À peine la page des élections consulaires refermée qu’un autre scrutin se profile déjà : celui de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Encore largement méconnue du grand public, cette institution joue pourtant un rôle important pour les 2 à 3 millions de Français établis hors de France. Sa composition s’apprête à être renouvelée à l’occasion des élections prévues les 27 et 28 juin 2026. Mais au fait, qui vote lors de ce scrutin ? Pour éclairer ses lecteurs, Lesfrancais.press fait le point sur l’essentiel : origine, missions, fonctionnement, poids politique et enjeux démocratiques de cette instance qui structure aussi la représentation des Français de l’étranger.
L’AFE ; une institution héritée de l’histoire des Français de l’étranger
L’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) ne date pas d’hier. Elle s’inscrit dans une longue évolution de la représentation des expatriés français. Dès 1948, le Conseil supérieur des Français de l’étranger (CSFE) voit le jour afin de donner une voix aux communautés françaises hors du territoire national.
« L’AFE peut être un véritable laboratoire d’idées et un relais d’influence. »
Mais c’est la réforme de 2013, avec la loi du 22 juillet, qui transforme en profondeur cette représentation. Le CSFE devient alors l’AFE, avec un fonctionnement modernisé, une légitimité qui tente de se renforcer et une articulation plus claire avec les autres niveaux de représentation, notamment les conseillers des Français de l’étranger et les parlementaires élus pour nos compatriotes établis hors de France.
L’assemblée des Français de l’étranger, un rôle consultatif… pour quelle influence ?
Le mot « Assemblée » peut parfois prêter à confusion, mais l’AFE n’est pas une chambre parlementaire. Elle ne vote pas la loi. Pourtant, réduire son rôle à une simple instance de discussion ou de consultation serait une erreur, ou un mauvais calcul pour celles et ceux qui y siègent. En effet, l’AFE peut être un véritable laboratoire d’idées et un relais d’influence.

Chaque année, le gouvernement lui transmet notamment un document détaillé sur la situation des Français de l’étranger. En retour, l’AFE émet des avis, formule des recommandations et interpelle les pouvoirs publics sur les problématiques rencontrées sur le terrain. Elle peut également être saisie par le gouvernement, le président de l’Assemblée nationale, le président du Sénat, et inversement.
C’est dans ce cadre que les premières Assises de la protection sociale des Français de l’étranger se sont tenues en 2025, marquant une étape importante dans la structuration du débat public sur ces enjeux. Le rapport issu de ces travaux, remis au gouvernement, a vocation à nourrir et orienter les politiques publiques dans les années à venir.
« À l’AFE parmi les thèmes abordés : protection sociale, enseignement français à l’étranger et le coût de la scolarité, fiscalité des non-résidents, qualité et l’accessibilité des services consulaires, sécurité des communautés françaises ou bien encore les conséquences des crises internationales,… »
À cette occasion, les élus de l’AFE ont donc pleinement exercé leur rôle. D’une part celui d’alerter sur les difficultés rencontrées par les expatriés, et, d’autre part, en formulant des propositions, notamment sur les bourses scolaires, la Caisse des Français de l’étranger (CFE) ou encore les dispositifs d’aides sociales. Reste désormais une question centrale, au cœur des enjeux de la prochaine mandature : ces recommandations seront-elles effectivement suivies d’effets ?
AFE : des débats ancrés dans la réalité des expatriés
Les sujets traités par l’AFE sont bien évidemment en lien avec les préoccupations quotidiennes des Français de l’étranger. Parmi les grands thèmes régulièrement débattus, outre la protection sociale, les ordres du jour se composent autour des thèmes suivants : l’enseignement français à l’étranger et le coût de la scolarité, la fiscalité des non-résidents, la qualité et l’accessibilité des services consulaires, la sécurité des communautés françaises ou bien encore les conséquences des crises internationales.
« Réduire le rôle de l’AFE à une simple instance de discussion ou de consultation serait une erreur »
Les dernières sessions plénières, largement couvertes par Lesfrancais.press ont illustré cette diversité. La fin de mandature a notamment été marquée par des discussions sur la protection sociale, la réforme de l’AEFE, la gestion de crises géopolitiques, et aussi sur le retour de la JDC pour les jeunes expatriés, ou la lutte contre les violences faites aux femmes en dehors de l’hexagone.
Comment fonctionne l’AFE et quelle est sa composition ?
L’AFE se réunit deux fois par an en session plénière, généralement à Paris en mars et en octobre. Les conseillers élus sont répartis en commissions thématiques (affaires sociales, finances, enseignement, développement économique…). C’est dans ces instances que les dossiers sont étudiés, que les auditions sont menées et que les propositions sont élaborées, avec un travail réalisé en amont pour préparer ces débats.

L’AFE compte aujourd’hui 90 conseillers, répartis dans 15 grandes circonscriptions électorales couvrant l’ensemble du monde. Ces élus ne sont pas désignés directement par les citoyens. Ils sont élus au suffrage universel indirect parmi les conseillers des Français de l’étranger, eux-mêmes élus localement avec les élections consulaires. Le mandat des conseillers à l’AFE est de six ans. Celui issu du scrutin de juin 2026 s’étendra jusqu’en juin 2032. Le scrutin repose sur des listes respectant la parité femmes-hommes, comme pour toute autre élection.
Élections AFE 2026 : comment ça fonctionne ?
Les prochaines élections de l’AFE auront lieu les 27 et 28 juin 2026. Ce scrutin intervient dans la continuité des élections des conseillers des Français de l’étranger, organisées les 30 et 31 mai 2026. (Retrouvez le dossier Lesfrancais.press sur les élections consulaires ici) Ce sont ces derniers qui constituent le corps électoral. Autrement dit, les citoyens français établis hors de France ne votent pas directement pour l’AFE, mais ils ont choisi d’abord leurs conseillers consulaires, qui vont donc ensuite élire les conseillers à l’AFE, dont l’acronyme devient alors CAFE.
« L’AFE compte aujourd’hui 90 conseillers, répartis dans 15 grandes circonscriptions électorales couvrant l’ensemble du monde. Les prochaines élections auront lieu les 27 et 28 juin 2026 »
Le scrutin est un scrutin de liste à un tour, avec représentation proportionnelle. Seules les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés peuvent prétendre à une répartition des sièges. Chaque circonscription dispose d’un nombre de sièges défini par la loi, compris entre 3 et 11.
Qui peut être candidat ? Pour se présenter à l’AFE, il faut déjà être conseiller des Français de l’étranger, élu lors du scrutin de mai 2026. Il s’agit donc d’un second niveau d’élection. Les électeurs sont donc exclusivement ces conseillers, ce qui fait de l’AFE une assemblée issue d’un suffrage universel indirect. Lesfrancais.press suivra pour vous ces élections et tiendra informé des résultats.
Malgré les missions et le rôle qui lui sont dévolus, l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) demeure encore insuffisamment identifiée, tant par les Français de l’Hexagone que par les expatriés. Ce déficit de notoriété interroge et constitue, à l’évidence, l’un des enjeux majeurs des élections des 27 et 28 juin 2026, mais aussi de la prochaine mandature.
Dans un contexte international marqué par les crises et alors que les attentes des Français de l’étranger croissent aussi, l’AFE a pourtant vocation à s’imposer comme une véritable caisse de résonance des préoccupations de nos compatriotes établis en dehors du territoire national, mais aussi comme une force de proposition capable d’influencer concrètement les politiques publiques. Les futurs élus disposeront de six années pour relever ce défi. À défaut, la question de l’existence même de cette instance politique pourrait être posée.







Laisser un commentaire