Trump vérouille la frontière aux migrants, interdits d'accès pendant 60 jours au moins

Trump vérouille la frontière aux migrants, interdits d'accès pendant 60 jours au moins

La nouvelle, quand annoncée par le Président américain Donald Trump a fait, comme souvent avec l'iconoclaste "leader du monde libre", l'objet d'une bombe: il annonçait la fin de l'immigration dans le pays pendant 60 jours "au moins" et ce pour "protéger les emplois des Américains".

Au final, le décret signé est totalement différent de ce qui était annoncé initialement. Si la période de 60 jours, renouvelables, est maintenue, le champ d'application, lui, est totalement modifié, et profondément réduit.

Les Français des Etats-Unis vont-ils pâtir des décrets de Donald Trump?

Et c’est sans doute le plus surprenant : le décret ne concerne que les personnes qui demandent une carte verte, la fameuse « Green card », et non pas ceux qui ont un visa de travail temporaire. Ainsi, ces derniers, qui constituent une partie des forces vives de l’immigration dans les domaines particulièrement touchés par la crise comme la restauration par exemple, ne seront que peu touchés et « America first », slogan régulièrement proclamé par Trump, qu’il a repris de Charles Linbergh, ne sera que d’application partielle.

La raison, évoquée par l’entourage du Président, est purement technique : il est beaucoup plus complexe de bloquer ce type de visas que la carte verte.

450 000 demandeurs en 2019

Cela représente cependant un nombre important de personnes. En 2019, 450 000 personnes ont fait la demande d’une carte verte. Celle-ci, contrairement à ce que beaucoup pensent, peut être révoquée, notamment en cas d’infraction pénale aux Etats-Unis ou si, quand elle est liée à un employeur américain et que ce dernier licencie l’employé étranger.

Dans le cas du décret mis en œuvre, cela concerne les demandes de cartes vertes et non celles déjà délivrées. Cela risque cependant, et notamment si la suspension est maintenue, de mettre en situation périlleuse ceux qui ont eu ce projet et qui, pour beaucoup, ont déjà réglé leur situation dans leur pays d’origine, misant sur le rêve américain.

Comme nous l’a indiqué Olivier Piton, conseiller consulaire à Washington, ce type de décrets est une prérogative présidentielle. Il peut être annulé par des décisions de justice, dès le niveau local et cela peut, rapidement, remonter jusqu’à la Cour Suprême. Le cas est arrivé notamment lorsque Donald Trump a souhaité l’interdiction d’accès au territoire américain de citoyens de certains pays musulmans.

Un mauvais signal pour les Français des Etats-Unis

Ce type de décret aux Etats-Unis est une prérogative présidentielle

Le signal envoyé aux candidats à l’expatriation au pays d’oncle Sam est cependant particulièrement négatif. Environ 170 000 Français sont enregistrés sur les registres consulaires aux Etats-Unis. Le fait que l’imprévisible Président américain ait décidé, en une déclaration et un tweet, une telle mesure, rappelle qu’il peut, du jour au lendemain, mettre en péril leur situation.

La communauté, sur les réseaux sociaux dans les groupes dédiés notamment, est particulièrement inquiète. Le flou concernant la mesure, sa possible évolution en terme de champ d’application, et sa possible extension, n’aide pas à rassurer.

La propre mère de Donald Trump émigra aux Etats-Unis de son Ecosse natale. Il n’est pas certain que cela calme ses ardeurs…

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