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  • Fête de la Musique 2025 : Les initiatives francophones qui feront vibrer la planète

    Fête de la Musique 2025 : Les initiatives francophones qui feront vibrer la planète

    La fête de la musique qui naît en France en 1982 est d’abord une idée : Faire du 21 Juin un évènement populaire, festif, massif. Mettre la musique dans la rue. Faire hurler les décibels comme offrir une délicate sonate au coin de chez vous. Mettre sur les places des concerts gratuits symphoniques, des grosses machineries étincelantes. Ou permettre à votre voisin de palier qui joue du trombone de connaitre (enfin) son quart d’heure de gloire.

    Chacun devient artiste pour une journée

    Et la Fête de la Musique s’est imposée désormais comme un événement culturel planétaire. L’idée a essaimé au point que la formule soit copiée et détournée, répliquée ou déclinée en autant de formules festives et internationales.

    Chaque 21 juin, la musique s’invite partout et elle dépasse largement le cadre du seul « made in France ». En 2025, elle sera célébrée dans plus de 120 pays, portée par un vaste réseau d’Alliances françaises, d’Instituts français, d’ambassades mais aussi par les communautés francophones locales :  comme cette fête appartient à tout le monde  des particuliers mélomanes la font vivre.  Des entrepreneurs voient dans cette fête du printemps un moyen utile de faire vivre leurs projets. La fête est plurielle, cosmopolite, joyeuse, parfois un peu bordélique, mais terriblement animée.

    Comme chaque année, nous sommes allés à la rencontre des initiatives francophones qui vont feront vibrer la planète.

    Le Parc du Cinquantenaire en fête

    Débutons notre tour du monde par une escale Belge. On sait nos voisins particulièrement attachés à cette fête qu’ils ont adopté dès sa création. Les 20 et 21 Juin se dérouleront concerts et évènements conviviaux dans l’emblématique parc du Cinquantenaire autour de deux grandes scènes et de nombreux stands. De nombreuses communes déclineront le concept et c’est toute la capitale de l’Europe qui fera la fête ensemble.

    La 39e édition de la fête de la musique a enregistré un record d'affluence avec 30.000 personnes au parc du Cinquantenaire en 2023 ©RTBF
    La 39e édition de la fête de la musique a enregistré un record d’affluence avec 30.000 personnes au parc du Cinquantenaire en 2023 ©RTBF

    Philippines : un mois de célébration pour 90 événements dans 29 lieux

    Partons vers Manille maintenant pour ce qui sera une des éditions de la fête de la musique particulièrement ambitieuse : L’édition Philippine en partenariat avec l’Ambassade de France, propose une grande variété d’évènements festifs : pool parties, scènes ouvertes dans les hôtels, concerts de rue. Elle s’étalera sur plusieurs semaines. Elle a débuté le 11 Juin à l’alliance française de Manille par des concerts et culminera le 21 aux Ayala Triangle Gardens. Des évènements gratuits qui convoqueront talents confirmés et jeunes pousses internationales.

    Fête de la musique 2025 - Manille
    Fête de la musique 2025 – Manille

    A Berlin : ambiance de rue et improvisations

    À Berlin, la Fête se vit en mode Do it yourself : artistes amateurs, DJ, groupes électro ou rock se produisent devant des bars, dans des parcs ou sur les balcons. A l’image d’une capitale allemande ouverte et libre, la musique musardera dans des lieux culturels ou urbains mélangés. La porte de Brandebourg sera un des épicentres d’une nuit transgressive et populaire.

    Fête de la musique à Berlin
    Fête de la musique à Berlin

    Aux États-Unis : l’ambassade à Washington ouvre ses portes, Georgetown s’enflamme

    Le silence des chancelleries sera perturbé volontairement ce 21 Juin. L’Ambassade de France à Washington et ses jardins seront ouverts autour de trois scènes musicales.

    À Georgetown, le centre-ville accueillera 40 artistes qui rivaliseront de talent pour animer les rues à partir de 15H avant que la fête ne s’épanouisse à partir de 18h à la maison de France.  

    Fête de la musique à Washington
    Fête de la musique à Washington

    Les Français de Montréal voient grand

    Les Francos de Montréal voient les choses en grand une nouvelle fois. Nos cousins canadiens organisent 250 performances du 13 au 21 Juin. La fête de la musique clôturera ce qui est un des plus grands festivals d’été nord-américain.  Des valeurs confirmées comme Alain Souchon, Philippe Katerine ou Clara Luciani animeront le show.

    Fête de la musique à Montréal
    Fête de la musique à Montréal

    Les instituts de Tokyo et Kyoto donnent leurs chances aux jeunes artistes

    L’institut de France à Tokyo donnera sa chance à de jeunes artistes invités sur scène. Avec une date décalée pour une célébration le 28 Juin.

    Kyoto c’est le 15 Juin qu’une série d’évènements dédiés à la musique se tiendront dans les jardins de l’institut français.

    Fête de la musique au Japon
    Fête de la musique au Japon

    A Casablanca, la musique en place

    L’Institut français de Casablanca organisera une journée musicale ouverte. Entre musique solo ou musique de groupe, l’esprit sera convivial et mélangé. Kenza Cook, Ouidad et Benjamin Piat se produiront à partir de 14H place Rachidi.

    Ce rapide panorama témoigne d’une vitalité francophone comme du mélange des cultures autour de la musique. Le 21 Juin constitue souvent une soupape populaire face à une actualité morose ou crispante. Se perdre dans la musique et laisser chavirer les corps le temps d’une longue nuit. Il crée du lien social partout.

    Si le concept est résolument français dans son essence il a désormais été repris avec bonheur dans le monde anglo-saxon.

    Fête de la musique à Casablanca
    Fête de la musique à Casablanca

    Le phénomène « Make Music Day »

    Inspiré du modèle français, le concept du « Make Music Day » a été adopté dans plusieurs pays comme l’Afrique du Sud, le Ghana, la Turquie. Au-delà des logiques commerciales, il ouvre aussi des espaces d’expressions le temps d’une soirée ou pendant des périodes festives où les artistes font passer des messages culturels ou plus politiques.

    Make Music Day 2025
    Make Music Day 2025
  • FC Expat avec Paul Nardi : le rêve éveillé du gardien de QPR

    FC Expat avec Paul Nardi : le rêve éveillé du gardien de QPR

    Aujourd’hui le FC Expat reçoit un footballeur familier de nos auditeurs : Paul Nardi. Après son passage à la Gantoise, marqué notamment par une grave blessure, le gardien français s’est lancé un nouveau défi outre-Manche. En effet, il a rejoint mi 2024 les Queens Park Rangers (QPR) à Londres, où il vit depuis un rêve éveillé. Pour nous raconter cela, le natif de Vesoul se livre ainsi sans détour. Un épisode marqué par la résilience, la découverte et quelques gourmandises inattendues. Un FC Expat à déguster sans modération.  Attention toutefois, « spoiler exceptionnel » en approche…

    Ecouter le podcast avec Paul Nardi

    Une saison de galères… et de renaissance

    Sur le papier, la saison 2023-2024 aurait pu être celle du cauchemar pour Paul Nardi. Commotion, fracture, passages à l’hôpital et quatre mois de rééducation intense. Il se souvient notamment du moment où sa jambe s’est brisée : « ma première crainte, c’était même de pouvoir remarcher un jour », confie-t-il.

    Paul Nardi gardien de but français de QPR ©photo QPR
    Paul Nardi gardien de but français de QPR ©photo QPRScreenshot

    Mais épaulé par une équipe médicale « exceptionnelle » à Gand, le portier a réussi l’exploit de retrouver les pelouses en un temps record, refermant ainsi un chapitre important de sa vie du côté de la Belgique.

    Londres, l’appel du foot anglais

    En fin de contrat, Paul Nardi voit s’ouvrir devant lui les portes du championnat anglais, l’EFL- Championship. Alors que des discussions avancées avaient été entamées avec Courtrai en Belgique, c’est finalement du côté des Queens Park Rangers (QPR) que l’aventure prend un nouveau tournant en juillet 2024.

    « Franchement, à 30 ans, avec le parcours que j’ai eu, je n’aurais pas pensé me retrouver au Queens Park Rangers »

    Paul Nardi, gardien de QPR

    Avec cette possibilité de rejoindre ce club « anglais emblématique », « vous imaginez que le choix a été très simple », partage-t-il. Malgré un déménagement express, et une séparation temporaire d’avec sa femme et son fils, qui ont pu le rejoindre par la suite, l’accueil chaleureux réservé par QPR a grandement facilité l’intégration de Paul dans la capitale britannique.

    Chiswick, cancoillotte et vie londonienne

    Dorénavant installé en famille dans le quartier de Chiswick à Londres, Paul retrouve parfois un peu de son terroir au marché local : « J’y vais le dimanche… et il y a de la cancoillotte (…), même s’il vaut mieux ne pas parler du prix ! », s’etonne-t­-il.

    Paul Nardi devant les fans des Queens Park Rangers © QPR
    Paul Nardi devant les fans des Queens Park Rangers © QPR

    Rituel gourmand mais réconfortant, il a en parallèle aussi découvert de multiples endroits où aller se promener avec ses proches. Côté adaptation, la connaissance de la langue anglaise progresse chaque semaine chez lui, même si l’accent reste « très frenchy » nous dit-il.

    Championship, une surprise à 30 ans ?

    Jouer en Angleterre, c’est le rêve de nombreux footballeurs. C’était aussi celui de notre invité. « Franchement, à 30 ans, avec le parcours que j’ai eu, je n’aurais pas pensé me retrouver au Queens Park Rangers » nous confie-t-il. Et il ajoute même « J’ai l’impression que c’est un petit cadeau du ciel. Franchement, j’en suis vraiment heureux. »

    « Je suis un spoiler exceptionnel »

    Paul Nardi, gardien de QPR

    Au cours de ce FC Expat, Paul nous raconte ses premiers frissons et son premier match au Loftus Road, l’antre des QPR. Son premier adversaire ne fut pas des moindres. À cette occasion c’est en effet, Tottenham, vainqueur de l’UEFA Europa League en 2025 qu’il a affronté. « Que du bonheur ! » lâche-t-il, sans aucune retenue, à notre micro.  

    Les séries et le flipper : les péchés mignons de Paul

    Enfin, c’est au cours des arrêts de jeu de ce podcast que notre invité nous parle de deux autres de ses passions : les séries et le flipper ! Et après avoir regardé un épisode ou une émission de télévision à suspens, le gardien de QPR ne peut s’empêcher de raconter le dénouement à sa famille, à ses proches ou amis… un « spoiler exceptionnel » comme il se décrit !

    Paul Nardi au Loftus Road © QPR
    Paul Nardi au Loftus Road © QPRScreenshot

    Au-delà de son irrésistible envie de dévoiler la fin des séries à son entourage, Paul nourrit donc une autre passion : le flipper ! D’ailleurs, c’est peut-être une des raisons de sa formidable adaptation au climat londonien. Il s’en explique au cours de ce podcast. Il n’est également pas interdit de penser que cette balle qui rebondit partout lui a servi lors de ses exploits sur le terrain : on garde ainsi en mémoire son incroyable quadruple arrêt face à Blackburn cette saison. Une séquence de jeu digne d’un pinball.

    Écouter ce podcast avec Paul Nardi, c’est donc la garantie d’un moment convivial, porté par une bonne humeur communicative. En plus de ses indéniables qualités de footballeur, c’est aussi cette authenticité et cette joie partagée qui font de notre invité le gardien titulaire du FC Expat.

  • Don du sang 2025 : Français de l’étranger, à vous de sauver des vies

    Don du sang 2025 : Français de l’étranger, à vous de sauver des vies

    Français de l’étranger, donnez ! Ce 14 juin 2025, c’est en effet la journée mondiale du don du sang. Ainsi, dans la plupart de vos pays de résidence, vous aurez l’opportunité de réaliser ce geste essentiel pour sauver des vies. Alors pourquoi hésiter ?

    La Journée mondiale du don du sang : une date à retenir

    Depuis 2004, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a instauré la Journée mondiale du donneur de sang. Cette initiative a pour but de sensibiliser le public à l’importance de ce geste solidaire, qui permet de sauver des millions de vies chaque année. À ce jour, il n’existe en effet aucun produit capable de se substituer entièrement au sang humain, rendant ainsi le don (quasi) indispensable.

    À l’occasion du 14 juin, nous encourageons les Français et Françaises de l’étranger, qui peuvent le faire, à se mobiliser en se rendant dans l’un des centres de collecte prévus dans leur pays de résidence.

    Un don du sang rémunéré

    Dans de nombreux cas, le don du sang repose sur le volontariat et n’est pas rémunéré. C’est notamment la situation en France, en Belgique, en Suisse, au Canada et au Maroc. À l’inverse, certains pays comme les États-Unis, l’Allemagne ou la Tanzanie, autorisent une compensation financière pour les donneurs. Parfois, le don de plasma fait aus

    Image illustration Don du sang
    Image illustration Don du sang

    Les partisans du don rémunéré avancent plusieurs arguments. Selon eux, cette pratique permettrait notamment aux autorités de réduire les coûts liés aux campagnes de sensibilisation, la rémunération constituant un incitant direct pour attirer davantage de donneurs. Cependant, les détracteurs défendent le caractère altruiste du don de sang. Ils craignent aussi qu’une compensation financière n’encourage des personnes à risque à venir faire ce geste, ce qui pourrait compromettre la sécurité des produits. Pour eux, un donneur non rémunéré serait moins enclin à dissimuler des informations sur son état de santé.

    Don du sang : des critères à respecter

    Selon les pays, des critères spécifiques sont demandés avant de pouvoir donner son sang. Toutefois, certains principes se retrouvent dans la plupart des régions. En règle générale, les donneurs doivent être en bonne santé, avoir un certain âge (souvent 18 ans), un poids minimum (souvent 50 kg) et ne pas avoir de contre-indications médicales.

    Campagne de promotion du Don du sang en France
    Campagne de promotion du Don du sang en France

    Outre ces conditions à respecter, d’autres restrictions peuvent également s’ajouter, et vous empêcher de donner votre sang : des raisons liées à certains voyages récents, des comportements sexuels particuliers ou bien encore une consommation de drogues. In fine, pour savoir si vous êtes éligible à donner votre sang, le mieux est de consulter les services de transfusion sanguins de votre lieu de résidence.

    Don du sang : les chiffres clés

    Selon l’OMS, en 2024, 118,5 millions de dons de sang ont été collectés. Ce chiffre représente une légère augmentation par rapport aux années précédentes. En moyenne, le taux de dons de sang se mesure à environ 31,5 dons pour 1000 habitants dans les pays à revenu élevé, tandis qu’il est de 16,4 dans les pays à revenu intermédiaire supérieur, et seulement 5,0 pour les pays à faible revenu. Les réserves doivent être constamment renouvelées, car les produits sanguins ont une durée de conservation limitée.

    Aussi, quel que soit votre pays de résidence, ce 14 juin la communication autour du don du sang devrait résonner, alors participez à cet élan. En cette journée mondiale, Françaises et Français de l’étranger, sachez aussi que votre geste permettra de sauver jusqu’à 3 vies, car le sang récolté est ensuite séparé en différents composants (globules rouges, plasma, plaquettes).

    N’hésitez pas également à encourager vos proches à se joindre à vous dans cette démarche. Le prélèvement ne dure d’ailleurs qu’environ 10 minutes. Un temps bien dépensé quand on sait quel effet positif il peut avoir sur la santé publique, partout dans le monde.

  • UNOC 2025 : FAIRE DE L’OCEAN UNE PRIORITE POLITIQUE

    UNOC 2025 : FAIRE DE L’OCEAN UNE PRIORITE POLITIQUE

    Nous, parlementaires de tous les continents, unissons nos voix pour appeler à une action politique ambitieuse en faveur de l’Océan, bien commun du vivant. La France et le Costa Rica ont accueilli à Nice la troisième Conférence des Nations unies sur !’Océan (UNOC). Dix ans après l’Accord de Paris, l’UNOC 2025 ambitionnait de faire de la protection de !’Océan une priorité politique, diplomatique et parlementaire.

    Chefs d’État, scientifiques, ONG, collectivités, entreprises et citoyens se sont réunis à Nice autour de cet objectif commun. Il est temps de passer des engagements aux actes. L’ambition doit prendre le pas sur l’inaction. L’Océan régule le climat, nourrit des milliards d’êtres humains, génère des emplois et rend des services écosystémiques indispensables. Pourtant, ce poumon bleu est en danger. Réchauffement, acidification, eutrophisation, polluants persistants, surexploitation des ressources, destruction des habitats, exploitation des grands fonds : les menaces se multiplient, en particulier dans les zones situées au-delà des juridictions nationales – la haute mer – qui représentent près des deux tiers de !’Océan mondial.

    Un traité pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine

    Face à cette urgence, le traité sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones situées au-delà de la juridiction nationale (BBNJ) constitue une avancée majeure. Fruit de près de 20 ans de négociations, il établit un cadre juridique contraignant pour protéger la haute mer, pour créer des aires marines protégées, réaliser des évaluations d’impact environnemental et garantir le partage équitable des bénéfices issus des ressources génétiques marines.

    Emmanuel Macron intervenant pour l'ouverture de l'UNOC 2025 à Nice ce 07 juin 2025 ©AFP
    Emmanuel Macron intervenant pour l’ouverture de l’UNOC 2025 à Nice ce 07 juin 2025 ©AFP

    Mais pour que ce traité entre en vigueur. 60 ratifications sont nécessaires. Nous sommes proches du but : plus de 50 pays ont déjà franchi le pas. C’est ici que nous, parlementaires, avons un rôle déterminant à jouer. Nous avons les moyens, et la responsabilité, de traduire cet accord en réalité.

    Dépasser les frontières

    Le 8 juin, à l’occasion de la Journée mondiale de !’Océan, des parlementaires venus du monde entier se sont réunis à Nice pour participer au « Parlement de la Mer » et lancer l’ICOP (lnterparliamentary coalition for Ocean Protection), une coalition interparlementaire mondiale pour l’Océan. Ce réseau international, conçu pour durer au-delà de l’UNOC 2025, permettra de renforcer les initiatives parlementaires en faveur de l’Océan, de soutenir les dynamiques de ratification du traité BBNJ et de faciliter le partage de bonnes pratiques législatives. La préservation de l’Océan dépasse les frontières, les partis et les sensibilités politiques.

    Le moment d’agir, c’est maintenant.

    Parlementaires du monde entier,

    Rejoignez-nous !

    Nous publions cette tribune à la demande de Mme Eleonore Caroit, députée des Français d’Amérique centrale et du Sud en faveur à l’occasion de la clôture de l’UNOC 2025.

  • 14 juillet à l’américaine : parade militaire et « Pas de roi »

    14 juillet à l’américaine : parade militaire et « Pas de roi »

    Ce 14 juin 2025, les États-Unis célèbrent en grande pompe les 250 ans de larmée américaine. Une parade militaire dune ampleur inédite est annoncée dans la capitale fédérale, mêlant hommage historique, démonstration de force et patriotisme affiché. Mais derrière ce spectacle organisé le jour-même de lanniversaire de Donald Trump, se cache une source dinspiration : le défilé français du 14 juillet.

    En réaction à ce qu’un partie des Américains perçoit comme une mise en scène autoritaire du pouvoir présidentiel, une riposte progressiste est prévue à travers tout le pays, sous le mot dordre : In America, we dont do kings.

    Un 14 juillet dans la tête de Donald Trump

    Troupes, blindés, hélicoptères et fanfares seront mobilisés pour une démonstration militaire spectaculaire, accompagnée de festivités grand public, le tout sous haute surveillance. Le choix de cette parade marque un tournant symbolique : celui d’une Amérique qui affirme sa puissance en s’inspirant d’une tradition résolument française. Car derrière cette mise en scène américaine se profile l’ombre d’un autre 14… celui de juillet, à Paris. Pour en saisir l’inspiration, il faut revenir au 14 juillet 2017, lorsque Donald Trump fut l’invité d’honneur du défilé militaire sur les Champs-Élysées.

    À l’époque, les deux chefs d’État incarnent une nouvelle génération de dirigeants fraîchement élus : Emmanuel Macron est président depuis à peine deux mois, Donald Trump depuis sept. Leurs styles et leurs opinions diffèrent, mais ce 14 juillet les réunit dans une mise en scène millimétrée du pouvoir militaire et diplomatique français. Donald Trump, visiblement impressionné par le cérémonial et la puissance symbolique du défilé parisien, n’avait pas caché son enthousiasme. L’idée d’un Bastille Day à l’américaine avait ainsi germé dans son esprit. Il avait d’ailleurs déclaré : « On pourrait faire quelque chose comme ça le 4 juillet à Washington, sur Pennsylvania Avenue. Il va falloir qu’on essaie de faire encore mieux. »

    Us army au défilé du 14 juillet en france
    La 1ère division de l’armée américaine, l’armée de l’air américaine, la marine américaine et les marines américaines défilent sur les Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris lors d’une répétition du défilé militaire annuel de la fête nationale le 10 juillet 2017. / PHOTO AFP / Martin BUREAU

    Il avait bien tenté d’organiser son défilé militaire en 2018, mais l’événement n’avait jamais vu le jour en raison des coûts faramineux qu’il impliquait. Il lui aura donc fallu attendre huit ans pour voir son ambition enfin se réaliser. Le défilé militaire américain prévu ce 14 juin 2025 à Washington D.C. rassemblera environ 6600 soldats, accompagnés de 150 véhicules blindés, 50 hélicoptères, sept fanfares et plusieurs milliers de civils. En comparaison, le défilé du 14 juillet 2024 à Paris a mobilisé environ 4500 militaires, dont 4000 à pied, avec 43 avions, 22 hélicoptères et 200 chevaux de la Garde républicaine.

    Selon un article d’AP News paru le 12 juin 2025, environ 6 Américains sur 10 estiment que la parade de samedi n’est « pas une bonne utilisation » de l’argent public, y compris la grande majorité — 78 % — de ceux qui n’approuvent ni ne désapprouvent la parade dans l’ensemble, selon un sondage du Center for Public Affairs Research de l’Associated Press-NORC. L’enquête révèle également qu’environ 4 adultes américains sur 10 approuvent « plutôt » ou « fortement » la parade, tandis qu’environ 3 sur 10 la désapprouvent « plutôt » ou « fortement ». Environ 3 sur 10 ne l’approuvent ni ne la désapprouvent.

    Soft power contre démonstration de force américaine

    Est-ce que la ressemblance avec le défilé français et américain se limite à l’esthétique ? Le défilé militaire du 14 juillet, en France, n’a rien d’un simple étalage de force. Il s’inscrit dans une tradition profondément républicaine commémorant à la fois la prise de la Bastille (1789) et la Fête de la Fédération (1790). Ainsi, il ne glorifie pas la violence révolutionnaire, mais renforce une vision unitaire et pacifiée de la Nation. Ce rituel d’État rend hommage à une armée professionnelle, placée sous l’autorité du pouvoir civil, et incarne l’unité nationale. Aussi solennel que stratégique, il est un instrument de soft power. Une vitrine bien huilée de l’histoire française, de sa diplomatie, et de son modèle républicain.

    À l’inverse, les progressistes voient dans la parade américaine une démonstration de force assumée, orchestrée par un président soucieux d’imposer son autorité sur la scène intérieure et internationale. Ainsi, à leur initiative, une contre-manifestation d’ampleur est prévue dans quelque 150 villes du pays, autour du slogan : In America, we don’t do kings. Un mot d’ordre devenu viral, qui fustige le supposé culte de la personnalité autour de Donald Trump et la militarisation  de l’espace public, avec les événements de Los Angeles le week-end du 8 juin dernier. L’ironie saute aux yeux : alors que le 14 juillet symbolise la fin de la monarchie absolue, c’est un président accusé de dérives autoritaires par le camp Démocrate qui, de l’autre côté de l’Atlantique, orchestre une parade calquée sur la fête nationale française.

    Marines américains s'entraînant pour le défilé ©AFP 2025
    Marines américains s’entraînant pour le défilé ©AFP 2025

    « L’idée de ce défilé, n’est pas choquante en soi, explique Christina Rebuffet-Broadus, consultante américaine en interculturel, installée à Grenoble depuis vingt ans. Ce qui me dérange, c’est le contexte. Trump veut le présenter comme un hommage à l’armée, en s’inspirant de la France. Mais ses ambitions quasi monarchiques, donnent une impression autoritaire, presque nord-coréenne ou russe. » Et d’ajouter : « Cette démonstration militaire porte une forte charge symbolique. Ce n’est pas un simple hommage à l’armée : le message qu’elle envoie n’est pas: voyez la force de notre armée, mais voyez le pouvoir que je détiens en tant que président. »

    Du côté de la Floride, Alain Ouelhadj, ex-délégué Reconquête des Français de l’étranger, et citoyen franco-américain explique : « Je ne pense pas qu’il cherche à faire une démonstration de force contre son propre peuple. Une démonstration de ce qu’est l’armée américaine, oui, certainement, mais pas dans une logique de menace intérieure. Je crois que c’est quelqu’un de profondément attaché à son pays. Après, évidemment, il y a des oppositions. Le clivage entre Démocrates et Républicains est toujours très présent. Les Démocrates sont assez discrets en ce moment, s’opposer au défilé est sans doute une façon pour eux de rebondir politiquement, tout simplement. » Et de rajouter : « Je crois que tous les grands pays dotés d’une armée importante, comme les États-Unis, ont leur propre manière de célébrer leur force militaire, à travers des défilés ou d’autres formes de commémorations. On le voit en Russie, en Chine, en France ou encore au Royaume-Uni. Ce n’est donc pas une idée si étrange en soi, d’autant que les États-Unis restent la première puissance mondiale et la première puissance militaire. J’y vois un symbole patriotique fort. Les Américains sont très attachés à leur armée, aux vétérans. Ils sont extrêmement patriotiques, et l’armée est profondément respectée ici. »

     » Le message qu’elle envoie n’est pas: voyez la force de notre armée, mais voyez le pouvoir que je détiens en tant que président.  »

    Christina Rebuffet-Broadus, consultante américaine en interculturel

    Patriotisme américain ou Trumpiste ?

    En tant qu’Américaine, Christina Rebuffet-Broadus admet la place centrale du patriotisme dans son pays. « Mettre à l’honneur les forces armées ne me surprend pas du tout. Le patriotisme est très fort aux États-Unis, c’est presque instinctif. C’est quelque chose que je ne retrouve pas en France. Un jour, je repartais aux États-Unis et j’attendais à l’aéroport. Devant moi, un militaire en uniforme patientait dans la file. Une famille américaine, visiblement de retour d’une visite en Champagne, portait un panier avec une bouteille. La femme s’est tournée vers le militaire, l’a remercié pour son service pour le pays, puis lui a offert la bouteille. » Mais ce respect quasi réflexe pour l’uniforme contraste, selon elle, avec certaines déclarations de Donald Trump. Aussi, elle explique : « Les Américains ont un lien très fort avec les forces armées. Alors quand en 2020, lors d’une cérémonie au cimetière national d’Arlington, Donald Trump a tenu des propos qualifiant certains militaires américains morts au combat de losers (perdants) et de  suckers  (idiots), beaucoup ont été profondément choqués. »

    Mais pour l’Américaine, la question centrale reste celle de la réaction populaire. Et sur ce point, la France et les États-Unis semblent être deux mondes : « Honnêtement, je pense que les Américains devraient s’inspirer des Français pour manifester, protester, contester. C’est très bien que certains le fassent ici. Je trouve que les Américains sont un peu mous quand il s’agit de défier le pouvoir. En France, on tente de repousser la retraite d’un an ou de supprimer un jour férié, et tout le pays se bloque. Aussi, je comprends que beaucoup de Français s’étonnent que les Américains ne descendent pas dans la rue. » Et de nuancer aussitôt : « Ce n’est pas dans notre culture, ni dans notre ADN. De plus, il y a un autre facteur, beaucoup d’Américains sont préoccupés par le fait de joindre les deux bouts. Manifester est un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre. » 

    Le président américain Donald Trump regarde une manifestation militaire à Fort Bragg, une installation militaire de l’armée américaine, près de Fayetteville, en Caroline du Nord, le 10 juin 2025. (Photo par Brendan SMIALOWSKI / AFP)
    Le président américain Donald Trump regarde une manifestation militaire à Fort Bragg, une installation militaire de l’armée américaine, près de Fayetteville, en Caroline du Nord, le 10 juin 2025. (Photo par Brendan SMIALOWSKI / AFP)

    14 juin

    Alain Ouelhadj revient sur la date symbolique du 14 juin :« Cette coïncidence du jour du défilé avec la date d’anniversaire de Donald Trump est compliquée à interpréter. Le 14 juin est en effet une date marquante dans l’histoire des États-Unis : c’est le 14 juin 1775 qu’a été créée l’US Army. Et d’ailleurs, la France a joué un rôle important à cette époque, il ne faut pas l’oublier. Mais combien de personnes sont nées un 14 juin ?  On peut toujours trouver des travers pour apporter des critiques. Moi, j’y vois simplement une commémoration républicaine patriotique. »

    Ce samedi 14 juin 2025, pendant que les militaires défileront à Washington D.C. et que des milliers d’Américains manifesteront à travers les États-Unis contre Donald Trump, Christina Rebuffet-Broadus participera avec d’autres expatriés américains de Grenoble à un No Kings Brunch. « Pour le symbole », précise-t-elle.

    Alain Ouelhadj sera aussi dans la symbolique : « On verra sûrement, ce jour-là beaucoup de drapeaux américains accrochés aux porches des maisons et aux fenêtres. Je suis citoyen américain, je sortirai aussi le mien et je serai derrière mon écran pour regarder le défilé. »

    Parallèlement, en Caroline du Nord, Sylvain Perret, entrepreneur franco-américain, prendra lui part à la mobilisation In America, We Dont Do Kings. « La question de manifester ou non ce samedi pour la fameuse manifestation In America We Dont Do Kings, je me la suis posée longtemps. Le thème même de cette manifestation est clair : il ne se focalise pas sur un seul problème — que ce soit l’immigration, l’avortement, les réductions d’emplois de service public, l’intervention dans l’éducation ou les relations Musk / Trump, même si cela a pas mal évolué ces derniers jours. Non, cette manifestation est très large et elle sanctionne avant tout un mode de gouvernement qui est, très clairement, celui du passage en force pour tout, du non-respect des règles, du non-respect des usages, du non-respect des décisions judiciaires, de la justice elle-même. Malheureusement, les exemples sont quotidiens. C’est la dérive flagrante de ce gouvernement vers l’autoritarisme qui est dénoncée, » explique l’entrepreneur installé aux États-Unis depuis quinze ans.

    En écho à cette mobilisation d’ampleur, les Américains Démocrates de France se joindront au mouvement depuis Paris, où un rassemblement No Kings Day est organisé par Democrats Abroad France et Indivisible Paris. À leur manière, eux aussi comptent faire entendre leur voix contre ce qu’ils estiment être une mise en scène militariste orchestrée par Washington. Un mois avant que les Champs-Élysées ne s’emplissent de drapeaux tricolores pour le 14 juillet, c’est Place de la Bastille que résonnera, en anglais, un message venu d’Amérique : We dont do kings! 

  • Un accord « historique » sur Gibraltar

    Un accord « historique » sur Gibraltar

    Le Royaume-Uni et l’UE ont conclu un accord « historique » sur l’avenir de Gibraltar, mettant un terme à plusieurs années de négociations difficiles menées après le Brexit concernant le statut de ce territoire britannique d’outre-mer.

    L’accord, qui doit encore être ratifié, prévoit la mise en place d’un double contrôle des passeports Schengen et britanniques au port et à l’aéroport de Gibraltar, ainsi que la suppression des contrôles d’identité et des cartes de résident pour les 15 000 personnes qui traversent quotidiennement la frontière entre Gibraltar et l’Espagne.

    L’accord supprimera également les contrôles sur les marchandises et renforcera la coopération entre l’UE et le Royaume-Uni dans d’autres domaines, notamment les aides d’État, la fiscalité et l’application de la loi.

    Frontière entre Gibraltar et l'Union européenne
    Frontière entre Gibraltar et l’Union européenne

    Le Rocher restera britannique

    Gibraltar, surnommé « le Rocher » et dont le statut de territoire britannique est contesté depuis longtemps par l’Espagne, continuera de faire partie du Royaume-Uni en vertu de cet accord.

    Le commissaire européen au commerce, Maroš Šefčovič, a salué un « accord historique », ajoutant qu’il « renforce un nouveau chapitre de nos relations » après le départ officiel du Royaume-Uni de l’UE en 2020.

    Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a déclaré que le gouvernement travailliste « avait hérité [de l’administration conservatrice précédente] d’une situation qui mettait en péril l’économie et le mode de vie de Gibraltar ».

    « La percée d’aujourd’hui apporte une solution pratique après des années d’incertitude »

    Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy,

    Les négociations sur le statut de Gibraltar étaient dans l’impasse depuis plusieurs années. L’avenir du territoire n’avait pas été réglé dans l’accord de libre-échange conclu en 2020 entre l’UE et le Royaume-Uni, qui avait suivi le référendum sur le Brexit en 2016.

    Quelque 34 000 personnes vivent actuellement à Gibraltar, un territoire de 6,7 km carrés situé à la pointe sud de l’Espagne, cédé à la Grande-Bretagne par Madrid en 1713 dans le cadre du traité d’Utrecht.

    Avec le protocole sur l’Irlande du Nord convenu par Londres et Bruxelles en 2023, Gibraltar était le dernier territoire britannique sans un accord clarifiant sa future relation avec l’UE, note l’AFP.

  • Les superstitions du vendredi 13 dans le monde

    Les superstitions du vendredi 13 dans le monde

    Les vendredis 13, des dates qui suscite la superstition pour de nombreuses personnes dans le monde. Selon la culture, il s’agirait d’un jour porte-malheur, au cours duquel de nombreux événements malheureux auraient lieu ou inversement un jour de chance où il faut tout tenter. Pour les Français de l’étranger, on fait un petit tour des mythes du vendredi 13 dans le monde.

    Le vendredi 13 si rare ?

    Si l’année 2024 compte deux vendredis 13, comme l’an dernier, toutes les années ne comportent pas de « double vendredi 13 », puisqu’en 2025 il n’y en aura qu’un seul. Cependant, trois vendredis 13 peuvent être dénombrés par an, si et seulement si le premier jour de l’année est un jeudi, pour une année non bissextile ou si le premier jour de l’année est un dimanche, pour une année bissextile.

    Vendredi 13 : jour de chance
    Vendredi 13 : jour de chance

    Mais cela n’en fait pas une exception ou une rareté du calendrier. En effet statistiquement, le 13 du mois tombe plus souvent un vendredi qu’un autre jour ! Oh ! Pas de beaucoup mais depuis 400 ans il y a eu 688 vendredis 13 contre 687 mercredi ou dimanche 13, 685 lundi ou mardi 13 et 684 jeudi ou samedi. Ce n’est donc pas de là que viennent toutes les légendes du vendredi 13.

    Alors d’où viennent ces croyances ?

    Pourquoi un jour de la semaine ou un nombre peut-il évoquer la prudence et être associé à la bonne ou à la mauvaise chance ? Selon les historiens, la superstition du vendredi 13 aurait des racines profondes dans la culture et les croyances de l’Antiquité. Certains d’entre eux estiment qu’elle pourrait remonter à la mythologie nordique, où le treizième invité à une fête donnée par les dieux, Loki, était considéré comme un porte-malheur. D’autres suggèrent que la superstition du vendredi 13 pourrait être liée à la religion chrétienne, où le treizième invité à la Cène, Judas, était considéré comme le traître qui a livré Jésus aux Romains. Le vendredi étant le jour où Jésus a été crucifié, il est devenu associé à la malchance. Il est également possible que la superstition du vendredi 13 soit née de la combinaison de ces deux légendes et de nombreuses autres croyances liées à la malchance.

    D’autres explications sont possibles, ainsi les chercheurs en occident, on démontrait que, dans de nombreuses cultures, le chiffre 12 au bonheur, à l’ordre naturel des choses. Une année compte 12 mois, il fait jour pendant 12 heures et nuit pendant 12 heures également. La mythologie grecque et romaine compte aussi 12 dieux. Le 13 est vu comme l’élément perturbateur qui vient déséquilibrer l’ordre établi. Tandis que dans l’alphabet hébreu, la treizième lettreMem, est la première lettre du mot met, qui signifie mort

    Quoi qu’il en soit, cette superstition est devenue largement répandue au fil des siècles et est encore très présente dans de nombreuses cultures à travers le monde. En France, elle est renforcée en plus par l’Histoire. En effet, le vendredi 13 octobre 1307, tous les Templiers de France sont arrêtés presque en même temps, au petit matin. Rappelons que ces derniers étaient devenus une puissance qui s’opposait aux seigneurs et au Roi du fait de l’importance de son réseau et de ses avoirs dans le système bancaire naissant. Une puissance financière acquise grâce aux privilèges concédés par le Saint-Siège et aux dons des fidèles mais aussi avec les fruits des pillages liés aux croisades. Il y a plus de 600 ans, le Roi de France était trop endetté (sic), le budget du Royaume était (déjà) un casse-tête… Mais point de 49.3 à l’époque, Phillipe Le Bel a liquidé ses dettes avec ses créanciers. C’est ainsi qu’on explique que si en France, le vendredi 13 est un jour de malchance, il est aussi porte-bonheur pour jouer à la loterie, rappelant le jackpot royal de 1307. D’ailleurs, la Française des Jeux profite de l’occasion pour organiser un super-loto.

    Alors d'où viennent ces croyances ?
    Alors d’où viennent ces croyances ?

    Notons que certains pays échappent à cette superstition. En Italie, la superstition néfaste frappe le vendredi 17, XVII (en chiffres romains) étant l’anagramme de VIXI, le mot latin pour « j’ai vécu ».  En Asie de l’Est, ce sont les 4 du mois qui sont associés au mauvais augure, une superstition très commune, plus particulièrement en Chine, à Taïwan, au Japon et en Corée.

    À faire ou ne pas faire un vendredi 13

    Ainsi que ce soit pour une raison ou une autre, le vendredi 13 reste un jour spécial dans le monde entier. On vous présente quelques particularités étonnantes.

    Fenêtres inclinées aux USA

    L’histoire des Etats-Unis comporte une tradition de « chasse aux sorcières ». Visiblement dans certains États on se méfie encore de ces êtres « imaginaires » (ou pas). Ainsi, le vendredi 13, vous pouvez ainsi croiser des fenêtres un peu spéciales, baptisées « witch windows », littéralement « fenêtres de sorcières ». Selon une ancienne croyance, ces fenêtres inclinées empêcheraient les sorcières d’entrer en bloquant leur balai.

    Au Mexique, on ne passe pas le balai n’importe où !

    Au Mexique aussi, on se méfie des balais, mais pas des balais volants. Ainsi, un coup de balai mal placé un vendredi 13 peut vous empêcher de vous marier ! En effet, la superstition veut que si l’on passe le balai sous les pieds de quelqu’un le vendredi 13 on lui prédit le célibat à vie.

    Le mardi pour les Espagnols et en Amérique Latine

    Contrairement aux Français qui redoutent le vendredi 13, pour l’Espagne et l’Amérique latine, c’est le mardi 13 qui est un jour de malchance pour les voyages ou les mariages. Cette croyance remonterait à Marte, nom du dieu de la guerre en espagnol. En effet, mardi se dit “martes” en castillan. Mais cette superstition remonterait aussi à l’épisode biblique de la Tour de Babel : le châtiment divin provoquant la confusion des langues serait apparemment tombé un mardi 13…

    En Finlande, l’État fait de la prévention

    Les autorités de Helsinki profitent de ce jour redouté du calendrier pour organiser chaque année une campagne nationale contre les accidents de la route. Elle a eu lieu le vendredi 13 septembre pour 2024.

  • Le cri d’alerte de Sylvie Serrano séparée de ses enfants en Allemagne

    Le cri d’alerte de Sylvie Serrano séparée de ses enfants en Allemagne

    À la suite de la publication de notre article « Les conjoints suiveurs face au divorce », nous avons été contactés par une lectrice engagée : Sylvie Serrano, qui connaît ce sujet de l’intérieur pour l’avoir vécu douloureusement. Elle a résidé en Allemagne et a connu une descente aux enfers après son divorce qui l’a vu séparer de ses enfants. Elle a été ensuite poursuivie par la justice ? Et même emprisonnée. C’est un cri d’alerte qu’elle lance avec Lesfrancais.press.

    Son témoignage poignant, désormais devenu livre et combat public, met en lumière un pan souvent méconnu des conséquences de la mobilité internationale : la séparation parentale à l’échelle transfrontalière. En toile de fond on retrouve les difficultés posées par le droit familial dans certains pays européens — en particulier l’Allemagne. La Française a souhaité médiatiser sa situation.  Elle lance d’ailleurs une association appelée Me Tiny. Dans l’entretien qu’elle nous a accordé elle nous explique pourquoi elle a aussi créé cette structure.

    Le terme « conjoint suiveur » désigne le conjoint d’une personne expatriée, qui suit son partenaire dans un autre pays pour des raisons professionnelles. Depuis des années, cette réalité sociologique concerne nombre de nos compatriotes de l’étranger. Mais derrière se nichent parfois des drames silencieux. Quand la séparation frappe ces couples, quand vient l’heure du divorce, la situation des enfants peut devenir alors problématique. Voire dramatique. Surtout quand le droit du pays de résidence protège à l’outrance le résident national au détriment du conjoint suiveur. C’est ce que nous raconte

    SYLVIE SERRANO
    SYLVIE SERRANO

    Une histoire personnelle devenue symbole

    Dans son livre « Les escrocs de l’injustice », récemment publié aux éditions Maïa, Sylvie Serrano raconte son parcours de mère française expatriée en Allemagne. Cette ancienne conjointe d’un médecin munichois est contrainte en 2018 de quitter le territoire allemand sans pouvoir emmener ses enfants.

    Aujourd’hui installée à Hossegor, elle n’a plus vu ses enfants depuis 5 ans. Suite à un différend avec son ex-conjoint, elle a été poursuivie par la justice allemande et condamnée par la justice française. Des peines qui interrogent pour une mère seulement préoccupée par le lien avec les siens. Elle dénonce cette situation d’« absurde et inhumaine ». Le pouvoir considérable de l’administration allemande de la jeunesse, le Jugendamt est pointé dans son livre.

    Le rôle contesté du Jugendamt

    Créé en 1922, cet office allemand de l’aide sociale à l’enfance est régulièrement dénoncé par des parents non allemands comme étant discriminatoire dans ses pratiques. La communication ne se fait qu’en allemand. L’office refuse presque systématiquement que les enfants mineurs quittent le territoire germanique. Et ses avis sont quasi systématiquement suivis par les juridictions familiales allemandes.

    Les escrocs de l’injustice
    Les escrocs de l’injustice

    Ce problème dépasse les cas individuels : des centaines de dossiers sont en souffrance au Parlement européen, comme l’a rappelé l’ex-eurodéputé Édouard Martin. En 2018, une résolution du Parlement européen exprimait sa « vive inquiétude » quant à la fréquence des discriminations contre les parents étrangers.  Le droit européen et les conventions internationales semblent méprisées. En particulier la Convention de La Haye sur les enlèvements d’enfants.

    Le mouvement MeTiny : une voix pour les mères

    De cette épreuve, Sylvie Serrano a tiré une initiative : le mouvement MeTiny, contraction de Me + Tiny (Moi et mon tout-petit).  L’objectif est de donner une voix aux mères séparées de leurs enfants dans un cadre international. Le mouvement milite pour que les systèmes judiciaires prennent mieux en compte le lien mère-enfant dans les procédures de divorce et de garde transfrontalières. « Des milliers de mères sont invisibilisées, réduites au silence par la complexité des systèmes juridiques étrangers et l’opacité des décisions de justice. MeTiny veut porter cette parole et exiger une réforme à l’échelle européenne », explique Sylvie Serrano.

    Une cause de plus en plus relayée

    Le 1er juin dernier, nos confrères du quotidien Le Parisien ont consacré un article aux conséquences du système du Jugendamt sur les parents français. Ont été évoqués notamment le cas de Sylvie Serrano et d’autres mères dans la même situation. Des associations comme Ratatouille, Familles Francophones d’Europe, participe aussi à ce travail de sensibilisation, souvent dans une relative indifférence politique.

    Une mobilisation nécessaire

    Alors que la mobilité européenne est encouragée, ces situations montrent l’envers du décor : le statut précaire des conjoints suiveurs, souvent sans emploi local, sans autonomie juridique, et en position de grande vulnérabilité au moment de la séparation. Ce sont majoritairement des femmes.

    Sylvie Serrano lance un appel aux lecteurs expatriés de Lesfrancais.press : « Cette cause vous concerne peut-être, directement ou indirectement. MeTiny a besoin de soutien, de relais et d’engagement. »


    En savoir plus avec le livre

    Rencontre avec Sylvie Serrano

    Nous avons pu échanger avec cette mère courageuse et combative.

    Lesfrancais.press : « Vous avez vécu l’expérience traumatique d’être séparée durablement de vos enfants après votre divorce en Allemagne. Pouvez-vous nous raconter votre histoire ? »

    Sylvie Serrano : « Mon histoire est contenue entièrement dans mon livre. Vous comprendrez que j’ai été séparée 2 fois d’avec mes enfants : en 2014, mes fils avaient alors 8, 10 et 13 ans, j’ai été séparée pendant 9 mois. Je suis alors retournée à Munich, ne voulant plus être éloignée d’eux. Mais je suis séparée d’eux désormais depuis 2020, mes fils avaient alors 14, 16 et 19 ans, cela fait 5 ans maintenant.

    « Je dénonce dans mon livre la rudesse de la justice allemande avec le parent non-allemand »

    Sylvie Serrano

    J’ai été depuis condamnée à une peine de prison de 18 mois pour un différend familial avec mon ex-mari, (peine totalement démesurée par rapport au délit), j’ai connu la fuite, Interpol, la prison en Italie, une évasion… Je me suis rendue alors à la justice française, qui doit appliquer la peine allemande : 9 mois de bracelet électronique à partir du 1er octobre prochain. La demande de grâce a encore été refusée par la justice bavaroise et je souhaite faire intervenir le gouvernement français. Je dénonce dans mon livre la rudesse de la justice allemande avec le parent non-allemand. »

    Lesfrancais.press : « Vous avez écrit ce livre poignant et engagé pour attirer l’attention de l’opinion sur ce sujet difficile. Avez-vous des retours des pouvoirs publics et pensez-vous faire bouger les lignes ? »

    Sylvie Serrano : « Je n’ai pas encore reçu de retour officiel des pouvoirs publics, mais c’est bien mon objectif ultime. Mon livre, tout juste paru, marque le point de départ d’un engagement public fort. Avec la parution d’un article dans Le Parisien, je compte mettre en lumière le mouvement #MeTiny que j’ai fondé.

    « J’ai la conviction que les lignes peuvent bouger, à condition que nous soyons nombreux à les pousser ensemble »

    Sylvie Serrano

    Je vais mobiliser tous les canaux possibles — réseaux sociaux, médias, presse, émissions télé — pour faire entendre cette cause essentielle : protéger le lien mère-enfant, surtout dans les procédures judiciaires. C’est un combat international. Une pétition internationale, disponible en plusieurs langues, est en cours pour faire entendre la voix des mères et des enfants au-delà des frontières, car elle constitue un levier important pour interpeller les autorités et démontrer l’ampleur du soutien citoyen. J’ai la conviction que les lignes peuvent bouger, à condition que nous soyons nombreux à les pousser ensemble. »

    Lesfrancais.press : « Le mouvement #MyTiny connaît son essor. Quel message faites-vous passer à celles qui souhaiteraient vous rejoindre ? »

    Sylvie Serrano : « Le mouvement #MeTiny est né d’une expérience personnelle douloureuse, mais il porte aujourd’hui une voix collective : celle de toutes les mères (et de leurs enfants) confrontées à une injustice silencieuse. Ce sujet est encore très méconnu, mais il détruit des vies.

    « Il est essentiel que la justice replace la relation mère-enfant au cœur de ses priorités, sans jamais la confondre avec les conflits juridiques ou financiers opposant les parents »

    Sylvie Serrano

    MeTiny milite aujourd’hui pour que soit votée une loi imposant la présence obligatoire d’experts indépendants – psychologues, pédopsychiatres, psychiatres – lors des audiences devant les juges aux affaires familiales. Le bien-être psychologique et émotionnel de l’enfant doit être réellement pris en compte dans chaque décision. Il est essentiel que la justice replace la relation mère-enfant au cœur de ses priorités, sans jamais la confondre avec les conflits juridiques ou financiers opposant les parents. L’intérêt supérieur de l’enfant doit redevenir la seule et unique boussole de chaque décision. Ces réalités doivent être portées et reconnues par les plus hautes instances internationales, telles que le Parlement européen, l’ONU et Amnesty International. »


    En savoir plus avec le livre

  • Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans en Europe ?

    Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans en Europe ?

    Suite à l’appel d’Emmanuel Macron à une interdiction harmonisée des réseaux sociaux pour les moins de quinze ans à l’échelle de l’UE, la Commission européenne a rappelé que les États membres sont libres de définir eux mêmes l’âge de la majorité numérique.

    Lors d’une interview accordée à France 2 mardi 10 juin, le président français a annoncé qu’il donnerait trois mois à Bruxelles pour légiférer sur le sujet, sans quoi la France appliquerait unilatéralement une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de quinze ans.

    « On doit interdire les réseaux sociaux aux moins de quinze ans », a affirmé le chef de l’État peu après le drame survenu dans un collège, où une surveillante a été tuée par un élève de quatorze ans. « Je nous donne quelques mois pour arriver à faire la mobilisation européenne. Sinon […] on commence à le faire en France. On ne peut pas attendre », a-t-il insisté.

    Lors d’une interview accordée à France 2 mardi 10 juin, le président français a annoncé qu’il donnerait trois mois à Bruxelles pour légiférer sur le sujet, sans quoi la France appliquerait unilatéralement une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de quinze ans. [EPA-EFE/LUDOVIC MARIN]
    Lors d’une interview accordée à France 2 mardi 10 juin, le président français a annoncé qu’il donnerait trois mois à Bruxelles pour légiférer sur le sujet, sans quoi la France appliquerait unilatéralement une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de quinze ans. [EPA-EFE/LUDOVIC MARIN]

    Majorité numérique 

    Interrogé à ce sujet, Thomas Regnier, porte-parole de la Commission, a expliqué à Euractiv que la décision de fixer un « âge de la majorité numérique », c’est-à-dire l’âge en dessous duquel les enfants doivent obtenir le consentement de leurs parents pour que leurs données soient traitées, relève de la compétence des États membres en vertu du règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’UE.

    La semaine dernière, la commissaire chargée des Technologies, Henna Virkkunen, avait déclaré que bloquer l’accès aux réseaux sociaux pour les utilisateurs de moins de quinze ans serait « difficile » en raison de la diversité des plateformes en ligne. Pour elle, les plateformes devraient plutôt donner la priorité à la sécurité dans la conception de leurs services et garantir un environnement en ligne sûr pour les mineurs.

    Le 6 juin, un groupe de sept États membres de l’UE a exhorté la Commission à proposer des règles européennes sur des mécanismes de vérification de l’âge plus stricts afin de bloquer l’accès des mineurs aux sites web pornographiques et préjudiciables. Au sein de ce groupe, la France, le Danemark et la Grèce souhaitent que l’« âge de la majorité numérique » soit fixé à quinze ans dans l’UE.

    « Nous partageons bien sûr le même objectif que le président [Emmanuel] Macron, à savoir rendre l’environnement en ligne plus sûr pour nos enfants », a poursuivi Thomas Regnier. L’UE continuera à appliquer son règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA), qui vise à protéger les enfants contre les contenus préjudiciables, a-t-il ajouté.

    Ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron plaide en faveur d’une restriction de l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de quinze ans. Il avait déjà appelé à une telle mesure avant les élections anticipées de juin 2024 en France.

    Parallèlement à cela, Paris a déjà pris des mesures sévères contre la pornographie dans le but de protéger les enfants sur le net. Les principaux sites pornographiques avaient jusqu’au 6 juin pour se doter de mécanismes de vérification de l’âge, ce qui a incité Aylo, la société mère de Pornhub et d’autres sites webs pornographiques, à bloquer trois de ses plateformes pour les utilisateurs français.

    Interrogée sur l’usage des VPN pour contourner ces restrictions, la ministre de l’Économie numérique et de l’IA, Clara Chappaz, a déclaré à Euractiv la semaine dernière que la nouvelle loi rendait tout de même l’accès à la pornographie beaucoup plus difficile pour les mineurs.

  • Demain : une nouvelle crise financière est-elle possible ?

    Demain : une nouvelle crise financière est-elle possible ?

    Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont le pays valeur refuge par excellence. Placer ses réserves, ses capitaux, ses gains aux États-Unis constitue un objectif pour de nombreux investisseurs, surtout en période d’incertitudes. Les États-Unis occupent cette position en raison de la puissance de leur économie, de leur armée et de leur monnaie. La stabilité institutionnelle — une Constitution en vigueur depuis 1787, sans coup d’État — constitue un gage de crédibilité, renforcé par une tradition de transparence. Cependant, les États-Unis deviennent à leur tour un foyer d’instabilité laissant planer une menace de nouvelle crise financière !

    Les motifs d’inquiétude s’accumulent : augmentation de l’endettement public, revirements présidentiels en matière de droits de douane, remise en cause de programmes de recherche. Les institutions démocratiques font l’objet d’attaques répétées, notamment de la part de Donald Trump qui cible en particulier le pouvoir judiciaire. Celui-ci entend également influencer le cours du dollar. Dans ce contexte, les investisseurs internationaux commencent à se détourner du marché américain.

    Le paysage financier mondial a profondément évolué, notamment aux États-Unis.  

    En 2008, les États-Unis ont été à l’origine de la plus grave crise financière depuis 1929, avec l’éclatement de la bulle des subprimes. Dix-sept ans plus tard, pourraient-ils à nouveau être responsables d’une crise financière de grande ampleur ? En moins de deux décennies, le paysage financier mondial a profondément évolué, notamment aux États-Unis. Un nouvel écosystème de gestionnaires d’actifs, de fonds spéculatifs, de sociétés de capital-investissement et d’acteurs de marché — parmi lesquels Apollo, BlackRock, Blackstone, Citadel, Jane Street, KKR ou Millennium — s’est imposé, tandis que les banques, les assureurs et les fonds traditionnels reculent. Ces nouveaux acteurs gèrent des milliers de milliards de dollars, souvent pour le compte de tiers. Apollo, Blackstone et KKR pilotent à eux trois plus de 2 600 milliards de dollars d’actifs, soit cinq fois plus qu’il y a dix ans.

    Sur la même période, les grandes banques américaines ont vu leurs encours ne progresser que de 50 %, atteignant 14 000 milliards de dollars. Ces entités sont de nature fondamentalement différente et moins régulées que les banques et les assureurs. Elles les remplacent progressivement dans plusieurs domaines. Apollo, pionnier du capital-investissement, est devenu en 2022 le premier émetteur d’annuités d’assurance-vie aux États-Unis après sa fusion avec sa filiale d’assurance.

    En dix ans, la valeur des titres américains détenus par des non-résidents a doublé.

    Ces groupes financent à la fois les ménages et des entreprises de premier plan, comme Intel. À lui seul, Apollo a prêté 200 milliards de dollars en 2024, contre 120 milliards de croissance nette pour les banques traditionnelles. Dans le secteur du trading, des sociétés comme Jane Street rivalisent désormais avec les grandes institutions : en 2024, elle a dégagé autant de revenus de courtage que Morgan Stanley.

    Les gestionnaires d’actifs orientent les capitaux vers des usages productifs, notamment dans les technologies de rupture. Le développement de l’intelligence artificielle est largement soutenu par le capital-risque et par des titres adossés à des infrastructures comme les centres de données. Cette efficacité a favorisé un afflux de capitaux étrangers. En dix ans, la valeur des titres américains détenus par des non-résidents a doublé, atteignant 30 000 milliards de dollars.

    Ce mode de financement suscite l’intérêt de l’Europe et de l’Asie, où les systèmes bancaires traditionnels peinent à mobiliser des ressources comparables. L’Union européenne s’efforce de construire un marché de capitaux unifié pour soutenir l’investissement. Cette transformation comporte néanmoins des risques. Le premier tient à l’absence de précédents.

    Les banques sont de plus en plus exposées aux acteurs non bancaires.  

    Les gestionnaires d’actifs n’ont jamais traversé de crise systémique. Il est difficile d’anticiper leurs comportements en cas de choc. Une panique ne peut être exclue. Si les souscripteurs d’annuités ou les apporteurs de capitaux redoutent des pertes, des retraits massifs pourraient engendrer un effet de contagion. Les banques sont en outre de plus en plus exposées aux acteurs non bancaires. Depuis 2020, les prêts bancaires à ces derniers ont doublé, atteignant 1 300 milliards de dollars. Les montants prêtés aux hedge funds sont passés de 1 400 à 2 400 milliards de dollars.

    L’opacité constitue une autre menace. Contrairement aux actifs côtés, les actifs non cotés sont peu liquides et rarement évalués à leur juste valeur. Des déséquilibres peuvent demeurer invisibles jusqu’à leur réévaluation brutale, entraînant des pertes en chaîne chez les investisseurs finaux.

    Les tensions institutionnelles, l’instabilité réglementaire et le ralentissement économique fragilisent l’ensemble du système. En cas de crise, se posera inévitablement la question du traitement des fonds gérés par les acteurs non bancaires, souvent au bénéfice d’investisseurs fortunés. Le sauvetage du secteur bancaire en 2008 a créé des crispations au sein des populations. Dans un contexte populiste, les gouvernements auront-ils les mêmes marges de manœuvre ? Néanmoins, face à une crise de nature systémique, ces derniers ont peu d’alternatives. La faillite de Lehman Brothers s’est révélée extrêmement coûteuse pour les États et les contribuables.

    En 2008, les grandes puissances avaient réagi collectivement dans le cadre du G20. Avec le retour du pouvoir de Donald Trump, le multilatéralisme n’est plus de mise, ce qui est une source évidente d’incertitudes en cas de survenue d’une crise de grande ampleur.