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  • Stéphane Vojetta dénonce un « mensonge comptable » sur les retraites

    Stéphane Vojetta dénonce un « mensonge comptable » sur les retraites

    Écouter le podcast avec Stéphane Vojetta

    Le député des Français d’Espagne, du Portugal, d’Andorre et de Monaco s’attaque aux zones d’ombre des finances publiques. Dans une interview accordée à notre media, Lesfrancais.press, Stéphane Vojetta se livre à une critique directe et argumentée de la gestion financière de l’État français. Selon lui, un tour de passe-passe budgétaire dissimule près de 70 milliards d’euros de déficit. À notre micro, le parlementaire dénonce un « mensonge comptable » sur les retraites. Explications !

    Un système de retraites en équilibre… fictif

    « C’est un combat que je mène depuis quelques mois déjà », confie le député, fort de son expérience passée dans la gestion de crise financière aux côtés du gouvernement espagnol. Il dénonce un manque de transparence dans les comptes publics, qui masque l’impact réel du financement des pensions sur la dette de la France.

    Stéphane Vojetta
    Stéphane Vojetta

    Pour Stéphane Vojetta, le mensonge est bien établi : « Malgré ce que dit la comptabilité nationale, malgré ce que dit la Cour des comptes qui parle d’équilibre du système des retraites, on creuse la dette d’une cinquantaine, soixantaine de milliards d’euros ». Ce déficit réel serait, selon lui, dissimulé par une organisation comptable opaque, qui empêche de saisir l’origine véritable de l’augmentation de la dette.

    « Le budget de l’éducation nationale […] se voit ponctionné d’une vingtaine de milliards afin d’aller financer le paiement des retraites »,

    Stéphane Vojetta, député des Français établis hors de France

    L’un des mécanismes dénoncés concerne les surcotisations patronales imposées aux ministères, notamment celui de l’Éducation nationale. Ainsi, explique-t-il : « Le budget de l’éducation nationale […] se voit ponctionné d’une vingtaine de milliards afin d’aller financer le paiement des retraites ». Ces sommes, votées pour l’éducation, sont en réalité réaffectées à d’autres postes, sans débat ni transparence.

    L’AEFE également touchée : les familles à la caisse

    Cette logique budgétaire a aussi un impact direct sur le réseau des établissements français à l’étranger, via l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE). Vojetta tire la sonnette d’alarme : « Chaque année, l’AEFE doit payer sa part à ces surcotisations […], cette année (elle) va être de 180 millions d’euros ». Or, seuls 120 millions sont compensés par l’État, générant un déficit structurel.

    Stéphane Vojetta
    Stéphane Vojetta

    « Ce sont 60 millions d’euros que déjà, on ne peut pas mettre sur les investissements immobiliers, mais qu’en plus, on ne peut plus mettre sur le salaire des enseignants, en particulier des résidents. » La conséquence ? Une hausse inévitable des frais de scolarité pour les parents des lycées français à l’étranger.

    Un combat solitaire que celui de dire la vérité aux Français ?

    Bien que rattaché au groupe « Ensemble pour la République », le député se revendique indépendant et lucide quant à la réception de ses alertes à l’Assemblée nationale : « Certains me reprochent d’avoir un discours qui est peut-être un peu trop clair et un peu trop anti-système ». Il reconnaît néanmoins un début d’écoute, même de la part d’Amélie de Montchalin, ministre du Budget : « Elle reconnaît aussi […] que mon combat est juste ».

    « Le but du jeu, c’est d’arriver à se dire la vérité entre nous, entre Français »

    Stéphane Vojetta, député des Français établis hors de France

    Notre invité plaide aussi pour une refonte des règles comptables, indispensable selon lui pour rétablir un débat démocratique sain : « Le but du jeu, c’est d’arriver à se dire la vérité entre nous, entre Français. Pour que le gouvernement, le Parlement, les acteurs sociaux, le conclave et les Français, le jour où ils devront décider par leur vote, puissent prendre leur décision en connaissance de cause et non pas sur la base de la fable actuelle selon laquelle on aurait un système à l’équilibre. C’est une fable, c’est de l’économie-fiction. »

    Une image à l’international en jeu

    Élu des Français d’Andorre, d’Espagne, de Monaco et du Portugal, Stéphane Vojetta met également en garde contre le risque d’un discrédit international. « Le déficit ou la dette, en France, il est élevé, mais il est réel. Le problème, c’est qu’on ne sait pas actuellement d’où vient ce déficit. »  Selon lui, plus de clarté rassurerait même les agences de notation.

    Réseaux sociaux : protéger les mineurs

    Outre les finances publiques, le député s’investit dans la régulation des réseaux sociaux. Il soutient la proposition présidentielle d’Emmanuel Macron d’interdire leur accès aux moins de 15 ans : « On parle simplement de protection », affirme-t-il, évoquant les risques liés à l’exposition précoce à des contenus inadaptés.

    « Il y a un lien direct entre la santé mentale de nos jeunes et leur exposition trop jeune aux réseaux sociaux »

    Stéphane Vojetta, député des Français établis hors de France

    Il établit un lien clair avec la santé mentale des jeunes : « Il y a un lien direct entre la santé mentale de nos jeunes et leur exposition trop jeune aux réseaux sociaux ». Un constat qu’il espère voir suivi d’effets législatifs rapides.

    Retrouvez l’intégralité de cet échange en écoutant le podcast. Une interview sans ambages, qui dénonce un mensonge au plus haut niveau au sein duquel les chiffres, jusqu’ici dissimulés, sont des plus alarmants !

  • Propriétaire en France ? Au premier aout, Linky est obligatoire

    Propriétaire en France ? Au premier aout, Linky est obligatoire

    À partir du 1er août 2025, tous les logements en France devront être équipés du compteur Linky. Au-delà de cette date, les propriétaires refusant l’installation d’un compteur Linky devront s’acquitter de frais supplémentaires. Faites-vous parti des 2 millions de foyers en France qui continuent de s’opposer à la pose du petit boîtier vert d’Enedis (le gestionnaire du réseau électrique) ? On fait le point pour les non-résidents propriétaires en France.

    Pourquoi refuser le compteur Linky ?

    Parmi les préoccupations les plus fréquemment évoquées : la protection des données personnelles car via le boitier, Enedis collecte des données sur la consommation électrique. Cette collecte permet une meilleure anticipation de la consommation et ainsi d’adapter la production. D’autres aspects dérangent, notamment le risque de pollution électromagnétique, qui reste à prouver.

    D’autres personnes évoquent la question de l’emplacement imposé du boîtier à l’intérieur des habitations. Certaines s’opposent à une installation dans le salon., d’autres que compteur soit placé dans la chambre ou à proximité des toilettes.

    Compteurs électriques EDF dont des compteurs Linky
    Compteurs électriques EDF dont des compteurs Linky

    Pour finir, la transmission des données par le réseau électrique via la technologie CPL (courant porteur en ligne) suscite, aussi, des inquiétudes. Pourtant l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) s’est penchée sur la question sanitaire des compteurs Linky. En mai 2023, l’agence rappelait que les compteurs Linky « communiquent de façon filaire, via le réseau de distribution d’électricité, par la technologie du courant porteur en ligne (CPL), avec des points relais rassemblant les informations de consommation ». Comprenez, les données sont transmises directement par les câbles électriques, et non par Wi-Fi ou ondes hertziennes.

    95% des foyers équipés

    Malgré les réticences, souvent nées dans les réseaux complotistes, en France près de 95% des foyers sont équipés du compteur Linky, soit 37,2 millions de petits boîtiers verts installés. Les calculs sont donc simples : 5% des habitations, soit environ 2 millions, n’en disposent toujours pas.

    Jusqu’à présent, les personnes refusant l’installation du compteur proposé par Enedis pouvaient transmettre elles-mêmes leur index de consommation une fois par an, échappant ainsi à des pénalités financières. Mais cette tolérance prendra fin le 1er août 2025.

    Au-delà de cette date, des frais de relève seront facturés, afin de couvrir notamment le maintien des systèmes informatiques et les interventions manuelles nécessaires. Ainsi, les réfractaires devront payer des frais supplémentaires, tous les deux mois : une part fixe de 6,48 euros (hors taxes) sera facturée pour la gestion de leur ancien compteur. S’ajouteront à cela 4,14 euros (hors taxes) si aucun relevé de consommation n’a été transmis depuis plus d’un an. Enfin, il est important de noter qu’en cas de cession, le diagnostic de performance énergétique (obligatoire lors de toute vente) sera dévalué sans la présence du boitier vert.

  • ChooseFrance :  derrière ces investissements étrangers, un champion aux pieds d’argile ?

    ChooseFrance :  derrière ces investissements étrangers, un champion aux pieds d’argile ?

    La huitième édition du sommet Choose France, qui s’est tenue le lundi 19 mai 2025, a confirmé son statut d’événement majeur pour l’économie française. Lors de cette rencontre, le Président Macron a annoncé près de 20 milliards d’euros d’investissements étrangers en France. En le comparant aux précédentes éditions, ce chiffre est un véritable record. Cependant, malgré ce succès, certains défis restent encore à relever pour la France. Ainsi, derrière ces bons résultats, notre pays ne reste-t-il cependant pas un champion aux pieds d’argile ?

    ChooseFrance : entre réformes et attractivité

    Si les gouvernements précédents et les responsables politiques français ont toujours cherché à rendre le pays attractif, Emmanuel Macron a poursuivi cette ambition. En 2018, il a ainsi lancé l’initiative appelée Choose France. Ce programme vise à présenter et à expliquer aux investisseurs internationaux les réformes menées pour favoriser l’activité économique en France. Ainsi, chaque année, les dirigeants d’entreprises étrangères se réunissent autour du chef de l’État français, comme ce fut le cas ce 19 mai 2025 à Versailles.

    « Dans les décisions d’investissements que nous cherchons à attirer, la connaissance personnelle a beaucoup de valeur pour les patrons »

    Emmanuel Macron, président de la République

    Pour le chef de l’État « dans les décisions d’investissements que nous cherchons à attirer, la connaissance personnelle a beaucoup de valeur pour les patrons ». Accompagné de son équipe gouvernementale, le Président de la République a aussi expliqué le choix de Versailles pour ces rencontres économiques. Selon Emmanuel Macron, les dirigeants d’entreprises apprécient « de pouvoir passer du temps de qualité avec les décideurs, dans un endroit magnifique ».

    Emmanuel Macron au sommet ChooseFrance
    Emmanuel Macron au sommet ChooseFrance

    Lors de l’édition précédente de Choose France, 15 milliards d’euros d’investissements étrangers avaient été annoncés, avec 56 projets programmés sur le territoire national. Cette année, ce sont plus de 20 milliards d’euros qui sont à l’ordre du jour, marquant une progression significative. « La France n’a jamais été aussi attractive », a déclaré Emmanuel Macron, soulignant que le pays est resté, pour la sixième année consécutive, le plus attractif d’Europe pour les investissements étrangers en 2024, selon le baromètre publié par EY.

    La France : championne d’Europe

    Selon la dernière étude du cabinet d’audit financier et de conseil Ernst & Young, la France s’affirme comme un leader européen dans plusieurs secteurs clés. Notre pays conserve ainsi sa position de tête en Europe pour le nombre de projets industriels accueillis, avec 415 initiatives enregistrées. Près de 40% des projets industriels s’implantent notamment dans des communes de moins de 50 000 habitants.

    Dans le domaine de la Recherche et Développement (R&D), l’étude confirme la première place de la France au sein de l’Union européenne, avec 104 projets recensés. Un chiffre qui baisse légèrement par rapport à l’an dernier.

    « La France conserve ainsi sa position de tête en Europe pour le nombre de projets industriels accueillis, avec 415 initiatives enregistrées »

    Baromètre 2025 EY

    Outre ces secteurs, celui de l’Intelligence Artificielle (IA) est un autre domaine où la France semble exceller. En effet, à la lecture des données de cette étude d’EY, notre pays se hisse aussi sur la plus haute marche du podium au sein de l’Union européenne avec 41 projets, et se prépare également à accueillir 109 milliards d’euros d’investissements dans ce secteur, chiffre annoncé lors du Sommet sur l’IA en février 2025.

    Les défis à relever pour la France

    Cependant, malgré ces succès et l’attractivité mise en avant lors de ce sommet, la France ne peut pas s’endormir sur ses lauriers. Selon les observateurs et les données présentées dans le baromètre précédemment cité, plusieurs défis de taille subsistent pour maintenir son attractivité.

    « Les coûts salariaux élevés, le manque de terrains disponibles et de certaines infrastructures, la complexité réglementaire sont autant d’obstacles à la compétitivité et à l’investissement »

    Selon l’enquête réalisée auprès de 200 dirigeants, interrogés en mars 2025, les atouts de la France (taille du marché, innovation, compétences, infrastructures et qualité de vie) se heurtent aux impératifs du court terme (rentabilité, stabilité, énergie et moyens disponibles pour la transition écologique).

    Les coûts salariaux élevés, le manque de terrains disponibles et de certaines infrastructures, la complexité réglementaire sont autant d’obstacles à la compétitivité et à l’investissement. Par exemple, dans l’industrie pharmaceutique, après une forte période d’investissements, la courbe des projets revient au niveau d’avant-Covid et la concurrence en Europe s’intensifie pour ce secteur.

    Emmanuel Macron au sommet ChooseFrance
    Emmanuel Macron au sommet ChooseFrance

    De surcroît, la faiblesse de la croissance tricolore et la consommation des ménages en berne sont également des préoccupations majeures. La stabilité politique et budgétaire est également un sujet de préoccupation, notamment après les turbulences qui ont secoué le Parlement français en 2024, lorsque le gouvernement de Michel Barnier a été renversé sur les questions de recettes et de dépenses de l’État, retardant ainsi le vote de la loi de finances.

    Dans un monde incertain, ce sommet Choose France s’est voulu une occasion de montrer la solidité et la crédibilité de notre nation. Si la France a des atouts, ses capacités de rebond (croissance atone, finances publiques dégradées, capacité d’investissement et non d’épargne…) sont fragiles. Mais notre pays peut aussi compter sur notre diaspora à l’étranger. Souvent considérés comme les premiers ambassadeurs de la France à l’international, nos expatriés concourent aussi à cette attractivité nationale. Et parfois, c’est bien de le rappeler.

  • Investissements internationaux : la France toujours attractive

    Investissements internationaux : la France toujours attractive

    En 2024, selon le baromètre du cabinet EY, malgré la crise politique survenue au mois de juin, la France est restée le pays européen le plus attractif en matière d’investissements internationaux. L’an passé, le nombre de projets internationaux sur le sol européen a reculé, en raison notamment de la concurrence accrue des États-Unis. Ces derniers attirent les entreprises étrangères grâce au programme d’incitations fiscales connu sous le nom d’Inflation Reduction Act (IRA) mis en place par Joe Biden. Si la France a enregistré une baisse notable des investissements étrangers, elle est néanmoins parvenue à conserver la première place en Europe.

    En 2024, les décisions d’investissements internationaux sur son sol ont diminué de 14%, avec 1025 projets recensés. L’Allemagne a connu un recul de 17% (607 projets), et le Royaume-Uni de 13% (853 projets). Les projets d’investissement d’origine allemande en France ont chuté de 34%. Les États-Unis, premier investisseur dans l’Hexagone, ont réduit leurs investissements de 12%, tout comme la Chine (-11%). L’image de la France, malgré les tensions politiques et les déséquilibres budgétaires, demeure globalement positive. À trois ans, 70% des investisseurs interrogés considèrent que l’attractivité du pays s’améliorera; un chiffre en baisse de 5 points sur un an.

    109 milliards sur l’IA

    La France conserve plusieurs atouts majeurs : sa position géographique centrale, son énergie décarbonée, et la qualité de ses infrastructures. Elle bénéficie également d’une bonne image dans des secteurs d’avenir comme la défense, le quantique et l’intelligence artificielle. Lors du sommet sur l’IA, un programme d’investissement de 109 milliards d’euros a été annoncé en février.

    Concernant l’implantation d’usines, un quart des investissements internationaux en Europe en 2024 ont été réalisés en France (415 projets, dont 74 dans l’énergie).

    Un faible contenu en emploi

    Toutefois, les investissements industriels portés par des capitaux étrangers ont reculé de 22% par rapport à 2023, en raison notamment des difficultés rencontrées dans des secteurs comme la chimie et l’automobile. Dans les faits, les projets menés par des investisseurs étrangers sont majoritairement des extensions ou des réaménagements d’installations existantes. Seuls 15% des projets relèvent de créations ex nihilo. De plus, ces investissements génèrent peu d’emplois : 29 000 créations annoncées pour 2024, soit une baisse de 27% par rapport à 2023. En moyenne, chaque projet d’investissement en France crée 30 emplois, contre 48 au Royaume-Uni et en Allemagne, et 125 en Espagne. Ce faible contenu en emplois s’explique notamment par le coût du travail et la complexité des règles sociales.

    Un faible contenu en emploi
    Un faible contenu en emploi

    D’après Rexecode, le coût horaire du travail en France dans l’industrie et les services s’élevait à 44,11 euros en 2024, contre 43,97 euros en Allemagne, 25,79 euros en Espagne et 16,70 euros en Pologne. Ces deux derniers pays ont enregistré une progression significative des projets d’investissements internationaux (+15 % pour l’Espagne, +13 % pour la Pologne).

    La France reste en tête en Europe pour l’accueil de centres de R&D, même si le nombre de projets y a baissé de 15 %. En revanche, pour l’implantation des sièges sociaux, elle reste nettement devancée par le Royaume-Uni. Malgré le Brexit et les efforts des autorités françaises, la place financière de Paris ne parvient pas à concurrencer celle de Londres.

    Un leadership fragile

    Si la France conserve sa première place en Europe en matière d’attractivité pour les investissements étrangers, ce leadership est désormais plus fragile. La baisse du nombre de projets, leur moindre intensité en emploi et la faible part des créations ex nihilo traduisent un essoufflement structurel. Plusieurs freins pèsent encore sur l’attractivité française : l’accès au foncier, le coût de l’énergie, le niveau de qualification moyen des actifs, et la faible robotisation des sites industriels. L’atonie de la croissance économique et de la consommation intérieure constitue également un sujet d’inquiétude.

    À l’heure où la compétition mondiale s’intensifie, notamment sous l’effet des stratégies offensives des États-Unis et des pays d’Europe centrale, la France doit impérativement lever les freins persistants : complexité administrative, coût du travail, faible productivité industrielle. Le pari d’une montée en gamme dans les secteurs d’avenir, comme l’intelligence artificielle, la défense ou l’aéronautique, ne pourra pas être gagné sans un effort en matière de formation, d’innovation et d’efficacité de l’action publique.

  • 5 ans après le Brexit, Londres rouvre le tunnel ?

    5 ans après le Brexit, Londres rouvre le tunnel ?

    Plusieurs années sont passées depuis le Brexit et le Royaume-Uni semble prêt à retisser des liens avec l’Union européenne. C’est ainsi que Le Premier ministre, Keir Starmer, s’apprête à conclure un nouvel accord multisectoriel avec Bruxelles. Il s’agirait alors de relancer la coopération et ouvrir une nouvelle ère de dialogue. Ce lundi 19 mai à Londres, c’est d’ailleurs un sommet inédit qui se réunit, en présence de plusieurs chefs d’État, dont Emmanuel Macron. 5 ans après le Brexit, Londres rouvre le tunnel ?

    Mais au-delà du geste politique envers l’Union Européenne, ce sommet intervient dans un contexte géopolitique marqué par l’urgence : la guerre en Ukraine. Paris continue d’œuvrer pour un cessez-le-feu immédiat et une paix fondée sur le respect de la souveraineté ukrainienne. Emmanuel Macron défendra cette ligne à Londres, convaincu que seule une voix européenne unie peut faire bouger les lignes.

    Le président français Emmanuel Macron avec le Roi du Royaume Uni Charles III
    Le président français Emmanuel Macron avec le Roi du Royaume Uni Charles III

    Outre ce rendez-vous diplomatique, c’est également la perspective de la visite d’État du président de la République qui se profile à l’horizon. En effet,  du 8 au 10 juillet prochains, Emmanuel Macron et son épouse Brigitte seront présents au Royaume-Uni, à l’invitation du roi Charles III. Reçus à Windsor, c’est une volonté commune de renouer plus officiellement encore une relation d’amitié et de coopération entre Paris et Londres qui se dessine. Plusieurs dossiers seront aussi abordés avec le gouvernement de K Starmer, notamment la jeunesse, la reconnaissance des diplômes, mobilité, la politique des visas, l’avenir de la communauté française au Royaume-Uni.

    Dans ce contexte Lesfrançais.press a rencontré Vincent Caure, député des Français établis hors de France, qui représente notamment à l’Assemblée nationale nos expatriés d’outre-Manche pour décrypter les enjeux de ces rencontres.

    Vincent Caure, député des Français d'Europe du Nord
    Vincent Caure, député des Français d’Europe du Nord

    Vincent Caure : « Notre communauté souffre encore de trop nombreux irritants hérités du Brexit »

    Lesfrancais.press : « Vincent Caure, une nouvelle réunion de chefs d’État se tient à Londres ce lundi 19 mai pour discuter du conflit en Ukraine. Le président Macron œuvre en faveur d’un
    cessez-le-feu. Pensez-vous qu’une interruption prochaine des hostilités soit rapidement
    envisageable ? »

    Vincent Caure : « Un cessez-le-feu en Ukraine est l’objectif numéro un. Ce que la France, à travers la voix du président de la République, cherche à construire, avec ses alliés, ce sont les conditions d’une paix juste. Une paix juste c’est une paix qui n’entérine ni l’agression, ni l’occupation de tout ou partie de l’Ukraine. La balle est aujourd’hui dans le camp de Vladimir Poutine afin que commencent des négociations de bonne foi, c’est-à-dire accompagné d’un arrêt réel et immédiat des combats. »

    Lesfrancais.press : « Au Royaume-Uni, le Premier ministre K. Starmer a récemment prononcé un discours qualifié de ferme sur l’immigration. Cette prise de position vous a-t-elle surpris ? Quelles pourraient en être les conséquences pour les Français expatriés ? »

    Vincent Caure : « Comme vous le savez, je m’interdis de commenter les décisions politiques des Gouvernements des dix pays de la circonscription, que ces décisions m’attristent ou non.

    « Notre communauté souffre encore de trop nombreux irritants hérités du Brexit »

    Vincent Caure, député des Français établis hors de France

    Cependant, je serai bien entendu extrêmement attentif aux conséquences concrètes que pourront avoir ces annonces pour nos concitoyens, notamment en ce qui concerne, l’accès au marché du travail britannique. Notre communauté souffre encore de trop nombreux irritants hérités du Brexit. Nous devons nous employer à recréer de nombreux liens entre nos deux pays. C’est à ce quoi je travaille. »

    Emmanuel Macron et Keir Starmer, premier ministre du Royaume-Uni
    Emmanuel Macron et Keir Starmer, premier ministre du Royaume-Uni
    Lesfrancais.press : « La visite d’État du président Macron au Royaume-Uni est prévue du 8 au 10 juillet prochains. Parmi les sujets liés à la présence des Français(es) vivant outre-Manche, quels sont, selon vous, les dossiers prioritaires que le chef de l’État devrait aborder avec les autorités britanniques ? »

    Vincent Caure : « Une visite du Président de la République est toujours un moment très fort dans notre relation bilatérale. Le contexte international que nous connaissons ne fait que renforcer l’importance de ce genre de rencontres. Paris et Londres doivent parler d’une voix commune sur de nombreux sujets comme l’Ukraine.

    « Il y a la question de la hausse de la TVA sur les écoles privées qui pèse sur les écoles françaises »

    Vincent Caure, député des Français établis hors de France

    Une telle visite est aussi l’occasion d’échanger sur les sujets du quotidien de nos concitoyens. Je pense notamment aux questions de libre circulation, en particulier celles des jeunes et des étudiants et chercheurs, les questions de visas ou encore de reconnaissance mutuelle des diplômes. Enfin, il y a bien entendu la question de la hausse de la TVA sur les écoles privées qui pèse sur les écoles françaises. »

    Lesfrancais.press : « Un temps de rencontre entre Emmanuel Macron et la communauté française du Royaume-Uni est-il prévu lors de cette visite ? Et si vous aviez l’opportunité de faire découvrir un lieu de votre circonscription au Président, lequel choisiriez-vous et pourquoi ? »

    Vincent Caure : « Le programme de la visite est encore en cours d’organisation. J’ai fait part au Président de la République d’idées qui pourraient nourrir le programme de la visite. Il est trop tôt pour que le programme soit dévoilé, et il ne faut pas oublier toute la partie diplomatique et formelle d’une telle visite d’État. De très nombreuses structures à Londres mais aussi ailleurs au Royaume-Uni méritent d’être mises à l’honneur dans le cadre d’une telle visite. Difficile donc de vous donner un lieu en particulier. Si je devais choisir une structure à Londres, peut-être que je choisirais le Dispensaire français. C’est une structure essentielle qui assure un accompagnement médical et psychologique à de nombreux compatriotes. Ce lieu incarne ce que notre réseau associatif et médical peut offrir de plus précieux. »

  • Jour J pour la déclaration d’impôts des Français de l’étranger

    Jour J pour la déclaration d’impôts des Français de l’étranger

    Accessible depuis le 10 avril, la campagne 2025 de déclaration de l’impôt sur le revenu touche à sa fin. Il reste encore quelques heures pour certains, quelques semaines pour d’autres, puisque la date de clôture s’échelonne du 22 mai au 5 juin. Pour les non-résidents, c’est ce mardi 20 mai à 23 :59, heure de Paris pour les déclarations en version papier.

    Les non-résidents

    La date butoir du mardi 20 mai est donc celle pour les usagers non-résidents pour le format papier. Celle de la déclaration en ligne est fixée au jeudi 22 mai 2025.

    Comment se connecter à impots.gouv.fr ?

    Pour avoir accès à votre espace particulier sur le site impots.gouv.fr, Vous aurez besoin de votre numéro fiscal (disponible en haut de vos avis d’impôt) et de votre mot de passe. Si vous avez oublié votre mot de passe, vous pouvez le réinitialiser facilement.

    Si c’est votre première déclaration, vous pouvez vous connecter en utilisant

    • France Identité, pour ceux qui ont la nouvelle carte d’identité (CNIe)
    • L’identité numérique de la Poste (attention prévoir 24h de délai pour la validation de votre passeport ou de votre carte d’identité émise avant la diffusion des CNIe)
    • Trustme (attention prévoir 24h de délai pour la validation de votre passeport ou de votre carte d’identité émise avant la diffusion des CNIe)
    • Yris (La promesse du délai de traitement est de 5 minutes)
    • Vos accès à un autre service de l’état comme Ameli

    Enfin, si vous n’avez pas encore d’espace particulier, il est temps d’en créer un. Consultez la page « Je suis non-résident, comment créer mon espace particulier ? » pour plus d’informations.

    Prévoir un compte bancaire SEPA

    L’ouverture d’un compte bancaire à votre nom dans un établissement de la zone SEPA est obligatoire pour le paiement de l’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux. Assurez-vous que votre banque adhère à la norme « SEPA DIRECT DEBIT » avec l’option SDD CORE (ou B2C).

    Fiche de déclaration de revenus
    Fiche de déclaration de revenus

    Si vous résidez en dehors d’Europe, il est fort probable que votre établissement bancaire ne dispose pas de cette norme. En effet, elle est propre à la zone Euro ainsi qu’aux États associés soit l’Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse et aussi au Royaume-Uni (qui était encore membre de l’UE lors de la mise en place du système SEPA). Pour obtenir un compte, vous pouvez vous tourner vers des établissements spécialisés comme le service dédié aux expatriés de la BNP (pour ceux qui ont encore des attaches en France), ou ceux de la BRED avec Planet + (plutôt dédié aux salariés détachés), et enfin l’app bancaire ouverte à tous les Français de l’étranger (quel que soit le pays de résidence et sans condition de revenus ou d’attache en France) France Pay.

    Quelle imposition ?

    Les non-résidents percevant des revenus de source française sont imposés au taux minimum de 20 % jusqu’à un seuil de 28 797 € de revenu net imposable et au taux minimum de 30 % au-delà. Il s’agit là de taux minimum, si les revenus donnent lieu à un taux d’imposition supérieur à ces taux minimum, le taux de droit commun sera appliqué.

    Toutefois, si le contribuable non-résident peut justifier que le taux moyen résultant de l’application du barème progressif sur l’ensemble de ses revenus mondiaux (revenus de source française et de source étrangère) serait inférieur aux taux minimums de 20 % et 30 %, il peut demander à ce que ce taux soit appliqué à ses revenus de source française (seuls les revenus de source française seront effectivement imposés).

    Pour en bénéficier, vous devez cocher, la « Bénéficier du taux moyen » en bas de l’étape 3 dans la rubrique « non-résident ». Dans le cas où certains de vos revenus ont été soumis à la retenue à la source des non-résidents (traitements et salaires, pensions, rentes…), il convient également de cocher dans cette même rubrique « Retenue à la source des non-résidents ».

    Pour vous aider, le groupe Facebook des Non-résidents contribuables en France, sous le contrôle de la Direction national des impôts des non-résidents, avec le concours de votre site Lesfrancais.press et de l’app bancaire France Pay, a mis en ligne un simulateur, le seul qui existe, vu que celui officiel n’est pas paramétré pour les contribuables résidant hors de France. N’hésitez pas à comparer.

    Risque de sanction en cas de retard

    Une déclaration effectuée en retard entraîne une majoration du montant de l’impôt dû, pouvant aller de 10 à 40 % en fonction des délais. Loin d’être négligeable.

    Pour ceux qui déclarent leurs revenus au format papier, en cas de retard, le montant peut être majoré de 10 % dès le 21 mai.

    Pour ceux qui font la démarche en ligne, les 10 % de pénalités s’appliquent pour les non-résidents à partir du 23 mai.

    Dans tous les cas de figure, déclaration papier ou en ligne, résident sur le territoire ou non, la pénalité passe à 20 % dans les 30 jours suivant la mise en demeure, puis à 40 % dès 30 jours après la réception d’une mise en demeure.

  • Comment financer les déficits publics en zone euro ?

    Comment financer les déficits publics en zone euro ?

    Rendu public en 2024, le rapport de Mario Draghi sur la compétitivité de l’Union européenne souligne que la moitié de la hausse de l’investissement nécessaire en zone euro, évaluée à 4,5 % du PIB, sera à la charge du secteur public. Les États devront réaliser d’importants investissements dans la transition énergétique, dans le numérique, ainsi que dans le financement d’innovations de rupture. Par ailleurs, l’effort de défense devrait être accru de 1,6 point de PIB. Potentiellement, les besoins de financement public dépasseraient 6 points de PIB.

    Or, compte tenu du niveau élevé des prélèvements obligatoires, du refus des ménages de supporter de nouvelles hausses d’impôts, et des difficultés à réaliser des économies budgétaires — d’autant plus que les dépenses sociales augmentent naturellement avec le vieillissement démographique — le recours à l’emprunt semble être la voie naturelle. Ce recours pourrait conduire à une forte hausse des taux d’intérêt à long terme. Les dépenses publiques en zone euro pourraient augmenter de 4 points de PIB dans les prochaines années et atteindre, en moyenne, 54 % du PIB.

    Un besoin d’investissements publics

    Les dépenses de santé devraient croître de 2 points de PIB, celles liées à la dépendance de 1,5 point. Au mieux, celles liées aux retraites se stabiliseront, à condition toutefois de dégrader le pouvoir d’achat des retraités. Compte tenu des piètres résultats des systèmes éducatifs, les États sont condamnés à accroître leurs efforts en matière de formation. Les marges de manœuvre sont inexistantes non seulement sur le plan des dépenses, mais aussi sur celui des recettes. La pression fiscale est élevée : 41 % du PIB en zone euro, contre 38 % au Royaume-Uni et 26 % aux États-Unis.

    Les gouvernements éprouvent les plus grandes difficultés à relever les impôts. Or, l’objectif de ramener la dette publique en-dessous de 60 % du PIB au sein de la zone euro suppose, en moyenne, une réduction des dépenses publiques de 5 points de PIB dans les prochaines années.

    La nécessité de réduire les dépenses.

    Depuis 2025, la Commission européenne autorise les États à dépasser le critère des 3 % de déficit public en cas d’augmentation des dépenses militaires. Quoi qu’il en soit, le risque de dérapage des déficits publics reste important dans la zone euro. Il pourrait entraîner une nouvelle hausse des taux d’intérêt à long terme. Le taux sur les emprunts d’État à 10 ans est déjà passé de 0 à 3 % entre 2022 et 2024. Des taux plus élevés signifient un service de la dette plus coûteux pour les États.

    @Adobestock
    @Adobestock

    En 2025, la charge de la dette de l’État français est estimée à 53,5 milliards d’euros, en hausse par rapport aux 49,9 milliards d’euros de 2024. Elle pourrait atteindre environ 75 milliards d’euros en 2027, soit 2,4 % du PIB. Cette progression résulte d’une combinaison entre la hausse des taux d’intérêt et l’augmentation de l’encours de dette. Le poids du service de la dette deviendra équivalent à celui de l’impôt sur le revenu.

    Éviter une hausse des taux d’intérêts

     Pour éviter une hausse des taux d’intérêt, un recours accru à l’épargne des ménages européens est nécessaire. Actuellement, une part importante de cette épargne est prêtée au reste du monde, notamment aux États-Unis. Chaque année, 2 à 3 points de PIB sont ainsi prêtés à l’étranger. À cette fin, comme le suggère le rapport de Mario Draghi, l’Europe devrait accélérer l’unification de ses marchés de capitaux. L’émission de titres publics européens en lieu et place de ceux émis par les États membres constituerait une solution.

    L’Union européenne bénéficie d’une notation triple A, ce qui lui permet d’emprunter à faible coût. La réorientation de l’épargne des Européens vers l’Europe serait facilitée si les investissements financés offraient une rentabilité élevée (investissements dans la transition numérique, dans les innovations de rupture). La politique non coopérative de Donald Trump et les incertitudes entourant l’économie américaine pourraient également encourager cette réallocation de l’épargne vers le Vieux Continent.

    La BCE réduit son bilan

    L’autre moyen d’éviter une hausse sensible des taux d’intérêt passe par une réouverture du quantitative easing par la Banque centrale européenne (BCE). Celle-ci pourrait, comme entre 2015 et 2024, souscrire des titres publics. Si la BCE achète des dettes publiques et les renouvelle à l’échéance, les profits étant reversés aux gouvernements de la zone euro, les intérêts versés ont peu d’incidence sur les finances publiques. Or, actuellement, la banque centrale pratique le quantitative tightening visant à réduire la taille de son bilan. La base monétaire est ainsi passée de plus de 6 000 milliards à 4 500 milliards d’euros entre 2022 et 2025. Cette contraction conduit mécaniquement à une hausse des taux d’intérêt.

    Face à l’ampleur des investissements à engager pour préserver sa compétitivité, l’Union européenne se trouve à un carrefour budgétaire, financier et institutionnel. L’arbitrage est inévitable : ou bien elle mobilise de manière coordonnée son épargne et approfondit son intégration financière, ou bien elle s’en remettra à des marchés financiers plus volatils, au risque d’un renchérissement durable du coût de sa dette souveraine.

    Ni le statu quo budgétaire ni le repli national ne répondront aux défis du numérique, de la transition énergétique ou de la défense. L’union des marchés de capitaux, l’émission de dettes européennes communes et une politique monétaire réactive sont les trois leviers qui pourraient permettre à l’Europe de rester maîtresse de son destin économique.

  • Sanofi : l’investissement massif aux États-Unis passe mal en France

    Sanofi : l’investissement massif aux États-Unis passe mal en France

    Sanofi a essuyé de vives critiques jeudi 15 mai en France au lendemain de sa décision d’investir massivement aux États-Unis, Bercy y voyant un « mauvais signal » et les syndicats redoutant un « désengagement industriel et social » du secteur pharmaceutique en Europe.

    « L’ampleur des investissements aux États-Unis, c’est sûr que c’est un mauvais signal à un moment où nous considérons et nous sommes convaincus que […] l’Europe et la France, c’est l’endroit où il faut investir », a déclaré le ministre de l’Économie Eric Lombard sur BFM Business.

    Le groupe tricolore a annoncé mercredi vouloir investir « au moins 20 milliards de dollars aux États-Unis » sur cinq ans, consacrés à « une augmentation significative des dépenses de recherche et développement » dans ce pays et « à la production américaine ».

    Sanofi est l’un des derniers géants pharmaceutiques à vouloir y renforcer sa présence, répondant aux pressions du président des États-Unis.

    « Parce que [le président américain Donald]Trump s’agite, Sanofi sort les chiffres », a fulminé Fabien Mallet, CGT Sanofi France, interrogé par l’AFP, anticipant que « la recherche va basculer aux États-Unis ».

    « En investissant massivement aux États-Unis, le groupe cherche à se positionner comme un acteur domestique , ce qui pourrait constituer un avantage stratégique dans les négociations tarifaires à venir », a commenté à l’AFP Adrien Chantereine, expert du secteur pharmaceutique de Circle Strategy.

    Sanofi dispose de plusieurs usines américaines, dans la région de New-York et celle de Boston, comme celle de Framingham (photo), ultra-moderne et digitalisée, centrée sur les médicaments les plus innovants du laboratoire français.
    Sanofi dispose de plusieurs usines américaines, dans la région de New-York et celle de Boston, comme celle de Framingham (photo), ultra-moderne et digitalisée, centrée sur les médicaments les plus innovants du laboratoire français.

    Avec ses menaces de droits de douane sur les importations de médicaments, le nouveau pouvoir à Washington a déjà fait changer de pied d’autres grands noms du secteur : Eli Lilly, Johnson & Johnson, Novartis ou encore Roche se sont dits prêts à lancer des investissements de très grande envergure aux États-Unis.

    « Perte totale de souveraineté »

    Sanofi, « 20 milliards pour les USA : qui dit mieux ? », a ironisé la CGT du groupe dans un communiqué, ajoutant que « c’est la France qui finance et c’est l’Amérique qui encaisse » et que « ce n’est pas un virage, c’est une délocalisation massive de la recherche » aux États-Unis.

    L’industrie pharmaceutique, jusqu’ici épargnée par le protectionnisme, voit le climat changer depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et ses menaces de droits de douane pour accélérer la relocalisation de la production.

    Le président américain a aussi affiché son intention de réduire les prix des médicaments de 50 à 80 %. Cette mesure affecterait les marges bénéficiaires des fabricants, mais « cela n’a pas empêché Sanofi de lâcher un investissement aussi massif en si peu de temps » outre-Atlantique, s’est étonné Adil Bensetra, de la CFDT.

    Avec leur choix stratégique tourné vers le marché américain, les laboratoires « n’ont même pas laissé le temps aux Européens de trouver une solution alternative », s’est indigné le syndicaliste, redoutant « une perte totale de notre souveraineté sanitaire dans les 4 à 6 ans ».

    En avril, profitant des menaces latentes de Donald Trump, les dirigeants d’une trentaine de champions pharmaceutiques ont écrit à la Commission européenne pour réclamer un cadre plus attractif en matière de prix des médicaments et de fiscalité.

    Un « rééquilibrage géographique » ?

    Pour Sanofi, le « rééquilibrage géographique apparaît cohérent » à Adrien Chantereine, vu qu’il génère la moitié de son chiffre d’affaires aux États-Unis et y réalise 25 % de sa production.

    Le groupe a aussi cédé tout récemment la moitié de sa filiale de produits sans ordonnance, dont le Doliprane au fonds d’investissement américain CD&R.

    « En dix ans, il a détruit des milliers d’emplois à travers quatre plans de licenciements. Il vend le Doliprane aux Américains, veut se séparer du site d’Amilly mais compte investir 20 milliards aux USA. Que fait l’État ? Rien ! », a condamné mercredi 14 mai sur X le rapporteur de la commission d’enquête du Sénat sur les aides publiques aux grandes entreprises, le communiste Fabien Gay, rappelant qu’« en dix ans, Sanofi a obtenu plus d’un milliard de crédit impôt recherche ».

    Sanofi, qui investit plus de 2,5 milliards d’euros chaque année en France, a reconnu devant cette commission une réduction d’environ un millier d’emplois dans la R&D en France sur dix ans, mais insisté sur l’absence de licenciements.

    Si aucune réduction des investissements en France n’a été annoncée à ce stade, « un basculement progressif des priorités vers les zones les plus stratégiques et rentables est plausible à moyen terme », a estimé Adrien Chantereine.

  • L’honneur d’une diplomate

    L’honneur d’une diplomate

    Ukraine, Iran, Chine, Turquie, Arabie, les diplomates jouent au Yoyo, une bombe en bas, un chèque en l’air. Peut-on acheter la paix ? Que vaut un diplomate ? L’ancienne ambassadrice américaine en Ukraine a démissionné. Trente ans de carrière. Pour l’honneur. L’honneur d’une diplomate, Bridget Brink.

    Le Qatar offre un Boeing à Trump, les Saoudiens des buildings. Trump lève les sanctions contre la Syrie, et salue l’ancien terroriste Al Charaa d’Al Qaïda. Ce dernier n’a pas pu aller au sommet de la Ligue arabe à Bagdad, les milices chiites n’ont pas oublié son passé.

    Tous les tabous tombent.

    Les Saoudiens ont obtenu un accès au nucléaire civil et un accord de défense avec les États-Unis. 3000 ou 4000 milliards de contrats dans la péninsule arabique ravissent Trump et ses fils. Les Américains discutent directement avec le Hamas, un accord a été trouvé avec les Houthis, les États-Unis accordent des F35, à la Turquie, le PKK se dissout et rentre dans le jeu. Tous les tabous tombent.

    Il est possible que de ces contrats du siècle, il ne reste pas grand-chose. Des premières moissons du premier voyage de Trump, il n’était resté que des miettes. Mais s’en sont suivis « les Accords d’Abraham ». Pour les contrecarrer, le Hamas, actionné par l’Iran, avait déclenché le 7 octobre. Quel que soit l’avenir de ces promesses, un nouvel ordre émerge au Moyen-Orient. Quand la Ligue arabe promet 50 milliards pour reconstruire Gaza, il faut en retenir l’accord, avec l’Espagne et le Secrétaire général des Nations Unies, de mettre Israël au ban des nations. « Celui qui établit la paix entre l’homme et son prochain, entre un mari et sa femme, entre deux villes, deux nations, deux familles ou deux régimes… aucun mal ne lui arrivera »[1]. Les religieux du cabinet israélien devraient relire le Talmud. 

    Le président américain, Donald Trump, et l’émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, à Doha, le 14 mai 2025. ALEX BRANDON/AP
    Le président américain, Donald Trump, et l’émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, à Doha, le 14 mai 2025. ©ALEX BRANDON/AP

    Derrière les accords dits de business, d’autres liens. On ne négocie pas seulement ce qui est sur la table. En dessous bien sûr, au-dessus, aussi.   

    Les Saoudiens craignent une confrontation avec l’Iran qui ravagerait leurs installations pétrolières. Ils font partager cette crainte aux Américains, qui empêchent Israël d’attaquer les installations nucléaires iraniennes.

    Chaque régime est sur les dents. L’économie mondiale tient sur un fil.

    Les Iraniens ont intérêt à un accord. Ils ont perdu leurs sous-traitants, le Hamas à Gaza, le Hezbollah au Liban, Assad en Syrie. Leur régime est à bout. La levée de sanctions leur permettrait de respirer. Quand ils le voudront, ils reprendront le processus de fabrication de la bombe. Le Hamas et le Hezbollah se reconstitueront.

    Chaque régime est sur les dents. L’économie mondiale tient sur un fil. Moody’s baisse la note de l’Amérique. Pour tous, le cours du pétrole chute. Bonne nouvelle pour la Chine. Et l’Europe.

    Xi Jinping a reçu l’Amérique latine à Pékin, dont Lula, le chilien Boric et le colombien Petro. Il les a appelés à un « front commun » face aux États-Unis. Depuis Mao et sa théorie des « trois mondes » (les impérialistes, les affidés, le Tiers-monde), la Chine se voit en grand timonier du « Sud » global. Petits et moyens cherchent à profiter de l’affrontement. Lula était à Moscou. Le Maréchal Sissi aussi, il venait d’Athènes, il va à Bagdad.

    En Albanie, la très grande Europe, celle de la « Communauté Politique européenne » de 47 pays se cherche. Les Européens téléphonent à Trump, qui, lui, veut appeler Poutine. Que cédera-t-il de plus ? Poutine ne craint que ses militaires, pas Trump ; il a la Chine derrière lui. Tant que dure le conflit, elle renforce ses liens avec la Russie. C’est une illusion de penser que Xi Jinping est pour la paix.

    Pour négocier ce qui ne se négocie pas, il faut autre chose qu’un deal.   

    Il y a des choses qui ne se négocient pas. Pour négocier du pétrole, des territoires, des satellites, il suffit de marchands. Pour négocier ce qui ne se négocie pas, il faut autre chose qu’un deal. Car derrière les deals, il s’agit toujours d’autre chose.

    Que donner afin d’éviter une guerre, ou y mettre fin ? L’apparence de la victoire. Tout autre accord porte en germe la revanche.

    Et pourtant : les guerres sont moins nombreuses, moins mortelles[2]. Keeley, un archéologue, estimait le taux de pertes des guerres préhistoriques à 60% des combattants. Le taux des guerres contemporaines est de moins de 1%. L’instinct de mort se perdrait-il ? Les premières décennies du XXIe siècle sont les moins violentes de l’histoire. « Seulement » un million de tués entre 2001 et 2011; la décennie la plus paisible depuis 1840. Même si, depuis quelque temps, un regain de pulsion de mort assaille.

    Comment amadouer la bête ?  La flatterie, quelques cadeaux. La vanité couronne les imbéciles.

    Comment amadouer la bête ? Combattre le feu par le feu explique l’augmentation des budgets militaires. Le Pape Léon, premier du nom, alla voir Attila pour épargner Rome. Attila s’en fut, ravi. Par quoi ? La flatterie, quelques cadeaux. La vanité couronne les imbéciles. Trump se prend pour le roi. Dans l’or des palais arabes il se sent à la maison.

    Le grand art militaire consiste à obtenir la victoire sans combattre. Mieux qu’un génie militaire, le diplomate fait croire à son interlocuteur qu’il a obtenu la victoire sans combattre. C’est pourquoi les diplomates sont autorisés à tromper : « Tout mensonge est interdit, mais il est permis de proférer un mensonge en vue d’instaurer la paix entre l’homme et son prochain[3] » justifie le Talmud.Un diplomate aurait le droit de mentir.

    Hélas, le sentiment d’une victoire est trompeur. Il y a une culture de guerre comme une culture de paix. C’est le drame américain. Trump dit qu’il travaille pour la paix, mais encourage les agresseurs. Avance le business pour éteindre le feu, mais favorise la prédation, le racket.

    « Je crois que la seule façon de préserver les intérêts des États-Unis est de défendre les démocraties et de s’opposer aux autocrates » explique Bridget Brink, l’ancienne ambassadrice des États-Unis en Ukraine. Les vrais liens, les vrais intérêts, les vraies alliances reposent sur des accords de fonds. Le reste, du yoyo.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app bancaire France Pay


    [1] Mekhilta Ba-hodesh 12.

    [2]  Peace Research Institute Oslo https://ucdp.uu.se/

    [3] Traités mineurs du Talmud Derekh Eretz Zouta, https://shs.cairn.info/revue-pardes-2004-1-page-227?lang=fr 

  • FC Expat avec Julien Mette : la vie d’un entraîneur français en Afrique 

    FC Expat avec Julien Mette : la vie d’un entraîneur français en Afrique 

    podcast foot - FC EXPAT

    FC EXPAT

    Le podcast dédié à la sphère football des français à l’étranger.Chaque épisode s’ouvre sur les dernières actualités puis vous propose une interview d’un joueur professionnel qui joue dans un championnat étranger. Nous donnons également la parole aux responsables des clubs de supporter installés pour nous expliquer comment ils arrivent à faire vivre leur passion loin de la France.Animé par Caroline Ettori et Jérémy Michel.

    Écouter le podcast avec Julien Mette

    Ce nouvel épisode du FC Expat vous emmène cette fois-ci en Afrique. En effet, notre invité, Julien Mette, a quitté la France afin d’exercer son métier d’entraîneur, successivement en République du Congo, à Djibouti, puis au Rwanda. Tout au long de ce podcast, il nous explique les circonstances qui l’ont conduit à parcourir un tel chemin. De plus, il nous raconte sa vie quotidienne en totale immersion. Il nous partage notamment diverses anecdotes, comme la manière dont la passion de ses joueurs compense bien souvent le manque de ballons ! Enfin, Julien livre sans détour son ressenti sur la perception de la France dans ces différents pays. De quoi, peut-être, inspirer quelques conseils au Président Macron…

    Julien Mette : le déclic pour l’Afrique

    Après avoir entraîné les équipes congolaises du Tongo FC et de l’AS Otohô, entre 2016 et 2019, Julien Mette a été nommé sélectionneur de l’équipe nationale de Djibouti. L’aventure durera 3 ans. En 2022, retour au Congo-Brazaville pour un titre de champion national avec l’AS Otohô. Puis c’est au Rwanda que notre invité ira partager son savoir. Il rejoint alors le Rayon Sports FC en janvier 2024 pour décrocher la deuxième place du championnat quelques mois plus tard.

    Julien Mette un entraineur reconnu en Afrique
    Julien Mette un entraineur reconnu en Afrique

    C’est un parcours atypique que nous propose Julien Mette. D’autant plus qu’avant de devenir entraîneur du Tongo FC en République du Congo il n’avait jamais mis les pieds en Afrique. « Je n’ai aucune origine africaine, je n’ai même pas fait un club Med au Maroc ou un week-end à Marrakech » dit-il, avec le sourire au cours de ce podcast.

    « Je ne suis pas intéressé au début, mais je décide de venir en Afrique deux mois, comme pour un job d’été (…) et c’est le déclic »

    Julien Mette

    Bien souvent, ce sont les rencontres qui façonnent les destins. Alors qu’il envisageait initialement un départ vers l’Asie du Sud-Est, c’est finalement en 2014 que notre invité découvre l’Afrique. À cette époque, il est entraîneur de Libourne Saint-Seurin, en Gironde, et reste en contact avec un jeune joueur qu’il avait mis à l’essai quelque temps auparavant. Le hasard fait parfois bien les choses : le père de ce joueur est entre-temps devenu numéro deux d’un ministère au Congo-Brazzaville.

    Et dans ce FC Expat qui lui est consacré, Julien nous informe qu’il reçoit alors une proposition inattendue : entraîner le club dont ce dernier est propriétaire. « Au début, je ne suis pas intéressé, mais je décide tout de même de partir deux mois, comme pour un job d’été », raconte-t-il. C’est alors qu’un déclic opère : il se dit profondément marqué par la passion des joueurs, et ce, en dépit de conditions parfois très précaires.

    Entraîneur en Afrique : une adaptation permanente

    En effet, Julien Mette souligne l’importance de la passion des joueurs pour surmonter les difficultés liées aux conditions de travail en Afrique. Les terrains sont parfois très éloignés des standards connus en Ligue 1 en France. Et il arrive que le matériel manque.

    « Quand vous avez 25 ballons pour un entraînement et que d’un seul coup, vous arrivez avec 5 ballons, c’est de l’adaptation permanente »

    Julien Mette

    « Quand vous avez 25 ballons pour un entraînement et que d’un seul coup, vous arrivez avec 5 ballons, c’est de l’adaptation permanente », explique-t-il. La vie hors du travail est également un défi, entre pluies tropicale et insolation ! Mais Julien a réussi à s’adapter grâce à sa curiosité et à son intérêt pour l’histoire, la géographie et la culture en l’Afrique. Sa formation de sociologue y peut être pour quelque chose.

    L’Afrique : un continent « violent »

    Au cours de cet épisode du FC Expat, Julien Mette décrit l’Afrique comme un continent « violent », non seulement en raison des contrastes entre la richesse et la pauvreté, mais également en termes de relations humaines. « On voit des gens extrêmement riches qui habitent juste à côté de gens extrêmement pauvres », observe-t-il.

    Julien Mette entouré par ses joueurs
    Julien Mette entouré par ses joueurs

    Autre partage de notre invité, Julien évoque également les relations hommes-femmes ainsi que le respect de la hiérarchie dans les pays où il a exercé son métier. Il souligne à quel point les habitudes diffèrent de celles qu’il a pu connaître en France. Et, à travers des exemples concrets, il prend le temps d’expliquer sa propre perception et la façon dont il s’y est adapté.

    La perception de la France en Afrique

    Tout au long de son parcours, Julien Mette a pu observer de près les liens qui unissent la France à ses différents pays d’accueil : le Congo-Brazaville, Djibouti et le Rwanda. Il relève que la perception de la France y varie considérablement d’un pays à l’autre.

    « Au Congo Brazaville, ils connaissent mieux la culture française que vous »

    Julien Mette

    Ainsi, au Congo Brazaville, il a été frappé par « l’amour de la France » qui s’y manifeste, « ils connaissent mieux la culture française que vous » constate-t-il. À Djibouti, en revanche, la relation avec notre pays se révèle plus distante, marquée à la fois par l’histoire coloniale et la diversité ethnique.

    Julien Mette, un entraineur aimé des supporters
    Julien Mette, un entraineur aimé des supporters

    Quant au Rwanda, le souvenir du génocide demeure prégnant, la question de la responsabilité française restant encore aujourd’hui un sujet très sensible. Pour illustrer ses propos, Julien partage plusieurs exemples concrets.

    L’avenir du football et de Julien Mette en Afrique ?

    Julien Mette est convaincu que l’avenir du football se jouera en partie en Afrique, même s’il souligne que le développement du sport reste très inégal selon les pays. Quant à son propre parcours, il avoue ne pas savoir quelle sera sa prochaine destination : « je ne sais pas encore où je vais aller entraîner, mais ça ne me déplairait pas de travailler au Maroc ou en Égypte », confie-t-il.

    « Je ne sais pas encore où je vais aller entraîner, mais ça ne me déplairait pas de travailler au Maroc ou en Égypte »

    Julien Mette

    En attendant de retrouver les vestiaires des stades, son expérience pourrait bien intéresser les plus hautes sphères de l’État français. Ainsi, lors de la séquence « dans les arrêts de jeu », le FC Expat lui pose la question : Avec son expérience et avant de repartir sur les terrains, Julien accepterait-il, de conseiller le président de la République, Emmanuel Macron, sur les enjeux africains ? Vous aurez sa réponse en écoutant le podcast…

    FC Expat est en écoute sur plusieurs plateformes