À New York, l’US Open est devenu une gigantesque machine économique : 108 millions de dollars de prize money, plus d’un million de visiteurs et un impact économique annuel estimé à 1,2 milliard de dollars pour la ville. Dans cet écosystème où se croisent sport, luxe, restauration, médias et influence, les entreprises françaises ont elles aussi trouvé un terrain d’expression à la mesure de la dimension internationale du tournoi.
US Open 2026 : les chiffres d’un tournoi devenu une machine économique
À Flushing Meadows, le tennis se joue sur les courts, mais une autre partie de la compétition se joue dans les comptes de la United States Tennis Association. En 2026, l’US Open a distribué 108 millions de dollars aux joueurs, une enveloppe en hausse de 20 % sur un an et de 44 % depuis 2024. La vainqueure et le vainqueur du simple ont empoché chacun 5,5 millions de dollars, tandis qu’une élimination au premier tour a rapporté 140 000 dollars aux vaincus.
« C’est dans cette ville éphémère, fréquentée par plus d’un million de personnes venues du monde entier, que la France apparaît elle aussi, par touches successives. »
Cette croissance dépasse largement les seuls revenus des joueurs. Le nouvel accord de diffusion conclu avec ESPN pour douze ans à partir de 2026 représente 2,04 milliards de dollars et court jusqu’en 2037, tandis que Forbes évalue les revenus annuels générés par l’US Open à plus de 500 millions de dollars. Droits de diffusion, billetterie, sponsoring, hospitalité et dépenses des visiteurs alimentent une économie qui s’étend bien au-delà des courts de Flushing Meadows.
La première journée du tableau principal 2026 en a donné une illustration immédiate : ESPN, ESPN2 et ABC ont réuni en moyenne 914 000 téléspectateurs, avec un pic à 1,3 million, soit une audience moyenne en hausse de 13 % par rapport à la première journée de l’édition précédente, selon Reuters.
Sur place, l’échelle est tout aussi spectaculaire. L’édition 2025 avait attiré 1 144 562 visiteurs sur l’ensemble du tournoi, un record, tandis que la Fan Week, organisée avant le début des tableaux principaux, avait réuni 239 307 personnes en six journées gratuites. La USTA estime à plus de 1,2 milliard de dollars l’impact économique annuel du tournoi pour New York.

Pendant plusieurs semaines, Flushing Meadows devient ainsi une ville dans la ville, avec ses restaurants, ses boutiques, ses espaces d’hospitalité et ses opérations de marque, tandis que le tennis en constitue le centre de gravité. Une journée passée devant un court devient une expérience beaucoup plus large, qui associe spectacle, consommation, rencontres et visibilité internationale.
C’est dans cette ville éphémère, fréquentée par plus d’un million de personnes venues du monde entier, que la France apparaît elle aussi, par touches successives.
Quand la France apparaît dans le décor de Flushing Meadows
À Flushing Meadows, tout appartient à New York : les courts dressés à Queens, les foules qui arrivent par le métro, les conversations mêlées de langues différentes et à l’horizon, Manhattan. En regardant de plus près, quelques références familières apparaissent au milieu de ce décor américain : un crocodile associé à l’histoire du tennis, une eau venue des Alpes françaises, une coupe de champagne ou encore une vodka distillée en France.
Lacoste possède ici une histoire singulière, puisque la marque est née avec le tennis autour du Français René Lacoste et que son crocodile appartient depuis longtemps à l’imaginaire de ce sport. À New York, cet héritage français rencontre une ville où le vêtement de sport entretient des liens étroits avec la rue, la musique et la mode, faisant de l’US Open l’un des lieux où ces deux cultures se croisent naturellement.
« Le Honey Deuce, cocktail officiel de l’US Open, si new-yorkais et si français »
D’autres présences françaises se découvrent au fil de la journée, parfois dans des univers beaucoup plus ordinaires : Moët & Chandon accompagne les espaces consacrés au champagne et à l’hospitalité, La Roche-Posay s’inscrit dans l’environnement des spectateurs exposés pendant plusieurs heures au soleil, tandis qu’Evian, puisée dans les Alpes françaises, accompagne elle aussi le tournoi. Réunies dans un même espace, ces présences dessinent une cartographie discrète de ce que la France apporte à cette grande scène new-yorkaise, de la mode au champagne en passant par les soins et les produits de consommation du quotidien.
Cette présence française se prolonge lorsque le tournoi quitte Flushing Meadows. Pour cette édition 2026, l’US Open installe des expériences dans plusieurs quartiers de New York, notamment à Hudson Yards, où le tennis, les retransmissions des matches et différents rendez-vous associés à la quinzaine investissent temporairement l’espace urbain. Le spectacle circule ainsi de Queens à Manhattan et s’inscrit dans une ville qui absorbe les grands événements internationaux en les intégrant à son propre rythme.

Créé en 2007, le Honey Deuce appartient aujourd’hui au paysage de l’US Open. Servi avec la vodka française Grey Goose, de la limonade, de la liqueur de framboise et trois billes de melon qui évoquent des balles de tennis, il est devenu l’un des rituels les plus reconnaissables de la quinzaine. En 2025, environ 800 000 verres ont été vendus à Flushing Meadows, contre 25 000 lors de sa première année, tandis qu’en 2026 le cocktail circule également dans plusieurs établissements new-yorkais, prolongeant l’atmosphère du tournoi bien au-delà de ses grilles.
Grey Goose apporte à cette histoire une dimension française. La vodka est distillée et embouteillée en France, à partir de blé français et d’eau provenant de la région de Cognac, tandis que la marque appartient au groupe Bacardi. Elle accompagne l’US Open depuis vingt ans et son association avec le Honey Deuce illustre la manière dont certains éléments d’un événement finissent par dépasser leur fonction initiale pour devenir des symboles de celui-ci.
Le cocktail raconte ainsi, à sa manière, la culture particulière que l’US Open a construite au fil des années, une culture dans laquelle se mêlent le tennis, New York, le spectacle et des influences venues du monde entier, dont la France. Pendant deux semaines, Flushing Meadows devient une petite ville internationale où les références circulent et se mélangent, et où la France apparaît par petites touches dans un vêtement, une bouteille, une coupe ou un verre.
C’est peut-être là que se trouve la French Touch : dans cette manière de s’inscrire dans le décor new-yorkais sans jamais le dénaturer, tout en y laissant, ici et là, quelques signes familiers d’un savoir-faire et d’une culture.







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