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Initiatives Expats avec Catherine Frelin : son action au sein de la Société d’histoire de Toronto

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Initiatives Expats avec Catherine Frelin : son action au sein de la Société d’histoire de Toronto

Dans ce nouvel épisode du podcast Initiatives Expats, direction le Canada et plus précisément Toronto. Une ville cosmopolite où l’histoire française reste parfois méconnue, mais que Catherine Frelin, vice-présidente de la Société d’histoire de Toronto (SHT), s’emploie à remettre en lumière. Entre parcours d’expatriée, engagement associatif et projet innovant, elle nous ouvre les portes d’un pan oublié de la présence française en Amérique du Nord. Elle nous partage aussi la future expérience immersive et digitale de la visite du « Sentier partagé » pour faire revivre le passé.


Écouter le podcast avec Catherine Frelin

Une expatriation temporaire qui devient une vie

Arrivée au Canada pour quelques années seulement, Catherine Frelin incarne parfaitement ces trajectoires d’expatriés qui évoluent avec le temps. « Je suis partie au Canada pour faire un postdoc. Au départ, je ciblais 3-4 ans et finalement, je suis restée au Canada parce que j’aimais bien », confie-t-elle. Vingt et un ans plus tard, le projet temporaire s’est transformé en véritable ancrage. « J’ai la citoyenneté, je vote parce que c’était important pour moi de voter », précise-t-elle, soulignant son attachement à son pays d’accueil.

« On pense souvent que les Français sont tous localisés au Québec (…) mais il y a aussi des Français qui sont à Toronto »

Catherine Frelin, Vice-Présidente de la Société d’histoire de Toronto (SHT)

Toronto séduit par son multiculturalisme et son ouverture. « C’est une ville où on a accès au monde entier », explique-t-elle. Un environnement qui favorise la curiosité et l’apprentissage permanent. Si elle reconnaît un certain formalisme social, « parfois Toronto est un peu politiquement correct », cela n’entame en rien son enthousiasme pour cette métropole où la diversité est une richesse assumée.

La Société d’histoire de Toronto, gardienne d’un passé méconnu

Depuis plus de 40 ans, la Société d’histoire de Toronto (SHT) œuvre pour faire connaître l’héritage francophone de la région. « Au départ, c’était pour faire connaître le passé francophone de la ville », rappelle Catherine Frelin.

Catherine Frelin, Vice-Présidente de la Société d’histoire de Toronto (SHT)
Catherine Frelin, Vice-Présidente de la Société d’histoire de Toronto (SHT)

Contrairement à une idée répandue, l’histoire française en Amérique du Nord ne se limite pas au Québec. « Les Français étaient dans la région avec la Nouvelle-France, avant les Anglais », souligne. Une présence qui s’étendait bien au-delà, jusqu’aux Grands Lacs et même au Mississippi.

Aujourd’hui, la SHT propose des visites guidées en français ainsi que des conférences tout au long de l’année. Ces initiatives rencontrent un public croissant, notamment parmi les expatriés : « On a de plus en plus de Français qui viennent à nos activités », mais pas seulement.

Un projet innovant : le “Sentier partagé” en version numérique

Parmi les initiatives phares portées par la Société d’histoire de Toronto, le projet de valorisation du Sentier partagé illustre parfaitement la volonté de moderniser la transmission historique. Ce parcours longe la rivière Humber, ancien axe stratégique d’échanges entre Français et populations autochtones. « C’est une rivière d’échange (…) sur le long de laquelle des forts français avaient été construits », explique Catherine Frelin.

« Certaines plaques du Sentier partagé ont disparu, elles ont été volées (…) ou endommagées ».

Catherine Frelin, Vice-Présidente de la Société d’histoire de Toronto (SHT)

Mais avec le temps, le dispositif physique s’est dégradé : « certaines plaques ont disparu, elles ont été volées (…) ou endommagées ». Face à ce constat, l’association a décidé de réinventer l’expérience grâce au numérique. L’objectif est de proposer une immersion sonore et interactive. « Une balade avec des arrêts géolocalisés où on nous raconte l’histoire », détaille-t-elle.

Bruits de la nature, narration incarnée, reconstitution sonore… tout est pensé pour captiver les visiteurs. Le projet, soutenu notamment par le dispositif STAFE, devrait voir le jour d’ici fin 2026 ou début 2027.

Toucher les jeunes générations grâce au numérique

Au-delà de la préservation patrimoniale, cette initiative vise aussi à renouveler l’intérêt pour l’histoire, notamment auprès des plus jeunes. « On veut qu’il y ait une expérience immersive, artistique », explique Catherine Frelin. Loin des panneaux statiques, souvent jugés peu engageants, l’idée est de proposer une approche vivante et sensorielle.

L'auberge Montgomery une visite organisée par la SHT
L’auberge Montgomery une visite organisée par la SHT

Les écoles francophones de Toronto font partie des publics ciblés, rappelle-t-elle, soulignant l’importance de ces dispositifs pour transmettre une mémoire culturelle souvent ignorée. Le soutien financier obtenu constitue aussi une forme de reconnaissance.

« Quand on s’expatrie, il faut aimer l’aventure. »

Catherine Frelin, Vice-Présidente de la Société d’histoire de Toronto (SHT)

La SHT s’appuie sur une communauté française active et engagée. « On pense souvent que les Français sont tous localisés au Québec (…) mais il y a aussi des Français qui sont à Toronto », observe Catherine Frelin. Ces compatriotes établis hors du territoire national, curieux de leur histoire, participent activement aux activités proposées.

S’expatrier à Toronto : surtout ne plus s’énerver en arrivant

En conclusion de cet échange, notre invitée partage un conseil précieux pour celles et ceux qui envisagent de partir vivre hors de France. « Quand on s’expatrie, il faut aimer l’aventure », affirme-t-elle. Une invitation à accepter l’incertitude et à sortir de ses repères.

Elle insiste également sur l’importance de l’adaptation culturelle à Toronto, davantage porté par le « flegme » anglophone : « Il ne faut absolument pas s’énerver » partage-t-elle. Une différence notable avec les habitudes françaises, qui nécessite, selon elle, une certaine flexibilité…et parfois un temps d’adaptation.

À travers cet épisode d’Initiatives Expats, Lesfrancais.press met en lumière une initiative qui allie mémoire, innovation et engagement. Grâce à Catherine Frelin et à la Société d’histoire de Toronto, l’histoire française continue de résonner de l’autre côté de l’Atlantique, sous une forme résolument tournée vers le numérique et l’avenir.

Auteur/Autrice

  • Jérémy michel

    Jérémy Michel est rédacteur en chef adjoint du média Lesfrancais.press. Il est également coach en développement personnel et formateur en communication. Jérémy a auparavant travaillé au sein de diverses institutions politiques françaises et européennes. Il a aussi été en charge des affaires publiques d’un grand groupe spécialisé dans la santé.

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