UE et Royaume-Uni : «méfiance froide»

UE et Royaume-Uni : «méfiance froide»

L’impasse sur le protocole concernant l’Irlande du Nord risque de créer une « méfiance froide » entre l’UE et le Royaume-Uni, a déclaré le ministre britannique chargé du Brexit, alors que les délais de grâce sur une série de produits sont à quelques semaines de leur expiration.

L’Irlande du Nord

« Les enjeux sont énormes. Les discussions seront âpres. Et je crains que ce processus soit en mesure de créer une sorte de méfiance froide entre l’Europe et nous, qui pourrait s’étendre au reste de notre relation. » a déclaré David Frost lors de la conférence de la British-Irish Association à Oxford samedi (3 septembre).

Et M. Frost d’ajouter que les âpres discussions sur le protocole « freinent le potentiel d’une nouvelle ère de coopération entre des États partageant les mêmes idées dans un monde qui a besoin que nous travaillions efficacement. »

Les discussions sur le protocole définissant les modalités du Brexit en Irlande du Nord devraient reprendre et s’intensifier au cours des prochaines semaines alors qu’un nombre conséquent de délais de grâce sur certaines marchandises doit prendre fin le 1er octobre.

Gordon Lyons, le ministre de l’Économie du gouvernement décentralisé d’Irlande du Nord, a prévenu la semaine dernière qu’il y aurait de « réels problèmes » si ces périodes de grâce n’étaient pas à nouveau prolongées.

Désaccord sur le protocole du Brexit

Le gouvernement Johnson et la Commission européenne sont en désaccord sur la mise en œuvre du protocole, négocié et convenu dans le cadre de l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’UE, depuis son entrée en vigueur en janvier.

En juillet, la Commission européenne a suspendu les procédures judiciaires qu’elle avait engagées contre le Royaume-Uni pour avoir enfreint le protocole en prolongeant unilatéralement les délais de grâce sur une série de marchandises.

L’accord maintient l’Irlande du Nord dans le marché unique de l’UE afin d’éviter une frontière avec la République d’Irlande, et a imposé des contrôles sur une série de produits qui transitent entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord. La communauté unioniste de la province, qui s’identifie comme britannique, et ses dirigeants politiques, ont exigé l’abolition du protocole.

Le gouvernement Johnson a demandé que le protocole soit réexaminé et révisé plutôt que d’être supprimé.

(FILES) In this file photo taken on February 01, 2020 The European Union flag and national flag of Ireland, fly in the grounds of the Carrickdale Hotel in Ireland on February 1, 2020, as motorway traffic travels on the border road between Dundalk, Ireland, and Newry in Northern Ireland. Britain on December 17, 2020 sounded a more pessimistic note over the outcome of last-ditch Brexit trade talks with the European Union, saying a « no-deal » scenario was still on the cards. Prime Minister Boris Johnson’s spokesman said negotiators from both sides were working to « bridge the gaps that remain », as the EU indicated a deal was « difficult but possible » by Friday. / AFP / Paul Faith

Pas de renégociation

La Commission, pour sa part, insiste sur le fait qu’elle n’acceptera pas la demande du Royaume-Uni de renégocier le protocole, bien qu’elle ait proposé un ensemble de mesures en juin pour faciliter sa mise en œuvre.

Dans une lettre ouverte publiée dimanche (5 septembre), un groupe de chefs d’entreprises, d’universitaires et d’hommes politiques d’Irlande du Nord et de la République d’Irlande a exhorté le Royaume-Uni et l’UE à proposer des solutions « équilibrées, adaptées et raisonnables ».

« Les frictions et les obstacles à la circulation des marchandises ont entravé la capacité commerciale normale et ajouté à la dynamique inflationniste. Par conséquent, nous demandons au Royaume-Uni et à l’Union européenne des résultats proportionnés qui contribuent au processus de paix tout en résolvant la relation commerciale Est-Ouest », indiquent-ils dans la lettre.

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