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  • Le casse-tête des remboursements des billets d’avion embarrasse l’Europe

    Quatorze gouvernements européens plaident pour que les compagnies aériennes puissent émettre des bons au lieu de rembourser les vols annulés, et ce en dépit de la charte sur les droits des passagers de l’UE, mise à mal par la pandémie.

    Les voyages aériens accusent une baisse de 90 % en Europe en raison des mesures de quarantaine et de confinement, qui entraînent une annulation massive des vols. Au lieu de rembourser leurs clients, les compagnies aériennes tentent de leur offrir des bons d’échange afin de préserver leurs réserves de liquidités.

    Mais la réglementation européenne prévoit que lorsque des services sont annulés, une nouvelle option de vol ou le remboursement du billet doivent être proposés. Les transporteurs peuvent proposer des bons d’échange, mais c’est aux passagers de décider s’ils sont d’accord de les accepter ou s’ils préfèrent se faire rembourser.

    Des failles apparaissent cependant dans la mise en œuvre de cette règle, car un groupe de 14 pays – dont la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas – sont favorables à une application plus souple des droits des passagers.

    Les Pays-Bas ont donné pour instruction à leur autorité de régulation du transport aérien de ne pas appliquer le règlement tant que la demande serait au plancher. Ils ont aussi assorti l’émission de bons d’échange par les compagnies aériennes de plusieurs conditions.

    Les coupons seront valables pendant une période de 12 mois et si les clients choisissent de ne pas les encaisser, un remboursement complet sera tout de même effectué, selon une lettre envoyée au parlement par la ministre néerlandaise des Infrastructures, Cornelia van Nieuwenhuizen.

    « Le gouvernement considère l’utilisation temporaire des bons d’échange comme une alternative acceptable, car un passager conserve le droit au remboursement de son billet, et cela évite de plonger les compagnies aériennes dans une détresse financière encore plus grande », stipule la lettre.

    Combats acharnés

    La Commission européenne est chargée de veiller à ce que les États membres respectent les obligations que leur impose le droit communautaire. Le 18 mars, elle a publié une note explicative sur la manière dont les droits des passagers devraient être appliqués durant la pandémie.

    La Commission reconnaît que la situation actuelle constitue une « circonstance exceptionnelle », ce qui implique que les passagers n’ont pas droit à une indemnisation, mais le secteur de l’aviation a été déçu que les bons d’échanges aient été écartés par l’exécutif.

    La semaine dernière, Adina Vălean, la responsable des transports de l’UE, a déclaré par e-mail à Euractiv que les bons constituaient une option « mais que les passagers devaient l’accepter ».

    « Certains États membres, comme le Danemark, ont rendu les bons d’échange plus attrayants pour les consommateurs et les ont assurés contre l’insolvabilité. La Commission continuera à suivre l’évolution de la situation et les mesures prises au niveau national », a-t-elle ajouté.

    L’option néerlandaise consistant à limiter la durée de validité des coupons pourrait gagner du terrain, car elle préserve les droits des passagers à un remboursement tout en permettant aux compagnies aériennes de gagner du temps pour sortir de la crise, mais la Commission reste pour l’instant sur ses positions.

    Les membres du Parlement européen devraient donner leur aval à une dérogation temporaire aux règles, mais il est difficile de prévoir comment la majorité se positionnerait lors d’un scrutin.

    Selon Karima Delli (Verts), la présidente de la commission des transports, « offrir des bons au lieu d’un remboursement n’est pas acceptable ». Elle enjoint les compagnies aériennes à « se conformer strictement à la législation européenne » pour éviter que les passagers ne soient « doublement victimes de la pandémie de coronavirus ».

    La position intransigeante de Karima Delli est partagée par la plupart des membres de son groupe et est largement soutenue par les parlementaires socialistes et démocrates (S&D).

    La position du groupe libéral Renew Europe et du groupe conservateur PPE – auquel appartient Adina Vălean – sur ce sujet, n’est pas claire. Des sources du parlement déclarent cependant que leurs membres penchent pour une aide aux compagnies aériennes.

    Le Parlement a déjà montré sa volonté d’aider le secteur de l’aviation. Le mois dernier, les législateurs ont décidé de geler jusqu’en octobre les règles concernant les créneaux horaires dans les aéroports, afin de bannir les « vols fantômes », vides de passagers, du ciel européen.

    Mais les dimensions environnementale et économique de cette dérogation ont uni les députés européens, alors que donner le feu vert à une dérogation aux droits des passagers, même temporaire, constitue un facteur de division.

    Gros temps en perspective

    Indépendamment de sa position sur les droits des passagers, la Commission fait en sorte de permettre aux gouvernements d’aider les compagnies aériennes. Le mois dernier, elle a assoupli les règles en matière d’aides d’État afin que les entreprises de tous les secteurs puissent bénéficier d’une aide financière, et d’autres mesures de soutien sont prévues cette semaine.

    Selon une nouvelle proposition de modifications des règles, la recapitalisation sera incluse dans le guide de l’exécutif européen sur les aides d’État, qui devrait être adopté dans le courant de la semaine.

    Les États membres pourront ainsi autoriser la restructuration de la dette sans craindre d’enfreindre la législation européenne, ce qui devrait préparer le terrain pour une intervention plus importante de l’État dans les compagnies aériennes.

    La Fédération européenne des passagers (EPF) a demandé la mise en place d’un système de garantie qui permettrait d’assurer le remboursement des billets en cas de faillite d’une compagnie aérienne, afin que les passagers ne se retrouvent pas avec des bons d’échange inutiles.

    Selon les organisations de défense de l’environnement, l’argent public ne devrait bénéficier aux compagnies aériennes que si celles-ci s’engagent à payer des taxes écologiques et à réduire davantage leurs émissions lorsque la demande reprendra.

    « L’argent public devrait soutenir les technologies du futur au lieu de renforcer les erreurs du passé », affirme Andrew Murphy, de l’ONG T&E pour la mobilité propre.

    D’anciens fonctionnaires de l’UE, dont l’ancien commissaire européen au climat, Miguel Arias Cañete, et l’ex-chef de la direction du climat, Jos Delbeke, ont tous deux déclaré la semaine dernière que les compagnies aériennes devraient faire davantage pour réduire leur empreinte carbone lorsque la pandémie aurait pris fin.

    Les services de la concurrence de l’UE ne pourront pas subordonner les aides d’État au respect de conditions « vertes », mais en vertu du « Green Deal », la politique climatique phare de l’Union, la Commission cherchera à réduire davantage les émissions dans tous les domaines lorsque les affaires retrouveront leur cours normal.

  • Notre Dame de Paris : un an après.. l’enquête !

    Un an après l’incendie de Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019, une immense grue à l’arrêt surplombe une cathédrale toujours prisonnière de son échafaudage comme dans une toile d’araignée: c’est l’image figée que renvoie le « chantier du siècle », en plein confinement lié au nouveau coronavirus.

    Depuis son incendie qui a ému le monde, Notre-Dame, joyau gothique orpheline de sa flèche, sans charpente, avec une voûte fragilisée, reste en « urgence absolue » selon l’équipe qui veille sur elle, même s’il est très improbable qu’elle s’écroule. Autour du parvis ceinturé de barrières, les touristes japonais, chinois ou américains ont cessé de venir faire des selfies.

    « La vie est toujours là », a assuré l’archevêque de Paris, Monseigneur Michel Aupetit, au cours d’une cérémonie à l’occasion de Vendredi Saint, dans une cathédrale vide.

    Depuis le spectaculaire incendie, dans la soirée du 15 avril, qui avait saisi d’effroi Paris et le reste de la planète, poussant des mécènes et des quidams du monde entier à promettre plus de 900 millions d’euros pour la reconstruction, le chantier a connu des avanies et l’enquête patine.

    Un chantier semé d’embûches

    Les premiers retards ont d’abord été dus aux mesures contre la contamination au plomb. Puis à l’automne et à l’hiver, les intempéries ont bloqué le chantier, chaque fois notamment que les vents dépassaient 40 km/h.

    Et alors que le printemps se profilait et que le démarrage du démontage des 10.000 tubes de l’échafaudage tordus et soudés par le feu était imminent, la pandémie de Covid-19 et le confinement général en France ont plongé le chantier dans le sommeil.

    Pour les cordistes, ces équilibristes au bout de leur cordes, la distanciation sociale (exigée face au coronavirus) est évidente.

    Général Jean-Louis Georgelin, chef d’orchestre du chantier

    Chef d’orchestre du chantier, le général Jean-Louis Georgelin, ancien chef d’état-major des armées françaises, étudie désormais la possibilité de faire reprendre partiellement, progressivement et de manière ciblée ce chantier aux multiples facettes, qui mobilisait avant la mi-mars entre 60 et 70 ouvriers.

    Par exemple « pour les cordistes, ces équilibristes au bout de leur cordes, la distanciation sociale (exigée face au coronavirus) est évidente », souligne-t-il.

    Si des robots ont déblayé la nef, il faut encore retirer les débris au dessus de l’immense voûte. Des opérations qui s’achèveront en principe à l’été, tandis que le démontage et le dépoussiérage du grand orgue sera effectué d’ici 2024.

    Des capteurs sont chargés partout d’identifier le moindre mouvement éventuel. « Ca ne bouge pas », rassure une source proche du dossier.

    Un « geste architectural contemporain » ?

    Quand pourra-t-on entrer dans la phase de restauration? Le général Georgelin assure à l’Agence France-Presse qu’elle « devrait commencer en 2021 ».

    Philippe Villeneuve, architecte en chef

    L’architecte en chef Philippe Villeneuve effectue les études de restauration, qui conditionneront les travaux. Une consolidation des voûtes pourrait être encore nécessaire. « J’espère que tout cela sera terminé à l’automne » 2020, affirme le général.

    Malgré la mise en sommeil, « nous ne dormons pas, je sollicite la réflexion de tout le monde », insiste le général qui estime tenable le délai de cinq ans souhaité par Emmanuel Macron pour restaurer ce joyau du patrimoine français.

    « Supposons que le sommeil dure de l’ordre de deux mois. Sur une durée de 68 mois, on devrait être capable de l’absorber », estime t-il.

    Rien ne permet encore de discerner la forme finale qu’aura le joyau gothique.

    Devra être tranchée l’alternative qui divise les amoureux de ce symbole national et religieux: reconstruire à l’identique la flèche dont l’avait dotée l’architecte Viollet-Le-Duc au XIXe siècle, ou concevoir un « geste architectural contemporain », comme l’a souhaité Emmanuel Macron? Au risque de se mettre en infraction avec l’Unesco…

    Certains ont proposé une flèche en verre, ou de créer sur le toit un parc-jardin bio, voire une terrasse panoramique pour les touristes…
    L’architecte Philippe Villeneuve plaide la fidélité à l’ouvrage génialement retouché dans le style gothique par Viollet-le-Duc, dont sont conservés tous les plans. Il a estimé qu’une reconstruction à l’identique permettrait mieux de tenir les délais. Une option qui semble être celle d’une majorité de Français.

    L’enquête se poursuit

    Dernière inconnue : l’enquête, désormais menée par trois juges d’instruction.

    Au cours de son enquête préliminaire, le procureur de Paris Rémy Heitz avait privilégié la piste accidentielle, évoquant une cigarette mal éteinte ou un dysfonctionnement électrique.

    Depuis, aucun élément nouveau n’est venu accréditer l’hypothèse criminelle, selon lui, mais les recherches doivent se poursuivre, sur la zone de départ de feu notamment, difficilement accessible.

  • Signature électronique pour les actes notariés – le coronavirus fait basculer la France dans le tout numérique

    Voilà un décret qui va apporter un grand soulagement aux Français expatriés qui étaient en train de finaliser une transaction immobilière en France, que cela soit dans l’ancien ou le neuf. Applicable depuis le dimanche 5 avril, ce décret permet la signature électronique pour tous les actes notariés grâce à une dérogation étendue jusqu’à un mois après la fin de l’urgence sanitaire. Cette modification, souhaitée par la Garde des Sceaux et le ministre chargé de la Ville et du Logement, permettra la continuité de l’activité notariale, notamment les achats immobiliers des français, tout en sécurisant le caractère authentique des actes dans le respect des consignes sanitaires de distanciation sociale.

    Jusqu’à 1 mois après l’état d’urgence sanitaire

    Dans le détail, jusqu’à l’expiration d’un délai d’1 mois à compter de la date de cessation de l’état d’urgence sanitaire, le notaire peut (par dérogation aux dispositions de l’article 20 du décret du 26 novembre 1971 susvisé) établir un acte notarié sur support électronique lorsqu’une ou toutes les parties ou toute autre personne concourant à l’acte ne sont ni présentes ni représentées. Ce décret permet ainsi de déroger de façon temporaire à l’exigence de la présence physique chez le notaire pour la réalisation des actes notariés. Le notaire pourra instrumenter à distance en recueillant le consentement des parties par voie dématérialisée, par un système de communication à distance qui garantit l’identification des parties, l’intégrité et la confidentialité du contenu.

    40% des offices notariaux équipés de visioconférence

    Le Conseil supérieur du notariat (CSN) se félicite du soin avec lequel ce décret a été préparé et examiné, tant par la Chancellerie que par le Conseil d’Etat. Le CSN souligne que ce texte conforte les impératifs de sécurité qui entourent la création de l’acte authentique et précise qu’à l’heure actuelle, plus de 40% des offices nationaux sont équipés d’installations de visioconférence. C’est pourquoi le CSN appelle également à des solutions de mutualisation des équipements existants dans l’ensemble des territoires. Cela permet, sans substitution et sans déplacement physique de quiconque, à un notaire détenteur d’un équipement de visioconférence de mettre ses facilités à disposition d’un confrère instrumentaire.

  • Le déconfinement : la situation en Europe, pays par pays

    Certains États européens commencent à lever des restrictions liées au confinement. L’Italie relance très partiellement ses activités. En Espagne, les salariés des secteurs « non essentiels » ont pu retourner au travail. Un article de notre partenaire, Euractiv.

    L’heure est à la prudence. Aucun des pays européens confinés n’envisage de lever les restrictions du jour au lendemain. La Commission européenne a dit vouloir éviter que cela se fasse « en ordre dispersé ». C’est pourtant déjà ce qui se passe…

    Italie (20 465 décès)

    Pays le plus meurtri d’Europe, l’Italie esquisse un premier pas vers une reprise très partielle des activités. Dès ce mardi pourront rouvrir les librairies, magasins d’habillement pour enfants, industries du bois, usines d’électronique ou de machines agricoles. Mais sous conditions : port du masque, gel désinfectant à disposition, distances d’un mètre entre les personnes, un client à la fois dans les espaces de moins de 40 min 2 s, ménage des commerces deux fois par jour, etc. Pour le reste, rien ne changera avant le 4 mai, au mieux.

    Espagne (17 489 décès)

    Dès ce lundi 13 avril, les salariés des secteurs jugés « non essentiels », où le télétravail n’est pas possible (industrie, construction, etc.), ont pu retourner au travail. Pas question pour autant de parler de déconfinement : « la désescalade commencera au plus tôt dans 15 jours et sera progressive », prévient le Premier ministre, Pedro Sánchez. Dix millions de masques ont commencé à être distribués, hier, dans les transports en commun.

    Autriche (368 décès)

    Seuls les supermarchés et pharmacies étaient restés accessibles. Dès ce mardi, tous les petits commerces relèveront le rideau. Idem pour les hôtels et restaurants mi-mai, quand les élèves reprendront les cours.

    Tchéquie (139 décès)

    Depuis jeudi, il est possible d’aller à la piscine, de jouer au tennis et de randonner à deux. Des commerces non essentiels ont aussi rouvert : quincailleries, ateliers de réparation, magasins de sport… D’autres secteurs suivront ces prochains jours. Le port du masque est désormais obligatoire.

    Danemark (285 décès)

    Les jardins d’enfants et les écoles primaires reprendront vie mercredi. Collèges, lycées, magasins, cafés et restaurants (hors vente à emporter) resteront fermés jusqu’au 10 mai.

    Norvège (131 décès)

    La réouverture des crèches est prévue le 20 avril ; une semaine avant la reprise des cours pour les élèves du primaire. Les autres suivront, progressivement.

    Slovaquie (2 décès)

    Tous les magasins de détail rouvrent ce mardi. Mais l’état d’urgence est maintenu et le port du masque est obligatoire sur la voie publique.

    Lituanie (24 décès)

    Depuis vendredi, il est obligatoire de sortir masqué. Le confinement est prolongé jusqu’au 27 avril, mais un plan de levée des mesures, en quatre phases, sera présenté mercredi. D’abord, les commerces et services. Ensuite, les cafés en terrasse, infrastructures sportives et institutions de santé. Puis, les crèches et écoles. Et enfin, les rassemblements publics, en juillet, au mieux.

    Estonie (27 décès)

    L’état d’urgence est prolongé. Mais la réouverture des écoles est prévue à partir du 15 mai, de façon échelonnée. Les examens sont annulés.

    Suisse (1 129 décès)

    Les autorités évoquent de « premiers assouplissements » d’ici à fin avril, sans détails.

    Pas de relâchement ailleurs

    L’heure n’est pas au déconfinement au Royaume-Uni, en Roumanie ou en Lettonie, mais plutôt à la mise en garde contre tout relâchement. Mercredi, la Belgique devrait annoncer un prolongement jusqu’au 3 mai. Ce sera au moins jusqu’au 5 mai en Irlande… En Pologne, dès jeudi, il sera obligatoire de se couvrir le visage pour sortir (masque, écharpe…).

    D’autres pays, comme la Suède, les Pays-Bas ou la Hongrie, continuent de refuser un confinement total, mais incitent chacun à respecter ses distances et à limiter ses sorties. En Hongrie, toutefois, beaucoup d’entreprises ont stoppé leurs activités.

  • Le débrayage économique du monde occidental

    Selon l’OCDE, la baisse de la consommation pourrait être de l’ordre de 30 % aux États-Unis et en France, jusqu’à 35 % en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni. Les pays émergents sont également touchés, avec des baisses d’activité qui pourraient aller jusqu’à 5 ou 10 % du PIB en Russie, au Brésil, en Turquie et dans les autres émergents.

    Selon l’institut allemand de prévisions économiques, l’Ifo, un confinement de deux mois, conduirait à une contraction de la croissance annuelle du PIB de 8 à 13 points de pourcentage en Italie et au Royaume-Uni et de 8 à 14 points en Espagne. Pour  l’Allemagne, la perte de valeur ajoutée s’élèverait à 35,8 %.

    En Italie, l’institut national de statistique (Istat) a récemment exploité son répertoire des entreprises pour estimer l’effet des mesures prises sur l’activité. La branche de l’industrie italienne perdrait 59 % de son chiffre d’affaires contre 37 % dans les services et 45 % dans le commerce. Le recul de l’activité économique s’établirait au minimum à 41 % par rapport à une situation normale.

    En Espagne, le think tank Funcas a estimé un impact trimestriel du Covid-19 avec un recul du PIB de 2,2 % au premier trimestre suivi d’une baisse de 7,7 % au second. Hors zone euro, au Royaume-Uni et aux États-Unis, les mesures de confinement ont été prises plus tard, à partir de la dernière semaine de mars et le Japon n’a pris des mesures drastiques que le 7 avril. Dans ce dernier pays, une forte baisse de la fréquentation des cinémas, restaurants et bars a été observée à partir de février.

    Au Royaume-Uni, le CEBR (Centre for Economic and Business Research) estime la perte quotidienne d’activité due au coronavirus à 31 %, proche des estimations de l’OCDE. Aux États-Unis, les estimations de croissance pour le deuxième trimestre varient entre – 9 et -40 % en rythme annualisé, l’OCDE estimant une baisse de 25 %. 701 000 emplois ont été détruits en mars selon le Bureau of Labor Statistics et près de 10 millions d’Américains se sont inscrits à l’assurance-chômage du 15 au 28 mars selon le Département d’État du Travail. Jeudi 9 avril, le département du Travail a annoncé avoir reçu 6,6 millions de demandes d’allocations chômage sur la semaine au 4 avril, portant le total à plus de 16 millions en trois semaines. Le taux de chômage pourrait rapidement atteindre 12 % contre 3,5 % en février.

    Pour certains économistes, 40 % des emplois, surtout dans les services, seraient menacés par la crise du coronavirus. Selon Goldman Sachs et Oxford Economics, les pertes d’emploi aux États-Unis pourraient atteindre ou dépasser 20 millions. La Réserve fédérale de Saint-Louis craint même une hausse jusqu’à 30 % du taux de chômage.

    Au Royaume-Uni, près d’un million de personnes ont sollicité le bénéfice de la prestation sociale universelle, soit une hausse potentielle du chômage à 7 %, pouvant selon Capital Economics atteindre 10 % d’ici mi-avril, un niveau sans précédent depuis 26 ans.

    À l’exception des périodes de guerre, les pays avancés n’ont jamais été confrontés à de telles baisses d’activité. Le caractère simultané de la mise en arrêt des économies renforce et autoalimente la crise. En France, dans un contexte tout différent, en mai 1968, l’économie avait été fortement atteinte en raison des grèves. Le PIB avait reculé au 2e trimestre de 5,3% du PIB, recul qui avait été compensé par une hausse de 8 points au 3e trimestre 1968. Après les accords de Grenelle et la grande manifestation du 30 mai 1968, l’activité avait rapidement repris.

    Avec la crise actuelle, l’ampleur du rebond dépendra de la persistance ou non de la menace épidémiologique.

  • Confinement, écoles, aides, masques… la liste des annonces d’Emmanuel Macron pour la suite de la crise

    Ce lundi soir, Emmanuel Macron a pris la parole pour la quatrième fois, de manière solennelle, pour s’adresser aux Français. Durée du confinement, masque, retour à l’école, aide économique… voici un résumé de ses annonces.

  • la Fédération des Parents d’élèves craint un naufrage du réseau scolaire à l’étranger

    Dans son courrier, le président de la fédération des parents d’élèves des établissements d’enseignement français à l’étranger, évoque les risques de « naufrage » du réseau.

    Pour François Normand, « l’Etat français doit mettre en place un plan d’urgence avec le versement d’une aide exceptionnelle à l’AEFE, afin de lui donner les moyens de prendre les mesures nécessaires pour éviter l’effondrement du réseau« .

    le Président de la FAPEE demande au directeur de l’AEFE « d’évaluer le montant de l’aide d’urgence permettant de sauver le réseau, sans perte de familles, sans fermeture d’établissements« .

    Nous avons pu joindre François Normand, qui nous en parle, grâce à Catya Martin, rédactrice en chef de la French Radio Hong-Kong et du magazine des Français de chine, Trait d’Union

  • Le Comité tricolore – la solidarité française en action à Washington D.C

    Eve Chaudard - Présidente du Comité Tricolore - Washington D.C
    Eve Chaudard – Présidente du Comité Tricolore – Washington D.C

    Eve Chauchard est présidente du Comité Tricolore. Premier réseau de français dans la région de Washington D.C. Fondée il y a plus de 20 ans, cette fédération d’associations françaises basées dans la région anime la communauté à travers de nombreux évènements et activités tout au long de l’année. Aujourd’hui en pleine crise du Coronavirus, les structures associatives et les bénévoles sont mobilisés pour aider les plus fragiles alors que le chômage s’abat sur l’Amérique.

     

    Lesfrancais.press : Votre comité est présidé à titre honorifique par le consul de France, ce qui est assez rare pour une association. Apolitique, communautaire, comment définissez-vous le comité et ses objectifs pour les Français de Washington D.C.

    Oui, nous avons la chance de bénéficier du soutien du consulat et le l’ambassade de France. Le Comité Tricolore a été créé par un Consul, M. Jean-Yves DEFAY, il y a plus de vingt ans.

    Il est en effet apolitique.  Nous sommes une fédération d’associations et nos membres sont donc les organisations françaises et franco-américaines de la région. Nous avons aussi quelques membres individuels.

    Notre rôle est de promouvoir et coordonner nos organisations membres et de les fédérer pour qu’ensemble, nous levions des fonds pour venir en aide aux Français de la région qui en ont besoin. Nous aidons des personnes âgées isolées, des familles en situation difficile suite à une perte d’emploi, un divorce, une maladie etc.

    Le Comité Tricolore organise son Bastille Day
    Bastille Day du 14 juillet 2015 – Copyright FrenchDistric.com

    Lesfrancais.press : En 20 ans, animés par vos valeurs, quelles sont les réalisations qui ont le plus marqué ce parcours au service des Français de la « région capitale » des USA ?

    Le comité organise chaque année autour du 14 juillet le Bastille Day, une belle soirée prestigieuse à l’ambassade de France où la gastronomie Française est mise en valeur.  Les Chefs locaux nous aident beaucoup.  Cette soirée permet de lever des fonds pour venir en aide à notre communauté et est aussi une occasion pour tous les membres du Comité Tricolore de travailler ensemble à notre cause.

    Nous organisons aussi pour la communauté Française le « Déjeuner sur l’Herbe », un déjeuner en plein air, familial, dans les jardins de l’Ambassade, au mois d’octobre.  Nous espérons bien pouvoir le maintenir cette année !  Nos organisations membres peuvent ce jour-là, présenter leurs activités aux Français de la région, y compris les nouveaux arrivés qui ont emménagé pendant l’été, et recruter des membres.

     

    Nos réserves nous permettent de continuer à aider nos allocataires pendant un moment mais il nous faut trouver d’autres financements rapidement.

    Lesfrancais.press : Au cœur de votre politique de création du lien entre les français expatriés, il y a les évènements. Évidemment, face au Covid-19, vous avez dû prendre la décision de l’annuler. Cependant, si les liens entre français doivent être renforcés, c’est bien au cours de cette crise sans précédent. Vous avez mis en place une opération de soutien aux plus fragiles, pouvez-vous nous en dire plus ?

    Nous avons malheureusement dû annuler Bastille Day cette année.  Nos réserves nous permettent de continuer à aider nos allocataires pendant un moment mais il nous faut trouver d’autres financements rapidement.  Nous avons donc organisé une campagne de dons et prévoyons aussi une soirée Solidarité en décembre, en espérant qu’à ce moment-là, les restaurateurs auront suffisamment récupéré de la crise pour pouvoir nous aider. Ce n’est pas sûr…  La campagne de dons est donc notre priorité.

    Nous organisons aussi un forum d’entraide aux restaurateurs et métiers de bouche, à l’initiative d’un de nos membres.  Ce forum prend deux formes : des rencontres par vidéoconférences et un groupe Google dont voici l’adresse : https://groups.google.com/forum/?hl=en#!forum/le-reseau-des-metiers-de-bouche

     

    Lesfrancais.press : Donc pour participer à votre opération, cruciale pour nos compatriotes qui sont souvent sans filets sociaux en Amérique du Nord, quelles sont les possibilités qui s’offrent à nos lecteurs ? (argent, temps, dons physiques, etc.)

    Vous avez raison de signaler que nos compatriotes sont souvent sans filet sociaux. Le plus urgent pour nous aujourd’hui est de lever des fonds.  Donc, pour nous aider, le mieux est de participer à notre campagne de dons.

    CLIQUEZ SUR LE LOGO POUR PARTICIPER

    Nous suggérons aussi de venir en aide aux Chefs français en profitant de leurs offres de Take-out ou livraison ou encore l’achats de bons cadeaux.  Vous trouverez des idées dans notre google group que j’ai mentionné.

    Enfin, c’est une bonne occasion pour les français de la région de découvrir ou redécouvrir le formidable réseau associatif en consultant notre page « Membres » .  Il y a certainement une ou plusieurs associations auxquelles vous voudrez adhérer !

    Quand la situation sera normalisée, participez à nos Evènements et aidez-nous par des dons pour nos enchères en ligne ou silencieuses ou en vous portant volontaire.

     

    Lesfrancais.press : Et si on veut vous rejoindre à l’année en tant qu’expatriés, est-ce possible et quelles sont les modalités ?

    Nous sommes une fédération d’associations, ce sont donc des associations ou organisations françaises ou franco-américaines qui se joignent à nous.  Nous serions très heureux d’en accueillir de nouvelles !  Notre dernier membre est « Alsace-Wsahington DC association ».

    En tant qu’individu, vous pouvez adhérer à nos associations membres et participer à nos événements et ceux de nos membres !  Pour être tenu au courant de tous les événements et nouvelles de la communauté franco-américaine, inscrivez-vous à notre Newsletter sur notre site Comité Tricolore et suivez-nous sur Facebook et Twitter.