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  • Le 25 mai c’est la fête des mères en France

    Le 25 mai c’est la fête des mères en France

    Comme chaque année, c’est le risque de confusion, la date de la Fête des mères n’est pas la même en France qu’ailleurs. C’est donc bien le dimanche 25 mai, le dernier dimanche du mois de mai, comme le veut la tradition, qu’il faudra célébrer maman. Petit rappel pour les Français de l’étranger qui ont la chance d’avoir toujours leur mère même si elle vit en France.

    Pourquoi le dernier dimanche du mois de mai ?

    Cette année, la fête des mamans a donc lieu le 25 mai. Ne vous trompez pas et méfiez-vous. Il est probable que beaucoup d’entre nous aient vu dimanche dernier apparaître des messages pour la fête des mères sur WhatsApp, Instagram et consorts, voire des vidéos, des photos… Dans tous les cas, il s’agira soit d’Américains, de Belges, d’Allemands soit de personnes bernées par l’éternelle malice du calendrier.

    S’il existe une différence de date entre la France et les Etats-Unis pour la fête des mères, c’est qu’elle n’a pas la même origine. Aux Etats-Unis, la fête des mères a émergé en 1914, grâce à l’activisme d’Anna Jarvis, qui voulait rendre hommage à sa mère et plus largement à toutes les mères américaines. En France, il faut attendre 1929 pour une première reconnaissance, puis 1950 pour que la date soit fixée par la loi, sous l’impulsion du régime de Vichy puis de la Quatrième République.

    Pourquoi le dernier dimanche du mois de mai ?
    Pourquoi le dernier dimanche du mois de mai ?

    Mais rassurons-nous, d’autres pays font figure d’exception comme la France. Au Royaume-Uni, la fête des mères est célébrée le quatrième dimanche de Carême. Dans les pays du Golfe et du Moyen-Orient, elle a lieu le 21 mars, à l’équinoxe de printemps. Et en Argentine, elle est célébrée le troisième dimanche d’octobre.

    Mais faut-il encore la célébrer ?

    En 2025, à l’heure où les rôles parentaux se réinventent, où le féminisme reprend des couleurs, et où les injonctions au don de soi maternel sont de plus en plus critiquées, cette célébration à date fixe semble appartenir à un autre temps pour de  nombreux compatriotes.

    Car depuis sa création, la fête des mères est surtout devenue l’un des nombreux rendez-vous commerciaux de l’année, à l’instar de la Saint-Valentin, de Pâques, d’Halloween et de Noël. Une opération marketing géante, souvent fondée sur des clichés éculés : la mère douce, dévouée, fan de bougies parfumées, d’électroménager et de brunchs maison.

    Mais si les plus progressistes le pensent, rares sont ceux qui boudent leur plaisir face à la bouille attendrie de leur enfant qui offre un poème écrit de sa main, un joli dessin ou même un petit cadeau. Car même en refusant les injonctions, élever un enfant est une tâche aussi épuisante que valorisante. Mais valorisante ne veut pas dire valorisée, et c’est sans doute bien là le problème. Alors en attendant que la société poursuive son évolution, on n’est pas contre un peu de reconnaissance de la part de son enfant qui de son côté, a hâte lui aussi de faire, pour une fois, un cadeau à ses parents.

  • Journée mondiale de lutte contre l’homophobie : les pays à éviter pour s’expatrier

    Journée mondiale de lutte contre l’homophobie : les pays à éviter pour s’expatrier

    En 2025, on devrait pointer du doigt de la honte les pays où l’homosexualité est encore condamnée. Mais l’histoire a pris un autre chemin, que ce soir en Afrique mais aussi en Russie et même en Europe, le droit de vivre sa sexualité recule. En cette journée mondiale de lutte contre l’homophobie, on fait le point sur les pays à éviter quand on est un membre de la communauté LGBTQ+.  On s’appuie sur le classement réalisé en 2024 par les voyageurs gays pour un site américain.

    Afrique

    Malheureusement, c’est en Afrique, qu’on liste le plus de pays sanctionnant encore pénalement l’homosexualité.

    En premier lieu, on pense au Nigéria. Situé au cœur de l’Afrique, ce pays est classé comme le territoire n ° 1 le plus dangereux pour les membres de la communauté LGBTQ +. Il a été classé si largement en raison des peines extrêmes pour être simplement gay, qui incluent jusqu’à 14 ans de prison et la peine de mort dans les États en vertu de la charia. Mais il y aussi la Tanzanie. Ce pays d’Afrique de l’Est est réputé pour ses attractions naturelles remarquables, notamment le célèbre mont Kilimandjaro et le parc national du Serengeti, faisant de la Tanzanie une plaque tournante massive pour le tourisme international. Malheureusement, ce pays a été classé n ° 5 sur l’indice de danger LGBTQ +. Cela peut inciter les visiteurs LGBTQ + à repenser leurs projets de voyage.

    On oubliera aussi de vous déconseiller le Soudan. Nation africaine bordant la magnifique mer Rouge, celle-ci est particulièrement hostile à la communauté LGBTQ +. Les deux premiers témoignages de sodomie entraînent 100 coups de fouet et cinq ans de prison. La troisième infraction est passible de la peine de mort ou de la prison à vie.

    Enfin, l’un des pays les plus peuplés d’Afrique, l’Ouganda se classe au 13e rang de l’indice de danger LGBTQ +. Les relations homosexuelles entraînent la vie en prison et les organisations pro-LGBTQ + sont interdites dans tout le pays. Malheureusement, les choses pourraient bientôt empirer pour la communauté LGBTQ +. En effet, le gouvernement ougandais a récemment appelé à réintroduire un projet de loi anti-homosexualité.

    Mais il y a aussi des lois sévères au Kenya, en Éthiopie et aussi en Égypte. Globalement, l’Afrique du Nord au Sud est le continent où les membres de la communauté LGBTQ+ doivent être le plus attentif. Dans de nombreux cas, il faudra adapter son comportement afin d’éviter des tensions avec les nationaux.

    La péninsule arabique

    Sans surprise l’autre région à éviter c’est la péninsule arabique. Que ce soit en Arabie saoudite, qui applique la peine de mort pour homosexualité consensuelle en vertu de leur interprétation de la charia comme plusieurs autres pays de cette région du monde ou au Yémen, la punition pour homosexualité des hommes et des femmes est la peine de prison et 100 coups de fouet, avec la mort par lapidation pour les hommes mariés.

    Mais la surprise c’est le Qatar qui arrive en deuxième position sur l’indice de danger LGBTQ +. Ce pays du Moyen-Orient riche en pétrole applique jusqu’à trois ans de prison, la flagellation et la peine de mort en vertu de la charia pour tout acte d’homosexualité.

    Carte du monde selon les lois sur l'orientation sexuelle dans chaque pays
    Carte du monde selon les lois sur l’orientation sexuelle dans chaque pays

    De l’autre côté du golfe persique, la situation n’est pas meilleure. L’Iran est arrivé au 6e rang de l’indice, en partie en raison de ses peines extrêmes pour l’homosexualité, qui incluent 100 coups de fouet pour les rapports sexuels homosexuels ou la peine de mort, et 31 coups de fouet pour les actes homosexuels autres que les rapports sexuels.

    Enfin pour finir sur la région, au sens large, évoquons les territoires palestiniens de Gaza et de Cisjordanie. Là-bas, le sentiment anti-LGBTQ + est pris très au sérieux, les actes homosexuels pouvant entraîner jusqu’à 10 ans de prison. Très différent d’Israël avec Tel-Aviv, le refuge de tous les gays de la région.

    Les îles

    Dernier focus, pour conclure ce si triste tour du monde de l’homophobie, on s’attarde sur quelques îles.

    Comme l’une des plus belles îles des Caraïbes, Sainte-Lucie qui s’est classée 12e sur l’indice de danger LGBTQ +. Destination de vacances populaire pour les touristes du monde entier, le classement élevé de Sainte-Lucie est surprenant. Les lois anti-LGBTQ + de l’ère coloniale, en particulier celle concernant la « sodomie consensuelle », qui vaut 10 ans de prison. Toutefois, sur place, ce n’est pas aussi dangereux qu’on peut le prétendre.

    Une île est un des pays du top 10 des pays à éviter, c’est la Barbade. La population n’est pas du tout ouverte à recevoir des touristes homosexuels sur son île. Comme la destination reconnue comme l’idéal des vacances romantiques populaires : les Maldives. Son gouvernent a instauré de telles lois anti-LGBTQ + que c’est désormais l’un des pays les plus fermés au monde concernant les droits homosexuels.

    Enfin, on termine le voyage par l’une des destinations de vacances les plus populaires des Caraïbes pour les touristes du monde entier, la Jamaïque. Cette île a été un autre qui a fait la surprise avec son mauvais score à l’indice de danger LGBTQ +. À éviter donc aussi.

    Si les pays où être gay sont toujours nombreux, comme en 2024, il y aura aussi dans le monde plein de marches en solidarité avec les membres de la communauté LGBTQ+ Du monde entier.

  • Élection partielle d’un Conseiller des Français de l’étranger : l’interview de Stéphane Mbarga

    Élection partielle d’un Conseiller des Français de l’étranger : l’interview de Stéphane Mbarga

    Ce dimanche 25 mai 2025 se tiendra une élection partielle d’un Conseiller/Conseillère des Français de l’étranger. En effet, à la suite de la démission de Cédric Sennepin les Français(es) de la circonscription comprenant l’Afrique du Sud, le Botswana, le Mozambique et la Namibie et sont appelés aux urnes. Plus de 7.000 électeurs devront donc se prononcer en faveur d’une personne qui rejoindra les deux autres déjà en poste. Quatre candidats sont en lice. Lesfrancais.press les a interrogés. Pour mieux les connaître, et avant de glisser votre bulletin dans l’urne, ils répondent à nos questions.

    Quelques repères sur l’organisation de cette élection du 25 mai :

    Pour cette élection d’un/une conseiller/conseillère des Français de l’étranger prévue ce dimanche 25 mai, les électeurs inscrits sur les listes électorales consulaires des pays concernés disposeront de deux modalités de vote : le vote à l’urne et le vote par procuration. Cette élection, comme l’indique le décret de convocation des électeurs, s’effectue au suffrage universel direct à un tour.

    La liste des bureaux de votes ouverts le 25 mai :

    https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051575875

    Vous pouvez retrouver l’ensemble des circulaires électorales des candidats en cliquant que le lien suivant : https://mz.ambafrance.org/Circulaires-des-candidats

    Quelles sont les activités d’une/un conseiller/conseillère des Français de l’étranger ? 

    https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027734839/ 

    L’interview des quatre candidat(e)s pour devenir Conseiller/Conseillère des Français de l’étranger

    Ce sont donc quatre personnes qui se présentent devant les électeurs pour ce scrutin. Emmanuel Leclair, Stéphane Mbarga, Alain Samy et Christine Serre ont ainsi répondu à 3 questions similaires que nous leur avons posées, afin qu’ils puissent partager leurs parcours et présenter leurs priorités pour les Français d’Afrique du Sud, du Botswana, du Mozambique et de Namibie. Nous vous présentons leurs réponses dans 4 articles, dans cette publication, découvrez  celles de Stéphane Mbarga.

    Stéphane Mbarga
    Stéphane Mbarga

    Stéphane Mbarga : « C’est aux conseillers des Français de l’étranger d’aller à la rencontre de celles et ceux qu’on n’entend pas. »

    Lesfrancais.press : « Vous êtes candidat à un siège de conseiller des Français de l’étranger pour la circonscription électorale comprenant l’Afrique du Sud, le Mozambique, la Namibie et le Botswana. Pouvez-vous vous présenter et nous dire ce qui vous motive à briguer ce mandat ? »

    Stéphane Mbarga : « Je m’appelle Stéphane Mbarga. Je suis marié et père d’un garçon. Entrepreneur-consultant en stratégie, je cumule plus de 20 ans d’expatriation entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie. Ce qui me motive à briguer ce mandat ? Un constat simple : beaucoup de nos compatriotes se sentent oubliés. Ils vivent loin des grandes villes ou s’isolent avec le temps car ils veulent vivre une aventure humaine ici, et finissent par se détourner d’une communauté qui semble ne plus leur parler. En m’installant à Pretoria il y a plus de dix mois, j’ai été frappé par cette réalité. Pour briser ce cercle, je me suis rapidement engagé dans la vie associative, notamment auprès de l’association Work In The City – Johannesburg (WITCJ), pour soutenir ceux qui souhaitent entreprendre, et auprès du Cercle des francophones de Pretoria, une petite structure qui œuvre dans la culture, l’objectif étant clairement de créer des liens entre Français.

    « Beaucoup de nos compatriotes se sentent oubliés »

    Stephane Mbarga

    Ma suppléante, Aurore Torregrosa, est une femme remarquable, engagée de longue date dans la coopération internationale. Nous partageons le même diagnostic sur notre communauté, ainsi que les mêmes valeurs : l’écoute, la proximité et la solidarité. Nous croyons qu’il est possible de rassembler notre communauté. Et cela commence par une représentation active. C’est aux conseillers des Français de l’étranger d’aller à la rencontre de celles et ceux qu’on n’entend pas, qu’on ne voit plus, et de se rendre disponibles pour toutes et tous. Dans une époque marquée par le doute, nous devons nous souvenir que nous sommes tous enfants de France, unis par les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Chacun, par son parcours, son réseau, sa volonté, peut contribuer à faire vivre ces valeurs, au service du bien commun. »

    Lesfrancais.press : « Comment, selon vous, les mesures prises envers les Français de l’étranger ont-elles évolué depuis l’élection d’Emmanuel Macron ? Pensez-vous que les attentes de cette communauté ont été suffisamment prises en compte ? »

    Stéphane Mbarga : « Il y a eu des avancées notables, comme la dématérialisation des démarches administratives ou la simplification des procédures liées au CFE. Pourtant, ces progrès restent souvent méconnus, et beaucoup de Français de l’étranger ne s’en sentent pas concernés.

    « Doubler le nombre de tournées consulaires dans la circonscription et d’élargir leur périmètre à des villes aujourd’hui non couvertes »

    Stephane Mbarga

    Les consulats et les ambassades font un travail remarquable d’information. Cependant, pour que ce travail porte pleinement ses fruits, les conseillers des Français de l’étranger doivent assumer pleinement leur rôle de relais de terrain. Cela suppose d’abord d’être à l’écoute de nos compatriotes, afin d’écouter et d’identifier leurs attentes et leurs priorités. »

    Lesfrancais.press : « Pourriez-vous nous présenter deux propositions phares de votre programme, qui auront selon vous le plus d’impact pour les Français de votre circonscription ? »

    Stéphane Mbarga : « Pour faire une transition avec la précédente question, premièrement, nous proposons de doubler le nombre de tournées consulaires dans la circonscription et d’élargir leur périmètre à des villes aujourd’hui non couvertes. Et nous souhaitons également organiser des permanences régulières des conseillers des Français de l’étranger. Comme j’aime à le dire, un élu doit être “à portée de claque” — c’est-à-dire accessible, visible et responsable de ses engagements. Cette présence renforcée sur le terrain permettra de mieux faire remonter les besoins et d’ajuster les dispositifs administratifs.

    Stéphane Mbarga avec sa circulaire électorale
    Stéphane Mbarga avec sa circulaire électorale

    Notre deuxième proposition phare concerne l’emploi et l’entrepreneuriat, qui sont au cœur de la vie des expatriés. Nous voulons créer une plateforme numérique dédiée au soutien des entrepreneurs, dans le modèle de UFE go business : un espace d’échange d’expériences, d’accès à des ressources pratiques, en lien avec les ambassades, les CCEF, Business France, la French Tech, les chambres de commerce et les consulats. Cette plateforme intégrera aussi un volet dédié à la transmission d’entreprises au sein de la communauté. Trop de projets s’arrêtent faute de repreneur, alors qu’ils pourraient faire le bonheur d’un compatriote prêt à s’engager. J’invite tous vos lecteurs à aller voir l’intégralité de notre programme sur notre site https://communautedusud.org/ et interroger notre assistant AI sur nos valeurs et notre vision pour notre communauté. »

  • Élection partielle d’une Conseillère des Français de l’étranger : l’interview de Christine Serre

    Élection partielle d’une Conseillère des Français de l’étranger : l’interview de Christine Serre

    Ce dimanche 25 mai 2025 se tiendra une élection partielle d’un Conseiller/Conseillère des Français de l’étranger. En effet, à la suite de la démission de Cédric Sennepin les Français(es) de la circonscription comprenant l’Afrique du Sud, le Botswana, le Mozambique et la Namibie et sont appelés aux urnes. Plus de 7.000 électeurs devront donc se prononcer en faveur d’une personne qui rejoindra les deux autres déjà en poste. Quatre candidats sont en lice. Lesfrancais.press les a interrogés. Pour mieux les connaître, et avant de glisser votre bulletin dans l’urne, ils répondent à nos questions.

    Quelques repères sur l’organisation de cette élection du 25 mai :

    Pour cette élection d’un/une conseiller/conseillère des Français de l’étranger prévue ce dimanche 25 mai, les électeurs inscrits sur les listes électorales consulaires des pays concernés disposeront de deux modalités de vote : le vote à l’urne et le vote par procuration. Cette élection, comme l’indique le décret de convocation des électeurs, s’effectue au suffrage universel direct à un tour.

    La liste des bureaux de votes ouverts le 25 mai :

    https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051575875

    Vous pouvez retrouver l’ensemble des circulaires électorales des candidats en cliquant que le lien suivant : https://mz.ambafrance.org/Circulaires-des-candidats

    Quelles sont les activités d’une/un conseiller/conseillère des Français de l’étranger ? 

    https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027734839/ 

    L’interview des quatre candidat(e)s pour devenir Conseiller/Conseillère des Français de l’étranger

    Ce sont donc quatre personnes qui se présentent devant les électeurs pour ce scrutin. Emmanuel Leclair, Stéphane Mbarga, Alain Samy et Christine Serre ont ainsi répondu à 3 questions similaires que nous leur avons posées, afin qu’ils puissent partager leurs parcours et présenter leurs priorités pour les Français d’Afrique du Sud, du Botswana, du Mozambique et de Namibie. Nous vous présentons leurs réponses dans 4 articles, dans cette publication, découvrez  celles de Christine Serre.

    Christine Serre
    Christine Serre

    Christine Serre : « Je connais les réalités concrètes de l’expatriation »

    Lesfrancais.press : « Vous êtes candidate à un siège de conseillère des Français de l’étranger pour la circonscription électorale comprenant l’Afrique du Sud, le Mozambique, la Namibie et le Botswana. Pouvez-vous vous présenter et nous dire ce qui vous motive à briguer ce mandat ? »

    Christine Serre : « Je suis membre de la communauté française depuis vingt ans en Afrique australe. Installée aujourd’hui à Johannesburg, je suis engagée depuis de nombreuses années dans la vie associative et éducative de notre communauté. Mère de famille avec une fille scolarisée au lycée français, et entrepreneure, je connais les réalités concrètes de l’expatriation : les défis administratifs, l’accès à l’éducation, à la santé, à la sécurité sociale, et parfois l’isolement. Je me présente pour être une voix utile, pragmatique et à l’écoute des Français de notre circonscription.

    « Je souhaite mieux faire entendre notre réalité locale auprès des instances nationales »,

    Christine Serre

    Mon objectif est d’agir concrètement pour défendre leurs droits, améliorer l’accès aux services consulaires et renforcer les liens entre nos pays d’accueil et la France. Je souhaite également mieux faire entendre notre réalité locale auprès des instances nationales, car les Français d’Afrique australe méritent d’être représentés avec sérieux et efficacité. »

    Lesfrancais.press : « Comment, selon vous, les mesures prises envers les Français de l’étranger ont-elles évolué depuis l’élection d’Emmanuel Macron ? Pensez-vous que les attentes de cette communauté ont été suffisamment prises en compte ? »

    Christine Serre : « Depuis 2017, des progrès notables ont été réalisés, notamment la simplification du vote en ligne, le développement de France Consulaire et le soutien ponctuel apporté aux plus vulnérables, en particulier durant la crise sanitaire. Cependant, des efforts importants restent à fournir.

    Christine Serre, présentant les Gourmandises
    Christine Serre, présentant les Gourmandises

    La réforme de la fiscalité des non-résidents a été mal comprise et parfois mal appliquée. Les attentes en matière de scolarisation, d’accompagnement social et d’accès aux services consulaires demeurent élevées, notamment dans nos pays d’Afrique australe où les distances et les réalités locales complexifient ces démarches.

    « Les Français de l’étranger ne réclament pas de privilèges, mais une reconnaissance effective de leurs besoins »

    Christine Serre

    Les Français de l’étranger ne réclament pas de privilèges, mais une reconnaissance effective de leurs besoins. Nous sommes plus de trois millions à travers le monde, souvent oubliés dans les politiques publiques. »

    Lesfrancais.press : « Pourriez-vous nous présenter deux propositions phares de votre programme, qui auront selon vous le plus d’impact pour les Français de votre circonscription ? »

    Christine Serre : « 1. Renforcer le lien avec nos pays d’accueil Nous favoriserons l’intégration des nouveaux arrivants et accompagnerons ceux qui souhaitent rentrer en France. Nous allons soutenir le tissu associatif français à l’étranger. En développant les relations avec les ambassades et les réseaux d’amitié, nous construirons des ponts durables entre la France et nos pays d’accueil. 2. Être aux côtés des plus fragiles Nous simplifierons les démarches sociales en accompagnant les Français en difficulté dans leurs demandes d’aide auprès des consulats et des instances compétentes. Notre priorité est d’éviter toute exclusion. »

  • Élection partielle d’un Conseiller des Français de l’étranger : l’interview d’Emmanuel Leclair

    Élection partielle d’un Conseiller des Français de l’étranger : l’interview d’Emmanuel Leclair

    Ce dimanche 25 mai 2025 se tiendra une élection partielle d’un Conseiller/Conseillère des Français de l’étranger. En effet, à la suite de la démission de Cédric Sennepin les Français(es) de la circonscription comprenant l’Afrique du Sud, le Botswana, le Mozambique et la Namibie et sont appelés aux urnes. Plus de 7.000 électeurs devront donc se prononcer en faveur d’une personne qui rejoindra les deux autres déjà en poste. Quatre candidats sont en lice. Lesfrancais.press les a interrogés. Pour mieux les connaître, et avant de glisser votre bulletin dans l’urne, ils répondent à nos questions.

    Quelques repères sur l’organisation de cette élection du 25 mai :

    Pour cette élection d’un/une conseiller/conseillère des Français de l’étranger prévue ce dimanche 25 mai, les électeurs inscrits sur les listes électorales consulaires des pays concernés disposeront de deux modalités de vote. Le vote à l’urne et le vote par procuration. Cette élection, comme l’indique le décret de convocation des électeurs, s’effectue au suffrage universel direct à un tour.

    La liste des bureaux de votes ouverts le 25 mai :

    https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051575875

    Vous pouvez retrouver l’ensemble des circulaires électorales des candidats en cliquant que le lien suivant : https://mz.ambafrance.org/Circulaires-des-candidats

    Quelles sont les activités d’une/un conseiller/conseillère des Français de l’étranger ? 

    https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027734839/ 

    L’interview des quatre candidat(e)s pour devenir Conseiller/Conseillère des Français de l’étranger

    Ce sont donc quatre personnes qui se présentent devant les électeurs pour ce scrutin. Emmanuel Leclair, Stéphane Mbarga, Alain Samy et Christine Serre ont ainsi répondu à 3 questions similaires que nous leur avons posées, afin qu’ils puissent partager leurs parcours et présenter leurs priorités pour les Français d’Afrique du Sud, du Botswana, du Mozambique et de Namibie. Nous vous présentons leurs réponses dans 4 articles, dans cette publication, découvrez  celles d’Emmanuel Leclair.

    Emmanuel Leclair
    Emmanuel Leclair

    Emmanuel Leclair : « Beaucoup ont le sentiment de ne pas être suffisamment considérés lorsqu’ils vivent à l’étranger »

    Lesfrancais.press : « Vous êtes candidat à un siège de conseiller des Français de l’étranger pour la circonscription électorale comprenant l’Afrique du Sud, le Mozambique, la Namibie et le Botswana. Pouvez-vous vous présenter et nous dire ce qui vous motive à briguer ce mandat ? »

    Emmanuel Leclair : « Je m’appelle Emmanuel Leclair, ancien Pompier de Paris, et je vis actuellement au Mozambique depuis 4 ans. J’exerce des fonctions à dimension internationale dans le domaine des Ressources Humaines, ce qui m’amène à collaborer régulièrement avec les communautés françaises en Afrique et dans le monde entier.

    « Je suis convaincu qu’un accompagnement de proximité et une écoute attentive sont essentiels pour répondre aux attentes et préoccupations de nos compatriotes à l’étranger »

    Emmanuel Leclair

    Ce qui me motive à briguer ce mandat, c’est avant tout la volonté de mieux représenter les intérêts des Français de l’étranger, de faciliter leurs démarches administratives (santé, éducation, retraite) et de favoriser le développement des opportunités économiques et professionnelles. Je suis convaincu qu’un accompagnement de proximité et une écoute attentive sont essentiels pour répondre concrètement aux attentes et préoccupations de nos compatriotes à l’étranger. »

    Lesfrancais.press : « Comment, selon vous, les mesures prises envers les Français de l’étranger ont-elles évolué depuis l’élection d’Emmanuel Macron ? Pensez-vous que les attentes de cette communauté ont été suffisamment prises en compte ? »

    Emmanuel Leclair : « Certaines avancées ont été réalisées, notamment avec la digitalisation des démarches administratives. Cependant, dans certains cas, une présence physique reste obligatoire, rendant ces démarches encore complexes et contraignantes.

    « Je propose de créer un dispositif de référents locaux, sélectionnés pour leur expertise professionnelle et répartis par secteurs d’activité »

    Emmanuel Leclair

    À l’écoute de la communauté, beaucoup expriment encore leur déception et ont le sentiment de ne pas être suffisamment considérés lorsqu’ils vivent à l’étranger. Cela démontre l’importance d’avoir un représentant réellement disponible, à leur écoute, et capable de les accompagner et les soutenir efficacement. »

    Lesfrancais.press : « Pourriez-vous nous présenter deux propositions phares de votre programme, qui auront selon vous le plus d’impact pour les Français de votre circonscription ? »

    Emmanuel Leclair : « Mise en place d’un accompagnement personnalisé :  je propose de créer un dispositif de référents locaux, sélectionnés pour leur expertise professionnelle et répartis par secteurs d’activité (médecins, avocats, juristes, experts-comptables/financiers). Ils accompagneront nos compatriotes dans leurs démarches administratives souvent complexes à l’étranger, permettant ainsi de réduire les délais et de faciliter l’accès aux services publics français.

    Bureau de vote
    Bureau de vote

    Soutien actif au développement économique : je souhaite renforcer le soutien aux entrepreneurs français de la circonscription en facilitant les échanges économiques avec la France et en créant un réseau de contacts professionnels, en collaboration avec les Chambres de commerce, pour favoriser l’emploi et les opportunités d’affaires. Cet engagement vise à dynamiser l’activité économique locale et à soutenir nos compatriotes dans leurs projets professionnels. »

  • Élection partielle d’un Conseiller des Français de l’étranger : l’interview d’Alain Samy

    Élection partielle d’un Conseiller des Français de l’étranger : l’interview d’Alain Samy

    Ce dimanche 25 mai 2025 se tiendra une élection partielle d’un Conseiller/Conseillère des Français de l’étranger. En effet, à la suite de la démission de Cédric Sennepin les Français(es) de la circonscription comprenant l’Afrique du Sud, le Botswana, le Mozambique et la Namibie et sont appelés aux urnes. Plus de 7.000 électeurs devront donc se prononcer en faveur d’une personne qui rejoindra les deux autres déjà en poste. Quatre candidats sont en lice. Lesfrancais.press les a interrogés. Pour mieux les connaître, et avant de glisser votre bulletin dans l’urne, ils répondent à nos questions.

    Quelques repères sur l’organisation de cette élection du 25 mai :

    Pour cette élection d’un/une conseiller/conseillère des Français de l’étranger prévue ce dimanche 25 mai, les électeurs inscrits sur les listes électorales consulaires des pays concernés disposeront de deux modalités de vote : le vote à l’urne et le vote par procuration. Cette élection, comme l’indique le décret de convocation des électeurs, s’effectue au suffrage universel direct à un tour.

    La liste des bureaux de votes ouverts le 25 mai :

    https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051575875

    Vous pouvez retrouver l’ensemble des circulaires électorales des candidats en cliquant que le lien suivant : https://mz.ambafrance.org/Circulaires-des-candidats

    Quelles sont les activités d’une/un conseiller/conseillère des Français de l’étranger ? 

    https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027734839/ 

    L’interview des quatre candidat(e)s pour devenir Conseiller/Conseillère des Français de l’étranger

    Ce sont donc quatre personnes qui se présentent devant les électeurs pour ce scrutin. Emmanuel Leclair, Stéphane Mbarga, Alain Samy et Christine Serre ont ainsi répondu à 3 questions similaires que nous leur avons posées, afin qu’ils puissent partager leurs parcours et présenter leurs priorités pour les Français d’Afrique du Sud, du Botswana, du Mozambique et de Namibie. Nous vous présentons leurs réponses dans 4 articles, dans cette publication, découvrez  celles d’Alain Samy.

    Alain Samy
    Alain Samy

    Alain Samy : « Mon parcours est ancré dans l’expatriation »

    Lesfrancais.press : « Vous êtes candidat à un siège de conseiller des Français de l’étranger pour la circonscription électorale comprenant l’Afrique du Sud, le Mozambique, la Namibie et le Botswana. Pouvez-vous vous présenter et nous dire ce qui vous motive à briguer ce mandat ? »

    Alain Samy : « Né le 22 septembre 1965 à Danang (Vietnam), je suis installé en Afrique du Sud depuis 2006. J’ai travaillé durant 10 ans dans l’industrie du transport – en contrat local – et depuis 9 ans comme auto-entrepreneur dans le domaine du service aux nouveaux arrivants et du tourisme.

    « La communauté des Français de l’étranger est souvent une variable d’ajustement budgétaire »

    Alain Samy

    Mon parcours est ancré dans l’expatriation : enfant de parents expatriés de ma naissance au baccalauréat, j’ai passé ensuite 23 ans en France puis suis redevenu expatrié depuis 19 ans. Ce cheminement a inscrit en moi ce besoin d’appartenir à notre communauté et de la servir.

    Alain Samy lors d'une intervention publique
    Alain Samy lors d’une intervention publique

    Depuis mon arrivée en Afrique du Sud, je suis pleinement engagé dans la vie de notre communauté au travers de mes activités professionnelles, de ma collaboration avec les institutions comme la Chambre de Commerce Franco Sud-Africaine dont j’ai été membre du conseil d’administration durant plusieurs années et de mon engagement dans le milieu associatif. Je souhaite donc renforcer cet engagement de façon officielle et constructive en me présentant à cette élection partielle. »

    Lesfrancais.press : « Comment, selon vous, les mesures prises envers les Français de l’étranger ont-elles évolué depuis l’élection d’Emmanuel Macron ? Pensez-vous que les attentes de cette communauté ont été suffisamment prises en compte ? »

    Alain Samy : « Très sincèrement, je ne saurai citer de mesure particulière prise depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

    « Une réflexion sur le statut et la protection des conjoints expatriés suiveurs »

    Alain Samy

    Souvent citée lors des déplacements présidentiels voire glorifiée, il reste que la communauté des Français de l’étranger est souvent une variable d’ajustement budgétaire. »

    Lesfrancais.press : « Pourriez-vous nous présenter deux propositions phares de votre programme, qui auront selon vous le plus d’impact pour les Français de votre circonscription ? »

    Alain Samy : « Une réflexion sur le statut et la protection des conjoints expatriés suiveurs. Et favoriser l’intégration de nos compatriotes des Provinces et de la région notamment en augmentant le nombre de consuls honoraires. »

  • Wokisme, nationalisme, protectionnisme : les leçons d’Aron.

    Wokisme, nationalisme, protectionnisme : les leçons d’Aron.

    Raymond Aron n’a pas connu la chute du mur de Berlin, ni la mondialisation, ni l’émergence de la Chine comme grande puissance économique. Il est donc hasardeux d’imaginer ce qu’il aurait pensé de la série de chocs que nous traversons en 2025. En revanche, sa méthode de pensée demeure d’une rare actualité. Si, durant sa vie, Raymond Aron a souvent eu raison — que ce soit face au nazisme, au colonialisme ou au communisme —, il le doit à ses facultés de compréhension du monde, fondées sur la connaissance, l’analyse et le rejet de l’émotionnel.

    Une dictature de l’immédiateté

    Pour juger des faits, d’une politique ou d’une idéologie, il faut en connaître l’histoire, les soubassements, décrypter les rapports de force politiques et sociaux. Il faut tout à la fois être historien, économiste et sociologue. La critique du régime soviétique par Raymond Aron était d’autant plus pertinente qu’il était l’un des meilleurs connaisseurs du marxisme de son temps. Aujourd’hui, la raison et l’analyse semblent avoir disparu. Les mots deviennent des anathèmes jetés dans un débat public soumis à un manichéisme sans limite. Depuis des années, Les chaînes d’information en continu et les réseaux sociaux imposent une dictature de l’immédiateté et enferment les citoyens dans leurs silos de certitudes. Qu’il s’agisse des questions de société, de la situation géopolitique ou de l’évolution du système économique mondial, nous pâtissons d’un déficit de raison.

    Les « anti-wokes », par exemple, sont bien souvent tout aussi dogmatiques que ceux qu’ils dénoncent, brandissant la défense de l’identité comme un étendard. Peu cherchent à définir réellement le wokisme et à en comprendre les origines. Être woke, dans son sens originel, signifie être éveillé aux injustices sociales, raciales et de genre. Il s’agit d’une vigilance critique à l’égard des discriminations systémiques. Le mouvement qualifié « wokiste » prend naissance aux États-Unis à partir des années 2010. Il constitue une réponse à la montée des inégalités et s’inscrit dans une logique de conflictualité politique croissante. Les minorités ne croient plus aux notions d’intérêt général ou de communauté de destin national. Aujourd’hui, ce terme est utilisé pour dénoncer les excès des démarches identitaires, mais ce n’est pas en condamnant le wokisme que ses causes disparaîtront. Si la critique de ses outrances est évidemment souhaitable, elle ne doit pas se transformer en un nouveau maccarthysme.

    L’histoire n’a pas de fin morale ; elle n’est que l’enchaînement de conflits et d’équilibres précaires

    La géopolitique est sans doute le domaine où Raymond Aron excellait. Il estimait que l’histoire n’a pas de fin morale ; elle n’est que l’enchaînement de conflits et d’équilibres précaires, le droit étant constamment soumis à la pression de l’ordre stratégique et du nationalisme : « Les États prétendent défendre le droit, mais agissent selon la logique du possible. »

    @adobestock
    @adobestock

    L’invasion de l’Ukraine par la Russie constitue une remise en cause des grands principes du droit international. Mais l’élargissement de l’OTAN ou de l’Union européenne doit aussi s’apprécier à l’aune des craintes d’encerclement nourries par la Russie. Le soutien à l’Ukraine de la part des pays européens ne peut se limiter à une posture : il doit être l’expression d’une vision stratégique cohérente. Les États européens doivent chercher une solution à ce conflit sans oublier que, selon Aron, «la paix, ce n’est pas l’oubli du tragique, c’est sa domestication par la raison.»

    Celle-ci semble également pour le moment absente du Moyen-Orient. Il y a cinquante ans, Raymond Aron estimait qu’Israël, en ayant augmenté son territoire, était en danger permanent. Malgré ses victoires militaires, le pays ne parvient pas à atteindre une paix durable. Il mettait en garde contre l’illusion que la force militaire seule peut résoudre les problèmes politiques. Surtout, il refusait de confondre critique politique du gouvernement d’Israël et antisémitisme.

    Le retour du primat du politique sur l’économique

    Concernant le protectionnisme, la méthode aronienne appelle à éviter les simplismes. Elle invite à comprendre les ressorts d’un phénomène qui constitue une réaction politique à une mondialisation mal vécue par une partie des classes moyennes et populaires américaines. Ce protectionnisme s’inscrit dans une logique isolationniste, l’un des fils rouges de l’histoire américaine. La réélection de Donald Trump est le résultat d’un malaise profond qui transcende toutes les démocraties libérales. Il marque le retour du primat du politique sur l’économique. Son mercantilisme efface quatre-vingts ans d’histoire économique, mais n’est pas, en soi, une réelle surprise. La méthode d’Aron nous incite à mesurer les effets positifs comme négatifs du protectionnisme unilatéral de Donald Trump, tout en soulignant les dangers du repli sur soi de la première puissance mondiale.

    Wokisme, nationalisme, protectionnisme : ces phénomènes qui répondent les uns aux autres, ne sont pas les signes d’une régression absurde, mais les manifestations brutales d’un monde fragmenté, en proie à de multiples peurs et tensions. Toute solution passe par une compréhension des forces qui les animent. Elle suppose de dépasser les clichés et les préjugés.

  • Fin de vie, Ukraine, diplomatie d’influence, Frédéric Petit nous répond

    Fin de vie, Ukraine, diplomatie d’influence, Frédéric Petit nous répond

    Écouter le podcast avec Frédéric Petit

    Frédéric Petit, député de la 7e circonscription des Français de l’étranger (Allemagne, Balkans, Europe centrale), s’est exprimé pour Lesfrancais.press sur deux sujets brûlants de l’actualité : le projet de loi sur la fin de vie et la situation en Ukraine. Sans ambages, notre invité a livré sa vision de parlementaire, nourrie de consultations citoyennes et d’expériences diplomatiques.

    Fin de vie : un texte prudent mais aux limites interrogées

    Interrogé sur le texte actuellement examiné à l’Assemblée nationale concernant la fin de vie, Frédéric Petit salue la démarche : « Je crois que c’est très sage d’avoir séparé les deux textes », distinguant les soins palliatifs de ce qu’il appelle désormais « l’accompagnement aux mourants ». Pour lui, « ce ne sont pas que des soins, c’est l’organisation d’un accompagnement […] avec des psychologues, des artistes, des musiciens… ».

    « Ce n’est pas un texte sur l’euthanasie […] c’est un texte sur le suicide assisté »

    Frédéric Petit, député des Français établis hors de France

    Sur le contenu même de la loi, le député, membre du MoDem, insiste : « Ce n’est pas un texte sur l’euthanasie […] c’est un texte sur le suicide assisté », recentrant le débat sur l’autonomie du patient. Il soutient que les garde-fous sont solides : droit de retrait pour les médecins, décision collégiale, consentement éclairé. Pour le député : « Ce n’est pas un texte dangereux. »

    Panorama de l'hémicycle de l'Assemblée nationale
    Panorama de l’hémicycle de l’Assemblée nationale

    Concernant les Français établis hors de France, Frédéric Petit estime qu’il : « faudra être sur le territoire français pour que ce soit applicable. » Il exclut toute confusion sur l’extraterritorialité : « À part quand on est Américain […] on respecte le droit du pays », observe-t-il.

    Ukraine : « Les gens en ont marre, mais ils tiennent ! »

    À son retour d’un déplacement d’une semaine en Ukraine, Frédéric Petit livre un témoignage engagé. « Le moral est bon », assure-t-il, précisant avoir passé l’essentiel de son temps hors de Kiev, au contact des collectivités locales engagées dans la réforme de décentralisation.

    « La seule puissance que je vois vraiment forte et qui est toujours dangereuse, c’est la Chine »

    Frédéric Petit, député des Français établis hors de France

    Il salue la ténacité du pays à poursuivre ses réformes démocratiques malgré la guerre. « C’est un signe que les gens continuent », déclare-t-il, évoquant la tenue d’assemblées entre élus régionaux et nationaux. « Les écoles fonctionnent, on voit les gamins aller à l’école à 8h du matin », un contraste saisissant avec les bombardements qui se poursuivent.

    Ukraine : « Les gens en ont marre, mais ils tiennent ! »
    Ukraine : « Les gens en ont marre, mais ils tiennent ! »

    Sur l’éventualité d’un cessez-le-feu, le député reste prudent. « Ils ne veulent pas capituler », affirme-t-il à propos des Ukrainiens, louant leur soutien au président Zelensky. Quant au Kremlin, il le juge toujours dans une logique de guerre : « Ils sont toujours extrêmement agressifs sur le front […] ils ne peuvent pas écrire leur narration victorieuse. »

    Il met en garde contre une stratégie d’attente de la Russie et d’une partie des États-Unis : « Je crois qu’il y a aujourd’hui un objectif commun […] de faire durer cette situation entre deux. » Une hypothèse qu’il relie à ses réflexions sur la diplomatie mondiale : « La seule puissance que je vois vraiment forte et qui est toujours dangereuse, c’est la Chine. »

    Diplomatie culturelle : « Ce n’est pas une diplomatie du dessert »

    Reconduit dans son rôle de rapporteur pour avis sur le budget de la diplomatie d’influence et culturelle, Frédéric Petit entend redonner un élan stratégique à ces politiques.

    « C’est maintenant qu’il faut y aller en Ukraine pour être présent quand ça va commencer à repartir »

    Frédéric Petit, député des Français établis hors de France

    Ainsi, souhaite-t-il mettre l’accent sur l’organisation et la présence française, notamment en Ukraine : « Ce n’est pas une diplomatie qui sert quand on a la paix quand on a fini. Aujourd’hui, c’est maintenant qu’il faut y aller en Ukraine pour être présent quand ça va commencer à repartir. »

    Enfin, il se réjouit que les travaux budgétaires démarrent plus tôt cette année : « D’ici la deuxième partie du mois de juin, j’aurai déjà une partie de mes propositions, de mes recommandations, qui ne seront pas des recommandations budgétaires mais des recommandations d’organisation, qui ne seront pas des recommandations chiffrées. »

  • Vivre Cannes 2025 avec les antennes du groupe TV5MONDE

    Vivre Cannes 2025 avec les antennes du groupe TV5MONDE

    Depuis mardi 13 mai, le Festival du film bat son plein sur la Croisette. Les antennes du groupe TV5Monde vous invite à vous immerger dans l’univers cannois avec une série de programmes dédiés sur ses chaînes classiques et bien évidemment sur sa plateforme gratuite (dans 95% des pays) TV5MONDEplus. Alors en route pour Cannes 2025.

    TV5MONDE sur la Croisette… Cannes sur vos écrans

    On commence en se plongeant dans la programmation exceptionnelle qui sera diffusé sur les 8 canaux de TV5MONDE pendant cette quinzaine.

    Bien sûr, dans son émission « L’Invité », Patrick Simonin, qui se délocalise exceptionnellement sur la Croisette, nous invite à découvrir une série d’entretiens inédits, pris sur le vif, avec les talents du cinéma francophone présents à Cannes cette année. Il rencontrera, entre autres, les créateurs des films soutenus par TV5Monde, comme « Promis le Ciel » réalisé par Erige Sehiri. Portée par Aïssa Maïga, Laetitia Ky et Mohamed Grayaa, cette comédie dramatique franco-tunisienne poignante, explore avec humanité les destins croisés de femmes migrantes à Tunis.

    Promis le ciel
    Promis le ciel

    Continuant à naviguer au cœur du processus créatif, la direction des programmes du groupe TV5MONDE a sélectionné 4 documentaires qui vous éclaireront sur les grandes figures et histoires du cinéma. Au programme : une plongée dans la vie de Romy Schneider, une tentative pour comprendre le cinéaste iconique de la nouvelle vague, Jean-Luc Godard, etc.

    Mais c’est surtout le Cinéma qui sera à l’honneur, tout naturellement pour cette programmation Cannes 2025. Pendant toute la durée du Festival, TV5MONDE diffuse une cinquantaine de films emblématiques, répartis sur l’ensemble de ses chaînes illustrant l’excellence et la diversité du cinéma célébré à Cannes. Chaque chaîne offre ainsi un panorama riche et exigeant : grands classiques, œuvres contemporaines et découvertes. Au menu : Papicha, À perdre la raison, Roubaix : une lumière, Alice et le Maire, Ama Gloria, etc.


    Découvrir TV5MONDE


    la chaîne youtube TV5MONDE

    30 films en libre accès sur TV5MONDEplus

    La chaîne de télévision francophone mondiale TV5MONDE, vous le savez, dispose d’une plateforme en ligne sur laquelle peuvent être visionnées films, séries et émissions en langue française, avec des sous-titres en plusieurs langues. Cette plateforme s’appelle TV5MONDEplus, elle est, le plus souvent, gratuite et disponible dans le monde entier. En effet, vous pouvez visionner les 7000 heures de programmes disponibles dans 214 pays. Et évidemment, pour Cannes 2025, la plateforme TV5MONDEplus a déroulé le tapis rouge avec plus de 30 films sélectionnés ou primés à Cannes : De rouille et d’os, Un petit frère, Les Harkis, Trois souvenirs de ma jeunesse, Jacky Caillou… ainsi qu’une quinzaine de documentaires, principalement des portraits d’actrices et d’acteurs marquants.

    Parmi les films cannois, on retrouve « Chouf » présenté à Cannes en 2016. Chouf, ça veut dire « regarde » en arabe. C’est le nom des guetteurs des réseaux de drogue de Marseille. Le film nous raconte le destin de Sofiane, 24 ans, brillant étudiant, qui intègre le business de son quartier après le meurtre de son frère, un caïd local. Pour retrouver les assassins, Sofiane est prêt à tout. Il abandonne famille, études et gravit rapidement les échelons. Aspiré par une violence qui le dépasse, Sofiane découvre la vérité et doit faire des choix.

    Chouf
    Chouf

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    Il n’y a pas que Cannes en mai

    Sur la plateforme mondiale TV5MONDEplus, ils ont aussi pensé à ceux que les paillettes cannoises n’attirent pas. Ainsi, parmi les nouveaux programmes qui rejoignent le vaste catalogue de TV5MONDEplus, on découvrira les meilleurs DJ africains qui s’affrontent en 8 épisodes de 52 minutes dans DJ Battle Africa.


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    Autre programme de saison, « Pignon sur rue », une téléréalité canadienne qui va suivre 7 jeunes adultes quittant leur région natale pour s’installer ensemble à Montréal.  Alors que les futurs bacheliers rêvent de quitter le nid familial, cette émission enchantera les jeunes et offrira aux parents une vision de la vie étudiante en 2025.


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    Enfin, TV5MONDE n’oublie pas sa mission : la Francophonie. Et pour cela, le groupe finance de nombreux programmes originaux comme « Heureux qui communique ». Avec humour et poésie, les personnages de cette série explorent les bizarreries de la langue française au détour de quiproquos, de silences et de mots qui dérapent. Après la saison 1, où ils voyageaient, dans la saison 2, qui débarque sur la plateforme ce mois-ci, les héros s’ancrent au bord de la mer

    Heureux qui communique
    Heureux qui communique


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  • Taïwan : l’ambiguïté en sursis

    Taïwan : l’ambiguïté en sursis

    Dans les années 1960, les points de crispation entre les deux grandes puissances de l’époque, les États-Unis et l’URSS, s’appelaient Berlin — avec le fameux blocus — et Cuba — avec la crise des missiles. Aujourd’hui, la Chine a pris la place de l’URSS comme principal rival de l’Oncle Sam et leur point de tension pourrait être Taïwan.

    Pékin revendique Taïwan comme une province chinoise. À ses yeux, cette île a toujours été une partie intégrante du territoire national. Elle aurait fait sécession de manière illégale en 1949. C’est un problème de sécurité intérieure devenu une affaire internationale. Les autorités chinoises se sont fixées pour objectif de mettre un terme à cette sécession d’ici 2049, année du centenaire de la prise du pouvoir par les communistes. Elles n’excluent pas une invasion si l’île venait à proclamer son indépendance. Même si l’étouffement progressif ou la négociation restent leurs voies privilégiées.

    Les Taïwanais ont choisi le Parti démocrate progressiste (DPP), favorable à l’indépendance

    Taïwan, de son côté, souhaite préserver son statut de démocratie autonome. Depuis la visite officielle de Nixon à Pékin en 1972 et la reconnaissance de la Chine populaire en 1979, les États-Unis ont adopté une stratégie d’ambiguïté délibérée. Ils s’efforcent d’empêcher une déclaration formelle d’indépendance. Le tout en s’opposant à toute intervention militaire, avec à la clé des livraisons régulières d’armes à Taïwan, sans pour autant garantir explicitement sa sécurité ultime.

    Ces dernières années, les tensions entre la Chine et Taïwan se sont accrues. Lors des trois dernières élections présidentielles, les Taïwanais ont choisi le Parti démocrate progressiste (DPP), favorable à l’indépendance. Depuis 2010, l’importance stratégique de l’île s’est renforcée, notamment grâce à l’essor du premier producteur mondial de semi-conducteurs, TSMC. Cette entreprise est devenue incontournable dans la production de puces avancées, y compris celles destinées à l’intelligence artificielle. Parallèlement, les dépenses militaires chinoises ont triplé, au point de remettre en cause la suprématie des États-Unis en Asie.

    La capacité dissuasive américaine s’effrite

    À Washington, le Département d’État continue de miser sur l’effet dissuasif d’une éventuelle intervention américaine. Une guerre pour Taïwan serait potentiellement un désastre pour la Chine, qui pourrait faire l’objet de sanctions internationales. Le rapport de force entre la Chine et les États-Unis est en pleine évolution, ce qui pourrait entraîner des conséquences importantes pour Taïwan.

    Premièrement, la capacité dissuasive américaine s’effrite. Le président américain actuel, isolationniste, s’est prononcé contre l’interventionnisme. La seule guerre qu’il entend mener est commerciale.

    La capacité dissuasive américaine s’effrite
    La capacité dissuasive américaine s’effrite

    En 2024, Donald Trump a déclaré que si la Chine tentait d’envahir Taïwan, il riposterait par des droits de douane : « Je vous imposerai des taxes entre 150 et 200 %. » Aujourd’hui, ces droits atteignent déjà 145%. La Chine a décidé de résister en répliquant par une hausse des droits de douane sur les produits américains. Elle joue sur le temps long, convaincue que les États-Unis finiront par reculer.

    La guerre commerciale distend les relations des États-Unis avec leurs alliés traditionnels en Asie : non seulement l’Australie, le Japon et la Corée du Sud, mais aussi Taïwan, dont les droits à l’export pourraient passer, faute d’accord, à 32%. TSMC est fortement incité à délocaliser certaines de ses usines sur le sol américain. Le Japon et la Corée du Sud ont quant à eux décidé de signer un accord commercial avec la Chine afin de favoriser les échanges entre ces trois pays.

    Saper la souveraineté de Taïwan et semer le doute parmi sa population

    Deuxièmement, la Chine élabore de nouveaux scénarios concernant Taïwan, évitant le pari risqué d’une invasion totale. Elle continue de se préparer à une conquête militaire, comme l’illustrent les récentes manœuvres « Foudre du Détroit », mobilisant 38 navires de guerre autour de l’île. Elle expérimente aussi des tactiques dites de « zone grise ». Quarantaines maritimes temporaires, inspections douanières de navires dans les eaux taïwanaises, intimidations, etc. L’objectif est de saper la souveraineté de Taïwan et de semer le doute parmi sa population quant à la capacité et à la volonté des États-Unis d’intervenir en cas de crise.

    La Chine cherche à faire reconnaître ses droits sur l’île au niveau international. Sur ce sujet, elle a déjà reçu le soutien d’environ 70 pays.

    Troisièmement, Pékin cherche à tirer parti du dysfonctionnement chronique de la démocratie taïwanaise. Peu de Taïwanais souhaitent vivre sous le joug communiste, mais la vie politique de l’île est minée par la polarisation et l’inertie. Depuis les dernières élections, le président Lai Ching-te doit composer avec un parlement dominé par le Kuomintang (KMT), favorable à un apaisement avec Pékin, et un tiers parti soutenu par une jeunesse désillusionnée par le DPP au pouvoir.

    Ce blocage institutionnel empêche toute avancée sérieuse sur l’augmentation du budget de défense, la réduction de la dépendance énergétique ou la préparation à une crise majeure. Les initiatives du président Lai Ching-te, pour contrer les infiltrations chinoises, ont accentué la polarisation. Si les États-Unis donnent le sentiment de se désengager, les Taïwanais pourraient douter de leur propre capacité à se défendre. Le risque d’un basculement progressif de l’île dans l’orbite chinoise — sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré — n’est pas à exclure à long terme.

    Le retour de Taïwan dans le giron de la Chine continentale ne signifierait pas nécessairement la fin de la prééminence militaire américaine dans le Pacifique. Mais un effort important serait nécessaire pour la préserver. Le Japon, la Corée du Sud ou les Philippines seraient évidemment les plus menacés par une telle évolution. L’Armée populaire de libération de la Chine pourrait redéployer ses forces vers d’autres objectifs. L’armée américaine pourrait être amenée à se retirer de la « première chaîne d’îles », proche des côtes chinoises, pour se repositionner sur la « deuxième chaîne », entre le Japon et Guam. Les alliés asiatiques exigeraient de nouveaux traités économiques et militaires pour être rassurés. Faute de quoi, certains pourraient envisager l’option nucléaire. Cette réflexion est déjà engagée, notamment en Corée du Sud.

    Plus qu’un contentieux territorial : une ligne de faille

    Dans le grand désordre stratégique du XXIe siècle, Taïwan concentre plus qu’un contentieux territorial. Elle incarne la ligne de faille entre deux modèles de puissance : Pékin veut faire plier l’histoire. Washington tente d’en contenir le cours sans le brusquer. Mais au-delà des discours diplomatiques, c’est l’économie mondiale qui vacille sur ce rocher de 36 000 km².

    Dans ses usines, TSMC grave les circuits les plus fins du globe, indispensables à nos smartphones, à nos armes intelligentes, à nos véhicules électriques. Le moindre coup de semonce dans le détroit de Formose menace la fluidité des chaînes d’approvisionnement d’un grand nombre d’entreprises. Ce n’est donc pas seulement la souveraineté d’une démocratie insulaire qui est en jeu. C’est l’équilibre d’un capitalisme mondialisé qui repose sur quelques points névralgiques.