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  • La Paix se fait avec son ennemi.

    La Paix se fait avec son ennemi.

    Barack Obama a gagné le prix Nobel de la paix,pour les commentateurs Donald Trump auraitgagné le bonnet d’âne. Peut-être est-ce moins simple : Ils ne méritent ni l’un ni l’autre dedistinction, chacun, à sa façon, allant d’échec en échec. Que signifie le plan Trump ?

    Résultat de recherche d'images pour "plan de paix trump"Se rappeler sans cesse la première règle de la diplomatie : Toute décision de politique étrangère trouve sa raison en politique intérieure. Un Président gêné par une procédure de destitution au Sénat et un Premier ministre triplement inculpé se sont épaulés, tous deux en campagne, pour présenter un plan de paix reçu comme une déclaration de guerre par les Palestiniens.

    La première règle de la diplomatie, la politique intérieure.

    Les réactions à ce plan s’expliquent de la même façon. Si la Ligue arabe rejette le plan, les Etats qui la composent saluent les « efforts américains ». Tous sont pris dans des guerres civiles qui ont de plus en plus besoin de l’appui américain et de moins en moins de la cause palestinienne. Seule la Jordanie, sous assistance, le rejette sans ménagement : l’annexion de la vallée du Jourdain la touche directement, sa population est majoritairement palestinienne. Quand aux Européens, ils savent que ce plan n’a aucun avenir. Autant rester poli. La cause palestinienne garde quelques adeptes dans les rédactions et les mouvements de gauche. Mais le Hamas, la corruption, et le soutien à Assad l’ont sapé aux yeux des autres.

    Aussi, certaines voix se font entendre pour dire aux Palestiniens : « Prenez ce qu’on vous donne, puisqu’à chaque décennie on vous propose de moins en moins ». Changement : Jusqu’à présent on leur disait: « Refusez, vous aurez plus demain ».

    Tout n’est que paradoxe. Ce qui était faux hier peut devenir vrai aujourd’hui, ce qui est gain aujourd’hui, une perte demain.

    Le plan Trump serait celui de la droite israélienne ? La voilà piégée. Trump reprend ses propositions, mais accepte un Etat palestinien.D’ le refus d’une frange de la droite, qui rêve du grand Israël et de l’annexion complète de la Cisjordanie. Benny Gantz est le seul qui approuvé dans sa totalité le plan, pour gêner Netanyahou. Toujours la politique intérieure.

    Piège pour Israël

    Serait-ce le plan de l’Etat-major ? S’il était appliqué, ce serait un danger pour Israël : en faisant de l’Etat palestinien un pays sous tutelle, morcelé, à la souveraineté limité, aux communications contrôlées, il obligerait Israël à en assurer l’ordre, le développement, la sécurité(désarmer le Hamas disent-ils !) avec une population palestinienne pauvre, jeune, croissante. C’est pourquoi l’Etat-major israélien, cachant sa joie, freine les désirs d’annexion de Netanyahou. Comment contrôler cette population  et ces territoires ? Israël n’en a pas les moyens militaires, financiers, culturels, humains.

    Les Palestiniens vont donc refuser. Ils font même pire : ils coupent le dialogue. Y compris au niveau de la sécurité. Ils ont tort : quelle est « leur » contre-proposition ? Pourquoi ne pas répondre avec le plan du roi Abdallah, approuvé par tous les Etats arabes, ce qui gênerait le Prince Ben Salmane et les Américains? Lattitude de Mahmoud Abbas n’est pas guidée par la paix,mais par la rivalité avec le Hamas et le Djihad islamique.

    Le monde musulman en décomposition

    Constat tragique : Le monde musulman est endécomposition. Les derniers soutiens des Palestiniens ne sont pas arabes mais perses et turcs. Comme le dit un éditorialiste saoudien, si Israël occupe une capitale arabe, les Iraniens en occupent quatre : Bagdad, Sanaa, Beyrouth et Damas. Et pourtant l’Iran est en révolte et en ruine. Comme Beyrouth. L’Irak se reconstruit en désordre. La Syrie est détruite. Le Yémen est en guerre civile. Comme la Lybie. Une main de fer retient l’Egypte. La jeunesse du Maghreb désespère. De la Mauritanie au Soudan, le Sahelenflamme Musulmans contre Musulmans.

    Ceux qui craignaient un affrontement entre le monde musulman et l’Occident devraient réviser leurs craintes et prédictions. L’Islam n’est pas une menace, mais une impasse. Et l’islamisme n’est pas une arme expansionniste mais un désastre suicidaire. Les populations de ces pays vivent un appauvrissement matériel, moral, culturel, psychologique,de longue durée. Tout comme leurs élites devenues logiquement paranoïaques (elles sont menacées) et schizophrènes (elles bravent les interdits en cachette).

    Les Palestiniens devraient s’atteler à faire despropositions, si quelqu’un les écoute encore. Sinon leurs enfants connaitront toujours plus de violence et de misère.

    L’islamisme, un désastre pour les Musulmans.

    Quant aux Israéliens, ils devraient réfléchir. Les Américains, après Trump se seront lassés d’Israël. Le consensus politique américain pro israélien se brise. On le voit avec les Démocrates. Trump ne sera pas toujours Président. « Un jour vint un Pharaon qui ne connaissait pas Joseph ».

    Le plan Trump signifie que les Etats-Unis se désengagent. C’est un plan de retrait, qui confie à Israël la garde du Moyen-Orient. Drôle de cadeau à bien y regarder. Les Américains, malgré des milliards de dollars, ont perdu l’Iran, l’Irak, le Yémen, le Liban, et sont en train de perdre la Turquie. Et les Israéliens pensent que le temps joue pour eux ?

    La violence, la misère, la guerre entrainentIsraël. Israël tient ainsi depuis des années et des années. Le temps passe. Mais Israël n’a rien gagné. Israël a laissé Gaza et la Cisjordanie parce qu’elle ne pouvait pas les garder. Israël a perdu tout poids au Liban. Aujourd’hui, les opérations militaires israéliennes contre l’Iran sont continues parce que l’Iran est à ses frontières. Les Palestiniens vaincus, Israël est-il plus en sécurité ?

    La société israélienne aussi se fracture : entre Tel-Aviv et les habitants des colonies, un mur invisible est en train de se construire. Pour la première fois, les partis religieux sont contestés. Trois élections en un an. Si vous n’êtes pas d’accord entre vous, comment pourriez-vousl’être avec les autres? Avec les Arabes israéliens ? Avec vos voisins ?

    Réveil post hypnotique

    Je m’étais abstenu d’une rencontre avec Yasser Arafat. Shimon Peres me vit le lendemain. Il me dit : « Je vous comprends mais avec qui ferais-je la paix si ce n’est avec mon ennemi ? » Peut-on faire la paix sans son ennemi ? Begin, Peres, Sharon osèrent. C’est quand on est fort qu’on peut faire la paix. Une victoire n’est durable que si elle est acceptée par l’adversaire.

    Au mieux, pour Israël et les Palestiniens, le plan de paix trumpien pourrait servir de un geste hypnotique ericksonien, une fracture zen d’éveil bouddhique. Mais après, il faut se réveiller.

    Les Palestiniens ont perdu la guerre. Israël devrait en profiter pour proposer la paix. Directement. Sérieusement.

  • Rentrée Littéraire, ce qu’il fallait retenir du mois de Janvier 2020 – Podcast La French Radio Benelux

    Rentrée Littéraire, ce qu’il fallait retenir du mois de Janvier 2020 – Podcast La French Radio Benelux

    Pierre-Pascal Bruneau de la librairie « Le temps Retrouvé » à Amsterdam vous présente la rentrée littéraire de janvier 2020.

    Pierre-Pascal est un passionné de culture et de littérature. Après une carrière comme associé d’un grand cabinet d’avocats, il s’est établi à Amsterdam. En quelques années, il a largement contribué à y faire vivre la culture française et en français.

    En plus de sa librairie française, il organise des soirées littéraires et, par le biais de sa fondation l’Echappée Belle, il organise des soirées culturelles diverses et gère une cinémathèque. Son dernier grand projet est le festival du film français Tapis Rouge (dont nous reparlerons).

  • Le président catalan s’apprête à convoquer des élections anticipées

    Le président catalan s’apprête à convoquer des élections anticipées

    Quim Torra, le président indépendantiste du gouvernement régional de Catalogne, a annoncé le 28 janvier qu’il prévoyait d’organiser rapidement des élections législatives anticipées dans la région. Un article d’Euractiv

    C’est en raison des incessantes querelles entre ses deux principaux alliés indépendantistes au sein du gouvernement catalan que Quim Torra a pris la décision de convoquer un scrutin anticipé.

    La législature actuelle « n’a plus de direction politique », a déploré le président catalan lors d’un discours le 28 janvier. En cause, le « manque de loyauté » de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC). Jusqu’à maintenant, le parti indépendantiste comptait pourtant parmi ses plus proches alliés politiques.

    « Aucun gouvernement ne peut travailler sans unité, sans une stratégie commune et sans que ses membres fassent preuve de loyauté les uns envers les autres », a-t-il déclaré.

    Des élections en Catalogne dans deux ou trois mois ?

    La décision de Quim Torra est intervenue après que l’ERC a accepté de facto un arrêt de la commission électorale centrale espagnole, privant le président catalan de son accréditation de député.

    Selon Quim Torra, ce jugement « ouvre [également] la porte » au retrait de son statut présidentiel.

    À ce stade, de nouvelles élections apparaissent comme la seule issue possible. Quim Torra a cependant décidé que la date du scrutin anticipé ne serait fixée qu’après l’approbation du budget régional. Celui-ci devrait être adopté dans deux ou trois mois.

    Un conflit majeur a éclaté lundi 27 janvier entre les deux principaux partenaires indépendantistes du gouvernement catalan : JuntsxCat (Ensemble pour la Catalogne) et l’ERC. Au cœur de l’affrontement : le retrait du statut juridique de Quim Torra en tant président régional catalan.

    L’avenir de Pedro Sanchez comme premier ministre est en jeu

    Quim Torra a pris ses fonctions de président régional en mai 2018, mais de violentes disputes ont éclaté presque immédiatement entre JuntsxCat et l’ERC, qui ne sont pas d’accord sur la marche à suivre pour concrétiser leurs ambitions séparatistes.

    L’avenir politique de la Catalogne devait se préciser lors de prochaines négociations avec l’exécutif espagnol.

    Pour le Premier ministre Pedro Sánchez et sa coalition – constituée par le parti socialiste espagnol (PSOE) et le parti de gauche Podemos -, le soutien des partis séparatistes catalans – principalement celui de l’ERC – est vital.

    En novembre dernier, Quim Torra a été jugé pour insubordination, après avoir refusé de retirer le drapeau régional catalan et d’autres symboles indépendantistes du siège du gouvernement régional et d’autres bâtiments publics à Barcelone.

    Après sa condamnation, le tribunal a décidé de lui interdire d’occuper sa fonction publique de président régional pendant 18 mois.

    Quim Torra a fait appel de cette décision, mais la commission électorale a ordonné la mise en œuvre immédiate de cette suspension.

    Bien que JuntsxCat ait décidé d’ignorer la décision de la Cour, l’ERC a refusé de faire de même, car selon le parti, cela reviendrait à paralyser le parlement régional catalan, en rendant toutes ses décisions nulles.

    Selon certains analystes, la décision unilatérale de Quim Torra pourrait aggraver la situation politique espagnole, déjà très instable. Le mandat de ce dernier devait prendre fin en 2021, mais au vu des derniers développements, la coalition gouvernementale catalane semble d’ores et déjà au bord de l’effondrement.

  • Quelle place pour les films français sur les plateformes SVOD dans le monde ?

    UniFrance a publié une étude sur la part des films français dans les plateformes de vidéo à la demande. 56 diffuseurs dans 39 pays (hors France) ont été étudiés.

    Il s’agit de mesurer la présence, l’offre de films, et non la consommation. Les films français représentent 2,4% de la proposition de films sur les plateformes SVOD dans le monde.

    Les films américains dominent mais ne sont pas majoritaires, les films indiens et britanniques, forts de leur poids dans la production mondiale, dépassent les œuvres françaises.

    À ce jour, les films français sont sur le podium des cinématographies européennes présentes sur les plateformes mondiales.

    Les films français représentent 2,4 % du catalogue des plateformes de vidéo à la demande par abonnement dans le monde en novembre 2019, France exclue. À titre de comparaison, dans les salles des pays étudiés (données UniFrance), les films français représentent 10,6 % du volume de sorties globales.

    Les films français sont donc 4,4 fois plus représentés en salles qu’en SVOD. La présence moyenne des films français est plus importante sur les plateformes locales et régionales (3,0 % des films) – telles que Maxdome en Allemagne ou CMore dans les pays nordiques – que sur les plateformes globales (2,1 %) – telles que Netflixou Amazon Prime Video par exemple.

    La France représente la 4e cinématographie la plus représentée sur les plateformes SVOD dans le monde. En comparaison, les films états-uniens représentent 46,6 % du catalogue des plateformes étudiées (1re position).

    Pour les films européens, seules les productions britanniques se placent devant la France. En volume de titres, le nombre de films français sur les plateformes a augmenté de 180 % entre 2015 et 2019, sur le même échantillon de plateformes.

    RÉPARTITION TERRITORIALE

    L’Europe s’impose naturellement comme le premier territoire pour les films français avec 3,0 % de films français sur les plateformes SVOD en Europe occidentale et 3,3 % en Europe centrale et orientale. L’Afrique, le Proche et le Moyen-Orient (2,0 %), l’Asie (2,1 %) ainsi que l’Amérique du Nord (1,5 %) sont les territoires où la part des films hexagonaux est plus faible.

    CLASSEMENT DES PAYS

    La première place de l’Europe au sein du classement par zone est liée à la composition du classement par pays : Territoire naturel d’exportation des films français, la Belgique se détache largement des autres pays (5,5 % de films français), suivie par la Russie (4,8 %), la Corée du Sud (4,5 %), l’Allemagne (4,3 %) et l’Italie (4,0 %).

    Seuls quatre pays non européens ont une part de films français supérieure à la moyenne mondiale, à savoir la Corée du Sud (4,5 %), la Chine (3,5 %), le Brésil (2,7 %) et l’Argentine (2,7 %).

    Les États-Unis ne sont qu’en 33e position en termes de présence de films français au sein du catalogue des plateformes SVOD (1,5 %).

    Les cinq derniers pays de ce classement, pour lesquels la part de films français est la plus faible, sont tous des pays d’Asie ou d’Océanie où par ailleurs la part de films locaux est la plus importante : Thaïlande (1,4 % de films français), Indonésie (1,3 %), Nouvelle-Zélande (1,1 %), Singapour (1,0 %), Inde (0,8 %).

    CLASSEMENT DES PLATEFORMES

    Même constat que pour le classement par pays, les dix premières plateformes SVOD en matière d’offre de films français sont toutes des plateformes étudiées dans un pays européen, à l’exception de Watcha Play (Corée du Sud) et Globo Play (Brésil).

    Les quatre premières plateformes sont d’ailleurs toutes présentes sur le territoire britannique : MUBI (31 %), BFI Player (14,8 %), Curzon Home Cinema (13,6 %) et Filmdoo (9,0 %). Il convient néanmoins de nuancer les résultats de MUBI et de Curzon Home Cinema car ces deux plateformes ne disposent pas d’un volume global de films en ligne important : MUBI ne propose par exemple que 30 films à ses abonnés chaque mois. Ainsi, si la part de film français dépasse la barre des 10 % sur ces plateformes, ce bon résultat ne fait varier qu’à la marge la moyenne globale de films français sur les plateformes SVOD dans le monde, qui est elle-même pondérée au volume du catalogue de films. Netflix, première plateforme SVOD en volume de contenus hexagonaux, est également la seule plateforme globale proche de la moyenne mondiale de films français (2,5 %) contre 1,8 % pour Amazon Prime Video, 1,5 % pour HBO Go et pour 0,1 % Disney+.

    (ÉTUDE RÉALISÉE EN JANVIER 2020 PAR QUENTIN DELEAU ET LÉO TISSEAU SOUS LA DIRECTION DE GILLES RENOUAR )

  • Coronavirus déclaré Urgence mondiale – retour des Français

    L’épidémie de coronavirus en Chine a causé la mort de 213 personnes depuis qu’elle s’est déclarée, ont annoncé ce matin les autorités sanitaires chinoises, précisant que le nombre de cas de contamination dans le pays s’élevait désormais à 9 692, soit près de 2 000 cas supplémentaires en une journée.

    Wuhan, ville du centre de la Chine où s’est déclarée l’épidémie, a été placée en confinement ainsi que d’autres villes voisines.  Quelque 60 millions de personnes sont concernées par ces mesures dans la province du Hubei. Un climat de terreur s’y installe.

    L’organisation mondiale de la santé (OMS), dont les experts se sont réunis hier à Genève, a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale.

    Les États-Unis ont été jeudi le cinquième pays en dehors de la Chine à faire état d’un cas de transmission humaine du coronavirus, alimentant les craintes sur une propagation rapide de cette maladie respiratoire.

    Plus de 120 cas de contamination ont été recensés à travers le monde, dans une vingtaine de pays, dont six en France. Aucun cas mortel n’a été signalé hors de Chine à l’heure actuelle.

    Le compte-à-rebours a commencé pour les rapatriés français de Wuhan en Chine, épicentre de l’épidémie : ils doivent arriver en France ce vendredi 31 janvier et seront mis à l’isolement 14 jours dans un centre de vacances à Carry-le-Rouet, près de Marseille. Un autre appareil va bientôt décoller pour la Chine, qui pourrait ramener des personnes potentiellement contaminées par le coronavirus, selon la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

    Inquiétude à Carry-le-Rouet avec l’arrivée des Français de Wuhan.

    « Pourquoi nous ? » Dans la petite station balnéaire de Carry-le-Rouet, près de Marseille, les habitants s’étonnent de devoir accueillir les 200 Français rapatriés de Wuhan. Au pied du centre de vacances dans lequel ces Français vont passer 14 jours confinés à partir de la mi-journée, plusieurs gendarmes surveillent déjà le portail. Sur le parking de la résidence, quatre véhicules de gendarmerie et quatre véhicules de la sécurité civile sont visibles.

  • Brexit: quel impact pour les Français du Royaume-Uni?

    Les eurodéputés ont très largement, 621 voix pour, 49 contre et 13 abstentions, voté pour l’accord sur le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne . Le Brexit est désormais inévitable, il sera officiellement actif dès le 31 janvier, même si de nombreuses questions restent en suspens, notamment pour les 300 000 Français résidant dans le pays, dont la moitié enregistrés sur les listes consulaires.

    Jusqu’au 31 décembre, date limite annoncée pour les négociations post-Brexit, rien ne devrait fondamentalement changer. Les Français pourront librement continuer à s’installer au Royaume-Uni. Il est en revanche très vivement recommandé de demander le « settled status », statut de résident permanent qui évitera à l’avenir toute complication éventuelle. Le Royaume-Uni, en effet, sera libre de rendre plus complexe à l’avenir la possibilité pour les citoyens de l’UE de s’y installer.

    Les résidents de longue date, comme Florence et Melissa présentes à Londres depuis le début des années 2000, ont souvent fait le choix plus radical encore d’acquérir la nationalité britannique. Pour les enfants nés sur le sol britannique, c’est également possible sous certaines conditions  .

    Quid de l’Ecosse ?

    Christian Allard, désormais ex-député français du Scottish National Party

    Pour les 6 000 Français inscrits en Ecosse au consulat, et ceux qui ne le sont pas, les conséquences pourraient être différentes. Le gouvernement régional indépendantiste du Scottish National Party (SNP) exige en effet un nouveau référendum sur l’indépendance et annonce qu’en cas de succès, la demande pour une réintégration dans l’Union européenne sera une priorité.

    « Ce n’est qu’un au revoir » a d’ailleurs estimé Christian Allard, député européen d’origine française du SNP à l’occasion du vote au Parlement européen.

    Dans tout le Royaume, les étrangers font part de leur inquiétude. L’organisation « the 3 million » s’est d’ailleurs structurée en ce sens. Les 3 millions d’européens installés font notamment part de leur inquiétude quant à une évolution possible dans le futur de leur statut. Au-delà de ces préoccupations, de nombreuses interrogations demeurent.

    Erasmus en danger ?

    Parmi les nombreuses interrogations, celle du programme Erasmus + et de son avenir au Royaume-Uni. Le programme, une des plus éclatantes réussites de l’UE, existe dans toute l’Union européenne mais pas seulement : Norvège, Serbie, Turquie en bénéficient également. Pour autant, la participation d’un pays non-membre de l’Union européenne n’est pas automatique et dans un vote du 8 janvier, les membres de la Chambre des communes ont décidé que son renouvellement, et les négociations attenantes avec l’Union européenne, n’était pas prioritaire. Cela ne signifie pas pour autant qu’il sera impossible à l’avenir pour les jeunes Français, ils étaient 4500 en 2018, de revivre l’auberge espagnole dans les rues de Londres ou d’Edimbourg, mais ce n’est absolument pas certain. Les jeunes étudiants européens bénéficieront des mêmes droits jusqu’au 31 décembre, mais ensuite ?

    D’importantes conséquences économiques pour l’Union européenne aussi

    Avec 513 millions d’habitants en 2019, 3ème zone la plus peuplée au monde, l’Union européenne perd 13% de sa population et passe à 447 millions d’habitants. Elle ne perd en revanche que 5% de sa superficie.

    La place de Londres est-elle en danger?

    Elle perd 15% de son PIB et des fleurons industriels comme BP, Shell, l’assureur Prudential, le réseau de supermarchés Tesco, le motoriste Rolls-Royce, le géant des télécommunications Vodafone, ou encore Unilever. Elle perd enfin la première place financière au monde : la City de Londres. Les conséquences de cette sortie de la City sont encore floues : Francfort devient la première place de l’UE et beaucoup d’établissements financiers ont annoncé le déplacement d’une partie de leurs actifs et de leur personnel vers le continent, afin de ne pas perdre le fameux « passeport » qui permet de continuer à procéder à des activités au sein de l’UE, mais il est à ce stade impossible de déterminer les conséquences à long terme du Brexit pour la place de Londres.

    « L’ambiance est étrange mais pas à la panique, les salariés de la City attendent tout simplement de voir » témoigne Fabrice, Français installé à Londres de longue date et qui y travaille pour une banque française.

    Ainsi il n’existe qu’une seule certitude : le Brexit est acté. Tout le reste, concernant les programmes d’échanges étudiants, la situation des Français sur place, celle de ceux qui souhaitent emménager au Royaume-Uni, ceux qui résident en Ecosse, ceux qui ont un travail à la City, est incertain. L’Union européenne et le Royaume-Uni se sont donné jusqu’au 31 décembre pour régler si ce n’est l’ensemble en tout cas la majorité des situations. Mission impossible ?

  • La France milite pour faire de la place aux jeunes dans les aides PAC

    Seulement 5 % des agriculteurs ont moins de 35 ans, et Paris estime qu’un âge  plafond pour toucher les aides de la Politique agricole commune permettrait de faire de la place aux jeunes. Mais Bruxelles ne l’entend pas de cette oreille.

    La population agricole vieillit en Europe, et les jeunes prêts à reprendre le flambeau de l’exploitation familiale ou à se lancer dans la profession ne compensent pas les départs en retraite, loin s’en faut.

    Ce constat unanime touche la France comme les autres pays. « Ne plus perdre de paysan devrait être un objectif européen » a affirmé l’eurodéputé français Jérémy Decerle (LREM) lors d’une table ronde organisée par Euractiv à Paris le 28 janvier. L’ancien président des Jeunes Agriculteurs a rejoint le Parlement européen lors des dernières élections européennes. «  Et depuis le début de mon mandat, je ne peux pas dire que le sujet du renouvellement des générations soit un sujet de préoccupation. Pourtant, seulement 5% des agriculteurs européens ont moins de 35 ans, c’est un chiffre qui doit alerter ! »

    « Il faut que le sujet de renouvellement des générations en agriculture soit porté au niveau européen », a martelé le président des Jeunes Agriculteurs, Samuel Vandaele

    Au niveau européen, la mise en œuvre du Pacte vert et de son volet alimentaire « de la ferme à l’assiette » laisse espérer une nouvelle gestion de la question agricole. « Il serait important d’inclure la question du maintien de l’agriculture européenne et des paysans dans la stratégie alimentaire du Green deal » affirme Jérémy Decerle.

    Future PAC

    L’UE est également en train de préparer la nouvelle mouture de sa politique agricole commune. Cette dernière ne devrait entrer en vigueur qu’en 2022, et prévoit d’ores et déjà des mesures renforcées pour les jeunes agriculteurs. La question de l’installation des jeunes agriculteurs est une priorité de la Commission européenne » a affirmé Maria Fuentes Merino de la Commission européenne.

    La future PAC prévoit des dispositions telles que la hausse du plafond de l’aide à l’installation, qui passera de 70 000 euros à 100 00 euros. « Le plus novateur des dispositifs c’est de garantir que 2% des paiements nationaux seront dédiés aux jeunes agriculteurs, au travers de dispositions simplifiées  » a affirmé Maria Fuentes Merino.

    « Il faut que le sujet de renouvellement des générations en agriculture soit porté au niveau européen », a martelé le président des Jeunes Agriculteurs, Samuel Vandaele. « Monter le seuil des paiements nationaux aux jeunes agriculteurs de 2% à 4% montrerait une véritable ambition » a-t-il insisté.

    En France, la question de l’installation des jeunes agriculteurs est compliquée par de nombreux facteurs tels que le prix du foncier, la faible attractivité de la profession ou encore la difficulté dans la transmission d’exploitation.

    Mais la question des retraites, qui a secoué le pays ces derniers mois, plombe également ce renouvellement des générations agricoles. « En 2026, 45% des agriculteurs français auront atteint l’âge légal de la retraite » prévient Claire Brennetot du Ministère de l’Agriculture. Pour autant, cette génération ne laisse pas toujours place à la suivante, car nombre d’exploitants agricoles préfèrent conserver leurs terres et leurs aides PAC, plutôt que de basculer sur un régime de retraite peu rémunérateur.

    Cette rétention du foncier agricole devient problématique en France. « Il est vrai qu’il y a un sujet sur le régime de retraite en France, mais il y a également une question à poser sur l’âge limite pour toucher les aides à la PAC » pointe du doigt Claire Brennetot.

    Si la France a tenté de porter le sujet au niveau européen pour fixer un âge de « retraite » pour les bénéficiaires de la PAC, la Commission européenne lui a opposé une fin de non-recevoir. Selon Bruxelles, exclure les agriculteurs au-delà d’un certain âge des aides européennes s’apparente à de la discrimination.

    Autre levier d’action envisagé par la France, permettre aux jeunes agriculteurs de bénéficier des aides à l’installation au-delà de 40 ans, l’âge limite prévu pour la PAC pour bénéficier du statut de « jeunes agriculteurs ».

  • S’expatrier facilement au Royaume-Uni, encore 10 mois…

    Près de 150 000 Français sont inscrits sur les registres consulaires au Royaume-Uni, en grande majorité en Angleterre, pour une population réelle estimée à 300 000.

    Depuis le référendum sur le Brexit en 2016, l’ambassade de France n’a noté aucune dynamique spécifique dans les arrivées et les départs des Français au Royaume-Uni, qui accueille depuis longtemps tant les cadres dynamiques et les auto-entrepreneurs que les jeunes en quête d’un petit boulot et de l’opportunité de d’apprendre la langue.

    Après la consternation, les Français sont nombreux à vouloir continuer l’expérience britannique.

    « Nous avons eu plus d’inscriptions en 2019 qu’en 2018, confie Fabien Maero, responsable du centre Charles-Péguy de Londres à France 24
    Surtout qu’ils peuvent encore profiter de Londres comme avant pendant un an. En effet, les premiers effets du Brexit n’auront lieu qu’après décembre 2020. Les rounds de négociation devront définir les possibilités d’installation après cette date.

    Quel statut après décembre 2020 ? Settled status ?

    Depuis le 6 décembre 2018, le gouvernement britannique a commencé à mettre en place le « settled status » (statut de résident permanent), équivalent d’un droit de résidence à durée illimitée, pour les ressortissants européens et les membres de leur famille résidant au Royaume-Uni. Ce « super-visa » nécessitant une inscription rapide en ligne doit leur permettre de continuer à travailler, étudier et accéder aux prestations sociales et services du pays dans les mêmes conditions qu’avant le Brexit.

    Tous les citoyens européens installés dans le pays avant le 31 décembre 2020 pourront en bénéficier mais au delà on ne connait les conditions qui seront nécéssaires pour obtenir ce fameux statut.

    L’absence de pièce d’identité physique au Royaume-Uni entraine, aussi, un risque devoir justifier de son « settled status » par voie numérique ce qui pourrait entraîner des discriminations. C’est pourquoi les européens réunis dans le collectif THE 3 MILLIONS, dirigé par un Français, veulent voir le gouvernement émettre une preuve physique du statut. La peur de connaitre un changement brusque du statut en 2021 et de se retrouver désuni.

     

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