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  • Comment débloquer économiquement la France ?

    Comment débloquer économiquement la France ?

    En 1995, après l’échec des réformes Juppé, Jacques Chirac avait estimé que la population française avait perdu toute ambition. Selon certains observateurs, un sentiment dépressif s’empara alors de lui. Il réalisa alors que son septennat venait de s’arrêter net, quelques mois à peine seulement après son élection. Cet échec, les divisions au sein de la majorité et la crainte d’une défaite aux élections législatives prévues en 1998 aboutirent à la dissolution manquée de l’Assemblée nationale en 1997.

    L’arrivée au pouvoir de la gauche plurielle se traduisit par une période de cohabitation de cinq ans, peu propice à l’adoption de réformes impopulaires. La réélection de Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen au second tour déboucha, en 2003, sur une réforme des retraites (loi Fillon) qui visait à étendre aux régimes de la fonction publique les mesures prises en 1993 pour le secteur privé. Après l’adoption de la loi Fillon, le Président de la République, et le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, demandèrent aux ministres de surseoir à toute réforme afin de détendre les relations avec les syndicats.

    Le ministre de la Santé fut ainsi contraint d’abandonner un projet de réforme de l’assurance maladie qui avait pourtant déjà donné lieu à de nombreuses réunions interministérielles. Le cabinet du Président lui demanda également de ne pas lutter activement contre la dérive des comptes sociaux. Le ministre de la Santé fut presque désavoué pour avoir opéré des déremboursements de médicaments.

    Au cours des vingt dernières années, quelques réformes ont bien été entreprises mais elles sont restées relativement modestes et de nature paramétrique. Le système d’indemnisation du chômage a été rendu progressivement moins généreux, et l’âge légal de départ à la retraite a été repoussé dans la douleur, de 60 à 62 ans, puis à 64 ans. En revanche, le système de santé n’a pas fait l’objet de transformations structurelles significatives. Au niveau institutionnel, le regroupement des régions n’a pas permis de réaliser des économies, ni d’alléger le millefeuille administratif. Malgré une diminution des investissements publics, les déficits n’ont cessé de se creuser de crise en crise.

    Les dépenses exceptionnelles liées aux crises représentent 1/4 des 1 000 milliards d’euros de dettes supplémentaires

    La dégradation des comptes publics entre 2016 et 2024 s’explique principalement, comme l’a révélé une étude de Jean-Pascal Beaufret, par le vieillissement démographique et la continuité des politiques de dépenses précédentes.

    France Relance
    France Relance

    Les dépenses exceptionnelles liées aux crises représentent un quart des 1 000 milliards d’euros de dettes supplémentaires, au même titre que les allégements fiscaux. Par ailleurs, l’accroissement des dépenses de protection sociale prive les gouvernements de marges de manœuvre, rendant difficile le respect de l’objectif de dépenses militaires fixé à 2 % du PIB.

    Quels sont les facteurs d’étouffement de la France en cette fin d’année 2024 ?

    • Le niveau élevé de la pression fiscale : Les prélèvements obligatoires en France, représentant 45 % du PIB, sont supérieurs de 5 points à ceux de la zone euro et de 20 points à ceux des États-Unis. En France, les impôts financent principalement des dépenses de transfert, et très peu des dépenses d’investissement.
    • Le faible taux d’emploi et un absentéisme élevé : En 2024, le taux d’emploi, bien qu’en nette progression depuis dix ans, reste à 68 %, soit 10 points de moins qu’en Allemagne. Par ailleurs, le taux d’absentéisme est en forte augmentation, passant de 4 % à 6 % de la population en emploi entre 2010 et 2023. Si la France atteignait le taux d’emploi de l’Allemagne et si la productivité du travail n’avait pas reculé depuis 2019, le produit intérieur brut serait supérieur de 14 %, et les recettes fiscales augmenteraient de 7 points de PIB.
    • Une faiblesse de l’investissement et de l’effort de recherche : En raison de la faiblesse de leurs fonds propres et de leur taille, les entreprises françaises investissent insuffisamment. Leur effort en recherche et développement est également inférieur de 1,5 point de PIB à celui des États-Unis (3 % contre 1,5 % du PIB).
    • Une protection de l’emploi et une faible productivité : La forte protection de l’emploi en France fige le marché du travail, réduit la mobilité entre secteurs ou entreprises et contribue ainsi à la faiblesse des gains de productivité. La productivité par tête a augmenté de 20 % entre 2010 et 2023 aux États-Unis, contre 8 % pour la zone euro et seulement 5 % pour la France.

    Des taux d’intérêt plus élevés à l’avenir

    Compte tenu des blocages politiques pour assainir les comptes publics, les taux d’intérêt à long terme ne peuvent qu’augmenter. L’écart de taux avec l’Allemagne devrait également se creuser.

    Par ailleurs, la France, comme les autres États européens, pourrait subir les effets de la politique économique américaine de Donald Trump, à la fois susceptible d’être inflationniste et d’entraîner une hausse des taux d’intérêt à long terme. Cette augmentation des taux se répercuterait en Europe. Elle pénaliserait le secteur du bâtiment ainsi que l’investissement des entreprises. Elle limiterait davantage les marges de manœuvre budgétaires de l’État, compte tenu de l’alourdissement du service de la dette qui en résulterait.

    Firefly relance de l'économie française
    Firefly relance de l’économie française

    Le déficit primaire de l’État (déficit avant paiement des intérêts), estimé à 2,5 % du PIB en 2024, pourrait encore s’aggraver.

    L’économie française est handicapée par une pression fiscale élevée, un faible taux d’emploi, une productivité en recul et une potentielle hausse des taux d’intérêt. Des défis pour la productivité et l’investissement. L’amélioration de la productivité concerne particulièrement les fonctions publiques. La France se distingue par un ratio emplois publics/dépenses publiques parmi les plus élevés de l’OCDE, avec quatre emplois publics pour un million d’euros de dépenses, contre deux emplois en Allemagne. Un effort conséquent est nécessaire pour favoriser les dépenses d’investissement, notamment dans les technologies de l’information et de la communication (TIC).

    Ces dépenses représentent 0,6 % du PIB en France, contre 0,7 % dans la zone euro et 1,3 % aux États-Unis. Augmenter le taux d’emploi L’augmentation du taux d’emploi passe par une réduction du chômage des jeunes de moins de 25 ans et par une meilleure employabilité des seniors. En 2023, le taux d’emploi des jeunes plafonne à 58 % en France, contre 70 % en Allemagne. Pour les 60-64 ans, les chiffres sont de 40 % en France contre 68 % en Allemagne. Pour remédier à cette situation, la France gagnerait à passer d’une logique de protection de l’emploi à une protection des salariés, en misant sur un accompagnement personnalisé, notamment en matière de formation.

  • Élections anticipées en Allemagne en février 2025

    Élections anticipées en Allemagne en février 2025

    La vie politique allemande prend des notes françaises. Les deux puissances motrices de l’Union européenne se retrouvent avec des gouvernements pour l’un en difficile gestation et pour l’autre démissionnaire. En effet, le chancelier allemand Olaf Scholz a perdu ce lundi un vote de confiance au Bundestag, un résultat voulu par le chancelier qui ouvre formellement la voie à des élections législatives anticipées en février.

    Pour obtenir la dissolution du Parlement, permettant la tenue de législatives anticipées, le chancelier a posé la question de confiance au Bundestag. Depuis l’après-guerre, quatre chanceliers seulement ont posé la question de confiance au Bundestag, souvent pour provoquer des élections. Parmi les députés présents à la chambre basse du parlement, 394 ont voté contre la confiance tandis que 207 ont voté pour, avec 116 abstentions, a annoncé la présidente du Bundestag. Olaf Scholz va désormais demander au chef de l’Etat Frank-Walter Steimeier de dissoudre le Bundestag afin de permettre la tenue du scrutin le 23 février dans la première économie européenne.

    Un sabordage planifié

    Ce sabordage planifié de Scholz, au pouvoir depuis fin 2021, s’inscrit dans la grave crise que traverse la première économie européenne, autrefois modèle de stabilité politique, au moment même où son partenaire privilégié dans l’UE, la France, est également affaibli.

    Allemagne, panne conjoncturelle ou structurelle ?
    Le chancelier allemand Olaf Scholz à Strasbourg

    La coalition gouvernementale hétéroclite avait implosé le 6 novembre, après le limogeage du ministre des Finances libéral en raison de différends insurmontables sur la politique économique et budgétaire. Olaf Scholz dirige depuis un gouvernement minoritaire entre son parti social-démocrate (SPD) et les Verts, dont l’action législative est paralysée.

    Une majorité de droite ?

    Malgré son impopularité chronique et l’échec de sa coalition, l’imperturbable dirigeant social-démocrate veut croire en ses chances d’un second mandat, pour un scrutin prévu le 23 février. A ce stade, les sondages lui accordent peu d’espoir et l’Allemagne se dirige vers une alternance politique avec le camp conservateur CDU /CSU, mené par Friedrich Merz et donné nettement gagnant, fort de 30 à 33 % des intentions de vote. Le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) est crédité de 17 à 19,5 %, mais les autres formations excluent toute coopération avec lui. Le SPD engrangerait 15 % à 17 % des voix, les Verts de 11,5 % à 14 %.

    Mais le chancelier a déjà prouvé sa capacité à déjouer les pronostics en remportant les élections en 2021, contre toute attente. Et il veut renouveler la performance en rassurant par son expérience dans un contexte géopolitique mondial tourmenté et plongé dans l’inconnu par l’élection de Donald Trump. Les sociaux-démocrates ne perdent d’ailleurs pas une occasion de souligner l’inexpérience de Friedrich Merz, mis sur la touche autrefois par l’ancienne chancelière Angela Merkel (entre 2005 et 2021) et qui n’a jamais occupé de poste de ministre ou de maire.

    Si la guerre en Ukraine jouera un rôle important dans les débats, la campagne va d’abord « tourner autour des questions économiques et sociales », estime Claire Demesmay, chercheuse associée au centre Marc-Bloch de Berlin. L’Allemagne est « en proie au doute, le modèle allemand est en crise », souligne la chercheuse.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 17.12.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 17.12.2024

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le mardi 17 décembre, et vous écoutez le flash quotidien des expatriés, dans nos titres : Des centaines de morts à Mayotte – Une mission diplomatique à Damas – Le fonctionnement de l’État français assuré après le 31 décembre

    Plusieurs centaines ou des milliers de morts à Mayotte

    Depuis le passage du cyclone Chido sur l’île, samedi 14 décembre, aucun bilan n’a, pour le moment, pu été établi, et les autorités appellent à ne pas donner de chiffres trop précis qui pourraient se révéler faux. Cette prudence s’explique d’abord par des raisons matérielles. « Tous les bidonvilles sont couchés, ce qui laisse augurer un nombre considérable de victimes », a déclaré à l’Agence France-Presse une source proche des autorités. Mayotte compte officiellement 320 000 habitants, mais, selon la source précédemment citée, « on estime qu’il y a 100 000 à 200 000 personnes de plus, compte tenu de l’immigration illégale ». De peur d’être contrôlés, ils n’ont certainement pas rejoint, avant le départ du cyclone, les centres d’hébergement. Ils ont donc pris le risque d’être de potentielles victimes.

    
Cette photographie montre un tas de débris de tôles et de bois après que le cyclone Chido a frappé Mayotte, territoire français de l'océan Indien, le 14 décembre 2024, dans la capitale Mamoudzou. ©Daniel MOUHAMADI / AFP
    Cette photographie montre un tas de débris de tôles et de bois après que le cyclone Chido a frappé Mayotte, territoire français de l’océan Indien, le 14 décembre 2024, dans la capitale Mamoudzou. ©Daniel MOUHAMADI / AFP

    Une mission diplomatique française se rend ce mardi à Damas

    Quatre diplomates, dont le ministre des affaires étrangères n’a pas donné les noms, seront chargés de « reprendre possession de nos emprises sur place » l’ambassade comme le consulat de France en Syrie sont fermés depuis mars 2012, quelques mois après le début de la guerre civile -, « établir de premiers contacts » avec les nouvelles autorités et « mesurer les besoins urgents de la population en matière humanitaire », a-t-il précisé. Ils porteront aussi un message politique. En effet, la France considère que les autorités de fait doivent céder la place à une autorité de transition qui soit représentative de l’ensemble des confessions, des communautés de la Syrie et qui puisse progressivement faire avancer le pays vers une nouvelle Constitution et à terme vers des élections. La voix française sera-t-elle entendue dans cet ancien protectorat ? Est-ce que les 4 diplomates pourront reprendre le contrôle de nos bâtiments ? À suivre

    L'ambassade de France le 02/03/2012 lors de sa fermeture
    L’ambassade de France le 02/03/2012 lors de sa fermeture

    Une loi spéciale pour pallier à l’absence de budget

    Dans l’attente d’une loi de finances en bonne et due forme pour l’année 2025, la Constitution et la loi organique du 1er août 2001 (LOLF) permettent le vote d’une loi spéciale visant à assurer la continuité de la vie nationale. « La loi spéciale que nous vous présentons n’est pas un budget […] Notre déficit est là, notre dette est là », a rappelé le ministre démissionnaire de l’Économie, des Finances et de l’Industrie ce lundi lors de la présentation du texte. Avant d’exhorter : « Ces discussions ne doivent donc pas être un débat budgétaire. ». En ce qui concerne l’État en tant que tel, la loi spéciale contient, donc, l’autorisation de percevoir l’ensemble de ses ressources, « notamment fiscales » précise l’avis du 9 décembre du Conseil d’État. Le texte peut donc autoriser les impôts, mais aussi les autres ressources budgétaires étatiques (redevances, dividendes, ventes de biens et services, amendes…). Le recours de l’État à l’emprunt est aussi autorisé. Cette capacité à lever des fonds sur les marchés est aujourd’hui indispensable au fonctionnement de l’État, y compris durant la phase transitoire prise en charge par une loi spéciale.

    Budget 2025 : baisse des budgets, hausse des contributions

    C’est tout pour ce mardi, on se retrouve demain pour un nouveau flash quotidien des expatriés. Passez une belle journée où que vous soyez !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Expat Communication et l’ADFE dévoilent leurs baromètres sur les Français de l’étranger

    Expat Communication et l’ADFE dévoilent leurs baromètres sur les Français de l’étranger

    En cette fin d’année politiquement agitée, c’est l’heure des bilans et autres baromètres. Dans l’hexagone mais aussi aux quatre coins du monde, pour les Français vivant à l’étranger. Au sujet de ce qui préoccupe ces derniers, les baromètres respectifs de l’ADFE et d’Expat Communication, restitués la semaine dernière, ont permis de se faire une idée.

    Des inscriptions en hausse au registre des Français de l’étranger

    Ce mercredi 11 décembre, les salons du Quai d’Orsay, accueillaient à nouveau la présentation du baromètre d’Expat communication, pour l’année 2024. En ouverture, François Penguilly, chef du service des Français à l’étranger, au sein du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), salue cet événement, comme “un moment unique d’échange avec l’ensemble des représentants de l’écosystème de la mobilité internationale”. Il mentionne le décompte, au 30 novembre 2024, de 1 742 029 Français inscrits sur le registre des Français établis hors de France. Un chiffre “partiel” mais qui selon lui, confirme un rebond que l’on observe de la communauté française à l’étranger, depuis la fin de la crise sanitaire du Covid-19”. Et en profite pour mentionner un autre questionnaire, qui a mesuré un taux de satisfaction global de 89% en moyenne, chez les usagers des services consulaires.

    Qui sont les expats ?
    Qui sont les expats ?

    Zoom sur le moral des Français de l’étranger

    Il se félicite d’ailleurs d’un “moral en hausse” des expatriés, mesuré par le baromètre d’Expat Communication. Sous la houlette d’Alix Carnot et de Stéphanie Merlant – à la tête de ce cabinet d’accompagnement à la mobilité internationale – le questionnaire a ainsi mesuré une légère hausse de leur moral, de l’ordre de trois points. Alix Carnot explique que cette année, le baromètre s’est focalisé plus particulièrement sur les notions de “bénéfices et sacrifices” de l’expatriation, mais aussi sur les femmes. Et bien que l’écart se soit réduit, leur moral est à nouveau moins bon que celui des hommes. Un résultat qui, indique Alix Carnot, peut s’expliquer par la plus grande insécurité professionnelle dans laquelle elles sont.

    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français

    Ainsi, selon les réponses du baromètre d’Expat Communication, 64% des femmes travaillent en expatriation contre 75% des hommes. Un différentiel hommes-femmes similaire à celui qu’on peut retrouver dans le baromètre de l’ADFE, qui fait état de 5,1% des femmes qui sont sans emploi, contre 1,7 seulement chez les hommes. Expat communication apporte également des éléments sur une inégalité salariale au détriment des femmes, de l’ordre de quatre points d’écart.

    Des expatriés intéressés par la vie politique

    C’est au Sénat, salle Médicis, que l’ADFE (Association démocratique des français à l’étranger-Français du Monde) s’était donnée rendez-vous, samedi 14 décembre, pour présenter les résultats de son troisième baromètre des Français de l’étranger, basé sur un échantillon de 22 588 répondants.

    Les raisons du retour
    Les raisons du retour

    Alors qu’Expat communication a constaté, dans une enquête consacrée au quotidien, le vif intérêt de 54% des expatriés pour les élections législatives. Du côté du questionnaire de l’association Français du Monde, sur ce même registre de l’attachement à la chose politique, les répondants de l’ADFE sont 82,6% à considérer comme important leur attachement à la nationalité française. Mais sont 86,1% à avoir la même appréciation sur le fait de voter à l’élection présidentielle française. Parmi les choses auxquelles les expatriés accordent de la valeur, le baromètre mentionne aussi la culture française (86.5%) et la francophonie (74%). Toujours dans le domaine politique, les répondants à l’ADFE sont nombreux à connaître les conseillers français de l’étranger (87,2%) et leurs députées (83,4%), mais moins leur sénateurs (62,5%).

    Une perception contrastée de la France

    Le baromètre de l’ADFE restitue un tableau sévère de notre pays, puisqu’à la question de savoir quelle est leur perception de la France, seuls 30,3% des répondants ont une appréciation positive, les autres en ayant une neutre (25,3%), négative (30,7%) ou très négative (12,8%). L’ADFE les a également interrogés sur leurs préoccupations. Les quatre premiers sujets cités sont d’abord la retraite, puis la situation internationale, le dérèglement climatique et la situation économique. 

    Perception de la France
    Perception de la France

    Sur le sujet de la retraite, le baromètre indique que les Français de l’étranger interrogés craignent que leurs années de cotisation à l’étranger ne soient pas pleinement reconnues par le système de retraite français, ce qui pourrait réduire leurs droits à la retraite”. Sans compter que certains d’entre eux doivent cotiser à la fois dans leur pays de résidence, et en France. Le baromètre note que ces préoccupations sur la retraite sont les plus élevées au Royaume-Uni, et les plus basses en Suisse.

    Assurance Médicale
    Assurance Médicale
    Caisse des Français de l'Étranger
    Caisse des Français de l’Étranger

    On peut aussi noter que dans le baromètre de l’ADFE, l’accès à une assurance médicale est une préoccupation pour 31,8% des répondants, et que cet intérêt décroît avec l’ancienneté de l’expatriation. D’autres résultats d’Expat Communication indiquent que lorsqu’on leur demande d’évaluer la générosité du système de sécurité sociale français, par rapport au système de santé local, 44% lui donnent la note de 5 sur 5. En matière de santé, le baromètre de l’ADFE montre que la moitié des répondants (47.5%) savent qu’il existe une caisse de sécurité sociale pour les Français de l’étranger (la Caisse des Français de l’étranger), mais qu’une proportion légèrement plus élevée (52.5%) ne le sait pas.

    La formation et l’éducation, des sujets centraux

    Un autre sujet qui parlera à tout expatrié, et abordé dans les deux baromètres, c’est celui des barrières culturelles et leurs incidences plus ou moins inattendues, dans la vie professionnelle. Un thème qui, rapproché de celui de la reconnaissance des diplômes et qualifications dans le pays de résidence, amène le baromètre de l’ADFE à préconiser le renforcement des accords bilatéraux entre la France et les pays d’accueil, pour faciliter la reconnaissance des qualifications. Mais aussi le développement de programmes d’accompagnement spécifiques, incluant des formations continues et des cours de langue.

    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français

    Dans les deux baromètres, la question de la formation et de l’éducation apparaît sous différents aspects. Pour les enfants des expatriés, à travers leurs accès à des écoles françaises homologuées. Le baromètre de l’ADFE recommande d’augmenter leur nombre, et d’assouplir les critères d’attribution des bourses scolaires. Quant aux parents, dans un contexte où « le modèle du salarié expatrié par une grande entreprise est devenu minoritaire », note le rapport, pour 46,1 % des répondants, la formation professionnelle locale est un sujet important.

    D'accord pour rentrer ?
    D’accord pour rentrer ?

    À travers deux prismes différents, l’ADFE et Expat communication ont une nouvelle fois montré la diversité des enjeux rencontrés par les Français de l’étranger. Et ce, jusqu’à l’éventuel retour :  selon Expat communication, il est vécu comme un choix par 42% des répondants, mais pour 38%, comme une obligation. Ce qui explique peut-être en partie les difficultés d’intégration scolaire, vécues par 39% des enfants revenus de l’étranger !

    Baromètre de l’ADFE

  • Loi spéciale de finances : comment ça marche ?

    Loi spéciale de finances : comment ça marche ?

    Alors que le calendrier parlementaire a été bouleversé par la censure du gouvernement Barnier, la France se prépare à éviter un « shutdown » grâce à une loi spéciale de finances. Cette situation inédite prend une nouvelle tournure depuis ce vendredi 13 décembre avec la nomination de François Bayrou au poste de Premier ministre. Chargé de former un nouveau gouvernement, il devra naviguer dans un contexte politique et économique particulièrement tendu pour assurer la continuité des services publics et restaurer un climat de confiance. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Et pourquoi est-ce crucial ? Le gouvernement Bayrou aura pour priorité de présenter une nouvelle loi de finances. Mais en attendant, la loi spéciale reste le rempart nécessaire pour éviter le pire. Explications.

    Une loi pour garantir la continuité

    La loi spéciale, présentée mercredi 11 décembre en Conseil des ministres par le gouvernement démissionnaire, est un texte d’urgence. Avec seulement trois articles, elle vise à garantir le fonctionnement minimal de l’État en attendant l’adoption de la loi de finances pour 2025. Cette loi permettra notamment de :

    1. Maintenir la perception des impôts et taxes déjà prévus.
    2. Autoriser l’État à recourir à l’emprunt pour couvrir ses besoins de trésorerie.
    3. Permettre aux organismes de sécurité sociale de trouver des ressources temporaires pour leurs activités.
    Michel Barnier et ses ministres à Matignon le 4 novembre 2024
    Michel Barnier et ses ministres à Matignon le 4 novembre 2024

    C’est donc un véritable filet de sécurité pour éviter que l’administration publique et les services essentiels ne s’arrêtent net au 1er Janvier 2025.

    Un calendrier serré

    Le projet de loi, examiné par la commission des finances de l’Assemblée nationale, doit passer en séance publique ce lundi 16 décembre, puis au Sénat le 18. L’objectif est clair : promulguer le texte avant la fin de l’année pour permettre la publication du décret relatif aux « services votés« , garantissant les dépenses indispensables de l’État.

    Ce que couvre (et ne couvre pas) la loi spéciale

    La loi spéciale se concentre sur l’essentiel :

    • Les « services votés« , c’est-à-dire le minimum indispensable pour assurer la continuité des services publics comme l’éducation, la santé et la sécurité.
    • Les prélèvements sur recettes, comme ceux destinés aux collectivités territoriales ou à l’Union européenne, sont reconduits sur la base des montants précédents.

    En revanche, la loi spéciale ne peut pas :

    • Modifier le barème de l’impôt sur le revenu, comme l’a rappelé le Conseil d’État.
    • Reconduire certains crédits d’impôt arrivant à échéance, comme le crédit d’impôt innovation ou celui pour les agriculteurs. Ceux-ci pourraient disparaître temporairement.
    • Intégrer les nouveaux investissements ou dépenses non urgentes.

    Un régime exceptionnel, mais limité

    Le cadre des « services votés » impose des restrictions drastiques. Par exemple, les subventions ou nouveaux projets d’investissement jugés non essentiels ne pourront être financés. Dans cette situation exceptionnelle, chaque dépense doit impérativement être justifiée par des raisons d’urgence ou de nécessité pour assurer la continuité des services publics.

    Les incertitudes et les risques politiques

    À quelques jours de la fin de l’année civile, des incertitudes demeurent. Lors du débat parlementaire, des députés vont déposer des amendements en vue d’ajouter des dispositions au texte, avec le risque de nouveaux blocages. Ensuite, si le Conseil constitutionnel est saisi (il est possible qu’il ne le soit pas), il pourrait déclarer le texte inconstitutionnel (peu vraisemblable) ou invalider certaines de ses dispositions (possible).

    Une alternative : les articles 5 et 16 peu probables

    La procédure actuellement suivie repose sur l’article 47 de la Constitution et l’article 45 de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF). Cela permet au gouvernement, en cas de blocage, de demander un vote séparé sur la première partie du budget ou de proposer une loi spéciale. Cependant, si cette voie échoue, certains juristes évoquent des options extrêmes comme l’article 5 ou l’article 16 de la Constitution.

    L’article 5 confère au président de la République la mission d’assurer la continuité de l’État et le fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Mais son utilisation pour prendre des ordonnances en cas de blocage reste très hypothétique.

    Laurent Saint-Martin, ministre démissionnaire du Budget Sarah ©Meyssonnier / REUTERS
    Laurent Saint-Martin, ministre démissionnaire du Budget Sarah ©Meyssonnier / REUTERS

    Quant à l’article 16, qui donne les pleins pouvoirs au président en cas de crise grave, il apparaît encore moins probable. Comme l’expliquait Alexandre Guigue, professeur de droit public sur France24 en fin novembre, « quelque chose sera tenté pour éviter que l’administration ne cesse de fonctionner« , mais cela resterait dans les limites des textes en vigueur.

    Les conséquences à court terme

    Cette situation temporaire aura des impacts concrets :

    • Les armées, l’intérieur et la justice devront patienter pour les crédits prévus dans les lois de programmation.
    • L’État devra revenir rapidement à une loi de finances classique et à une loi de financement de la sécurité sociale pour 2025, afin d’éviter une paralysie prolongée.

    Un défi pour le futur gouvernement

    Le casse-tête actuel ne durera pas indéfiniment. Le gouvernement Bayrou aura pour priorité de présenter une nouvelle loi de finances ou de reprendre les textes suspendus suite à la censure. Mais en attendant, la loi spéciale reste le rempart nécessaire pour éviter le pire.

    Avec ce dispositif transitoire, la France navigue sur une ligne étroite entre continuité et paralysie. Les décisions prises dans les jours à venir seront déterminantes pour garantir le bon fonctionnement des services publics et rassurer les citoyens face à l’incertitude.

  • Miss Martinique est Miss France 2025 

    Miss Martinique est Miss France 2025 

    Miss Martinique a été élue Miss France 2025. Elle succède à Eve Gilles et a été choisie à la fois par le jury présidé par Sylvie Vartan, et par les millions de téléspectateurs de TF1 qui étaient devant leur poste samedi soir.

    Un jury 100% féminin

    Présidé cette année par la chanteuse Sylvie Vartan, le jury Miss France 2025, à nouveau 100% féminin, était notamment composé de la championne olympique Marie-José Pérec et l’animatrice et styliste Cristina Cordula.

    Miss Martinique élue Miss France 2025 le 14 décembre 2024 à Poitiers. © ROMAIN PERROCHEAU / AFP
    Miss Martinique élue Miss France 2025 le 14 décembre 2024 à Poitiers. © ROMAIN PERROCHEAU / AFP

    Sur le thème du « grand bal des miss« , les prétendantes ont participé en maillots une-pièce, costumes régionaux, tenues sexy et robes de bal, à une dizaine de tableaux chorégraphiés sur des musiques yéyé, country, tubes des années 90, flamenco endiablé, salsa et… un concerto de Mozart.

    Pour la première fois, une gendarme sous-officier, Manon Le Maou, 28 ans, Miss Franche-Comté 2024, participait au concours qui comptait des médecins, des dentistes, mais aussi une ostéopathe animalière Romane Agostinho, 27 ans, Miss Auvergne.

    Un concours qui a toujours un grand succès

    Alors que les Pays-Bas ont décidé de saborder leur concours de beauté estimant que ce n’était « plus de ce temps« , 30 candidates de 18 à 34 ans participaient à la finale du concours Miss France 2025 présentée pour la 30e fois par l’indétrônable Jean-Pierre Foucault.

    Élection de Miss France 2025 au Futuroscope Angélique Angarni-Filopon, la candidate originaire de Martinique, âgée de 34 ans, a été élue Miss France 2025 Ici aux côtés de la présidente Cindy Fabre. @LP / Fred Dugit
    Élection de Miss France 2025 au Futuroscope
    Angélique Angarni-Filopon, la candidate originaire de Martinique, âgée de 34 ans, a été élue Miss France 2025
    Ici aux côtés de la présidente Cindy Fabre.
    @LP / Fred Dugit

    Avant la cérémonie, le producteur de la cérémonie déclarait à l’AFP :  « le succès de Miss France est atypique, une exception culturelle en Europe avec 7 à 8 millions de téléspectateurs, et des pointes d’audience à 9 millions. Les profils des candidates changent avec des médecins, des ingénieures ou des gendarmes» . Et en effet, en moyenne, la cérémonie a rassemblé, 7,1 millions de téléspectateurs, soit 42,6 % du public jusqu’à minuit. Le sacre d’Angélique Angarni-Filopon (Miss Martinique 2024) a même permis à TF1 d’enregistrer un pic à 8,4 millions de curieux au moment de recevoir sa couronne et son écharpe.

    Une hôtesse de l’air de 34 ans

    Ainsi, Angarni-Filopon, 34 ans, candidate la plus âgée de l’histoire du concours, devient aussi la candidate la plus âgée élue miss France. Elle a battu les quatre autres finalistes Miss Nord-Pas-de-Calais 2024, Sabah Aïb, 18 ans, Miss Corse 2024, Stella Vangioni, 27 ans, Miss Guadeloupe 2024, Moïra André, 27 ans et Miss Côte d’Azur 2024, Lilou Emeline-Artuso, 21 ans.

    « En 2011, une jeune femme âgée de 20 ans a terminé première dauphine du concours Miss Martinique. Aujourd’hui, c’est cette même jeune femme de 34 ans qui se tient devant vous afin de représenter à nouveau la Martinique, sa diaspora ainsi que toutes les femmes à qui l’on a dit un jour que c’était trop tard ».

    Angélique Angarni-Filopon lors du concours Miss France 2025 au Futuroscope de Poitiers, le 14 décembre 2024 @AFP ROMAIN PERROCHEAU
    Angélique Angarni-Filopon lors du concours Miss France 2025 au Futuroscope de Poitiers, le 14 décembre 2024 @AFP ROMAIN PERROCHEAU

    Miss France 2025 en se présentant au jury et aux téléspectateurs, au cours de la cérémonie.

    Les dauphines de Miss France 2025 sont respectivement Miss Nord-Pas-de-Calais 2024, Sabah Aïb, 18 ans, Miss Corse 2024, Stella Vangioni, 27 ans, Miss Guadeloupe 2024, Moïra André, 27 ans et Miss Côte d’Azur 2024, Lilou Emeline-Artuso, 21 ans.

  • Russie, une économie sous tension

    Russie, une économie sous tension

    Dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine le 24 février 2022 par la Russie, les pays occidentaux ont décidé de durcir les sanctions contre cette dernière, dans l’objectif de peser sur son activité économique. Les gouvernements de l’OCDE espéraient un effondrement économique rapide de la Russie. Deux ans plus tard, cet effondrement se fait toujours attendre. Après une récession en 2022, l’économie russe affiche une croissance assez forte, de 3,6 % en 2023, portée par l’effort de guerre. Les embargos ont rarement des effets immédiats, d’autant plus que les États disposent de moyens croissants pour les contourner. Néanmoins, les sanctions commencent à produire leurs effets. La Russie éprouve de plus en plus de difficulté à financer son effort de guerre.

    La Russie confrontée à l’inflation et à des taux d’intérêt élevés

    Alors que de nombreuses banques centrales réduisent leurs taux d’intérêt, la Banque centrale de Russie est contrainte de les augmenter pour lutter contre l’inflation. En novembre 2024, les taux directeurs ont atteint 21 %, un record depuis vingt ans, et pourraient grimper à 23 % d’ici la fin de l’année. Officiellement, l’inflation est de 9 % en Russie mais, dans la réalité, elle pourrait atteindre 20 % pour un panier de consommation courant.

    Cette inflation s’explique par la hausse des prix des produits importés, la pénurie de main-d’œuvre et l’effort de guerre qui mobilise une grande partie de l’économie.

    Un effort de guerre de plus en plus coûteux

    La Russie consacre une part croissante de ses ressources à l’effort de guerre. Le projet de budget pour 2025, présenté en septembre dernier, prévoit une augmentation de plus de 25 % des dépenses de défense. Au total, les dépenses annuelles consacrées à la défense et à la sécurité (incluant les services de renseignement) devraient atteindre 17 000 milliards de roubles (170 milliards de dollars), soit plus de 40 % des dépenses publiques ou 8 % du PIB. Les seules dépenses de défense représenteront 6 % du revenu national russe, le plus haut niveau depuis la guerre froide.

    Ce niveau de dépenses militaires est fréquent pour un État en guerre. Par exemple, les États-Unis consacraient 8 à 10 % de leur PIB à l’armée pendant la guerre du Vietnam, et durant la Seconde Guerre mondiale, les dépenses militaires atteignaient entre 40 et 60 % du PIB. Cependant, à l’époque, les États maintenaient des taux d’intérêt bas. Dans les années 1940, le Royaume-Uni avait mené une « guerre des 3 % », visant à maintenir les taux d’intérêt autour de ce niveau, et la Réserve fédérale américaine avait stabilisé les taux à 2,5 %. En revanche, en Russie, le rendement de la dette souveraine à dix ans est passé de 6 % avant la guerre à 16 % aujourd’hui.

    De la pénurie de main-d’œuvre au travail forcé

    La Russie est confrontée à une pénurie de soldats et de travailleurs dans ses entreprises. Le vieillissement démographique affecte gravement son économie. Les autorités ont été contraintes de mobiliser les jeunes et les prisonniers pour renforcer les troupes sur le front ukrainien. Elles ont également sollicité l’aide de l’armée nord-coréenne.

    L'économie russe et son système financier restent relativement vulnérables, explique Julien Vercueil, "avec une inflation élevée et un rouble faible" ©Yevgeniy, AdobeStock
    L’économie russe et son système financier restent relativement vulnérables, explique Julien Vercueil, « avec une inflation élevée et un rouble faible » ©Yevgeniy, AdobeStock

    A 2,4 %, le taux de chômage, reflète une économie en surchauffe. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés avaient freiné l’inflation en augmentant les impôts, une mesure qui avait le double avantage de limiter la consommation et de financer l’effort de guerre. Vladimir Poutine, lui, adopte une stratégie inverse en augmentant les prestations sociales pour préserver sa popularité.

    La dépréciation du rouble, une source d’inflation

    Le président russe doit également éviter une forte dépréciation du rouble pour contenir les tensions inflationnistes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ni le Royaume-Uni ni les États-Unis n’avaient à se préoccuper de la valeur de leur monnaie. Le dollar bénéficiait de son statut de valeur refuge, et le programme américain Prêt-Bail fournissait au Royaume-Uni les équipements militaires et les ressources nécessaires. Aujourd’hui, la Russie ne dispose pas de telles facilités. Bien que sa balance des paiements courants soit excédentaire grâce aux exportations de pétrole et de gaz, le pays n’a plus accès au système financier mondial. Les importateurs refusent d’être payés en roubles, tandis que les entreprises russes ne peuvent régler leurs factures en dollars. Elles doivent donc utiliser d’autres devises, avec des surcoûts importants.

    La Chine est devenue le principal partenaire commercial de la Russie, assurant un tiers de ses importations. Plus de 90 % des composants microélectroniques utilisés dans les drones, missiles et chars proviennent de Chine, directement ou indirectement. Cependant, ce soutien n’est pas sans coût : la valeur du rouble par rapport au yuan a baissé de plus de 7 % en 2024, alimentant l’inflation.

    Les limites du « quoi qu’il en coûte »

    Jusqu’à récemment, le gouvernement russe avait protégé l’économie de la hausse des taux d’intérêt en adoptant une politique de « quoi qu’il en coûte ». Divers programmes permettaient aux ménages de suspendre le paiement de leurs dettes et aux entreprises d’emprunter à des taux subventionnés, l’État compensant les pertes des banques. Cependant, face à l’explosion des coûts de ces mesures, le gouvernement a commencé à en limiter l’accès. Par exemple, le programme de subventions hypothécaires, qui permettait d’emprunter à un taux de seulement 8 %, a pris fin le 1ᵉʳ juillet. Le mois suivant, le volume des prêts hypothécaires a chuté de moitié. Les faillites d’entreprises ont augmenté de 20 % cette année, et l’Union russe des industriels et entrepreneurs a annoncé la suspension des plans d’investissement pour 2025 en raison des coûts d’emprunt élevés.

    Le FMI prévoit une forte décélération de la croissance économique russe à 1,3 % en 2025, et même la VEB, banque publique de développement, n’anticipe qu’une croissance de 2 %. La combinaison d’une réduction des investissements et d’une pénurie de main-d’œuvre pèse de plus en plus lourdement sur l’activité. Conduire une guerre avec des taux d’intérêt à 23 % est une tâche bien plus ardue qu’avec des taux à 3 %.

    L’économie russe, malgré des adaptations ingénieuses, montre des signes croissants de fragilité. L’accumulation des pertes humaines, estimées entre 100 000 et 200 000 morts côté russe, selon certaines sources, pourrait également saper le soutien populaire au conflit. L’épuisement économique et moral pourrait conduire la Russie comme l’Ukraine à engager des négociation. En cette fin du mois de décembre, Volodymyr Zelensky a évoqué cette possibilité.

  • Le contrôle de l’immigration au cœur des orientations stratégiques de l’UE

    Le contrôle de l’immigration au cœur des orientations stratégiques de l’UE

    Le contrôle de l’immigration est la première priorité des lignes directrices à long terme de l’Union européenne (UE), approuvées par les ministres de la Justice est des Affaires intérieures des États membres ce jeudi 12 décembre.

    C’est la première fois en dix ans que les gouvernements de l’UE parviennent à se mettre d’accord sur un ensemble commun d’« orientations stratégiques » destinées à façonner les politiques à long terme de l’Union en matière de justice et d’affaires intérieures.

    Le texte commun met l’accent sur la nécessité de maîtriser l’immigration dans l’UE, avant de mentionner la criminalité organisée — en particulier le trafic de drogue —, la corruption, le terrorisme, le racisme et l’antisémitisme.

    « Ce sont les États membres qui décident qui entre en Europe, et non les passeurs ou des acteurs extérieurs hostiles », affirme le document, ajoutant que « l’Union doit mobiliser tous les outils dont elle dispose pour soutenir les États membres dans leur responsabilité première consistant à protéger les frontières extérieures et à assurer la sécurité ».

    Les traités internationaux sur lesquels repose l’UE permettent au Conseil « Justice et affaires intérieures » (JAI) — l’assemblée des ministres de l’Intérieur et de la Justice des 27 États membres — de préparer des orientations stratégiques pour chaque mandat quinquennal de la Commission européenne, qui a le pouvoir d’initiative législative.

    Les orientations doivent être adoptées à l’unanimité par les États membres, et leur portée paraït donc, à première vue, assez large. Mais elles sont suffisamment détaillées pour montrer ce que les États membres souhaitent que la Commission privilégie au cours des cinq prochaines années — dans ces nouvelles orientations, le durcissement des règles en matière d’immigration apparait clairement au premier plan.

    Les lignes directrices approuvées jeudi par les ministres devraient être validées par les chefs d’États et de gouvernements des Vingt-Sept lors du sommet européen de la semaine prochaine.

    Dix ans d’attente

    La dernière fois que les États membres ont pu se mettre d’accord sur de telles lignes directrices, c’était en 2014, au début du mandat de Jean-Claude Juncker. Le Conseil JAI n’est pas parvenu à se mettre d’accord sur des orientations stratégiques pour le premier mandat d’Ursula von der Leyen, qui a débuté en décembre 2019. En 2020, les ministres ont renoncé à trouver un compromis.

    Mais le climat politique a évolué ces dernières années, en particulier en ce qui concerne la politique migratoire. Lors du dernier sommet européen, en octobre, les dirigeants ont appelé à l’adoption d’une nouvelle législation pour accélérer le retour des personnes qui n’ont pas obtenu le droit de séjourner légalement dans l’UE.

    Le texte commun met l’accent sur la nécessité de maîtriser l’immigration dans l’UE, avant de souligner la criminalité organisée — en particulier le trafic de drogue —, la corruption, le terrorisme, le racisme et l’antisémitisme. @Luis Diaz Devesa via Getty Images
    Le texte commun met l’accent sur la nécessité de maîtriser l’immigration dans l’UE, avant de souligner la criminalité organisée — en particulier le trafic de drogue —, la corruption, le terrorisme, le racisme et l’antisémitisme. @Luis Diaz Devesa via Getty Images

    Les lignes directrices adoptées jeudi prévoient « [qu’]une approche plus affirmée et plus globale en matière de retours sera élaborée et mise en œuvre, en renforçant d’urgence notre cadre juridique et nos capacités tout en utilisant les outils internes et externes dont nous disposons ».

    Le document ajoute : « Une politique de retour efficace est un pilier fondamental d’une politique d’asile et de retour globale et crédible de l’UE ».

    Outre le renforcement des frontières, le texte appelle également à la mise en place de « voies d’accès sûres et légales qui sont essentielles à une migration régulière et ordonnée ».

    Conformément à la déclaration du sommet d’octobre, les lignes directrices soulignent également la militarisation de la migration par la Russie et la Biélorussie. En effet, depuis quelques années, l’instrumentalisation des migrants par des pays tiers — en particulier la Russie — est considérée comme une tentative de déstabilisation des États membres de l’UE situés le long de la frontière est.

    « L’Union européenne est résolue à contrer les attaques hybrides lancées à ses frontières extérieures par la Russie et la Biélorussie », indiquent les lignes directrices.

    Criminalité, corruption, terrorisme et antisémitisme

    Si la migration est au premier plan, ce n’est pas le seul problème que les ministres soulignent dans leurs lignes directrices.

    Le document appelle également à des mesures plus strictes pour lutter contre la criminalité organisée et la corruption.

    « La grande criminalité organisée, y compris le trafic de drogue, porte atteinte au fonctionnement de l’espace de liberté, de sécurité et de justice. Elle constitue une menace pour la sécurité des citoyens et affaiblit l’État de droit. »

    En outre, le document indique que « l’Union européenne adoptera une approche plus ferme pour prévenir et combattre le terrorisme, la radicalisation, la désinformation, l’extrémisme violent et les tendances antidémocratiques en ligne et hors ligne ».

    Cela inclut l’élaboration d’un nouveau programme de lutte contre le terrorisme, précisent les lignes directrices.

    Le document comprend également un engagement à soutenir « les États membres dans leurs efforts qu’ils déploient pour lutter contre le racisme et l’antisémitisme et favoriser la vie juive ».

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 16.12.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 16.12.2024

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le lundi 16 décembre, et vous écoutez le flash quotidien des expatriés, dans nos titres : Mayotte ravagée – Une Miss France des Antilles – Le PS restera dans l’opposition

    Le cyclone Chido a balayé l’île de Mayotte

    Placée un temps en vigilance violette, la plus élevée, samedi matin, avec des vents à plus de 220 km/h et d’importantes vagues de submersion, le département français a été frappé de plein fouet. Les dégâts, encore impossibles à évaluer, s’annoncent très importants, alors que 14 personnes ont été retrouvées mortes. Un bilan qui pourrait être bien plus dramatique dans les heures à venir, les secours tentant de gagner les zones les plus touchées. En zone tropicale, les absences d’eau potable et d’électricité sont des urgences absolues. Le ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau, qui devait se rendre sur place lundi, a finalement avancé son voyage de 24 heures et est arrivé dès ce dimanche soir. Le nouveau Premier ministre François Bayrou, lui, va devoir gérer sa première crise d’importance. 

    Les dégâts dans les bidonvilles de Kawéni après le passage du cyclone Chido • ©Mayotte la 1ère
    Les dégâts dans les bidonvilles de Kawéni après le passage du cyclone Chido • ©Mayotte la 1ère

    Une Miss France très symbolique

    C’est la doyenne des prétendantes qui a été sacrée, samedi soir. Angélique Angarni-Filopon, Miss Martinique, a été élue Miss France 2025 par le jury à nouveau 100 % féminin et par les téléspectateurs qui ont voté par téléphone toute la soirée. Hôtesse de l’air à la ville, elle avait déjà participé à l’élection de Miss Martinique en 2011 et avait été élue première dauphine. Cette fois, elle a accédé au titre suprême des concours de beauté français grâce aux votes des spectateurs et d’un jury présidé par Sylvie Vartan.

    Angélique Angarni-Filopon, Miss France 2025
    Angélique Angarni-Filopon, Miss France 2025

    Un accord de non-censure conditionné pour le PS

    Cécilia Gondard, Secrétaire fédérale en charge des Français de l’étranger au sein du PS, a répondu aux questions du site Lesfrancais.press. Dans l’interview, on revient sur la position du PS alors que François Bayrou est désormais Premier ministre. Celle-ci nous précise que François Bayrou « n’a pas obtenu du PS un engagement de non-censure ». Une lettre a d’ailleurs été envoyée au nouveau chef de gouvernement expliquant cette position, vous pouvez la télécharger sur le site. Quant à l’émergence d’un « bloc central », Cécilia Gondard nous livre la définition de ce que pourrait être cette alliance. Ce serait avant tout un regroupement des forces politiques alliées contre le Rassemblement National. Or, pour notre invitée, aujourd’hui, ce « bloc central » ne peut exister encore sous cette forme, elle s’explique dans le podcast. Enfin, elle estime aussi, malgré la crise, qu’il « est temps de porter à l’Assemblée nationale les sujets des Français de l’étranger ».

    Cecilia Gondard : « Il est temps de porter à l’Assemblée nationale les sujets des Français de l’étranger »
    Cécilia Gondard : « Il est temps de porter à l’Assemblée nationale les sujets des Français de l’étranger »

    C’est tout pour ce lundi, on se retrouve demain pour un nouveau flash quotidien des expatriés. Passez une belle journée où que vous soyez !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Un monde en révolution, la France immobile.

    Un monde en révolution, la France immobile.

    D’un côté Notre-Dame reconstruite en cinq ans. Un exploit, au prix d’une loi spéciale qui avait pour effet de déroger aux lois existantes. De l’autre l’agence Moody’s qui abaisse la note de la France avec pour conséquence une hausse des taux d’intérêt. Le service de la dette est le deuxième budget de l’Etat, plus du double de celui de la défense nationale. Quelle indépendance nationale sans indépendance financière ? Peu importe la dette, si l’on crée plus de richesse.

    D’un côté cinquante chefs d’Etat et de gouvernement à Notre Dame, de l’autre une Assemblée brouillonne où chacun calcule ces postures et se regarde en chien de faïence. D’un côté, un Président de la République capable de convaincre Donald Trump de rencontrer Zelenski,  qui place la France en première ligne diplomatique aussi bien en Ukraine qu’au Moyen-Orient, les deux champs de bataille de la planète.  De l’autre cette palinodie pour trouver un Premier ministre et former un gouvernement qui sera bien incapable d’agir. Comment créer une nouvelle croissance ?

    Tout le monde connaît les défauts de notre pays  : surabondance de taxes, de dépenses, de normes avec un Etat omniprésent, bouffi, boulimique, de plus en plus impuissant et contesté. La question n’est pas celle des dépenses publiques ni de la dette, il est de l’adaptation au monde nouveau.

    La question n’est pas tant celle de la dette que celle de la croissance.  

    Devant la Commission des finances, Bruno Le Maire accuse ses accusateurs  : « hypocrisie ! » dit-il. « Personne ne veut s’attaquer au déficit public depuis cinquante ans. Cette Assemblée ne veut que « taxer, dépenser, censurer ». L’Assemblée, celle qu’ont choisie les Français après une dissolution surprise. La rage, la colère, -soi-disant légitime-, conduisent à la montée des extrêmes. Les partis de gouvernement s’enfoncent dans un clientélisme catégoriel. On prétend traiter de désindustrialisation, d’agriculture, des retraites, d’immigration alors que la question fondamentale est celle de la redéfinition du rôle et des missions de l’Etat. Que l’on regarde ailleurs  : Canada, Pays-Bas, Allemagne, Espagne, Grèce, l’Italie, Portugal, Espagne, Suisse, Nouvelle-Zélande, Australie, pour ne parler que des pays comparables, ont engagé des réformes de fond. L’exception française se voit dans le mille-feuille territorial, la folie normative, la pauvreté de la fonction publique et son hypertrophie, dans le poids des retraites et l’inexistence de fonds de pensions, dans le record des prélèvements et la préférence pour le chômage.

    La question n’est pas tant celle de la dette que celle de la croissance. Toute politique qui ne permet pas aux entreprises (agricoles, industrielles, ou de services) d’être compétitives, aux investissements de créer de la richesse est vouée à l’échec.  L’Etat lui-même se doit d’être compétitif. Longtemps la France s’est enorgueillie de la qualité de son administration. C’était une force ; cela ne l’est plus.  

    Il suffit de se comparer aux autres. Ailleurs se tentent des expériences nouvelles. Le monde est en révolution, celle de l’information, de la connaissance, de l’intelligence – peu importe comment on l’appelle. La richesse n’est ni le pétrole ni l’or ni le blé ni la terre ni taille de la population, elle est la capacité d’imaginer, d’essayer, d’échouer, de recommencer. Elle demande une liberté créatrice. Elle exige de faire confiance à la société, dans l’éducation, la fonction publique, les territoires, et bien sûr les entreprises. Apparait dans le monde une nouvelle croissance. Il faut en être, ou stagner.

    Redéfinir le rôle et les missions de l’Etat devient une urgence sociale plus que financière. 

    La France rechigne. Elle attend tout et toujours de l’Etat. Et l’on en veut forcément au Chef de l’État, à tous les élus, qui n’en peuvent mais, qui, pour satisfaire les électeurs, cèdent à la facilité de la dépense.

    Comment a-t-on accumulé 3200 milliards de dette ? La crise financière ? L’État paie. Le Covid ? L’État paie ; la crise énergétique, l’Etat Paie. La grippe aviaire ? L’État paie. Mais qui c’est l’Etat ? C’est l’autre, croient les malins. Toute dépense repose sur l’impôt à venir ; tout impôt pèse sur la richesse créée ; ceux qui souffrent le plus de la richesse qui manque, qui paient donc le plus, même s’ils ne paient pas l’impôt directement, sont les plus pauvres. Redéfinir le rôle et les missions de l’Etat devient une urgence sociale plus que financière. 

    Imagine-t-on l’Etat du 21e siècle actionnaire de Renault, Stellantis ou Orange ? Ou doit-il se concentrer sur l’efficacité de la justice, du droit ? Nul besoin d’un Etat stratège, seulement d’un Etat efficace dans ce que seul il peut faire : des règles justes pour tous, et respectées.

    Chacun se focalise depuis vingt ans sur l’émergence de la Chine et le défi qu’elle représente. Chacun s’effraie de la violence russe. Tous s’inquiètent des multiples guerres du Moyen-Orient. Qui ne voit que les États-Unis lancent le principal défi ? L’économie américaine flambe, Trump s’embarque dans une dérégulation violente qui facilitera l’éclosion de nouvelles pousses, attirera l’épargne et les cerveaux du monde, créera des technologies nouvelles qui envahiront le monde. Ce que l’on a vu avec les Gafam n’est que le début.

    De l’autre côté de l’Atlantique une économie se réinvente.  

    De l’autre côté de l’Atlantique une économie se réinvente. De l’autre côté de l’Eurasie, deux monstres veulent croquer le monde, la Chine et l’Inde. Au milieu, comme une proie, ce continent paisible, prétentieux et vieillissant : L’Europe. Avec deux locomotives en panne, la France et l’Allemagne.

    L’Allemagne a des ressources, elle est peu endettée, elle retrouvera d’ici deux mois un gouvernement stable. La France s’enlise dans une crise inutile avec pour perspective la victoire d’un parti d’extrême droite et la confrontation avec une extrême gauche qui se complaît dans la fausse haine des faux bourgeois. Au milieu des partis de gouvernement qui cherchent un gouvernement et qui ont démontré qu’ils ne savent pas gouverner.

    Comment sortir de l’immobilisme ? Tout le discours politique consiste à vouloir défendre, conserver, protéger.  Tout ce qui ressort du domaine de la peur. Qui vantera l’audace, le risque, le grand large, les grands espaces ? Peut-on constituer une société de confiance sur la peur ? Le monde change et la France reste immobile.

    Elle a de magnifiques atouts. Elle est le pays européen qui recueille le plus d’investissements étrangers. Elle est le maillon fort de la défense d’une Europe qui doute après avoir abandonné sa sécurité aux États-Unis. Chacun s’accorde à dire qu’il est temps que l’Europe muscle sa défense. La France a adopté une loi de programmation militaire consensuelle, elle a des forces de défense expérimentées, une industrie compétitive, elle est le deuxième exportateur mondial, elle possède un porte-avions et des sous-marins nucléaires, elle est une puissance spatiale, une puissance nucléaire autonome. L’industrie de défense est d’abord une industrie de technologie et de l’intelligence. Cela montre des capacités d’excellence, car la défense est le seul domaine de compétition entre les Etats qui ne souffre pas d’erreur.

    Le président élu Donald Trump écoute Elon Musk alors qu’il arrive au lancement d’une fusée SpaceX le mois dernier. Photo : AP
    Le président élu Donald Trump écoute Elon Musk alors qu’il arrive au lancement d’une fusée SpaceX le mois dernier. Photo : AP

    Si la France est immobile, elle est un maillon fort devenant fragile. Il est tentant de l’affaiblir.

    Ces atouts font aussi d’elle une cible. Si la France est immobile, elle est un maillon fort devenant fragile. Il est tentant de l’affaiblir, par la guerre hybride, la désinformation, la déstabilisation financière.  On l’a vu en Afrique, cela peut arriver en Europe.  La faille qui grandit dans le couple franco-allemand est une tentation pour beaucoup de pays. C’est pourquoi il est criminel, comme le fait la Commission, de la laisser s’accroître.  

    Le mal pour se répandre n’a besoin que de l’absence des gens de bien. Le sursaut ne viendra pas du monde politique. Il n’est qu’un reflet de la société politique. Il peut avoir lieu dans la société civile, à partir d’elle. Dans l’éducation, l’énergie, l’agriculture, l’industrie, les services, la finance, partout naissent des initiatives ingénieuses. Trop souvent bloquées, elles se réalisent ailleurs. Libérer la capacité d’initiative des Français, ce devrait être le socle commun de ce nouveau gouvernement qui, à défaut d’obtenir la confiance, devrait faire confiance.

    Regarder ailleurs, aussi , en demandant aux Français de l’étranger, aux postes diplomatiques, ce qu’il y a de mieux dans leur pays d’accueil, que l’on transposerait en France. Le Top Ten mondial de l’administration, de l’enseignement, de la formation, de l’urbanisme, de l’insertion sociale, de l’intégration, etc… Soyons humbles, imitons. Bougeons.

    « Avec ses quatre dromadaires, Don Pedro d’Alfaroubeira Courut le monde et l’admira ; Il fit ce que je voudrais faire, Si j’avais quatre dromadaires. » Quand on sait rassembler le monde à Notre Dame, ne peut-on trouver quatre dromadaires ? Au gouvernement ?

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app France Pay