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  • Air France à l’épreuve du Coronavirus

    Air France à l’épreuve du Coronavirus

    Air France, comme l’ensemble du secteur aérien, est frappée de plein fouet par la crise du Coronavirus. 90% de vols annulés pendant le confinement, l’aéroport d’Orly fermé, ceux de Charles de Gaulle et de Schiphol du partenaire KLM tournant au ralenti, une grande partie du personnel en chômage technique, les aides gouvernementales conditionnées à une évolution du secteur et à une plus grande interaction rail – avion, et aussi la peur. La peur des usagers de ces avions qui sont un espace clos ou l’air circule par excellence, de ces terminaux d’aéroports débordant d’une foule venant du monde entier, de ces destinations exotiques.

    L’aéroport Charles de Gaulle tourne au ralenti

    Forcément le secteur va devoir s’adapter, et vite. Certains n’ont déjà pas survécu : la compagnie à bas-coûts Norwegian met en faillite certaines de ses filiales, Brussels Airlines filiale de Lufthansa licencie 25% de son personnel, des dizaines d’autres luttent pour leur survie.

    Air France, qui est endettée, qui doit payer la location de ses avions même quand ils sont cloués au sol, qui fut l’objet de mouvements de grève qui ont entamé sa trésorerie, devra forcément s’adapter. L’heure actuelle est cependant avant tout à la gestion de la crise tel qu’elle est.

    Des centaines de milliers de rapatriements, des contrôles mis en place

    Près de 300 000 personnes ont été rapatriées par des vols Air France, dont la moitié de ressortissants français. La compagnie nationale, un des symboles les plus forts de l’Hexagone dans le monde, a pu utiliser le réseau tentaculaire de ses destinations et correspondances a permit de couvrir la quasi-totalité du globe. Pour autant, des vols spéciaux ont dû être mis en place, notamment en provenance du Maroc et d’Amérique du Sud. Un certain nombre de passagers sont aussi passé par des compagnies tierces avec escales à Singapour ou dans le golfe persique.

    Tout ceci a un coût : 2000 euros pour Marie pour faire rapatrier ses parents qui lui rendaient visite en Australie, environ 1000 euros en moyenne pour un New-York / Paris, parfois beaucoup plus pour des destinations ou l’offre est plus rare encore.

    Des mesures de sécurité draconiennes

    Les compagnies, en tout cas, s’adaptent à la pandémie et aux mesures à prendre. Le port du masque est obligatoire depuis le 11 mai sur l’ensemble des vols Air France et la compagnie déploie petit à petit un contrôle de température au départ de tous ses vols.

    De quoi rassurer les usagers ? Les salariés, en tout cas, sont inquiets. Véronique, 25 ans de travail dans la compagnie française, est inquiète: « j’ai connu toutes les crises possibles à Air France, mais rien de comparable avec ce qui se passe actuellement ». Une crise sans précédent, et un monde demain fort différent.

  • La France rapatrie plus de 150 Européens bloqués au Panama et au Honduras – TV5 Monde

    La France rapatrie plus de 150 Européens bloqués au Panama et au Honduras – TV5 Monde

    Une soixante d’Européens coincés en Amérique centrale ont pris un premier vol ce lundi 11 mai. Un rotation vers Paris affrétée par la France. Un second vol similaire de rapatriement est, d’ores et déjà, programmé pour ce mercredi 13 mai.

    L’ambassadeur de France à Panama, Brice Roquefeuil, a salué « un vaste effort de coordination » avec ses partenaires de l’Union européenne pour transporter tous ces Européens. Parmi eux, 59 Français, 27 Espagnols, 18 Allemands, 12 Italiens ou encore 10 Néerlandais, entre autres nationalités représentées.

    Beatriz Perez, Espagnole de 40 ans, a expliqué à l’AFP qu’elle devait revenir dans son pays en avril, mais que son vol avait été annulé en raison des restrictions dues à la pandémie de coronavirus.

    Enfin, on a pu embarquer sur ce vol. On retourne en Espagne, mais on ne sait pas comment est la situation là-bas. Beatriz Perez, rapatriée espagnole

    Distanciation sociale

    Le projet était à l’origine de rapatrier 300 personnes de 22 nationalités européennes, mais la réglementation en vigueur en France a contraint à diviser le contingent en deux pour respecter la distance recommandée entre passagers. L’ambassade de France à Panama a donc annoncé un second vol.

    « Je devais partir par le vol de rapatriement d’aujourd’hui [lundi], mais je vais devoir attendre deux jours de plus au Panama parce qu’ils font l’embarquement avec la moitié des gens en raison de la distanciation sociale« , a déploré la Française Roxane Bergougnoux, interrogée par l’AFP.

    Le Panama est l’un des pays d’Amérique centrale les plus touchés par l’épidémie, avec 244 morts et plus de 8.000 cas recensés à la date de dimanche. Le pays peine aussi à se sortir d’un scandale de détournement de fonds présumé dans l’achat d’une centaine de respirateurs portables (ou ventilateurs) pour la somme de 5,2 millions de dollars. Le parquet panaméen avait ouvert une enquête, le mois dernier, pour déterminer si le montant présumé avait été surévalué. Quelques heures après l’ouverture de cette enquête, le gouvernement panaméen annonçait, devant la presse l’annulation de cet achat par la société partenaire et assurait  que ce montant élevé s’expliquait par l’importante demande mondiale.

  • Aides aux Français de l’Etranger. Familles, écoles, entreprises, quels sont les dispositifs mis en place?

    Aides aux Français de l’Etranger. Familles, écoles, entreprises, quels sont les dispositifs mis en place?

    Le gouvernement à travers le Ministre des Affaires Etrangères Le Drian et le Ministre du Budget, Gérard Darmanin, ont annoncé le 30 avril dernier, le déblocage d’une aide exceptionnelle pour les Français de l’Etranger.

    Le budget dédiée aux associations a été abondé pour passer de moins de 2 millions d’euros à 50 millions afin que ces dernières puissent assurer la distribution des fonds aux Français en difficulté. Les établissements scolaires n’ont pas été oublié avec des aides directes mais aussi des bourses scolaires exceptionnelles afin de permettre aux familles de régler les frais du 3ème trimestre. Tandis que les entreprises peuvent compter sur les Chambre de Commerce Internationales réparties en 124 chambres dans 93 pays pour les accompagner dans les démarches locales afin d’obtenir les aides mises en place.

    Du Vietnam à l’Espagne, les Français sont frappés de plein fouet par la crise du coronavirus. Enseignants, restaurateurs, hôteliers, guides, etc. la liste des métiers, que nos compatriotes ne peuvent plus exercer, est longue. Les réponses des gouvernements locaux aux urgences économiques sont trés variables d’un pays à l’autre. Et c’est sur ce constat, que les parlementaires se sont mobilisés afin d’obtenir ce plan exceptionnel de 240 millions (toutes aides cumulées).

    La France n’abandonne donc pas ses compatriotes. Sauf que.. sur le terrain les situations sont bien plus complexes.

    Manque de coordination

    En absence de consignes claires des autorités, chaque consulat a lancé des procédures de façon autonome.

    Pour les bourses scolaires, les familles ont théoriquement jusqu’au 22 mai pour déposer leurs dossiers. Mais dans de nombreux pays, les commissions d’attribution des bourses se sont déroulées en avril ou tout début mai. Par ailleurs, les établissements ont été libres quant à leur mode de communication sur cette aide exceptionnelle. Les élus consulaires se mobilisent, donc, pour réorganiser des réunions et informer au mieux.. Sans moyen et entravée par les mesures liées aux Covid-19, l’information circule mal.

    Des aides compliquées à mettre en place, loin des réalités du terrain

    Sur les aides aux citoyens en difficulté, le ministère n’a pas communiqué, non plus, de méthodologie fixe. Certains consulats ont donc décidé de faire appel aux OLES comme l’indiquer la déclaration du gouvernement. Ces établissements sont des associations de droit locale fondée par des Français et qui sont reconnues par les consulats. Tandis que d’autres services consulaires ont décidé de traiter en interne les dossiers soit par absence d’associations soit par choix.

    C’est donc dans l’application que les problèmes s’accumulent. Tout d’abord, les associations, malgré l’urgence, doivent constituer un dossier, porter un ensemble de justification à l’administration consulaire. Pour cela, elles ont du être informées par leur consulat de tutelle, souvent par mail, ce qui n’a pas raccourci le délais de réaction, bien au contraire. Autre frein, c’est la non connaissance de ces associations ou des services sociaux consulaires par nos compatriotes. Et aucune campagne de communication n’est prévue pour alerter les familles en situation précaire, ni par les associations (par manque de moyen), ni par les services des consulats. 

    Pour les candidats, le parcours est aussi compliqué. En effet, Les personnes souhaitant bénéficier de ces sommes devront en outre justifier de leur perte ou diminution de revenus du fait de la crise. L’aide n’étant pas systématique, il faut aussi être éligibles, elles ne doivent donc pas disposer de  moyens propres pour traverser cette crise, ni de possibilité d’aide familiale, amicale, etc. Enfin, ces demandeurs ne doivent pas pouvoir obtenir les dispositifs d’aides mis en place par les gouvernements de leurs pays de résidence. Enfin ils doivent être inscrit au registre consulaire. C’est un véritable dossier aux innombrables justificatifs, qui doit donc être constitué. Les critères sont aussi sujets à interprétation : Comment prouver que votre famille ou vos amis ne peuvent pas vous aider ? Et si ils en auraient les moyens, doivent-ils se justifier de pas aider le foyer concerné ?

    Enfin une fois que les associations comme les éventuelles bénéficiaires ont pu réunir l’ensemble des pièces, les familles peuvent toucher l’aide tant attendue. Et là c’est la douche froide ! Les enveloppes attribués, une seule fois, aux foyers, et qui sont définies par les services administratifs parisiens, évoluent de 44€ à 300 € par adulte et de 29€ à 200€ par enfant.  Comment ont-elles été calculées ?  Selon le niveau de vie du pays en ayant comme référence le montant de l’aide d’urgence fournie par les CAF (caisses d’allocation familiales) en France. Cette aide complète, en métropole, l’important dispositif comme les allocations familiales, l’aide au logement, le chômage technique, les soutiens aux indépendants, etc,  auxquels les Français de l’Etranger n’ont pas accès.

    La complexité du montage du dossier et la faiblesse de l’aide risquent de décourager plus d’une famille. Certains craignent que ce système soit juste un effet d’annonce avec peu de conséquences concrètes pour les expatriés. 

     

     

  • Les premiers effets du déconfinement

    Les premiers effets du déconfinement

    Fin avril, des pays comme l’Autriche, l’Allemagne et les États-Unis ont d’ores-et-déjà entamé un processus de déconfinement de la population et de levée des restrictions de l’activité. En Allemagne, la première phase de déconfinement a été initiée au niveau fédéral le 20 avril avec la réouverture des commerces d’une surface inférieure à 800 m², ainsi que des concessionnaires, des vendeurs de vélos et des librairies sans condition de surface. Une deuxième phase a débuté le 4 mai avec la réouverture progressive des écoles et des salons de coiffure. La sortie du confinement dépend également des Länder. Ainsi, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, les commerces de proximité même non alimentaires accueillent les clients depuis le 20 avril quand la Bavière et Hambourg les ont maintenus fermés jusqu’au 27 avril.

    Italie

    En Italie, seules les entreprises stratégiques et exportatrices ont pu reprendre leurs activités le 27 avril (comme certaines usines du groupe Fiat-Chrysler ou encore Valentino), et seulement après examen et accord de la préfecture. Le 4 mai, les branches de la chimie, des matières plastiques, de la métallurgie, des machines-outils, de la construction et des télécommunications ont été autorisées à reprendre leurs activités.

    Espagne

    En Espagne, dès le 11 avril, les activités productives ont pu reprendre progressivement mais la population reste confinée jusqu’au 9 mai. Aux États-Unis, certains États, essentiellement des États du Sud des États-Unis et des grandes plaines (Alaska, Alabama, Colorado, Géorgie, Tennessee, Caroline du Sud, …) ont décidé de rouvrir les commerces non essentiels, dont certains dès le 21 avril.

    Selon des premières données issues des requêtes effectuées sur Google, les ventes au détail en Allemagne atteindraient désormais 70 % de leur niveau dit normal. Pour les centres commerciaux, la baisse d’activité serait pour la dernière semaine d’avril de 35 % quand elle était de 70 % la semaine précédente. Au Royaume-Uni ou aux États-Unis, en revanche, l’activité commerciale reste inférieure de 70 à 80 % par rapport à 2019 à la même époque.

    La circulation routière dans les grandes villes allemandes aurait, selon l’INSEE, reprise depuis le 20 avril en prenant comme référence l’indice de congestion routière publié par TomTom. L’indice n’est que de 2 % inférieur à l’indice moyen en 2019 entre le 20 et le 27 avril, alors qu’il lui était inférieur de près de 34 % entre le 13 et 19 avril. Cette situation peut s’expliquer par un recours plus important de la voiture en raison des craintes de contamination dans les transports publics. En France, en Italie et en Espagne, les conditions de circulation ne changent que très modérément. Fin avril, l’indice de congestion y demeure entre 60 % et 75 % inférieur à l’indice moyen de 2019 contre une baisse comprise entre 66 % et 80 % la semaine qui précède. Au RoyaumeUni tout comme aux États-Unis, la circulation routière semble augmenter légèrement mais reste très inférieure aux conditions de 2019.

    Trafic aérien

    Le trafic aérien commercial de voyageurs reste au point mort dans la plupart des pays européens, hormis, à nouveau, l’Allemagne. Il est également au point mort au Royaume-Uni et aux États-Unis et il reste encore très au-dessous de la normale en Chine. Le trafic demeure quasi arrêté en France avec la fermeture symbole du 2e plus grand aérien, Orly.

    Le rebond économique en France dépendra de la capacité des entreprises à reconstituer rapidement leurs stocks de biens intermédiaires et à appliquer au mieux les mesures sanitaires.

    Le principe de précaution transcende l’ensemble de la population. Les décideurs craignent de voir leur responsabilité engagée quand les actifs, toutes catégories sociales confondues craignent pour leur santé. Le psychodrame de la rentrée scolaire témoigne de ce climat. Le retour à un niveau correct d’activité dépendra de la levée des doutes sur la crise sanitaire.

  • L’affaire qui empoisonne les relations franco-russes

    L’affaire qui empoisonne les relations franco-russes

    Les relations entre la France et la Russie sont complexes, depuis toujours. Elles le sont encore de nos jours. L’affaire « Delpal » risque de ne pas les arranger. Philippe Delpal, banquier français vivant de longue date en Fédération de Russie et y travaillant pour le fonds Baring Vostok, fondé par un important homme d’affaire américain, est assigné à résidence depuis 9 mois, tout comme son ancien employeur.

    La raison ? Une accusation de fraude sur un montant de 33 millions d’euros. Une accusation « montée de toute pièce » selon les accusés qui contestent un procès qui n’aurait pas été conforme à l’état de droit et des droits de la défense. Traductions aléatoires, changement des accusations en cours de procès, absence de preuves, la accusés et leurs conseils sont sans concession. Surtout, ils estiment qu’il s’agit d’une manipulation liée à un des associés du fonds, proche du Kremlin et y disposant de solides relais.

    Un sujet récurrent entre les deux présidents

    L’affaire, en tout cas, complique les relations entre la France et la Russie et fait l’objet de discussions régulières, y compris au plus haut de l’Etat entre les deux Présidents.

    La députée des Français de la circonscription, Anne Genetet, vient d’estimer dans un communiqué, qu’il y avait un risque que l’affaire puisse devenir une « victime collatérale » du covid-19 et que les 1000 autres sujets entre les deux

    Anne Genetet

    pays ne relèguent que très loin dans la liste des priorités le sort de M. Delpal. Elle invite la diplomatie française à inclure la libération de M. Delpal dans un « package » de négociations de rapprochement entre les deux pays.

    Certains Français de Russie, en tout cas, sont particulièrement critiques de l’action de la France sur le sujet. Un homme d’affaires que nous avons contacté et qui ne souhaite pas être nommé estime « qu’à force d’insulter la Russie, la France n’a pas créé un climat de confiance propice aux négociations de ce type ».

    Marie, qui travaille elle aussi pour une entreprise américaine, est également inquiète : « franchement c’est vrai que la diplomatie française patine dans cette histoire, mais soyons honnêtes, ceux qui sont proches du pouvoir russe peuvent faire quasiment tout ce qu’ils veulent, l’Etat de droit ce n’est pas la réalité de ce pays ».

    L’incertitude juridique pèse sur le climat des affaires

    En tout cas, ce type de situation ne risque pas d’inciter les hommes d’affaires français à investir en Russie, encore moins à y travailler. Et pourtant les relations commerciales entre les deux pays sont anciennes, et les investissements importants : plus de 1000 entreprises françaises sont implantées en Russie. Cette dernière n’a pour l’instant que peu souffert du coronavirus mais son économie est très largement dépendante du pétrole et ce dernier est à des prix historiquement bas.

    Une pandémie mondiale, un baril de pétrole vendu à des prix ridicules et des inquiétudes sur l’indépendance de la justice russe vont avoir un impact sur le climat des affaires. Reste à savoir de quelle ampleur…

  • Quatorzaine à l’arrivée en France, quels voyageurs seront soumis à la mesure ?

    Quatorzaine à l’arrivée en France, quels voyageurs seront soumis à la mesure ?

    Comme nous l’indiquions, il y a quelques jours, la France a décide de mettre en place une quatorzaine pour les voyageurs en provenance de pays à risques, quelque soit leur nationalité.

    Les élus consulaires, des pays hors Schengen, ont été nombreux à alerter les parlementaires sur la mise en place de contrôles aux frontières avec l’entrée en vigueur de la loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire en France.

    Ainsi les sénateurs représentants les Français de l’étranger ont tenu à apporter des modifications au texte proposé par le Gouvernement.

    « Nous ne connaissons pas à cette heure l’entrée en vigueur des textes d’application qui sont du domaine du gouvernement, ni la liste des pays « à risque » (liste qui sera révisée régulièrement) », indiquent les sénateurs.

     

    En effet, Le Parlement a définitivement adopté samedi soir le texte de prolongation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet en France, face à l’épidémie du coronavirus, avec un ultime vote de l’Assemblée nationale. Ce texte adapte la réglementation des déplacements, des transports et de l’ouverture des établissements recevant du public en vue du déconfinement qui doit débuter lundi. Mais Il précise, surtout, les régimes de mise en quarantaine et déplacement à l’isolement, élargit la liste des personnes habilitées à constater les infractions aux mesures de l’état d’urgence sanitaire, et créé un système d’information rassemblant des données relatives aux personnes atteintes du COVID-19 et aux personnes ayant été en contact avec elles.

    Cependant alors que la loi acte la mise en quatorzaine des voyageurs entrant sur le territoire nationale, elle fait aussi   référence à une liste que doit émettre le gouvernement ! Au moment, où, nous écrivons ces lignes, la liste n’est toujours pas disponible. Les Français expatriés dans le monde, hors Europe, sont particulièrement inquiets.. Quid des rendez-vous professionnels ? Quid des retrouvailles familiales ? Des Etudiants ?

     

  • Quand internet sera chinois…..

    Quand internet sera chinois…..

    L’internet chinois séduit et menace

    Au siège de l’Union Internationale des Télécommunications, un organisme des Nations-Unies, à Genève, des ingénieurs chinois mandatés par leur gouvernement ont présenté en septembre 2019, devant les délégués de quarante pays un nouvel Internet censé remplacer l’architecture du Web actuel. L’IUT est l’organisme chargé d’émettre les normes internationales en matière de télécom. Une nouvelle réunion a eu lieu en février dernier. L’enjeu : l’Internet de demain.

    A sa création, Internet avait laissé de coté les Etats, même l’Etat américain. Le Web appartient à tout le monde et à personne. Chacun essaie de s’immiscer dans l’internet du futur, sachant le pouvoir et l’argent seront là.

    Un cahier des charges sur mesure

    Les ingénieurs réunis à Genève venaient tous de Huaweï, le géant chinois accusé par les Américains d’être un peu trop lié au Parti communiste chinois. Leur initiative s’appelle « New IP », « nouveau protocole Internet ». Le protocole est ce qui régit l’élaboration et le transport des données. La thèse chinoise est simple : l’ancien protocole a atteint ses limites, la technologie permet plus et mieux, nous allons le faire.

    Les délégués dépêchés par les gouvernements à Genève étaient d’autant plus intéressés que la nouvelle architecture, qui permet plus de trafic, donne aux Etats une place qu’ils n’ont pas dans l’Internet actuel. Avec une architecture descendante, l’Etat peut contrôler Internet. C’est la logique chinoise, qui plait à beaucoup et représente une menace pour les citoyens qui veulent garder internet libre du contrôle des Etats.

    Total contrôle

    En Chine, opérateurs télécoms, hébergeurs, entreprises privées collaborent avec les autorités. On peut contrôler l’accès aux contenus en ligne, les plateformes, toutes les connexions d’un appareil à un réseau, remonter l’historique des connexions. Si on ajoute à cette capacité de surveillance celle qui s’opère sur la voie publique et la mise en place du « crédit social personnel », le contrôle du pouvoir sur les individus est total.

    A l’IUT, Huaweï dirige un groupe de discussion sur la technologie de réseau qu’il serait idéalement souhaitable de mettre en place d’ici 2030, un peu comme la définition du cahier des charges d’un appel d’offres. Ce n’est donc pas un hasard si leur « New IP » correspond déjà aux critères demandés.

    Européens et Américains en désordre

    Les Démocraties libérales -Etats-Unis, Europe, Royaume-Uni ne sont pas opposés à ce que les Etats prennent une part plus grande dans la gestion des protocoles internet. Les entreprises, comme les GAFAs, y règnent plus que les Etats. Elles souhaitent adapter le système actuel pour faire une plus grande place aux systèmes de régulation nationaux. Actuellement, il n’existe aucune instance de régulation.

    Les Chinois, eux, ont un projet radicalement différent. Ils proposent un système centralisé du réseau, à l’inverse de l’architecture actuelle, qui n’a pas de centre et n’est pas pyramidal. Ils sont soutenus par l’Iran, la Russie ou l’Arabie saoudite, qui, chez eux, recourent à tous les moyens, y compris la coupure, pour contrôler Internet et la vie quotidienne de ses utilisateurs.

    La proposition chinoise est forte : nous allons construire un nouveau système, les pays qui le voudront s’y rallieront. Beaucoup le feront, car cela donnera à chaque gouvernement un système de surveillance extraordinaire. Et aux Chinois le rôle des gardiens des gardiens.

    A cette dimension politique, les Chinois ajoutent une véritable amélioration technologique en termes de rapidité et de puissance. Les transferts seront plus fiables et plus rapides, ce qui est fondamental pour la téléchirurgie, la fabrication 3D, l’exploitation des données par l’intelligence artificielle.

    Rendez-vous en novembre, en Inde

    La prochaine conférence de l’IUT sur le nouvel internet aura lieu en Inde en novembre. D’ici là, les manœuvres seront intenses. D’autant que les ingénieurs chinois font savoir que les phases de test de leur « NewIP » commenceront dés l’année prochaine. De quoi attirer bien des pays.

    L’ambition chinoise est affichée : contrôler le cyberespace mondial, offrir à ceux qui le souhaitent la possibilité d’acquérir leur « souveraineté numérique », c’est-à-dire contrôler leur opposition. Eux-mêmes restant contrôlés par les Chinois.

    Tout l’enjeu est de trouver un moyen d’accroitre à la fois la capacité des réseaux, la sécurité des données, la transparence des acteurs publics et privés, et de trouver un consensus au moins entre Européens et Américains sur le sujet.

    Les Américains comptent sur les Gafas pour résister aux Chinois. La voie des Européens est celle du droit. Il y a de fortes chances que les Européens, qui n’ont hélas, aucun des géants de l’internet, mais qui représentent un marché essentiel, jouent un rôle fondamental dans l’édiction de normes. Surtout si les Américains, selon la doctrine Trump, continuent à pourfendre le multilatéralisme et se désengagent des organisations internationales, alors que la Chine y développe une politique de prise de pouvoir méthodique.

    Modèle libre ou autocratique

    Le point le plus positif reste que, malgré la puissance technologique chinoise, les fondements d’internet- construction en réseaux, absence de contrôle, inventivité, open source- correspondent à un modèle plus libertaire qu’autocratique. Il y a une sorte de contradiction fondamentale à penser un internet pyramidal. Mais rien n’est impossible à ceux qui veulent la concentration des pouvoirs et des technologies.

    Diplomatie, économie, technologie, commerce, la bataille mondiale pour le contrôle d’internet a commencé. C’est aussi une bataille pour la démocratie. Elle n’est pas gagnée d’avance. C’est peut-être la bataille du siècle.

  • L’émission de dette commune est vouée à l’échec

    L’émission de dette commune est vouée à l’échec

    Durant la pandémie sans précédent que nous traversons, il est logique s’interroger sur la coopération européenne pour cette Journée de l’Europe : comment l’Union peut-elle obtenir des résultats concrets pour ses citoyens ?

    Stef Blok est ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, et membre du gouvernement néerlandais de Mark Rutte depuis 2012. Le pays, soutenu par l’Allemagne, refuse toute mutualisation de dette entre les pays européens qui n’ont pas les mêmes pratiques en matière d’endettement.

    L’UE est née sur les ruines de la guerre.

    Le choix s’est alors porté sur une coopération axée sur des produits basiques : le charbon et l’acier, l’idée sous-jacente étant qu’une communauté d’intérêts autour de ces matériaux essentiels créerait une communauté de destin et, partant, réduirait le risque de conflit. À l’heure où les tensions s’accroissent, nous oublions trop facilement que la mise en œuvre de cette idée a réussi au-delà de toute attente. Au fil du temps, les pays et les régions ont pu gagner en compétitivité, soutenus par l’impulsion donnée à leur économie, et devenir ainsi des acteurs du marché intérieur.

    Le vin, les olives, les fromages français ou les fleurs coupées néerlandaises ont longtemps été des produits hors de portée du consommateur moyen des Pays-Bas, d’Italie ou d’Espagne. Se rendre sur la côte méditerranéenne ou au Rijksmuseum d’Amsterdam était réservé à une élite disposant des moyens financiers et du temps libre permettant de voyager à l’étranger, avec le change et les contrôles douaniers afférents. Divers territoires d’Europe centrale et orientale ont longtemps fait partie d’une alliance ennemie. Leurs habitants sont aujourd’hui intégrés à une communauté européenne fondée sur la liberté, les droits de l’homme et la prospérité. Si l’UE n’est pas parfaite, elle a aux yeux de beaucoup d’habitants de pays tiers suffisamment de qualités pour qu’ils risquent littéralement leur vie en tentant de la rejoindre.

    La réussite de l’idéal européen est passée par des étapes souvent lentes et difficiles.

    La force de la coopération internationale est en même temps son point faible. C’est une gageure de parvenir à un accord entre différents pays, et sa mise en œuvre bute elle aussi souvent sur des divergences nationales. En temps de crise, la résurgence de ces faiblesses résonne douloureusement.

    Si nous voulons coopérer plus efficacement au sein de l’Europe, il serait utile de tirer les enseignements de nos succès et échecs passés. Les succès en matière de commerce, de liberté et de droits de l’homme viennent facilement à l’esprit : coopération dans la lutte contre la criminalité transfrontalière, lutte contre la pollution environnementale et protection des consommateurs. Autant d’avancées qui ont certes nécessité de longues concertations techniques, mais ont eu un impact positif sur la vie des citoyens ordinaires.

    Tout ne s’est pas toujours bien passé, témoin le non massif des Français et des Néerlandais contre le projet de constitution européenne, en 2005, et l’ambition déçue de devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et dynamique du monde en 2010. Des améliorations restent possibles dans de nombreux domaines ; par exemple s’agissant du fonctionnement de la zone euro, de la politique commune en matière d’asile et de la politique étrangère et de sécurité commune. Même constat pour les impulsions visant à accroître la compétitivité, qui ont rendu certains pays ou régions dépendants de l’aide européenne. Au lieu d’être pour autant que possible progressivement supprimée, elle entrave l’élaboration d’un budget européen porteur d’avenir.

    Les échecs ont souvent été dus à un excès de zèle.

    Nombre de personnes se sont opposées à une « union toujours plus étroite » tout en étant favorables à une coopération avec les pays voisins qui préserve les compétences nationales. Elles n’étaient pas seulement mues par un sentiment national et la volonté de maintenir le processus décisionnel au plus près, mais aussi par leur observation dans la pratique du revers de la coopération internationale. Les différences de mise en œuvre et de respect des mesures convenues sapent leur confiance. C’est pourquoi il est essentiel que tous les pays respectent les accords relatifs à l’État de droit, un des fondements de l’UE. « L’économie de la connaissance la plus compétitive et dynamique du monde » supposait la mise en place dans le monde de l’entreprise et de l’enseignement d’un type de concurrence dure, modèle inacceptable pour beaucoup d’Européens. La leçon de tout cela est que l’UE ne doit pas s’abriter derrière des stratégies par trop ambitieuses. L’UE réussit en avançant pas à pas sur des questions concrètes de portée transfrontalière. Nous devons coopérer dans les domaines où nous pouvons former ensemble un front solide.

    Solidarité le maitre mot

    Alors que la pandémie du COVID-19 est loin d’être finie, une tâche complexe nous attend : lutter efficacement contre cette crise et capitaliser sur les succès de la coopération européenne afin d’obtenir des résultats de qualité pour les habitants de l’UE et de préserver la confiance politique. La souffrance des victimes du coronavirus dans toute l’Europe — et en particulier en Italie et en Espagne, durement touchées — nous engage à agir. Sur le plan médical, nous devons veiller à ne plus dépendre d’un petit nombre de fournisseurs lointains, voire d’un seul. Cette dépendance souligne encore l’importance d’un front européen commun au niveau international, de sorte à ne pas être dressés les uns contre les autres. Comme lors de précédentes crises économico-financières, la récession qui nous attend demande des mesures nationales visant à consolider durablement nos économies et finances publiques respectives. Ce qui n’exclut évidemment pas d’agir au niveau international en vue de maintenir l’ouverture des canaux commerciaux et de garantir nos libertés et notre sécurité.

    En période de crise, il importe aussi de favoriser la solidarité, ici aussi souvent sur un plan très concret. Je pense à de beaux exemples de coopération ayant permis le transfert de patients vers un autre État membre, à des dons de matériel médical et au rapatriement commun des voyageurs bloqués à travers le monde. Mais les grands projets relatifs à l’émission de dette commune sont voués à connaître le même sort que les précédents vastes desseins européens : irréalisables, car se heurtant à une trop grande complexité, à de trop grandes différences et à des conséquences imprévues. Car que sera l’âge de la retraite paneuropéen ? Quel sera le montant des prestations sociales paneuropéennes ? Ces projets sont en outre nocifs, car ils susciteront forcément de nouveau l’opposition des Européens qui sont favorables à la coopération pour autant qu’elle respecte les compétences nationales.

    Les Pays-Bas sont bien sûr prêts à se montrer solidaires, y compris financièrement sur la base de plans d’investissement détaillés et de finances publiques durablement maîtrisées. Ils continuent de s’engager dans la voie qui s’est avérée féconde pour l’UE, et pour eux-mêmes. Un engagement à la fois ambitieux et pragmatique en faveur d’une coopération génératrice d’avancées : accords sur le climat, politique d’innovation ambitieuse, suppression des barrières commerciale et renforcement de l’économie numérique, mais aussi élaboration d’une politique efficace en matière d’asile et défense de l’État de droit et des droits de l’homme, si nécessaire à l’aide de sanctions. Tout cela demande une UE aguerrie au plan géopolitique. La solidarité suppose aussi des efforts de la part de chaque État membre. C’est à cette condition que l’entraide est possible et que peuvent être obtenus les résultats attendus par les citoyens. La Commission européenne peut promouvoir cette Europe ambitieuse qui œuvre pour ses habitants en remplissant le rôle crucial qui est le sien : veiller au respect des accords passés, quelles que soient les personnes concernées, et ne pas se réfugier dans de grands desseins, mais choisir d’avancer par étapes concrètes. Les résultats tangibles valent mieux que les perspectives lointaines.

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