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  • Européennes aux Pays-Bas, polémique chez les Français résidants

    Dans un courrier adressé au Ministre Lemoyne, la Première Secrétaire de la Fédération des Français de l’étranger du Parti socialiste Cécilia Gondard, par ailleurs candidate PS / Place publique aux élections européennes, s’est alarmé du fait qu’un certain nombre des 25000 Français des Pays-Bas ont été automatiquement inscrits sur les registres de vote hollandais.

    « La Fédération des Français de l’Etranger du Parti Socialiste  et sa section des Pays Bas s’étonnent des communications hasardeuses du Quai d’Orsay et demande une solution diplomatique avec les Pays Bas et une transparence totale »

    Le double vote, sur les listes françaises et hollandaises, étant interdit, cela revient de fait à leur empêcher de voter pour les listes hexagonales, et ce alors que le Consulat organise le scrutin au Lycée français de la Haye et à l’école française  d’Amsterdam. Attention! Ceux qui sont inscrits sur les listes des Pays-Bas votent jeudi 23 et non pas dimanche 26 mai.

    Une pratique habituelle et un défaut de communication selon l’élue consulaire Hélène Degryse 

    Hélène Degryse, élue consulaire que nous avons contacté, s’étonne de la polémique crée autour de cette pratique qui existait déjà lors des précédents scrutins européens. Si elle considère que la communication du Ministère a été confuse, et que chaque électeur aurait dû contrôler sa situation, elle rappelle que cette situation n’est pas nouvelle et existe également dans d’autres pays comme l’Allemagne. Mme Degryse, notamment sur son compte Twitter, rappelle que ce processus électoral n’est pas nouveau et que personne n’est privé du droit de vote. 

    En France, les européens résidants se voient, lorsqu’ils s’inscrivent pour les municipales, offrir le choix de voter aussi pour les listes françaises où alors pour les listes de leur pays d’origine. une manière sans doute aussi de désamorcer les polémiques.

    Un risque de fausser les statistiques de l’abstention

    Le risque, et il concerne également les autres Etats européens lors de ce scrutin qui permet de voter pour des listes locales, est que cela donne la fausse impression d’un abstentionnisme plus important encore. Les autorités consulaires ne savent pas, en tout cas le jour du scrutin, combien de Français ont participé localement. Les conséquences de cette fausse impression de désintérêt pourraient être une réduction du nombre d’élus des Français de l’étranger.

  • En Algérie, les militaires jouent les oies blanches

    Ils ne manquent pas de culot mais ça peut marcher. Ahmed Gaïd Salah, le général qui a unifié l’armée autour de lui, procède à la purge des amis et des proches de Bouteflika, qu’il avait pourtant juré de « servir jusqu’à la mort ». Il avait même placé son gendre, Abdelghani Zaalane auprès de Bouteflika pour être son directeur de campagne. Il est d’ailleurs probable que celui-ci puisse à nouveau servir.

    Le frère de Bouteflika, Saïd, ses anciens Premiers ministres, un cinquantaine de responsables et d’hommes d’affaires ont été arrêtés ou convoqués par un juge. Le général voudrait les donner en pâtures à l’opinion et prouver son intégrité dans la lutte contre la corruption.

    La lutte pour le pouvoir avait commencé, comme annoncé, par l’élimination de services de renseignements – la police politique- qui faisaient historiquement contrepoids à l’armée. Saïd, qui avait tranché contre le général Toufik (renseignements), au profit de Gaïd Salah (armée), doit le regretter.  Saïd Bouteflika, les généraux Toufik et Tartag ont été accusés, comme la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, de « complot contre l’armée ». Original. On ne peut mieux dire « opposition à Salah ». Ainsi l’Armée et son chef utilisent la contestation populaire pour faire le ménage, éliminer quelques rivaux, effrayer le courtisan, et conforter leur emprise. Au nom de la lutte contre la corruption et des revendications populaires. Du classique.

    Est-ce que cela marche ? C’est possible. Même si la foule qui manifeste n’est pas dupe et demande le départ de Gaïd Salah comme elle demandait celui du malheureux Bouteflika. Y arrivera-telle ? La force et l’argent sont du coté des généraux. Pour la première fois, dans une ville du centre du pays, il y a eu des blessés lors d’une manifestation.

    Le scrutin présidentiel est toujours prévu pour le 4 juillet. Sur les 71 candidats, aucun ne semble crédible. Quant à la conférence nationale, organisée par le Président par intérim actuel, Abdelkader Bensalah, boudée par tous, elle a été un échec.

    « Non à l’Armée-Etat » crient les manifestants. De fait, l’Armée représente 25% du budget de l’Etat. Deux fois celui de l’Education. Les généraux et officiers supérieurs contrôlent directement et indirectement une grande partie de l’économie du pays. En éliminant les hommes d’affaire proches de Bouteflika, ils éliminent aussi la concurrence. Les fils du général Salah, Karim et Adel, par exemple, sont des hommes d’affaires prospères, diversifiés dans la presse, les hôtels et l’import export.

    Pour l’instant, l’armée reste unie. Elle n’a pas eu à faire usage de la force. Que se passerait-il si ce devait être le cas ? Renforcerait-elle son emprise, beaucoup d’Algériens redoutant le pire, une guerre civile ? Ou perdrait-elle sa cohésion ? Car la plupart des militaires algériens ne font pas partie du cercle doré des profiteurs.

    En attendant, la Russie tente de renforcer les liens, déjà très étroits, avec le nouveau régime, si semblable à l’ancien. Mais que peut-elle offrir, sinon en asile en cas de coup dur ? La Chine, premier partenaire commercial, s’inquiète. La France essaie de ne surtout rien faire, puisqu’elle est de toute façon mise en accusation. Elle a fait tout ce qu’il était possible de faire comme actes de contrition et de repentance, qui n’ont d’ailleurs servi à rien. Le pouvoir accuse toujours la France d’on ne sait quoi, mais cela ne prend plus chez les nouvelles générations.

    Le Général Salah a mis en garde ceux qui recherchent « le vide institutionnel »  et a confirmé la tenue des élections le 4 juillet. Le dépôt de candidatures est clos. Difficile de croire qu’il a pu trouver quelqu’un à son goût : il n’a pas encore dit qui il fallait soutenir. Il est possible qu’il cède à la pression des manifestations et que l’élection soit reportée. En quoi, finalement, cela le dérangerait-il ?

     

     

     

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  • L’Inde, la démocratie gagne, le nationalisme aussi.

    Un mois de scrutin. Neuf cent millions d’électeurs. Une campagne vive, mais sans morts. Le Premier ministre Narendra Modi, député de Benares, chantre du nationalisme hindou, espère une deuxième victoire. Il a passé la nuit du vote en méditation pour apparaitre sur fond d’Himalaya en robe de brahmane, devant les journalistes. Alors que 15% de la population indienne est musulmane, certains candidats du BJP, le parti du Premier ministre, n’hésite pas à qualifier l’islam de « virus ». Identité Hindoue contre Islam, Inde contre Pakistan, Modi  a axé sa campagne sur l’identité indienne, forgée depuis l’indépendance de l’Inde en 1948 par la partition du pays, qui fit quelques millions de déplacés entre Pakistan, Inde et Bengladesh, et de nombreux massacres qui se sont comptés en centaines de milliers de morts.

    L’Inde est une démocratie depuis cette indépendance. Longtemps gouvernée par l’historique Parti du Congrès, et la dynastie Nehru-Gandhi, elle est passé du coté du nationalisme hindou avec Modi, d’origine modeste et devenu le chef charismatique de son parti.

    L’inde comprend 29 Etats. Chaque Etat a son Parlement, mais envoie un nombre de députés proportionnel à sa population au Parlement fédéral. La majorité détermine le choix du Premier ministre. Les élections sont organisées dans toutes les provinces sous le contrôle de la police fédérale et d’une commission indépendante. Comme le mode d’élection est le scrutin uninominal à un tour, comme en Angleterre, les vagues électorales sont amplifiées, ce qui avait permis à Modi d’emporter la majorité absolue.

    Le rival de Narendra Modi au poste de Premier ministre est le leader du Parti du Congrès, Rahul Gandhi, fils de Rajiv et Sonia Gandhi, petit fils d’Indira Gandhi, elle-même fille de Nehru, le premier Premier ministre de l’Inde. Le Parti du Congrès, avec cette famille, a dirigé l’Inde pendant cinquante ans, il espère former une coalition avec des partis régionaux pour reprendre le pouvoir. Le Parti du Congrès se veut plutôt socialiste et laïc. Il propose un salaire minimum à 6000 roupies (environ 87$). Le BJP, lui, est nationaliste, et populiste. Cependant, les candidats du Congrès se présentent aussi comme de pieux hindous et apparaissent comme plus bourgeois que le BJP. Modi a agité la ferveur nationaliste par des tensions et des frappes militaires contre le Pakistan. Même s’il n’a pas créé autant d’emplois que promis, l’Inde est sur la voie d’une vraie croissance économique, plus égalitaire -dans un pays aux inégalités phénoménales- et solide.

    L’Inde est six fois plus grande que la France, vingt fois plus peuplée. Elle devrait devenir le pays le plus peuplé au monde dans quelques années, devant la Chine. Economiquement aussi, l’Inde devient une grande puissance, avec un taux de croissance qui dépasse 6%. Un tiers de la population reste sous le seuil de pauvreté. La moitié de la population a moins de 25 ans.

    Outre son grand rival identitaire pakistanais, l’Inde est toujours en rivalité avec la Chine. Elle passe pour l’instant entre les gouttes de la guerre commerciale actuelle entre la Chine et les Etats-Unis, même si elle affiche elle aussi un fort excédent commercial avec les Etats-Unis. Mais Trump avait aussi souhaité mettre fin au système des préférences généralisées qui permet à l’Inde d’exporter 2000 produits sans droits de douane.

    Comme les Etats-Unis se sont traditionnellement appuyés sur le Pakistan, l’Inde a tendance à chercher des alliés ou des partenaires ailleurs, en Europe. Ce fut la Russie. C’est un peu la France. La France a accru sa coopération avec l’Inde, notamment dans le domaine militaire. Outre la vente des avions Rafales, et celle de sous marins Scorpéne, la coopération maritime a été renforcée par un accord de coopération logistique qui permet un accès mutuel aux bases militaires des deux pays. Comme la Chine a constitué un chapelet de bases navales, de Hambantota, au Sri Lanka, à Djibouti en passant par Gwadar, au Pakistan, ce qui déplait fortement à l’Inde, l’accord avec la France intéresse la nouvelle marine indienne, avec Djibouti, Mayotte et La Réunion.

    Un accord de partenariat stratégique avait été signé dés 1998. L’Inde accueille deux Instituts français, un accord de reconnaissance mutuelle des diplômes doit permettre l’augmentation du nombre d’étudiants en France, qui sont pour l’instant 5000. Plus de 1000 entreprises françaises sont installés en Inde. EDF doit construire six réacteurs nucléaires EPR. Cependant, les échanges avec l’Inde ne représentent pour la France que deux tiers des échanges avec la Chine, mais sont plus équilibrés. L’ambition de faire de la France « le premier partenaire stratégique de l’Inde en Occident et de l’Inde le premier partenaire stratégique de la France en Asie » reste un objectif plus qu’une réalité.

  • Référendum en Suisse: deux tiers des électeurs approuvent la baisse de l’impôt sur les sociétés

    Les Sociétés étrangères situées en Suisse bénéficient de taux d’imposition faibles, entre 7.8% et 12%, alors que les sociétés suisses, elles, payent, selon les Cantons, entre 12 et 34%. Cette anomalie a été abolie, non pas en augmentant le taux d’imposition des entreprises étrangères, mais en diminuant le taux des entreprises suisses. Les taux d’imposition seront alignés, à la baisse, pour toutes.

    Il manquera cependant près de 2 milliards de francs suisses (1.8milliards d’Euros) de recettes fiscales. Ce manque à gagner pour les finances cantonales sera compensé par une augmentation des cotisations patronales et salariales à l’assurance vieillesse.

    En gros, les Suisses préfèrent que leurs entreprises paient moins d’impôts sur les bénéfices et que les salariés paient plus de cotisations plutôt que l’inverse ! Cette disposition a été approuvée par référendum par deux tiers des électeurs. Sans doute les Suisses considèrent-ils que les bénéfices seront réinvestis et garantiront emploi et salaires, qui sont les plus élevés d’Europe, avec le Luxembourg.

    En même temps que ce premier referendum, les Suisses ont également approuvé un renforcement du contrôle des armes à feu, pour se mettre ne conformité avec les règles de l’Union Européenne. Sans cette adaptation la Suisse risquait de devoir quitter l’Espace Schengen à laquelle elle a adhéré. Car si la Suisse n’est pas membre de l’UE, elle en respecte la plupart des règles. Or l’Union Européenne a renforcé le contrôle des armes automatique et créé un fichier international.

    Les Gilets Jaunes, qui militent pour un référendum d’initiative citoyenne pourraient être surpris par ces deux votations, qui, s’ils mettent en pratique les principes de la démocratie directe, sont l’une, radicalement pro-entreprise, l’autre, pro-Schengen. Le populisme à la suisse, çà surprend. Rappelons que les Suisses avaient rejeté par référendum, les trente cinq heures.

    Les électeurs suisses ont également voté dimanche à une large majorité pour un renforcement des contrôles sur les armes à feu, conformément aux pratiques en vigueur dans l’Union européenne. 64% des votants par référendum se sont dits favorables à des contrôles plus stricts, contre 36% qui s’y sont dits opposés, selon les résultats quasi définitifs.

     

    La Suisse ne fait pas partie de l’Union européenne, mais est membre de l’espace Schengen de libre-circulation. Le non-respect des nouvelles règles européennes aurait pu forcer la Suisse à quitter cet espace. L’UE a renforcé en 2017 la législation interdisant l’achat d’armes semi-automatiques après les attentats de 2015 à Paris, et a facilité le traçage des armes dans les bases de données nationales.

    Environ 24 000 sociétés étrangères basées dans le pays profiteraient de certains taux d’imposition spéciaux très faibles

    C’est une petite révolution. Après un premier échec en 2017, les Suisses ont approuvé dimanche par référendum une modification de la fiscalité des entreprises, qui était critiquée comme étant trop favorable pour les entreprises étrangères par rapport à ce qui se pratique dans les autres pays.

     

    Deux tiers des électeurs ont voté pour et 34% contre, selon les résultats quasi définitifs. Une première consultation il y a deux ans s’était traduite par un rejet. Sous la pression de l’Union européenne et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Suisse s’est engagée à supprimer certains taux d’imposition spéciaux très faibles dont profitent environ 24 000 sociétés étrangères basées en Suisse.

     

    Ces multinationales bénéficient de taux d’imposition allant de 7,8% à 12% selon les cantons, contre 12% à 24% pour les entreprises suisses « normales ». Pour aligner tous les taux, les cantons prévoient d’abaisser leurs taux d’imposition pour les entreprises « normales » afin de les dissuader de partir.

     

    Compensation prévue. Pour couvrir le manque à gagner qui en résultera, chiffré à deux milliards de francs suisses (1,8 milliard d’euros), le gouvernement fédéral a prévu d’augmenter la part de l’impôt fédéral que perçoivent les cantons. A la baisse des taux d’imposition, le gouvernement fédéral a lié une augmentation de deux milliards de francs des contributions annuelles au système de l’assurance-vieillesse via, notamment, une augmentation des cotisations patronales et salariales.

     

     

  • « Le Nouvel Empire » c’est l’Europe selon le livre de Le Maire

    Généralement les livres sur l’Europe respirent l’ennui. Et les livres politiques aussi.  C’est dire si Bruno Le Maire mettait toutes les chances de son coté. Mais s’il est ministre, il est aussi écrivain. Des romans, des récits, des essais, même des programmes politiques ! Cette fois, l’homme politique se projette en homme d’Etat en décrivant les crises, les insuffisances, et le besoin d’Europe. Comme si l’action du ministre de l’économie ne pouvait faire l’économie de l’écriture et prendre le grand large. Elle lui permet sans de réfléchir, sortir du brouhaha, redevenir lui-même.

     

    Le projet européen est mortel, et il est vital, dit-il. L’Union Européenne est le projet politique du nouveau siècle. Il serait absurde de la cantonner à un marché, absurde de la condamner à cause de ses défauts. Il faut la juger au regard de nos ambitions. C’est une œuvre de civilisation, face à ces deux puissances que sont les Etats-Unis et la Chine. Soit on s’unit, et on peut maitriser notre destin, car l’Europe est forte, soit les pays européens deviendront des vassaux. Classique, mais remarquablement expliqué.

     

    Rarement petit livre sur l’Europe n’aura été aussi clair, aussi simple, aussi juste. Celui-ci est vif comme une épée de duellistes, et l’on voit Bruno Lemaire reprendre les défauts européens et les démonter, sans les cacher, avec adresse, et les remonter dans une perspective historique et pleinement politique.

     

    Le nouvel Empire, Bruno Le Maire, Gallimard.
    Le nouvel Empire, Bruno Le Maire, Gallimard.

    Le Maire, qui a aussi été ministre des Affaires européennes sous Sarkozy, plaide pour le compromis avec les sceptiques et les grincheux, et l’initiative, pour dépasser les oppositions, les calculs et les intérêts. On voit l’expérience du tisserand ou du jardinier, qui sans jamais rejeter tel ou tel revient cent fois sur son métier et ses boutures. Jamais découragé par la longueur des négociations ou les tentatives mal récompensées sur la taxation des Gafas ou le budget de la Zone Euro, on sent son enthousiasme aussi lucide qu’intact.

    Après tout, le nouvel Empire du vingtième siècle c’est encore l’Europe, plus que la Chine ou les Etats unis. A condition de rester unis, c’est à dire de ne pas mourir.

     

    Une réflexion de haut niveau qui montre que Bruno Le Maire est peut-être à l’étroit dans son rôle de ministre de l’Economie et que le carcan  de la politique française lui pèse. Son destin le mènera-t-il ailleurs ? A cette lecture, il faut l’espérer.

     

    Un petit livre très instructif qui réconcilie avec la politique, les politiciens et l’Europe.

     

    Rarement petit livre sur l’Europe n’aura été aussi clair, aussi simple, aussi juste

     

     

     

  • Vincent Lambert : Reprise du Traitement

    « On nous refait le coup tout le temps », a déploré François Lambert, favorable à l’arrêt des traitements de son oncle tétraplégique en état végétatif, après la décision de la cour d’appel de Paris de rétablir les soins.

    Coup de théâtre dans l’affaire Vincent Lambert : la cour d’appel de Paris a ordonné lundi soir au le rétablissement des traitements visant à maintenir en vie le tétraplégique en état végétatif depuis dix ans, interrompus le matin-même par son médecin. La cour « ordonne à l’État français (…) de prendre toutes mesures aux fins de faire respecter les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées le 3 mai 2019 tendant au maintien de l’alimentation et l’hydratation » de Vincent Lambert, selon la décision consultée par l’AFP.

    Le CDPH, comité de l’ONU, avait demandé à la France de surseoir à l’arrêt des traitements dans l’attente d’un examen du dossier sur le fond, mais la France considérait que la suspension de l’arrêt des traitements préconisée par le CIDPH « est dépourvue de caractère contraignant », mettant en avant le « droit du patient à ne pas subir d’obstination déraisonnable ».

    « La remontada »

    La nouvelle est tombée en pleine marche parisienne réunissant plusieurs centaines de personnes réclamant « la vie pour Vincent ».

    Une énorme clameur a retenti quand l’un des deux avocats des parents, Me Jérôme Triomphe, a lancé à la foule, en apprenant leur victoire par téléphone : « On a gagné ! C’est la remontada ! »

    « On était en train d’éliminer Vincent ! C’est une très grande victoire ! Ils vont le réalimenter et lui redonner à boire. Pour une fois, je suis fière de la justice », a aussitôt déclaré à l’AFP sa mère, Viviane Lambert.

    « Je ne comprends pas que l’on puisse être aussi barbare avec son fils »

    À l’inverse, le neveu de Vincent Lambert, François, favorable, lui, à l’arrêt des traitements, tout comme Rachel Lambert et ses oncles et tantes, a dénoncé un « sadisme pur de la part du système médico-judiciaire ». « On nous refait le coup tout le temps. Il y a une jouissance de la part de ceux qui font tous ces recours » juridiques, a-t-il estimé auprès de l’AFP. « Je suis totalement abasourdi, je n’en reviens pas. C’est du sadisme pur », a-t-il encore insisté ce mardi matin au micro d’Europe 1.

    « Je ne comprends pas que l’on puisse être aussi barbare avec son fils sans jamais se poser la moindre question. » Il dénonce la position ferme des parents, qui ne veulent rien entendre, selon lui : « Ils sont du côté de la vie, c’est comme ça. On est tous, à la base, du côté de la vie, c’est normal. Sauf qu’eux, ils y restent et tout ce qui n’est pas eux n’est pas normal. » Le neveu de Vincent Lambert juge que ceux qui partagent son point de vue « ont fait une réflexion, tout simplement » et appelle donc les parents de son oncle à en faire de même : « Peut-être que les parents de Vincent pourraient, à leur tour, faire une réflexion au lieu d’agir comme ils agissent. »

    « La douleur des parents de Vincent, personnellement, je n’y crois plus », explique-t-il. « C’est du militantisme qui a pris le dessus depuis de nombreuses années. Ils sont dans un déni absolu. (…) Ils sont anti-avortement depuis 40 et ils sont dans la continuité de ce combat avec Vincent. » « Tout le monde souffre dans cette histoire », assure François Lambert pour qui « le rationnel doit prendre le dessus » : « La plus grande des souffrances, c’est celle qui mène à la folie. La folie, c’est l’irrationnel et l’irrationnel, il est totalement du côté des parents de Vincent. » Il appelle donc ces derniers à revoir leur position, comme « tous les membres de la famille, l’épouse, les six frères et sœurs, moi son neveu ». « On a tous réussi à faire un cheminement. »

    Il se dit également « très en colère » contre les « juges qui ont rendu cette décision », qui sont allés à l’encontre de l’avis d’une « cinquantaine de juges administratifs et européens des droits de l’Homme, plus une quinzaine de médecins » : « Ils ont décrété que ces gens-là ne valaient rien et que eux, ils savaient. » « Ce sont trois juges qui ont décidé de ça. Il faudrait qu’ils se rendent compte de l’importance de leur décision et de la responsabilité qu’ils prennent à faire ça. » Il appelle à « des sanctions pour ces juges-là » si leur décision est finalement « cassée ». Il envisage en effet un possible pourvoi en cassation.

    Emmanuel Macron refuse d’intervenir

    La nouvelle interruption des traitements, couplée à la mise en oeuvre d’une « sédation profonde et continue », avait débuté lundi matin, conformément à une décision médicale signée par le docteur Vincent Sanchez en avril 2018, soutenue par une partie de la famille dont son épouse Rachel Lambert et validée par le Conseil d’État fin avril.

    Jusqu’à présent, tous les ultimes recours déposés par les avocats des parents -Cour européenne des droits de l’Homme, tribunal administratif- avaient échoué. Et le président Emmanuel Macron, à qui ils avaient écrit samedi pour l’implorer d’intervenir, avait répondu lundi qu’il ne lui « appartenait pas de suspendre » l’arrêt des traitements, décidé, « en conformité avec nos lois », à quelques jours des élections européennes.

    Les avocats des parents de Vincent Lambert vont se rendre mardi matin au centre hospitalier de Reims pour vérifier la reprise, au moins provisoire, des traitements.

  • Parcoursup : incidents également chez les Français de l’étranger

    Le bug qui a touché parcoursup est une « catastrophe » selon les propres mots de la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal. En effet et alors que les chiffres sont encore impossibles à déterminer, plusieurs milliers de candidats ont reçu de faux espoirs et des validations dans certains établissements où ils sont en fait en liste d’attente. Le journal Les Echos annonce le chiffre considérable de 67 000 cas pour 900 000 inscrits sur Parcoursup.

    « Une catastrophe pour les jeunes »

    Le Lycée Français de Phnom Penh

    Parmi les malheureux candidats bacheliers touchés, nous avons eu des échos d’incidents pour des lycées des Lycées français notamment de Rabat et de Phnom Penh.

    Des procédures différentes pour les Français de l’étranger et les étudiants des Lycées français selon les cas

    Les candidats français ou un ressortissant de l’U.E., de l’E.E.E., de la Confédération Suisse, de Monaco ou d’Andorre qui souhaitent s’inscrire en première année d’études supérieures en France doivent suivre le cursus de Parcoursup

    Cela concerne notamment les candidats bacheliers dans les Lycées français mais également ceux qui préparent un baccalauréat international et un autre type de diplôme.

    Pour ceux qui ne sont pas ressortissants de cet espace géographique, la situation varie selon les cas et est décrite sur le site du Ministère

    Certaines filières françaises plébiscitées, le réseau international en soutien de l’enseignement français

    Les Universités françaises sont souvent relativement mal classées dans les listes internationales et notamment le fameux Classement de Shanghai. Les grandes universités britanniques et américaines, Oxford et Harvard par exemple, continuent de très largement dominer ces classements, d’attirer les meilleurs chercheurs et de tenter les meilleurs étudiants.

    Pour autant, et dans certaines filières, la France tire son épingle du jeu. Citons particulièrement les écoles de commerce comme HEC, l’EM Lyon, ou encore l’ESSEC. Par ailleurs la Sorbonne et SciencePo Paris disposent d’une réputation mondiale qui joue bénéfiquement sur leur attractivité.

    Les Lycées français, relai de l’enseignement supérieur

    Le réseau de plus de 600 lycées français, souvent très réputés, à travers le monde, est un facteur d’attrait également, un relai utile pour le rayonnement de l’enseignement français. Espérons que les incidents autour de Parcoursup ne causeront pas trop de dommages.

  • Déchets du tourisme européen : l’envers du décor

    Mené pendant trois ans, le projet européen Urban Waste a permis de tester une vingtaine de bonnes pratiques de prévention des déchets auprès d’une dizaine de villes touristiques, dont Nice, Copenhague, Florence et Lisbonne.

    Ce que représentent les déchets du tourisme ? « Impossible à dire », répond Maxime Kayadjanian, chef de projet Europe à l’Observatoire régional des déchets d’Ile-de-France (ORDIF), partenaire du projet Urban Waste. Lancée en juin 2016, l’opération a débuté avec un état des lieux des déchets générés par les activités touristiques dans 11 villes d’Europe, dont Nice. Résultat : « Les flux de touristes et les systèmes de gestion des déchets sont si différents entre les métropoles qu’on ne peut pas aboutir à une typologie homogène », explique-t-il. Certaines produisent peu de déchets (Copenhague et Santander). D’autres découvrent seulement le tri (Florence).

    Simples et efficaces

    « En revanche, nous avons expérimenté 22 bonnes pratiques à mettre en œuvre avec les hôtels, les restaurants et les municipalités. Des mesures simples qui se sont avérées efficaces dans la très grande majorité des cas », poursuit Maxime Kayadjanian.

    Au premier rang d’entre elles, la lutte contre les déchets plastiques a obtenu des résultats très nets. En remplaçant les dosettes de produits d’hygiène par des distributeurs automatiques, un hôtel lisboète a pu réduire de 20 % en 5 mois l’ensemble de ses déchets.

    Formation indispensable

    Deuxième solution : la formation au tri des professionnels de la restauration et de l’hôtellerie a aussi permis de réduire le poids des poubelles. « La formation est indispensable. Malheureusement il existe un énorme turn-over des équipes dans ce secteur. Ce qui limite leur portée », nuance le chef de projet.

    Difficile à évaluer, la promotion de l’eau du robinet fait pourtant partie des mesures prioritaires. Nice distribue environ 5 000 gourdes gratuites par an ainsi que des cartes localisant les fontaines publiques dans la ville.

    Halte au gâchis

    Quatrième et dernière bonne pratique : la lutte contre le gaspillage alimentaire a obtenu de très bons résultats. « La plupart des villes du projet ont joué le jeu. Des flyers ont été distribués pour sensibiliser les clients des restaurants, des ‘doggy bags’ ont été distribués, ainsi que des sacs pour rapporter les bouteilles de vin. Les déchets ont également été pesés de façon électronique dans les cuisines pour optimiser les menus », rapporte Maxime Kayadjanian. Ces recettes ont permis de réduire les déchets alimentaires de 30 à 50 % en 5 mois dans trois hôtels-restaurants de Tenerife. Une baisse significative également enregistrée à Nice « grâce à la forte campagne de communication menée par la mairie qui a compris qu’elle allait être gagnante en réduisant la facture du nettoyage de la ville et de la gestion des déchets ».

    Deux exemples à ne pas suivre : la mise en place d’une application pour smartphones permettant aux touristes de gagner des cadeaux s’ils jettent leurs déchets dans le bon conteneur. Ou encore une opération de distribution de ‘doggy bags’ non accompagnée, à Florence, d’une campagne de communication.

    Et pour les JO 2024 ?

    Terminé fin mai 2019, le projet Urban Waste a bénéficié de 4,25 millions d’euros de l’Union européenne (programme Horizon 2020). Chaque ville-pilote a perçu de 90 000 à 180 000 €. Ses conclusions pourraient inspirer toutes les grandes villes touristiques d’Europe, Paris en tête à l’occasion des JO 2024. « Nous allons réunir les principaux acteurs pour lancer les pistes d’action », conclut Maxime Kayadjanian. Entre 15 et 20 millions de visiteurs sont attendus dans la capitale entre le 26 juillet et le 11 août.

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Fin du traitement de Vincent Lambert : Un point sur l’euthanasie dans le monde

    Ce lundi, l’arrêt des soins a commencé pour Vincent Lambert, patient tétraplégique en état de conscience minimale depuis 2008, . Déboutés à deux reprises, , et ont annoncé qu’ils saisiraient à nouveau la justice. À droite, l’affaire, qui pose des questions liées à la fin de vie et à la dépendance, fait réagir.

    Sur le plateau du Grand Jury, ce dimanche, François-Xavier Bellamy, tête de liste Les Républicains pour les élections européennes, a interpellé Emmanuel Macron: «Je crois qu’Emmanuel Macron devrait intervenir, je crois qu’il devrait donner son sentiment sur cette question fondamentale», a-t-il déclaré, estimant que «derrière Vincent Lambert, c’est la question de notre rapport à l’extrême dépendance qui se joue». «Ce qui se joue aujourd’hui, c’est ce débat sur la dépendance», a renchéri François-Xavier Bellamy, sur France Inter, ce lundi. «Nous vivons dans un monde du culte de la performance, où être humain c’est être habile, agile, rapide. Et nous avons ici le cœur d’une figure de l’humanité qui nous regarde en nous disant qu’elle est absolument dépendante. Et nous avons parfois la tentation de considérer que la vie absolument dépendante est une vie qui n’est plus digne d’être vécue. Il n’y a pas de vie indigne d’être vécue».

    Seul 3 pays ont légalisés l’euthanasie active. Les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg. Elle est légale dans le cas ou la situation du malade n’a plus d’issue pour s’en sortir. Cette pratique est interdite au mineur.

    À gauche, les réactions sont moins nombreuses, mais certaines personnalités se sont tout de même positionnées en faveur de l’arrêt des soins. C’est le cas, notamment, de Manon Aubry, tête de liste de la France Insoumise pour les élections européennes. «D’un point de vue juridique, il y a eu différentes décisions, de la part du Conseil d’État, de la Cour européenne des droits de l’homme, qui disent la même chose: il ne faut pas d’acharnement thérapeutique», a-t-elle déclaré dimanche sur le plateau du «Grand Jury» RTL/Le Figaro/LCI. Sur CNews, ce lundi, la tête de liste PS-Place Publique Raphaël Glucksmann s’est lui aussi aligné sur cette position, affirmant: «Il faut faire confiance aux médecins, à la justice de notre pays et aux institutions européennes». «Si le corps médical est unanime et que la justice décide que le corps médical a raison, il faut suivre la justice. Il y a une forme de contrat de confiance avec les institutions, notre époque est dans une remise en cause permanente des institutions, je trouve cela dangereux, je préfère les suivre», a-t-il estimé.

    Notre pays reste donc très partagé sur le sujet des arrêts des soins médicaux et plus généralement sur l’euthanasie.

    Pour rappel, la loi Leonetti fixe les droits des patients en fin de vie sur le territoire français. L’euthanasie active y est proscrite, mais « l’obstination déraisonnable » du corps médical et « la prolongation artificielle de la vie » le sont également… Plutôt que l’acharnement thérapeutique, la loi autorise le médecin, comme dans le cas de Vincent Lambert, à réduire ou arrêter le traitement d’un patient en fin de vie, même si cela doit entraîner sa mort à plus ou moins court terme : l’euthanasie passive est donc tolérée en France. Des soins palliatifs, visant essentiellement à soulager les douleurs et à améliorer le confort du patient, peuvent être mis en place jusqu’au décès.

    Dans le reste du monde des positions plus tranchées ont été prises.

    Les Pays-Bas : Se sont les premiers en Europe à avoir légaliser cette pratique avec la loi de 2001.

    La Belgique : elle a autorisé l’euthanasie avec la loi de 2002.

    Le Luxembourg : L’euthanasie et l’assistance au suicide y sont légaux depuis le mars 2009.

    La Suisse : interdit l’euthanasie active mais tolère le suicide assisté ainsi que l’euthanasie passive. C’est d’ailleurs cette forme d’euthanasie  qui est le plus rependue en Suisse.

    La France : fait partit des pays qui a adopté la loi pour règlementer la fin de vie. En France, l’euthanasie active est interdite mais le code pénal différencie l’euthanasie active à l’euthanasie passive. La loi Leonetti votée en  2005 a instauré un droit au «laisser mourir». Ainsi cette législation sur la fin de vie autorise l’euthanasie passive.

    En Allemagne : l’euthanasie passive n’est pas interdite à condition que le patient ait donné son consentement. Ainsi cela sera considéré comme étant un suicide. Elle a été largement pratiquée sous le régime nazi avec l’euthanasie de plus de 150 000 patients allemands

    En Italie : l’euthanasie est interdite mais la constitution reconnait le droit d’arrêter les soins, cas similaire pour la Grande-Bretagne.

    En Espagne : l’euthanasie est interdite mais en 1995 il y a eu une dépénalisation du suicide assisté et de l’euthanasie passive. Toutefois, la volonté des patients doit être inscrite sur le dossier médical ainsi que sur un ficher national pour pouvoir pratiquer l’euthanasie.

    Portugal : les 2 formes d’euthanasies sont condamnées.

    En Norvège : l’euthanasie passive est autorisée et peut être demandée par le patient lui-même en fin de vie ou par un proche si le patient est inconscient.

    la Grèce, la Pologne et l’Irlande : Se sont trois pays d’Europe où l’euthanasie sous toutes ces formes est formellement interdite. Toutes personnes ne respectant pas la loi seraient  passibles d’une peine d’emprisonnement plus ou moins longue.

    Etats-Unis : depuis 1990 l’euthanasie passive est reconnue. Cela dépend aussi de chaque état puisque l’Oregon tolère le suicide assisté mais l’euthanasie active reste tout de même interdite.

    Canada : l’euthanasie active ainsi que l’euthanasie passive sont légalement interdites. Cependant, comme au Etats-Unis, certaines provinces tolèrent plus ou moins l’euthanasie passive.

    Chine : En 1998 le gouvernement a autorisé les hôpitaux à pratiquer l’euthanasie pour des patients en stade terminal d’une maladie incurable.

    Australie : l’euthanasie active et l’aide au suicide sont illégales mais elles font l’objet d’un vif débat.

    Colombie : la cour constitutionnel a admis la pratique de l’euthanasie en 1997 pour tous malades en phase terminal ayant fait la demande expressément.

    Mexique : l’euthanasie passive a été autorisée en 2008 mais l’euthanasie active reste illégale.

     

  • Un Français condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue

    Un Français, Félix Dorfin, a été condamné lundi à la peine de mort pour trafic de drogue par un tribunal indonésien, un verdict beaucoup plus lourd que prévu, qui va au-delà des 20 ans d’emprisonnement requis par le parquet.

    Il rejoint un autre Français dans le couloir de la mort en Indonésie, Serge Atlaoui, condamné en 2007 également pour trafic de drogue et toujours incarcéré.

    « Nous déclarons Félix Dorfin coupable (…) d’avoir importé de la drogue (…) nous condamnons Félix Dorfin à la peine de mort et lui ordonnons de rester en détention », a déclaré le juge Isnurul Syamsul Arif du tribunal de Mataram sur l’île de Lombok.

    Le trentenaire originaire de Béthune (nord de la France), barbu, vêtu d’une chemise bleu pâle et de la veste rouge de sa prison, est resté impassible au moment du verdict annoncé par un juge principal assisté de deux autres magistrats.

    Assis à côté de son traducteur, il s’est montré très en retrait comme tout au long de son procès, mais il compte faire appel, a indiqué son avocat. Aucun membre de sa famille n’était présent pour le verdict.

    « Félix Dorfin est sous le choc », a indiqué son avocat, Deny Nur Indra, à l’AFP. « Il ne s’y attendait pas du tout puisque le parquet avait demandé seulement 20 ans ».

    Félix Dorfin avait été interpellé fin septembre à l’aéroport de Lombok — une île touristique proche de Bali — en provenance de Singapour avec en sa possession quelque trois kilos d’ecstasy, d’amphétamines et de ketamine dissimulés dans une valise à double fond.

    L’avocat a décrit son client comme « une victime » qui ne savait pas ce qu’il transportait. « S’il avait su quelle était la cargaison, il ne l’aurait pas amenée ici », a assuré l’avocat.

    Le parquet avait requis vingt ans de privation de liberté et une amende de 10 milliards de roupies (700.000 dollars) ou, à défaut, une année de prison supplémentaire. Mais il est assez fréquent que les juges aillent au-delà des réquisitions en Indonésie.

    Le juge a pris en compte comme facteurs aggravants le fait que Félix Dorfin fasse partie d’un réseau de trafic de drogue et la quantité importante de drogue en sa possession.

    Le Français a été défendu par un avocat commis d’office après s’être séparé de ses deux premiers avocats.

    Cavale de 11 jours 

    Félix Dorfin avait réussi en janvier à s’évader du centre de détention de la police et était parti en cavale pendant onze jours.

    Finalement retrouvé dans une forêt du nord de l’île de Lombok où il se cachait, il avait été arrêté le 1er février par des policiers qu’il avait, selon eux, tenté de soudoyer.

    Les circonstances exactes de son évasion restent floues. La police a d’abord expliqué qu’il avait scié les barreaux de la cellule, et qu’il s’était échappé du deuxième étage du centre de détention de la police en descendant avec un sarong (pièce de tissu) et des rideaux attachés ensemble en guise de corde.

    Mais peu après, une policière soupçonnée de l’avoir aidé à s’échapper contre des pots-de-vin de quelque 1.000 dollars a également été arrêtée et inculpée.

    « Les multiples promesses du gouvernement indonésien de progresser vers l’abolition de la peine de mort n’ont pas eu de poids sur l’île de Lombok », a-t-il déploré.

    Les trafiquants de drogue encourent de longues peines de prison, et donc la peine capitale en Indonésie, le pays musulman le plus peuplé au monde, qui a fait de la lutte contre les stupéfiants l’une de ses priorités.

    Jakarta a condamné à mort 48 personnes l’an dernier dont 15 étrangers jugés coupables de trafic de drogue, selon les statistiques compilées par Amnesty International.

    Fin 2018, il y avait en Indonésie 308 condamnés dans le couloir de la mort même s’il n’y pas eu d’exécutions depuis 2016 dans ce pays.

    En 2015, deux Australiens, Andrew Chan et Myuran Sukumaran, condamnés pour avoir fait partie d’un réseau de trafic d’héroïne, ont été exécutés, déclenchant une crise diplomatique avec Canberra.

    Il était initialement prévu que le Français Serge Atlaoui soit exécuté la même année mais son nom avait été retiré de la liste au dernier moment. Il est toujours en prison après avoir épuisé tous les recours.

    « Ce verdict de peine capitale représente un nouveau pas en arrière pour les droits humains en Indonésie », a souligné Andreas Harsono de l’organisation Human Rights Watch.

     

    « Les multiples promesses du gouvernement indonésien de progresser vers l’abolition de la peine de mort n’ont pas eu de poids sur l’île de Lombok », a-t-il déploré.

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