Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le premier flash quotidien des expatriés de la semaine. Dans les titres de l’édition du lundi 10 février 2025 : Un webinaire sur la politique des visas en France – Louise, 11 ans, retrouvée poignardée dans l’Essonne – Chaine de solidarité pour rénover l’Olea sacra du 1er régiment de la Légion étrangère
Webinaire sur les politiques des visas pour les familles de Français de l’étranger
Les familles de Français de l’étranger bénéficient théoriquement de droits spécifiques en vertu des règlements européens et la France s’est engagée à un traitement bienveillant pour les conjoints, descendants et ascendants directs. La réalité est cependant plus complexe. L’accès au territoire français est devenu plus limité et fragilisé, les procédures de demande de visa se sont complexifiées et des inégalités de traitement sont constatées selon les consulats et les nationalités des demandeurs et demandeuses. Faites le point avec Mathilde Ollivier, sénatrice écologiste des Français de l’étranger, Ramzi Sfeir, Vice-Président de l’Assemblée des Français de l’Étranger (AFE) et Juliette Dupont, spécialiste des politiques d’immigration et de visas. Deux dates le 11 février à 20h (heure de Paris) et le lendemain, le 12 à 13h (toujours heure de Paris). Les liens dans l’article accompagnant le flash disponible sur nos sites.
Portée disparue après sa sortie du collège
C’est à 15h30, vendredi 7 février, que les services de police ont été avertis de la disparition de cette collégienne de 11 ans, scolarisée à Épinay-sur-Orge, dans l’Essonne. La jeune fille avait fini les cours à 15 heures au collège André-Maurois, mais n’était pas rentrée chez elle. Inquiète, sa famille a alerté tout de suite les forces de l’ordre. Les premiers éléments de l’enquête ont dirigé les recherches vers le parc boisé des Templiers, proche du collège. Le dispositif a été prolongé dans la nuit, appuyé notamment par hélicoptère et drone. À 21h40, un chien pisteur marque l’arrêt à l’entrée du parc. À 2h30 du matin, la collégienne a été retrouvée sans vie dans ce bois. Malgré deux interpellations, le mystère reste entier. L’enquête se poursuit.
Un meuble pour l’aumônerie du 1er Régiment de la Légion
Il existe, dans les églises paroissiales, un meuble qui retrouve son droit de présence, appelé « Olea sacra », destiné à abriter les saintes huiles nécessaires aux sacrements. L’aumônerie du 1 RE lance une campagne de promesses de dons pour permettre à l’église du régiment de supporter la dépense qui se chiffre à plusieurs milliers d’euros. Si vous souhaitez participer à cet appel aux dons, vous pouvez contacter Christophe Boudereaux à l’adresse disponible sur l’article accompagnant ce flash. Adresse email : [email protected]
C’est tout pour ce flash quotidien des expatriés du lundi 10 février 2025. Profitez bien de votre journée où que vous soyez !
Hier Facebook investissait des milliards de dollars, changeait son nom en Meta, tellement le métavers, l’univers virtuel, était l’avenir de l’activité humaine et du commerce. Aujourd’hui le métavers semble dépassé, noyé dans un potentiel aussi infini qu’incertain. Pourtant Meta continue d’investir. Moins que dans l’Intelligence Artificielle, dans laquelle des centaines de milliards de dollars se bousculent. Certains voient dans l’IA une bulle, comme le métavers, une illusion technologique qui fera long feu. La chinoise Deepseek a provoqué une chute boursière des entreprises américaines de l’IA de 600 milliards de $. En fait une bonne nouvelle : l’IA est à portée de toutes les puces, ou presque.
À Paris le prochain sommet sur l’IA mettra en valeur mille thèses et autant d’incertitudes : L’IA est-elle une révolution du même type que celle de l’imprimerie ? Changera-t-elle les techniques d’apprentissage ou la façon de penser ? Pourquoi les innovations influent si peu sur la productivité ? L’IA annonce-t-elle une oligarchie mondiale, ceux qui contrôleront la monnaie, les grandes entreprises, les médias, la recherche, les données ou un accès gratuit à un trésor inépuisable? Faut-il la contrôler avant même qu’elle ne se développe ? Passons-nous d’une confrontation des Etats à celle de puissances qui ne sont pas étatiques ? Les Etats laisseront-ils la place à de nouvelles entités, centres de pouvoir fondés sur des ressources financières considérables, liés à des moyens de persuasion associant diffusion de masse et personnalisation des messages? Personne n’a de réponse, chacun se passionnera pour telle ou telle conviction.
Dans l’ère du coup d’éclat permanent, les coups de gueule sont des coups d’Etat.
La conception que l’on se fait du futur modifie nos actions présentes. En quelque sorte, les métavers opèrent déjà. Nous vivons dans des mondes virtuels, des mondes d’anticipation. La catastrophe climatique, la submersion migratoire, la bombe ou l’anémie démographique, les fins anticipées du pétrole, du cuivre, du sable, de l’or, du dollar, changent notre appréhension du réel. Toute action d’aujourd’hui est fondée sur notre imaginaire, nos codes inculqués certes, mais surtout notre image du futur.
Tous les jours, tout le temps. Trump annonce, les bourses mondiales, les gouvernements s’exaltent ou s’affolent. Dans l’ère du coup d’éclat permanent, les coups de gueule sont des coups d’Etat. L’annonce de la fin de l’USAID ou du déplacement de la population de Gaza produit des effets de sidération qui sont des chocs réels. Avant les effets de long terme – détestation de l’Amérique, destruction du droit international – des commandos ferment des agences sans mandat, sans loi. Mini-coups d’État qui bouleversent l’ordre interne et la confiance internationale. Phénomènes bien connus de l’anticipation autoréalisatrice, ou, plus simplement, du chantage habituel des Etats et des voyous.
Toute action est fondée sur notre imaginaire, nos codes inculqués certes, mais surtout notre image du futur.
Face aux menaces protectionnistes, Canada et Mexique font semblant de courber l’échine, l’Europe s’interroge, la Chine fait semblant de répliquer, infusé depuis des siècles par la doctrine taoïste du non-agir. Une façon d’éviter toute réaction excessive aux anticipations de panique. Nous vivons déjà dans des univers parallèles, des multivers. Ces multivers se multiplient, ce qui rend le monde plus chaotique, en apparence, en tout cas plus compliqué. Chaque univers parallèle ne supprime pas les précédents, ni les voisins. L’imprimerie n’a pas supprimé les abbayes. Elle a tué le monopole du livre, a permis la réforme protestante par la diffusion de la Bible, puis la division de l’univers chrétien, la fin de la dîme, la constitution du capital dans les pays d’Europe du Nord… En un siècle, la façon de penser le monde avait changé. Un siècle d’hier, c’est à peine dix ans d’aujourd’hui.
Mieux vaut penser la révolution que la stagnation. Sans doute l’engouement pour le métavers était-il excessif, peut-être celui pour l’IA l’est-il, mais il est aussi possible, voire mécanique, que les innovations se rejoignent dans une sorte de multiplicateur, provoquant des révolutions en chaîne comme des réactions nucléaires, un changement de phase. Comme toute anticipation détermine notre action, imaginer des ruptures de phase revient à se baigner dans le sens du courant, autre principe taoïste. Question de vie et de mort pour les sociétés comme pour les personnes.
L’Ukraine s’apprête à construire un million de drones par an, comme la Russie.
Dans le domaine de la guerre, métavers et multivers ne sont pas des hypothèses. En Ukraine, il y a des tranchées comme en 14. Il y a aussi des drones. Au début de la guerre, quelques-uns détruisaient quelques chars. Aujourd’hui l’Ukraine s’apprête à en construire un million par an, comme la Russie. Pour en augmenter la portée, s’imaginent des drones porteurs de drones. Drones lancés de drones sous-marins, qui espionneront les côtes couperont les câbles, couleront des bateaux, détruiront les ports. Une fête. En attendant, construire aussi des contre-feux aux fêtes.
Aujourd’hui le porte-avions est roi, comme le cuirassé avant la deuxième guerre mondiale. Faut-il un deuxième porte-avions ou un réseau de sous-marins porteurs de milliers, de centaines de milliers de drones pour ne pas être en retard d’une guerre ? Déjà l’Espace n’est à la portée que de quelques puissances. Or ce n’est pas un Etat qui maîtrise le mieux l’espace utile, mais les 6000 satellites, bientôt 42.000, de Starlink. Qui voudrait faire la guerre sans GPS, sans transmission?
Pourtant la guerre se fait. En République centrafricaine, au Soudan, en Ukraine, en Israël, au Yémen, en Syrie, en Turquie, en Birmanie, au sein des structures étatiques, au Mexique, Colombie. En Afrique, en Asie, en Europe aussi, elle s’insinue au sein de nations qui vivent sur l’illusion de la nation uniforme: ainsi l’Inde mène une guerre interne contre ses propres citoyens musulmans. L’illusion nationale suppose une identité qui ne correspond pas aux réalités. Le Premier ministre François Bayrou interroge : qu’est-ce qu’être français ? Qu’est-ce qu’être suisse, libanais, syrien, indien, américain ? Combien de langues, de religions, de monnaies ?
Un sommet international à Paris voudra l’expliquer aux nouveaux maîtres religieux de la Syrie tandis que des drones turcs attaquent les Kurdes, « frères d’armes » de nos forces françaises. Les petits enfants d’Al Qaïda ont chassé la marine russe. Les univers parallèles se heurtent.
Partout, chaque jour, des sabotages discrets ou tonitruants de la sécurité collective. L’underground des réseaux criminels et des services secrets rejoint les Olympes politiques, le démantèlement trumpiste du droit international.
Partout, chaque jour, des sabotages discrets ou tonitruants de la sécurité collective.
Sommet sur l’IA, sommet sur la Syrie, sommet sur la défense européenne, sommet sur l’Ukraine, que d’altitudes enchaînées ! Tentatives encordées de coopérations internationales. Si personne ne sait ce que sera l’avenir de la guerre, de l’intelligence artificielle, des frontières, des Etats, de la monnaie, chacun sait qu’isolé, dans un seul des multivers, il disparaîtra des autres, disparaîtra tout court. L’interdépendance volontaire évite la dépendance tributaire. Si le conflit, l’art de détruire, anime l’histoire de l’humanité depuis des millénaires, depuis soixante dix ans le nombre de conflits diminue, la part de la population mondiale qui vit en paix s’accroît sans cesse. Phénomène exponentiel ou fréquentiel ? Est-ce que la probabilité de la déflagration s’accroît à mesure d’un temps de paix anormalement long ? L’horloge de la fin du monde de l’Université de Chicago a été avancée d’une seconde le 28 janvier. À force de succès, l’humanité accélérerait vers l’apocalypse. Si oui, mieux le faire en chantant.
Comment être partout à la fois ? C’est déchirant. C’est intéressant. C’est vital.
Pendant des milliers d’années l’humanité est restée enfermée dans une sorte de trappe à pauvreté. Plus la production augmentait, plus la population suivait, autant la richesse par habitant stagnait. Ces deux derniers siècles, l’explosion du bien-être est un miracle perpétuel, rationnel, logique, (horriblement capitaliste) malgré catastrophes, guerres et malédictions. Par des interconnexions multiples, le progrès, au lieu de décroître s’accélère. Il en est des multivers comme de l’univers : non seulement, ils sont en expansion, mais en accélération permanente.
On peut, on doit risquer sa vie dans la tranchée. Au-dessus, un drone. Sur quoi parier : plus de pelles ou plus de drones ? Parfois un univers mange l’autre. Où en sommes-nous ? Pour l’instant, heureusement, encore partout. Comment être partout à la fois ? C’est déchirant. C’est intéressant. C’est vital.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app bancaire France Pay
En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.
Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.
Animé par Caroline Ettori.
Écouter le podcast avec Olivia Richard
Dans le contexte politique tumultueux qui secoue le pays, Olivia Richard, sénatrice représentant les Français établis hors de France, revient sur son travail au Sénat. Elle évoque, entre autres, les défis auxquels elle fait face dans la représentation des expatriés. D’ailleurs, nous dit-elle, « les questions des Français de l’étranger demeurent très méconnues tant au Sénat qu’au gouvernement. » Au cours de ce podcast « En toute confidence », elle parle aussi de son engagement pour les droits des femmes, en particulier pour la lutte contre les violences faites aux Françaises à l’étranger.
Les expatriés, souvent oubliés !
Pour Lesfrancais.press, Olivia Richard revient sur ces derniers mois au Sénat. L’actualité a été plutôt mouvementée depuis son élection à la chambre haute. Et « Ce n’est pas totalement fini, on apprend qu’il y aura l’examen d’une autre motion de censure la semaine prochaine. Donc, j’aime votre optimisme qui appelle à une certaine stabilisation, j’espère que ce sera le cas », nous dit-elle.
« C’est compliqué d’obtenir des réponses ou de sensibiliser sur les questions des Français de l’étranger »
Olivia Richard, sénatrice des Français établis hors de France
Aussi, Olivia Richard, membre du Groupe Union Centriste au Sénat, décrit une situation particulièrement complexe, notamment avec la succession rapide des gouvernements : « mon regard a été un petit peu désemparé après l’annulation d’un quatrième gouvernement en quinze mois. » Cette instabilité a des répercussions directes sur son travail de sénatrice : « C’est compliqué d’obtenir des réponses ou de sensibiliser sur les questions des Français de l’étranger », qui demeurent « très méconnus tant au Sénat qu’au gouvernement. »
Olivia Richard à Zurich / Pose de la première pierre du nouveau bâtiment du lycée français
Lors de notre entretien, Olivia Richard insiste sur l’importance de la stabilité pour que ses missions constitutionnelles, qui incluent « le contrôle de l’action du gouvernement et l’évaluation des politiques publiques », puissent être menées correctement. Toutefois, elle reste déterminée et optimiste face aux défis : « Ce n’est pas décourageant parce que ce sont des défis importants qui nous mobilisent quotidiennement, mais on aspire à une stabilité qui est indispensable. »
L’impact de la réduction des crédits pour l’action extérieure de l’État
Au cœur du débat sur les finances publiques, une question importante est celle des crédits alloués à l’action extérieure de l’État. Olivia Richard a alerté sur une baisse des crédits de « 50 millions des crédits de l’action extérieure de l’État, du Quai d’Orsay ». Elle a notamment exprimé son inquiétude après que l’amendement visant à réduire ces crédits ait été réintégré lors de la commission mixte paritaire (CMP), alors qu’il avait été rejeté au Sénat.
« Nous sommes le budget qui fait le plus d’efforts comparativement à notre poids dans le budget. »
Olivia Richard, sénatrice des Français établis hors de France
Elle exprime sa frustration face à cette situation qui empêche une vision claire des conséquences : « Le ministre avait pris la parole pour dire que le réseau n’avait pas les moyens d’absorber de telles coupes. » En effet, elle évoque le cas du ministère des Affaires étrangères, qui a déjà subi de nombreuses coupes budgétaires : « Nous sommes le budget qui fait le plus d’efforts comparativement à notre poids dans le budget. »
Intervention d’Olivia Richard dans l’hémicycle du Sénat
Pour Olivia Richard, ces coupes entraînent des répercussions directes, mais pas uniquement sur les Français de l’étranger. Elles touchent aussi la diplomatie française dans son ensemble : « Ce ne seront pas tellement les programmes affectants très directement les Français de l’étranger. Néanmoins, par exemple, tout ce qui est crédit diplomatie féministe, sur lesquels on peut s’appuyer pour essayer de développer un consulaire féministe, ce qui est un axe d’engagement très fort de mon mandat, je ne sais pas ce qu’il en adviendra. »
Sensibilisation sur les Français de l’étranger : un travail de longue haleine
Olivia Richard souligne également les difficultés rencontrées pour sensibiliser ses collègues sénateurs sur la réalité des Français expatriés. « Le sujet des expatriés reste très mal connu des parlementaires. » Elle déplore que malgré l’existence de sénateurs représentant les Français de l’étranger depuis 1946, il soit encore difficile d’obtenir une meilleure prise en compte des spécificités de cette population.
« Les Français de l’étranger ne sont pas les exilés fiscaux qu’on imagine, les gens qui désespèrent de la France, c’est une réalité très diverse. »
Olivia Richard, sénatrice des Français établis hors de France
Elle ajoute : « Je ne rate jamais une occasion de rapporter les débats que nous avons ici et d’essayer de sensibiliser mes collègues. » Selon elle, cette difficulté à comprendre la réalité des Français de l’étranger est également alimentée par des préjugés : « Les Français de l’étranger ne sont pas les exilés fiscaux qu’on imagine, les gens qui désespèrent de la France… c’est une réalité très diverse. »
Elle prend l’exemple d’un amendement adopté à l’Assemblée nationale, qui visait à taxer davantage les retraités français à l’étranger, en partant du principe erroné qu’ils seraient responsables de la fraude fiscale. « C’est tellement mal connaître la réalité des retraités français à l’étranger que c’en était presque drôle », regrette-t-elle. Mais elle a su faire valoir les arguments de ses collègues pour que cet amendement soit annulé : « Je suis allée sensibiliser la rapporteure générale du budget de la Sécurité sociale au Sénat… et finalement, la CMP a supprimé la disposition. »
Lutter contre les violences faites aux femmes à l’étranger
Un autre axe fort de l’engagement d’Olivia Richard est la lutte contre les violences faites aux femmes, particulièrement celles touchant les Françaises à l’étranger : « C’est un domaine sur lequel je suis particulièrement active. » Elle évoque la difficulté de prendre en charge les victimes de violences intra-familiales, soulignant qu’un nombre insuffisant de femmes est réellement aidé par les dispositifs existants : « En 2023, 120 femmes ont pu être aidées par le réseau. Rapporté au nombre de femmes françaises à l’étranger, c’est dérisoire. »
Olivia Richard à Istanbul au Lycée français Pierre Loti
Pour elle, la solution passe par des initiatives comme le Women Support Center, une organisation installée à Singapour qui a mis en place un modèle de soutien efficace aux victimes de violences. « Ce modèle-là est très pertinent, parce qu’il permet une prise en charge holistique, c’est-à-dire complète, de la victime. » Elle plaide également pour le financement de ces initiatives et pour la création de maisons des femmes à l’étranger, en partenariat avec les autorités locales.
La question du vote par internet pour les expatriés
Enfin, Olivia Richard aborde le sujet du vote par internet pour les Français de l’étranger. Le ministre Jean-Noël Barrot a annoncé la possibilité d’étendre le vote par internet à toutes les élections françaises organisées à l’étranger.
« Il faut étendre le vote par internet à toutes les élections. »
Olivia Richard, sénatrice des Français établis hors de France
Olivia Richard, qui est favorable à cette mesure, rappelle que le vote par internet existe depuis 2003, mais il n’a pas été étendu à toutes les élections : « Il faut étendre le vote par internet à toutes les élections. Pas tellement pour remonter la participation, mais parce qu’on sait que les gens votent lorsqu’il y a un enjeu. »
Elle conclut en soulignant la confusion qui existe entre les différentes modalités de vote : « Le principal problème pour les élections françaises à l’étranger, c’est la multiplicité des modalités de vote. » Enfin, elle plaide pour un système plus uniforme, plus simple, afin de permettre aux expatriés de voter plus facilement et de participer activement à la vie politique de la France.
En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes
Qu’on soit au Sud ou Nord de notre planète, TV5MONDEplus vous invite à un voyage tout en couleurs en ce mois de février. On ira explorer la lisière de la forêt boréale, où se rencontrent Arctique, zones alpines et océan mais aussi toute la palette gourmande de la gastronomie à travers les âges et les continents. Bien sûr, on découvrira des parcours, haut en couleur, de vie aux quatre coins du globe francophone. On s’installe, on lance l’app TV5MONDEplus, sur son tel, son ordinateur ou sa smartTV et on s’évade gratuitement avec la seule plateforme mondiale francophone.
Safran et deux reflets de Vert
Bien manger, voilà un héritage commun à tous les francophones, c’est donc par l’art gastronomique qu’on entame notre plongée dans cet arc-en-ciel d’émotions que nous promet TV5MONDEPlus en ce mois de février 2025. Puis, on ira découvrir le vert, symbole de la nature mais aussi iconique d’un Paris d’antan que continuent de faire vivre les libraires des quais de Seine.
Safran & Saveurs by Chef Simo- Création originale
NOUVEAUTÉ – À partir du 24 février 2025
Cette mini-série culinaire pensée et animée par le chef Simo propose des recettes de cuisine à réaliser et à partager, inspirées des saveurs du Moyen-Orient. Préparez-vous à un voyage culinaire unique avec Chef Simo, où les saveurs du monde entier (Maroc, France, Italie, Inde, Sénégal, Côte d’Ivoire…) se rencontrent et s’harmonisent dans des recettes fusion exceptionnelles !
Réalisation : Mehdi Naciri – Durée : 10×5
Les bouquinistes, le charme de Paris
FRANCE – Documentaire – nouveauté – 52′
Plongée dans le cœur vibrant du Paris authentique des bouquinistes. Au fil de l’eau, au fil des mots, on découvre ces Parisiens énigmatiques, gardiens des rives de la Seine, observateurs privilégiés de l’île Saint-Louis et de Notre-Dame, animés par l’amour des livres et la beauté des lieux.
Réalisation : Clémence Rochefort, Vincent Le Gal (France, 2024)
Frontières vertes
QUEBEC / CANADA – Documentaire
Explorer la lisière de la forêt boréale, où se rencontrent Arctique, zones alpines et océan. Tel est le projet de Karine Genest. L’exploratrice est intriguée par le chevauchement des espèces et par leur aptitude à survivre. Avec des scientifiques et des guides, elle découvre les secrets de la vie sauvage.
Quand on accole humanité et couleurs, c’est souvent le pire qui traverse notre esprit. Pourtant, la palette de nos couleurs de peaux comme celle de nos parcours de vie font la richesse de notre espèce. En 3 programmes, on suit, TV5MONDEplus, explorer la vie d’une étudiante à l’université de Kinshasa puis celles et ceux qu’on voit peu dans les grands médias mais qui ont des histoires à raconter et des parcours hors du commun ! Enfin, pour les plus jeunes ou les plus nostalgiques, on a rendez-vous avec Clémentine, 10 ans, qui se retrouve en fauteuil roulant après un accident d’avion ce qui ne l’empêchera de vivre des aventures extraordinaires.
COLORÉ
Série- 2 SAISONS – République démocratique du Congo
Olive, étudiante à l’université de Kinshasa, est prête à tout pour quitter le bidonville de Bandal où elle a grandi. Lors d’une soirée privée dans un quartier chic, la séduisante jeune femme rencontre Marcus Paterne, un homme d’affaires riche et puissant. Plus âgé, celui-ci la comble de présents…
Réalisation : Rogers Ofime (saison 1, 2019, saison 2, République démocratique du Congo, 2024)
VEWS
Web-séries – Belgique (RTBF)
Parole à celles et ceux qu’on voit peu dans les grands médias mais qui ont des histoires à raconter et des parcours hors du commun ! Laissez-vous porter par les portraits de Ibrahim, Jolien et Leslie qui ont chacun une aventure exceptionnelle à raconter.
CLEMENTINE
Série – France
À la suite d’un accident d’avion, Clémentine, 10 ans, se retrouve en fauteuil roulant. Elle garde l’espoir de remarcher un jour. Héméra, une fée protectrice, l’entraîne dans de fabuleux voyages à travers le monde et le temps.
Réalisation : René Borg, Jean Cubaud (France, 1985) – D’après les personnages originaux de Pascale Moreaux
En France, la position des couverts à la fin du repas est bien plus qu’une simple habitude. C’est un véritable langage silencieux qui permet de communiquer avec le personnel de service sans prononcer un mot. Cette pratique, ancrée dans les traditions culinaires depuis le 18e siècle, révèle toute la subtilité de l’étiquette à table. Découvrons ensemble les codes et significations de ce ballet discret des couverts, essentiel pour bien communiquer lors d’un repas à la française. Au pire, cela vous fera quelques anecdotes à raconter à vos amis non français !
Une tradition ancestrale
L’art de disposer ses couverts pour transmettre un message remonte à une époque où la discrétion était de mise dans les salles à manger aristocratiques. Cette tradition ancestrale s’est perpétuée jusqu’à nos jours, enrichissant notre culture gastronomique.
Le langage des couverts : déchiffrer les signaux au restaurant
Voici les principales positions et leurs significations :
Couverts parallèles : fin du repas
Couverts en croix : transition entre les plats
Couverts en triangle : pause pendant le repas
Couverts en travers, pointes vers le haut : satisfaction
Il est essentiel de noter que ces codes peuvent varier légèrement selon les pays. Par exemple, en France, les dents des fourchettes touchent généralement la nappe, car historiquement, les armoiries étaient gravées au dos. En revanche, en Grande-Bretagne, c’est l’inverse : les dents pointent vers le haut.
Cette communication silencieuse s’avère particulièrement utile dans les restaurants, où l’ambiance sonore peut parfois rendre difficile un échange verbal avec le personnel.
Une communication silencieuse à table
La position des couverts à la fin du repas est l’élément clé de ce langage non verbal. Pour signaler que vous avez terminé votre repas, placez vos couverts parallèlement dans l’assiette, la fourchette à gauche et le couteau à droite, lame vers l’intérieur. Cette disposition, souvent appelée position « 16h20 », est universellement reconnue comme le signe que vous avez fini de manger.
Position des couverts
Voici un tableau récapitulatif des positions les plus courantes et de leurs significations :
Position des couverts
Signification
Parallèles (16h20)
Fin du repas
En croix
Transition entre les plats
Fourchette à gauche, couteau à droite (non croisés)
Pause
En travers, pointes vers le haut
Satisfaction
En croix, lame vers l’intérieur
Insatisfaction
Il est important de noter qu’il ne faut pas croiser les couverts pour indiquer que vous avez apprécié le repas. Cette position est souvent mal interprétée et peut créer une confusion. La raison est simple : les couverts croisés sont généralement associés à une pause ou à une transition entre les plats, et non à une appréciation positive du repas.
Un savoir-vivre à table
Au-delà de la simple communication, la position des couverts à la fin du repas relève d’un véritable savoir-vivre. Maîtriser ces codes permet non seulement de communiquer efficacement avec le personnel de service, mais aussi de faire preuve de raffinement et de respect des traditions culinaires.
Quelques règles supplémentaires à garder à l’esprit :
La fourchette doit toujours rester à gauche du couteau dans l’assiette.
Les dents de la fourchette doivent être vers le haut (sauf en France).
Le couteau horizontal doit avoir la lame vers le bas (sauf pour indiquer un excellent repas).
Le couteau vertical doit avoir la lame vers la gauche.
Ces subtilités peuvent sembler complexes au premier abord, mais elles deviennent rapidement naturelles avec la pratique. Elles vous permettront de naviguer avec aisance dans différents contextes culinaires, que ce soit dans un restaurant gastronomique ou lors d’un dîner formel.
Et aujourd’hui ?
Vous vous demandez peut-être pourquoi un tel code de langage avec les couverts s’est développé. La réponse réside dans l’histoire et l’évolution des pratiques culinaires. Au 18e siècle, dans les maisons aristocratiques, il était considéré comme impoli de parler directement au personnel de service pendant les repas. Ce langage silencieux s’est donc développé comme un moyen discret et élégant de communiquer ses besoins et ses impressions.
étiquette des couverts
Aujourd’hui, bien que les conventions sociales aient évolué, ce code reste utile pour plusieurs raisons :
Il facilite le service dans les restaurants bondés ou bruyants.
Il permet une communication efficace sans interrompre les conversations à table.
Il témoigne d’une connaissance des bonnes manières et du respect de l’étiquette.
Il aide le personnel de service à anticiper les besoins des convives.
En maîtrisant ce langage, vous démontrez non seulement votre raffinement, mais vous contribuez également à une expérience culinaire plus fluide et agréable pour tous. Que ce soit lors d’un dîner d’affaires important ou d’une soirée décontractée entre amis, la position des couverts à la fin du repas reste un outil de communication subtil et efficace.
À l’occasion du 80eme anniversaire de la publication du Petit Prince, l’œuvre littéraire se réinvente sur scène à Londres. En effet, le prestigieux London Coliseum Theatre propose de revisiter le texte d’Antoine de Saint-Exupery. Ainsi, du 12 au 16 mars prochains, la salle mythique accueillera un spectacle féerique dans lequel se mélangent danse, acrobaties aériennes et également projections vidéo. Quand la poésie du récit rencontre les technologies de pointe, le résultat est saisissant. C’est même une nouvelle vie qui est redonnée à ce chef-d’œuvre universel. Rencontre avec Anne Tournié et Chris Mouron, les initiateurs de ce projet.
Le Petit Prince : un livre qui parcoure le globe
Si la lecture du Petit Prince vous semble lointaine, voici un rappel de son histoire. Un aviateur, dont l’avion s’écrase en plein désert, rencontre un jeune prince aux cheveux d’or. Celui-ci lui confie le récit de son voyage à travers l’univers, ponctué de rencontres marquantes avec des personnages singuliers et des créatures fascinantes.
Présentation du spectacle à l’Institut Français de Londres avec Chris Mouron et Anne Tournié au centre.
À travers ce récit, le Petit Prince apprend à écouter avec son cœur. Mais aussi à comprendre le monde avec candeur et sagesse. C’est en 1942, qu’Antoine de Saint-Exupéry, écrivain et aviateur français en exil, rédige et illustre Le Petit Prince. Il partage sa vie à ce moment entre Manhattan et la maison historique Delamater-Bevin Mansion sur la côte nord de Long Island.
« Le Petit Prince est aujourd’hui le deuxième livre le plus traduit au monde »
Publié pour la première fois aux États-Unis en 1943, le livre devient rapidement un phénomène littéraire mondial. Il est aujourd’hui le deuxième livre le plus traduit au monde. Avec plus de 200 millions d’exemplaires vendus et une traduction dans 250 langues.
Un hommage vibrant à l’univers de Saint-Exupéry
C’est cette œuvre que va accueillir Londres du 12 au 16 mars prochains. Danse, acrobaties, vidéos viendront rythmer le texte original. Pour Olivier d’Agay, petit-neveu d’Antoine de Saint-Exupéry, cette mise en scène est une réussite. « Le Petit Prince devient une aventure qui dépasse les pages, insufflant une nouvelle vie à une histoire intemporelle. Ce spectacle est plus qu’une simple représentation : c’est un hommage aux merveilles de l’enfance, un écho à l’innocence et à la sagesse magnifiquement capturées par Saint-Exupéry. »
« Le Petit Prince sur scène est une invitation à réveiller l’enfant qui sommeille en nous. »
Olivier d’Agay, petit-neveu d’Antoine de Saint-Exupéry
Le Petit Prince proposé sur la scène londonienne rend un véritable hommage à l’univers de l’auteur. Olivier d’Agay est sans ambages : « cette production touche l’âme et le cœur de tous ceux qui la découvrent, nous rappelant comment voir le monde avec les yeux purs d’un enfant. Le Petit Prince sur scène est une invitation à réveiller l’enfant qui sommeille en nous, à redécouvrir nos rêves oubliés et à contempler les étoiles avec émerveillement. »
Une création scénique spectaculaire
Produit par Broadway Entertainment Group, Le Petit Prince prend vie à travers une interprétation immersive où costumes éclatants, chorégraphies aériennes et effets visuels innovants plongent le spectateur dans un univers fascinant.
Chris Mouron, co-mise en scène du spectacle et est le narrateur.
L’équipe créative est menée par Anne Tournié, réalisatrice et chorégraphe, avec une adaptation du livret signée Chris Mouron. La musique originale est composée par Terry Truck, la conception vidéo assurée par Marie Jumelin, et les somptueux costumes imaginés par Peggy Housset. La mise en lumière est confiée à Stéphane Fritsch. Le design sonore à Tristan Viscogliosi, et les projections vidéo à Étienne Beaussart.
Trois années de travail pour une mise en scène inédite
Ce spectacle est le fruit de trois ans de création et de perfectionnement. « Une fois les artistes réunis, nous avons mis deux mois et demi à finaliser la production », explique Anne Tournié. « Nous avons d’abord travaillé la chorégraphie, puis la danse et l’acrobatie aérienne, avant d’intégrer tous les éléments : le théâtre, la musique, le son, la vidéo et les lumières. »
Présentation du spectacle
Dans cet univers revisité, quelle est donc la scène favorite de la réalisatrice ? Le puits, symbole de l’amitié entre le Petit Prince et l’Aviateur : « Imaginez-vous dans le désert, et un petit être vous demande de lui dessiner un mouton. C’est un moment magique. Cette scène du puits représente leur ultime échange, avant que le Petit Prince ne retrouve sa rose. »
Un récit fidèle à l’œuvre originale
Chris Mouron, qui co-signe la mise en scène et a adapté le texte à ce projet, est également présente au cours du spectacle. Elle est en effet la narratrice. Elle nous explique d’ailleurs son rôle : « nous avons hésité à utiliser une voix off, mais il était impensable de ne pas donner vie aux mots de Saint-Exupéry. Il fallait choisir les extraits avec soin, en restant fidèle à l’essence du texte, sans en modifier une virgule. »
Londres, une destination évidente
Le choix de Londres pour célébrer les 80 ans de l’œuvre peut être surprenant. Alors pourquoi cette destination a-t-on demandé à Chris Mouron : « « Nous pensions initialement à Paris, mais Londres est un temple du spectacle. Et il y a ici une importante communauté d’expatriés français ». Et elle souligne également : « partout où nous jouons, les réactions du public sont les mêmes. Le Petit Prince est une œuvre universelle, qui parle au cœur de chacun, au-delà des cultures et des générations. »
« Nous pensions initialement à Paris, mais Londres est un temple du spectacle. »
Chris Mouron
Présenté en français avec des sous-titres en anglais, ce spectacle conserve toute la poésie du texte original. Le tout en le rendant accessible à un large public. Du 12 au 16 mars, plongez ainsi dans la magie du Petit Prince au London Coliseum et laissez-vous emporter par un voyage hors du temps. Après cette traversée entre danse et étoiles, une seule question demeure : et vous, avez-vous déjà apprivoisé une étoile ?
Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le dernier flash quotidien des expatriés de la semaine. Dans les titres de l’édition du vendredi 07 février 2025 : Les élus du bloc central inquiets sur le budget 2025 – Doualemn restera en France – La Négresse de Biarritz a fait son temps
Un nouveau courrier pour François Bayrou
La chute du budget dédié à l’action extérieure de la France soulève de nombreuses inquiétudes pour les Français de l’étranger mais aussi le corps diplomatique comme consulaire. Karim Ben Cheickh, député des Français d’Afrique du Nord et de l’Ouest, décrivait hier sur Lesfrancais.press les conséquences nombreuses attendues. Ce 06 février, ce sont les sénateurs et députés du bloc central (les macronistes et leurs alliés) qui ont écrit au Premier ministre avec le concours du Président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale et Président de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat. Ensemble, ils ont listé les conséquences comme le renoncement à l’ouverture de plusieurs ambassades réduisant ainsi l’influence française, ils alertent aussi sur les risques sur les coopérations à l’international contre les groupes terroristes. Après la gauche, c’est donc son camp qui demande à François Bayrou de revoir cet ajustement budgétaire.
L’influenceur algérien sous OQTF restera en France
L’obligation de quitter le territoire français délivré contre l’influenceur algérien Doualemn a été annulée par le tribunal administratif de Melun. Le ministère de l’Intérieur va faire appel de cette décision. La justice avait déjà suspendu son expulsion le 29 janvier dernier, Le juge des référés du tribunal administratif de Paris ayant estimé que la procédure utilisée par le ministre Bruno Retailleau n’était pas justifiée. Pour rappel, Doualemn avait appelé, dans une vidéo TikTok, à infliger une « correction sévère » à un opposant au régime algérien.
La cour administrative d’appel de Bordeaux a ordonné ce jeudi 6 février à la ville de Biarritz de débaptiser son quartier de « La Négresse », « un sobriquet raciste et sexiste » selon l’association Mémoires et Partages qui l’avait saisie. « La cour juge que, quelle que soit l’origine supposée de cette appellation et sa dimension historique revendiquée par la commune de Biarritz, le terme ‘La Négresse’ évoque aujourd’hui, de façon dévalorisante, l’origine raciale d’une femme dont l’identité n’a d’ailleurs pas été formellement identifiée », peut-on lire dans un communiqué.
Le quartier de la Négresse à Biaritz
C’est tout pour cette semaine de bulletins quotidiens des Français de l’étranger. Toute la rédaction se joint à moi pour vous souhaiter un superbe week-end où que vous soyez !
Considérée comme le « Davos de la Défense », la 61eme édition de la « Munich Security Conference » se tiendra du 14 au 16 février prochains. Échanges stratégiques, rencontres diplomatiques, avancées technologiques sont, entre autres, au menu de ce rendez-vous international. En marge de la programmation officielle, l’occasion est aussi donnée d’organiser d’autres débats. C’est cette occasion qu’a saisie l’entité du parti politique Horizons en Allemagne pour parler des opportunités et défis de la Défense européenne. Expériences miliaires, industrielles et politiques seront représentées sur la scène. Nous avons d’ailleurs pu interroger en amont organisateur et orateurs.
La Défense européenne, quel avenir ?
Parler de la sécurité et de la défense le jour de la Saint-Valentin, c’est le pari pris par « Horizons Allemagne ». C’est en effet le 14 février prochain que les représentants du parti politique d’Edouard Philippe outre-Rhin ont choisi de programmer leur débat. En marge de la « Munich Security Conference », le thème proposé aux orateurs et au public sera le suivant : « construire une Défense européenne : défis et opportunités dans un monde incertain ».
« Il nous a semblé important de réunir des acteurs politiques et industriels de premier plan pour nous donner en direct leur analyse de la situation ».
Gilles Roux
Cette discussion portera, entre autres, sur l’avenir de la souveraineté stratégique européenne face aux défis globaux. Seront notamment abordés le règlement européen EDIP (European Defence Industry Programme) dont le but est de renforcer la compétitivité de l’industrie de la défense. Mais également la coopération transatlantique et les perspectives d’autonomie stratégique.
Militaires
Pour l’un des organisateurs, Gilles Roux, l’objectif est, outre l’actualité, de mettre en lien les principaux acteurs pour qu’ils partagent leur point de vue sur le futur de la Défense européenne. « Après 1080 jours de conflit en Ukraine, la réélection de Donald Trump et les tiraillements entre la France et l’Allemagne quant à un fonds commun européen de la Défense, il nous a semblé important de réunir des acteurs politiques et industriels de premier plan pour nous donner en direct leur analyse de la situation. ». Et parmi le trio des intervenants, ce sont les expériences militaires, industrielles et politiques qui seront réunies.
À la rencontre des intervenants
C’est la députée européenne et membre d’Horizons, Nathalie Loiseau qui représentera le pilier politique de la discussion. Ancienne Ministre chargée des affaires européennes (2017-2019), secrétaire nationale à l’international du parti de l’ancien Premier ministre français, elle vient d’être nommée à la tête de la commission spéciale du Parlement européen chargé du bouclier démocratique. L’expérience militaire sera partagée par Bertrand Boyard, Général de brigade (2S). Actuellement conseiller spécial du Président d’Arquus. Il est aussi l’ancien commandant de la Brigade Franco-Allemande (2017-2019). Le point de vue de l’industriel sera porté par François Lombard, responsable de la stratégie chez Airbus Defence and Space. En amont de ce débat, Lesfrancais.press a pu interroger directement deux des orateurs.
3 questions à Bertrand Boyard, Général de brigade (2S)*
Lesfrançais.press : « Mon Général, alors que Clémenceau disait « La guerre ! C’est une chose trop grave pour la confier à des militaires » pensez-vous aujourd’hui que la question de la Défense européenne serait trop importante pour la confier seulement aux politiques, tant son développement n’avance pas ? »
Bertrand Boyard,Général de brigade (2S) : « L’aphorisme est séduisant, mais je crois qu’il ne rend pas compte de la réalité. Nous n’avons jamais eu, en Europe, un tel débat sur les questions de défense, et les responsables politiques s’en sont totalement saisis.
Bertrand Boyard, Général de brigade (2S)
« La défense européenne ne se règle pas en quelques réunions, et sûrement pas au rythme médiatique auquel nous sommes habitués. »
Bertrand Boyard, Général de brigade (2S)
Mais l’élaboration de positions communes sur la défense européenne obéit, de fait, à des logiques éminemment diplomatiques, car il y va de la prise en compte d’équilibres entre les intérêts des différents acteurs, nationaux bien sûr, mais aussi communautaires ; cela ne se règle pas en quelques réunions, et sûrement pas au rythme médiatique auquel nous sommes habitués. Je pense donc qu’il faut laisser le temps aux négociations, avec une grande vigilance d’une part sur les tentations de donner des gages à des acteurs extra-européens, et d’autre part sur le respect des domaines de compétences de chacun, garantis par les traités. »
Lesfrancais.press : « Lancée en octobre 2022, la European Sky Shield Initiative (ESSI) reste avant tout une initiative industrielle basée sur l’acquisition conjointe de systèmes sur étagère allemands, pour la très courte et moyenne portée (SR-30, IRIS-T SLM), américains (Patriot) et américano-israélien pour l’interception de missiles de longue et très longue portée. La position de France qui vise plus d’autonomie européenne ne semble pas être partagée par l’Allemagne. Pensez-vous que l’accord signé en janvier de cette année entre Rheinmetall et Thales pour la MGCS va nous aider à aligner nos points de vue et permettre à l’Europe d’affirmer son autonomie de Défense à moyen terme ? »
Bertrand Boyard, Général de brigade (2S): « Les deux projets correspondent à deux approches différentes : ESSI est une réponse dans l’urgence à une menace immédiate, en recourant à des systèmes de défense aérienne existants. MGCS est un programme d’armement pour développer le système de combat terrestre qui succédera au char actuel, et pour en équiper les armées européennes à horizon de la décennie 2040.
« On peut regretter qu’au moins une solution extra-européenne ait été préférée à une solution française, mais cela nous rappelle que les achats et ventes d’armes correspondent à des choix de politique étrangère. »
Général Boyard, Général de brigade (2S)
Là où le MGCS rassemble donc un noyau moteur franco-allemand pour lancer un programme qui s’étalera dans le temps et permettra l’intégration d’autres partenaires européens, l’ESSI recourt à des acquisitions sur étagère auprès d’industriels allemands, américains et israéliens. On peut effectivement regretter qu’au moins une solution extra-européenne ait été préférée à une solution française sur étagère, mais cela nous rappelle que les achats et ventes d’armes correspondent à des choix de politique étrangère – en l’occurrence la réassurance stratégique américaine pour les pays d’Europe centrale et orientale -, et que cette activité de nature régalienne n’obéit pas aux lois classiques du marché libre libéral. Donc, oui, le MGCS est certainement un programme structurant pour l’autonomie de la base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE).
Invitation débat défense européenne à Munich
J’ajouterai que dans les débats en cours sur le programme européen pour l’industrie de la défense (EDIP), dont l’objectif est bien de développer l’autonomie de la BITDE, il faut absolument veiller à ce que l’urgence ne soit plus un critère plus important que cette autonomie, au risque de reproduire les mêmes résultats que pour ESSI, éventuellement par le truchement de sociétés écrans qui importent les équipements de leurs propriétaires extra-européens. »
Lesfrancais.press : « Vous intervenez dans le cadre d’un débat sur la Défense organisé par Horizons à Munich, quelles sont vos attentes pour cette rencontre ? »
Bertrand Boyard,Général de brigade (2S) : « Mes attentes sont de deux ordres : écouter et témoigner. Écouter les analyses de la situation actuelle que feront des responsables très expérimentés dans des domaines connexes au mien. Et témoigner, premièrement sur la manière dont une ETI – une entreprise de taille intermédiaire – de l’industrie de défense terrestre s’adapte à l’environnement actuel, et éventuellement, en tant qu’ancien praticien, sur les caractéristiques inhérentes aux coopérations militaires en Europe. »
3 questions à François Lombard, responsable de la stratégie chez Airbus Defence & Space
François Lombard, Responsable de la stratégie Airbus Defence & Space
Lesfrancais.press : « François Lombard, de nombreuses personnes souhaitent le développement d’une défense européenne, mais les définitions diffèrent en fonction des interlocuteurs, quelle est la vôtre ? »
François Lombard : « L’incertitude géopolitique actuelle ne cesse de mettre à l’épreuve une Union Européenne (UE) menacée par divers conflits, et pour lesquels nous devons nous préparer à leur possible extension.
« L’Union Européenne est collectivement le deuxième budget au monde en termes de dépenses militaires, mais cela ne se reflète pas dans la force de sa capacité industrielle de défense. »
François Lombard, responsable de la stratégie chez Airbus Defence and Space
Or, l’UE est collectivement le deuxième budget au monde en termes de dépenses militaires, mais cela ne se reflète pas dans la force de sa capacité industrielle de défense ».
Lesfrancais.press : « Comment expliquez-vous cette situation ? »
François Lombard : « L’industrie européenne de la défense est en effet beaucoup trop fragmentée, ce qui entrave sa capacité à produire à grande échelle et souffre d’un manque de normalisation et d’interopérabilité des équipements, affaiblissant ainsi la capacité de l’Europe à agir comme une puissance cohésive. Deux exemples emblématiques de cette fragmentation sont d’une part, les chars de combat avec douze types différents de chars lourds utilisés en Europe, alors que les États-Unis n’en produisent qu’un seul type, et d’autre part, les avions de combats, pour lesquels il y a 15 modèles d’avions en opération au sein de l’UE contre 7 aux Etats-Unis. »
Lesfrançais.press : « Que proposez-vous pour passer de cette fragmentation à une action européenne commune ? »
François Lombard : « Face aux défis géopolitiques actuels, une stratégie commune de développement de l’industrie européenne de défense, fondée sur le partage de compétences entre différents industriels et nations, apparaît de plus en plus nécessaire, ainsi qu’une ambition partagée et cohérente d’acquisition d’équipements militaires par les Etats membres.
Militaires
Chez Airbus Defence and Space, nous croyons aux modèles industriels pan-européens comme le nôtre pour combiner les forces et les compétences à travers de grands programmes de coopérations (ex. Eurofighter, ravitailleurs en vols MRTT, A400M) et afin d’accompagner les projets d’armement du futur (ex du Système de combat aérien du futur – SCAF, Eurodrone). Pour réussir, cette ambition collaborative devra être soutenue par des initiatives politiques et budgétaires telles que le programme européen pour l’industrie de la défense (EDIP) adopté le 5 mars 2024.
« Chez Airbus Defence and Space, nous croyons aux modèles industriels pan-européens comme le nôtre pour combiner les forces et les compétences à travers de grands programmes de coopérations »
François Lombard, responsable de la stratégie chez Airbus Defence and Space
Depuis 2022, les contours d’une politique industrielle de défense européenne commencent en effet à prendre forme dans l’UE et de nouvelles mesures et budgets ont été mis en place, destinés à soutenir la compétitivité et le développement de l’industrie de la défense européenne. C’est une bonne nouvelle, même s’il va falloir accélérer, simplifier et amplifier ces initiatives avec des budgets plus significatifs.
Au-delà de l’aspect budgétaire, les industriels européens de la défense devront aussi jouer un rôle actif et constructif pour accompagner cette ambition vers plus de coopération industrielle, d’innovation et d’efficacité au sein de l’UE. »
Rappel de la date et du lieu : 14 février 2025 de 18h30 à 21h00, EineWeltHaus, Schwanthalerstr. 80, 80336 München, avec une possibilité de suivre le débat en ligne, à distance.
*Général 2S : Indication pour un officier généralqui a quitté le service actif (1re section des officiers généraux) et a été placé à sa demande ou par limite d’âge dans la 2e section des officiers généraux.