Quitter l'Ukraine : mode d'emploi

Quitter l'Ukraine : mode d'emploi

On se souvient qu’aux prémices du conflit, le gouvernement n’avait pas invité les Français à quitter le territoire ukrainien à la différence des autres chancelleries occidentales. Pourquoi ? Car Emmanuel Macron était sûr du résultat de ses échanges avec Vladimir Poutine et était persuadé de maintenir la paix. Malgré l’investissement de la diplomatie française, la guerre et ses fléaux ont déferlé sur l’Ukraine ! Hier, le 28 février, Jean-Yves Le Drian, Ministre des affaires étrangères, invitait les Français encore sur place (600 à 800 personnes) à quitter le pays par les routes !

L’ambassade de France déménage

Depuis plusieurs jours, des unités du GIGN sont sur place. Non pour secourir nos compatriotes, mais pour assurer le repli de l’administration consulaire et des diplomates.

En effet, à la surprise générale, alors que le discours sur le site de l’ambassade indiquait toujours aux expatriés de rester chez eux, Paris annonçait que son personnel était évacué de la capitale ukrainienne pour la ville de Lviv à quelques kilomètres de la frontière polonaise. Les Français sur place se retrouvent donc seuls. Avant la France, les États-Unis, le Canada et Israël avaient notamment déjà opéré ce transfert vers Lviv.

Agence consulaire à Lviv en Ukraine

« La France ne pourra pas assurer la sécurité des personnes quittant Kiev »

Ils sont seuls et livrés à eux-même. Car le Ministre des Affaires étrangères, depuis Paris, annonçant le déménagement, indiquait que les Français pouvaient désormais quitter Kiev mais que notre pays ne pouvait assurer leur sécurité. Seul soutien, les autorités partageront leurs informations sur les combats.

«Il existe une opportunité de quitter la ville»

Si le gouvernement invite les expatriés sur place à quitter la ville et le pays, c’est parce que Vladimir Poutine le concède. Ce lundi 28 février, le porte-parole du ministère russe de la Défense Igor Konachenkov a déclaré à la télévision russe que «Tous les civils de la ville peuvent quitter la capitale ukrainienne librement par l’autoroute Kiev-Vassylkiv».

C’est donc cette route qu’évoque Jean-Yves Le Drian pour les Français. Pourtant il concède que « Les routes pour sortir de Kiev par le sud ne sont pas totalement sûres« , alors comment faire ?

Un itinéraire mouvementé

Depuis le début de la guerre en Ukraine, des centaines de milliers d’habitants tentent de quitter le pays pour éviter les combats et trouver refuge dans les pays voisins, et notamment en Pologne. D’après l’ONU, ce lundi, ils sont déjà plus de 500.000 à avoir passé la frontière.

Mais y parvenir n’est pas simple. En effet, face à l’afflux massif de personnes, l’accès à la frontière est saturé, entraînant des kilomètres de files d’attente. Une équipe de BFM-TV a fait la route entreprise par ces Ukrainiens. Arrivés à 13h30 samedi à la frontière, les journalistes n’ont atteint la Pologne qu’à 1h30 du matin ce lundi.

Pour éviter ces attentes trop longues pour les réfugiés, l’ambassade des États-Unis en Ukraine publie régulièrement sur les réseaux sociaux les temps de passage aux différents postes frontières du pays. Ce lundi à 18h par exemple, il fallait compter entre 20 et 24 heures d’attente pour passer en Pologne, contre 7 à 11 heures pour entrer en voiture en Slovaquie.

Pour passer la frontière, il faudra se munir des papiers d’identité français ou ukrainiens pour chaque membre de la famille (des familles se sont retrouvées bloquées quelques heures ou jours car elles ne disposaient pas des papiers des plus jeunes). Il faut aussi s’équiper en vêtements chauds, eau et nourriture. Une épreuve que les Français sur place auraient préféré éviter si on leur avait dit de partir quand la situation était encore controlée.

Seul réconfort, la solidarité tourne à plein régime entre expatriés, si vous habitez dans un pays limitrophe de l’Ukraine et que vous pouvez accueillir des Français, contactez les élus consulaires à l’origine de ce dispositif !

Auteur

  • Samir Kahred a suivi ses parents dont le père était ingénieur dans une succursale du groupe Bouygues. Après une scolarité au Lycée français et des études au Caire, il devient journaliste pour des médias locaux et correspond pour lesfrancais.press

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