’ensemble » des « avions de combat venaient de Russie »« Nous devons évoluer, changer nos habitudes et tout le reste afin de préparer notre armée », a-t-il déclaré.

    La France met aussi cet argument en avant, évoquant une logique « d’arrimage de la Serbie à l’Union européenne ». Belgrade peut faire le « choix stratégique » de « coopérer avec un pays européen » pour renouveler sa flotte, espère-t-on à Paris.

    Si la France ne prend pas la place « par exemple avec des Rafale » des avions russes utilisés en Serbie, « cette enclave qui est au milieu de l’Union européenne deviendra un point d’entrée pour l’instabilité sur notre continent et pour tous les régimes autoritaires de la Russie à la Chine », a abondé jeudi matin sur la radio France Info Jean-Noël Barrot, ministre démissionnaire chargé de l’Europe.

    Le président serbe Aleksandar Vučić (à droite) et le président français Emmanuel Macron (à gauche) après leur rencontre à Belgrade, en Serbie, le 29 août 2024. ©EPA-EFE/MARKO DJOKOVIC

    « Consolider l’État de droit »

    Pour Vuk Vuksanovic, du Centre for Security Policy, un cercle de réflexion de la capitale serbe, « Vučić cherche une solution pour remplacer ses Migs vieillissants ». « S’il n’en trouve pas, la Croatie voisine, avec ses propres Rafale, aura une supériorité aérienne dans les Balkans occidentaux. Et l’ego de Vučić ne peut pas accepter cela », explique-t-il.

    « De plus, il pense qu’en achetant ces Rafale, qui sont un produit extrêmement coûteux de l’industrie française de l’armement, il achètera la protection politique et les faveurs du président Macron. »

    Vuk Vuksanovic, du Centre for Security Policy

    Les deux pays n’ont pas évoqué de contreparties à la transaction. Mais la France soutient officiellement le processus d’adhésion de la Serbie à l’UE, défendu par Aleksandar Vučić malgré les préoccupations qui s’expriment au sein de la population.

    Dans une lettre parue le 29 août 2024 dans la presse serbe, Emmanuel Macron a répété que la Serbie avait « toute sa place » au sein de l’UE.

    « Je reviens aujourd’hui en Serbie avec un message simple : l’Union européenne et ses États membres ont besoin d’une Serbie forte et démocratique à leurs côtés et la Serbie a besoin d’une Union européenne forte et souveraine »

    le président de la République dans une lettre parue jeudi dernier dans la presse serbe

    Huit mois après les élections législatives serbes entachées de fraudes selon l’OCDE et le Parlement européen, remportées par le parti présidentiel, l’Élysée estime que ce processus d’adhésion doit pousser Belgrade à « consolider l’État de droit ».

    Emmanuel Macron a aussi prôné la « normalisation des relations avec le Kosovo », « partie intégrante » de ce « rapprochement » avec les Vingt-Sept. Depuis l’indépendance du Kosovo en 2008, que la Serbie n’a jamais reconnue contrairement à de nombreux pays occidentaux, les tentatives d’apaisement et de dialogue ont échoué.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 02.09.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 02.09.2024

    Bonjour à toutes et à tous, bienvenus dans le mois septembre, c’est la rentrée, courage à tous ! Et vous écoutez le flash quotidien des expatriés du lundi 02 septembre 2024. Aujourd’hui, dans nos titres : Bernard Cazeneuse, Premier ministre, telle est la question du jour en France ? – 3 présidents à l’Elysée ce lundi – Anne Genetet : mobiliser pour le budget des armées

    Bernard Cazeneuve, favori pour Matignon

    L’annonce devait avoir lieu dans le week-end, mais face à la résistance des membres du Nouveau Front Populaire, Emmanuel Macron. Mais le Président de la République recevra le favori ce lundi matin à l’Elysée dans le cadre de ses consultations en vue de la nomination du nouveau premier ministre. Alors que son nom circule depuis plusieurs jours comme premier ministre possible, « Bernard Cazeneuve n’est pas demandeur, mais s’il le fait, c’est par devoir et pour éviter des difficultés supplémentaires au pays », précise l’entourage de M. Cazeneuve.

    Source : Service photographique de Matignon – Bernard Cazeneuve dans son bureau de Premier minsitre en janvier 2017

    Sarkozy et Hollande consultés par Macron

    En plus de Bernard Cazeneuve, Emmanuel Macron va aussi recevoir au palais son prédécesseur, François Hollande, ainsi que le prédécesseur de celui-ci, Nicolas Sarkozy. Le chef de l’État pourrait ainsi chercher le soutien de l’ancien président socialiste pour faire aboutir la solution Cazeneuve qui a été ministre de l’Intérieur de François Hollande au moment des attentats de novembre 2015, et premier ministre des derniers mois de son quinquennat.

    De gauche à droite : Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron et François Hollande. ©YOAN VALAT / POOL / AFP

    Anne Genetet, première invitée de la deuxième saison d’En toute confidence

    Cette année sur lesfrancais.press et la French Radio, chaque dimanche et lundi, vous pourrez découvrir un nouvel épisode d’une des 4 émissions mensuelles. Pour ce premier dimanche du mois de septembre, c’est En toute confidence qui ouvre le bal en recevant Anne Genetet, députée des Français de la Xième circonscription (Europe de l’extrême Est, Asie et Océanie). Depuis sa réélection, elle milite pour que les forces armées ne soient pas victimes de la coupe budgétaire. Au cours de ce podcast, on parle évidemment de la situation géopolitique, mais aussi des problèmes propres à sa circonscription comme la Caisse des Français de l’étranger. À découvrir sur toutes les plateformes de streaming, sur les chaînes Telegram, et sa petite sœur sur Whatsapp et bien sûr sur nos réseaux sociaux et nos sites.

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    En Toute Confidence – Saison 2

    C’est tout pour le flash quotidien des expatriés du lundi 02 septembre 2024, bon courage pour la rentrée, on en parlera dès demain ! Belle journée à toutes et à tous !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger