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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 14.01.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 14.01.2025

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le mardi 14 janvier 2025 et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Aujourd’hui dans nos titres : La déchéance de l’abbé Pierre – Censuré ou non ? – La mule bancaire, une nouvelle arnaque

    Neuf nouvelles accusations de violences sexuelles

    Contre l’iconique l’abbé Pierre qui perd définitivement son aura après ces révélations qui se succèdent depuis l’année dernière. Ces plaintes sont les fruits du troisième rapport du cabinet mandaté par Emmaüs International, Emmaüs France et la Fondation Abbé Pierre pour faire la lumière sur les agissements de l’abbé Pierre, de son vrai nom Henri Grouès. En juillet 2024, la première salve de révélations basées sur 7 témoignages avait provoqué une onde de choc tant l’abbé Pierre, défenseur inlassable des mal-logés et des plus démunis, a longtemps fait figure de référence. En septembre, un second rapport contenant 17 nouveaux témoignages avait conduit la Fondation Abbé Pierre à annoncer sa décision de changer de nom et Emmaüs à fermer définitivement le lieu de mémoire dédié au prêtre situé à Esteville (Seine-Maritime).

    Neuf nouvelles accusations de violences sexuelles contre l'abbé Pierre
    Neuf nouvelles accusations de violences sexuelles contre l’abbé Pierre

    François Bayrou présente son programme

    Ces derniers jours, députés et sénateurs ont été nombreux à organiser les cérémonies de vœux dans leurs circonscriptions. Mais, ils reprenaient hier le chemin de Paris et de leurs activités législatives. Et les premières séances s’annoncent particulièrement animées. C’est en effet dans un contexte politique tendu que s’ouvre cette session de travaux parlementaires. Avec comme premier grand rendez-vous, le discours de politique générale du Premier Ministre, François Bayrou, prévu ce 14 janvier. La coupure de Noël a ainsi permis de laisser du temps entre le moment de sa désignation et la présentation, plus solennelle, des orientations politiques du Premier Ministre devant les députés et les sénateurs. Pour autant, le risque de la censure est toujours présent. Jusqu’aux dernières heures, le locataire de Matignon négocie avec le PS qui désire une suspension de la réforme des retraites pour ne pas voter la censure promise par LFI mais si ce dernier cède aux exigences du parti à la rose, ce sont Les Républicains, alors, qui pourraient voter la censure. Réponse à 15h (heure de Paris).

    François Bayrou
    François Bayrou

    Une nouvelle arnaque bancaire

    Les Français de l’étranger ont de nombreuses difficultés à conserver un compte en France. Il serait dommage de compliquer les relations avec son établissement bancaire en étant victime d’une arnaque. La méthode de la « mule bancaire » est encore méconnue mais elle se popularise dans l’Hexagone. Ces derniers mois, un nombre croissant de plaintes liées à cette arnaque ont été recensées en France. Cette dernière a pour objectif de blanchir l’argent souvent issu de la drogue. Elle consiste pour les malfaiteurs à réaliser un virement bancaire sur le compte d’un particulier en prétextant avoir commis une erreur via un SMS envoyé à la victime afin que celle-ci renvoie la somme versée à son expéditeur. Il ne faut surtout pas répondre et contacter votre banque qui se chargera des contrôles et effectuera le renvoi des fonds elle-même, vous dédouanant de toute responsabilité.

    Et voilà c’est ainsi que s’achève ce flash quotidien des expatriés. On se retrouve demain mercredi 15 janvier pour une nouvelle édition, d’ici là passez un beau mardi où que vous soyez.

    Écouter le bulletin quotidien des Français de l’étranger

  • Frédéric Varin, le notaire spécialisé pour les Français de l’étranger (Ep 2)

    Frédéric Varin, le notaire spécialisé pour les Français de l’étranger (Ep 2)

    Écouter le podcast avec Frédéric Varin

    Aujourd’hui, c’est le deuxième volet des entretiens Lesfrancais.press avec Frédéric Varin, notaire, que nous vous proposons. Depuis l’étranger, il est en effet parfois complexe de régler certains dossiers juridiques. Aussi, notre invité est un spécialiste reconnu des questions notariales liées aux Français de l’étranger. Il vous partage ses conseils. C’est d’ailleurs au sein du regroupement des « Notaires de France » que Me Varin développe cette expertise pour les expatriés. Et au cours du podcast du jour, la fiscalité et l’immobilier sont inclus au menu. Alors que se passent-ils lors des transactions ? Quid de la plus-value ? Et en cette période, quelle position adopter : celle de vendre, d’acheter ou d’attendre ? Alors qu’une augmentation des frais de notaire était prévue, qu’en-est-il exactement ? Les réponses à ces questions, et d’autres encore, vous les retrouvez dans cette interview.

    Expatrié et exonérations fiscales lors de vente immobilière

    Alors que le statut de la résidence d’attache ou de repli avec la France n’est pas encore effectif pour les expatriés, certains de nos compatriotes vivant à l’étranger sont tentés de vendre leurs biens immobiliers situés sur le territoire national.

    Vendre un bien en france
    Vendre un bien en france

    Mais que se passe-t-il quand une plus-value est enregistrée par un non-résident au cours de ce type de transaction ? Des exonérations, notamment de prélèvements sociaux sont, en outre, possibles. Comment ? C’est ce que nous explique Me Varin au cours de cette interview.

    « Quand on est non-résident et qu’on vend un bien immobilier situé en France (…) Depuis le 1er janvier 2019, les personnes affiliées à un régime obligatoire de sécurité sociale autre que Français au sein d’un pays de l’espace économique européen (…) bénéficient d’une exonération de prélèvements sociaux ».

    Me Varin, notaire

    Cependant, afin de bien identifier les situations et connaître les critères à respecter et les démarches à suivre dans le cas de transactions immobilières, nous vous invitons à écouter l’intégralité de ce podcast. Vous trouverez également des exemples pour lesquels une exonération sur la plus-value est possible.

    Marché de l’immobilier en France : faut-il vendre, acheter ou attendre ?

    Le prix de vente d’appartements et de maisons en France connaît une certaine fluctuation. Situation de crise ou d’opportunité ? Comment s’y retrouver ? Au cours de notre échange, Me Varin partage quelques conseils.

    « 2024, c’est une année difficile pour l’immobilier en France (…) Cependant, on note quand même une remontée des intentions d’achat »

    Me Varin, notaire

    L’an dernier, en France, 800 000 transactions de moins ont été enregistrées, selon les chiffres évoqués par notre invité : « 2024 a donc été une année difficile pour l’immobilier ». Toutefois, poursuit notre interlocuteur, « on note quand même une remontée des intentions d’achat ».

    « Mais les incertitudes gouvernementales et budgétaires rendent les prévisions actuelles difficiles »

    Frédéric Varin, notaire

    Cela peut, entre autres, s’expliquer par la « baisse des taux d’emprunt » observée ces derniers temps, qui est elle-même « consécutive à la baisse des taux de la Banque Centrale Européenne, qui ont eu lieu en juin et en septembre ».

    contrainte budgetaire

    contrainte budgetaire

    En 2025, il est même espéré des taux d’intérêt inférieurs à 3%. Mais, nous indique Me Varin, il convient cependant de rester prudent. En effet, « les incertitudes gouvernementales et budgétaires rendent les prévisions actuelles difficiles ». Toutefois, comme nous l’a énoncé précédemment notre invité, il existe encore certaines niches possibles. Cependant, les prochains débats gouvernementaux et parlementaires sur le budget de la nation pourraient les faire disparaître. 

    Les frais de notaires : que couvrent-t-ils ?

    Si les niches existantes peuvent pour le moment rester un avantage, les frais de notaires vont augmenter de 8% en France en juin prochain. Comment ces frais sont-ils calculés ? Et sont-ils destinés en totalité aux études notariales ? Me Varin nous donne des explications.

    « On parle de frais de notaire, mais en fait ce n’est pas la bonne terminologie. On devrait parler de frais d’actes ».

    Me Varin, notaire

    Pour notre invité les mots « frais de notaire » ne sont pas utilisés à bon escients. Il conviendrait des lors de parler de « frais d’actes. C’est-à-dire la provision sur frais qu’on annonce aux clients lors d’une transaction ».

    Adobestock

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    Ces frais regroupent à la fois la rémunération du notaire, mais aussi les frais engendrés par le travail de celui-ci (les débours), et également les taxes dues à l’Etat. Ces dernières « sont encaissées par le notaire et reversées au trésor public ». Leur montant est variable.

    « À la fin, le notaire doit obligatoirement remettre à ses clients un compte détaillé lorsqu’il a terminé sa mission »

    Me Varin, notaire

    Au cours de ce podcast, notre interlocuteur donne un exemple précis, sur la base d’une vente immobilière d’un montant de 300 000 euros. Et concernant l’augmentation prévue en juin prochain, elle ne semble pas encore arrêtée nous explique Frédéric Varin. « On ne sait pas trop si cette disposition sera maintenue ». En effet, elle serait liée à des évolutions de taxes. Mais le gouvernement de François Bayrou n’a pas encore pu tenir sa discussion budgétaire.

    C’est donc sur cette discussion portant sur l’évolution de la facture à payer chez le notaire que s’achève ce deuxième épisode. On retrouvera très prochainement Frédéric Varin dans un nouveau et dernier podcast Lesfrancais.press. On abordera alors avec notre invité la question des successions, ainsi que l’évolution du statut des notaires d’ici 2050.

  • Après les vœux, reprise des travaux parlementaires

    Après les vœux, reprise des travaux parlementaires

    Ces derniers jours, députés et sénateurs ont été nombreux à organiser les cérémonies de vœux dans leurs circonscriptions. Mais, ils reprennent aujourd’hui le chemin de Paris et de leurs activités législatives. C’est effectivement l’heure de la reprise en ce 13 janvier. Et les premières séances, entre autres à l’Assemblée nationale, s’annoncent particulièrement animées. C’est en effet dans un contexte politique tendu que s’ouvre cette session de travaux parlementaires. Avec comme premier grand rendez-vous, le discours de politique générale du Premier Ministre, François Bayrou, prévu ce 14 janvier. D’ailleurs à quoi sert cet exercice ? Et quelle place le locataire de Matignon accordera-t-il aux Français de l’étranger ?  

    Discours de politique générale : obligation ou symbole ?

    Si la nomination du maire de Pau à Matignon a été officialisée le 13 décembre 2024, François Bayrou ne s’est pas encore plié à l’exercice du discours de politique générale devant le Parlement. La coupure de Noël a ainsi permis de laisser du temps entre le moment de sa désignation et la présentation, plus solennelle, des orientations politiques du Premier Ministre devant les députés et les sénateurs.

    Devenu un passage incontournable, le discours de politique générale du Premier ministre n’est pourtant pas une obligation. Toutefois, il paraît impossible d’y échapper, surtout dans le contexte politique actuel que connaît la France. Depuis la réélection d’Emmanuel Macron et le début de son second mandat en 2022, le président du MoDem, François Bayrou, sera d’ailleurs le quatrième chef de gouvernement à présenter ainsi ses orientations à la tribune de l’Assemblée nationale.

    François Bayrou répondait aux questions des chefs de groupes à l'Assemblée nationale mardi 17 décembre 2024. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
    François Bayrou répondait aux questions des chefs de groupes à l’Assemblée nationale mardi 17 décembre 2024. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

    Davantage symbolique et médiatique, le discours de politique générale du nouveau locataire de Matignon devrait surtout partager sa méthode de travail à venir avec les parlementaires. François Bayrou aurait pour volonté d’indiquer, à cette occasion, ses intentions. Et non pas de détailler, à ce stade, des mesures concrètes. D’ores et déjà affirmer des réformes précises au cours de cette allocution serait, sans doute, perçu par certaines formations politiques comme le signe d’un manque de dialogue entre les nouveaux ministres et les parlementaires. François Bayrou ne devrait donc pas s’y risquer. D’autant plus que la menace d’une motion de censure plane. Et qu’il n’a, à ce moment, aucune obligation de solliciter un vote de confiance de son gouvernement.

    Quelle place pour les Français de l’étranger ?

    Bien évidemment, la question budgétaire devrait s’intégrer dans le cap que proposera le Premier Ministre devant la représentation nationale. Dans un contexte financier complexe, quelles seront donc les directions proposées par François Bayrou ? Et, vous concernant, de quelle manière les expatriés participeront-ils à cet effort national ?

    D’ailleurs, dans les prochains débats parlementaires sur la fiscalité, de nouvelles tentatives de taxations de nos compatriotes établis hors de France ressurgiront-elles ? Dans une interview accordée à notre media Lesfrancais.press, le nouveau ministre délégué aux Français de l’étranger (et ancien ministre du Budget), Laurent Saint-Martin a affirmé s’opposer à tout impôt lié à la nationalité. Mais qu’en sera-t-il de la position des parlementaires ?

    Français de l’étranger
    Français de l’étranger

    En effet, après cet exercice du discours de politique générale de François Bayrou, le budget de l’Etat reviendra en discussion à l’Assemblée nationale et au Sénat. Les 11 députés des Français de l’étranger et les 12 sénateurs représentants nos compatriotes établis hors de France devraient jouer un rôle important dans les futures discussions. Ils devront aussi porter, auprès de ce nouveau gouvernement, la voix des Français vivant hors de France.  Afin que les sujets qui vous concernent soient aussi pris en compte par la nouvelle équipe ministérielle : résidence de repli ou d’attache, caisse des Français de l’étranger (CFE) et protection sociale. Mais aussi l’éducation et le réseau des écoles AEFE, sans oublier la sécurité, la relation avec l’administration consulaire, et bien d’autres sujets.

    Or, bien que symbolique, le discours de politique générale de François Bayrou donnera des indications sur la place que le Premier Ministre souhaite accorder aux expatriés. Espérons, que le sujet « Français de l’étranger », le quotidien de 3.000.000 de personnes, ne soit pas oublié ! 

    Des propositions de loi à surveiller

    Car pour l’instant, si on pense aux expatriés, c’est surtout pour des raisons fiscales. Comme cette proposition de loi, visant à instituer un impôt plancher de 2 % sur le patrimoine des ultra-riches, qui a été déposée la semaine dernière par les Ecologistes. Mais qu’est-ce qu’un ultra-riche ? Aussi, on suivra le texte qui vise à instaurer une loi organique imposant aux futurs candidats de se positionner pour le second tour des élections législatives dès l’acte de candidature. Une disposition qui transformerait en profondeur le jeu politique empêchant des ligues de « front républicain » de se constituer en cas de triangulaire, etc. 

    Lesfrancais.press suivront toutes les évolutions de cette législature qui s’annonce, encore une fois, houleuse. 

  • Retour en France ? Quelles démarches pour son chien ou son chat ?

    Retour en France ? Quelles démarches pour son chien ou son chat ?

    L’engouement des Français pour les animaux de compagnie ne se dément pas. Près de 6 Français sur 10 déclarent posséder un chien ou un chat, un chiffre en nette augmentation par rapport aux 47% observés en 2021. Un phénomène qui suit les Français de l’étranger, en effet, ils sont très nombreux à avoir amené avec eux leur fidèle compagnon ou parfois ils en ont adopté un dans leur pays de résidence. Mais que faire si on décide de rentrer en France ? L’abandonner, si cela est possible, beaucoup d’entre nous s’y refuse. Car comme 97% des « maîtres » installés dans l’hexagone qui déclarent ressentir un attachement profond envers leur animal, allant jusqu’à le considérer comme un membre à part entière de leur famille (68%), les familles de Français de l’étranger ont aussi un cœur. On fait le point sur les dispositions en vigueur lors d’un retour en France avec son chien ou son chat !

    La loi Dombreval

    Mais avant de se pencher sur les méthodes afin de permettre à votre animal de vous suivre lors de votre retour en France. Il est bon de faire un point juridique. En effet, depuis 2021, la loi Dombreval s’applique, son objectif : lutter contre la maltraitance.

    Ainsi, pour mettre fin aux achats irréfléchis, et de favoriser l’adoption au détriment de la logique commerciale, les députés ont souhaité encadrer la vente. Malgré les réserves du gouvernement (qui avait émis un avis défavorable), l’Assemblée a voté un amendement du rapporteur pour l’interdiction de la vente de chiens et de chats en animalerie, invoquant notamment des normes sanitaires souvent insuffisantes.

    Aussi, l’identification de son animal de compagnie, étant le seul moyen qui permette de faire un lien officiel entre un propriétaire et son animal, est obligatoire pour tous les chiens de plus de 4 mois et tous les chats de plus de 7 mois, et avant toute cession, et elle peut être réalisé dès le plus jeune âge.

    En ce qui concerne les maltraitances, le code civil stipule que « Le fait par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou les règlements, d’occasionner la mort ou la blessure d’un animal domestique ou apprivoisé ou tenu en captivité est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la 3e classe. En cas de condamnation du propriétaire de l’animal ou si le propriétaire est inconnu, le tribunal peut décider de remettre l’animal à une œuvre de protection animale reconnue d’utilité publique ou déclarée, laquelle pourra librement en disposer. » L’auteur de cette infraction encourt une peine d’amende de 450 euros prévue pour les contraventions de la 3ème classe.

    Quant à l’abandon, la réglementation concerne les sanctions encourues, soit 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende, d’après l’article 521-1 du code pénal : « Le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. […] Est également puni des mêmes peines l’abandon d’un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité ». Ces sanctions peuvent monter jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000€ d’amende si l’abandon a entrainé la mort de l’animal. Ces peines peuvent être complétées par l’interdiction temporaire ou définitive de détenir un animal ainsi que par l’interdiction, pour 5 ans maximum, d’exercer l’activité professionnelle qui a permis de préparer ou d’effectuer l’abandon.

    Retour en France, les démarches

    Comme souvent, nous allons distinguer les Français de retour d’un pays de l’Union européenne et les autres. Vous l’aurez compris, si vous êtes dans l’UE, les démarches seront très simples mais pour les autres.

    Animaux en provenance d’un État membre de l’Union européenne

    Les règles applicables aux mouvements entre États membres s’appliquent également aux mouvements à partir des États tiers européens suivants : Andorre, Islande, Liechtenstein, Monaco, Norvège, Saint-Marin, Suisse et Vatican.

    Pour être introduits sur le territoire français (France métropolitaine, Corse et départements d’Outre-Mer), les chats, les chiens et les furets doivent satisfaire aux conditions suivantes :

    • être identifiés par puce électronique (transpondeur) implantée sous la peau (norme ISO 11784 ou annexe A de la norme ISO 11785). Si la puce n’est pas conforme à une de ces normes, vous devrez vous munir des moyens nécessaires à la lecture de la puce.

    NB : Depuis le 3 juillet 2011, pour venir en France avec son animal de compagnie à partir d’un pays de l’UE ou pour voyager au sein de l’Union européenne, l’animal identifié à partir de cette date doit obligatoirement disposer d’une identification par puce électronique.

    Attention : Les animaux identifiés par tatouage avant le 03 juillet 2011 pourront continuer à voyager au sein de l’UE pourvu qu’il soit clairement lisible ;

    • avoir été soumis à une vaccination contre la rage en cours de validité (primo-vaccination et rappels). La reconnaissance de la validité de la vaccination contre la rage est fonction du protocole en vigueur dans l’État où a été pratiquée l’injection. En cas de primo-vaccination, celle-ci est considérée en cours de validité après un délai d’au moins 21 jours. Mais ce délai peut-être plus important dans certains pays. N’attendez donc pas le dernier moment pour faire vacciner votre animal ;
    • être munis d’un passeport européen délivré par un vétérinaire habilité par l’autorité compétente attestant de l’identification et de la vaccination contre la rage. Attention : les carnivores domestiques âgés de moins de trois mois ET non vaccinés contre la rage ne peuvent pas être introduits en France.

    Animaux en provenance de pays situés hors de l’Union européenne

    Le nombre d’animaux que vous pouvez importer est limité à 5. Si leur nombre est supérieur à cinq, les conditions et les contrôles sont ceux applicables aux mouvements commerciaux d’animaux.

    Pour être introduits sur le territoire français, les chats, les chiens et les furets doivent satisfaire aux conditions suivantes :

    • être identifiés par tatouage ou par puce électronique (transpondeur) implantée sous la peau (norme ISO 11784 ou annexe A de la norme ISO 11785). Si la puce n’est pas conforme à une de ces normes, vous devrez vous munir des moyens nécessaires à la lecture de la puce. À partir du 3 juillet 2011, le transpondeur sera le seul moyen d’identification autorisé ;
    • avoir leur vaccination contre la rage en cours de validité (primo-vaccination et rappels) ;
    • avoir subi un titrage sérique des anticorps antirabiques (examen de laboratoire effectué sur un prélèvement sanguin et permettant de s’assurer de l’efficacité de la vaccination de l’animal contre la rage) effectué dans un laboratoire agréé par l’Union européenne au moins 30 jours après la vaccination de l’animal et au moins trois mois avant son importation. Le résultat du titrage sérique devra être supérieur ou égal à 0,5UI/ml.

    Compte tenu de ces délais, il est recommandé de commencer les formalités au moins quatre mois avant la date de retour en France et d’importation de l’animal. La liste des laboratoires agréés (en anglais) est consultable sur le site Internet de la Commission européenne.

    Il existe en France des conditions d’importation pour les prélèvements sanguins d’origine animale. Informez en votre vétérinaire traitant. De même, le pays d’origine de l’animal peut poser des conditions à l’exportation de prélèvements biologiques. Renseignez-vous auprès des autorités compétentes de votre pays de résidence.

    Exceptions à la règle

    Le délai de trois mois ne s’applique pas en cas de réintroduction d’un animal de compagnie sur le territoire de l’Union européenne (donc lors d’un retour en France) si le titrage a été réalisé avec un résultat favorable avant qu’il n’ait quitté le territoire de l’Union européenne. Le résultat du titrage sérique sera valide durant toute la vie de l’animal, sous réserve que la vaccination contre la rage soit constamment maintenue en cours de validité (rappels de vaccination effectués dans les délais requis).

    Certains pays sont dispensés de titrage sérique. Il s’agit de : Andorre, Antigua-et-Barbuda, Antilles néerlandaises, Argentine, Aruba, Australie, Bahreïn, Barbade, Bermudes, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Canada, Chili, Croatie, Émirats arabes unis, États-Unis d’Amérique (y compris Guam), Fidji, Hong Kong, Ile de l’Ascension, Iles Caïman, Iles Falkland, Iles vierges britanniques, Iles Wallis et Futuna, Islande, Jamaïque, Japon, Liechtenstein, Malaisie, Maurice, Mayotte, Mexique, Monaco, Montserrat, Norvège, Nouvelle Calédonie, Nouvelle Zélande, Polynésie Française, Fédération de Russie, Saint Christophe-et-Niévès, Sainte-Hélène, Saint-Marin, Saint Pierre et Miquelon, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Singapour, Suisse, Taiwan, Trinité-et-Tobago, Vatican et Vanuatu.

    Attention : cette liste est revue périodiquement. Renseignez-vous avant de commencer les formalités.

    Il est aussi impératif, pour le retour en France, d’être accompagné du certificat sanitaire original valide établi par un vétérinaire officiel du pays d’origine. Ce certificat doit être accompagné des justificatifs relatifs à la vaccination contre la rage, à l’identification de l’animal et au résultat du titrage sérique. Dans le cas d’une réintroduction sur le territoire de l’Union européenne, le certificat peut être remplacé par le passeport européen de l’animal. Ce certificat est valable quatre mois après la date de sa signature. Le modèle de certificat est disponible sur le site Internet de la Commission européenne.

    Les chiens des 1ère et 2ème catégories

    Des dispositions complémentaires s’appliquent aux chiens destinés à l’importation en France, quelle que soit leur provenance. Le retour en France est donc plus compliqué pour eux.

    Ainsi, l’importation des chiens de 1ère catégorie (chiens d’attaque), assimilables par leurs caractéristiques morphologiques aux chiens de race Staffordshire terrier, American Staffordshire terrier (pitbulls), Mastiff (boer bulls) ou Tosa, sans être inscrits à un livre généalogique reconnu, est interdite sur le territoire français.

    L’importation des chiens de 2ème catégorie (chiens de garde ou de défense) que constituent les chiens de races Staffordshire terrier, American Staffordshire terrier, Rottweiler, Tosa et les chiens assimilables par leurs caractéristiques morphologiques aux chiens de race Rottweiler est possible.

    Des règles de circulation et de détention des chiens des 1ère et 2ème catégories s’appliquent en France. Depuis la loi n°2008-582 du 20 juin 2008, la détention de ces chiens est en effet soumise à la délivrance d’un permis de détention par le maire de la commune de résidence du propriétaire.

    Pour obtenir ce permis, le propriétaire de l’animal doit justifier :

    • de l’identification du chien par tatouage ou puce électronique ;
    • de la vaccination de l’animal contre la rage en cours de validité ;
    • de la souscription d’une assurance responsabilité pour les dommages causés aux tiers par l’animal ;
    • de l’obtention par le propriétaire d’une attestation d’aptitude à la détention de ces animaux. Cette attestation s’obtient à l’issue d’une formation, auprès d’un organisme agréé, portant sur l’éducation et le comportement canins, ainsi que sur la prévention des accidents ;
    • d’une évaluation comportementale pour les chiens âgés de plus de huit mois et de moins de 12 mois. À noter que la formation et l’évaluation comportementale sont aux frais du propriétaire.

    Les chiens de 2e catégorie doivent, dans les lieux publics, être toujours muselés et tenus en laisse par une personne majeure.

    Pour en savoir plus sur ces règles sur le retour en France, vous pouvez consulter les sites Internet suivants :

  • Informatique quantique : la bataille fait rage

    Informatique quantique : la bataille fait rage

    Dans une petite boutique de la ville de Hefei, dans l’est de la Chine, s’expose l’une des pièces de technologie les plus rares au monde. Un ordinateur quantique fabriqué par Origin, une start-up chinoise. Seuls 20 appareils de ce type se produisent chaque année. Ce produit n’est pas, d’ordinaire, visible aux étrangers, compte tenu de son caractère jugé stratégique par les autorités chinoises. Peu d’industries, en dehors de la fabrication d’armes, sont aussi sensibles.

    Les ordinateurs quantiques peuvent effectuer en quelques minutes des calculs qui prendraient des milliards d’années, voire plus, aux supercalculateurs les plus sophistiqués du monde. Les communications utilisant des bits quantiques, ou qubits, sont ultra-sécurisées. Bien que les opportunités commerciales restent incertaines, les forces armées du monde entier s’intéressent vivement à la technologie quantique. Le gouvernement chinois masque les informations sur le fonctionnement de sa chaîne d’approvisionnement en composants. Il a également restreint les exportations de certaines technologies connexes. Les États-Unis appliquent une politique similaire. En octobre dernier, le département du Trésor a imposé des restrictions strictes sur les investissements américains dans l’industrie quantique chinoise.

    La Chine est en avance sur les communications quantiques. 

    Les États-Unis et la Chine sont en pointe dans l’informatique quantique. Ces deux pays se sont spécialisés dans certains domaines de ce secteur émergent. La Chine est en avance sur les communications quantiques. Dans le domaine de la détection de faibles changements dans les champs magnétiques, les deux pays sont au coude à coude. Les États-Unis dominent toujours pour la gestion des données de manière quantique.

    Les ordinateurs des sociétés américaines disposent d’un nombre de qubits bien plus élevé que ceux conçus en Chine. Un indicateur important pour évaluer leur puissance. En décembre, Google a fait sensation avec une nouvelle puce quantique capable de corriger de nombreuses erreurs produites par les ordinateurs.

    Les ordinateurs des sociétés américaines disposent d’un nombre de qubits bien plus élevé que ceux conçus en Chine

    Cependant, la Chine pourrait combler son retard dans les prochains mois. Bien que le pays dépende encore de fournisseurs occidentaux pour de nombreux composants nécessaires au fonctionnement des ordinateurs quantiques, comme les lasers spécialisés, cette situation évolue rapidement. Les entreprises chinoises réalisent de réels progrès dans la fabrication des équipements nécessaires.

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    Les fournisseurs occidentaux prévoient de vendre moins en Chine, tant en raison des restrictions qu’en raison de la capacité croissante de la Chine à se passer de leurs produits. Les réfrigérateurs à dilution, indispensables pour produire les températures ultra-basses nécessaires au fonctionnement des ordinateurs quantiques, en sont un exemple. En 2024, plusieurs entreprises et laboratoires chinois ont annoncé des avancées dans ce domaine. Étant donné les mesures de sécurité prises par les autorités chinoises, les informations restent toutefois parcellaires, rendant difficile l’évaluation des progrès réalisés.

    Jusqu’en 2023, la Chine ne pouvait pas se passer des équipements occidentaux pour fabriquer ses ordinateurs quantiques. Depuis de nombreuses années, BlueFors, une entreprise finlandaise, fournit la plupart des réfrigérateurs utilisés dans les ordinateurs quantiques du monde. Pour l’instant, cette entreprise reçoit encore des commandes de la part de la Chine.

    Deux modèles d’innovation radicalement différents

    La rivalité entre la Chine et les États-Unis dans le domaine quantique oppose deux modèles d’innovation radicalement différents. Aux États-Unis, les grandes entreprises technologiques sont les moteurs de l’innovation dans l’informatique quantique. On y trouve Google, Intel, IBM et Microsoft aux côtés de start-ups soutenues par le capital-risque. La recherche universitaire joue un rôle important, mais l’implication de l’État reste limitée.

    En Chine, en revanche, les investissements du secteur privé sont modestes, mais l’État est omniprésent. Une grande partie de la recherche est réalisée dans les laboratoires des universités contrôlées par l’État. La moitié des publications sur le quantique sont financées par la National Natural Science Foundation of China. Un organisme rattaché au gouvernement central. Les start-ups les plus en vue dans ce domaine sont toutes contrôlées ou soutenues par l’État.

    Un modèle chinois performant mais faillible

    L’Université des sciences et technologies de Chine à Hefei investit dans de nombreuses start-ups, dont Origin. Elle joue un rôle clé en assurant le lien entre les laboratoires, les entreprises et les décideurs politiques. Parallèlement, les géants technologiques chinois, dont Alibaba et Baidu, ont abandonné leurs recherches dans ce domaine, confiant leurs équipements au gouvernement.

    Selon une récente enquête d’experts par l’Information Technology and Innovation Foundation (ITIF), un groupe de réflexion à Washington, le recours à l’investissement public peut être plus efficace en matière d’informatique quantique que le financement par le secteur privé. Les participants à l’enquête de l’ITIF ont déclaré que la fragmentation des sources de financement aux États-Unis entraîne un manque de coordination et ralentit l’innovation. Le modèle chinois n’est cependant pas sans inconvénients. Ce système a favorisé une concurrence moindre, les entreprises étant peu incitées à prendre des risques. La coordination étatique signifie que les ressources se concentrent sur des approches spécifiques de la technologie quantique jugées prioritaires par le gouvernement. Cependant, ce caractère bureaucratique peut être sclérosant et freiner la diffusion des innovations.

  • La stratégie d’Elon Musk pour influencer l’Europe

    La stratégie d’Elon Musk pour influencer l’Europe

    BERLIN — Tout a commencé avec un tweet du milliardaire préféré de Donald Trump.

    « Wow, l’Allemagne supporte une grande partie des coûts de l’UE ! »a posté Elon Musk sur X en novembre, espérant manifestement susciter l’indignation de l’Allemagne pour son statut de premier contributeur financier de l’Union.

    Mais affirmer l’évidence en Allemagne n’a pas réussi à galvaniser les foules, comme c’est le cas de l’autre côté de l’Atlantique.

    Sa solution a donc été de redoubler d’efforts, en promouvant le parti allemand d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD, Patriotes pour l’Europe), pro-Russie et anti-immigration, en décembre. Elon Musk a soutenu l’idée que l’AfD était la seule force politique capable de « sauver l’Allemagne ».

    Les Allemands se rendront aux urnes le 23 février 2025 pour des élections fédérales anticipées, après l’effondrement de la coalition au pouvoir. L’AfD se place actuellement en deuxième position dans les sondages, derrière le principal parti d’opposition et de droite, l’Union chrétienne-démocrate (CDU, Parti populaire européen).

    Ce jeudi 9 décembre, le milliardaire américain, PDG des entreprises Tesla et Space X à ses heures perdues, animera un direct très attendu sur X avec la co-présidente de l’AfD au Bundestag, Alice Weidel, marquant une nouvelle escalade dans sa rancune à l’égard de l’Europe.

    Provoquer l’Europe

    L’Allemagne n’est toutefois pas la cible principale d’Elon Musk. L’homme le plus riche du monde a passé une bonne partie du mois d’août dernier à alimenter des émeutes racistes dans le nord de l’Angleterre avec des messages mettant en garde contre une « guerre civile ».

    Depuis, ses messages sont devenus une véritable campagne en faveur des partis d’extrême droite européens.

    S’il a réussi à déclencher une certaine hystérie, la plupart des Européens restent perplexes face à ses manigances. En effet, 68 % des Allemands interrogés dans le cadre d’un sondage YouGov publié mercredi estiment que le milliardaire américain ne comprend pas véritablement leur pays. Et d’ailleurs, bien que l’AfD est actuellement le deuxième parti, avec environ 18 % des voix selon les sondages, la plupart des Allemands considèrent qu’il n’y a pas lieu de s’en préoccuper.

    De l’autre côté de la Manche, un sondage britannique montre que deux tiers des personnes interrogées ne souhaitent pas qu’il gagne en influence dans la vie politique du pays.

    L’« American playbook » d’Elon Musk

    Le milliardaire américain cherche clairement à construire une base de pouvoir politique en Europe, similaire à sa campagne pour aider Donald Trump à regagner la présidence américaine, qui a porté ses fruits.

    Sa stratégie consiste à parler et faire parler des candidats d’extrême droite à travers des déclarations provocantes, en s’appuyant notamment sur sa notoriété et sa puissance financière.

    À l’instar de son soutien à Donald Trump sur X, Elon Musk a publiquement soutenu l’AfD sur les réseaux sociaux en décembre et même publié une tribune dans le prestigieux journal Welt, dans laquelle il affirmait que l’AfD mettrait fin au déclin économique de l’Allemagne et défendait le parti contre les accusations d’extrémisme.

    Il a soutenu que les critiques étaient « clairement erronées », notant qu’Alice Weidel a une partenaire féminine issue d’une minorité ethnique. « Cela ressemble-t-il à Hitler pour vous ? S’il vous plaît ! »

    Parallèlement, il a été révélé qu’Elon Musk envisageait de faire un don de 100 millions de dollars au parti d’extrême droite Reform UK de l’activiste du Brexit Nigel Farage, contre lequel il s’est depuis retourné.

    Le milliardaire américain a également ressorti un scandale britannique de pédophilie vieux de dix ans sur X pour discréditer le Premier ministre Keir Starmer, qui était alors à la tête du ministère de la Fonction publique britannique.

    En Italie, il a fait sensation en attaquant publiquement les juges qui s’étaient prononcés contre le projet de la Première ministre Giorgia Meloni de traiter les demandes d’asile dans des centres fermés au nord de l’Albanie, écrivant sur X qu’ils devraient être limogés.

    Renouvelant son soutien et ses attaques cinglantes dans les jours qui ont suivi, Elon Musk n’a pas caché son soutien à la Première ministre italienne, qui s’est également efforcée de se positionner en tant que médiatrice transatlantique auprès de Donald Trump.

    Ce dimanche 5 janvier, Bloomberg révélait que l’Italie était en pourparlers avec SpaceX pour un système de télécommunications sécurisé d’une valeur de 1,5 milliard d’euros à usage gouvernemental, malgré le fait que le pays soit déjà engagé dans le programme IRIS2, créé pour limiter l’utilisation de fournisseurs de services extracommunautaires.

    Elon Musk a aussitôt réagi sur X, laissant entendre que d’autres États membres de l’Union européenne (UE) suivraient le mouvement.

    Patience à long terme ?

    Les dirigeants européens semblent inquiets. Les actions du bras droit de Donald Trump ont amené les dirigeants des trois pays les plus peuplés à s’exprimer, le Britannique Keir Starmer, l’Allemand Olaf Scholz et le Français Emmanuel Macron dénonçant chacun les interventions d’Elon Musk.

    Pour Claes de Vreese, politologue à l’université d’Amsterdam, leur nervosité est justifiée. Ce type d’intervention est un territoire inconnu pour l’Europe, d’autant plus qu’Elon Musk a un projet politique et possède l’un des réseaux de communication les plus internationaux, X.

    « Cela pourrait être une force puissante », avertit le politologue.

    À court terme, un succès similaire à celui des élections américaines, où Donald Trump a accédé au pouvoir avec le soutien d’Elon Musk, semble toutefois impossible en Europe.

    « D’une manière générale, il sera difficile pour les forces politiques américaines d’intervenir en Europe », confie Claes de Vreese. Cela est lié à une culture politique complexe, difficile à comprendre pour les étrangers, et un système politique multipartite favorisant la nuance plutôt que la polarisation, explique le politologue.

     Le milliardaire américain cherche clairement à construire une base de pouvoir politique en Europe, similaire à sa campagne pour aider Donald Trump à regagner la présidence américaine, qui a porté ses fruits. [Esther Snippe pour Euractiv. ©Photos : EPA et Shutterstock.]
    Le milliardaire américain cherche clairement à construire une base de pouvoir politique en Europe, similaire à sa campagne pour aider Donald Trump à regagner la présidence américaine, qui a porté ses fruits. [Esther Snippe pour Euractiv. ©Photos : EPA et Shutterstock.]

    L’attaque d’Elon Musk contre le rôle de l’Allemagne dans l’UE — un pays solidement pro-européen — a pleinement démontré son manque de compréhension de l’Europe. Les utilisateurs de X ont même ajouté une note communautaire à son message pour en souligner le contexte douteux.

    Il est donc peu probable que le bras droit de Donald Trump fasse bouger les choses lors des élections allemandes de février.

    Le politologue Uwe Jun, de l’université de Trèves, considère que quoi qu’il en soit, la campagne d’Elon Musk laissera des traces. « Elle contribuera à normaliser et à légitimer l’AfD — et c’est ce que le parti cherche à obtenir », souligne-t-il.

    Les eurodéputés réagissent

    Les groupes socialistes et libéraux du Parlement européen ont appelé à un débat sur les « fake news » et les discours de haine lors de la prochaine session plénière à Strasbourg du 20 au 23 janvier.

    Mercredi matin, le groupe libéral Renew Europe a annoncé qu’il demanderait un débat d’urgence sur les récents posts d’Elon Musk sur X et sur la question de savoir s’ils enfreignent le règlement de l’UE sur les services numériques (Digital Services Act, DSA).

    Pour Valerie Hayer, présidente du groupe Renew, l’Europe ne peut pas rester aveugle face à la détermination d’Elon Musk à interférer dans les affaires démocratiques de l’UE. Le présidente du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D), Iratxe García Pérez, a également lancé un appel similaire. « De nouveaux dangers menacent nos démocraties. Des dangers aussi puissants, voire plus, que les armes : les fake news, les discours de haine et l’utilisation abusive des réseaux sociaux », a-t-elle écrit sur X.

    Mercredi, Elon Musk a partagé une image trompeuse représentant le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre rencontrant Bill Gates — un post qui pourrait faire partie de l’enquête en vertue du DSA de la Commission contre X pour désinformation.

    Le Parti populaire européen, le plus gros groupe au Parlement européen, a également envoyé plusieurs demandes à la Commission pour évaluer si le comportement du milliardaire américain était contraire aux règles établies par le DSA.

    L’eurodéputé des Verts Damian Boeselager avait précédemment envoyé une lettre ouverte à la vice-présidente exécutive de la Commission responsable du DSA, Henna Virkkunen, exprimant des préoccupations similaires.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 13.01.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 13.01.2025

    Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés du lundi 13 janvier 2025. Aujourd’hui dans nos titres : Charlie Hebdo : les résultats de notre consultation – Los Angeles : le feu brûle toujours – Paris et Alger à couteaux tirés 

    Toujours Charlie ?

    C’était la question qu’on vous posait sur le site Lesfrancais.press la semaine dernière alors que la France honorait les victimes des attentats du mois de janvier 2015. En une semaine, vous avez été 8243 à y répondre merci à vous. En France, En 2024, ce sont désormais la moitié des Français qui estiment que faire de l’humour sur les religions est une « bonne chose » : 52% pour le christianisme (+18 points), 50% pour l’islam (+22 points), et 49% pour le judaïsme (+20 points) soit une nette progression. Chez les expatriés, 75% des Français de l’étranger ont déclaré avoir l’esprit Charlie encore en 2024 contre 77% en 2015. Soit un recul de 2 points en 10 ans, pour autant, 15% des répondants aimeraient que le droit à la caricature soit limité sur certains sujets comme la religion.  

    À Los Angeles, ce n’est pas comme un incendie ordinaire.

    C’est comme une guerre selon les témoignages publiés dans la presse. Il y a des feux partout, du danger partout, un stress incroyable. Tout le monde se sent menacé. La population a l’impression qu’un ordre d’évacuation peut arriver à n’importe quel moment. Assiégée par les flammes depuis mardi, la mégapole américaine continue de compter ses morts : le bilan, qui faisait jusqu’ici état de 11 victimes, s’est alourdi samedi soir à 16 morts. Le feu a jusqu’ici détruit ou endommagé plus de 12 000 structures. Un chiffre qui inclut des bâtiments, mais aussi des voitures, ont précisé samedi les autorités. Face aux pillages dans les zones sinistrées ou évacuées, un strict couvre-feu, en vigueur entre 18 heures et 6 heures du matin a été décrété vendredi par les autorités dans les secteurs de Pacific Palisades et Altadena, les plus ravagés. Et ce lundi matin, les feux ne sont toujours maîtrisés menaçant encore plus d’habitants et de bâtiments. Retrouvez les témoignages des Français de Los Angeles dans notre dossier spécial sur le site Lesfrancais.press ».

    Los Angeles le 09 janvier 2025 ©AFP
    Los Angeles le 09 janvier 2025 ©AFP

    Paris – Alger face à face

    La France n’aura pas « d’autre possibilité que de riposter » si « les Algériens continuent cette posture d’escalade », a déclaré ce vendredi 10 janvier le ministre français des Affaires étrangères. Une déclaration qui intervenait alors qu’un influenceur algérien expulsé vers l’Algérie jeudi dernier a été renvoyé vers la France dès le lendemain.  Parmi « les leviers que nous pourrions activer » figurent « les visas (…), l’aide au développement » ou encore « un certain nombre d’autres sujets de coopération », a détaillé Jean-Noël Barrot sur LCI, se disant « stupéfait » que les autorités algériennes aient « refusé de reprendre un de leurs ressortissants », dont le dossier est désormais « judiciarisé » en France. Des menaces qui interviennent alors que les tensions entre Paris et Alger ne cessent de croître ces dernières semaines.

    "Doualemn" est un activiste algérien installé de longue date en France. Capture écran@TikTok
    « Doualemn » est un activiste algérien installé de longue date en France. Capture écran@TikTok

    Et voilà c’est ainsi que s’achève ce premier flash quotidien des expatriés de la semaine. On se retrouve demain mardi 14 janvier pour une nouvelle édition, d’ici là passez un beau lundi où que vous soyez.

    Écouter le bulletin quotidien des Français de l’étranger

  • L’année des fous

    L’année des fous

    Fin décembre le Pape des fous, un idiot, un naïf, un innocent, traversait la ville sur un âne, recevant les hommages de la foule et des prêtres. C’était la fête des fous, le monde à l’envers, comme les saturnales ou le carnaval. La fête a disparu, quoique. 2025 pourrait être l’année des fous.

    Trump veut absorber le Canada, reprendre le canal de Panama annexer le Groenland. Un message à la Chine, glosent les sages, pour le contrôle des routes stratégiques. Un message au monde, plutôt : « chacun fait ce qu’il lui plait plait plait. »

    En Corée du Sud, le président voulait prendre le pouvoir qu’il avait déjà, au besoin en donnant l’ordre à l’armée de tirer. Le voilà destitué. Les Sud-Coréens n’ont pas tout à fait perdu le nord.

    Nombreux sont les malades du pouvoir.

    Kim Jung Un, le « Génie des génies », a interdit les Hot Dogs. Une saucisse envoie en camp de travail. Comme le divorce, un crimes « antisocialiste ». Kim pèse 140 kilos. À cause des saucisses ou de sa femme ?

    Rosario Murillo, la femme d’Ortega, deviendra coprésidente après la réforme de la constitution qui confie le pouvoir au couple révolutionnaire. Leur fille n’y participera pas. Exilée, elle a porté plainte pour viol contre El Commandante.

    La dynastie Somoza était peut-être pire. Le passé effraie et rassure : Niazov le turkmen couvrait son pays de statues, obligeait, comme Mao, les enfants à apprendre ses poèmes. Nguema, en Guinée, « Seul miracle », fonda son Église sur des cadavres. Mariano Melgarejo, en Bolivie, nomma son cheval général. Nombreux sont les malades du pouvoir.

    Vieille obsession que celles des territoires. Il y a d’autres moyens.

    Maduro a devancé Trump, il envisage d’annexer une partie du Guyana voisin. Pas si fou : la province a de belles réserves d’hydrocarbures. Pékin fait figurer sur les cartes de Chine, Taïwan bien sûr, mais aussi une partie du territoire indien. Erdogan masse des troupes à Chypre. Vieille obsession que celles des territoires. Il y a d’autres moyens.

    Si Trump réclame le Canada, pourquoi Poutine ne prendrait pas en plus de l’Ukraine, la Géorgie? Un footballeur y a été élu Président, avec la bénédiction d’Ivanichvili, dont la fortune équivaut à 43% du PIB géorgien. La Géorgie devient pro russe, sans guerre. Voilà qui est plus sage que la boucherie ukrainienne.

    Les vagues d’assaut succèdent aux vagues d’assaut, les Coréens comptent leurs premiers morts. Mieux vaut acheter un milliardaire pour corrompre un pays que faire la guerre.

    Musk, l’homme le plus riche du monde, soutient l’extrême droite allemande, qui ne serait pas d’extrême droite parce que sa présidente vit avec une femme, d’origine étrangère.

    Après tout, Giorgia Meloni, admiratrice du Duce, n’est-elle pas devenue une banale conservatrice, sa politique inspirant désormais Olaf Scholz et Keith Starmer ? Est-ce parce qu’elle voulait l’exporter l’accueil en Albanie ou parce qu’elle a prévu 452.000 visas pour de nouveaux immigrés ? Si l’extrême droite accepte l’immigration et que la gauche, comme en Allemagne ou au Danemark la refuse, où va-t-on ?

    Un avion transportant prétendument l'homme d'affaires américain Donald Trump Jr. arrive à Nuuk, au Groenland, le 7 janvier 2025, quelques semaines après que son père, Donald Trump, a suggéré que Washington annexe ce territoire. (EMIL STACH / RITZAU SCANPIX / AFP)
    Un avion transportant prétendument l’homme d’affaires américain Donald Trump Jr. arrive à Nuuk, au Groenland, le 7 janvier 2025, quelques semaines après que son père, Donald Trump, a suggéré que Washington annexe ce territoire. (EMIL STACH / RITZAU SCANPIX / AFP)

    Le seul fou revendiqué, Mileï, El Loco, a vaincu l’inflation en un an

    Qui sont les sages, qui sont les fous ? Le seul fou revendiqué, Mileï, El Loco, a vaincu l’inflation en un an, réalisé un budget excédentaire, rétabli la monnaie. Au prix d’une coupe de 30% dans le budget de l’Etat. Le taux de pauvreté a grimpé de 43 à 50%, puis, après la purge, a chuté à 38%. Sans doute fallait-il un fou pour sauver l’Argentine. Il se veut ultralibéral, il l’est. Cela en fait un extrémiste, pas d’extrême droite. L’extrême droite est toujours antilibérale. Contrairement à l’Etat péroniste, il n’a fait tuer personne.

    À côté, le sage Lula, revenu au pouvoir après la case prison, s’énerve. Le Real brésilien a perdu un quart de sa valeur. La dette brésilienne atteint 78%, les analystes la voient à 130% dans cinq ans. Le Brésil ne serait plus assez émergent.

    Face aux Brics, le déclin américain surprend par son inexistence: Les capitaux du monde entier y affluent. Wall Street flambe, le dollar aussi. L’effet Trump joue à plein. Insultés, le Canada et le Mexique négocient. L’Iran envoie des émissaires secrets. Voilà le condamné Trump conforté dans sa mégalomanie et son mépris. D’homme à homme, il va parler à Poutine. Il a invité Xi Jing Ping, qui a décliné, à son investiture. Bientôt le partage du monde.

    La Chine est douce. Elle fait la guerre autrement.

    « Construire une communauté d’avenir partagé pour l’humanité et bâtir un monde meilleur », s’enflamme Xi Jing Ping. Première contribution au bonheur: « La Chine et la Russie continuent d’avancer main dans la main sur la voie juste du non-alignement et de la non-confrontation ». Pourquoi appeler confrontation un conflit de seulement quelques centaines de milliers de morts ? La Chine est douce. Elle fait la guerre autrement. Elle a attaqué la Réserve Fédérale américaine, l’Etat-major, les banques, par des cyberattaques. Elle a aussi ciblé les collectivités locales françaises, les Russes se chargeant des Hôpitaux. Les deux ont coupé quelques câbles sous-marins en passant.

    L’IA fera mieux. Frapper à la tête, frapper la tête. Selon l’Ecole polytechnique de Lausanne, la capacité de persuasion de l’IA atteint celle des humains. Elle sera vite meilleure. Nourrie de données, chaque IA s’adaptera à son humain, qu’elle connaîtra mieux que lui-même. « Connais-toi toi-même » ? Vite fait. Microsoft investit 80 milliards dans l’IA, le budget de l’Education nationale. Dans une société de l’information, qui dit le monde tient le monde.

    « Chaque jour des entreprises technologiques plus puissantes que des Etats continuent de s’accaparer du pouvoir. » s’inquiète Maria Ressa, prix Nobel 2021, emprisonnée quelque temps aux Philippines. « Sommes-nous libres de nos choix ? Ou sommes-nous condamnés à être manipulés ? »

    Frapper à la tête, frapper la tête.

    Plus d’un milliard de terriens ont voté en 2024. Sur les soixante pays qui ont organisé des élections, trente et un sont des autocraties. Dans les démocraties, la manipulation robotisée pollue les débats. Le vote est-il fongible dans les réseaux sociaux ? La Cour suprême roumaine a annulé le premier tour de l’élection présidentielle. Un candidat Tik Tok inconnu a obtenu 22% de voix. Une campagne Tit Tok est-elle une fraude ? Le Congrès a voté une loi pour interdire Tik Tok aux États-Unis. La Cour suprême doit trancher. Mieux vaut contrôler Meta ou Tik Tok que le Groenland ou la Géorgie. 

    Pour Meta, Zuckerberg renonce au fast checking. Les community notes, sur le modèle d’X, y suppléeront. Qui croire, les médias « classiques », les robots, les influenceurs ?

    Le seul frein au n’importe quoi, c’est la responsabilité. L’anonymat est la garantie de l’excès, du mensonge, de la duperie, des robots.  Pas de liberté sans responsabilité.

    Musk, qui a lancé sa propre société d’IA, développe GRok, un chat bot débridé, avec un mode « blague ». Il l’alimentera de toutes les données de ses différentes entreprises, de la voiture à Starlink. Souriez, vous êtes pensé.

    Ce ne sont pas les frontières des territoires qui changent, mais les frontières de toutes les activités humaines.

    La fête des fous, c’est l’inversion de valeurs, des hiérarchies. Le peuple contre les élites n’est que le banal mot d’ordre du populisme. De gauche, quand il se veut classe contre classe. De droite, quand il vilipende l’état de droit. Les hiérarchies sont renversées parce que le monde bascule. Les milliardaires de la tech se croient tout-puissants, ils apprendront eux aussi qu’ils sont nus comme un multivers, que le monde va encore plus vite qu’eux. Google a mis au point un ordinateur quantique d’une puissance de calcul phénoménale. Le coût de l’énergie solaire baisse de 10% par an depuis dix ans. Les possibilités de l’IA ne sont pas surévaluées par Wall Street mais sous évaluées. La guerre, l’Etat, la fiscalité, la finance, l’apprentissage, le transport, la médecine, tout sera bouleversé, la tête en bas. Chacun criera : « on marche sur la tête », et ce sera moins vrai qu’en vrai.

    Ce ne sont pas les frontières des territoires qui changent, mais les frontières de toutes les activités humaines, les relations, les distances, les rapports de force. Être plus fous que les fous revient à parier sur l’intelligence humaine. Pourquoi pas ? « Les fous sont sages, les sages sont fous. »

    Laurent Dominati

    • a.Ambassadeur de France 

    • a. Députéé de Paris

    • Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’application France Pay

    Laurent Dominati

  • Laurent Saint-Martin : « Ma première priorité, c’est d’être aux côtés des Français établis hors de France « 

    Laurent Saint-Martin : « Ma première priorité, c’est d’être aux côtés des Français établis hors de France « 

    Nous recevons Laurent Saint-Martin, le nouveau ministre des Français de l’étranger. Ancien ministre du Budget sous Michel Barnier, il a rejoint l’équipe de François Bayrou.  Fiscalité, assises sociales, le rôle des élus, bourses scolaires, CFE, il répond à tous les sujets qui font le quotidien des Français de l’étranger. 

    L’interview exclusive du ministre des Français de l’étranger

    Monsieur le ministre, notre première question est d’ordre symbolique. Comme souvent le portefeuille des Français de l’étranger est lié au Commerce extérieur. N’est-ce pas réducteur ?

    Au contraire, cela permet de mieux mettre en valeur les synergies réelles qui existent sur le terrain : elles reposent en particulier sur le dynamisme et l’esprit d’entreprise de nos compatriotes installés à l’étranger.

    C’est une chance pour notre pays : plus de 3 millions de Français vivent à l’étranger, dont près de 300 000 en Belgique où je me suis rendu cette semaine pour ma première visite officielle en tant que ministre chargé du commerce extérieur et des Français de l’étranger.

    Je suis pleinement ministre des Français de l’étranger, tout comme je suis pleinement ministre du Commerce extérieur.

    Je mettrai chacun de mes déplacements à profit pour aller à la rencontre de nos concitoyens, partout dans le monde, pour prendre la mesure de leurs préoccupations et pour soutenir leurs initiatives.

     » C’est une chance pour notre pays : plus de 3 millions de Français vivent à l’étranger  »

    Laurent Saint-Martin

    Fiscalité, budget et aides sociales

    Dans un contexte budgétaire complexe, qui bouscule les agendas, quelles sont vos 3 grandes priorités pour nos expatriés ?

    Ma première priorité, c’est d’être aux côtés des Français établis hors de France et d’assurer leur sécurité, où qu’ils se trouvent. Face aux crises qui se multiplient, face aux catastrophes naturelles, la France doit rassembler ses forces et faire preuve de solidarité, comme elle l’a fait encore récemment pour nos compatriotes aux Comores après le cyclone Chido, à Port-Vila après le séisme au Vanuatu fin décembre 2024 ou lors des incendies qui ont ravagé une partie de Los Angeles cette semaine. Je m’appuierai pour cela sur notre réseau diplomatique et sur l’expertise du Centre de crise et de soutien.

    Ma deuxième priorité est de faciliter la vie de nos concitoyens, en simplifiant leurs démarches administratives tout en améliorant la qualité du service proposé par notre réseau consulaire. En 2025, nous ferons en sorte que ces démarches deviennent plus simples, plus agiles, plus dématérialisées et plus humaines à la fois.

    La modernisation de l’administration, notamment consulaire, est une priorité du Premier ministre. Je la porterai à mon niveau, afin que le déploiement de l’identité numérique soit proposé en 2025 par nos consulats et que nos compatriotes puissent accomplir leurs démarches administratives de manière plus sécurisée.

    Ma troisième priorité, c’est d’assurer le meilleur niveau de soutien à nos compatriotes les plus défavorisés. La France est le seul pays à offrir un accompagnement social de cette envergure à ses ressortissants résidents à l’étranger. Je pense aux aides à la scolarité pour les élèves inscrits dans les établissements du réseau d’enseignement français à l’étranger, ou aux dispositifs d’assistance pour les personnes en situation de handicap ou de vulnérabilité. Dans le contexte budgétaire contraint que nous connaissons, nous devons optimiser l’affectation de ces ressources pour maintenir cette solidarité à l’égard de ceux qui en ont le plus besoin.

     » Dans le contexte budgétaire contraint que nous connaissons, nous devons optimiser l’affectation de ces ressources pour maintenir cette solidarité à l’égard de ceux qui en ont le plus besoin.  »

    Laurent Saint-Martin

    Vous avez été ministre du Budget, certains amendements parlementaires visaient à accroître la fiscalité des expatriés, notamment par l’instauration d’un impôt lié à la nationalité française, ou bien une augmentation de l’exit tax.
    Quelle est votre position sur ce sujet ?

    J’y étais défavorable et je le reste.

    Laurent Saint Martin et Pieyre Alexandre Anglade
    Laurent Saint Martin et Pieyre Alexandre Anglade, député des Français du Benelux, à Bruxelles ce 09 janvier 2025 pour les vœux.

    En cette période de disette budgétaire, la crainte, que les budgets des programmes 151 (affaires consulaires, y compris les bourses scolaires AEFE) et 185 (Diplomatie culturelle et d’influence) soient rabotés, se concrétise. Est-ce le cas ? Et si oui comment dès lors faire mieux avec moins ?

    Faire mieux avec moins, c’est possible, à condition de continuer à se moderniser et à se transformer pour rechercher toujours plus d’efficience sans rien sacrifier à la qualité du service rendu aux Français.

    S’agissant du programme 151, ma priorité ira à la poursuite des grands projets de modernisation comme le service France Consulaire, le Registre électronique d’état civil, le vote par internet, l’expérimentation du renouvellement des passeports sans comparution (Canada et Portugal) ou le déploiement de l’identité numérique pour les Français de l’étranger. Sans oublier les crédits consacrés à l’aide à la scolarité et à l’action sociale, en soutien de nos compatriotes les plus défavorisés, à travers les bourses scolaires et les aides sociales, directes ou indirectes. Ces crédits représentent 70% de l’enveloppe du programme 151 dont j’ai la responsabilité.

    « …ma priorité ira à la poursuite des grands projets de modernisation comme le service France Consulaire, le Registre électronique d’état civil, le vote par internet, l’expérimentation du renouvellement des passeports sans comparution (Canada et Portugal) ou le déploiement de l’identité numérique pour les Français de l’étranger.  »

    Laurent Saint-Martin

    Concernant l’éducation, de nombreux Français à l’étranger éprouvent des difficultés à scolariser leur(s) enfant(s) dans un établissement du réseau de l’AEFE, les frais d’écolage s’envolent et le système des bourses scolaires s’essouffle, aussi comptez-vous revoir les critères d’attribution de ces dernières ?

    La première chose qui me vient à l’esprit à propos de notre Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), c’est une immense fierté. Ce réseau de 600 établissements permet à 120 000 élèves français dans 138 pays d’être scolarisés dans le système français. C’est unique au monde. Et c’est aussi un formidable outil d’influence et un levier sans équivalent pour renforcer l’attractivité de notre pays, puisque ce réseau scolarise aussi 280 000 élèves d’autres nationalités qui connaissent notre pays pour y effectuer bien souvent toute leur scolarité jusqu’à l’entrée à l’université.

    Le deuxième point que je voudrais mettre en avant, c’est que le principe de solidarité à l’égard de nos compatriotes qui ont le plus de difficultés à financer la scolarité de leurs enfants dans ces établissements demeure un principe cardinal : grâce au dispositif de bourses scolaires géré par l’AEFE, sur financement du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, plus de 20 000 élèves français voient chaque année leurs frais d’inscription et de scolarité pris en charge, pour tout ou partie. Ces bourses sont accordées selon un barème qui permet de calculer une quotité de prise en charge, en fonction des revenus du foyer, de sa composition et du montant des frais d’inscription et de scolarité, et sous réserve d’un patrimoine mobilier et immobilier qui se situe en-deçà d’un seuil d’éligibilité.

    L’évolution des critères d’attribution doit se faire en respectant les principes cardinaux suivants : soutien aux plus démunis, équité à situation comparable et soutenabilité budgétaire. Au total, cela a représenté plus de 105 millions d’euros en 2024, sans compter l’aide à la prise en charge des accompagnants des élèves en situation de handicap, qui représente plus de 2 millions d’euros.

    « …grâce au dispositif de bourses scolaires géré par l’AEFE, sur financement du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, plus de 20 000 élèves français voient chaque année leurs frais d’inscription et de scolarité pris en charge, pour tout ou partie.  »

    Laurent Saint-Martin

    Le ministre Laurent Saint-Martin à Bruxelles ce 09 janvier 2025
    Le ministre Laurent Saint-Martin à Bruxelles ce 09 janvier 2025

    Au niveau social, des assises de la protection sociale des Français de l’étranger devraient se tenir dans les prochaines semaines avec les élus de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) et l’engagement du gouvernement, qu’attendez-vous de cet exercice ?

    Je sais que ces assises de la protection sociale sont attendues par les élus de l’Assemblée des Français à l’étranger. Elles ont été évoquées lors de la dernière session de l’AFE en octobre 2024 et ma prédécesseure s’était engagée à lancer ses travaux en mars 2025.

    Il s’agit à la fois de dresser un état des lieux des dispositifs d’aides sociales existants au profit de nos compatriotes établis à l’étranger et de formuler des propositions sur les améliorations qui pourraient être apportées aux dispositifs des aides à la scolarité, des aides sociales directes et indirectes et au fonctionnement de la Caisse des Français de l’étranger.

    Cet exercice est utile car notre dispositif peut être optimisé en vue d’une meilleure utilisation, d’une plus grande efficience et d’un service amélioré, toujours au bénéfice de nos compatriotes les plus défavorisés.

    Dans le contexte budgétaire contraint qui s’impose à l’ensemble des politiques publiques, dans l’objectif de redressement des finances publiques poursuivi par le Gouvernement, il faudra tenir compte à la fois du périmètre de compétence du ministère de l’Europe et des affaires étrangères et du caractère limitatif des enveloppes budgétaires existantes en matière d’aides sociales.

    « … il faudra tenir compte à la fois du périmètre de compétence du ministère de l’Europe et des affaires étrangères et du caractère limitatif des enveloppes budgétaires existantes en matière d’aides sociales.  »

    Laurent Saint-Martin

    Toujours sur le plan social, la Caisse des Français de l’étranger est le principal outil de l’État pour prolonger la couverture sociale hors de France. Cependant la situation financière de l’organisme inquiète. Des voix s’élèvent pour demander une révision de son financement, de plus la convention qui lie la CFE à l’État français doit être discutée en 2025, quelles sont vos intentions ?

    La question du financement de la CFE est importante et fait d’ailleurs actuellement l’objet d’une mission d’inspection conjointe de l’IGAS et de l’IGF pour identifier des pistes de réforme. Cette inspection a été diligentée par les ministères en charge de la sécurité sociale et du budget, qui exercent la tutelle de la CFE, en réponse aux difficultés d’équilibre financier que traverse cette institution. 

    Cette situation est le produit de la diminution des contrats collectifs conclus par les grandes entreprises du fait de la baisse de leurs personnels expatriés, mais aussi du vieillissement de la population et du coût que représente la prise en charge de certaines affections lourdes.

    C’est un vrai sujet pour le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères qui contribue chaque année à hauteur de 0,5 à 1 million d’euros à la CFE au titre du dispositif de la catégorie aidée, qui permet à nos compatriotes les plus défavorisés de bénéficier d’une couverture santé à un tarif préférentiel.

    Je m’appuierai sur cette mission d’inspection conjointe de l’IGAS et de l’IGF qui devrait rendre ses conclusions au printemps, pour identifier les propositions les plus pertinentes et les partager notamment avec les élus à l’AFE dans le cadre des Assises de la protection sociale en 2025.

     » C’est un vrai sujet pour le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères qui contribue chaque année à hauteur de 0,5 à 1 million d’euros à la CFE.  »

    Laurent Saint-Martin

    Les Français de l’étranger : les élus et l’administration

    Souvent ce sont les élus des Français de l’étranger sur le terrain qui doivent assumer les décisions et leurs conséquences. Pour autant, ces derniers estiment que le périmètre de leurs actions n’est pas clairement défini, est-ce un sujet que vous souhaitez aborder très prochainement afin de clarifier les compétences des Conseillers des Français de l’étranger ?

    Clarifier les compétences des conseillers des Français de l’étranger, c’est précisément l’objet de la charte de l’élu consulaire est en cours de rédaction par l’AFE, depuis plus d’un an. Un projet devrait être prochainement soumis à l’administration avant d’être débattue lors d’une prochaine session de l’AFE. Cette charte a vocation à préciser les relations entre élus et postes, dans le cadre des textes législatifs et règlementaires existants.

    Je rappelle que la loi du 22 juillet 2013 a circonscrit la compétence des conseils consulaires aux questions relatives aux Français de l’étranger pour lesquelles un avis des élus est sollicité.

    C’est le cas en particulier des réunions convoquées par le président élu du conseil consulaire pour examiner les demandes de bourses scolaires (conseil consulaire des bourses scolaires) ou les demandes d’aides sociales (conseil consulaire protection et action sociales), après instruction par les postes diplomatiques et consulaires.

    Les conseils consulaires se réunissent aussi dans d’autres formats prévus par les textes: à l’occasion de la présentation annuelle par le chef de poste d’un rapport sur la situation de la circonscription consulaire et faisant l’état des lieux des actions menées dans les domaines de compétences du conseil consulaire, ou pour examiner les demandes de subventions aux associations au titre du dispositif de soutien au tissu associatif des Français de l’étranger (STAFE) ou de l’appui aux organismes locaux d’entraide et de solidarité (OLES).

     » Je rappelle que la loi du 22 juillet 2013 a circonscrit la compétence des conseils consulaires aux questions relatives aux Français de l’étranger pour lesquelles un avis des élus est sollicité.  »

    Laurent Saint-Martin

    Le ministre Laurent Saint-Martin

    Enfin, les Français de l’étranger sont presque 3 millions à vivre hors de France, mais ils ne sont que moins de 1,7 million à être inscrits officiellement au registre des Français établis hors de France. Quelles actions pourriez-vous mener pour les inciter davantage à se signaler auprès de leur consulat et à s’inscrire au dit registre ?

    Je le répéterai dès que j’en aurai l’occasion : l’inscription au registre est certes facultative, mais elle permet de faciliter considérablement la vie des Français qui s’établissent hors de France !

    Au 31 décembre 2024, on comptait 1 741 942 inscrits au Registre des Français établis hors de France et on estime en effet le nombre de compatriotes installés à l’étranger à un peu moins du double. Nos postes diplomatiques et consulaires ne cessent de rappeler l’importance de s’inscrire au Registre et je vous remercie de l’opportunité que vous me donnez de passer de nouveau ce message. On peut aujourd’hui s’inscrire en ligne en quelques clics, sur le site service-public.fr. C’est une démarche d’une grande simplicité, qui évite de se déplacer au consulat.

    L’inscription au Registre n’est pas obligatoire, mais elle est fortement recommandée pour tous les Français qui s’installent à l’étranger pour plus de six mois. Elle est valable cinq ans et permet aux usagers de faciliter leurs démarches consulaires, de recevoir des communications régulières sur l’actualité de leur circonscription, comme ce fut le cas cette année pour les élections européennes et législatives, par exemple, mais aussi d’être informés de la conduite à tenir en cas de crise.

    L’inscription est obligatoire en revanche pour percevoir des aides sociales ou des bourses scolaires et permet aux jeunes Français d’être automatiquement recensés lorsqu’ils atteignent l’âge de 16 ans.

     » L’inscription est obligatoire en revanche pour percevoir des aides sociales ou des bourses scolaires et permet aux jeunes Français d’être automatiquement recensés lorsqu’ils atteignent l’âge de 16 ans. »

    Laurent Saint-Martin