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  • Meyer Habib : Jordan Bardella a sa place en Israël

    Meyer Habib : Jordan Bardella a sa place en Israël

    La venue de Jordan Bardella en Israël a provoqué un vif débat, avec des réactions mitigées. Tandis que certains estiment que cette visite est légitime, d’autres la jugent inacceptable.

    Après avoir interrogé la députée actuelle des Français de l’étranger, Caroline Yadan, dont la circonscription comprend nos compatriotes vivant en Israël, la rédaction Lesfrançais.press a contacté Meyer Habib, l’ancien parlementaire de ce même territoire afin qu’il partage également sa position.

    Pourquoi Meyer Habib a accompagné Jordan Bardella ?

    Alors qu’une conférence sur la lutte contre l’antisémitisme était organisée par les autorités en Israël, le gouvernement de Benyamin Netanyahou a invité officiellement Jordan Bardella à venir s’exprimer. Ce choix a entraîné de nombreux commentaires. Aussi, par volonté d’équilibre, mais également parce que Meyer Habib est apparu sur les photos de personnalités accompagnant le Président du RN, nous avons contacté l’ancien député de cette circonscription pour recueillir son témoignage et ses impressions sur cette visite.

    Jordan Bardella en Israël (Mars 2025)
    Jordan Bardella en Israël (Mars 2025)

    « C’est à la demande d’Amichai Chikli », le ministre israélien des Affaires de la diaspora et de la Lutte contre l’antisémitisme, « que j’ai notamment emmené Jordan Bardella dans le sud d’Israël », nous informe Meyer Habib.  Tout en poursuivant, « je le connais. J’ai des rapports cordiaux et amicaux avec lui ». Au cours de notre échange l’ancien parlementaire rappelle également, « j’ai aussi reçu, il y a quelque temps, Yael Braun-Pivet et d’autres leaders de la droite française quand ils sont venus en Israel. Je me souviens également avoir accompagné Manuel Valls. »

    « Je n’appartiens pas au RN »

    Mais n’est-ce tout de même pas surprenant de voir Meyer Habib avec Jordan Bardella ? Et quelle est sa position vis-à-vis du Rassemblement national ? lui a-t-on demandé. Pour celui qui fut membre du groupe centriste à l’Assemblée nationale, « le RN est aujourd’hui est irréprochable, sur la lutte contre l’antisémitisme, surtout depuis le 7 octobre 2023 » nous affirme-t-il.

    Il nous explique également que « le Rassemblement national a fait des efforts. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus d’antisémite au sein de ce parti. Il y en a d’ailleurs sans doute également au sein d’autres formations politiques ». Mais, insiste-t-il, « les leaders du RN, que sont Jordan Bardella et Marine Le Pen, ont une position ferme contre l’antisémitisme ».

    Toutefois, Meyer Habib déclare que le « RN ce n’est pas (mon) ADN ». « Je n’appartiens pas au RN, et je ne voterai pas RN au 1er tour de la prochaine présidentielle » nous assure-t-il. Il espère « pouvoir voter LR au 2eme tour. Mais, si cela n’est pas possible et si le RN est face à l’extrême gauche, alors je voterai sans hésitation pour le Rassemblement national » nous informe-t-il.

    Ancien député Meyer Habib
    Meyer Habib à l’Assemblée Nationale.

    Un ennemi commun : l’islamisme radical

    Au cours de notre échange, Meyer Habib est sans ambages sur l’extrême gauche : « ne nous trompons pas » dit-il, « le véritable ennemi c’est l’islamisme radical ». Or, « qui en France les soutient ? » demande-t-il tout haut ? Pour l’ancien député des Français d’Israël, c’est bien LFI, La France Insoumise, qui soutient cette mouvance. « Ce sont eux les infréquentables. Ce sont eux les antisémites », clame-t-il. Et c’est à ce propos que Meyer Habib évoque alors une situation particulière qu’il souhaite mettre en lumière concernant la position de sa concurrente, Caroline Yadan, qui occupe actuellement le siège de députée de la 8e circonscription des Français établis hors de France.

    Ainsi, sa « concurrente » aux élections législatives de 2024, qui demande un « cordon sanitaire avec l’extrême gauche, oublie qu’elle a été élue avec les voix de LFI », annonce-t-il. Or, « La France Insoumise est un parti qui parle du Hamas comme un mouvement de résistance ! », souligne Meyer Habib. La position de la députée Renaissance serait ainsi tout à fait paradoxale.  Ce dernier dénonce aussi le double jeu de l’ancien Premier Ministre, Gabriel Attal, soutient de Caroline Yadan « qui a appelé à voter en faveur de candidats LFI » lors des dernières élections.

    Une élection législative contestée

    Enfin, notre échange avec Meyer Habib a également abordé la position du juge électoral sur l’élection de la parlementaire qui lui a succédé à l’Assemblée nationale. Alors que les comptes de campagne de l’actuelle députée, Caroline Yadan, ont été rejetés par la commission nationale des comptes, le Conseil constitutionnel a validé l’élection, et en estimant qu’« il n’y a pas lieu de déclarer Mme Caroline Yadan inéligible » (lire la décision ici)

    Urne vote élection législative

    Selon Meyer Habib, cette décision est « unique dans l’histoire de la Veme République ». Il souligne « quand les comptes sont rejetés, l’élection est annulée et la personne devient inéligible ». « On ne veut pas de Meyer Habib à l’Assemblée », argue-t-il. Il évoque même des pressions de tiers auprès de Laurent Fabius, président des sages de la rue Montpensier. « Je sais perdre une élection, mais là c’est injuste » ajoute-t-il.

    Aucune raison d’interdire la venue de Jordan Bardella

    Ces considérations nous éloigneraient-elles cependant de l’objet principal de cet article, à savoir la venue du Président du Rassemblement national en Israël, où il était invité à s’exprimer dans un colloque destiné à lutter contre l’antisémitisme, organisé par le gouvernement de l’État hébreu ? « Pas du tout » selon notre interlocuteur.

    C’est aussi en sachant tout cela que la question alors à se poser devrait être selon lui : « pour quelles raisons interdirait-on alors la venue de Jordan Bardella en Israël à venir s’exprimer » ? Apparemment aucune pour Meyer Habib. Il reste à voir comment cette visite influencera, ou pas, les relations entre la France et Israël dans les prochaines semaines et mois.

  • Thaïlande : la communauté française préservée

    Thaïlande : la communauté française préservée

    Jean-Noël Barrot, depuis Shanghai où il achève une tournée en Asie, a déclaré qu’aucune victime française n’est à déplorer. Cependant, l’ensemble des bâtiments français ont été évacués.

    Le séisme de magnitude 7,7, peu profond, s’est produit à 16 kilomètres au nord-ouest de la ville birmane de Sagaing vers 06H20 GMT (12H50 en Birmanie et 13H20 en Thaïlande) et a été suivi par une réplique de magnitude 6,4 quelques minutes après, a annoncé l’Institut géologique américain (USGS).

    De la Birmanie à la Chine

    Les secousses ont été ressenties de la Birmanie à la Chine, en passant par la Thaïlande. Le chef de la junte, Min Aung Hlaing, s’est rendu dans un hôpital de la capitale Naypyidaw, où de nombreuses victimes sont traitées, selon des journalistes de l’AFP sur place. La junte birmane a lancé un rare appel à l’aide internationale après le puissant tremblement de terre qui a secoué le pays, les autorités ayant déclaré l’état d’urgence dans six régions devant l’étendue des dégâts.

    La Première ministre thaïlandaise, Paetongtarn Shinawatra, a déclaré la capitale Bangkok en état d’urgence après le séisme. Les fortes secousses ressenties autour de 13h30 (7h30 à Paris) ont notamment provoqué l’effondrement d’un bâtiment de 30 étages en construction. Trois personnes sont mortes dans cet effondrement et les recherches se poursuivent pour retrouver 81 personnes piégées dans les décombres, selon le vice-Premier ministre thaïlandais.

    Lycées, consulat et ambassade évacués par les Français

    Suite à ce tremblement de terre, la France a fait évacuer les bâtiments de son ambassade, de son consulat et de ses instituts et lycées à Bangkok après le séisme qui a frappé vendredi la Birmanie voisine.

    « Nous avons évacué nos enceintes à Bangkok pour parer à toute forme de risque qui pourrait survenir ».

    Jean-Noël Barrot – ministre des Affaires étrangères

    Dans un message sur site comme par communiqué, l’ambassade invite nos compatriotes à s’assurer, dans toute la mesure du possible, que leur lieu d’hébergement ne présente pas de dégâts de nature à compromettre leur sécurité. Les retraités, particulièrement nombreux, sont invités à se faire connaître en cas de problèmes pour accéder à leur traitement ou s’ils sont dans une situation précaire de logement.

    Lycée français de Bangkok

    Tandis qu’au moment où le puissant séisme touché la Birmanie et la Thaïlande ce vendredi 28 mars, de nombreux Français étaient sur leur lieu de travail comme Charles Lefèvre qui témoigne à l’AFP :« J’étais en train de travailler devant mon écran d’ordinateur. J’ai eu comme des sortes de crampes d’estomac. Je me suis rendu compte que ce n’était pas mon estomac, mais que c’était le building qui commençait à bouger. On s’est cachés sous les tables, on avait des collègues qui étaient en pleurs« .

    Le Vice-président de l’Assemblée des Français de l’étranger, Alexandre Bezardin, était présent, comme touriste, il témoigne pour Lesfrancais.press :

    Alexandre Bezardin

    « Bien que l’épicentre soit situé en Birmanie, d’énormes secousses ont été ressenties à Bangkok durant 10 à 15 secondes vers 13h28 (7h28 heure de Paris). Un immeuble d’une quarantaine d’étages en construction s’est effondré près de Chatuchak Market. Les autorités thaïlandaises ont demandé l’évacuation de tous les bâtiments et buildings. Bangkok a été préservée même s’il y a certainement quelques dégâts sur certains bâtiments. Présent comme touriste sur place, j’ai vécu un événement naturel particulièrement effrayant car le fait de se trouver à un étage élevé amplifie la sensation que tout se dérobe sous nos pieds. »

    Alexandre Bezardin, Vice-président de l’AFE, était en Thaïlande dans le cadre d’un voyage privé.
    Piscine des toits se vidant dans les rues
  • Rencontrer des Français à Lisbonne : les meilleurs plans

    Rencontrer des Français à Lisbonne : les meilleurs plans

    La capitale portugaise attire de plus en plus de nos compatriotes en quête de nouvelles aventures. Que ce soit pour le travail, les études ou pour tout simplement découvrir une ville dynamique et accueillante. De plus en plus de nos compatriotes mettent donc le cap pour les bords du Tage. Alors où rencontrer des Français sur à Lisbonne ? Découvrons ensemble les meilleurs plans pour cela.

    Une association à connaitre

    Pour rencontrer des Français à Lisbonne, le plus facile est sans doute de passer par une association française !

    Vous pouvez faire confiance à Lisbonne Accueil. Membre du réseau FIAFE (Fédération internationale des accueils français et francophones d’expatriés), cette une association est apolitique et composée de bénévoles. Depuis plus de 30 ans, cette structure accompagne les Français(es) et les francophones en leur offrant un soutien précieux dès leur arrivée.

    Photos d'événements organisés par Lisbonne Accueil
    Photos d’événements organisés par Lisbonne Accueil

    L’association organise avant tout des rencontres, des activités culturelles et des événements festifs pour faciliter l’intégration dans la vie locale. Lisbonne Accueil aide aussi les expatriés à s’adapter à la ville, à échanger des bons plans et à découvrir la culture portugaise. Il n’est pas rare, par exemple, que les membres organisent des sorties dans certains lieux touristiques de la région. Comme une visite au Palais national de Pena, présenté ici par Bonjour Lisbonne ?

    S’aider d’internet pour rencontrer des Français à Lisbonne

    Internet offre de nombreuses possibilités. Des plateformes comme Internations permettent de créer des liens avec des expatriés et des locaux, en organisant des événements, des rencontres informelles ou encore des moments d’échange.

    Il faut aussi savoir que Facebook regorge de groupes dédiés aux Français vivants ou voyageant au Portugal. Parmi les plus populaires, on trouve Framboètes, France em Portugal, et FRAN-GAL. Le plus utile pour la capitale est sans doute « Français à Lisbonne », qui compte plus de 40 000 membres. C’est un bon espace d’entraide, où l’on retrouve des résidents de longue date comme des nouveaux arrivants. Le groupe permet d’obtenir des conseils, des recommandations et même des opportunités professionnelles ainsi que des logements.

    Où sortir pour croiser des Français ?

    Il est facile de bien manger à Lisbonne… Un simple tour au Time Out Market décrit par Bonjour Lisbonne, suffit à le démontrer ! Mais la cuisine française vous manquera certainement si vous restés longtemps au Portugal…

    Se retrouver au French Arth
    Se retrouver au French Arth

    Alors si vous avez le mal du pays, ou simplement envie de partager un moment convivial avec d’autres Français, le French Arth est l’endroit parfait ! Ouvert en 2018, ce restaurant/bar cosy attire naturellement la communauté française de Lisbonne. Le restaurant est connu… On y croise souvent des expats, des voyageurs et bien entendu des Portugais amateurs de gastronomie française. En plus de savourer une cuisine généreuse, vous pourrez donc souvent échanger avec d’autres francophones autour d’un verre. Le restaurant se trouve Rua de Sao Bento 30.

    La parisienne à Lisbonne
    La parisienne à Lisbonne

    Pour une expérience culinaire authentiquement française, vous pouvez également prendre direction de La Parisienne, un bistrot typique charmant, situé Largo Rafael Bordalo Pinheiro, 18. Le chef, fidèle à la tradition gastronomique de notre pays, régale avec des plats raffinés dans une ambiance typiquement parisienne. Ici aussi, vous pourrez souvent entendre parler français…  

    Enfin, si vous vous installez dans la capitale portugaise, nous vous conseillons de vous inscrire au registre des Français de l’étranger : vous pouvez le faire en cliquant ici . Cela permettra, entre autres, de faciliter vos démarches auprès du consulat et de l’administration des expatriés. Et vous pourrez aussi voter pour désigner vos représentants appelés les conseillers des Français de l’étranger. Ils sont actuellement 4 pour le Portugal. Vous trouverez leurs coordonnées en vous connectant sur ce site. Ils sont un lien précieux avec l’ensemble de la communauté française présente à Lisbonne, et dans tout le pays.

  • Roland Lescure : « C’est un rêve américain qui est en train de s’éteindre »

    Roland Lescure : « C’est un rêve américain qui est en train de s’éteindre »

    Il y a quelques jours, Roland Lescure, député des Français établis hors de France, a lancé une enquête auprès de nos compatriotes résidant en Amérique du Nord.

    L’objectif de cette démarche était d’obtenir un aperçu détaillé des préoccupations, inquiétudes, et états d’âme de la communauté française vivant aux États-Unis et au Canada. Une réaction massive a suivi, avec près de 10 000 réponses reçues. Et une conclusion qui se dégage de ses retours : « C’est un rêve américain qui en train de s’éteindre ».

    Le parlementaire, membre du groupe Renaissance, invité du podcast Lesfrancais.press, a partagé ses impressions sur les résultats de l’enquête et les principaux enseignements à en tirer. Selon lui, les préoccupations des Français(es) d’Amérique du Nord sont bien plus marquées qu’il ne l’avait imaginé.

    Ecoutez le podcast avec Roland Lescure

    Des inquiétudes croissantes sur le terrain

    Depuis son élection en 2017, Roland Lescure a souvent été témoin des ressentis exprimés par les expatriés français, en particulier face aux évolutions politiques aux États-Unis et au Canada. Toutefois, il souligne qu’en ce mois de mars 2025, l’inquiétude chez nos compatriotes a pris une ampleur inédite.

    Depuis le 5 novembre 2024 et le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, « je sentais progressivement une inquiétude sourde qui s’est transformée en stupéfaction et en vraie inquiétude profonde » nous dit-il.

    Roland Lescure, ancien ministre et député des Français d'Amérique du Nord
    Roland Lescure, ancien ministre et député des Français d’Amérique du Nord

    L’ancien ministre a donc interrogé nos compatriotes inscrits sur la Liste électorale consulaire (LEC) aux États-Unis et au Canada pour les interroger à travers une consultation. Il a été étonné de l’« engouement qu’elle a suscité avec plus de 9.000 réponses », provenant à quasi-part égale des deux pays accueil.

    « 70% des Français d’Amérique du Nord se disent pessimistes ou très pessimistes quant à l’avenir »

    Roland Lescure, député des Français de l’étranger

    À la lecture des résultats même si le député se dit « peu surpris, ils sont quand même extrêmement forts et montrent que les inquiétudes sont générales

    Ainsi, l’enquête révèle que plus de 70% des Français d’Amérique du Nord se disent pessimistes ou très pessimistes quant à l’avenir. Ces résultats sont particulièrement frappants chez certaines catégories de Français expatriés dans cette partie du monde : les chercheurs sont ainsi près de 90% à exprimer une forme de découragement, et les étudiants, presque tous concernés. Des exemples concrets sont donnés au cours de ce podcast par notre invité.

    Un retour possible pour certains, une déception pour d’autres

    Ainsi, une donnée frappe particulièrement Roland Lescure : c’est la proportion importante de Français qui envisagent un retour en France : « Près de 20% des Français aux États-Unis envisagent de rentrer. »

    Ce chiffre témoigne d’une crise de confiance qui touche une communauté autrefois convaincue de l’attractivité du rêve américain. « Remettre en cause une expatriation, ce n’est pas anodin » partage le Vice-Président de l’Assemblée nationale. 

    « Près de 20% des Français aux États-Unis envisagent de rentrer en France, et même 1 chercheur sur 4. »

    Roland Lescure, député des Français de l’étranger

    « Quand on va en Amérique du Nord, en général c’est parce que l’on a soif de liberté » nous rappelle Roland Lescure. Or, les inquiétudes de nos compatriotes portent également sur ce point, et concernent les restrictions qui pourraient croître prochainement. Celles-ci risquent d’entraver de nombreuses formes de libertés, que ce soit celle d’entreprendre, de chercher, de s’exprimer, de voyager,… Les Français qui ont installé leurs vies aux États-Unis se retrouvent ainsi dans une situation inédite.

    Les préoccupations sur l’avenir démocratique et économique

    Toutefois, la synthèse des réponses reçues indique que « la relation entre les États-Unis entre la France est une relation importante qu’il faut nourrir dans la durée », et même si le pays de l’Oncle Sam n’est plus aujourd’hui allié pour la lutte contre le changement climatique, ou pour le soutien de l’Ukraine.

    « Une grande majorité des personnes ayant répondu craint une remise en cause des valeurs démocratiques aux États-Unis »

    Roland Lescure, député des Français de l’étranger

    Et de manière concrète, « une grande majorité des personnes ayant répondu craint une remise en cause des valeurs démocratiques aux États-Unis » constate notre invité, avec également une très grande inquiétude concernant une augmentation prochaine du coût de la vie.

    coût vie USA et Canada dollar

    Du côté canadien, les inquiétudes sont d’ailleurs plutôt axées sur des questions économiques. Le coût de la vie y est aussi le principal sujet d’angoisse, suivi des difficultés liées aux droits de douane. Et, Les Français du Canada s’inquiètent également d’un « possible conflit » avec les voisins américains. « C’est saisissant », nous déclare Roland Lescure.

    Un avenir incertain mais des solutions envisagées

    Face à ces inquiétudes croissantes, Roland Lescure ne reste pas insensible aux solutions possibles. Il insiste sur la nécessité de renforcer les liens avec les Français d’Amérique du Nord et de réfléchir à des mesures pour faciliter leur retour éventuel en France. « C’est un rêve américain qui est en train de s’éteindre », observe-t-il avec une certaine mélancolie.

    « Il faut que l’Europe prenne la place qui lui revient en matière d’innovation et d’entrepreneuriat, et cela en toute liberté »

    Roland Lescure, député des Français de l’étranger

    Cependant, citant Winston Churchill, il entrevoit une opportunité pour la France et pour l’Europe : « Il faut que l’Europe prenne la place qui lui revient en matière d’innovation et d’entrepreneuriat, et cela en toute  liberté », affirme-t-il, évoquant aussi la possibilité de créer des dispositifs pour faciliter le retour des expatriés.

    Un engagement à renouveler

    L’Élysée est déjà au courant des résultats de cette consultation, et des échanges avec le Président Emmanuel Macron ont eu lieu sur les réponses données par les Français d’Amérique du Nord. Pour Roland Lescure, « son rôle est d’informer, de conseiller et surtout d’écouter

    Pour conserver un lien avec nos compatriotes, ce type d’enquêtes est donc utile. Elles permettent aux expatriés de s’exprimer, et aussi de nourrir la réflexion politique, et, peut-être, la mise en place de futurs dispositifs en faveur des Français de l’étranger

  • Tourisme : 5 mois après la visite d’État d’Emmanuel Macron au Maroc, où en sommes-nous ?

    Tourisme : 5 mois après la visite d’État d’Emmanuel Macron au Maroc, où en sommes-nous ?

    Depuis des décennies, le Maroc s’impose comme une destination privilégiée pour les voyageurs français. Lors de la visite d’État du président Emmanuel Macron en octobre dernier, le tourisme s’est naturellement invité à l’agenda des discussions officielles. Ce secteur constitue en effet un pilier de l’économie marocaine, soutenu, entre autres, par les séjours réservés par nos compatriotes au Royaume. Mais 5 mois après la visite d’État d’Emmanuel Macron au Maroc, où en sommes-nous ?

    Après avoir abordé les relations économiques et le volet de l’énergie, ce troisième entretien nous plonge donc dans l’univers des vacances. Outre son attrait culturel, le Maroc séduit aussi par sa proximité géographique avec l’Europe. Mais dans un contexte international en perpétuelle évolution, comment le secteur du tourisme s’adapte-t-il aux défis actuels ? Et surtout, quels ont été les retombées de la visite officielle d’Emmanuel Macron sur l’attractivité touristique du Royaume ?

    Samuel Roure Président de l'association Morrocan Guest Houses
    Samuel Roure Président de l’association Morrocan Guest Houses

    Lesfrancais.press a pu interroger Samuel Roure, propriétaire de plusieurs riads et maisons d’hôtes classées, notamment à Marrakech.  Président de l’association MGH (Morrocan Guest Houses), il partage avec nous son éclairage sur les dynamiques qui façonnent le secteur touristique marocain, tout en mettant en lumière l’attrait croissant que le Maroc exerce auprès des voyageurs français.

    « 20 millions de visiteurs à l’horizon 2026 »

    Lesfrancais.press : « Comment expliquez-vous la croissance soutenue du nombre de touristes français pour le Maroc et Marrakech particulièrement ? »

    Samuel Roure : « Le Maroc est depuis longtemps la destination préférée hors Union Européenne des Français, très populaire et appréciée dans toute l’Europe. Le Royaume jouit d’une réputation inscrite dans la durée, avec une qualité d’accueil comme on la trouve rarement ailleurs. Une chaleur humaine et une générosité dépassant les attentes des voyageurs. Une véritable expérience dépaysante, avec la garantie de faire de belles rencontres.

    « Le Maroc est un pays stable et très sécurisé. Ses statistiques le prouvent »

    Samuel Roure, Président de l’association MGH (Morrocan Guest Houses)

    Le Royaume possède de nombreux atouts, proche géographiquement (de 1 h à 4 h de vol de n’importe où en Europe), des prix nettement inférieurs à beaucoup de destinations, un climat exceptionnel avec plus de 335 jours/an de soleil en moyenne. Et un dépaysement assuré sans se ruiner. De plus, le Royaume ne cesse de s’illustrer avec l’organisation de manifestations mondiales majeures. Ne citons qu’à titre d’exemple le COP 22 en 2016, le congrès du FMI en 2023, peu de temps après le terrible et dramatique séisme qui a secoué la région d’Al Haouz, et prochainement, la Coupe d’Afrique des Nations fin 2025 et la Coupe du Monde de football en 2030. Le Maroc est un pays stable et très sécurisé. Ses statistiques le prouvent. »

    Lesfrancais.press : « Est-ce que le réchauffement des relations politiques entre les 2 pays a été un déterminant ? »

    Samuel Roure : « Il est trop tôt pour évaluer l’impact de ce ré ajustement. Mais la clarification de la position française sur la souveraineté du Sahara occidental comme seule issue possible, a certes quelque peu détendu une atmosphère qui devenait pesante. En tant qu’expatriés, nous vivions très mal cette ambiguïté et souhaitions que nos amis et hôtes marocains, lesquels nous accueillent sur leurs terres depuis si longtemps, soient confortés en ce sens. Le travail des 2 chancelleries a été remarquable. Le choix de notre Président a été le meilleur qu’il pouvait prendre.

    riad
    ©https://www.mgh-association.com/

    Lesfrançais.press : « Avec une croissance annuelle frôlant les 20 %/ an depuis 2023, quelle est la part de marché des touristes Français et celle des riads et maisons d’hôtes ? »

    Samuel Roure : « Tout d’abord, il faut savoir que les 1 700 riads classés de Marrakech et les 400 à Essaouira (on ne parle pas de l’Informel, appelé par abus de langage les Airbnb), la quote-part représente environ 25 % des nuitées. Pour ce qui est des touristes français, ils ont généré rien que Marrakech, 2,33 millions de nuitées sur un total de 9 millions (soit 26 % du marché total). Tendance similaire à Essaouira avec plus d’un voyageur sur 4. »

    Lesfrancais.press : « Comment l’association MGH (Morrocan Guest Houses) est organisée pour accompagner la dynamique et l’attrait des touristes français pour Marrakech et le Maroc par extension ? »

    Samuel Roure : « L’association MGH est structurée en 5 commissions articulées autour de la gestion des relations institutionnelles auprès des autorités. Les achats groupés et également négociés, la formation avec pour objectif un capital humain performant. Sans oublier l’accompagnement juridique et la veille réglementaire.

    Léquipe de lassociation MGH_ Riads maisons d hôtes Marrakech-Essaouira
    Léquipe de lassociation MGH – Riads maisons d hôtes Marrakech-Essaouira

    Des groupes de communication Whatsapp par thème sont fonctionnels pour la gestion quotidienne et le partage d’informations en temps réel entre tous les membres de l’association. Notre rôle est de promouvoir et défendre les riads classés et de perpétuer et entretenir un trésor national, des bijoux d’architecture, un modèle unique au monde. »

    Lesfrancais.press :  « Selon les projections des acteurs publics – privés du Tourisme au Maroc, 2025 pourrait être l’année des records et ainsi dépasser les 16 millions de touristes en 2024, qu en pensez-vous ? »

    Samuel Roure : « Dans l’hôtellerie, on raisonne plutôt en nuitées tout en se félicitant que les 15 millions de visiteurs ont largement été dépassés en 2024. Compte tenu de la dynamique et des évènements internationaux majeurs à venir, en sus de l’activité de fond, on attend jusqu’à 20 millions de visiteurs à l’horizon 2026. La feuille de route du secteur 2023 – 2026 du ministère du Tourisme en a fixé les objectifs et a mis les moyens pour les atteindre.

    « Le Maroc est une terre d’accueil d’une qualité rare, à quelques heures de vol de l’Europe »

    Samuel Roure, Président de l’association MGH (Morrocan Guest Houses)

    Le Maroc bénéficie de nombreux atouts pour atteindre les objectifs, la volonté gouvernementale et le soutien de notre Roi, SM Mohammed VI. »

    Lesfrançais.press : « Vous êtes donc un entrepreneur français, propriétaire de Riads plutôt optimiste en l’avenir ? »

    Samuel Roure : « Le Maroc est une terre d’accueil d’une qualité rare, à quelques heures de vol de l’Europe et accessibles à toutes les bourses. C’est aussi un dépaysement garanti, empreint de chaleur humaine. Du Nord au sud, son immense littoral (Atlantique et méditerranéen), ses montagnes, ses cités impériales, ses villages berbères… offrent des paysages variés où tout un chacun y trouvera ce qu’il est venu chercher, et plus encore. Faire le choix d’être hébergé dans une MH classée, un riad, c’est avant tout faire un choix qualitatif, celui de séjourner dans des trésors architecturaux. En résumé, un riad, c’est le Maroc authentique. »

  • Énergie : 5 mois après la visite d’État d’Emmanuel Macron au Maroc, où en sommes-nous ?

    Énergie : 5 mois après la visite d’État d’Emmanuel Macron au Maroc, où en sommes-nous ?

    Au cours de la visite d’État d’Emmanuel Macron au Maroc en octobre dernier, plusieurs contrats ont été signés entre nos deux pays. Outre, des accords passés dans les domaines de la santé, des transports, ou bien encore de l’alimentation, l’énergie a également fait l’objet d’une attention particulière au cours de ces rencontres officielles. Ainsi, un partenariat stratégique a été conclu entre Engie et le Groupe marocain OCP, leader mondial dans la production d’engrais à base de phosphate. Mais 5 mois après la visite d’État d’Emmanuel Macron au Maroc, où en sommes-nous ?

    Après avoir passé en revue les axes économiques stratégiques avec Vincent Toussaint, chef de service économique à l’Ambassade de France au Maroc, ce deuxième entretien Lesfrancais.press vous emmène à la rencontre de Loïc Jaegert-Huber, Directeur Régional d’Engie pour l’Afrique du Nord. Ce spécialiste de la stratégie et du management aborde avec nous cet accord de coopération signé entre le fleuron français de l’énergie et l’entreprise marocaine, leader dans la production d’engrais, et qui a pour objectif la neutralité carbone à l’horizon 2040.

    « Mettre notre expertise mondiale au service des objectifs marocains »

    Lesfrancais.press : « Comment se porte ENGIE au Maroc 5 mois après la signature de plusieurs accords de coopération dans le domaine de l’énergie ? »

    Loïc Jaegert-Huber : « ENGIE poursuit avec dynamisme son engagement au Maroc. Depuis la signature des accords, nous avons avancé sur plusieurs fronts, en renforçant nos partenariats stratégiques et en structurant les premières phases de développement des projets. Nous sommes pleinement alignés avec les ambitions du Royaume en matière de transition énergétique et d’industrialisation durable, et nous mettons notre expertise mondiale au service de ces objectifs. »

    Lesfrancais.press : « Plusieurs projets ambitieux ont été signés avec l’OCP en octobre 2024, Où en êtes-vous concrètement aujourd’hui ? »

    Loïc Jaegert-Huber : « Chacun des projets suit une trajectoire spécifique. Sur celui des énergies renouvelables & stockage, les études de (pré-)faisabilité avancent pour les premiers actifs solaires et éoliens, en intégrant le cas échéant des solutions stockage adaptées aux besoins d’OCP et du marché marocain.

    « OCP et ENGIE ont une responsabilité commune pour accélérer la décarbonation du Maroc »

    Loïc Jaegert-Huber, Directeur Régional d’Engie pour l’Afrique du Nord

    Pour celui qui concerne les infrastructures électriques, nous travaillons étroitement avec nos partenaires pour structurer le cadre d’un réseau optimisé. Sur le projet de stations de dessalement, l’identification des besoins et des technologies les plus adaptées est en cours, en tenant compte des contraintes environnementales et de la disponibilité énergétique.

    energie verte
    @envato

    Quant aux travaux en matière d’hydrogène vert & ammoniac, l’objectif de produire 1 million de tonnes d’ammoniac vert à l’horizon 2030 nécessite une approche rigoureuse, et nous avançons sur l’étude et sécurisation des ressources (terrains, électricité verte, eau, infrastructures, …). Nous sommes dans une phase structurante, où chaque avancée est essentielle pour garantir la robustesse et la viabilité des projets à long terme. »

    Lesfrancais.press : « Que représentent ses nouvelles opportunités économiques et technologiques pour le Groupe ENGIE ? »

    Loïc Jaegert-Huber : « Ces projets sont une étape clé pour ENGIE en Afrique du Nord. Ils renforcent notre position en tant que leader de solutions énergétiques intégrées, en alliant production renouvelable, stockage, infrastructures et innovations dans l’hydrogène vert.
    C’est aussi une opportunité unique d’ancrer davantage notre présence au Maroc, un pays pionnier dans la transition énergétique et un acteur stratégique pour le développement de l’hydrogène en Méditerranée. »

    Lesfrancais.press : « Du côté du Maroc, les attentes seraient d’une autre nature, celle de voir l’Alliance ENGIE/OCP comme un acteur majeur de la décarbonation du pays ? »

    Loïc Jaegert-Huber : « L’ambition est clairement partagée. OCP et ENGIE ont une responsabilité commune pour contribuer à accélérer la décarbonation du Maroc en développant un écosystème énergétique durable.

    « C’est une opportunité unique d’ancrer davantage Engie au Maroc, un pays pionnier dans la transition énergétique »

    Loïc Jaegert-Huber, Directeur Régional d’Engie pour l’Afrique du Nord

    Notre alliance est conçue et développée avec le Maroc, en valorisant des ressources locales et en intégrant des solutions innovantes adaptées au contexte marocain. Nous voulons faire de cette alliance un modèle de transition énergétique au service de la souveraineté industrielle et climatique du pays. »

    Lesfrancais.press : « Un dernier mot ? »

    Loïc Jaegert-Huber : « L’énergie est au cœur des grandes transformations du XXIᵉ siècle, et le Maroc a tous les atouts pour être un leader régional et global dans ce domaine. ENGIE est fier de contribuer à cette dynamique, avec une approche collaborative, ambitieuse et pragmatique. »

  • Économie : 5 mois après la visite d’État d’Emmanuel Macron au Maroc, où en sommes-nous ?

    Économie : 5 mois après la visite d’État d’Emmanuel Macron au Maroc, où en sommes-nous ?

    La visite d’État d’Emmanuel Macron au Maroc en octobre dernier a marqué une nouvelle étape dans le renforcement des liens historiques entre les deux pays. Outre, les aspects culturels, ce sont aussi les échanges commerciaux et le tourisme qui ont notamment été mis à l’honneur au cours des réunions au sommet organisées. Alors 5 mois jour pour jour après ces rencontres officielles entre le président de la République française et le roi du Maroc, Mohammed VI, où en sommes-nous ? Rappelons que les accords commerciaux multi-sectoriels signés par les deux chefs d’États, français et marocains, lors de cette visite officielle avoisinent un montant global de plus de 10 milliards d’euros.

    Aussi, Lesfrancais.press a pu interroger trois acteurs clés dans les domaines diplomatique, économique et touristique pour évaluer les retombées concrètes de cette visite officielle sur leurs activités. Quelles avancées ont-ils pu mesurer ? Quels sont les blocages auxquels ils sont encore confrontés ? Ils nous livrent leur analyse. Ils nous expliquent également comment ces rencontres entre nos deux pays ont impacté leur travail et influencent depuis les relations franco-marocaines.

    Cap vers un agenda économique à horizon 2050

    Aussi pour débuter cette série de trois entretiens, direction l’Ambassade de France au Maroc. Notre média a rencontré Vincent Toussaint, chef de service économique régional qui a accepté de répondre à nos questions. Avec ce haut fonctionnaire français, nous faisons ainsi un tour d’horizon sur l’avancement de cette relation commerciale qui se veut singulière, renouvelée, équilibré, et qui souhaite s’inscrire sur le long terme.

    Lesfrançais.press : « Comment se présente la coopération économique France – Maroc à l’heure où les économies mondiales sont sujettes à l’incertitude combinée à des inconnues ? »

    Vincent Toussaint : « C’est justement dans ce contexte d’incertitudes que le partenariat d’exception entre le Maroc et la France prend tout son sens. Les deux pays sont en effet à un moment charnière de leur relation économique, en quelque sorte au début d’un nouveau cycle. Les deux économies – encore plus depuis les crises de la Covid-19 et de la guerre en Ukraine – sont confrontées aux défis de la souveraineté industrielle et énergétique, de la décarbonation et de la révolution numérique et de l’IA.

    « Faire de ce partenariat « gagnant-gagnant » entre une puissance africaine et une puissance européenne, un exemple inspirant » Vincent Toussaint, chef de service économique, ambassade de France au Maroc

    Le sens profond du « partenariat d’exception renforcé », signé à l’occasion de la visite d’État du Président de la République, c’est justement cette volonté de répondre ensemble à ces défis d’avenir et de faire de ce partenariat « gagnant-gagnant » entre une puissance africaine et une puissance européenne un exemple inspirant, alors que les tensions sur l’économie mondiale atteignent un rare niveau d’intensité. »

    Lesfrancais.press : « Est-ce que le réchauffement diplomatique avec la venue du Président Emmanuel Macron en octobre (2024) et les nombreux protocoles d’accords en matière d’investissements ont constitué un véritable boost économique entre les 2 pays ? »

    Vincent Toussaint : « La relation économique Maroc-France avait particulièrement bien résisté aux incertitudes géopolitiques et aux aléas diplomatiques. Les échanges commerciaux entre nos pays ont ainsi atteint leur record historique en 2023 (14 Mds EUR), record qu’ils ont à nouveau battu en 2024 (15 Mds EUR) ; la France c’est 1/3 des investissements étrangers mais aussi 1/3 des transferts de la diaspora et 1/3 des recettes touristiques (avec un succès historique du Maroc en 2024 qui a attiré plus de 17 millions de visiteurs, là aussi un record).

    Visite dEmmanuel Macron au Maroc
    Visite dEmmanuel Macron au Maroc

    Mais on peut effectivement parler de boost car la visite d’État a permis de projeter le partenariat Maroc-France sur des thèmes d’avenir et de l’ouvrir à de nouveaux acteurs. Les accords économiques signés à l’occasion de la visite d’État du Président de la République représentent 10,7 milliards EUR d’investissements. Tous ces investissements portent la marque du savoir-faire commun avec l’accent mis sur l’emploi, la formation et l’innovation pour développer les « métiers mondiaux » d’aujourd’hui et de demain. Mais, au-delà des montants, je préfère retenir les thématiques de ces accords qui permettent de développer ensemble les secteurs stratégiques d’avenir qui forgeront l’agenda économique à horizon 2050. Énergie verte et connectivité, nouveaux écosystèmes industriels, infrastructures durables et développement du territoire, innovation et startups, projection commune vers l’Afrique. »

    Lesfrançais.press : « Depuis la visite du Président Français Emmanuel Macron au Maroc, on entend parler de partenariat économique renouvelé, de vision économique commune et durable : qu’en est-il concrètement ? Quels sont les secteurs prioritaires pour l’investissement français au Maroc ? »

    Vincent Toussaint : « Lorsque nous parlons de partenariat d’exception, c’est effectivement très concret et les chiffres sont éloquents. Plus de 11 000 entreprises françaises exportent vers le Maroc, dont 70% de PME, les échanges commerciaux ont doublé en dix ans et sont équilibrés – fait suffisamment rare pour le souligner, près de 1000 entreprises françaises sont présentes sur le territoire marocain, représentant près de 150 000 emplois directs. La France est le premier investisseur étranger au Maroc et le Maroc est le premier investisseur africain en France, le Royaume est le premier partenaire de l’Agence française pour le développement.

    « Le capital humain et la formation professionnelle sont au cœur de ce nouvel agenda » Vincent Toussaint, chef de service économique, ambassade de France au Maroc

    Ce qui me frappe le plus quand j’échange au quotidien avec des acteurs de la relation Maroc-France, en particulier les entrepreneurs, c’est leur volonté de ne pas s’endormir sur ces succès déjà historiques mais de sans cesse renouveler et rehausser ce partenariat. Les secteurs d’avenir sont très nombreux, à la hauteur de ce qu’est devenue l’économie marocaine et de ce que sont les liens avec la France : énergie verte, économie bleue et lutte contre le stress hydrique, partenariat industriel (automobile, aéronautique, logistique, demain ferroviaire, énergie, santé), ville durable, innovation et tech, sécurité alimentaire, préparation des grands évènements.

    Emmanuel Macron en visite au Maroc

    Permettez-moi d’y ajouter quelques thèmes transversaux : l’importance des PME qui sont la relève de notre relation bilatérale, le rôle de hub entre l’Afrique et l’Europe car nos deux pays jouent un rôle de connecteurs entre ces deux continents. Enfin et surtout, le capital humain et la formation professionnelle qui sont au cœur de ce nouvel agenda et pour lesquels le secteur privé joue un grand rôle au Maroc, à travers des partenariats publics privés qui sont des modèles du genre. »

    Lesfrançais.press : « Le Maroc place les enjeux de Souveraineté économique (alimentaire, hydrique, industrielle…) au centre de ses priorités et préoccupations, comment la France se positionne sur ses sujets ? » 

    Vincent Toussaint : « Les enjeux de souveraineté sont effectivement au cœur de la stratégie et des succès de l’économie marocaine des 25 dernières années. Les acteurs français l’ont compris très tôt (sûrement aussi parce qu’ils partagent ces enjeux). L’ADN du partenariat Maroc-France est unique, bien différent de celui qui unit la France ou le Maroc à leurs autres partenaires. Il est fait d’investissements de long terme, de formation pour développer les talents locaux et de transferts de compétence qui a permis de développer des « métiers mondiaux » sur le territoire marocain.

    « L’ADN du partenariat Maroc-France est unique, bien différent de celui qui unit la France ou le Maroc à leurs autres partenaires. » Vincent Toussaint, chef de service économique, ambassade de France au Maroc

    Dans ce modèle, les échanges commerciaux ne créent pas de dépendances mais dépendent de l’intégration de nos chaînes de valeur et se nourrissent de la dynamique d’investissements croisés. Cette logique de partenariat vertueux, respectueuse des enjeux de souveraineté, a connu des réussites exceptionnelles. Le Maroc est aujourd’hui le premier producteur africain de véhicules automobiles et le premier exportateur vers le marché européen, mais on aurait également pu citer l’écosystème aéronautique avec une forte mobilisation d’Airbus, les services à valeur ajoutée, la logistique, le ferroviaire ou demain la santé, l’IA. »

    Lesfrancais.press : « Faut-il considérer qu’aujourd’hui les deux pays ont scellé un pacte économique de longue durée… ? »

    Vincent Toussaint : Je n’aime pas la notion de « pacte » qui contiendrait une notion d’exclusivité ou de « deal ». Le Maroc s’est imposé comme une puissance régionale et continentale et il est tout à fait naturel que le Royaume attire de nombreux pays : les partenaires européens ou américains historiques, les grands émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil, mais nous pourrions également citer les États du Golfe. Le Royaume diversifie ses partenariats comme le font toutes les grandes économies dans le monde et en premier lieu l’Europe et la France.

    Mais cette diversification n’empêche pas et ne doit pas masquer le caractère tout à fait exceptionnel du partenariat entre la France et le Maroc, sans équivalent sur les rives de la Méditerranée : son caractère équilibré, le nexus commerce/investissement/formation du capital humain, la capacité à se réinventer, la logique de souveraineté partagée. À l’heure où l’économie mondiale est sujette à de fortes incertitudes, c’est ce savoir-faire commun, fondé sur le respect et les liens humains, qui nous permet de nous projeter ensemble sur plusieurs décennies. » 

  • 3 Européens sur 4 reconnaissent les bénéfices de l’UE, plus d’un tiers d’entre eux souhaitent plus de sécurité

    3 Européens sur 4 reconnaissent les bénéfices de l’UE, plus d’un tiers d’entre eux souhaitent plus de sécurité

    Selon un nouveau sondage Eurobaromètre, si plus d’Européens qu’auparavant estiment que leur pays a bénéficié de son adhésion à l’UE, ils sont plus nombreux à nourrir de faibles attentes pour le futur.

    74 % des Européens issus de tous les États membres confondus considèrent que leur pays a bénéficié de son adhésion à l’UE, et globalement, le taux d’approbation de l’Union est à un niveau record depuis que la question a été posée pour la première fois en 1983.

    Même en Hongrie, le pays de Viktor Orbán, 74 % des personnes interrogées voient le verre à moitié plein, devant l’Italie (67 %) et la France (65 %).

    Mais lorsqu’on leur demande spécifiquement leur opinion sur l’UE, un chiffre plus décevant apparaît. Seulement 50 % des Européens ont une opinion positive de l’UE, contre 15 % qui en ont une négative, tandis que 34 % sont neutres à ce sujet.

    Si les notes sont en hausse, les attentes des Européens pour les cinq prochaines années sont en baisse.

    Un tiers s’attend à une baisse de son niveau de vie, soit une augmentation de 7 % par rapport à un sondage de juillet de l’année dernière. Les Français et les Allemands sont en tête, avec respectivement 53 % et 47 % qui s’attendent à une détérioration de leur niveau de vie.

    L’Eurobaromètre est une enquête semestrielle menée à l’échelle de l’UE qui suit les attitudes des citoyens européens envers l’UE et surveille les tendances politiques pertinentes pour le bloc dans son ensemble.

    Quel projet de paix ?

    Dans un paysage géopolitique en pleine mutation, les Européens invoquent de nouvelles raisons pour soutenir l’UE.

    Environ 35 % considèrent que la paix et le renforcement de la sécurité sont les principaux avantages de l’Union, suivis de près par 34 % qui voient dans la coopération accrue entre les États membres le principal argument de vente de l’Union.

    Cela intervient après que la Commission a rebaptisé la semaine dernière son initiative phare visant à augmenter les dépenses militaires, passant de « Réarmer l’Europe » — un terme qui semblait trop agressif aux oreilles méditerranéennes – à « Readiness 2030 » que l’on pourrait traduire par «  Préparatifs pour 2030 », plus modéré, quelques semaines après le dévoilement du premier.

    Cependant, malgré l’insistance du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez sur le fait que l’UE est un « projet politique de soft power », de plus en plus d’Européens semblent accepter l’idée selon laquelle l’UE doit jouer un rôle plus important pour assurer sa propre défense.

    Une tendance similaire se dessine pour l’avenir.

    Plus d’un tiers (36 %) des Européens souhaitent que l’UE se concentre sur la défense et la sécurité afin de renforcer la position du bloc dans le monde, devant les 32 % qui citent la compétitivité et l’économie.

  • Caroline Yadan : « Jordan Bardella ne sera jamais un rempart pour les Juifs »

    Caroline Yadan : « Jordan Bardella ne sera jamais un rempart pour les Juifs »

    Ecoutez le podcast avec Caroline Yadan

    Comment expliquer l’invitation envoyée par le gouvernement de Benyamin Netanyahou à Jordan Bardella ? Pourquoi l’État hébreu a-t-il convié le leader du Rassemblement national à venir s’exprimer dans un colloque sur la lutte contre l’antisémitisme ? Pour décrypter cette situation, nous avons interrogé Caroline Yadan, députée Renaissance de la 8eme circonscription des Français de l’étranger, qui comprend nos compatriotes vivant en Israël. Pour elle, cette invitation est « une erreur », et le Président du RN et son parti ne seront jamais « un rempart pour les Juifs dans le monde » !

    Le double jeu du RN ?

    Dès l’entame de cette interview, la parlementaire de Renaissance, Caroline Yadan, évoque l’« erreur » commise par le gouvernement israélien en invitant Jordan Bardella. Elle rappelle l’«opération de séduction à outrance » menée par le Rassemblement National (RN) depuis 2013 pour, notamment, décoller l’antisémitisme de l’image de ce qui était alors le Front national : « le seul verrou qui empêchait les Français de voter pour Marine Le Pen » pour reprendre, selon notre invitée,  les propos d’un dirigeant du parti d’extrême droite. Le RN qui se positionne « comme le défenseur des juifs dans le monde », « ce n’est pas sincère » selon Caroline Yadan. C’est « une volonté de façade » ajoute-t-elle.

    « Le RN affirme lutter contre l’islamisme et, en même temps, le RN vote contre tous les textes qui permettent concrètement de le faire »

    Caroline Yadan députée des Français de l’étranger

    En tant que représentante des Français d’Israël au Palais Bourbon, Caroline Yadan s’étonne de n’avoir pas été invitée au colloque organisé par le gouvernement de Benyamin Netanyahou. Elle exprime son incompréhension face au choix de Jordan Bardella, alors qu’elle est l’une des « référentes de la lutte contre l’antisémitisme à l’Assemblée nationale » nous dit-elle.

    Caroline Yadan députée des Français de l’étranger
    Caroline Yadan députée des Français de l’étranger

    La députée dénonce également les contradictions du Rassemblement National : « Le RN affirme lutter contre l’islamisme et, en même temps, le RN vote contre tous les textes qui permettent concrètement de le faire». Ce comportement, selon elle, n’est que des « postures hypocrites ». Au cours de cet entretien, Caroline Yadan partage des exemples concrets pour étayer ses propos.

    Le RN et la Russie

    Pour dénoncer cette situation, Caroline Yadan cite, au cours de ce podcast, les noms de certains cadres du RN qui sont actuellement actifs au sein de cette formation politique et qui entretiennent des liens avec des mouvances extrémistes de droite.

    « Le RN, courroie de transmission du Kremlin »

    Caroline Yadan députée des Français de l’étranger

    Lors de cet échange, la députée revient également sur les « liens étroits entre le RN et la Russie ». La parlementaire reprend un rapport de l’Assemblée nationale qui souligne que « le RN, est une courroie de transmission du Kremlin. » Ainsi, remet-elle en perspective l’invitation reçue par Jordan Bardella en provenance du gouvernement israélien pour venir parler de la lutte contre l’antisémitisme : « il faut arrêter d’être naïf et aller largement plus loin que les discours », nous dit la députée des Français d’Israël.

    Et l’extrême gauche, une menace pour les juifs ?

    Dans l’État hébreu, certains parlementaires israéliens ont exprimé leur mécontentement quant au choix des intervenants à ce colloque, nous apprend Caroline Yadan. Cela fragilise l’image de ce pays sur la scène internationale. Du côté des autorités françaises, la députée ne s’attend pas à une prise de position officielle sur cette séquence. La membre du Groupe Renaissance à l’Assemblée nationale rappelle que des assises sont actuellement en cours en France pour élaborer des stratégies plus efficaces pour combattre la lutte contre l’antisémitisme, et renforcer la protection des communautés juives en France.

    « La principale menace aujourd’hui qui pèse sur les Juifs d’Europe vient de l’extrême gauche »

    Caroline Yadan députée des Français de l’étranger

    Enfin la députée souhaite indiquer que « la principale menace aujourd’hui qui pèse sur les Juifs d’Europe vient de l’extrême gauche. » Pour Caroline Yadan, « LFI est devenu le premier parti antisémite de France ». Pour autant, cela ne « donne pas un blanc-seing à l’extrême droite, qui même dédiabolisée, relookée, version « j’aime les Juifs et Israël », n’a jamais été et ne sera jamais un rempart pour les Juifs dans le monde » conclut-elle.

  • Les avantages comparatifs des États-Unis sur l’Europe

    Les avantages comparatifs des États-Unis sur l’Europe

    La croissance américaine avoisine les 3 % quand celle de la zone euro peine à dépasser 1 %. Depuis plusieurs années, cette dernière est dans l’impossibilité de réduire cet écart de deux points. La politique économique de Donald Trump pourrait réduire la croissance de l’économie américaine mais elle pourrait également porter atteinte à celle de la zone euro qui dépend des exportations notamment vers les États-Unis. Au-delà des vicissitudes de la politique du Président américain, l’écart de part et d’autre de l’Atlantique est lié à quatre facteurs : le capital, le travail, la technologie et l’énergie.

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    Depuis vingt ans, un fossé se creuse entre les États-Unis et la zone euro. Entre 2002 et 2024, le PIB a crû de 65 % aux États-Unis, contre 30 % pour la zone euro. Cette différence de croissance repose sur un déficit de gains de productivité en zone euro. La productivité par tête a, en effet, augmenté, de 48 % de 2002 à 2024 aux États-Unis contre 10 % en zone euro. Par ailleurs, chez cette dernière, la productivité est étale depuis 2017 voire en léger déclin.

    Faiblesse du capital et de la formation en Europe.

    L’Europe est pénalisée par la faible augmentation de son capital productif. Celui-ci augmente de 2,5 % par an aux États-Unis contre moins de 2 % en zone euro. Entre 2002 et 2024, il a progressé, en cumulé, de 75 % chez les premiers, contre 50 % en zone euro.

    Les États-Unis créent plus d’emplois que la zone euro. Entre 2002 et 2024, l’emploi y a augmenté de 20 % contre 17 % en zone euro. Les États-Unis peuvent compter sur une population plus jeune. Celle en âge de travailler continue à augmenter quand elle décline en zone euro. En termes de compétences de leurs salariés, les États-Unis font aussi bien ou aussi mal que les Européens. Le système éducatif américain n’est pas plus performant que celui de l’Europe. En revanche, les États-Unis attirent les meilleurs chercheurs de la planète. Les immigrés s’installant aux États-Unis sont, en moyenne, d’un niveau de formation plus élevé que ceux optant pour l’Europe.

    Avantage technologique aux États-Unis.

    Les États-Unis disposent d’un avantage comparatif élevé dans le domaine des hautes technologies. L’investissement dans les technologies de l’information et de la communication (hors logiciels) représentaient, en 2023, 3,8 % du PIB, contre 2,2 % en zone euro. Les dépenses totales en Recherche & Développement s’élevaient, toujours en 2023, à 3,7 % du PIB aux États-Unis contre 2,2 % en zone euro.

    Les États-Unis peuvent compter sur une énergie à faible prix. Cela concerne avant tout le gaz. Il était deux fois plus élevé en zone euro qu’aux États-Unis en 2024. L’Europe achète de plus en plus de gaz liquéfié notamment en provenance des États-Unis qui est plus cher que le gaz naturel auparavant acheminé par gazoduc. L’écart pour le prix du pétrole n’est pas déterminant en ce qui concerne le brut mais, en raison des taxes, il est plus cher à l’achat en Europe.

    La production manufacturière a baissé fortement en zone euro depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, surtout en Allemagne. Le recul atteint 10 % en moyenne. L’avantage coût énergie aux États-Unis pour l’énergie ne s’est pas traduit malgré tout par une hausse de la production manufacturière. Ce sont les pays émergents et en premier lieu la Chine qui ont profité des difficultés de production de la zone euro.

    Entre 2002 et 2022, l’écart de croissance est d’un point par an, puis de deux depuis 2022. Cet écart peut être attribué, selon l’économiste Patrick Arthus, à 25 % par la progression plus rapide du stock de capital aux États-Unis et à 75 % par le rôle du progrès technique.

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