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AEFE : Alexandre Morois dévoile sa feuille de route pour la réforme

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AEFE : Alexandre Morois dévoile sa feuille de route pour la réforme

Fraîchement nommé à la tête de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), Alexandre Morois reprend les rênes d’un réseau scolaire mondial unique, mais en pleine zone de turbulences économiques. Entre dialogue social complexe, refonte budgétaire et préservation de l’excellence pédagogique, le nouveau directeur général dévoile, au cours de cette interview, sa méthode et sa feuille de route pour la réforme du réseau. Une interview exclusive Lesfrancais.press

Écouter le podcast avec Alexandre Morois

Directeur général de l’AEFE : un choix personnel

La nomination d’Alexandre Morois à la direction générale de l’AEFE intervient dans un contexte qualifié par beaucoup de « délicat », voire d’existentiel pour l’avenir de l’enseignement français à l’étranger. Pourtant, face aux inquiétudes et à la crise budgétaire qui secoue l’institution, le nouveau directeur affiche un certain optimisme et une motivation profondément ancrée dans son parcours personnel et familial.

« Ma candidature à l’AEFE est un choix du cœur. Une grande partie de mon histoire familiale me rattache à elle. »

Alexandre Morois, directeur général de l’AEFE

Pour ce diplomate chevronné, ce poste n’est pas une simple étape administrative. « Oui, ma candidature à l’AEFE est un choix du cœur. Une grande partie de mon histoire familiale me rattache à elle. Ce sont en effet dans des établissements français à l’étranger que mes enfants ont fait l’essentiel de leur scolarité. » explique-t-il avec émotion. Ce lien intime avec le terrain se double d’une solide expérience professionnelle du réseau, acquise notamment lors de ses fonctions au Maroc et en Grèce, mais aussi en tant que membre du conseil d’administration de l’Agence ces trois dernières années.

Face aux critiques qui perçoivent son profil comme essentiellement technique ou financier, Alexandre Morois retourne l’argument pour en faire un levier de réussite. Loin de vouloir imposer une politique de rigueur aveugle, il conçoit le pilotage budgétaire comme un outil au service du projet pédagogique : « Je sais que les questions budgétaires ne sont pas une finalité en elle-même, mais c’est un levier pour atteindre notre objectif, c’est-à-dire de doter l’Agence d’un modèle soutenable dans la durée pour lui permettre de se projeter dans l’avenir », exprime-t-il sur nos antennes.

Les trois piliers de la future réforme de l’AEFE

Malgré les fragilités structurelles et le déficit financier actuel de l’institution, l’attractivité du modèle français ne se dément pas. Preuve en est : le réseau s’agrandira encore de 28 nouveaux établissements à la rentrée prochaine, portant le total à 640 structures à travers le monde. Pour pérenniser cette dynamique, Alexandre Morois a reçu pour mission de piloter une réforme d’ensemble articulée autour de trois axes majeurs.

1. La soutenabilité budgétaire de l’Agence et la protection des familles

Le premier objectif de cette restructuration est de stabiliser le modèle économique global de l’Agence. L’enjeu est crucial pour les parents d’élèves, souvent mis à contribution face aux hausses des coûts de fonctionnement.

Agence pour l'Enseignement français à l'étranger
Agence pour l’Enseignement français à l’étranger – © AEFE

2. L’équité des contributions des établissements

Le second pilier s’attaquera à la révision des contributions financières demandées aux différents établissements du réseau (EGD, conventionnés, partenaires). Le but recherché est d’apporter « encore plus d’équité, de lisibilité et de prévisibilité » dans les relations financières et conventionnelles entre l’Agence et ses satellites.

3. Une gouvernance modernisée et partagée

Enfin, le troisième axe ciblera la gouvernance de l’AEFE. Il s’agira de mieux dissocier les fonctions de gestion pure et le pilotage stratégique mondial, tout en accordant une juste place à l’ensemble des acteurs privés, associatifs et publics qui composent ce paysage en constante mutation.

La réforme vise précisément à « éviter de transférer à l’avenir, sur les frais d’écolage, donc sur les familles, l’augmentation tendancielle du budget »

Alexandre Morois, directeur général de l’AEFE

La réforme vise précisément à « éviter de transférer à l’avenir, sur les frais d’écolage, donc sur les familles, l’augmentation tendancielle du budget » Au-delà de ces impératifs de gestion, Alexandre Morois insiste sur la préservation de ce qu’il nomme le « supplément d’âme » du réseau : l’innovation, l’école inclusive, la mixité sociale et la diffusion des valeurs républicaines françaises.

Priorité au dialogue : rétablir la confiance avec la communauté éducative du réseau

Conscient que les mesures d’urgence budgétaire adoptées brutalement en décembre dernier ont crispé le réseau et érodé la confiance de la communauté éducative, le nouveau directeur général place le dialogue au centre de sa méthode. Moins d’une semaine après sa nomination, il s’est rendu au Maroc pour rencontrer les parents, les enseignants et les élus locaux.

Agence pour l'Enseignement français à l'étranger
Agence pour l’Enseignement français à l’étranger – © AEFE

Concernant la situation tendue des établissements conventionnés face à la signature des nouveaux avenants sur les pensions civiles, Alexandre Morois se veut rassurant et rejette toute idée de passage en force : « Il n’y a aucune injonction de ma part. Et bien au contraire, comme j’ai indiqué lors du conseil d’administration du 26 juin dernier, je souhaite me donner le temps d’un dialogue individualisé avec chacun des établissements concernés ». En prolongeant les délais de signature au-delà du 1er juillet, l’Agence souhaite accompagner la transition en douceur tout en respectant la liberté de choix des comités de gestion.

Le dialogue social avec les syndicats a également repris sur des bases claires. Alexandre Morois s’est engagé à mener des concertations approfondies en amont des prises de décision, affirmant son attachement partagé à un « dialogue social substantiel » pour garantir la réussite collective.

Cap sur 2027 : un calendrier serré mais tenable

Pour concevoir cette trajectoire de modernisation, l’AEFE ne part pas d’une page blanche. Plusieurs rapports récents, qu’ils soient d’origine gouvernental (comme la mission confiée à la sénatrice Samantha Cazebonne) ou parlementaires, viennent nourrir la réflexion. C’est l’AEFE elle-même qui a été officiellement mandatée pour piloter techniquement la réforme, sous la tutelle du ministre de l’Europe et des Affaires étrangère, Jean-Noël Barrot. et de la ministre déléguée aux Français de l’étranger, Éléonore Caroit.

« Je souhaite me donner le temps d’un dialogue individualisé avec chacun des établissements concernés. »

Alexandre Morois, directeur général de l’AEFE

L’objectif ultime est d’apporter de la sérénité et de la visibilité à long terme aux familles, qui exigent légitimement de la prévisibilité lorsqu’elles font le choix structurant d’inscrire leurs enfants dans le système français du baccalauréat. Face à la concurrence internationale accrue, l’Agence compte miser sur le plurilinguisme et la flexibilité de ses différents statuts pour rester attractive.

Le calendrier de déploiement est d’ores et déjà fixé :

  • Automne 2026 : Présentation des propositions de mesures d’ensemble à la tutelle.
  • Fin d’année 2026 : Adoption officielle de la réforme lors du Conseil d’administration de l’AEFE.
  • Début 2027 : Premières entrées en vigueur des mesures au cours de l’année civile.
  • Rentrée 2027 : « Pleine application à la rentrée 2027 », marquant le véritable coup d’envoi du nouveau modèle de l’enseignement français à l’étranger.

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  • La Rédaction vous propose quelques articles où l'ensemble des collaborateurs ont participé à leur rédaction.

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