Créée il y a une dizaine d’années, l’Union ALFM fédère les anciens élèves, professeurs et cadres des lycées français à l’étranger. À l’approche du Forum Mondial des Alumni des Lycées Français du Monde (FOMA), organisé les 29 et 30 mai à Madrid, son président, Ahmed Mernissi, revient sur l’histoire de cette communauté internationale, ses ambitions et le rôle des alumni dans le rayonnement du réseau AEFE.
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Les alumni AEFE : une aventure née entre Casablanca et Paris
Avec plus de 600 établissements homologués dans le monde et plus de 400 000 élèves scolarisés chaque année, le réseau de l’AEFE constitue l’un des principaux outils de rayonnement de la France à l’international. Derrière ces chiffres se cache aussi une immense communauté d’anciens élèves dispersés sur tous les continents. C’est pour les rassembler qu’est née l’Union ALFM, l’Union des anciens des lycées français du monde.
Ahmed Mernissi raconte que l’idée est née presque spontanément, lors d’un gala organisé à Casablanca avec plusieurs associations d’anciens élèves marocains. À l’époque, Patrick Ténèze, alors responsable de la communication de l’AEFE, lance l’idée d’une fédération internationale. « À la fin de la réunion, Patrick nous dit vraiment : “Écoutez, si on faisait ça un peu à l’international, est-ce que ça vous intéresserait de fédérer un truc comme ça à l’international ?” On a dit banco, et c’est parti. »
« Je suis sûr que ce sera l’un des plus beaux FOMA qu’on ait réalisés parce que sincèrement, on a un panel vraiment formidable. »
Ahmed Mernissi, président d'Union-ALFM, l'association des Anciens des lycées français du monde
Pendant six mois, un petit groupe venu de Casablanca, Rabat, Bruxelles, Vienne ou encore New York se retrouve régulièrement à Paris pour structurer le projet. « On se retrouvait un week-end par mois, et ça pendant six mois, et est née l’ALFM. » Aujourd’hui, Ahmed Mernissi estime que la communauté potentielle représente près d’un million de personnes depuis la création des premiers lycées français à l’étranger.
Union ALFM : une communauté internationale et intergénérationnelle
L’Union ALFM ne rassemble pas uniquement d’anciens élèves. Professeurs, proviseurs, personnels administratifs ou encadrants peuvent également rejoindre l’association. « L’ALFM, c’est les anciens des lycées français du monde, c’est-à-dire des professeurs, des cadres, proviseurs, etc., et des anciens élèves aussi », souligne notre invité.
La plateforme revendique aujourd’hui près de 10 000 inscrits à travers le monde. Même si seuls quelques centaines de membres participent activement aux événements et aux initiatives du réseau, Ahmed Mernissi insiste sur l’importance du lien humain et du sentiment d’appartenance. Pour lui, les anciens des lycées français partagent une identité commune façonnée par l’ouverture culturelle.

« C’est une réunion intergénérationnelle, interraciale, si je puis me permettre, inter-tout-ce-que-vous-voulez. » Et d’ajouter : « On ne regarde ni sa couleur de peau, ni sa religion, ni sa tête, ni rien du tout. C’est la personne qui doit s’imposer parce qu’elle est et parce qu’elle fait. »
Le FOMA 2026 à Madrid : un rendez-vous mondial des alumni
Le Forum Mondial des Alumni des Lycées Français du Monde, le FOMA, constitue l’événement phare du réseau. Après Paris, Casablanca, Vienne, Lisbonne, Tunis ou Bruxelles, c’est Madrid qui accueillera l’édition 2026.
Selon Ahmed Mernissi, cette nouvelle édition pourrait être l’une des plus marquantes. « Je suis sûr que ce sera l’un des plus beaux FOMA qu’on ait réalisés parce que sincèrement, on a un panel vraiment formidable. » Le programme réunira des personnalités venues d’horizons très différents : scientifiques, diplomates, journalistes, spécialistes de l’intelligence artificielle ou figures du monde culturel.

Parmi les invités annoncés figurent notamment le prix Nobel de physique Serge Haroche, ancien élève du lycée Lyautey de Casablanca, l’ancien ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Ángel Moratinos, la journaliste Dominique Tchimbakala ou encore Sami Bahri, consultant en intelligence artificielle.
Un réseau mondial d’ambassadeurs des anciens élèves de l’AEFE
Au-delà du FOMA, l’Union ALFM anime tout au long de l’année un réseau international d’ambassadeurs présents sur plusieurs continents. « Il y a une cinquantaine de personnes qui sont déjà des ambassadeurs dans des régions dans le monde, de Tokyo à Santiago du Chili. L’association organise aussi régulièrement des afterworks à Paris afin de favoriser les rencontres professionnelles et intergénérationnelles entre alumni.
Pour Ahmed Mernissi, les anciens élèves des lycées français représentent un vivier de talents particulièrement reconnu. « Il y a 20 000 bacheliers par an dans l’AEFE dans le monde. Sur les 20 000, vous avez 10 000 mentions bien et très bien au baccalauréat. » Avant de conclure avec humour : « Les meilleurs sur terre, quoi ! »
L’AEFE, un outil de rayonnement pour la France
Interrogé sur l’avenir du réseau AEFE dans un contexte de réformes et de contraintes budgétaires, Ahmed Mernissi défend le rôle essentiel des lycées français à l’étranger dans la formation des futures élites internationales. « Mon souhait, c’est que l’AEFE reste vraiment ce lieu où on forme des citoyens du monde, capables de vivre ensemble. »
« La France doit aider ces lycées à continuer à former cette élite des pays d’origine. »
Ahmed Mernissi, président d'Union-ALFM, l'association des Anciens des lycées français du monde
Selon lui, ces établissements participent directement au rayonnement culturel et diplomatique de la France. « Ce sont les meilleurs ambassadeurs de la France dans ces pays d’origine. » Et il appelle les autorités françaises à préserver ce modèle éducatif unique : « La France doit aider ces lycées à continuer à former cette élite des pays d’origine. »
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