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AEFE : un réseau sous tension a fait grève ce 29 septembre

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AEFE : un réseau sous tension

L’année scolaire 2025-2026 a laissé des traces indélébiles au sein de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Ce réseau unique au monde, qui scolarise près de 400 000 élèves dans 138 pays, traverse une crise budgétaire sans précédent, couplée à une secousse politique et sociale. À l’heure où les débats sur le budget 2027 s’ouvrent en France, l’appel à la mobilisation de la fonction publique pour ce 29 septembre a résonné fortement au-delà des frontières de l’Hexagone, mobilisant syndicats, personnels et familles tout au long de la journée.

Une crise budgétaire et structurelle profonde

C’est en décembre 2025 que la réalité financière a rattrapé l’AEFE. Face à un déficit annoncé de 60 millions d’euros, le gouvernement a imposé aux établissements du réseau des mesures d’urgence, notamment une hausse de leurs contributions. Les causes sont structurelles : l’augmentation de la masse salariale, la hausse du point d’indice, la contribution accrue de l’Agence aux pensions civiles des enseignants détachés et, surtout, la baisse des subventions publiques. En effet, la subvention de l’État a diminué de 60 millions d’euros en deux ans, dégradant la soutenabilité du modèle, comme l’a pointé le rapport du député Karim Ben Cheïkh.

Les conséquences pour les familles ont été immédiates et brutales : une hausse moyenne des frais de scolarité de 7 %, avec des pointes à 12 % dans certains lycées. Pour les parents, la facture s’est alourdie en moyenne de 400 euros par enfant et par an. L’arrivée du nouveau directeur général, Alexandre Morois, avec une feuille de route axée sur la soutenabilité budgétaire et l’équité, tente d’apaiser les tensions. Cependant, les inquiétudes demeurent vives quant aux répercussions sur la qualité de l’enseignement, l’offre pédagogique et la capacité des classes moyennes à maintenir leurs enfants dans le système. Brice Bultot, président de la FAPEE, a d’ailleurs interpellé le Président de la République, réclamant transparence et visibilité sur les coûts et l’utilisation des fonds.

Un front commun dans l’action

Face à cette « dégradation structurelle » et aux « mesures d’urgence » qui pèsent sur les conditions de travail, les syndicats de l’AEFE ont appelé d’une seule voix à la grève ce 29 septembre. Le SNES-FSU, particulièrement offensif, a dénoncé une gestion de crise qui sacrifie les personnels et les familles. Pour ce syndicat, la direction de l’Agence doit renoncer à la seule ligne de conduite des réductions budgétaires dans un réseau déjà à bout de souffle. Il a exigé que l’État prenne ses responsabilités pour ne pas « sacrifier ce fleuron de la diplomatie d’influence ».

Découvrir les mobilisations de certains établissements

Iframe :

La CFDT Éducation Monde, de son côté, a alerté sur les suppressions de postes, les déconventionnements et la dégradation des conditions de travail. Son secrétaire général, Xavier Auger, a affirmé que l’Agence seule ne peut régler cette crise et a appelé à une réponse interministérielle, associant les Affaires étrangères, l’Éducation nationale et Matignon. Le syndicat a mis en garde : « Rien ne se fera sans une mobilisation du Parlement ». Le SE-UNSA, lui, a souligné l’impact négatif de ces coupes budgétaires sur les carrières et a dénoncé l’opacité de certaines réformes menées sans concertation. Lors de cette journée d’action, les syndicats ont partagé un objectif commun : obtenir des garanties sur le financement de l’AEFE, stopper la hausse des frais d’écolage et préserver le statut des personnels détachés.

  • Affiche UNSA
  • Tract SE-UNSA

L’AEFE dans le sillage de la contestation nationale

La grève de l’AEFE ne s’est pas inscrite dans un vase clos ! Elle a fait écho à la mobilisation générale de la fonction publique en France qui s’est tenue ce même jour. Les syndicats français ont appelé à la grève pour exiger des revalorisations salariales et de meilleures conditions de travail, face à une inflation persistante et des budgets de plus en plus contraints. Les problématiques rencontrées par les enseignants et personnels de l’AEFE sont, à bien des égards, le reflet de celles vécues par leurs collègues en métropole : manque de moyens, classes surchargées, et sentiment d’un désengagement de l’État.

Cependant, la situation des Français de l’étranger revêt une dimension particulière. Dans le contexte économique difficile que traverse la France, avec des choix budgétaires drastiques à opérer, les expatriés et le rayonnement culturel à l’international ne semblent pas figurer au rang des priorités gouvernementales. Pire, le réseau AEFE peut parfois apparaître comme une variable d’ajustement budgétaire, voire un outil politique. Les familles et le personnel se retrouvent ainsi pris en étau, contraints de défendre un modèle d’excellence éducative tout en supportant seuls, ou presque, le poids de ses fragilités structurelles.

  • Yaoundé
  • Yaoundé
  • Athènes
  • Tunis
  • Madrid

La mobilisation du 29 septembre a donc été un test crucial. Elle avait pour but de démontrer la force du réseau et d’envoyer un message clair aux décideurs politiques : l’enseignement français à l’étranger est un atout stratégique qui ne peut survivre à une politique de coupes sombres. À quelques semaine de l’élaboration du budget 2027 et dans la perspective des prochaines échéances électorales, le sort de l’AEFE est plus que jamais un enjeu politique majeur pour les Français de l’étranger.

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