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Au Botswana, l’Alliance Française de Gaborone se tourne vers l’avenir

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Au Botswana, l’Alliance Française de Gaborone

Dans une Afrique australe très largement non francophone, les Alliances Françaises jouent un rôle qui dépasse largement l’enseignement de la langue. Elles sont aussi des lieux de culture, de rencontres et de coopération avec les sociétés dans lesquelles elles sont implantées. Le réseau régional compte aujourd’hui 18 Alliances réparties dans sept pays, dont une seule au Botswana : celle de Gaborone. Une alliance française qui se tourne vers l’avenir grâce à son dynamisme et à son projet d’implantation nouvelle.  

Une Alliance Française qui voit plus grand

Fondée en 1980, l’Alliance Française de Gaborone est aujourd’hui à la fois une école de français, un centre d’examens, une médiathèque et un lieu culturel. Dans un pays anglophone où le français n’est pas une langue de communication quotidienne, elle entend créer des passerelles entre le Botswana et l’espace francophone. Une mission qui s’inscrit dans plus de 140 ans d’histoire du réseau des Alliances Françaises.

A Gaborone nous accueillons des publics très divers : enfants, étudiants, professionnels et agents publics. Soit près de 400 apprenants adultes et plus de 120 enfants et adolescents »

Anne-Charlotte Monneret, directrice de l’Alliance Française de Gaborone

L’Alliance Française de Gaborone est aujourd’hui installée dans des locaux qu’elle loue. Mais à seulement cinq minutes de là, un nouveau chapitre de son histoire est en train de s’écrire. Le futur espace ne sera pas uniquement une école de langue mais aussi un endroit où les étudiants pourront travailler, les visiteurs découvrir une exposition ou un film, ou plus largement échanger. En clair un endroit de rencontres ouvert sur la société et le monde. La directrice de l’Alliance française, Anne-Charlotte Monneret, rappelle l’historique du projet et son ambition :

« Le projet est né d’un besoin très concret : accompagner le développement de nos activités pédagogiques et culturelles, aujourd’hui limitées par la capacité de nos locaux. En 2016, le gouvernement botswanais a attribué un terrain à l’Alliance.
Depuis, plusieurs directions successives ont porté ce projet, avec le conseil d’administration et nos partenaires : démarches administratives, conception architecturale, autorisations et recherche de financements. L’approbation du City Council en septembre 2025 a constitué une étape décisive.
Le projet bénéficie notamment du soutien de la France, d’Orange Botswana, de Saint-Gobain et de Schneider Electric. Il témoigne d’une mobilisation commune des acteurs publics et privés autour de l’éducation et de la culture ».

Faire entrer le français dans l’école publique botswanaise

Mais le développement de l’Alliance ne passe pas seulement par les murs. L’un de ses projets les plus significatifs concerne aujourd’hui l’enseignement.

Fin 2025, l’Alliance a lancé à Camp Primary School le premier programme d’enseignement du français dans une école primaire publique du Botswana. Une première cohorte de 29 élèves a participé au projet. En 2026, l’expérimentation s’est poursuivie avec des cours hebdomadaires assurés par les enseignants de l’Alliance.

Cours de français
Cours de français

Le projet est conduit avec le ministère botswanais chargé de l’éducation et associe notamment Veolia Technologies Botswana et désormais Botho University. Cette dernière développe parallèlement un Bachelor of Education spécialisé dans l’enseignement du français à l’école primaire, avec l’objectif de former à terme des enseignants localement.

« Dans un pays où l’anglais et le setswana occupent une place centrale, le français constitue une ouverture vers d’autres espaces culturels, universitaires et professionnels, notamment en Afrique francophone. À Gaborone, nous accueillons des publics très divers : enfants, étudiants, professionnels et agents publics. En 2025, l’Alliance a compté près de 400 apprenants adultes et plus de 120 enfants et adolescents, et plus de 420 inscriptions aux examens DELF-DALF.

« Notre ambition est de rendre le français accessible au-delà des publics qui y ont spontanément accès. »

Anne-Charlotte Monneret, directrice de l’Alliance Française de Gaborone

Nous travaillons également avec des écoles, des universités et des institutions publiques. Nous accompagnons notamment l’apprentissage du français auprès de personnels des relations internationales, de la police et des forces de défense. Ces formations répondent à des besoins concrets de coopération régionale et internationale. Notre ambition est de rendre le français accessible au-delà des publics qui y ont spontanément accès » nous partage notamment Anne-Charlotte Monneret, la directrice de l’Alliance.

Cette action locale s’inscrit dans une réflexion beaucoup plus large sur l’avenir de la langue française et de son réseau culturel. Un enjeu évoqué par Yves Bigot à l’occasion des 140 ans des Alliances Françaises.

La culture française, mais aussi la création botswanaise ou le cinéma

La vocation de l’Alliance n’est pourtant pas de faire de Gaborone une simple vitrine de la culture française. Sa programmation cherche également à donner une place aux artistes et créateurs du Botswana. « En 2025, nous avons organisé 55 événements culturels réunissant environ 5 000 participants. Le nouveau bâtiment doit nous permettre de prolonger cette dynamique.
Notre rayonnement passe aussi par le soutien à la création locale. Avec le programme Création Botswana, porté avec l’Ambassade de France et nos partenaires, nous accompagnons des créateurs botswanais dans le développement de leurs compétences et les échanges avec la France. Les nouveaux locaux offriront un cadre plus adapté à ces rencontres entre formation, culture et création.

France × Botswana Film Days, Soirée cinéma
France × Botswana Film Days, Soirée cinéma

La livraison de la première phase est envisagée à la mi-2027. Ce bâtiment représente une étape importante pour ancrer durablement l’Alliance dans le paysage éducatif et culturel du Botswana »

Le cinéma illustre particulièrement bien cette ambition. À Gaborone l’accès aux films d’auteur comme aux productions locales reste limité. Du 23 au 25 septembre 2026, l’Alliance a ainsi organisé la première édition des France × Botswana Film Days. Pendant trois soirées, films français et courts métrages botswanais ont été proposés au public.

L’ouverture s’est faite avec « Vingt Dieux », tandis que la dernière soirée était consacrée à cinq courts métrages botswanais, suivis d’un échange avec leurs réalisateurs animé par Wendile Chipo Laba, scénariste et responsable des relations publiques de la Women in Film Guild.

Une présence française dans un pays anglophone

L’Alliance Française de Gaborone se trouve ainsi au croisement de plusieurs missions : enseignement du français, coopération éducative, diffusion culturelle mais aussi soutien à la création botswanaise. Cette fonction prend un relief particulier en 2026, année du 60e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et le Botswana, établies au moment de l’indépendance du pays en 1966. L’Alliance a d’ailleurs été mise à l’honneur lors des célébrations organisées cette année.

Dans cette région où les communautés françaises sont dispersées et où le français n’est généralement pas la langue dominante, l’action de Gaborone illustre aussi la transformation progressive du réseau des Alliances. La question dépasse le seul Botswana : elle touche plus largement à la capacité de la francophonie à continuer de rayonner dans un continent africain en pleine mutation.

Projet futur bâtiment de l’Alliance Française de Gaboron
Projet futur bâtiment de l’Alliance Française de Gaboron

Le nouveau bâtiment pourrait désormais permettre à l’Alliance de franchir une nouvelle étape : disposer enfin d’un lieu à la hauteur d’activités qui ne cessent de se diversifier et inscrire durablement l’institution dans le paysage culturel de Gaborone. Dans un Botswana anglophone, l’Alliance Française veut ainsi être moins un îlot français qu’un lieu de rencontres entre langues, cultures et créations des deux pays.

Auteur/Autrice

  • Boris Faure

    Boris Faure est l'ex 1er Secrétaire de la fédération des expatriés du Parti socialiste, mais c'est surtout un expert de la culture française à l'étranger. Il travaille depuis 20 ans dans le réseau des Instituts Français, et a été secrétaire général de celui de l'île Maurice, avant de travailler auprès des Instituts de Pologne et d'Ukraine. Il a été la plume d'une ministre de la Francophonie. Aujourd'hui, il collabore avec Sud Radio et Lesfrancais.press, tout en étant auteur et représentant syndical dans le réseau des Lycées français à l'étranger.

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