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Tribune: Parents de la Dallas International School : « Laissons nos enfants terminer l’année scolaire sans interruption »

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Tribune: Parents de la Dallas International School

Déjà au cœur de nos articles en septembre, l’avenir du campus Churchill de la Dallas International School (DIS) reste incertain. Alors que la Mission laïque française, propriétaire du site depuis 35 ans, s’apprête à vendre le campus en pleine année scolaire et que le bail arrive à échéance le 31 octobre, quelques parents d’élèves prennent la parole dans une tribune publiée par Lesfrançais.press. Ils demandent au futur acquéreur de s’engager par écrit à maintenir l’école dans ses locaux jusqu’à la fin de l’année scolaire, le 4 juin 2027.

 « Laissons nos enfants terminer l’année scolaire sans interruption »

En tant que parents, nous consacrons notre vie à offrir à nos enfants un sentiment de sécurité et de prévisibilité. Nous leur apprenons que le monde a des règles, que les engagements comptent et que leur école est un havre où ils peuvent grandir, apprendre et s’épanouir. Aujourd’hui, pour des centaines de familles de la Dallas International School (DIS), ce sentiment fondamental de sécurité est menacé. Imaginez une école qui propose d’acheter le campus qu’elle considère comme sa maison depuis des décennies, et qui voit son partenaire éducatif de longue date choisir un acquéreur extérieur. Telle est la situation à laquelle notre communauté est confrontée aujourd’hui.

élèves de la Dallas International School
élèves de la Dallas International School © DIS

Notre objectif n’est pas de contester le droit de la Mission Laïque Française (MLF), notre partenaire éducatif depuis 35 ans et propriétaire du campus, de vendre son bien. Notre démarche vise uniquement à protéger la stabilité de nos élèves. Nous demandons simplement que, quelle que soit l’issue de la vente, un cadre clair soit mis en place afin que nos enfants puissent terminer cette année scolaire dans leurs classes, sans aucune perturbation.

Une école unique à Dallas

La DIS est la seule école de la métropole de Dallas–Fort Worth à proposer un parcours d’immersion linguistique continu, de l’âge de deux ans à la terminale. Son programme unique associe l’enseignement français et l’enseignement américain, et permet aux élèves d’apprendre les matières fondamentales en français plutôt que de simplement apprendre le français. Cette approche distinctive, qui mène au baccalauréat français et au diplôme du Baccalauréat International (IB) avec option française, tous deux reconnus à l’échelle internationale, a valu à la DIS la 6e place parmi les écoles privées de la région de Dallas–Fort Worth dans le classement Niche 2027 (Ce classement inclut seulement les écoles avec un cursus complet de la maternelle à la terminale). En conjuguant des diplômes prestigieux, des voyages à l’étranger et des expériences pratiques, nous préparons nos élèves à devenir des citoyens confiants, multilingues et ouverts sur le monde.

Nous invitons les familles à visiter notre campus à taille humaine, à rencontrer nos enseignants et à découvrir ce qui fait la force de notre communauté chaleureuse. Cela ne changera jamais.

À qui appartient le campus

Depuis 35 ans, la DIS fait partie de la vie éducative de Dallas. Son campus de Churchill Way appartient à la MLF, une organisation à but non lucratif basée à Paris qui promeut l’enseignement français dans le monde. La MLF a contribué à fonder et à soutenir la DIS, et a acquis la propriété spécifiquement pour accueillir l’école. C’est donc un partenaire éducatif qui décide du sort du lieu où l’école est installée.

Ce qui s’est passé

Lorsque la MLF a décidé de vendre le campus de Churchill, la DIS a pris les devants pour garantir sa pérennité. Conformément au cadre autorisé par le conseil d’administration de la MLF, qui fixait une valeur plancher de 10,25 millions de dollars, la DIS a déposé une offre entièrement financée répondant à ces conditions. Une seconde offre, nous dit-on, reste sans réponse.

« Mettre en péril l'avenir d'une école francophone bien établie ne sert guère la propre mission de la MLF »

Si la MLF a finalement retenu un acquéreur extérieur afin de remplir ses responsabilités institutionnelles plus larges, l’engagement commun en faveur de l’enseignement en langue française devrait rester le socle de notre partenariat historique de 35 ans. Mettre en péril l’avenir d’une école francophone bien établie ne sert guère la propre mission de la MLF.

L’enjeu central est désormais le calendrier opérationnel. Les discussions initiales avec la MLF en août indiquaient son intention de formaliser une prolongation du bail jusqu’au 4 juin 2027, que la DIS a acceptée, assurant ainsi la stabilité de l’école pour toute l’année scolaire. Les parties ont cependant divergé par la suite sur le point de savoir si une prolongation exécutoire avait bien été conclue. Le bail actuel devant s’achever le 31 octobre 2026, et ni le vendeur ni l’acquéreur ne s’étant clairement engagé, la DIS a fait enregistrer un « Memorandum of Lease Extension » (avenant de prolongation de bail) au registre foncier du comté de Dallas, affirmant son droit d’occuper le campus jusqu’au 4 juin 2027.

Elèves de la Dallas International School
Elèves de la Dallas International School © DIS

La MLF affirme vouloir protéger notre communauté éducative : transformer cet objectif commun en un engagement écrit et contraignant est essentiel pour apporter la clarté et la sérénité dont des centaines de familles ont besoin.

Ce que nous demandons à l’acquéreur

La MLF n’a pas officiellement identifié l’acquéreur pressenti ni divulgué ses projets. Nous attendons donc du futur propriétaire transparence et collaboration. Nous l’appelons à franchir deux étapes essentielles. Premièrement, communiquer clairement à l’école, aux familles et au public ses intentions à long terme pour le campus. Deuxièmement, fournir une garantie formelle et écrite que la DIS pourra rester en activité sur place jusqu’à la fin de l’année scolaire en cours. Ces deux demandes sont parfaitement raisonnables, réalisables et relèvent entièrement du pouvoir immédiat de l’acquéreur.

Ce que nous demandons à nos représentants du Gouvernement français

Nous appelons aussi nos responsables français à intervenir, à interroger les intentions du vendeur et de l’acquéreur, et à faciliter une médiation si nécessaire. En tant que parents, nous demandons la transparence sur la vente du campus, et nous réclamons une garantie explicite de stabilité et de continuité éducative.

Pourquoi la communauté française expatriée et le réseau d’établissements de la MLF sont concernés

Tout parent d’élève du privé le sait : choisir une école n’est pas une décision que l’on prend mois par mois. Les familles s’engagent pour un minimum d’une année. Les écoles recrutent des enseignants et constituent des classes. Les enfants construisent leur vie autour de leurs professeurs et de leurs amis. On ne peut pas traiter une école en activité comme un simple locataire commercial qui peut plier bagage et déménager en cours d’année. Et pour un enfant qui apprend en français depuis des années, partir ailleurs peut signifier perdre tout un parcours éducatif, et pas seulement changer d’adresse.

« Les négociations immobilières peuvent être réglées entre adultes, mais nos enfants ne doivent pas en subir les conséquences. »

Cela pourrait être l’école de votre enfant.
Le coût pour l’école est déjà visible. Élèves, parents et enseignants vivent le stress d’une incertitude inutile. Plus préoccupant encore, des ressources essentielles de l’école, notamment des fonds et du temps destinés à l’enseignement et au développement pédagogique, sont détournées vers des frais juridiques et des plans de contingence.

Elèves sur le chemin de l'école
Elèves sur le chemin de l’école © Unsplash

Une école, ce n’est pas seulement des murs. Une école, c’est une communauté vivante, faite d’enfants, d’enseignants, de familles et de souvenirs. Les négociations immobilières peuvent être réglées entre adultes, mais nos enfants ne doivent pas en subir les conséquences.

Laissons nos enfants être des enfants.

Cordialement,

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