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  • Clémentine Latron : une illustratrice française qui croque la vie des expats

    Clémentine Latron : une illustratrice française qui croque la vie des expats

    Illustratrice, traductrice et autrice, Clémentine Latron vit aux Pays-Bas après avoir posé ses valises dans plusieurs villes à travers l’Europe et au-delà. Elle collabore régulièrement avec Courrier International, où ses dessins accompagnent la rubrique « Courier Expat » et offrent un regard aussi tendre que piquant sur les réalités de l’expatriation. Clémentine est une illustratrice française qui croque la vie des expats avec humour et nuance.

    C’est avec la bande dessinée Les Expats qu’elle a touché un large public francophone vivant à l’étranger. Ses personnages, pris entre choc culturel, quiproquos linguistiques et nostalgies culinaires, font écho à une expérience partagée par des millions de Français dans le monde. Elle est également l’autrice du Tour de France des expressions régionales (éditions First) et du livre « Dis-moi que tu es français sans me dire que tu es français » (Ed. Mango). Dans cet entretien pour Lesfrancais.press, Clémentine Latron revient sur son parcours, ses projets, et son regard aiguisé sur la langue, l’identité et l’humour en terre étrangère.

    Etes vous un expat ? ©Clémentine Latron
    Etes vous un expat ? ©Clémentine Latron

    Clémentine Latron, sa vie d’expatriée

    Lesfrancais.press : « Vous avez vécu dans de nombreuses villes, avant de vous installer à Amsterdam. En quoi ce parcours nomade a-t-il façonné votre regard sur les cultures, et votre manière de dessiner ? »

    Clémentine Latron : « Effectivement j’ai pas mal déménagé dans mon enfance (une dizaine de fois, entre l’hexagone et l’outre-mer) puis effectué plusieurs stages ainsi qu’un semestre Erasmus à l’étranger avant de m’installer à Amsterdam. Je pense que cela a très certainement aiguisé mon sens de l’observation et m’a plongé dans le bain des différences culturelles, que j’adore illustrer. Pour ce qui est de ma manière de dessiner je ne pense pas que cela ait eu un réel impact – si ce n’est que j’ai commencé à dessiner sous forme de planches de 6 vignettes au moment où j’ai commencé à dessiner pour Courrier international. »

    Êtes-vous un expat à cheval sur les traditions © Clémentine Latron
    Êtes-vous un expat à cheval sur les traditions © Clémentine Latron
    Lesfrancais.press : Vous collaborez régulièrement avec Courrier International pour illustrer ce que certains appellent « le vivre ailleurs ». Comment s’est construite cette collaboration et qu’aimez-vous dans cet exercice d’illustration éditoriale autour de la vie à l’étranger ?

    Clémentine Latron : « Courrier international m’a contactée alors que je venais d’arriver aux Pays-Bas, pour me proposer d’illustrer la vie d’expat dans la rubrique Courrier Expat. J’ai bien évidemment sauté sur l’occasion. Ce que j’aime avec cet exercice, c’est que j’ai vraiment carte blanche : je peux aussi bien illustrer les mésaventures d’une française à l’étranger que les coutumes néerlandaises que je vais trouver rigolotes ou les petites manies des Français, parce que forcément, quand on vit à l’étranger, on porte aussi un regard différent sur sa propre culture ; c’est de là qu’est né mon livre Dis-moi que tu es français sans me dire que tu es français, qui porte sur toutes les petites habitudes très françaises dont j’ai découvert qu’elles l’étaient en vivant à l’étranger ! »

    Clémentine Latron, croque le quotidien des Français de l’étranger

    Lesfrancais.press : « Les Expats, votre BD parue chez First, a conquis de nombreux lecteurs francophones à l’étranger. Comment ce projet est-il né et comment avez-vous choisi les situations que vous mettez en scène ? »

    Clémentine Latron :  « Les Expats est en fait un recueil de mes chroniques sur Courrier international. Ces illustrations naissent en général de situations que j’ai vécues moi-même ou qu’on m’a racontées, d’observations au quotidien, de discussions avec les gens… Dès que quelque chose peut faire l’objet d’un dessin, je note ! Disons que 90 % sont des situations vécues, même si parfois j’exagère un tout petit peu. »

    Quand un expat français rencontre un expat français © Clémentine Latron
    Quand un expat français rencontre un expat français © Clémentine Latron
    Lesfrancais.press : « En tant qu’autrice qui vit à l’étranger et observe les Français expatriés avec bienveillance, selon vous : qu’est-ce qui fait le sel (ou le manque) de notre identité lorsqu’on vit loin de la France ? »

    Clémentine Latron : « S’il y a une chose que j’ai remarquée c’est que dès que je publie une illustration en rapport avec la nourriture, il y a un nombre de réactions incroyable de la part des lecteurs. Donc je dirais, sans aucune hésitation : le rapport avec la nourriture, entre nostalgie des spécialités françaises et chauvinisme du croissant ! »

    Lesfrancais.press : « Vous explorez depuis plusieurs années la vie à l’étranger à travers vos dessins, vos mots et vos collaborations. Si vous deviez résumer en une idée ce que l’expatriation vous a appris, sur vous-même, sur les autres, ou même sur la France, que diriez-vous ? Et que souhaitez-vous continuer à explorer à travers vos créations dans les années à venir ? »

    Clémentine Latron : Je ne saurais pas dire précisément ce qu’elle m’a appris, mais ce qui est sûr c’est que si je n’étais pas partie à l’étranger, je n’en serais pas là où j’en suis aujourd’hui dans ma carrière ! Car ce sont mes dessins humoristiques sur la vie à l’étranger qui m’ont amenée à collaborer avec Courrier international et finalement m’ont fait connaître.

    « Si je n’étais pas partie à l’étranger, je n’en serais pas là où j’en suis aujourd’hui dans ma carrière »

    Clémentine Latron

    De là sont ensuite nées des collaborations avec des institutions comme les Alliances françaises ou la Cité internationale de la langue française, avec lesquelles j’ai eu la chance d’illustrer des sujets touchant aussi à la langue et aux expressions françaises (ce qui me plait particulièrement car je suis traductrice de formation) ou encore l’Ambassade de France aux Pays-Bas, avec laquelle j’ai travaillé l’année dernière autour des Jeux Olympiques. J’adorerais travailler avec des alliances françaises d’autres pays, ou partir sur des projets en rapport avec le voyage. J’ai toujours un carnet avec moi quand je voyage, où je griffonne mes observations.

    Les moments de solitude à l'étranger ©Clémentine Latron
    Les moments de solitude à l’étranger ©Clémentine Latron

    Dans les valises de tout expatrié, entre les papiers administratifs, le dictionnaire des faux-amis et le sachet de madeleines, il devrait toujours y avoir une bonne dose d’humour. Car vivre ailleurs, c’est souvent apprendre à rire de ses maladresses, à sourire des différences, et à transformer chaque décalage en clin d’œil complice. Clémentine Latron incarne à merveille cette philosophie : avec ses dessins pleins d’esprit et de tendresse, elle rappelle que l’humour est peut-être le plus fidèle compagnon de route de celles et ceux qui choisissent d’habiter le monde. Une boussole intérieure, légère mais essentielle, pour garder le cap loin de chez soi.

    Vous pouvez retrouver Clémentine sur Instagram (@clementinelatron), où elle partage avec humour et finesse ses dessins du quotidien, ses carnets de voyage et ses réflexions illustrées sur la vie à l’étranger.
  • STAFE : la campagne 2026 est ouverte

    STAFE : la campagne 2026 est ouverte

    Désormais, les associations établies hors de France et œuvrant au service des Français à l’étranger connaissent le STAFE. Pour mémoire, ce dispositif a été créé en 2018 en remplacement de la réserve parlementaire. Ce fonds de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger (STAFE) vient notamment aider financièrement la réalisation de projets en faveur des expatriés. La campagne 2026 est ouverte : toutes les associations dédiées aux résidents français dans le monde entier peuvent donc d’ores et déjà déposer leurs dossiers. Lesfrancais.press vous rappelle l’essentiel des informations à connaître.

    Des associations aidées partout dans le monde

    Doté à l’origine de 2 millions d’euros, le STAFE avait été ramené à 1,6 million d’euros en 2025. Cette même année, 227 dossiers ont été validés et ont ainsi bénéficié d’une aide financière accordée par la France pour mener à bien leur activité.

    Sur nos antennes, notamment dans l’émission « Initiatives Expats », plusieurs bénéficiaires sont venus partager leur expérience : du dépôt du dossier à la réalisation du projet. De Madagascar à la Belgique, en passant par le Canada, la Côte d’Ivoire ou bien encore le Vietnam, pour ne citer que quelques exemples.

    Un STAFE 2026 pour sensibiliser notamment à l’écologie et au sport

    Pour solliciter une subvention du STAFE (Soutien au tissu associatif des Français à l’étranger), l’association doit présenter un projet à vocation éducative, caritative, culturelle ou d’insertion socioéconomique, qui bénéficie à nos compatriotes expatriés.

    © Consulat de France à New York

    Une attention particulière sera, entre autres, portée cette année aux initiatives visant à sensibiliser la communauté française hors de France à l’écologie et aux risques climatiques, ainsi qu’à l’égalité entre les femmes et les hommes et aux droits des femmes. Les projets visant à promouvoir la pratique du sport et ceux reposant sur des critères sociaux seront aussi plus facilement retenus.

    Quels sont les critères à respecter pour le STAFE 2026 ?

    Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères stipule que les critères à respecter pour les associations souhaitant bénéficier d’une subvention STAFE en 2026 sont les suivants :

    • Les associations doivent être enregistrées localement et le cas échéant en France (loi 1901)
    • Les associations doivent exister depuis plus d’un an au moment du dépôt du dossier (enregistrement des statuts et réalisation d’activités depuis plus d’un an). En effet, le STAFE n’est pas destiné à soutenir la création d’associations.
    • Le budget annuel global (recettes totales 2024) de l’association ne doit pas excéder 1 million d’euros.
    • Le montant de la subvention sollicité au titre du projet doit être inférieur à 15 000€ (contre 25.000 € lors des campagnes précédentes)
    • La subvention ne doit pas être la seule source de financement du projet. Le financement maximum par la subvention est fixé à 50% du coût du projet. De manière exceptionnelle, ce taux est plafonné à 80% pour les petites associations dont le budget global n’excède pas 10 000 € et qui sollicitent une subvention inférieure à 3 000 € au titre du projet.
    • La part des salaires et charges salariales du personnel permanent est limitée à 15% du budget global du projet

    À titre dérogatoire, il avait été évoqué la possibilité que certains projets récurrents puissent désormais être éligibles, lorsque la nature de l’activité de l’association le justifie. Cette nouveauté reste encore à confirmer.

    Comment retirer un dossier pour le STAFE 2026 ?

    Les responsables d’associations peuvent donc retirer un dossier de demande de subvention auprès de l’ambassade ou du consulat du pays de résidence, comme par exemple à Munich, au plus tard le 17 octobre 2025. Les dossiers sont ensuite à compléter et à retourner auprès des postes (ambassade ou consulat) au plus tard le 27 octobre 2025.

    Quels processus pour l’attribution des aides ?

    Une fois le dossier de l’association déposé, ils seront, dans un premier temps, examinés par les services de l’ambassade ou du consulat, puis présentés ensuite au sein du conseil consulaire, au sein duquel les élus sont présents, qui va émettre un avis motivé et détaillé.

    Les documents de votre dossier STAFE 2026 ©Adobe Stock
    Les documents de votre dossier STAFE 2026 ©Adobe Stock

    Pour cette campagne 2026 du STAFE, le rôle de l’échelon local devrait être renforcé. Un groupe de travail spécifique sur l’évolution du dispositif avait été mis en place par la DFAE (Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire) avec les élus consulaires. Des nouvelles propositions de fonctionnement avaient été proposées, relayées également par Laurent Saint-Martin, le ministre délégué actuel en charge du commerce extérieur et des Français de l’étranger.

    Toutefois, ce sera toujours la commission consultative nationale associant élus, associations représentatives des Français de l’étranger et administration qui statuera au final. Celle-ci se réunira en mars 2026 afin d’étudier l’ensemble des dossiers présentés pour la campagne 2026 du STAFE.

    Vous disposez désormais de l’essentiel des informations pour déposer un dossier STAFE 2026. N’hésitez pas à partager avec nous vos retours d’expérience sur les démarches menées par vos associations, à la fois les obstacles rencontrés mais aussi vos réussites.

  • Vers la fin de la guerre en Ukraine ?

    Vers la fin de la guerre en Ukraine ?

    Au lendemain de la réunion avec Donald Trump et plusieurs dirigeants européens, Volodymyr Zelensky a publié un message sur X, mardi 19 août, affirmant que le sommet de Washington D.C fut « une avancée significative vers la fin de la guerre et la garantie de la sécurité de l’Ukraine et de notre peuple ». Si on ne peut que se réjouir de la fin de celle-ci, on peut s’interroger sur le prix exigé par Vladimir Poutine soutenu par Donald Trump. On fait le point pour les Français de l’étranger.

    Une véritable paix ?

    Invité de RTL mardi 19 août, Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, a estimé qu’un paix durable entre la Russie et l’Ukraine est peu probable.

    « Je crains que nous ne puissions pas avoir de véritable paix avec le régime russe tel qu’il est aujourd’hui et l’Ukraine démocratique que nous connaissons »

    Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique

    En effet, à l’issue des deux réunions, seul un accord prévoyant l’acquisition de 90 milliards de dollars d’équipements militaires américains de la part de Kiev, grâce à des financements européens était acté. Le Financial Times, qui a dévoilé les contours de cet accord en premier, évoquait quant à lui un budget de 100 milliards de dollars (85 milliards d’euros environ). Selon le journal britannique, Kiev et Washington pourraient également signer un accord à hauteur de 50 milliards de dollars pour acheter des drones produits par entreprises ukrainiennes.

    Le sommet de Washington sur l'Ukraine, à la Maison Blanche, le 18 août 2025. © Alexander Drago / REUTERS
    Le sommet de Washington sur l’Ukraine, à la Maison Blanche, le 18 août 2025. © Alexander Drago / REUTERS

    Tout le reste est à faire ! Frontières, langue, etc… Les Européens ont insisté pour que ces sujets, qui touchent à la souveraineté ukrainienne, soient évoqués par les chefs d’États des deux puissances en conflit. Message entendu par Donald Trump qui, en pleine réunion, a appelé Vladimir Poutine afin de commencer à organiser une telle rencontre.

    Un sommet Zelensky-Poutine « en Europe » ?

    Car l’autre résultat de la réunion à Washington, c’est donc l’acceptation par Vladimir Poutine de rencontrer Volodymyr Zelensky dans les deux semaines à venir. Ce qui serait une première depuis l’invasion russe le 24 février 2022.

    « Nous avons décidé d’avoir un rendez-vous bilatéral entre les deux présidents, d’avoir ensuite une trilatérale (avec Donald Trump, ndlr), puis une multilatérale où les Européens doivent être à la table. »

    Emmanuel Macron, après la réunion à Washington D.C

    Un tel entretien pourrait-il avoir lieu en Europe ? « C’est plus qu’une hypothèse, c’est la volonté collective », affirme le chef de l’État, qui assure qu’il ne sera pas organisé en France, comme lors de la rencontre Zelensky-Poutine de 2019, mais dans « un pays neutre ». « Peut-être la Suisse, je plaide pour Genève », déclare-t-il. « Ou un autre pays : la dernière fois qu’il y a eu des discussions bilatérales, c’était à Istanbul (Turquie). »

    Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président américain Donald Trump se sont rencontrés le 18 août 2025 à Washington pour tenter de mettre fin à la guerre en Ukraine. © AL DRAGO / REUTERS
    Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président américain Donald Trump se sont rencontrés le 18 août 2025 à Washington pour tenter de mettre fin à la guerre en Ukraine. © AL DRAGO / REUTERS

    Emmanuel Macron pense même « qu’il faut faire » une exception à Vladimir Poutine si la réunion a lieu dans un pays reconnaissant la Cour pénale internationale, et donc devant arrêter le président russe, visé par un mandat d’arrêt. « Le travail de la justice doit venir, nous sommes nous-même signataires de ces traités », assure-t-il. « Mais il est président en exercice, il a un principe d’immunité. Il faut que la paix avance, donc il faut trouver un lieu. » D’ailleurs, ce mardi, la Suisse a offert l’immunité à Vladimir Poutine en cas de réunion sur son sol.

    Le travail sur les garanties de sécurité

    Dernier point majeur abordé lors du sommet de Washington : les garanties de sécurité apportées à l’Ukraine après un accord de paix.

    « Nous avons acté pour la première fois que nous lancions le processus de travail sur les garanties de sécurité »

    Emmanuel Macron, après la réunion à Washington D.C

    Dès ce mardi à la mi-journée, « nous réunissons avec le Premier ministre britannique Keir Starmer la coalition des volontaires pour les tenir au courant », souligne-t-il. « Dans la foulée, nous lançons le travail concret avec les Américains, pour voir qui est prêt à faire quoi. »

    Ces garanties de sécurité ne prendront pas la forme d’un engagement de l’Ukraine dans l’Otan, Donald Trump y étant opposé. Leur objectif reste « de dissuader (les Russes) par une armée ukrainienne forte, qui pourra résister » en cas de nouvelle invasion, souligne Emmanuel Macron. Au point d’engager les alliés de l’Ukraine dans une guerre face à la Russie ? « Si la Russie prenait la responsabilité de revenir provoquer aux confins de l’Europe après un accord de paix, à ce moment-là, il y aurait une réaction », prévient-il.

    Même en cas de paix en Ukraine, Emmanuel Macron met en garde face aux ambitions de la Russie. « C’est devenu durablement une puissance de déstabilisation et une menace potentielle pour beaucoup d’entre nous », pointe le président de la République.

    « Un pays qui investit 40% de son budget dans de tels équipements, qui a mobilisé une armée de plus d’1,3 million d’hommes, ne reviendra pas à un état de pays et un système démocratique ouvert du jour au lendemain. Ne soyons pas naïfs. Y compris pour sa propre survie, il a besoin de continuer de manger. C’est un prédateur, un ogre à nos portes. »

    Emmanuel Macron, après la réunion à Washington D.C

    Du coté de Kiev

    Évidemment, les regards des Ukrainiens étaient tournés vers Washington lundi soir. Parmi eux, notre compatriote David Franck, président du conseil consulaire des Français de l’étranger. Lors de notre entretien avec lui, nous avons pu constatait, comme la grande majorité des Ukrainiens, qu’il était soulagé sur le sujet du partage de l’Ukraine. Les premiers échos de la capitale américaine laissaient sous-entendre que « pour les territoires, il est possible qu’ils s’en tiennent à la ligne de front. »

    Autre point qui a rassuré le premier des Français installés en Ukraine est que « les garanties de sécurité seraient un contrôle aérien des USA avec les Européens, et au sol par la coalition des volontaires. »

    Mais déjà dans la capitale ukrainienne, on pense à l’après-guerre comme nous le révélait David Franck ce matin : « Il est fort à parier que des élections en Ukraine vont suivre, en cas d’accord de paix.  A voir si Zelensky se présentera… »

    En conclusion, « les choses avancent vers une cessation des hostilités, mais restons prudents » comme nous le disait notre compatriote.

  • La zone euro : une rentière ?

    La zone euro : une rentière ?

    La zone euro se caractérise par l’abondance de son épargne, conséquence d’un faible niveau d’investissement. Cette situation n’est pas sans lien avec le fait qu’elle est l’un des marchés où le capital rapporte le moins. Ce double constat pose une question cruciale : l’Europe doit-elle employer ses ressources pour financer sa propre renaissance technologique, et donc économique, ou accepter de devenir une rentière vivant des revenus produits ailleurs ?

    Le taux d’épargne brute des ménages de la zone euro dépasse régulièrement 15 % du revenu disponible depuis 2020, contre seulement 5 à 8 % aux États-Unis. Ce différentiel, qui ne s’est jamais inversé depuis quinze ans, traduit un comportement de précaution mais aussi un manque d’appétence pour l’investissement productif au sein de la zone. Par ailleurs, les ménages ont tendance à freiner autant que possible leur consommation.

    Cette préférence marquée pour l’épargne se traduit par une balance courante de la zone euro largement excédentaire, entre 2 et 3,5 % du PIB depuis 2013. Autrement dit, chaque année, l’Europe exporte du capital net vers le reste du monde – et notamment vers les États-Unis – alors même que ses besoins de modernisation sont élevés.

    L’investissement hors d’Europe est lié au faible rendement du capital sur le continent. La rentabilité des fonds propres (RoE) des entreprises européennes est systématiquement inférieure de 3 à 5 points à celle des entreprises américaines. En 2024, le RoE américain atteignait environ 15 %, quand la zone euro plafonnait à 10 %.

    Contrairement aux États-Unis, la productivité par heure travaillée progresse faiblement en Europe depuis vingt ans. Depuis 2010, aux États-Unis, la productivité a augmenté de 25 % quand les salaires réels ont progressé de 15 %. Dans la zone euro, les ratios respectifs sont de 10 % à 12 % chacun. De ce fait, en Europe, la part des profits dans la valeur ajoutée est bien plus faible qu’outre-Atlantique.

    La faible rentabilité des entreprises européennes s’explique également par la faiblesse de la recherche et développement. Elles n’y consacrent qu’environ 1,5 % du PIB, contre 2,5 % aux États-Unis. L’investissement dans les technologies de l’information et de la communication représente 2,7 % du PIB dans la zone euro contre près de 4 % outre-Atlantique. Ces écarts, répétés année après année, produisent un déficit d’innovation, de robotisation et de modernisation industrielle, qui alimente le cercle vicieux d’une rentabilité moindre.

    Le taux d'épargne des ménages a progressé dans l'ensemble des pays de la zone euro ©Adobestock
    Le taux d’épargne des ménages a progressé dans l’ensemble des pays de la zone euro ©Adobestock

    L’Europe à la croisée des chemins

    L’Europe a le choix entre deux voies. La première s’inscrit dans le prolongement du rapport Draghi de 2024 qui fait le pari d’un rattrapage. Celui-ci supposerait une utilisation domestique de l’épargne afin de financer un surcroît d’investissement de 4,5 points de PIB, soit près de 900 milliards d’euros par an. Pourraient ainsi être financés la transition énergétique, le numérique, la défense et les innovations de rupture. Cela suppose de réorienter au moins 400 milliards d’euros que les Européens placent chaque année aux États-Unis, soit la moitié du supplément d’investissement visé. Cette réorientation nécessite une augmentation de l’attractivité des marchés européens (Union de l’épargne et de l’investissement).

    Toujours dans la logique du rattrapage économique, l’Europe devra remédier à la faiblesse du niveau de formation des actifs. Elle devra également réduire les lourdeurs bureaucratiques qui pénalisent la créativité. En France et en Allemagne, une maîtrise des coûts salariaux est aussi indispensable.

    L’autre voie est celle de la poursuite du déclin, la stratégie de résignation. Elle consiste à admettre que l’Europe ne rivalisera pas sur la rentabilité du capital et à continuer d’investir massivement à l’étranger. Les revenus tirés de ces placements serviraient à financer la protection sociale – notamment les retraites – comme le fait le Japon. Dans ce pays, l’excédent courant dépasse 3 % du PIB, alors que la balance commerciale des biens et services est proche de zéro. Le pays vit en partie de ses dividendes et intérêts étrangers. Il est devenu un rentier vivant sur son capital. À court terme, cette seconde voie garantit des revenus élevés pour l’épargne et peut stabiliser les comptes sociaux sans réforme structurelle douloureuse. Cette solution risque néanmoins, si elle était choisie par les Européens, de les enfermer dans une dépendance aux marchés étrangers et particulièrement américains. Elle entérinerait le décrochage industriel et technologique européen. Dans un contexte de révolution de l’IA, de reconfiguration énergétique et de fragmentation géoéconomique, ce choix pourrait marginaliser durablement le continent.

    L’Europe peut donc soit devenir un rentier mondial, comme le Japon, et utiliser ses excédents pour financer ses retraites, soit investir massivement, au prix d’un effort collectif, d’une baisse relative de la consommation et d’une refonte de ses structures productives.

  • Genève, Traité mondial sur le plastique : « échec cuisant »

    Genève, Traité mondial sur le plastique : « échec cuisant »

    Alors que la production mondiale de plastique devrait tripler d’ici 2060, la perspective d’un accord a été compromise par les pays opposés à des restrictions sur la production, notamment les pays pétroliers, la Russie, l’Inde, les États-Unis et la Chine.

    « Malgré tous nos efforts, nous devons repartir les mains vides », a reconnu vendredi 15 août un représentant de la petite nation insulaire de Tuvalu, à l’issue d’un marathon de négociations effréné de 24 heures qui s’est soldé par l’échec des pourparlers.

    Un représentant de l’Afrique du Sud a déclaré que « les positions restent très éloignées », trop éloignées pour parvenir à un quelconque traité.

    Échec d’année en année

    En 2024, une première série de négociations sur un traité mondial sur les plastiques s’était également soldée par un échec à Busan, en Corée du Sud.

    Outre le plafonnement de la production, le financement des pays en développement s’est avéré le sujet le plus controversé lors des longues négociations en Suisse, qui se sont soldées par ce que le Centre pour le droit international de l’environnement (CIEL), observateur des négociations, a qualifié d’« échec cuisant ».Le processus, qui repose sur le consensus, est « fondamentalement brisé », a ajouté le groupe.

    Des délégués lors des négociations pour un traité mondial contre la pollution plastique, tard dans la soirée du 14 août 2025, au siège genevois des Nations Unis, en Suisse. © Fabrice Coffrini, AFP
    Des délégués lors des négociations pour un traité mondial contre la pollution plastique, tard dans la soirée du 14 août 2025, au siège genevois des Nations Unis, en Suisse. © Fabrice Coffrini, AFP

    Agnes Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, s’est dite « déçue » et « en colère ».

    « Une poignée de pays, guidés par des intérêts financiers de court terme et non par la santé de leurs populations et la durabilité de leur économie, ont bloqué l’adoption d’un traité ambitieux contre la pollution plastique »

    Agnes Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique.

    Les efforts visant à élaborer un traité mondial sur les plastiques vont repartir de zéro après ce nouvel échec, le prochain cycle de négociations devant débuter sur la base du texte rejeté en Corée du Sud l’année dernière. Les révisions apportées au texte en Suisse seront tout simplement abandonnées. Le calendrier du prochain cycle de négociations n’a pas encore été fixé.

  • Martha Peciña, une candidature de rupture pour unir la gauche dans la 5e circonscription

    Martha Peciña, une candidature de rupture pour unir la gauche dans la 5e circonscription

    Alors que les Français d’Espagne, du Portugal, d’Andorre et de Monaco s’apprêtent à retourner aux urnes pour élire un ou une nouvelle députée, Martha Peciña présente une candidature de rupture pour unir la gauche dans la 5e circonscription des Français de l’étranger. Investie par La France insoumise, elle mise sur un programme social, mais surtout sur une stratégie d’alliance pour faire barrage à la droite et à l’extrême droite.

    Écouter le podcast avec Martha Peciña.

    Martha Peciña : une trajectoire à l’étranger

    Née d’une mère française et d’un père basque-espagnol, Martha Peciña a un parcours aussi international que militant. Après un master en histoire axé sur les inégalités sociales en Amérique latine, elle passe plus de dix ans aux États-Unis, d’abord comme journaliste, puis au sein du consulat général de France à New York. Une expérience qui forge son engagement : « J’ai pu identifier, me familiariser avec les enjeux et les problématiques des Françaises et des Français de l’étranger ».

    Martha Peciña, candidate LFI, soutenue par les Écologistes, 5e circonscription des Français établis hors de France.
    Martha Peciña, candidate LFI, 5e circonscription des Français établis hors de France.

    À Bilbao depuis 2021, elle dirige une entreprise de conseil en égalité professionnelle et prévention des violences sexistes et sexuelles. Ce fil rouge de la justice sociale traverse son engagement politique, notamment comme ancienne représentante du personnel : « J’ai constaté les conséquences dramatiques des coupes budgétaires sur les agents du ministère des Affaires étrangères et évidemment sur l’impact sur les usagers ».

    L’union comme impératif

    C’est en 2022, à l’occasion de la présidentielle et des législatives, qu’elle s’engage pleinement pour La France insoumise (LFI), séduite par le projet de la NUPES. « L’union, c’était la seule façon de pouvoir gagner une élection », affirme-t-elle. Aujourd’hui, elle se revendique comme la candidate du collectif Agissons Ensemble, rassemblant des militants de diverses sensibilités politiques, parfois non encartés.

    « J’ai constaté les conséquences dramatiques des coupes budgétaires sur les agents du ministère des Affaires étrangères »

    Martha Peciña, candidate LFI, 5e circonscription des Français établis hors de France

    Mais l’unité n’est pas encore une réalité. En effet, le PS et le PRG appellent à une candidature d’union, mais sans rallier Martha Peciña, pour l’instant. Si cela devait déboucher sur une autre candidature à gauche, pour notre invitée, ce serait une faute politique : « Le risque d’un deuxième tour avec la droite et le Rassemblement national, il existe en cas de désunion de la gauche ».

    Martha Peciña et les militants
    Martha Peciña et les militants

    Malgré tout, localement, elle assure que les ponts ne sont pas rompus : « On a une bonne entente avec les différents partis de la gauche française, de LFI à Place publique », dit-elle, citant les précédentes candidatures unifiées dans la circonscription.

    Une députée LFI… mais de rassemblement

    Si elle est élue, Martha Peciña siégera dans le groupe LFI à l’Assemblée nationale. Mais elle promet de garder à l’esprit l’équilibre de la coalition. « Ce qui nous rassemble est plus important que les désaccords », martèle-t-elle, notamment sur les sujets économiques et sociaux, qui restent selon elle la priorité.

    « L’union, c’était la seule façon de pouvoir gagner une élection »

    Martha Peciña, candidate LFI, 5e circonscription des Français établis hors de France

    Sur la loi budgétaire à venir, sa position est claire : « Je vais voter la censure de cette proposition d’austérité. Le gouvernement Bayrou propose de supprimer deux jours fériés et une nouvelle réforme de l’assurance chômage ». Une politique qu’elle dénonce comme étant la suite logique des « cadeaux fiscaux faits aux plus riches », notamment via la suppression de l’ISF (Impôt de solidarité sur la fortune).

    « Je vais voter la censure de cette proposition d’austérité »

    Martha Peciña, candidate LFI, 5e circonscription des Français établis hors de France

    Interrogée sur la possibilité que cette censure soit votée aussi par le RN, elle refuse l’argument du piège. « Je ne sais pas ce que fera le Rassemblement National… Mais le RN n’a pas censuré le gouvernement Bayrou la première fois », renvoyant la balle à Renaissance et LR qui, selon elle, n’hésitent pas à voter avec l’extrême droite « sans que cela ne soit souligné par la presse ».

    Les priorités pour la circonscription

    Pour les Français de la cinquième circonscription, Martha Peciña revendique un ancrage concret. Trois mesures phares sont au cœur de sa campagne. D’abord, « rétablir des fonctions administratives aux consulats de Bilbao et de Séville », aujourd’hui limités à l’influence culturelle. Elle souhaite aussi « en finir avec les fermetures successives des instituts français », citant ceux de Valence, Séville et Porto.

    « Je me rendrai à Madrid, Barcelone, Lisbonne, Valence… L’idée, c’est vraiment de parcourir la circonscription »

    Martha Peciña, candidate LFI, 5e circonscription des Français établis hors de France

    Deuxième pilier : la réforme des aides à la scolarité. Elle propose de « revoir le calendrier des commissions et les critères d’attribution » des bourses scolaires, notamment pour les familles monoparentales ou en garde partagée. Enfin, elle appelle à « l’amélioration des échanges d’informations administratives au sein de l’Union européenne », notamment pour l’homologation des diplômes, les retraites et la sécurité sociale.

    Une campagne d’été, une candidate de terrain

    Malgré une campagne estivale difficile à animer, Martha Peciña prévoit de sillonner la circonscription. « Je me rendrai à Madrid, Barcelone, Lisbonne, Valence… L’idée, c’est vraiment de parcourir la circonscription », dit-elle.

    À notre micro, elle annonce également un rassemblement le 10 septembre à Madrid contre le gouvernement Bayrou, et appelle à « organiser un débat avec l’ensemble des candidats et candidates », pour permettre un vote éclairé.

    Une candidature qui veut rassembler, pas diviser

    Pas de grand parrainage pour Martha Peciña, mais une équipe mobilisée. « Moi, je n’ai pas de parrain, mais j’ai quelque chose de bien plus précieux : un collectif », affirme-t-elle. Un collectif hétéroclite, des enseignants aux retraités, en passant par les étudiants, entrepreneurs ou militants associatifs. Pour elle, la victoire de la gauche passe par là : « On est unis, et c’est ça qui fait notre force ».

    Le premier tour aura lieu le 28 septembre. Vote par Internet ouvert du 19 au 24. Reste à savoir si l’appel à l’unité sera entendu.

  • Jean-Louis Mainguy : Un homme de foi et d’arts au service des Français de l’étranger 

    Jean-Louis Mainguy : Un homme de foi et d’arts au service des Français de l’étranger 

    Architecte d’intérieur à la renommée internationale, Jean-Louis Mainguy, Franco-Libanais né à Beyrouth le 11 octobre 1953, nous a quitté ce 15 août 2025. Depuis, les témoignages se succèdent sur les réseaux sociaux pour rendre hommage à ce Français de l’étranger tant impliqué dans la vie de ses compatriotes expatriés. 

    Au service des Français de l’étranger

    Jusqu’au dernier jour, Jean-Louis Mainguy fut président d’honneur de l’Union des Français de l’étranger du Liban (UFE), une association à laquelle il s’est voué corps et âme en tant que président de 2004 à 2015 pour rassembler la communauté française installée au pays du Cèdre. Il était aussi vice-président de l’Union des Français de l’étranger Monde (France).

    Dans un communiqué, l’UFE a salué la mémoire d’un « président exceptionnel, visionnaire, innovateur, généreux et humain », qui a marqué « le paysage français et franco-libanais de son empreinte unique (…) Son souvenir demeurera à jamais dans nos cœurs ».

    L’engagement de Jean-Louis Mainguy se prolongea aussi sur le champ politique comme élu des Français du Liban puis de la région en siégeant à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) de 2006 à 2021. Des mandats au cours desquels « ses interventions étaient expertes et utiles en particulier sur les enjeux liés à la sécurité des Français établis à l’étranger, fort de son expérience auprès des Français du Liban » comme le souligne Ronan Le Gleut, sénateur des Français de l’étranger dans une publication Facebook.

    Lors de la session plénière de l'assemblée desFrançais de l'étranger qui s'est tenue en visioconférence du 8 au 12 mars 2021 au ministère de l'Europe et des affaires étrangères.
    Lors de la session plénière de l’assemblée desFrançais de l’étranger qui s’est tenue en visioconférence du 8 au 12 mars 2021 au ministère de l’Europe et des affaires étrangères.

    En tant qu’administrateur de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE), « il a œuvré avec détermination en faveur de l’action sociale et de la solidarité » selon Olivier Cadic, sénateur des Français de l’étranger. Un point que les élus de droite comme de gauche ont salué à l’instar de Karim Ben Cheikh qui dans un texte hommage raconte leur dernière rencontre.

    « Il y a de cela trois semaines au Liban, nous avions une nouvelle fois parlé de l’avenir de la CFE dans le contexte actuel. Il savait mieux que quiconque à quel point la CFE est un pilier majeur de toute politique de protection sociale pour les Français de l’étranger. »

    Karim Ben Cheikh, député des Français de l’étranger d’Afrique du Nord et de l’Ouest.

    Mais Jean-Louis Mainguy eut également exercé des responsabilités académiques à l’Académie libanaise des beaux-arts (Alba, 2015-2018) et s’est investi dans plusieurs institutions culturelles et patrimoniales libanaises. Car Jean-Louis Mainguy est un homme à multiples facettes.

    Chevalier de Justice de Saint-Jean de Jérusalem

    Ainsi Jean-Louis Mainguy était également un homme de foi. En 2014, il décide d’entamer des vœux perpétuels dans l’Ordre de Malte, adoptant le titre de Frère (Fra’) JeanLouis Mainguy, conjuguant ainsi spiritualité et création, avec ce retour à l’essentiel, aux sources. Il était décoré Chevalier de Justice en vœux perpétuels de l’Ordre souverain militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte en tant que moine religieux de l’Ordre depuis 2011.

    Annonce du décès par l’Ordre de Malte Liban ©Ordre de Malte Liban
    LOrdre de Malte Liban

    « Hier soir, notre Ordre a perdu un de ses membres les plus chers : Fra’ Jean-Louis Mainguy. Pilier de foi, d’engagement et d’élégance spirituelle, il a guidé notre association avec humilité. Architecte de renom, il a choisi de mettre ses talents au service du Seigneur et de notre mission. Fra’ Jean-Louis fut le seul Chevalier Profès de Vœux Solennels au Moyen-Orient depuis neuf siècles, portant avec dignité l’héritage spirituel de notre Ordre dans la région. Ces derniers mois, il a affronté la maladie avec la même discrétion et humilité qui ont marqué toute sa vie. »

    Annonce du décès de Jean-Louis Mainguy par l’Ordre de Malte

    Ce fut une autre manière pour Fra’ Jean-Louis Mainguy de continuer d’aider son prochain, une mission d’ailleurs à laquelle il a consacré sa vie dans chaque rôle joué avec amour et partage. Des valeurs qui l’ont aussi animé dans son parcours professionnel, car il avait une troisième corde à son arc : l’architecture d’intérieur. 

    Aménager les bâtiments prestigieux

    En tant qu’architecte d’intérieur, au Liban, il a notamment signé l’aménagement de bâtiments prestigieux. En 2021, Jean-Louis Mainguy a réalisé l’objet d’art Precious is Life, une boîte de soins en acier micro-sablé, en hommage aux victimes de la double explosion du port de Beyrouth du 4 août 2020 et au patrimoine architectural perdu.

    Création de Jean-Louis Mainguy ©jlm-arch.com
    Création de Jean-Louis Mainguy ©jlm-arch.com

    Il est également le fondateur du cabinet Jean-Louis Mainguy Architecture Intérieure SAL, qu’il dirigea avec rigueur depuis 1980. Diplômé de l’Alba, il a aussi affiné son savoir-faire à l’Ensad à Paris, puis s’est spécialisé en scénographie pour le théâtre et le cinéma en Angleterre.

    Son champ d’action s’est aussi étendu sur tous les continents, notamment à des résidences, hôtels, restaurants et bureaux dans les pays du Golfe, aux États-Unis, en France, en Angleterre et en Espagne.

  • Le voleur et l’assassin

    Le voleur et l’assassin

    Ils sont les maîtres du monde. Du monde ancien. Nostalgie de la guerre froide, Lavrov est arrivé en Alaska avec un tee-shirt « CCCP ». Entre le voleur et l’assassin, l’assassin a pour lui le prestige du sang. Trump se couche, remercie Vladimir, une journaliste russe tente de se suicider en prison, les drones s’abattent sur des civils ukrainiens. Oublions les sentiments et la morale. Comment la première puissance mondiale, ancien phare de la démocratie, peut-elle offrir un sommet de prestige à une dictature appauvrie, une armée poussive, un allié de la Chine et l’Iran ? Euphorie du pouvoir, celle de diriger le monde comme le faisaient les superpuissances. Ce vieux monde, glaçant, va fondre.

    Jamais si peu d’individus n’ont concentré autant de pouvoir sur un si grand nombre d’hommes.

    Avec un système d’information ouvert, des sociétés complexes, des interconnexions permanentes, comment le système de pouvoir reste-il à ce point archaïque ? Jamais si peu d’individus n’ont concentré autant de pouvoir sur un si grand nombre d’hommes.

    Poutine et Trump représentent la caricature du système d’État. L’un et l’autre ont construit leur carrière sur la prédation. Trump était en cheville avec les mafias américaines et russes, à New York et Atlantic City; il continue à mêler présidence et affairisme. Poutine a bâti son ascension avec la mafia de Saint-Pétersbourg, avec le chantage, la corruption, les assassinats.

    Le principe est la capture des flux monétaires. Pour les voyous cela s’appelle le racket. Pour un État, le principe est le même. Une douane, un péage, capte une partie d’un flux. Un État est un système pyramidal. Il existe par la force à l’intérieur, voire à l’extérieur. La rencontre Trump-Poutine établit la complicité de deux systèmes assis sur des certitudes, celles du rapport de force, celles de territoires. Dans la tête des deux dirigeants s’impriment des cartes plus que des populations. Peu importe que la Crimée coûte plus cher qu’elle ne rapporte, que le Donbass soit un champ de ruine, qu’il est plus simple d’acheter des minerais que d’annexer le Groenland, le raisonnement se veut bâti sur le sol, du dur. Parce que l’État est conçu comme une construction :« un territoire, une population, sur lesquels s’exerce le monopole de la force ». La contrainte peut être limitée par le droit ou arbitraire. Poutine et Trump s’admirent parce qu’ils s’affranchissent du droit. Ils se renforcent l’un l’autre. Ils peuvent réussir, un temps.

    Le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue américain, Donald Trump, le 15 août 2025 en Alaska. ©ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP
    Le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue américain, Donald Trump, le 15 août 2025 en Alaska. ©ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

    Le principe est la capture des flux monétaires. Pour les voyous cela s’appelle le racket. Pour un État, le principe est le même.

    Poutine a mis l’économie russe aux ordres. Dans un premier temps elle fut distribuée entre affidés, les oligarques. Le Kremlin a éliminé ceux qui ne lui baisaient pas la main. Avec l’invasion de l’Ukraine, les chutes d’oligarques se sont accélérées. Une opposition aurait pu naître d’élites économiques. Mais une dictature se justifie dans la guerre. Désormais, l’économie russe est une économie militaire, avec l’omniprésence de l’armée et de la corruption. L’État russe est redevenu « dirigiste ».

    Trump, d’une autre façon, agit de même. La restauration de droits de douane symbolise l’État racketteur. Le contribuable américain paie. Trump rackette aussi les entreprises. Après avoir interdit la vente de puces d’NVIDIA à la Chine, il l’autorise moyennant 15% sur les ventes, une taxe à l’exportation ! Les menaces de Trump contre le Président de la Réserve fédérale ou les chefs d’entreprise traduisent sa volonté de diktat économique.

    Illustration ©Nvidia
    Illustration ©Nvidia

    À se demander si le dirigisme économique, ce protectionnisme, le cynisme de la guerre, le mépris du droit international ne marquent pas la revanche de l’étatisme. Les grands de ce monde, bel ensemble d’assassins et voleurs, sont d’accord pour renforcer leur pouvoir, leurs prébendes, leurs faveurs, sous prétexte de « souverainisme », cache sexe national du « contrôle ». Pourquoi mettre à prix la tête de Maduro 50 millions de dollars quand on a Poutine ou Ben Salmane sous la main ? Le patron mexicain des « Cartels unis » n’en vaut que 10. Les Européens apparaissent comme des niais et des naïfs, à tondre.

    Les deux compères se sont mis d’accord pour que « les Européens comprennent », ne se mettent pas en travers de « la paix ».

    En Alaska, les deux compères se sont mis d’accord pour que « les Européens comprennent », ne se mettent pas en travers de « la paix ». Russie et États-Unis sont complices pour détruire l’Union Européenne. L’Ukraine en est le moyen. La plupart des Européens l’ont compris. Quelques-uns, les demis habiles, jouent les idiots utiles.

    Les systèmes de pouvoir classiques reposent sur la force d’un côté, la captation de richesses de l’autre. Du sommet de la pyramide, les États rayonnent, rançonnent. L’économie, instable par nature, déteste les stocks, n’est qu’échange, mouvement, flux. Une économie dirigiste est forcément aveugle, elle ignore l’imprévu, le changement. Un plan qui ne peut être modifié ne peut pas être un bon plan. L’État forme barrage sur tout mouvement. La force, celle de l’État chinois ou du seigneur de guerre soudanais, permet le racket, légal ou non. On peut toujours négocier avec plus fort ou plus faible que soi si on peut partager un gain. En aucun cas le droit ne doit surgir comme moyen d’arbitrage

    Les deux dirigeants près du podium « Alaska 2025 ». ©AFP/Getty/Andrew Harnik/Andrew Caballero-Reynolds
    Les deux dirigeants près du podium « Alaska 2025 ». ©AFP/Getty/Andrew Harnik/Andrew Caballero-Reynolds

    L’Europe représente une proie riche et faible, qui peut être rançonnée, surtout si elle est divisée. La Russie agite sa menace, l’Amérique sa protection, payante. Elle forme aussi cet Objet Politique Non Identifié, alliance fondée sur le droit, une ineptie, dangereuse par nature. L’Union Européenne n’est qu’un enchevêtrement de traités, Russie et États-Unis s’assoient sur les traités, de l’OSCE au Mémorandum de Varsovie. Ils renieront demain tout accord signé par eux. Trump pousse le cynisme à proposer à l’Ukraine une garantie similaire à celle de l’article 5 de l’Otan. Mais il a douté de la validité de l’article 5 ! Mais les États-Unis ont déjà garanti les frontières de l’Ukraine, comme la Russie !

    L’économie, la nouvelle, a besoin de droit. De droit international, supranational, extra-national.

    C’est là que le bât blesse. D’une part, les Européens ne sont pas désunis. Ils sont renforcés par le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, le Japon, la Corée, et bien d’autres qui craignent les états voyous, surtout s’ils sont forts. Ensuite la structure du pouvoir pyramidal se fissure. L’économie, la nouvelle, a besoin de droit. De droit international, supranational, extra-national.

    Qu’est-ce qu’un bras de fer avec la Chine si la Chine menace de suspendre elle aussi des ventes de minéraux rares ? Qui peut gagner la guerre hybride, la guerre informationnelle, quand tout le monde voit les menteurs mentir en direct, c’est-à-dire se ridiculiser ? Qu’est-ce qu’un État quand il dépend de sa dette, de ses créanciers, de ses fournisseurs, de ses clients, des connexions internet, des réseaux ? Qu’est-ce qu’un territoire quand la richesse est immatérielle et se déplace à volonté ? Les flux débordent. Le mouvement l’emporte. Ni Trump ni Poutine, ni Xi Jinping ne peuvent maîtriser le monde. Ils peuvent voler, tuer, rendre le monde plus dangereux, ils ne peuvent pas contrarier trop longtemps sa marche. À une condition, évidemment, c’est qu’on n’obéisse pas à leurs oukases.

    La paix en Ukraine sera la paix quand la frontière se traversera librement par les Ukrainiens et les Russes, comme entre la France et l’Allemagne.

    La paix en Ukraine, comme ailleurs, sera la paix quand la frontière se traversera librement par les Ukrainiens et les Russes, comme entre la France et l’Allemagne. Il ne faudrait pas demander de sécuriser la frontière, il faudrait demander une frontière ouverte, démilitarisée sur cent kilomètres. Alors on verrait les Russes choisir leur régime. Aucun régime policier ne supporte une frontière ouverte. C’est la vraie cause de la guerre : un virus libéral gagnait l’Ukraine, il risquait d’envahir la Russie. Un jour, il le fera. En espérant que la démocratie ne choisisse ni assassin, ni voleur. Dans une démocratie, parfois, ils vont en prison, ou du moins on les change.

  • La prescription fiscale passe à 10 ans en France

    La prescription fiscale passe à 10 ans en France

    La loi de Finances pour 2025, promulguée cet été, introduit une mesure majeure pour les contribuables, notamment pour les Français résidant à l’étranger : le délai de prescription fiscale passe de 6 à 10 ans pour certains impôts. Cette réforme, qui s’inscrit dans une volonté de renforcer la lutte contre la fraude fiscale et d’harmoniser les règles avec les standards internationaux, a des implications directes pour les expatriés. Voici ce qu’il faut savoir pour anticiper et sécuriser votre situation fiscale.

    Le délai de prescription fiscale ?

    Le délai de prescription fiscale correspond à la période pendant laquelle l’administration fiscale française peut contrôler, rectifier ou réclamer des impôts non payés ou mal déclarés. Jusqu’à présent, ce délai était généralement de 6 ans (3 ans pour les erreurs de bonne foi, 6 ans en cas de dissimulation ou d’omission). Désormais, il est porté à 10 ans pour les impôts sur le revenu, les successions, les donations, et certains impôts locaux, sous certaines conditions.

    Qui est concerné par cette extension ?

    Cette mesure vise principalement :

    • Les contribuables détenant des avoirs à l’étranger (comptes bancaires, placements, biens immobiliers).
    • Les Français expatriés ayant des revenus ou un patrimoine en France (loyers, plus-values, héritages, etc.).
    • Les non-résidents fiscaux soumis à l’impôt français sur leurs revenus de source française.

    Mais attention, l’extension à 10 ans s’applique en cas de manquement délibéré (dissimulation, absence de déclaration, fausse déclaration) ou de comptes non déclarés à l’étranger.

    Illustration @adobestock
    Illustration @adobestock

    Quels impôts sont concernés ?

    Tous les impôts ne seront pas concernés, mais les principaux, évidemment, rentreront dans le champ d’application de cette nouvelle disposition de prescription fiscale.

    Ainsi, l’Impôt sur le revenu (y compris les revenus fonciers en France) comme les droits de succession et de donation (notamment pour les biens situés en France) et l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) pour les expatriés possédant des biens immobiliers en France seront dans le viseur.  Les Plus-values immobilières réalisées en France seront logiquement incluses dans ce dispositif.

    Impots.gouv.fr illustration ©Ministère du Budget
    Impots.gouv.fr illustration ©Ministère du Budget

    Pourquoi cette réforme ?

    L’État français justifie cette extension par :

    • La lutte contre l’évasion fiscale, notamment via les paradis fiscaux.
    • L’alignement sur les pratiques internationales (comme aux États-Unis ou en Allemagne).
    • Le renforcement des échanges d’informations entre administrations fiscales (norme CRSCOEOCDE).

    Pour les expatriés, cela signifie une vigilance accrue dans la déclaration de leurs revenus et patrimoines, sous peine de sanctions rétroactives sur une décennie.

    Les risques pour les Français de l’étranger ?

    La première conséquence c’est que les contrôles fiscaux seront plus fréquents. Les services fiscaux français croisent depuis cette année systématiquement les données avec celles des pays partenaires (via les accords d’échange automatique d’informations).

    Et si vous êtes en infraction, les pénalités majorées s’appliqueront, en cas de manquement, les intérêts de retard et les amendes peuvent atteindre 80 % du montant dû (voire 100 % en cas de fraude avérée).

    Il est donc important pour les expatriés de conserver leurs justificatifs (avis d’imposition, relevés bancaires, contrats) pendant 10 ans, contre 6 ans auparavant.

    Pour conclure, cette réforme renforce l’importance de la transparence fiscale pour les expatriés. Une déclaration rigoureuse est la meilleure protection contre les risques de redressement. N’hésitez pas à consulter le guide fiscal des non-résidents sur le site des impôts.

  • En Ukraine : la résilience des Français expatriés

    En Ukraine : la résilience des Français expatriés

    Alors que les présidents Donald Trump et Vladimir Poutine se sont rencontrés ce vendredi en Alaska, Lesfrancais.press a choisi, de son côté, de se rendre en Ukraine. Ainsi, nous faisons le point sur la situation avec David Franck, conseiller des Français de l’étranger et résident à Kyiv (Kiev). Il évoque, entre autres, la résilience des Français d’Ukraine et le quotidien de nos compatriotes sur place. Il rappelle également à tous nos compatriotes que cette guerre avec la Russie est aussi la leur. « Nous ne pouvons pas tourner la tête ailleurs et ne pas se sentir concernés ».

    Guerre Russie – Ukraine : quel bilan ?

    Lesfrancais.press : « David Franck, près de trois ans et demi après le début de l’invasion russe en Ukraine, vous avez choisi de rester à Kiev, comme d’autres de nos compatriotes. Quel bilan dressez-vous de ces quarante-deux mois de guerre ? »

    David Franck : « Nous sommes effectivement restés à Kyiv (Kiev), malgré les risques encourus et la vie compliquée. Cette guerre représente un beau gâchis mais nous montre l’importance d’être au sein d’une Union, et pointe les difficultés pour avancer à 27.

    David Franck, président du conseil consulaire des Français d'Ukraine
    David Franck, président du conseil consulaire des Français d’Ukraine

    Côté russe : La Russie a envahi l’Ukraine pensant trouver sur place un accueil chaleureux, ils y ont trouvé porte close et une haine sans limites. La Russie avait un souci démographique, elle l’a accentué. Son économie est bien affaiblie, mais elle a su se rapprocher de la Chine et de l’Inde. D’un autre côté, elle a perdu ses points d’attache au Moyen-Orient, Syrie, Liban et surtout Iran, mais aussi ses liens avec l’Azerbaïdjan et l’Arménie.

    « Cette guerre représente un beau gâchis, mais nous montre l’importance d’être au sein d’une Union, et pointe les difficultés pour avancer à 27 »

    David Franck, Conseiller des Français de l’Étranger en Ukraine

    Coté ukrainien : L’Ukraine a su montrer sa capacité à résister, face à un ennemi quatre fois plus fort. Elle force le respect par sa résilience, son inventivité et son audace. Son économie tient le coup malgré quelques pénuries. Elle aura toute sa place dans l’Union européenne à la fin du conflit. Elle a une armée vaillante et inventive. Aujourd’hui, tout le monde sait placer l’Ukraine sur une carte géographique, ce qui était rarement le cas avant le conflit.

    Depuis 2014, l'armée ukrainienne lutte contre les forces sécessionnistes soutenues par la Russie dans la partie orientale du pays - ©ministère de la Défense d'Ukraine / Flickr
    Depuis 2014, l’armée ukrainienne lutte contre les forces sécessionnistes soutenues par la Russie dans la partie orientale du pays – ©ministère de la Défense d’Ukraine / Flickr

    Coté Union européenne : Des dissensions sont apparues avec la Hongrie et la Slovaquie, mais les 25 autres pays soutiennent avec fermeté l’Ukraine. Nous voyons bien le leadership de notre Président Emmanuel Macron, appuyé dorénavant par le nouveau Chancelier Friedrich Merz. Pour l’aide à l’Ukraine, la Grande-Bretagne s’est également rapprochée des pays de l’UE, comme avant le Brexit. Ce trio de tête mène une coalition des volontaires pour aider l’Ukraine dans les meilleurs délais, même si pour nous Français, c’est trop lent.

    « Pour une majorité d’entre nous, il existe une collusion entre les Présidents Donald Trump et Vladimir Poutine »

    David Franck, Conseiller des Français de l’Étranger en Ukraine

    Coté États-Unis : Le changement de Président a déjà entraîné une répercussion en février 2025 qui a failli être fatale pour l’Ukraine, quand la livraison des armes et les renseignements militaires américains se sont arrêtés. Pour une majorité d’entre nous, il existe une collusion entre les Présidents Donald Trump et Vladimir Poutine. En tout cas, les derniers rebondissements le laissent penser : au moment où des sanctions massives devaient s’appliquer, il recule en ouvrant sa porte au Président Vladimir Poutine, sans tenir compte des crimes contre l’humanité pour lesquels il est poursuivi par la Cour Pénale Internationale, plus de 20 mille enfants Ukrainiens déportés et se trouvant dorénavant sur un site russe pour être « placés » dans des familles russes.»

    Les Français d’Ukraine, las de cette guerre

    Lesfrancais.press : « La communauté française en Ukraine est-elle marquée par la lassitude ou a-t-elle su s’adapter à cette situation prolongée ? »

    David Franck : « Bien entendu, nous sommes las de cette guerre, mais nous avons su bien évidemment nous adapter. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous comporter comme les Ukrainiens, d’être résilients, et courageux. Certains Français malheureusement sont obligés de réduire leurs activités dans leur entreprise, par manque de clients et par manque de personnels :  En effet, beaucoup partent à l’armée.

    David Franck, président du conseil consulaire des Français d'Ukraine
    David Franck, président du conseil consulaire des Français d’Ukraine

    Mais nous sommes surtout soucieux de voir évoluer l’attitude des Français de métropole vis-à-vis de ce conflit, arguant ici ou là que cette guerre ne nous concernerait pas. Ils devraient se préoccuper de notre réarmement, et de notre collaboration avec les autres pays européens, car nous sommes déjà attaqués par la Russie (dans le cyberespace, dans nos hôpitaux, les mains rouges et la peinture verte taguées dans Paris) et nous devons pouvoir nous défendre, nous et nos alliés européens, avec ou sans l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord).

    Nous ne pouvons pas réitérer les erreurs du passé et nous devons nous préparer en cas d’attaques sur un des pays Baltes, la Moldavie ou la Pologne. C’est essentiel pour notre pays et nos compatriotes. Nous ne pouvons pas tourner la tête ailleurs et ne pas se sentir concernés. Cette guerre est « Notre Guerre », comme le souligne dans son ouvrage éponyme, le géopoliticien Nicolas Tenzer, enseignant à Sciences Po et à l’École Normale Supérieure. »

    « Nous sommes surtout soucieux de voir évoluer l’attitude des Français de métropole vis-à-vis de ce conflit, arguant ici ou là que cette guerre ne nous concernerait pas »

    David Franck, Conseiller des Français de l’Étranger en Ukraine

    Lesfrancais.press : « Qu’en est-il de la présence française sur place ? L’ambassade, le consulat, le lycée et les alliances culturelles par exemple maintiennent-ils la totalité de leurs activités malgré la guerre ? »

    David Franck : « L’Ambassade et le Consulat fonctionnent normalement. Nous avons des procédures en cas d’alertes qui sont scrupuleusement suivies. Nous avons également récupéré la compétence électorale, nous pouvons refaire tous les documents administratifs (passeports, CNI e, certificats de mariage…) et l’octroi des visas peut se faire dans des délais normaux. Nous n’avons pas d’avions, mais la valise diplomatique fonctionne relativement bien.

    Ambassade de France en Ukraine ® MEAE
    Ambassade de France en Ukraine ® MEAE

    Fin 2022, nous étions 470 inscrits au registre des Français et nous sommes actuellement 530. Ce ne sont pas les mêmes types de personnes qui s’installent, il s’agit dorénavant pour beaucoup, de personnes d’Organisations Non Gouvernementales.

    « Le lycée Anne de Kyiv (Kiev) fonctionne en présentiel avec plus de 200 enfants pour la prochaine rentrée, alors que nous n’étions que 60 en 2022-2023 »

    David Franck, Conseiller des Français de l’Étranger en Ukraine

    Le lycée Anne de Kyiv fonctionne en présentiel avec plus de 200 enfants pour la prochaine rentrée, alors que nous n’étions que 60 en 2022-2023, et l’AEFE, (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) dont il dépend, commence à permettre le retour des enseignants (qui le souhaitent) comme résidents.

    Lycée Français Anne de Kyiv (Kiev) ®_lyceefrancaisdekiev
    Lycée Français Anne de Kyiv (Kiev) ®_lyceefrancaisdekiev

    Je tiens ici à remercier particulièrement notre ancienne ministre des Affaires Étrangères, Madame Catherine Colonna, qui a eu le courage d’autoriser la réouverture du lycée, malgré les risques. Les Alliances Françaises comme l’Institut Franco-Ukrainien fonctionnent tous correctement, suivant les procédures de sécurité mises en place. Toutes ces institutions fonctionnent et ont su s’adapter et montrer leur résilience ; il faut le souligner. »

    Les attentes des Français d’Ukraine

    Lesfrancais.press : « Quelles sont aujourd’hui les principales attentes des ressortissants français établis en Ukraine à l’égard de la France ? »

    David Franck : « Nous sommes attentifs aux soutiens militaires et civils de la France. Elle fait beaucoup sous l’impulsion de notre Président, et bien évidemment, nous aimerions qu’elle fasse davantage. Plusieurs mécanismes de soutien au tissu économique ont été mis en place et nous ne pouvons que nous en réjouir. Mais comment se fait-il que la France achète encore du pétrole et du gaz russes, même si nous savons que le terme de ces achats est déjà programmé ?

    « Ce ne sera pas en faisant capituler l’Ukraine que la guerre s’arrêtera, bien au contraire. »

    David Franck, Conseiller des Français de l’Étranger en Ukraine

    Comment se fait-il que l’Union européenne et/ou l’OTAN laisse encore sortir par la mer Baltique des navires fantômes qui vont alimenter la machine de guerre russe ? Il faut plus d’implication à tous les niveaux, français comme européen, afin de tarir les revenus russes. Car ce n’est que par ce biais que la guerre peut prendre fin. Ce ne sera pas en faisant capituler l’Ukraine que la guerre s’arrêtera, bien au contraire. »

    Qui pour mettre fin au conflit entre la Russie et l’Ukraine ?

    Lesfrancais.press : « Selon vous, à qui nos compatriotes accordent‑ils le plus leur confiance pour mettre un terme à ce conflit ? La France ? L’Union européenne ? Donald Trump ? Volodymyr Zelensky ? »

    David Franck : « Bien évidemment, les Français résidant en Ukraine, bombardés de façon quasi quotidienne par les missiles et les drones russes, accordent leur confiance au Président Volodiymyr Zelensky, soutenu par les Européens. Le Président Donald Trump veut reprendre les échanges économiques avec la Russie, grâce à la signature d’un document sur lequel sera écrit « Cessez le feu », sans tenir compte de la signature de son prédécesseur Bill Clinton en 1994 sur un autre document : « Le Mémorandum de Budapest ».

    Le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue américain, Donald Trump, le 15 août 2025 en Alaska. ©ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP
    Le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue américain, Donald Trump, le 15 août 2025 en Alaska. ©ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP
    Lesfrancais.press : « Quelles sont les premières réactions des Français vivant en Ukraine de la rencontre entre les présidents Poutine et Trump, tenue le 15 août en Alaska, ainsi que de la conférence de presse qui a suivi ce sommet ? »Lesfrancais.press : « Selon vous, à qui nos compatriotes accordent‑ils le plus leur confiance pour mettre un terme à ce conflit ? La France ? L’Union européenne ? Donald Trump ? Volodymyr Zelensky ? »

    David Franck : « À la suite de la visite du Président Poutine sur le sol américain en Alaska, nous, Français d’Ukraine, ne sommes pas étonnés de la piètre pièce de théâtre qui s’est déroulée devant nos yeux cette nuit. Le Président Poutine a obtenu sa photo de vainqueur pour la montrer à son peuple, a fait un pied de nez à l’Occident qui lui déroule un tapis rouge, malgré le sang qu’il a sur les mains, et a humilié l’Ukraine par son absence, montrant qu’elle ne compte pas. Il montre à nouveau qu’il ne comprend que la force, et voit dans notre façon de vivre, une décadence, une faiblesse.

    Lors des questions des journalistes, on a vu le Président Russe bien énervé par des questions qu’on ne lui poserait pas dans son pays. On a bien remarqué le fossé entre les deux mondes. Voyons si les sanctions américaines resteront, voire se durciront, si jamais aucun accord commercial n’était convenu. Il ne devrait pas y avoir de suite à cette pantalonnade, à moins que le Président Trump ne se soit engagé pour une visite en Russie. Les Américains comprendront-ils l’humiliation subie par son Président et à quel niveau bas il vient de mettre la première puissance mondiale ?

    J’espère une réunion dans les jours suivants entre l’Ukraine, les États-Unis, la Grande Bretagne, et l’Union Européenne pour une suite plus musclée à donner à ce dictateur, pour défendre nos valeurs, notre liberté et notre Europe. »