Un débat politique sur les Présidentielles organisé par des étudiants à Londres

Un débat politique sur les Présidentielles organisé par des étudiants à Londres

Des étudiants des French Societies d’universités de Londres (LSE, UCL, King’s College et l’Imperial College) ont organisé un débat ce mardi 22 mars 2022. Cinq partis étaient représentés lors de cette soirée. Parmi eux, Europe Ecologie – Les Verts, le Parti Socialiste, La République en Marche, Les Républicains et Reconquête.

La majorité des représentants habitent à Londres et sont de futurs candidats aux législatives pour la troisième circonscription des Français de l’étranger. L’eurodéputé Nicolas Bay a fait le déplacement pour ce débat. Ce transfuge du « Rassemblement National », a décidé de rejoindre Éric Zemmour récemment et son parti Reconquête.  Le média Lesfrançais.press a assisté au débat. 

Les participants au débat

Un débat sans le « Rassemblement National »

Depuis plusieurs mois, Paul Rousseau avec deux amis (Basile Candelon & Tom Jungblunth) préparaient à Londres un débat pour les présidentielles françaises. Ce débat a opposé Nicolas Bay (Reconquête), Artus Galiay (LR), Charles Dequeker (LREM), Charlotte Minvielle (EELV), et Catherine Smadja (PS). 

Pour entrer dans ce grand amphithéâtre, il fallait montrer un test Covid négatif. L’entrée était bien organisée, mais des militants du Rassemblement National étaient en colère, car leur parti n’était pas représenté. Ils ont distribué des tracts à l’extérieur. “Ce n’est pas juste que nous ne soyons pas invités”, ont scandé quelques militants. 

“Nous avons en effet distribué des tracts à l’entrée du bâtiment de la LSE où se tenait le débat sur l’élection présidentielle. Nous avons souhaité protester contre notre exclusion de ce débat malgré le fait que nous soyons le premier parti de France (les résultats des élections européennes 2019) et que notre candidate Marine Le Pen soit en deuxième position dans les sondages.
L’organisation du débat a tenté de s’emparer de nos tracts et de nous faire évincer par la sécurité, sans résultat. Nous savons, et nous les en remercions, que le parti Reconquête a demandé en amont notre présence aux organisateurs. Celle-ci a été sciemment refusée. Il est clair que notre exclusion témoigne d’une volonté manifeste de nuire à notre mouvement et d’une absence de neutralité, comme le démontre le choix d’inviter le Parti Socialiste, crédité de 2 % d’intentions de vote dans les sondages. De nombreux participants se sont montrés choqués lorsqu’ils ont appris notre exclusion du débat et nous sommes heureux d’avoir pu avoir un contact direct avec les Français du Royaume-Uni qui se passionnent pour cette élection présidentielle.”

Un membre du RN UK devant la salle du débat

Dans l’amphithéâtre tout le monde était assis par liste ou parti politique. 

À l’origine la French Society de LSE a invité Nicolas Bay de Reconquête. Vu le profil de Monsieur Bay, la « Student Union » a dit qu’ils n’avaient pas les moyens d’assurer sa sécurité. Le débat a donc commencé sans le parti de Zemmour. Du coup les militants sont partis et quelques minutes plus tard Nicolas Bay est arrivé, ses militants sont donc revenus !

Plusieurs thèmes abordés avec des temps impartis pour les représentants politiques 

Les représentants politiques des partis étaient invités à discuter de leurs propositions autour de sept thèmes, définis par les étudiants organisateurs : l’économie, l’éducation et la recherche, l’environnement, l’action sociale, l’identité française, les questions internationales, les Français de l’étranger et enfin le Brexit. Chaque représentant avait un temps de parole pour présenter les grandes lignes du programme de son candidat sur chacun des sujets.

Un débat loin des enjeux des expatriés

Le débat avait pour thème des sujets qui se passaient en France, mais la question des Français de l’étranger fut posée à la fin. Pire, il n’y a pas eu de réponses des représentants sur les relations franco-britanniques et le Brexit. 

Charles Dequeker pour La « République En Marche » nous a confié qu’il a trouvé ce débat absolument intéressant, inédit, « je pense qu’il y a beaucoup de thèmes qui étaient très cadrés et nous sommes allés dans le détail des points programmatiques avec des divergences d’opinions qui sont manifestes, donc au total ce fut très satisfaisant.” 

Charles Dequeker a pensé que « le sujet sur les Français de l’étranger a fait l’objet d’un thème entier du débat, après il se trouve que c’était le dernier, mais quand nous parlons d’international et de la place de la France dans le monde c’est quand même des points qui ont été même partiellement évoqués, donc je dirai pas de regret, c’était le format du débat.”

Quelle était l’opinion des autres représentants de ce débat ?

Charlotte Minvielle, candidate EELV et du pôle écologiste aux élections législatives en Europe du Nord, a pensé que le débat était “brillamment monté par les organisateurs de LSE. Je suis très contente que nous ayons eu l’occasion de débattre tous ensemble, après je regrette peut-être qu’un des gros partis de gauche notamment « La France Insoumise » n’ait pas été représenté. Je pense que ça aurait été peut-être plus juste et probablement que nous n’aurions pas eu autant de place sur les questions sociétales, mais je pense que c’était une opportunité de pouvoir parler de thèmes très importants comme l’environnement et la justice sociale.”

Ce mercredi 23 mars 2022, Julien Bayou sera en déplacement à Londres. Le secrétaire général d’Europe Ecologie-Les Verts viendra échanger avec la communauté française. À ses côtés, Mélanie Vogel, sénatrice des Français de l’étranger, qui est aussi porte-parole de Yannick Jadot, candidat EELV pour la présidentielle 2022.

Pour Charlotte Minvielle, le message de son parti pour les Français de l’étranger c’est “qu’on veut davantage de soutien pour les Français de l’étranger, davantage de service public, nous voulons aussi en termes d’éducation qu’il y ait un accès qui soit plus équitable, mettre fin à l’augmentation des frais de scolarité, soutenir davantage les écoles FLAM et soutenir les petites et moyennes entreprises des Français de l’étranger et dans le domaine social. Nous voulions que le soutien social qui a été apporté par le Consulat soit pérennisé, on veut une meilleure reconnaissance du statut d’ handicapé d’un pays à l’autre pour que des personnes en situation là n’aient pas à refaire des demandes, des procédures longues. Nous voulons plein de procédures bilatérales au sein de l’Union européenne pour que nos concitoyens aient une meilleure facilité de bouger, voyager et vivre dans d’autres pays.” 

“Un très bon moment pour la démocratie”

Artus Galiay des LR a trouvé ce débat “très bien, c’était interactif, il y avait une très grande diversité d’idées, de sensibilités politiques et le résultat c’est que ce soir c’était un très bon moment pour la démocratie, notamment pour la démocratie française à l’étranger, et j’espère que tous les participants ont trouvé cela intéressant et que ça les encouragera à voter. C’est véritablement le plus important. C’est comme ça que nous mesurons la santé d’une démocratie.” 

“J’ai eu l’occasion de présenter le projet de Éric Zemmour”

Nicolas Bay de « Reconquête » a également commenté ce débat “organisé par des étudiants représentant plusieurs universités britanniques sur la campagne présidentielle, sur les enjeux de cette élection présidentielle ».

« J’ai eu l’occasion de présenter le projet d’Éric Zemmour sous différents aspects, sur le projet économique, son projet pour restaurer notre identité, notre souveraineté, nos libertés fondamentales. Beaucoup de sujets ont été abordés avec des questions très importantes et d’actualité comme le pouvoir d’achat, sur l’énergie, afin de trouver une solution nucléaire avec une énergie plus abordable et avec moins de carbone, comment maîtriser les flux migratoires et même inverser la tendance en organisant la re migration de ceux qui n’ont pas vocation à rester dans notre pays. Nous avons aussi évoqué et c’était l’occasion avec les Français installés à l’étranger, toutes les questions, les difficultés qu’ils rencontrent, le fait que le réseau consulaire français à l’étranger s’est dégradé considérablement tout comme la qualité des services publics rendus aux Français installés hors de France. Tout ça ce sont des sujets très importants et Éric Zemmour apporte des solutions et c’était l’occasion d’une confrontation à la fois intéressante et républicaine.”

Nicolas Bay de « Reconquête »

Et concernant l’avis des personnes présentes dans la salle ? 

Elias est en deuxième année à LSE et habite à Londres depuis deux ans.

“Je suis plutôt un soutien dEmmanuel Macron, mais je voulais assister à ce débat, car je trouvais l’idée intéressante, d’échanger les idées, etc. Le format des réponses était un peu court, mais les sujets abordés étaient vraiment très bien. Ils recoupaient bien les thèmes actuels de la campagne. J’aurais aimé qu’on parle de l’innovation. Je soutiens Emmanuel Macron notamment pour l’innovation. Je trouve que l’innovation est très porteuse pour l’économie. C’est vraiment un sujet qu’il faut travailler en France. Nous avons vraiment des personnes qui sont brillantes dans les écoles d’ingénieures, de commerce. Il y a un problème d’innovation. Nous avons eu l’occasion de faire nos études en France et de partir à l’étranger. Je trouve ça dommage qu’il n’y ait pas eu cet aspect technologique sur l’innovation. 

Elias est en deuxième année à LSE

Henri estime que “le vote est assez complexe. C’est une charge lourde. Nous comprenons qu’un pays ce n’est pas juste deux trois briques mises ensemble. C’est dans les débats que nous entendons les idées et que nous comprenons ce qui peut se faire et ce que la France a fait. Si nous voulons avoir un vote éclairé, si nous voulons exercer notre droit démocratique, nous avons un devoir de nous éduquer au minimum, de participer au débat et de nous forger une opinion.” 

Clara, une militante de « Reconquête » nous a donné son ressenti.

“Quant à mes impressions, je pense que l’audience était plutôt hostile. La plupart sont de la gauche. Les « Verts » par exemple sont surreprésentés. Aussi c’était dommage que nous n’ayons pas consacré plus de temps à la question de l’Islam et la laïcité, mais je comprends que c’est un sujet difficile.”

Clara, une militante de « Reconquête »

Risque d’abstention 

Le 10 avril 2022, il y aura un fort risque d’abstention. Artus Galiay a déclaré : “Faites vivre la démocratie ! Déplacez-vous, car la démocratie est digne de vous.”

Catherine Smadja du PS a aussi incité les personnes à voter : “Vous avez le devoir de voter. Donnez-vous les moyens en mettant des contre-pouvoirs à Emmanuel Macron.” 

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